Evasions coordonnées
Hey ! Salut les gens !
Voici enfin le chapitre 9 ;-)
Bonne lecture à touuuuuussssss !
XV.
Le train filait à toute allure dans la campagne hivernale. De gros flocons tombaient sur la vitre de la locomotive empêchant Léo de voir correctement. Jason était debout à côté de lui l'air morose. L'aviateur tournait et retournait dans sa tête les événements de la veille.
Ils avaient atteint leur but : sortir de cet enfer avec le maximum de prisonniers. Néanmoins quelqu'un manquait à l'appel. Nico n'a pas eu la chance de monter à temps et Léo s'en voulait terriblement. Pourtant, Jason avait essayé de lui remonter le moral en lui expliquant que le train devait partir à ce moment là.
En effet, si il était parti ne serais-ce que trente secondes plus tard, les nazis seraient entrés et cela aurait pu être une véritable boucherie. Le plan serait donc tombé à l'eau.
Léo laissa échapper une nouvelle fois un sanglot. Il n'avait pas arrêté depuis qu'ils étaient partis et Jason se devait de soutenir son ami.
-Tu n'as pas a t'en vouloir mec. Tu n'aurais rien pu faire pour éviter sa mort.
-I-il aurait pu y arriver si j'avais démarré deux secondes plus tard ! Nico avait une chance ! Et moi, comme le triple idiot que je suis, je n'ai même pas pris la peine de m'assurer que tout le monde était entré !
-Cette issue était à prévoir Léo ! La faiblesse de Nico l'a ralentit, j'étais certain qu'il allait nous poser problème !
Le mécanicien le regarda ahuri. Comment Jason pouvait-il dire des choses pareilles ! Il rejetait la faute à Nico alors qu'il aurait du le soutenir au lieu de faire en sorte que les rebelles soient groupés !
-Comment oses-tu dire cela de notre meilleur ami ?! Il a tout donné pour que nous soyons sortis d'affaire ! Tout ! Il n'est pas un problème !
Jason changea radicalement d'expression. Léo avait raison, sans le jeune caporal italien, rien de tout cela ne serai arrivé. Hélas, il était impossible de changer le passé. Nico avait donné sa vie pour eux. Il fallait donc honorer sa mémoire. En rentrant, Jason rejoindra la résistance avec Léo et édifiera un mémorial pour son ami perdu.
-Excuse moi Léo...je rejette la faute sur lui pour cacher ma culpabilité. Si seulement j'avais été là près de lui ! J'aurais juste eu à lui tendre la main et...bref. Ne restons pas dans le passé et continuons notre route. Au fait, où va-t-on ?
Léo sembla retrouver son visage habituel et déclara de façon théâtrale :
-En France mon cher ami ! Une fois là-bas, nous nous rendrons à la ville de Dunkerque pour ainsi se rendre en Angleterre, siège de la résistance ! Il faut à tout prix informer le pays de ce qu'il se passe dans ce foutu camp. Il y en a surement d'autres de ce genre en plus.
-Ok je suis d'accords avec toi mais... comment on se rendra en Angleterre une fois arrivé à Dingue-Caire ?
-D-U-N-K-E-R-Q-U-E Jason... on est le 25 décembre 1942 non ?
Quoi ?! C'était déjà Noël ? Jason ne s'en était même pas rendu compte. Et dire qu'il serait normalement bien au chaud chez lui avec sa femme Piper...comme elle lui manquait en ce moment même ! C'était une raison de plus pour aller la rejoindre en Angleterre.
-Oui...joyeux Noël man.
-A toi aussi, dit Léo tristement en pensant lui aussi à ses amis perdus (et à son barbecue Festus aussi !). Il y a surement des navires qui vont faire le voyage entre les deux pays pour une raison d'approvisionnement non ?
-Je ne sais pas...on verra une fois là bas. Trouvons déjà une gare pour déposer les prisonniers. J'ai vu que ma sœur Thalia et Grover étaient parmi nous, ils nous suivrons surement. On sera ainsi mieux protégé pour traverser la France occupée, déclara Jason avec un regain d'énergie.
Et en effet, moins d'une heure plus tard, le train arriva près d'une petite bourgade allemande. Tout le monde sortit soulagés et enfin délivré. Ils acclamèrent tous leurs deux héros. Mais la joie ne fut pas omniprésente car beaucoup parmi les prisonniers avaient perdu les siens pendant la rébellion.
Tous se dispersèrent, savourant enfin leur liberté retrouvée.
Près du train il ne restait que les deux jeunes hommes, Thalia et Grover. Celle-ci couru dans les bras de son petit frère et ils s'enlacèrent enfin, après tant de peur et d'anxiété.
Jason se sentit pour la première fois depuis bien longtemps paisible. Il avait retrouvé sa sœur qu'il croyait morte et se sentait ainsi revivre.
Mais la joie fut de courte durée. Grover aperçut des personnes armées et en informa ses trois coéquipiers.
-Tu vois leur uniforme ? demanda Thalia.
-Non. Ils sont trop loin. Mais j'aperçois une camionnette militaire au coin de la rue. D'après les barils vides autour du véhicule, il semblerait que son plein soit fait. Le seul moyen de sortir du village au plus vite est de la prendre.
Léo sauta littéralement de joie. Camionnette militaire signifiait rations et vêtements ! C'était son jour de chance, il adorait conduire ce genre d'engin tout terrain !
Les quatre rescapés longèrent donc la rue pour ne pas se faire repérer. Arrivé près du véhicule, Léo ouvrit délicatement la portière qui, par chance, n'était pas verrouillée. Il entra doucement et s'empressa de faire démarrer l'engin en traficotant quelques fils.
Le moteur vrombit. Tout le monde se jetèrent dans la camionnette et le jeune mécanicien accéléra en hurlant de joie et en offrant quelques gestes obscènes aux soldats le regardant plein de rage.
-L'ANGLETERRE NOUS VOILA !
-La ferme Valdez !, cria Thalia avec un sourire aux lèvres.
XVI.
Après que Will m'affirma qu'il m'aiderait à sortir de cet enfer, il quitta la petite pièce sombre pour « ébaucher un plan », selon lui.
J'attendis donc plus de trois heures, avec pour seule lumière l'ampoule blanche braquée droit sur l'engin de torture. J'évitais de regarder cette chaise. En fait, j'évitais de penser tout court à ce qu'il s'était passé tout à l'heure. Mais les élancements de douleur tout au long de mon corps me rappelaient sans cesse les mots de Percy Jackson.
En y réfléchissant bien, j'aurai pu deviner sa ruse durant toute cette époque. Les regards qu'il me donnait ne correspondaient en rien à ceux que m'offrait Will. Ce n'était pas de l'amour et de la tendresse. Mais plutôt du désir et de l'envie. Il ne voulait pas mon amour. Il voulait prendre ma vie.
J'ai été idiot de penser qu'il m'aimait durant tous ce temps. Si je n'avais pas été aveuglé par mes sentiments, je ne serai jamais tombé dans le piège. Mais on ne peut pas changer le passé.
Au contraire, une fois avoir rejoins mes alliés italiens, je préparerai un plan d'action pour me venger du Shark.
Will revint enfin, tout souriant. Il s'agenouilla à coté de moi et m'offrit un paquet. Je l'ouvris par curiosité et déballa un uniforme l'officier S.S. Je l'observais avec dégoût sachant pertinemment que je devrais le mettre.
-J'ai établi un super plan avec Frank et Hazel ! Mets ça et je t'en parlerai, dit Will.
-Pfff...toi et tes plans, lui lançais-je sarcastiquement en me levant péniblement. Retournes-toi que je mette cette fripe.
-Tu sais mes plans ne sont pas si mauvais que ça. C'est juste qu'il me faut du temps pour les créer. Et Nico...
Je levai les yeux sur lui attendant la suite.
-Pourquoi que je dois me retourner pendant que tu te déshabilles alors qu'on sort ensemble ? Autant s'habituer tout de suite tu ne crois pas ?
Je lui offris me regard le plus noir et lui cracha :
-Primo : J'aime pas quand un gars que je connais à peine me regarde. Secondo : Ne parles pas trop pour éviter de te faire repérer et terzo : On. Ne. Sort. Pas. En-sem-ble !
Il marmonna un « ok, pas la peine de râler » et se retourna. Je me retournais aussi et m'empressai de changer de vêtements malgré mes muscles douloureux. Je lui affirmai enfin qu'il pouvait se retourner. Quand je revis son visage il était rougissant.
-Will..., soupirais-je.
-J'ai pas regardé ! Mentait-t-il en mimant un ange.
-Will ! Tu es le pire menteur de ce monde !
-Excuse moi Nico je n'ai pas pu résister... dis, sans paraître indiscret, c'était quoi ces cicatrices le long de ton dos ? Je ne les aient jamais vues.
Je m'immobilisai. Un afflux de souvenirs m'envahis et je titubai. Will me rattrapa à temps et me fis asseoir sur le bureau. Il semblait très inquiet mais j'avais du mal à discerner son visage pendant que ces images me traversaient l'esprit.
Une voix grave, une baïonnette, du sang, des larmes.
Je n'ai jamais parlé à personne de ça, je voulais que personne ne soit au courant, pas même Jason et Léo.
Je revins à moi après plusieurs grandes inspirations.
-Tu souhaites en parler ? Tu es tout pâle, m'informa Will en mettant sa main sur ma joue.
-Non...non c'était rien. Juste un moment de faiblesse. Concentrons-nous sur l'évasion, affirmais-je en chassant sa main.
Cette réponse ne parut pas lui satisfaire mais il laissa tomber cela pour le moment. Il ouvrit la porte en métal. Elle donnait sur un long couloir avec au bout un escalier.
Pendant la traversée du couloir, Will m'expliqua son plan.
-J'ai demandé à Frank et Hazel de nous aider. Hazel a fait en vitesse des biscuits où elle a mit un somnifère. Elle en distribuera à tout le monde pour nous laisser le passage libre. Le Shark quand à lui n'en aura pas besoin car il dort dans une maison à l'écart de notre zone d'évasion. Frank s'occupe de trafiquer les rares voitures de sorte que personne ne pourra nous suivre avant au moins vingt-quatre heures. Il va aussi nous dégoter un véhicule rapide pour la fuite. Ils nous accompagnerons pour plus de sûreté.
J'acquiesçais. Son plan tenait la route. Il était même plutôt bon. Décidément, Will Solace avait du potentiel. Mais cependant quelque chose me chiffonnais.
-Tu dis donc que Frank et sa femme vont nous accompagner ? Je veux bien mais...ils trahiront leurs alliés par notre faute.
-J'en ai longtemps discuté avec eux pour les convaincre de rester. Mais ils n'ont rien voulu entendre, surtout Hazel...j'ai donc fini par céder.
J'acquiesçais une nouvelle fois et nous arrivâmes sur le pas de l'escalier. A partir d'ici, je devrai jouer le rôle d'un officier S.S, à mon plus grand dégoût. Nous montâmes les escaliers et entrèrent dans une pièce plongée dans le noir.
Will pris ma main et me guida. Sa peau était douce et légèrement tiède ce qui contrastait beaucoup avec mes mains glaciales abîmées par mon travail forcé aux carrières.
Il me guida vers la sortie. Je sentis le froid mordant de la nuit hivernale attaquer ma peau fragile. Je fermai les yeux, laissa Will me guider et pensa à un bon feu de bois. Mais l'odeur des fours crématoires me firent rapidement changer d'image dans ma tête.
Je ne voulais plus jamais revoir ces enchevêtrements de corps sans vie le long du bâtiment. Ne plus jamais revoir le désespoir dans les yeux des prisonniers. Ne plus jamais revoir les mères pleurant leurs enfants emmenés par des scientifiques fous pour leurs expérimentations.
-Nico ? NICO ! Ouvres les yeux ! Reste naturel ! Des soldats arrivent !
J'ouvris les yeux et lâcha sa main presque à contrecœur. Je relevais mes épaules et adopta le regard résolut d'une personne ayant beaucoup d'objectifs à atteindre.
Nous passâmes devant le petit groupe de soldats sans encombre et sans un regard de leur part. Je remarquais enfin où l'on se trouvait : devant la Grande Maison. Devant celle-ci, sur le porche, une petite forme sombre attendait. Hazel.
Elle nous rejoignit en trottinant calmement.
-Coucou les garçons ! Je vais vous emmener à Nounours !, s'expliqua-t-elle de façon joviale. Le plan à fonctionné pour moi, tous les gens dans la Grande Maison dorment comme des bébés !
Décidément cette fille avait une façon bien curieuse de se comporter. Elle ne devait surement pas être d'ici.
Elle nous emmena donc vers une luxueuse voiture noire. Frank était adossé au capot et nous attendait. Quand il nous vit, il fit un sourire grand jusqu'aux oreilles.
-Vous avez réussi ! Will prend le volant. Je vais à l'arrière avec Hazel. J'ai déverrouillé la grille, nous pouvons passer, dit-il précipitamment.
Will s'empressa donc de monter dans la voiture. Je pris la place passager et nos deux équipiers s'installèrent à l'arrière. L'ex-officier démarra doucement pour ne pas réveiller les soldats et ne pas attirer l'attention. Il coupa les phares et emprunta le chemin menant à la grille de fer forgée.
Quand nous passâmes le portail, je lâchais un long soupir de soulagement. J'étais sorti. Enfin. Des larmes de joies faillirent s'échapper de mes yeux quand Will accéléra pour quitter la zone dangereuse au plus vite.
J'étais hors de danger. Pour l'instant.
Je m'adossais à mon siège sous les paroles réconfortantes de Will :
-On a réussis. C'est fini maintenant, tu ne retourneras plus là-bas. Plus jamais. Tu peux te reposer tranquillement Nico, tu en as besoin pour nous guider demain.
-Merci...,lui soufflais-je en m'endormant.
A suiiiivre !
Programme du chapitre 10 : Dispute ! (je sais que vous en voulez bande de méchants !)
