Bonsoir ! Je suis enfin de retour de ma semaine de vacances mais honnêtement, les paysages écossais valait bien un petit retard de publication ;)
Voici donc sans plus attendre le nouveau chapitre et encore merci pour vos reviews, il n'y a rien de plus motivant que de revenir après plusieurs jours d'absence et de les découvrir !
Chapitre 9 : Retour au Manoir
On était maintenant début juillet et rien n'avait changé depuis un mois. Harry était en effet dans un monde de douleur où il n'avait droit qu'à quelques heures de répit chaque jour.
Blaise était très inquiet pour lui, au point que ses nerfs avaient lâché et qu'il s'était énervé contre Severus.
- Mr Zabini ! rugit-il. Je vous ai déjà expliqué qu'il devait en passer par là !
- Par Merlin professeur ! s'énerva-t-il un peu plus. Vous avez vu dans quel état il est depuis un mois ? Il ne peut même plus quitter son lit ! C'est à peine s'il a conscience de ce qui l'entoure ! Je m'étais promis de ne plus jamais le revoir ainsi ! Qu'il n'aurait plus à endurer autant !
- Il est en train de guérir ! rétorqua-t-il sur un ton glacial. Avez-vous lu les notes que j'ai laissées ? La quantité de magie noire dans son organisme ne cesse de diminuer, de façon encore plus rapide depuis un mois !
Blaise lui jeta un regard noir, faisant les cent pas dans le salon.
- Je ne sais plus quoi lui dire, chaque jour il me demande de l'aider à ne plus avoir mal, que voulez-vous que je fasse ? s'exclama-t-il sur un ton où colère et impuissance se mélangeaient.
- Dites-lui la vérité, qu'il est en voie de guérison, que bientôt cela ira mieux, répondit-il d'une voix plus aimable.
- Il ne veut plus rester ici, il veut que je le ramène dans notre manoir de France, lui apprit-il.
- S'il pense qu'il peut supporter le voyage en cheminée, ramenez-le, il vaut mieux qu'il soit où il le souhaite, déclara-t-il. Je veux juste que vous me laissiez venir chez vous chaque jour pour son suivi.
Blaise hocha la tête, cette discussion lui avait au moins permis d'évacuer une partie de son stress, qui était principalement dû au fait qu'il se sentait complètement inutile.
Alors que Severus quittait les appartements d'Harry, Blaise rejoignit la chambre. Comme à chaque fois, il s'immobilisa quelques secondes, observant Harry. Il alla ensuite s'asseoir au bord du lit, attendant de savoir s'il dormait ou pas.
- Blaise, chuchota-t-il d'une voix fatiguée. Je veux rentrer…
- J'en ai parlé à Severus, il est d'accord si tu te sens de faire le voyage par cheminée…
- Maintenant alors, c'est un moment de répit…
- Je fais tes affaires et on y va, murmura-t-il avant de déposer un baiser sur son front.
Blaise s'activa rapidement, envoyant un message à Drago par cheminée pour le prévenir de leur arrivée et qu'il fallait que la chambre d'Harry soit prête. Il prévint aussi Severus de leur départ avant de boucler leurs valises.
Il glissa ensuite les valises dans sa poche après les avoir rétrécies et retourna jusqu'au lit, où il aida Harry à mettre un pantalon et un tee-shirt avant de lui déposer une cape sur les épaules.
Il se plaça ensuite à gauche d'Harry afin de le soutenir pour atteindre la cheminée. Là, il entra avec lui, le calant avec attention dans ses bras avant de jeter la poudre de cheminette et de crier leur destination.
Lorsqu'ils arrivèrent, Drago les attendaient au salon et il fut choqué de voir Harry ainsi.
- Est-ce que sa chambre est prête Drago ? s'enquit doucement Blaise alors qu'Harry recommençait à trembler dans ses bras.
- Oui, répondit-il en partant devant pour ouvrir les portes.
Blaise le suivit, portant quasiment Harry au vu de son état. Dès qu'il le posa sur son lit, Harry s'écroula.
- Harry, enlève tes affaires, murmura Blaise en décrochant sa cape.
Avec difficulté, Harry parvint à retirer son pantalon mais Blaise dut l'aider avec son tee-shirt.
- Repose-toi Harry, je reviens te voir plus tard, chuchota-t-il en l'embrassant sur le front.
Harry opina, fermant déjà les yeux de fatigue.
- Viens Drago, souffla-t-il en le prenant par la main.
Avant de partir, il posa un sort de surveillance sur la chambre d'Harry et entraina Drago dans une autre pièce.
- Par Merlin Blaise ! s'exclama Drago dès qu'ils furent au salon. Qu'est-ce qui se passe ?
- Il est sous traitement, comme je te l'ai expliqué, répondit-il en l'attirant contre lui.
- Blaise, soupira-t-il. Je te connais tu sais… Tu fuis mon regard et tu es tendu, qu'est-ce qui ne va pas ?
Blaise ne répondit rien mais l'embrassa fougueusement. Drago se laissa faire, il savait que les réponses viendraient plus tard, que pour l'instant, Blaise avait juste besoin de lui.
Blaise passa la soirée à se ressourcer dans les bras de Drago et c'était juste ce dont il avait besoin après ce long mois passé à Poudlard à voir Harry souffrir.
- Merci, chuchota-t-il à son oreille avant de l'embrasser de nouveau.
- Tu n'as pas à me remercier, murmura-t-il en se détachant un peu de lui pour l'observer. Tu m'expliques ?
- Il guérit mais il souffre, soupira-t-il. Il se bat, il ne veut pas qu'on le voit aussi faible mais la douleur est plus forte que lui, il ne peut plus l'ignorer et ça me fait mal de le voir ainsi… Je me sens tellement inutile !
- Tu es près de lui et je suis certain que c'est tout ce qu'il demande pour l'instant, le rassura Drago. C'est toi ou c'est lui qui a voulu revenir ici ?
- C'est lui, il voulait quitter Poudlard, répondit-il. Il avait toujours peur qu'un professeur, ou même Ron et Hermione entrent dans ses appartements et le voient ainsi…
- Personne ne l'a vu à part toi depuis un mois ? s'étonna-t-il.
- Si, Severus aussi, puisque c'est lui qui a mis au point son traitement, lui dit-il. Et il va passer chaque matin ici pour voir où il en est.
- C'était ainsi au Japon n'est-ce pas ? devina-t-il.
- Quelque chose dans le genre oui, murmura Blaise. Je reste fort pour lui Drago mais je ne cesse de revoir ces années d'enfer, je lui avais promis qu'il n'aurait plus à souffrir et vois où il en est ! s'exclama-t-il avec colère.
- Tu n'y es pour rien Blaise, chuchota-t-il en le serrant contre lui. Il savait dans quoi il s'embarquait en acceptant ce traitement, Severus ne cache jamais les effets secondaires aux personnes qu'il aide… Je sais que ce n'est pas facile, que cela ravive des souvenirs que tu aurais préféré oublier mais dis-toi que bientôt, il ira mieux, qu'il n'aura plus à supporter de crises de douleurs car sa cicatrice sera enfin ce qu'elle aurait dû être depuis toutes ces années.
- J'ai peur Drago, avoua-t-il à mi-voix.
- Je te prendrais pour un fou si ce n'était pas le cas, dit-il doucement. Tu as une telle relation avec lui que j'ai parfois l'impression que ton humeur dépend de la sienne et inversement… Tu as besoin de lui autant qu'il a besoin de toi…
- Es-tu jaloux ? souffla-t-il tristement.
- Plus maintenant, sourit-il. J'ai compris qu'il n'y avait, et qu'il n'y aurait jamais rien de plus qu'un amour fraternel entre vous, mais c'est vrai, avant de comprendre cela, je l'ai été…
- Je t'aime Drago, et lui, il est le frère que je n'ai jamais eu, murmura-t-il en caressant sa joue. Tu m'es tout autant indispensable que lui, sans vous, je ne suis plus rien…
Drago ne répondit rien mais l'entraina dans un long et tendre baiser, lui montrant ainsi tout ce qu'il ressentait pour lui et qu'il ne disait pas forcément.
Une semaine après leur retour au manoir, Blaise et Drago commencèrent à recevoir des lettres d'Hermione et Ron, leur demandant s'ils pouvaient venir voir Harry. Bien évidemment, ils répondirent à chaque fois négativement, l'état d'Harry n'étant pas meilleur.
Au bout de plusieurs jours, ils en eurent assez des hiboux de ses amis, ils savaient bien qu'ils s'inquiétaient mais ils leur avaient dit qu'ils les préviendraient dès qu'ils pourraient venir le voir. Blaise leur proposa alors de se voir quelque part et il fut invité à passer au Terrier. Drago resta donc au manoir, au cas où Harry aurait besoin de quelque chose.
Blaise transplana chez les Weasley en début d'après-midi et atterrit devant une grande cour. Il avait à peine fait une vingtaine de mètres que Ron et Hermione sortirent de la maison.
- Harry n'est pas avec toi ? s'enquit aussitôt Ron.
- Peut-on discuter un peu plus loin ? demanda simplement Blaise.
Ron grogna mais lui fit signe de le suivre au fond du jardin où se trouvait un banc.
- Pourquoi Harry ne répond pas à nos lettres ? Que se passe-t-il depuis juin ? l'interrogea Hermione.
- Que vous a-t-il dit ? s'enquit-il avant, ne voulant pas tout dévoiler.
- Est-ce qu'il t'arrive de répondre autrement que par des questions ? s'impatienta Ron. Il nous a juste dit que quelqu'un avait trouvé comment guérir sa cicatrice…
- Severus a trouvé comme le guérir, le reprit Hermione. Il ne l'a pas dit mais c'est ce que j'en ai conclu quand j'ai vu qu'il disparaissait à chaque fois qu'Harry ne se montrait pas, se justifia-t-elle.
- Toujours aussi perspicace, s'amusa Blaise.
- Oui et toi tu esquives nos questions ! s'exclama-t-elle.
- Severus a bien trouvé un traitement et les effets secondaires ne permettent pas à Harry de vous répondre, il passe ses journées à dormir et refuse toute visite, leur apprit-il.
- Pourquoi refuserait-il de nous voir ? le questionna Ron avec suspicion.
- Allons, tu connais aussi bien que moi la fierté d'Harry, tu sais très bien qu'il n'aime pas qu'on le voit faible.
Ron bougonna, devant bien admettre que l'ancien Serpentard avait raison. Un peu plus tard, lorsque Blaise et Hermione se mirent à parler potions, il préféra retourner voir ses frères qui étaient à l'intérieur.
Ils parlèrent plus de vingt minutes à ce propos, partageant leur point de vue sur les dernières découvertes.
- Au fait Blaise, tu as peut-être convaincu Ron mais tu ne m'auras pas, le prévint-elle. Je ne dis pas que tu as menti mais tu n'as certainement pas tout dit… Tes traits tirés, ta mine fatiguée et ton attitude figée montrent bien que tout n'est pas aussi simple…
- Hermione…
- Non laisse-moi finir ! s'exclama-t-elle. Je sais très bien que si tu ne dis rien, c'est parce qu'Harry ne le souhaite pas et je ne te forcerais pas à dire quoi que ce soit. Je veux juste que tu saches que si tu as besoin, tu peux compter sur moi.
- Merci, dit-il simplement lorsqu'elle eut fini.
Hermione hocha légèrement la tête et ils se dirigèrent vers la maison. Ils se séparèrent cependant à mi-chemin, Blaise préférant rentrer.
Il prit aussitôt la direction de la cour afin de sortir de la zone de protection pour pouvoir transplaner.
- Attends ! s'exclama une voix qu'il ne connaissait pas alors qu'il passait le petit portail.
Blaise se retourna et vit un rouquin se diriger à grandes enjambées vers lui.
- Peut-on aller à couvert ? lui demanda-t-il une fois à sa hauteur en lui montrant les arbres qui se trouvaient à une dizaine de mètres.
Blaise opina et ils s'y dirigèrent aussitôt.
- Et tu es ? l'interrogea-t-il néanmoins.
- Oh désolé, je suis Charlie, répondit-il. Ecoute, je ne vais pas tourner autour du chaudron, j'ai entendu ta conversation avec Hermione et mon frère, ainsi que celle que tu as eu juste avec elle. Je voulais rendre visite à Harry, on avait prévu de se revoir dans les lettres qu'on s'est échangées depuis qu'il est revenu à Poudlard… Cependant, de ce que j'ai compris, il ne veut voir personne en ce moment mais réellement, comment va-t-il ? Je sais que je ne te connais pas mais Hermione a raison, tout dans ton attitude montre que quelque chose ne va pas…
- Tout ce que je peux te dire, c'est qu'il se bat et qu'il s'en sortira, répondit sincèrement Blaise. Je sais que tu as voulu l'aider lorsqu'il était chez toi, et je t'en remercie, j'aurais dû me douter que ses démons ne le laisseraient pas tranquille même en vacances, mais j'ai voulu croire à ce qu'il me disait…
- Ne t'en veux pas, je sais à quel point tu comptes pour lui et de temps en temps, il préfère simplement t'épargner, lui dit doucement Charlie.
Blaise haussa les épaules alors que Charlie se passait une main lasse dans les cheveux.
- J'aimerais que tu lui donnes quelque chose, déclara soudain Charlie, brisant le silence qui s'était installé.
- Oui pas de problème, sourit Blaise.
Charlie acquiesça, fourrant sa main dans sa poche pour en ressortir un petit paquet.
- Ça l'aidera, dit-il simplement.
Blaise opina et mit le paquet dans sa poche.
Après cela, les deux sorciers se serrèrent la main et Blaise transplana. Il passa rapidement ses propres protections et traversa presque au pas de course l'allée. Une fois entrée, il tomba directement sur Drago.
- Comment va-t-il ? lui demanda-t-il aussitôt.
- Il n'y a pas de changement, il n'a fait que dormir depuis que tu es parti, il m'a juste demandé un verre d'eau tout à l'heure, répondit-il d'une voix apaisante.
Blaise hocha la tête, partant déjà en direction de sa chambre alors que Drago gagnait le salon. Il poussa doucement la porte et entra silencieusement, ne savant pas s'il dormait toujours ou pas.
- Viens, chuchota alors Harry.
Avec précaution, il alla s'assoir près de lui et l'observa quelques instants.
- Arrête de me fixer ainsi, je suis peut-être aveugle mais je sens ton regard sur moi, murmura-t-il d'une voix rauque.
Blaise sourit légèrement, caressant doucement ses cheveux désordonnés.
- J'ai quelque chose pour toi, lui dit-il alors.
- Quoi ?
Blaise ne répondit rien mais lui donna le paquet de Charlie. C'est avec sa seule main valide mais légèrement tremblante qu'Harry ouvrit son cadeau. En effet, depuis juin, il ne pouvait se servir de son côté droit sans que ça ne lui déclenche de violentes douleurs. Il avait donc pris l'habitude de tout faire avec son bras gauche et de bouger le moins possible.
- Qu'est-ce Blaise ? s'enquit-il. Un collier ?
- Oui et pas n'importe lequel, souffla-t-il, comprenant les paroles de Charlie lorsqu'il avait mis le paquet dans sa poche.
- C'est un collier de Driz, tu connais ? lui demanda-t-il.
- Non, qu'a-t-il de spécial ? Et qui me l'a offert ?
- C'est un collier magique, la chaine en argent est incrustée d'écailles de dragon et le pendentif est une pierre précieuse, en l'occurrence ici c'est une émeraude, transpercée par une dent de dragon, lui dit-il. Ce collier a de nombreuses propriétés magiques, notamment grâce aux éléments provenant des dragons. Tu ne peux cependant pas contrôler ses propriétés, elles se manifestent simplement quand tu en as le plus besoin, expliqua-t-il. Par exemple, si tu es en difficulté, il pourrait te rendre plus fort… Dans ton cas, je pense qu'il t'aidera à te battre contre la magie noire qui t'empoisonne… Je te le mets ? s'enquit-il.
Harry opina et Blaise attacha précautionneusement le collier autour de son cou.
- C'est Charlie n'est-ce pas ? devina finalement Harry.
- Oui, j'étais au Terrier cet après-midi, Ron et Hermione s'inquiètent pour toi alors je suis allé les voir pour les rassurer...
- Ils ne vont pas venir quand même ? s'inquiéta-t-il aussitôt.
- Bien sûr que non ! le rassura-t-il. Et puis, rappelle-toi qu'ils ne connaissent même pas l'emplacement de ce manoir…
Harry soupira, soulagé de cette réponse.
- Et Charlie ?
- Il est venu me voir alors que je partais, il avait entendu ma conversation avec Hermione et Ron… Il te connait plus que tu ne le penses tu sais… Ce collier en est la preuve, il a su voir que tu avais parfois besoin d'un peu d'aide…
- Il est adorable, chuchota-t-il.
- Tu ne voudrais pas le voir ? lui demanda-t-il. Il m'a dit que vous en aviez parlé…
- Je ne peux pas le voir ainsi Blaise, je suis trop faible, trop instable, répondit-il. Je refuse de prendre ce risque…
- Harry…
- Blaise s'il te plait, le coupa-t-il sur un ton presque suppliant.
Blaise soupira mais ne rajouta rien, se contentant d'attraper la main gauche d'Harry et de la serrer doucement, montrant par ce geste qu'il comprenait.
- Tu as l'air de moins souffrir aujourd'hui, dit doucement Blaise.
- Il y a un peu de mieux, je n'ai encore pas eu de pic de douleur, lui apprit-il. J'espère que c'est bon signe…
- J'espère aussi, murmura-t-il.
Cependant, la pause fut de courte durée puisque dans la nuit, Blaise fut réveillé par l'alarme qu'il avait placée sur la chambre d'Harry. Il s'y précipita et trouva Harry se tortillant dans ses draps, cherchant à fuir son monde de douleur.
Il se glissa alors sous la couette, attrapant le corps rigide et trempé de sueur d'Harry pour le caler contre lui, faisant attention de ne pas trop toucher sa cicatrice.
- Bl… Blaise, gémit-il.
- Chut… Je suis là Harry, je suis là, chuchota-t-il au creux de son oreille avant de déposer un baiser sur sa tête.
La nuit fut très longue pour l'un comme pour l'autre. Le premier parce qu'il dut faire face à la douleur, le second parce qu'il faisait tout pour le soutenir alors qu'il se sentait complètement impuissant.
Ce n'est que vers cinq heures du matin qu'Harry tomba enfin dans le sommeil. Blaise quitta alors la chambre, regagnant son propre lit où Drago le prit aussitôt dans ses bras.
C'était toujours ainsi entre eux, dès que Blaise revenait de la chambre d'Harry la nuit, Drago le serrait simplement contre lui pour lui montrer qu'il était là et qu'il le soutenait. Ils ne parlaient cependant jamais, Blaise étant souvent beaucoup trop tendu pour cela.
Lorsque Drago se leva vers huit heures, Blaise en fit de même malgré sa courte nuit. Il alla aussitôt voir comment allait Harry et trouva son visage un peu plus détendu que d'habitude. Il l'observa quelques minutes avant de ressortir de la chambre, il avait besoin de repos et pour une fois, son sommeil semblait paisible.
Blaise rejoignit donc Drago dans la cuisine afin de prendre son petit déjeuner en sa compagnie.
- Tu devrais retourner te coucher, Harry n'est pas le seul à avoir besoin de repos, lui dit Drago après avoir détaillé son visage.
- Ne t'inquiète pas, ça ira, lui dit-il. J'irais faire une sieste plus tard…
Drago ne répondit pas mais le regard qu'il jeta à Blaise parla pour lui.
- Plus tard Drago, s'il te plait, murmura-t-il. J'ai juste envie de passer du temps avec toi pour le moment.
Drago soupira mais opina, acceptant sa défaite.
Harry émergea aux alentours de onze heures, s'étonnant de ne pas ressentir de douleur. Avec lenteur, il s'assit contre son oreiller et sa tête tourna quelques instants, il faut dire qu'il n'avait plus l'habitude de se redresser, la douleur le clouant au lit.
- Tu es plus calme, siffla doucement Selena.
- Je n'ai pas mal, lui dit-il. C'est étrange…
- Le collier agit sur toi…
- Comment peux-tu en être sûr ?
- Il dégage une énergie, je suis sûr que tu peux la sentir toi aussi, déclara-t-elle.
Harry leva doucement une main jusqu'à son cou et toucha son collier. Comme lui avait dit Selena, une énergie en émanait. Que lui avait dit Blaise en lui donnant déjà ?
- Appelle Blaise, tu vas peut-être pouvoir manger quelque chose ce matin, ça changera des potions de nutrition…
- Je peux attendre, il m'a veillé toute la nuit alors il peut bien se reposer un peu, répondit-il.
Pour passer le temps, Harry se mit à caresser doucement la tête de Selena tout en se perdant dans ses pensées.
- Je sais que Blaise m'a dit de revoir Charlie, murmura Harry. Mais je ne sais pas, je suis si faible, je ne veux pas qu'il me voit ainsi…
- Je ne pense pas que ça ait de l'importance pour lui, répliqua Selena. Il t'a déjà vu au plus mal la nuit, quand il venait te tirer de tes cauchemars…
Harry soupira mais ne répondit rien. Il se sentait terriblement fatigué malgré l'absence de douleur. Finalement il se rallongea et se rendormit presque aussitôt, sous le regard protecteur de Selena.
A partir de ce jour, les piques de douleur se firent bien moins nombreux et Harry put enfin se lever un peu et remanger normalement. Severus lui avait expliqué que son organisme avait presque évacué la totalité de la magie noire et que d'ici un ou deux mois, il pourrait sûrement arrêter le traitement.
Harry l'avait alors chaleureusement remercié, il avait réussi là où d'autres avaient échoué, il lui avait rendu sa mobilité.
Une semaine après avoir quitté son lit, le jour de son anniversaire très exactement, Harry avait accepté de revoir ses meilleurs amis. L'après-midi avait été long en explications et Harry avait très bien senti que Ron avait été particulièrement blessé par son attitude, même s'il ne l'avait pas dit. Harry s'était attendu à ce qu'Hermione le soit aussi mais il s'était rendu compte que non. Après quelques discussions un peu tendues, notamment avec Ron, ses meilleurs amis avaient préféré arrêter d'en parler et ils lui avaient offert ses cadeaux d'anniversaire.
Cependant, alors que Ron était parti le premier par cheminée pour rentrer au Terrier, Harry avait retenu Hermione quelques secondes.
- Je sais que Ron m'en veut de vous avoir tenu à distance, déclara-t-il. Pourquoi pas toi ? s'enquit-il surpris.
- Je suppose que je te comprends un peu mieux que lui, répondit-elle. Tu n'aimes pas montrer tes faiblesses Harry et je respecte ça, même si ce n'est pas tous les jours facile de savoir que son meilleur ami souffre et qu'on ne peut même pas lui apporter un peu de soutien…
- Merci, murmura-t-il touché.
- On sera toujours là pour toi Harry, rajouta-t-elle simplement en déposant un baiser sur sa joue.
Harry la retint quelques secondes dans une forte étreinte, la remerciant une nouvelle fois.
- Au fait, Charlie a très bien choisi, lâcha-t-elle amusée en ébouriffant ses cheveux.
- Qu… Quoi ? s'exclama-t-il.
- Le collier, précisa-t-elle. Il est magnifique et je suis sûr qu'il t'a beaucoup aidé ces derniers temps…
- Comment peux-tu savoir ça ? souffla-t-il presque choqué.
- Savoir quoi ? Les propriétés du collier ?
- Non, qu'il vient de Charlie.
- Allons Harry, un tel collier ne peut provenir que de quelqu'un qui s'y connait en dragons et j'ai très bien vu son inquiétude lorsqu'il était au Terrier… Je ne sais pas ce qui s'est passé entre vous aux vacances de Pâques mais il tient énormément à toi et je dirais que la réciproque est vraie, dit-elle sur un ton malicieux.
Harry lui tira la langue mais préféra ne rien répondre, sa meilleure amie en savait déjà un peu trop à son goût.
- Aurais-je raison ? s'enquit-elle en riant.
- Je te trouve encore une fois beaucoup trop perspicace pour mon propre bien, répliqua-t-il amusé malgré tout.
Hermione rigola de nouveau et Harry secoua la tête.
Ils se saluèrent finalement et Hermione repartit au Terrier avant que Ron ne décide de venir voir pourquoi elle ne rentrait pas.
A mercredi pour la suite : :)
