Bring me to the light
Chapitre IX : Somewhere
Auteur : Shizuka Kurai
Genre : shônen ai, darkfic, song fic
Série : Gravitation
Pairing : Yuki Eiri / Shindô Shûichi
Persos :Shindo Maïko
Disclaimer : Persos de Maki Murakami
Dédicace : je dédie ce chapitre à ma pupuce Patou-chan, à qui j'adresse mes remerciements pour son soutien, ses suggestions pour ma fic et sa traduction pour la chanson « Somewhere ». Bisous mon ptit cœur^-^
Commentaires : Bon, nouveau changement de programme pour le titre qui est donc devenu « Somewhere » (rapport à la chanson que j'ai utilisé pour illustrer ce chapitre). Je crois que là vous pouvez tous remerciez Patou (ou Pat), parce qu'elle m'a beaucoup aidé sur ce chapitre. En effet, suite à une review un peu mordante sur ma fic « Homophobie », j'ai fait un méga blocage, qui m'a empêché d'écrire pendant plusieurs jours. Heureusement, ma pupuce m'a soutenue et remonté le moral quand je désespérais complètement. Figurez-vous que j'ai cru que j'écrivais mal, et que mes fics étaient nulles ! MWHAHAHAHA ! La bonne blague ! La grande Shizu qui écrirait de mauvaises histoires ? Ben voyons ! Bon c'est certainement pas du Victor Hugo, mais je pense que je me débrouille pas trop mal quand même, puisque j'ai mes fans.
Yuki : mais tu écris mal, baka !
Shizu : pfff ! Tu dis ça parce que t'es jaloux, tonton ! Baaaah ! (tire la langue)
Yuki : Moi au moins je suis payé pour mon travail, et je suis mondialement reconnu. J'écris pas à l'œil comme toi, et j'ai plus d'une dizaine de fans.
Shizu : Ma Patouuuuuuuuu ! Tonton il est méchant avec Shizuuuuu ! (court se jeter dans les bras de sa puce pour avoir un câlinou)
Pat : Oh mon tit lapinou... Il te fait des misère ce grand vilain pas beau, là-bas ?! (grogne)
Chaise : BAM !
Pat : Voilà c'est réglé... (calin)
Yuki : Itai…
Karla : Yuki ! Arrête de l'embêter ! j'ai pas envie de recopier encore une fois son travail ! Excuse-toi tout de suite !
Yuki : Pfff ! Vous êtes pénibles… Shizu ! reviens là ! Je…
Shizu : hai ? sniiif…
Yuki : je… enfin je suis… RAAAAH ! J'en ai marre ! Gomen nasai ! (se casse et va s'enfermer dans son bureau)
Shuichi : Wouaaah ! Yuki qui fait des excuses ! Y va neiger !
Shizu : C'est normal ! Avec le nom qu'il porte ! MWAHAHAHA !!!
Karla : en même temps, le nom de Yuki s'écrit avec le kanji du courage et non celui de la neige…
Shizu et Shuichi : ON S'EN FOUT ! C'est plus jouli avec la neige ! (sourient béatement)
Karla : … Qu'ils sont bêtes…
Pat : En effet... (se lamente) Mais, perso, je crois surtout que Yukiki en a marre de se prendre des chaises dans la tronche, héhé ! (ricane victorieusement en se baladant avec sa chaise pliante sous le bras)
Shizu : Bon allez au boulot ! J'ai une fic à copier moi ! Bonne lecture !!!
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Résumé du chapitre précédent : Shuichi, de retour chez lui aveugle et abandonné par son amant, déprime complètement. Pour couronner le tout, Toma propose à ses parents de financer son départ aux USA dans un institut spécialisé pour aveugles. Après avoir essuyé une tentative de viol de la part du président, Shuichi se fait battre par son père. Désespéré, le chanteur essaie de se suicider…
(en italique et entre parenthèses, commentaires de l'auteur, des persos et des amies de l'auteur, à savoir Pat, ou Patou pour les intimes, et Karla)
(en italique et en gras, paroles de la chanson « Somewhere » du groupe Within temptation, et traduction entre parenthèses. Bon je préviens tout de suite que j'ai fait ma propre interprétation du texte suivant la traduction de ma Patou, et donc il est possible qu'elle corresponde pas tout à fait, parce je suis une catastrophe en langue. Moi j'ai qu'une chose à vous dire, si ça vous plaît pas, ne lisez pas ma fic, NA !)
(Note : toutes les dates sont prises en fonction de l'année 2007)
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Chapitre IX : Somewhere
Deux jours plus tard…
Dans la chambre d'hôpital triste et froide, un gémissement plaintif s'éleva depuis le lit aux draps blancs. Un jeune homme au teint pâle y était allongé, portant autour de la tête et de son poignet gauche de légers bandages. Après plusieurs jours d'inconscience, il revenait enfin à lui. Bien qu'il fut allongé, la tête lui tournait horriblement et il avait l'impression qu'il allait tomber au moindre mouvement. Lentement, il ouvrit les yeux, espérant quelque lumière salvatrice qui l'aiderait à reprendre pied dans la réalité. Mais tout ce qui l'entourait ne semblait que ténèbres obscures. Quand il se fut quelque peu habitué aux vertiges qui le prenaient dès qu'il tournait la tête, il essaya de rassembler ses esprits. L'endroit semblait calme. Il pouvait entendre le gazouillis des oiseaux venant de l'extérieur. Maintenant qu'il n'avait plus de vertiges, il commençait à se sentir bien. Cependant, plusieurs choses l'intriguaient. Pourquoi les oiseaux chantaient-ils alors qu'il faisait manifestement nuit noire ? Et quelle était cette odeur étrange et vaguement familière ? Comme une odeur d'éther. Soudain il comprit où il était et la mémoire lui revint. Yuki… L'accident… Sa cécité… Son père… Et surtout Tôma… Seguchi Tôma qui, en quelques semaines, avait anéanti sa vie… L'affluence soudaine et brutale de ces douloureux souvenirs fit monter les larmes aux yeux du jeune homme.
_ « Non… lâcha-t-il dans un murmure étranglé. Pourquoi… pourquoi je suis encore vivant ? »
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Lost in the darkness,(Perdu dans les ténèbres)
Hoping for a sign,(Espérant un signe)
Instead there's only silence,( A la place du silence)
Can't you hear my screams?(Ne peux-tu entendre mes cris?)
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Quand l'écrivain pénétra dans la pièce, il trouva son jeune protégé toujours endormi. En s'approchant du lit, il s'aperçut que le jeune homme avait les yeux encore rouges des larmes qu'il avait versées. Prenant la seule chaise de la pièce, il vint s'installer près du lit, et observa l'adolescent assoupi. Le blond s'en voulait d'avoir laissé tout ceci arriver. Et tout ça parce qu'il n'avait encore jamais été capable d'avouer son amour au chanteur. Mais ce qui le troublait le plus, c'était le fait qu'il avait failli encore une fois perdre Shuichi. Il revoyait l'image de son amant à moitié nu, allongé sur le sol, du sang s'écoulant de son poignet et ce seul souvenir lui glaçait le sang.
_ « Je n'aurais jamais cru qu'un jour, tu pourrais être assez désespéré pour commettre un acte pareil, Shuichi… murmura-t-il doucement, craignant d'éveiller son compagnon. Toi toujours si enjoué et obstiné, même quand je t'envoyais chier comme un connard que j'étais… Ce salaud de Seguchi aura au moins eu un rôle positif dans cette histoire : il m'aura fait comprendre que je tenais vraiment à toi, et que c'est toi que je choisis plutôt que ce passé malsain dans lequel il voulait m'enfermer en sa compagnie… Alors bats-toi, onegai… Bats-toi pour rester en vie et me revenir… »
Yuki poussa un soupir à vous fendre l'âme et baissa la tête.
_ « Je ne comprends vraiment pas pourquoi tu t'accroches encore à moi, après toutes les souffrances que je t'ai apporté… »
_ « Parce que je t'aime… »
Le romancier releva la tête. Dans le lit, l'adolescent avait ouvert les yeux et, la tête légèrement tournée sur le côté, il semblait le regarder.
_ « Shuichi ! » s'écria le blond en prenant la main du musicien dans la sienne.
_ « Je t'aime tellement, Yuki… » continua l'adolescent.
_ « Moi aussi, Shuichi… » répondit aussitôt l'écrivain, bien décidé à ne plus taire ses sentiments.
_ « Alors pourquoi… pourquoi tu m'as abandonné ? » le questionna l'artiste d'un ton déchirant.
De saisissement, Yuki lâcha la main du chanteur. La voix accablée de son amant lui avait transpercé le cœur comme un coup de poignard.
_ « Parce que… parce que je ne suis qu'un connard, Shuichi… » trouva-t-il seulement la force de répondre.
_ « Mais, je l'aime moi pourtant, ce connard, Yuki… gémit l'artiste dont les yeux commençaient à briller de larmes. Et je veux pas qu'il m'abandonne… Je veux plus jamais que tu m'abandonnes… J'ai besoin de toi, Yuki… parce que sans toi, j'ai plus de raison de vivre maintenant… Et puis je suis perdu dans les ténèbres et j'ai peur… »
Le blond devint muet en prenant enfin conscience de la portée de ses actes. Il savait déjà combien il avait été stupide en abandonnant Shuichi à la fureur de Tôma. Maintenant, il se rendait compte que cette séparation n'avait pas seulement été dangereuse pour Shuichi, mais qu'elle avait aussi été très éprouvante et douloureuse pour lui. L'écrivain réalisait à quel point le jeune chanteur était perturbé par sa cécité, et effrayé par ce monde qu'il percevait différemment. Et puis, en regardant le poignet bandé de son amant, il réalisait aussi qu'il avait une nouvelle fois failli perdre Shuichi. Eiri baissa soudain la tête et, les mains crispées sur son pantalon, il laissa couler silencieusement les larmes qu'il ne pouvait plus retenir. Jusque là, il ne s'était jamais rendu compte du mal qu'il pouvait faire aux autres par sa froideur et sa distance, mais là il s'en voulait réellement d'avoir fait souffrir Shuichi. Tout comme il se reprochait de lui avoir apporté tous les malheurs des dernières semaines. Mais ceux-ci étaient en bonne partie dû à Tôma…
Yuki n'arrivait plus à arrêter ses larmes, et il s'efforçait de pleurer le plus discrètement possible pour ne pas que Shuichi l'entende. Il n'y avait qu'une seule personne qui avait réussi à le faire pleurer en sept ans, et elle était là dans ce lit. Mais il refusait d'inquiéter celui à qui il avait ouvert son cœur, alors il pleurait sans bruit. Cependant, le silence n'était pas perçu de la même manière par le jeune aveugle. Les sanglots étouffés de l'écrivain étaient masqués par le chant des oiseaux au dehors et les voix des infirmières dans le couloir, et il crut que son visiteur était parti, ou même tout bêtement, qu'il l'avait rêvé. Ses pleurs qui s'étaient lentement calmés, reprirent alors abondamment, inondant ses joues de larmes amères.
_ « Pourquoi tu me tortures même dans mes rêves, Yuki ? gémit l'adolescent entre deux sanglots. Pourquoi tu fais semblant de t'intéresser à moi avant de m'abandonner ? Maïko… Pourquoi tu m'as pas laissé mourir ? »
_ « NON ! s'écria le romancier à ces mots, faisant sursauter le chanteur. Non, ne dis pas ça, Shuichi. Je… je ne veux pas te perdre… articula-t-il avec difficulté, la voix encore tremblante de larmes. Je ne veux pas te perdre, alors je ne t'abandonnerai plus jamais… »
Yuki avait repris la main du musicien dans la sienne et la serrait avec une douce fermeté.
_ « Je te protègerai, Shuichi… reprit l'écrivain. Je te protègerai de Seguchi et je m'occuperai de toi. Tu ne partiras pas en Amérique, et tu ne seras même pas obligé de retourner chez tes parents. J'ai fait toutes les démarches nécessaires pour leur retirer ta garde et devenir ton tuteur jusqu'à ta majorité. Je ne laisserai plus ni Tôma, ni ton père, ni personne d'autre lever la main sur toi. Je te garderai rien que pour moi… Rien qu'à moi… parce que je t'aime comme je n'ai jamais aimé personne, Shuichi… Je t'aime tellement que j'en ai mal… Ta douleur et tes larmes me font souffrir aussi… »
_ « Yu…ki… » balbutia le chanteur, tout retourné par cette déclaration.
_ « Ai shiteru, Shuichi… » souffla le blond qui ne put en dire plus.
L'écrivain déposa un tendre baiser sur la main de son amant et appuya son front dessus. La voix de l'adolescent le fit presque aussitôt se redresser.
_ « Prends-moi dans tes bras, onegai… » supplia le gamin en larmes.
Aussitôt le romancier vint s'asseoir au bord du lit et attira son amant à lui. Débordant de joie et de soulagement, l'adolescent s'agrippa à lui en répétant sans cesse, partagé entre le rire et les larmes :
_ « Tu es là… tu es enfin là… »
_ « Oui, je suis là, Shuichi… Je suis là… Et je resterai toujours avec toi… lui répondit Yuki en caressant doucement les cheveux de son compagnon. Je ne t'abandonnerai plus jamais… »
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Never stop hoping, (Ne cessant jamais d'espérer)
Need to know where you are, (j'ai besoin de savoir où tu es)
But one thing's for sure, (Mais une chose est sûre)
You're always in my heart.(Tu es toujours dans mon coeur)
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3 jours après (mercredi 14 mars)…
En entrant dans la chambre après avoir été gracieusement chercher les canettes de soda réclamées par Maïko pour égayer l'insipide repas de l'hôpital, Yuki trouva un spectacle étonnant : la jeune fille nourrissant son frère à la cuillère, comme s'il était un môme de 3 ans. Il était vrai que Shuichi agissait souvent (quasi tout le temps d'ailleurs) comme un gamin, mais de là à lui donner la becquée, il y avait un énorme fossé.
_ « Maïko-san ? intervint-il alors, jugeant nécessaire de mettre fin à cette mascarade. On devrait laisser Shuichi finir de manger seul, et sortir quelques minutes. Je dois te parler. »
_ « Haï ! J'arrive dans quelques minutes, » acquiesça la lycéenne.
_ « Shuichi peut finir de manger tout seul, Ce n'est plus un bébé, fit un peu plus sèchement Yuki, un pincement au cœur en voyant une expression de panique se dessiner sur le visage du chanteur. Alors maintenant suis-moi. »
_ « Pas tout de suite. Je connais mon frère, Yuki-san, répondit la jeune fille sans se départir de son calme. Si je ne reste pas avec lui pour le forcer un peu à manger, il ne va rien avaler du tout. Alors je reste ici jusqu'à ce qu'il ait fini, et je vous rejoins dans un petit moment, ok ? » ajouta-t-elle en se retournant vers le blond.
La détermination de son regard montrait à quel point elle aimait son frère, et voulait le protéger. Yuki comprit qu'elle ne céderait pas et qu'il allait être difficile de lui faire admettre que son attitude surprotectrice représentait pour son frère un handicap encore plus grand que sa cécité. Avec un "tsss" agacé, le blond laissa les canettes sur la table de nuit, et quitta la pièce. De son côté, le musicien se sentait mal à l'aise, surpris de la froideur avec laquelle son compagnon s'était exprimé, et il demanda à sa sœur :
_ « Maïko ? Pourquoi Yuki est fâché ? J'ai fait quelque chose de mal ? »
_ « Non, Shu-chan, fit sa cadette d'un ton rassurant. C'est plutôt après moi qu'il en a. »
_ « Pourquoi ? » s'étonna le chanteur.
_ « Parce que je l'envoie sans cesse chercher des trucs pour toi et ça l'agace. »
_ « C'est ma faute alors… » souffla l'artiste d'un ton peiné.
_ « Mais non, onii-chan. S'il va chercher ce que je lui demande, c'est justement parce que c'est pour toi. Sinon, si c'était pour moi, il me dirait d'y aller moi-même. Et puis, je crois aussi qu'il est un peu jaloux. »
_ « Huh ? Jaloux ? »
_ « Ben oui. Il est jaloux de moi, parce que je suis tout le temps en train de m'occuper de toi, alors que lui va faire les courses que je lui demande, et que du coup il peut pas être tout seul avec toi. »
Shuichi vira aussitôt à l'écarlate et baissa légèrement la tête.
_ « C'est… c'est vrai ? » balbutia-t-il d'une voix émue.
_ « Haï, nii-chan… le conforta la jeune fille. Il t'aime tellement qu'il est jaloux de ta sœur. Hahaha !»
Le chanteur se mit alors à rire de bon cœur avec sa sœur, une larme de joie perlant au coin de l'œil.
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Peu après dans le couloir…
_ « Yuki-san ? »
_ « Huh ? fit le blond en se retournant. Ah, Maïko-san ! Enfin ! C'est pas trop tôt ! »
_ « C'est de votre faute aussi, rétorqua la lycéenne sans se laisser impressionner. À cause de votre attitude glaciale de tout à l'heure, Shuichi a cru qu'il avait fait quelque chose qui vous avait énervé. J'ai dû le rassurer avant de le laisser. »
En temps normal, l'écrivain aurait répliqué par une remarque cinglante, mais il resta silencieux. Il savait qu'il avait blessé son amant tout à l'heure alors que c'était après sa soeur qu'il en avait, et il s'en voulait. Mais que Maïko lui en fasse le reproche remuait un peu plus le couteau dans la plaie.
_ « Passons là-dessus, veux-tu ? » fit sèchement le blond.
_ « Si ça vous embête tant d'aller me chercher des choses pour Shuichi, vous n'avez qu'à me le dire. Mais ne passez pas votre mauvaise humeur sur mon pauvre frère. »
_ « Je n'ai pas voulu être aussi abrupt tout à l'heure. C'est parti tout seul ! se défendit vivement le romancier. Mais franchement, je ne pouvais pas supporter ce spectacle ridicule ! »
_ « Hein ? Quel spectacle ridicule ? »
_ « Shuichi est aveugle, pas impotent. Tu n'as pas besoin de le materner de cette manière. »
_ « Shuichi a vécu des choses horribles ces deux derniers mois ! Et alors que vous l'aviez abandonné, il n'avait plus que moi parce que mes parents n'acceptaient pas son homosexualité ! C'est moi qui me suis occupé de lui depuis qu'il est aveugle. Il est complètement perdu et en plus il est menacé par votre beau-frère. Et maintenant c'est notre père qui s'en est pris à lui ! Shuichi a beaucoup souffert et ça me brise le coeur de le voir dans cet état… Je veux le protéger ! »
_ « À force de le protéger, tu vas finir par l'étouffer, gamine, rétorqua froidement Eiri. Son handicap ne l'empêche pas de vivre, mais toi si… »
_ « Qu… quoi ? »
_ « Je sais que Shuichi a beaucoup souffert, et en grande partie par ma faute, et qu'en plus sa cécité l'effraie énormément. Mais comme les docteurs l'ont dit, il est plus qu'improbable qu'il retrouve un jour la vue. Alors, s'il doit être aveugle le restant de ses jours, il faut l'aider à s'habituer le plus vite possible à sa condition, et non pas le maintenir dans une jolie cage dorée pour le protéger. Un oiseau est fait pour voler libre dans le ciel et chanter au soleil. Si on l'enferme, il dépérira et sera complètement dépendant de ceux qui s'occuperont de lui. C'est ça que tu veux, Maïko ? Qu'il se laisse mourir à petit feu ? »
_ « N…non… » balbutia la jeune fille, bouleversée.
_ « Je serai là pour le protéger maintenant, Maïko-san… Grâce à mes avocats, j'ai pu obtenir la garde légale de ton frère, et il va venir habiter avec moi. J'ai les moyens de lui apporter tout ce qu'il lui faut, et il connaît bien mon appartement. Il n'y a pas d'escaliers, donc il pourra aller et venir sans danger. Je veillerai aussi à ce qu'il soit suivi par les meilleurs formateurs pour aveugles du pays. Tu n'as donc pas à t'en faire pour lui, je le protègerai. Mais je ne peux pas le laisser continuer à se replier sur lui-même à cause de sa peur. Nous le soutiendrons tous, toi, moi, Nakano, et même K et Sakano-san, qui ont décidé de quitter N.G. après les agissements de Seguchi. Bad Luck n'est pas mort. Shuichi a perdu la vue mais pas la voix. »
_ « Et Fujisaki-san ? »
_ « Ah celui-là ? Étant de la famille à Seguchi, il a préféré resté auprès de son illustre cousin. Quel petit merdeux ! »
_ « Ah… fit simplement la lycéenne. C'est triste pour Shuichi… »
_ « Bah, mieux vaut que le clan Seguchi reste dans son coin. Shuichi ne s'en portera que mieux. Et puis de toutes manières, Shuichi n'a jamais vraiment apprécié Fujisaki. Et moi non plus d'ailleurs… »
_ « … »
Maïko avait cessé de parler, et tentait difficilement de retenir ses larmes. Comprenant que ses paroles un peu dures avaient éprouvées la lycéenne, Yuki lui tendit un mouchoir propre pour qu'elle s'essuie le visage. Le blond savait que ça avait été douloureux pour la jeune fille de s'entendre dire tout ça, mais il devait le faire pour qu'elle réalise enfin ses erreurs.
_ « Shuichi va encore rester plusieurs jours à l'hôpital, lança soudain le blond pour faire diversion. D'ici là, tu pourras en profiter à loisir et t'occuper de lui avec tout ton amour de sœur. Profites-en à fond parce qu'après il va venir vivre chez moi, et je ne te laisserai pas interférer dans son adaptation à sa nouvelle vie. »
_ « …Snif… » renifla Maïko en lançant à l'écrivain un regard désespéré.
_ « Mais tu pourras venir le voir aussi souvent que tu voudras, ok ? »
Un sourire illumina aussitôt le visage de la jeune fille.
_ « Ha… Haï ! balbutia-t-elle. Arigato… » lui sourit-il avec reconnaissance.
_ « De rien…» lâcha gravement le romancier, avant de laisser Maïko pour aller en griller une.
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Quelques jours plus tard…
_ « Naaa, Yuki ! Pourquoi tu fais ça ? » couinait l'artiste en caleçon.
_ « Pour te mettre un peu de jugeote dans la tête, baka ! lui répondit le blond d'un ton sec. Ça fait une semaine que je m'évertue à te dire de toujours ranger tes affaires au même endroit, et que tu t'obstines à ne pas m'écouter ! »
_ « Mais, protesta le chanteur debout tout près du lit. C'est pas ma faute si les infirmières déplacent sans cesse mes affaires ! »
_ « Elles ont cessé de le faire à partir du moment où on leur a dit que tu allais commencer à apprendre à te repérer dans l'espace qui t'entoure, à savoir ici ta chambre. Et c'était il y a une semaine. »
_ « Mais… »
_ « Il n'y a pas de "mais" qui tienne, Shuichi ! Tu as voulu t'habiller tout seul, alors vas-y ! »
_ « Mais je pensais que t'allais poser mes vêtements à côté de moi sur le lit pour que je les trouve facilement… »
_ « Tu les trouverais facilement si tu faisais comme je t'ai dit de faire ! »
_ « Arrêtez, je vous en prie, Yuki-san ! s'écria soudain Maïko que l'écrivain retenait par les bras depuis le début. Vous voyez bien qu'il a besoin d'aide ! »
_ « Non, il peut se débrouiller tout seul, répliqua sévèrement le blond. J'ai posé ses vêtements à l'endroit où il devrait les mettre habituellement, il va aller les chercher tout seul comme un grand, comme j'ai essayé de lui apprendre cette semaine. Mais visiblement, ce baka est beaucoup trop bête pour réussir un truc aussi simple. »
_ « Je suis pas bête ! » protesta le chanteur.
_ « Alors fais ce que je te dis ! »
_ « Mais… »
_ « Tu peux le faire, Shuichi, » fit simplement Yuki d'une voix ferme.
Encouragé par le ton plein d'assurance de son amant, Shuichi serra les poings pour se motiver, avant de tâtonner lentement jusqu'au pied du lit. De là, il savait qu'il devait aller tout droit pour trouver la table et la chaise sur laquelle le blond avait posé son sac de sport rempli de vêtements. Le plus dur et le plus effrayant était de devoir lâcher le bord du lit pour avancer à l'aveuglette jusqu'à la table (oui je sais, mon jeu de mot vole très bas. MDR !!!). Un nouvel encouragement de Yuki le décida à se lancer. Shuichi déglutit avant de se lancer en direction de la table. Son amant lui rappelait de bien compter ses pas, mais l'artiste en avait perdu le fil depuis longtemps, et bien que la distance entre le lit et la table fut d'à peine deux mètres, cela lui en paraissait deux kilomètres. Soudain pris de panique de se savoir sans appui, l'adolescent se figea sur place à quelques centimètres de la chaise.
_ « Kuso ! Mais vas-y, baka ! s'écria le blond, exaspéré. Tu y es ! Tu vas pas nous faire la comédie à chaque fois ! »
Effrayé par le ton brusque de l'écrivain, l'artiste fit un pas sur le côté et s'entrava dans les pieds de la chaise avant de chuter avec elle.
_ « Shuichi ! » s'exclama Maïko en essayant de se libérer.
Un instant inquiet, Yuki desserra légèrement sa prise sur les poignets de la jeune fille qui s'empressa de lui décocher un coup de genou fort bien placé, autant pour se libérer que pour le punir de martyriser son frère. Maïko se précipita vers le chanteur, tandis que le blond s'appuyait au mur avec un gémissement en se tenant l'entrejambe. Quand il eut retrouvé ses esprits, il vit Shuichi en larmes dans les bras de sa sœur. Avec un soupir, il s'approcha doucement et s'accroupit près d'eux. Ce fut une véritable gageure de réussir à persuader la lycéenne de lâcher son frère, mais il y parvint après quelques minutes. Shuichi restait accroupi sur le sol, et refusait que Yuki le touche, une moue boudeuse sur le visage. Le romancier poussa un autre soupir, donna une petite tape sur le crâne du chanteur et fit :
_ « J'aimerais que tu comprennes que je fais ça pour toi, Shuichi… »
_ « Ah ouais ? En me faisant marcher comme ça dans le vide, sans appui, dans un endroit que je connais pas, alors que j'ai peur ? Tu crois vraiment que ça va m'aider ? »
lui répondit l'adolescent d'un ton brusque.
_ « Ça t'aidera certainement plus que de pleurnicher dans les bras de ta frangine comme un môme de trois ans ! répliqua durement Yuki. Si tu veux avoir un peu d'indépendance, tu dois arriver à te débrouiller et apprendre à toujours ranger tes affaires au même endroit ! »
_ « Mais je peux rien faire tout seul, Yuki ! s'écria le chanteur en abattant ses poings sur ses genoux. Je vois rien du tout ! Je peux plus rien faire tout seul ! »
_ « Si, tu le peux, Shuichi, fit plus calmement le blond. Tu peux faire des choses tout seul. Mais pour cela, tu dois apprendre à te repérer même dans un endroit que tu ne connais pas, et à "voir" les choses grâce à ton sens du toucher. Et tu dois apprendre à gérer ta peur. »
_ « Mais… » commença à pleurnicher le bonbon rose.
_ « Je suis là pour te protéger maintenant, fit le blond d'une voix grave. Tu n'as rien à craindre. Je ne te laisserai pas prendre des risques inutiles… »
_ « Vraiment ? cessa aussitôt de pleurer l'artiste, indigné. Alors pourquoi tu m'as laissé tomber avec la chaise, hein ? »
_ « Ça t'a tué ? » demanda le blond du tac au tac.
_ « Non, concéda le chanteur. Mais… »
- « Si quelques bleus et bosses peuvent te faire comprendre que tu dois apprendre à te repérer, je n'hésiterai pas à te laisser te cogner dans tous les meubles de la maison. Je veux t'aider et je vais le faire. Mais je ne vais certainement pas te laisser dépérir sous prétexte que tu es aveugle. Je ne ferai pas comme ta sœur, et je ne t'enfermerai pas dans un cocon bien douillet. Si ce que je prévois pour toi quand on rentrera ne te plaît pas, tu peux toujours retourner chez tes parents. Ah mais ! J'oubliais… Ton paternel veut t'envoyer en Amérique, non ? Sympathique programme je trouve. Réfléchis bien, gamin. Soit tu restes avec moi et tu te bouges le cul pour t'adapter à ta condition d'aveugle, soit tu files aux USA. »
_ « Non ! Je veux pas aller là-bas ! Jamais ! »
_ « Pourquoi ? » demanda Yuki pour sonder un peu les raisons de son amant.
_ « Parce que… parce que j'ai peur… balbutia Shuichi en se tordant les mains d'angoisse. Et parce que… parce que je veux rester avec toi… Je t'aime trop, Yuki… » lâcha Shuichi en se remettant à pleurer. Et… et… snif sniiif… j'ai peur sans toi… »
Yuki était conscient qu'il agissait un peu durement avec son amant, mais il savait que c'était la bonne attitude à adopter avec Shuichi. Trop le couver l'emprisonnait dans une douce mais vaine sécurité, alors que même aveugle, il pouvait encore exercer sa vocation : chanter. Le tout était maintenant de parvenir à rassurer le jeune musicien sans le maintenir dans un illusoire havre de sécurité complètement exempt de danger, et le pousser à explorer son nouveau monde. Pour se faire un peu pardonner sa sévérité, le blond fit :
_ « Hé bien maintenant je suis là, alors tu n'as plus à avoir peur, c'est compris ? »
_ « Ha… haï… » bredouilla le chanteur en essayant de retenir ses larmes.
_ « Tsss… T'es vraiment impossible… » lâcha le blond en attirant le musicien pour le serrer contre lui.
_ « Je veux rester avec toi, Yuki… répéta l'adolescent qui avait blotti sa tête contre l'épaule de l'écrivain. Y a qu'avec toi que je suis bien… que je me sens en sécurité… »
À ces mots, Maïko, qui assistait sans un mot à la scène, eut un léger pincement au cœur. Ça lui faisait mal d'entendre ça de la bouche de son frère. Et même si elle savait que Shuichi l'aimait beaucoup et lui était reconnaissant de s'être si bien occupé de lui, elle admettait que le chanteur disait la vérité. Elle avait essayé de protéger Shuichi en le gardant auprès d'elle à la maison, mais finalement même les murs dorés d'une jolie prison n'avaient pu préserver l'artiste du danger. Elle avait échoué à sauvegarder son frère et il avait fallu que Yuki intervienne avant qu'il ne soit trop tard…
Elle regarda en silence Yuki essuyer les larmes du musicien, puis l'obliger à se relever avant de l'aider à s'habiller. En observant les gestes de l'écrivain, Maïko comprit à quel point son attitude envers son frère lui avait été préjudiciable. La lycéenne ne laissait rien faire à Shuichi, allant même jusqu'à le faire manger comme s'il était un bébé, soit disant parce qu'elle comprenait ses peurs. Mais en fait, c'était elle qui avait le plus peur qu'il arrive quelque chose à Shuichi. Yuki, lui, n'agissait pas ainsi. Certes il guidait parfois la main de son amant pour trouver ses vêtements, mais il l'obligeait à reconnaître ce qu'il touchait et à s'habiller seul. Il restait tout le temps à côté de lui, lui parlant doucement pour le rassurer, mais le laissait faire. Et, bien qu'encore hésitant, Shuichi faisait tout ce que son compagnon lui ordonnait. Maïko regarda son frère finir de s'habiller et préparer son sac pour partir avec Yuki dès qu'il serait prêt. La lycéenne se sentit soudain mal à l'aise. Prétextant aller leur chercher des boissons le temps qu'ils finissent, elle s'éclipsa de la chambre en ravalant ses larmes, ayant brusquement l'impression d'être de trop dans cette pièce…
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Lost in the darkness, (Perdu dans les ténèbres)
Tried to find your way home, (Essayant de trouver comment te faire revenir)
I want to embrace you, ( Je veux t'enlacer)
And never let you go.(Et ne jamais te laisser repartir)
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Environ une semaine plus tard, appartement de Yuki Eiri
_ « Shuichi ! Je t'ai dit de me rejoindre à la cuisine pour manger, alors tu vas ramener tes fesses vite fait, c'est compris ? fit le blond depuis la porte de la chambre. J'ai bien voulu être gentil les premiers jours tant que tu n'étais pas encore habitué à l'appartement, mais là ça suffit ! Je t'ai déjà fait faire plusieurs fois le tour des pièces, en t'expliquant bien que j'avais enlevé tout ce qui pourrait être dangereux pour toi, alors maintenant tu dois pouvoir te débrouiller. Et surtout, je refuse de continuer à t'apporter ton repas dans la chambre, je suis pas ta bonniche. Alors si tu as faim, tu viens dans la cuisine, un point c'est tout ! »
_ « Mais, Yuki… gémit le jeune musicien qui refusait de quitter le lit. J'aime pas aller dans la cuisine. Si… si je trébuchais et que je faisais tomber un truc coupant ou chaud, je… je vais me faire super mal…»
_ « Tu feras rien tomber pour deux raisons, baka, répondit l'écrivain d'un ton agacé. Premièrement parce que tu n'iras que jusqu'à la table sans aller vers la cuisinière, et deuxièmement parce que je serais là ! Alors maintenant tu viens ! »
_ « Naaan… »
_ « Bon, très bien ! Quand tu crèveras de faim, tu te décideras peut-être à venir ! » s'exclama le blond, franchement exaspéré, avant de partir en claquant la porte.
_ « Mais… Yuki… commença à pleurnicher l'adolescent resté seul. J'ai peuuur… »
Le chanteur s'emmitoufla alors dans sa couverture et pleura un long moment. Il resta ensuite seul tout l'après-midi, n'osant pas sortir de la chambre après sa dispute avec Yuki. Son amant ne se manifesta que très brièvement le soir, c'est-à-dire après de longues heures d'angoisse pour le musicien, pour le prévenir que le repas était prêt. Shuichi n'eut même pas le temps de protester que l'écrivain était déjà reparti. Shuichi n'osait toujours pas bouger et demeura sous les couvertures jusqu'à ce que son compagnon vienne se coucher. Bien qu'il eut l'estomac dans les talons, Shuichi n'adressa pas un mot au blond, et fit semblant de dormir. Mais Shuichi passa ensuite une fort mauvaise nuit, tiraillé entre sa faim et les remords qu'il éprouvait d'avoir déçu son amant. Le lendemain matin, n'y tenant plus, le musicien décida de prendre son courage à deux mains et d'aller manger dans la cuisine avec Yuki. Quand ce dernier fut sur le point de se lever, Shuichi l'arrêta.
_ « Na, Yuki… fit-il, hésitant en retenant l'écrivain par un bout de pyjama qu'il avait réussi à choper. Je… je vais venir manger dans la cuisine, mais… »
_ « Quoi donc ? » répondit le blond en caressant les cheveux de l'artiste pour le rassurer.
_ « Je… enfin tu… je… heu… tu pourrais rester à côté de moi jusqu'à ce que j'arrive à la cuisine ? »
_ « … Haï, soupira l'écrivain. Je resterai près de toi, mais tu débrouilles tout seul, ok ? »
_ « … Haï, Yuki… répondit l'artiste. Dis, je… je peux avoir un câlin avant ? »
Le romancier accepta sans un mot et serra doucement le chanteur dans ses bras. Il espérait qu'avec le temps, Shuichi surmonterait tout ça, et redeviendrait aussi joyeux qu'avant. Mais pour l'instant, la détresse de Shuichi le déstabilisait totalement. Ce n'était pas qu'il n'avait jamais vu son amant aussi désemparé, non. C'était surtout que cela durait dans le temps alors que d'habitude il se remettait toujours très vite comme l'idiot qu'il était. Et depuis qu'il avait décidé de s'occuper de lui, il n'avait jamais vu Shuichi rire ou sourire, ou alors si peu. Le chanteur esquissait à peine un rictus amusé quand il entendait quelqu'un sortir une ânerie, mais la plupart du temps, il restait immobile avec une expression tristement mélancolique sur le visage. Il avait perdu sa vigueur et sa gaieté d'antan (naaaan… pas cette « gayté » là….MDR).
On aurait même dit qu'il était devenu un zombi, avec son teint pâle de convalescent n'étant pas sorti pendant plus d'un mois. Voir son amant dans cet état faisait souffrir l'écrivain au fond de lui, et il voulait pouvoir redonner à Shuichi un peu de sa joie d'avant, et ce, malgré son handicap. Yuki se leva alors et laissant son compagnon un instant, fit un détour par la salle de bain pour se laver et s'habiller, puis il revint dans la chambre où il aida Shuichi à sortir ses affaires pour se vêtir.
C'était un spectacle assez comique d'ailleurs, de voir le musicien chercher ses habits dans la commode que Yuki avait fait installé spécialement pour lui. Malgré les explications de l'écrivain qui lui rabâchait depuis une semaine dans quel tiroir était tel ou tel vêtements, le chanteur ne se rappelait jamais et il cherchait à chaque fois en grommelant contre son amant qui pouffait de rire derrière lui. Ça amusait beaucoup le romancier, mais bien moins l'artiste qui s'énervait de plus en plus et y arrivait de moins en moins. Finalement, quand les premières larmes perlèrent aux yeux de Shuichi, Yuki le prit dans ses bras quelques minutes le temps qu'il se calme, puis l'encouragea à recommencer avec un long baiser langoureux.
(Pat : Ces moments de Kawai attitude sont si rares... [sort son appareil photo et hop... Clic !] Héhé ! )
(Shizu : Oui n'est-ce pas ? C'est trop meugnon ! Kyaaa ! )
(Yuki : Dégagez, les paparazzi !)
Cette fois-ci, Shuichi trouva tous les vêtements dont il avait besoin, et le blond le laissa s'habiller pour aller préparer le petit-déjeuner. Yuki revint peu après et escorta son compagnon jusqu'à la cuisine. Malgré la présence du blond et sa canne d'aveugle, Shuichi avançait avec mille précaution dans le couloir qui lui semblait interminable. Il mit ainsi presque un quart d'heure pour rejoindre la cuisine, mais, même si cela l'agaçait un peu, l'écrivain était malgré tout fière de cette petite victoire.
(Le dico : Fiuuuuu ! Blam ! )
(Shizu : itai ! )
(Yuki : au cas où t'aurais pas remarqué, je suis un mec, pas une fille)
(Shizu : mais c'était juste une faute de frappe, tontooon ! Snif !)
(Le dico : Fiuuuuu ! Re-blam ! )
(Shizu : re-itai ! Bouhouh !)
L'écrivain était donc malgré tout FIER de cette petite victoire. Shuichi avait dominé sa peur et n'avait pas sollicité l'aide de son amant non plus. S'il continuait ainsi, Yuki réussirait à le sortir de l'apathie dans laquelle sa sœur l'avait maintenue. Le romancier savait que pour le moment, Shuichi devait se remettre moralement, et accepter sa cécité avant de pouvoir réellement s'adapter à sa condition. Mais l'écrivain avait bon espoir. Son amant faisait de rapides progrès quand il écoutait ce que le blond lui disait, et il recommençait à exprimer ses sentiments comme la colère ou l'angoisse, alors que Yuki l'avait vu complètement prostré les premiers jours qu'il avait passé à l'hôpital. L'écrivain était convaincu qu'il arriverait à faire retrouver sa gaieté à Shuichi. Cela prendrait certainement du temps, mais Eiri ne désespérait pas d'y arriver. L'obstination était un des principales défauts du blond…
(Le dico : Fiuuuuu ! Blam ! )
(Shizu : itai !)
(Yuki : répète un peu pour voir ? )
(Shizu : bon ça va ! je change !)
L'obstination était une des principales qualités du blond ainsi qu'une autre qu'il ignorait lui-même : la gentillesse.
(Shizu : Kyaaaa ! C'est trop kawai ! Je suis trop géniale !)
(L'encyclopédie : Fiuuuuu ! Braouuum ! )
(Shizu : argeuuuuh ! )
(Karla : Ah non ! Yuki ! Maintenant je vais être obligé de recopier ! T'es pas sympa )
(Yuki : Non je suis pas sympa, contrairement aux âneries que débite cette nouille de Shizu ! )
(Shizu : chui pas une nouille… [s'évanouit à nouveau])
(Pat : Je vais finir par m'abonner au magazine des "Ames en peine et autres lamentations"...)
Et il était d'autant plus gentil avec les personnes qu'il aimait, car elles étaient fort rares. Le petit-déjeuner se passa très calmement. Shuichi mangeait lentement pour ne rien renverser, et attendait que Yuki le serve ou lui donne des indications sur la disposition des aliments et de la vaisselle. Le chanteur ne disait pas un mot, manifestement concentré sur ce qu'il faisait. Mais son air anxieux avertit le blond que quelque chose n'allait pas.
_ « Yuki… » le devança soudain Shuichi, brisant le silence avant que l'écrivain ne prenne la parole.
_ « Haï ? Nanda ? »
_ « C'est parce que tu te sentais coupable que tu m'as repris avec toi ? Parce que je te faisais pitié ? »
Un instant médusé par cette question, le romancier garda le silence. En fait, le plus dur pour Shuichi n'était peut-être pas d'accepter sa cécité, mais de faire à nouveau confiance à son amant. Ravalant son dépit et son agacement, Yuki répondit posément :
_ « Non… C'est parce que je t'aime que je l'ai fait. Et parce que je ne supportais de vivre sans toi… »
_ « Vraiment ? »
_ « Haï, confirma l'écrivain. Il est vrai que je me sens aussi coupable, mais ce n'est pas " la " raison qui m'a poussé à venir te chercher. " La " raison qui m'a fait faire ça est beaucoup plus égoïste. Je l'ai fait parce que je t'aime et que je ne voulais pas que quelqu'un d'autre puisse t'aimer… Je voulais te garder pour moi tout seul… »
_ « Yuki… »
_ « Gomen ne, Shuichi… Je suis devenu trop égoïste après l'affaire Kitazawa… »
_ « C'est pas grave, Yuki… lui assura le chanteur. J'aime bien ton égoïsme parfois, tu sais… Surtout quand il me concerne… »
_ « … »
_ « Yuki ? » appela Shuichi comme son amant gardait le silence.
_ « Hum ? Haï ? »
_ « Tu me quitteras plus jamais maintenant ? Tu m'abandonneras plus ? »
_ « Non, Shuichi, plus jamais… »
L'artiste se leva soudain, suivit le bord de la table jusqu'à atteindre son amant et vint se blottir contre lui.
_ « Moi aussi, Yuki, je veux t'avoir que pour moi… Je veux plus que Seguchi ou qui que ce soit d'autre t'approche… Je veux pas non plus que d'autres personnes te fassent souffrir comme ce Kitazawa. Et je veux te faire découvrir le véritable amour, même si je suis aveugle. Et puis après tout, on dit que l'amour rend aveugle, non ? Je crois que c'est parce que mon amour pour toi est tellement gigantesque que je suis devenu aveugle… »
_ « Tsss… Dis pas de sottises, baka… » fit gentiment Yuki, amusé.
_ « Ai shiteru, Yuki… » murmura l'adolescent en laissant son compagnon l'asseoir sur ses genoux.
_ « Watashi mo, ai shiteru, Shuichi… »
Délaissant leur petit-déjeuner, les deux amants échangèrent un baiser passionné, et d'une tendresse infini, encore emprunt du goût sucré des crêpes au sirop d'érable qu'ils venaient de manger…
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Almost hope you're in heaven, (Espérant presque que tu sois aux cieux)
So no one can hurt your soul, (Pour que personne ne blesse ton âme)
Living in agony, (Je vis dans l'agonie)
Cause I just do not know, (Simplement parce que j'ignore)
Where you are. (Où tu es)
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Refrain:
I'll find you somewhere, (Je te trouverai quelque part)
I'll keep on trying, (Je continuerai d'essayer)
Until my dying day. (Jusqu'au jour de ma mort)
I just need to know, (J'ai juste besoin de savoir)
Whatever has happened. (Quoiqu'il se soit passé)
The truth will free my soul.(La vérité libèrera mon âme)
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Wherever you are, (Où que tu sois)
I won't stop searching, (Je ne cesserai jamais de chercher)
Whatever it takes me to know.(Quoiqu'il m'en coûte de savoir)
OOOOOOOOO
Refrain:
I'll find you somewhere, (Je te trouverai quelque part)
I'll keep on trying, (Je continuerai d'essayer)
Until my dying day. (Jusqu'au jour de ma mort)
I just need to know, (J'ai juste besoin de savoir)
Whatever has happened. (Quoiqu'il se soit passé)
The truth will free my soul.(La vérité libèrera mon âme)
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À SUIVRE …AU PROCHAIN EPISODE : ben j'ai pas encore trouvé le titre, mais sachez qu'il y aura un lemon….
Commentaires de fin : Voilàààààà ! Encore merci à tous ceux qui m'ont soutenu pour ce chapitre, mon tonton, Shuichi, mes fans qui attendaient avec impatience,et surtout ma Patou-chan^-^
Bon maintenant je vais m'atteler à mon 10e chapitre, peut-être encore un song-chapitre, je sais pas encore. Je cherche la chanson qui pourrait coller. Bon allez, je vais me mettre au boulot. Mata ne, minna-san !
Lexique :
Ai shiteru : Je t'aime
Arigatô / arigatô gozaimasu : merci
Baka : imbécile, idiot, crétin, bête, con, abruti, stupide, maladroit
Chan/kun/san : Diminutif que l'on ajoute au nom (ou prénom) pour marquer l'affection envers une personne (Chan), une certaine marque de respect envers un camarade (Kun), ou marquer une certaine hiérarchie avec des personnes que l'on connaît peu ou plus âgées (San)
Demo : mais
Dôshite : pourquoi / que se passe-t-il ?
Gomen / Gomen Ne : pardon, désolé, excusez-moi
Haï : oui (je le mets pour les baka qui le sauraient pas)
Hontoo ni : vraiment ?
Iie : non (le contraire de « hai » donc… hum… je pense que c'est évident). Dans la fic, Yuki l'utilise au sens de « de rien, c'est pas grand chose »
Itaï : Aïeuh ! Ça fait mal !
Kawaï : mignon, adorable, tout CHOUPIIIII !!!!(Oups ! Désoulé, je m'emporte)
Kohai yo : j'ai peur…
Kuso : merde
Mata ne : à plus !
Minna-san : tout le monde
Onegaï / onegaï shimasu : s'il te plaît
Onii-chan / onii-san : petit frère ou grand frère, ci comme vous préférez
Seme : le « dominant » dans un couple homosexuel, du verbe « semeru » = attaquer
Uke : le « dominé » dans le couple homosexuel, du verbe « ukeru » = recevoir, généralement plus petit et plus efféminé que le seme
Urusaï : Ta gueule, ferme-la, tais-toi
Watashi mo : moi aussi
Yaoi : genre apparu en 1992, c'est un genre dérivé du shoujo manga (manga pour filles). Il dépeint les relations sentimentales et sexuelles entre 2 hommes.
- serait l'acronyme de « Yama nashi, Ochi nashi, Imi nashi » = « no climax, no point, no meaning » en anglais, ou en bon français = « sans dénouement, sans utilité, sans sens » (en gros un PWP = Plot what plot)
- viendrait aussi de l'expression « Yamete Oshiri ga Itai » = littéralement « arrête j'ai mal au cul ». Les Japonais préfèrent d'ailleurs à cette expression un peu crue le terme de « boy's love ». Personnellement, j'aime beaucoup la 2e définition, pas vous ?^^ héhéhé…. Nyark nyark nyark…
Yamete kudasai : arrêtez s'il vous plait
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