Bonsoir à tous!

Je suis desolée d'avoir mis un peu de temps, mais j'ai été très occupée. Merci de votre patience! Vous êtes adorables!

Bon voilà le nouveau chapitre, j'espère qu'il va vous plaire! *inquiète* Encore une fois merci de votre gentillesse et de votre indulgence avec moi. Je ne suis pas toujours très douée! :P

Rien ne m'appartient!

Bonne lecture! ;)


Après le départ de Regina, je traîne dans chaque pièce. Angoissée et heureuse. Tourmentée et épanouie. Impatiente de la retrouver. Son parfum souffle comme une bise virevoltante. Je l'aspire comme une bouffée de vie. Je lui appartiens. Chaque pore de ma peau respire grâce à elle. Je souris affectueusement. J'observe méticuleusement chaque recoin du manoir. Chaque objet, chaque détail, chaque décoration. Le reflet de sa personnalité s'érige sous mes yeux : un mélange de noirceur et de blancheur, ordonné et somptueux. Je lui appartiens d'un amour incommensurable. Depuis quand ? Je n'en sais rien. Curieusement, j'ai de plus en plus l'impression d'avoir toujours été à elle. Je suis troublée. Il me faut l'admettre. Mais jusqu'où ? Après m'être imprégnée longuement de son odeur et de m'être enveloppé de sa présence invisible, je me rends chez Archie. Lorsqu'il ouvre la porte, son visage se fend d'un sourire immense.

- Emma, vous avez bonne mine !

Je souris narquoisement. Sous ses airs naïfs, le criquet est loin d'être dupe. Il sait. En réalisant cela, je me jure joyeusement de ne plus jamais le prendre pour un inattentif décérébré et mou. J'entre et m'installe vivement sur son divan, sans un mot. Il me serre un verre de vin et s'assoit.

- Je suis allée voir Regina.

Ses yeux pétillent. Un rictus de satisfaction se dessine le long de ses lèvres, se transformant facétieusement en un sourire heureux.

- Je lui ai dit la vérité.

Il ne dit toujours rien. Il m'encourage silencieusement à continuer. Mais j'hésite.

- Je n'arrête pas de penser à... J'ai un drôle de pressentiment depuis... En fait... Comment dire... Je... Je... Je crois que je suis « liée » à elle... en quelque sorte...

- Vraiment?

- Vraiment. Aidez moi. Je sais que vous le pouvez. Je ne comprends pas tout, mais il y a une chose dont je suis certaine : je l'aime plus que tout. Archie...S'il vous plaît...

Il soupire et se perd dans ses pensées. Mais rien n'y fait. J'insiste. La magie, les sentiments, l'amour, beaucoup de choses m'ont souvent dépassés. Mais, cette fois-ci, j'ai envie d'anéantir toutes mes impuissances d'antan. Parce que mon cœur n'a jamais battu avec autant de vigueur, parce que mon corps n'a jamais réclamé avec autant de passion, parce que mes yeux n'ont jamais pleuré avec autant de force.

- J'ai cette colère qui me dépasse, qui ne disparaît que lorsque je suis avec elle.

Le criquet se lève. Il me tourne le dos et marche tranquillement vers sa fenêtre. Il observe attentivement chaque détail de la rue.

- Il est étrange comme Regina et votre mère se haïssaient... Et de voir la manière dont Regina et vous interagissez...

Je gigote sur le canapé, mal à l'aise à l'évocation de ma mère. Aussi adorable soit-elle, elle sera sans doute la dernière personne sur Terre à accepter ma relation avec sa pire ennemie.

- Je ne vois pas le rapport entre Mary-Margaret et...

- Tout a un lien, Emma... Tout a un lien.

Je ne dis rien. J'attends la suite. Le vrombissement des voitures, la lumière qui émane de la rue, le crépitement du feu dans la cheminée, tout n'est que bruits lointains. Je suis suspendue aux paroles d'Archie. Je l'observe. Il a les yeux rêveurs et les traits apaisés. Comme s'il détenait la clef d'un mystère qui nous sauverait tous d'une apocalypse soudaine.

- Vous avez remarqué, elles se détestent mais n'ont jamais été capables de se tuer... Surprenant non? Elles ont toujours eu une relation complexe. Que ce soit dans la haine ou dans l'amour, quelque chose de puissant finissait toujours par les relier... Comme si elles ne pouvaient vivre l'une sans l'autre. Regina a toujours été... « obsédée » par votre mère. Snow, elle a toujours fait preuve d'une indulgence extrême et douteuse à l'égard de cette Reine qui a détruit sa vie...

- Archie, si vous sous-entendez quoique ce soit entre ma mère et...

Mon sang ne fait qu'un tour. La jalousie, dans sa plus violente apparence, m'éventre, mon regard devient flou, mes membres se tendent. Je vois rouge, littéralement. Alors que je m'apprête à laisser exploser ma possessivité rageuse, je suis interrompue par le rire du psychologue. Un rire franc qui me vexe.

- Vous vous moquez de moi ?!

- Emma! Voyons! Il y a de quoi! Vous venez de témoigner de la jalousie à l'égard de votre propre mère!

- C'est juste que…

- Emma... Ne voyez-vous pas l'évidence ? Ce qui les reliait, c'est vous... Regina avait « besoin » de votre mère parce qu'elle vous ressentait. Et Snow ne pouvait décemment tuer l'âme sœur de son futur enfant...

Le choc. Un sorte de blocage des sens et des nerfs. Comme si mon esprit se détachait de mon corps et que je n'étais plus qu'un amas d'émotions et que les sensations physiques avaient disparu.

- Pardon ?

Archie se retourne vers moi, un sourire immense sur les lèvres.

- Vous m'avez parfaitement compris. Votre arrivée a été « anticipée », en quelque sorte. Voilà la raison pour laquelle Regina était tellement vide avant la création de Storybrooke.

- Archie, Regina était dénuée de sentiments parce que Daniel a...

- Daniel ? Je suis désolé de vous contredire mais il devient évident qu'il n'était qu'un amour de jeunesse. Un béguin. Comme toute première relation, on s'imagine que ce sera la plus belle et la dernière... Alors qu'en réalité, elle nous prépare au grand amour. Vous saviez que Daniel était blond aux yeux bleus, exactement comme vous ?

Devant mon air pour le moins abasourdi et fantomatique, il éclate de rire. Il semble excité comme une puce. Je tremble de tout mon corps. Je suis submergée. Regina... Ma destinée... Les terminaisons nerveuses de mon cerveau semblent se décourager et ne fonctionnent plus. Archie, lui, ne semble plus pouvoir s'arrêter.

- Lorsqu'elle a adopté cet adorable bébé qu'était Henry, quelque chose l'a apaisé. Elle n'a ré-appris à aimer qu'avec lui.

- Henry... Mon fils...

- Oui, la chair de votre chair... Son amour pour lui est très intense. Coïncidence ? Je ne pense pas.

- Mais elle me détestait... ?

- Vous croyez ? Cela reste à discuter... Je pense qu'à votre arrivée à Storybrooke, la magie était quasiment inexistante, ce qui a freiné l'ardeur de votre lien...

- …

- Dès que la magie est réapparue, vous n'avez eu de cesse de lui sauver la vie, d'essayer de l'intégrer, de la protéger...

- Mais si je devais avoir eu un coup de foudre, je...

- Vos parents aussi ont mis du temps. Il se sont méprisés pendant quelques temps avant de réaliser qu'ils s'aimaient.

- Mes parents... Vous êtes en train de me dire que...

- Oui, Emma. Regina est votre Véritable Amour. Et ce n'est pas un amour comme les autres. Il s'agit de la plus intense passion que je n'ai jamais vu. Regina et vous êtes si opposés et tellement semblables. Le mélange des deux provoque une alchimie brûlante. Vous avez toujours eu une relation passionnelle n'est-ce pas ?

Je repense à tous ces instants. La mairie en feu, la prison, devant son manoir. Ma main sur son bras et l'ouverture du portail, notre magie commune détruisant le diamant, sa foi en mon pouvoir, ses réflexions acides sur mes compagnons. Notre entente. Ces conflits. Rien n'a jamais été tiède. La puissance de nos échanges, la fureur de nos interactions, dans la haine, dans l'amour. Des rivales et des âmes sœurs. Des ennemies et des amantes.

- La Sauveuse... Voilà ce que vous êtes Emma. Pour détruire la malédiction, il ne s'agit pas seulement de sauver vos parents mais aussi de sauver Regina d'elle-même.

Je réfléchis précipitamment et repense à son dernier baiser. J'entends son souffle rauque, inquiet et amoureux... « Je l'espère »...

- Regina, le sait-elle ?

- Depuis l'instant où elle a posé les yeux sur vous.

- Mais...

Semblant lire dans mes pensées, il continue.

- Regina est une femme complexe, extrêmement complexe. Elle paraît forte mais est toujours en proie aux doutes, au refoulement. Regina a un bon nombre de démons qu'elle ne maîtrise pas et un passé émotionnellement compliqué. Elle est elle-même convaincue de la noirceur de son âme. Il est donc ardu de lui faire admettre quelque chose...

- Pourtant hier soir, elle m'a avoué...

- Il semblerait que Neverland ait eu de curieux effets sur d'autres que vous...

Je commence à y voir clair. L'évidence. Je plane. Mon amour me fait bien des cachotteries.

- Elle vous a parlé de moi, n'est-ce pas ?

- Je crois que l'attirance de Neal et du Capitaine Crochet à votre égard a sérieusement attisé sa jalousie...

Je ne peux m'empêcher de rire. Et d'être satisfaite. Regina, jalouse ? Cette idée m'attendrit et m'excite au plus haut point. Pourtant, quelques détails m'obscurcissent encore.

- Quand Cora, était là, Regina, elle a...

- Essayé de vous tuer ? Pas vraiment. Comme vous le savez, Regina a tué son propre père, la seule personne qu'elle aimait réellement. Son âme sombre peut parfois aveugler son jugement et son besoin de l'autre. Mais cela peut encore changer...

- Comment ?

- En l'aimant telle qu'elle est, en la protégeant, en lui offrant la paix et le bonheur qu'elle n'a jamais eu. Le véritable amour se nourrit de jour en jour. La rejeter comme vous l'avez fait ces dernières semaines ne l'aidait pas et la faisait sombrer. Premièrement, Regina devait admettre que vous étiez son véritable amour, ce qui était particulièrement laborieux. Secondement, vous la repoussiez, ce qui a accentué son mal-être. Regina déteste se sentir vulnérable. Elle n'est jamais plus dangereuse que lorsqu'elle est en état de faiblesse.

Je commence à comprendre pourquoi ce soir-là, elle m'a rejeté. Elle essayait de se protéger. Parce qu'elle avait entrevu ma faiblesse, ma lâcheté. Alors qu'elle m'aimait et n'essayait plus de le cacher. Je me dégoûte. D'avoir fui, d'avoir refusé d'assumer, de l'avoir blessée. J'ai envie de vomir. Je me tais un instant. Je commence à concevoir la raison de cette haine qui me transcendait.

- La colère que je ressentais, c'était la mienne, mais il y avait aussi celle de Regina...

- En grande partie oui...

- Je peux ressentir ses émotions ?

- Je n'en suis pas sûr, mais à mon humble avis, oui. Vous avez un lien extrêmement fort Emma. Bien plus puissant que celui de vos parents.

Je suis bouleversée. Je l'aime. Je l'aime. Je l'aime. Entendre ce que m'a révélé Archie a démultiplié mon adoration. Je n'ai qu'une envie : l'emmener loin, la couver, panser chaque blessure, me sacrifier, lui donner ma vie, mon cœur, mon corps, mon âme, m'abandonner à chacune de ses respirations. Cette amour démesuré qui m'envahit m'effraie légèrement mais me rend déterminée sur la future tournure de mon avenir.

- Jusqu'où cela va aller ?

- Je n'en ai aucune idée... Mais ne le rejetez pas. Laissez-le vous envahir...

Je souris, les yeux embués de larmes. Un instant de bonheur brut.

- Merci...