Note : Ceci est une traduction dont j'ai obtenu l'autorisation de la traduire.

Auteur:Helena Dax

Titre : Harry Potter y el secreto del monasterio

Rating/ Paring :M Slash HD

Disclaimer : Malheureusement tous les personnages appartiennent à J.K Rowling et l'histoire à Helena Dax


Chapitre 8 Premiers pas

Après le petit déjeuner, Harry suivit Narcissa Malfoy jusque dans une pièce apparemment en désuétude mais propre au sous-sol. D'un coup de baguette, la sorcière fit apparaître deux chaises où le blason des Malfoy était gravé sur le dossier, signe qu'ils avaient ramené de leur demeure un peu plus que des vêtements et les bijoux de famille.

-Assis-toi Potter –dit-elle, depuis hier elle lui parlait d'un ton impersonnel mais plus aussi froid qu'avant. –Tes ravisseurs ont pu utiliser plusieurs méthodes pour effacer ta mémoire. On devrait commencer avec la Légilémencie on arrivera peut-être à découvrir ce qu'ils t'ont fait.

Harry acquiesça et se concentra, laissant entrer Narcissa dans son esprit. Revivre les événements de cette après-midi là n'était pas très agréable mais il se força à le faire dans les moindres détails quand il était entré dans la chambre et qu'il avait vu Ginny. C'était son dernier souvenir le suivant était son réveil dans une pièce crasseuse du Chemin de Traverse. Narcissa fureta pendant un moment jusqu'à ce que Harry, qui n'avait jamais été très patient et qui n'aimait pas avoir quelqu'un dans sa tête, ne commençât à devenir nerveux. La sorcière se retira quand elle sentit les premiers signes de résistance.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-J'ai besoin de faire une pause.

-De toute façon, on dirait qu'il n'y a rien. Laisse-moi vérifier une ou deux choses.

Des sorts le touchèrent sans produire aucun effet. Quand il fût prêt pour une autre session, Narcissa y retourna mais cette fois, au lieu de chercher les souvenirs perdus, elle essaya de ressentir la façon dont on les avait fait disparaître. Après une demi-heure, elle se retira.

-Avez-vous trouvé quelque chose ?

Narcissa secoua négativement la tête et parut réfléchir quelques secondes.

-Le Véritaserum. On n'a pas essayé.

-Le Véritaserum ? répéta Harry, surpris.

-Si on t'a hypnotisé, on pourra peut-être rompre le blocage grâce à ça. Une goutte, quinze minutes.

S'il n'avait pas été capable de résister à la potion, Harry n'aurait jamais accepté de la boire si Narcissa Malfoy devait l'interroger, même s'il était maintenant convaincu de l'innocence de son fils. Mais si elle essayait de le berner et lui posait des questions indiscrètes ou méchantes, il résisterait en silence avant de le lui faire payer.

Après avoir pris la potion, Narcissa lui posa les questions basiques servant à détendre l'esprit et elle démarra l'interrogatoire sans prévenir.

-As-tu tué Ginny Weasley?

-Non.

-Que s'est-il passé lorsque tu as trouvé son corps?

-J'ai vomi et pleuré avant d'entendre du bruit et perdre connaissance.

-Que s'est-il passé après ?

-Je ne m'en rappelle pas. Harry aurait souhaité pouvoir réponde autre chose.

-Quelqu'un t'a-t-il pris du sang ?

-Je ne sais pas.

-As-tu parlé à quelqu'un ?

-Je ne m'en souviens pas.

Narcissa lui reposa plusieurs fois les mêmes questions afin de trouver la moindre information mais les réponses de Harry ne variaient pas. Quinze minutes passèrent et il ne fut plus forcer de dire la vérité.

-Tout ce que je peux dire, c'est qu'on ne t'a pas hypnotisé, qu'on ne t'a pas effacé la mémoire grâce à une potion ou un Obliviate, que tes souvenirs n'ont pas été modifié et encore moins extrait de ton esprit pour les mettre dans une Pensine. Il ne reste qu'une seule possibilité : on t'a gardé inconscient pendant deux jours.

-Inconscient ? Avec un Stupéfix ?

-C'est possible. Ils ont peut-être utilisé une drogue Moldu ou un sort inconnu aussi.

Harry soupira.

-Alors on en est toujours au même point.

Narcissa ne pouvait qu'acquiescer.

-Espérons que l'on aura plus de chance cette après-midi.

Cette après-midi, Harry se fit couper les cheveux par Daphné et il se vêtit d'un jean, d'un pull et d'un manteau noir que Zabini lui avait apporté. Malfoy lui avait dit qu'il lui arrangerait un rendez-vous avec un représentant discret de Gringotts mais pour l'instant il n'avait aucun sous pour s'acheter des vêtements. Il avait essayé sans succès de faire apparaître ses affaires à l'aide d'un sort. Il ne savait pas ce qui leur était arrivé mais où qu'elles fussent, elles étaient bien protégées.

Mais il avait l'habitude de porter des vêtements de seconde main.

Malfoy l'attendait à la porte principale du monastère, vêtu aussi de vêtements Moldus. Il s'était teint les cheveux en châtain et ce changement insignifiant lui donnait l'allure d'une personne complètement différente. Si des Aurors surveillaient la maison des Tennant, ils mettraient quelques précieuses secondes à les reconnaître. Quand Draco le vit, il eut l'air légèrement surpris.

-Quoi ? dit Harry en passant une main dans ses cheveux dans un geste défensif.

-Rien. C'est que je ne suis pas habitué à te voir peigné et bien habillé.

-Pardon mais pour moi j'étais bien habillé, répliqua-t-il un peu gêné.

Ils sortirent à l'extérieur.

- Tu n'as jamais porté de vêtements Moldus à ta taille à Poudlard, dit-il, étant plus curieux qu'autre chose.

-Mon oncle et ma tante me donnaient les vieux vêtements de mon cousin qui était deux fois plus gros que moi.

Ils marchèrent jusqu'à la limite du sort anti-transplanage qui entourait le monastère.

-Etaient-ils pauvres ?

-Non. Ils me détestaient. –Draco le regarda avec étonnement mais il ne dit rien et Harry écarta avec facilité son oncle et sa tante de son esprit. Bien que l'objectif de ce voyage ne fût pas exactement agréable, il était excité par la perspective de changer d'air. –Quand irons-nous parler à Remus ?

-Je suis en train de préparer un chaudron de Polynectar. Elle sera prête dans onze jours.

Harry secoua la tête.

-On ne peut pas attendre aussi longtemps. On ne sait même pas si on a tout ce temps là.

-Potter, je t'ai dit qu'ils étaient surveillés. Ils savent bien que la personne la plus probable avec laquelle tu vas prendre contact. On m'a dit que leur cheminée était sous écoute et qu'on surveillait leur courrier. Si les Aurors découvrent que tu lui as écrit, ils iront le diront à Robards et cet enfoiré et ses amis Mangemorts les traqueront.

-On doit trouver une autre solution alors.

-Si tu as une idée en tête, je suis tout ouï.

Ils sortirent enfin de la zone protégée par le sort et Harry posa une main sur l'épaule de Malfoy afin de transplaner avec lui. Comme il n'avait jamais été chez les Tennant, ils apparurent à l'endroit où il avait parlé avec le petit garçon dans la forêt. Un sentier en terre conduisait vers la rue Moldu et dix minutes plus tard ils étaient sur la chaussée. Harry se souvenait de l'adresse des Tennant grâce à la session de Légilimencie avec Narcissa et il savait donc quelle direction prendre. Au bout de quelques mètres, ils distinguèrent l'unique lotissement que l'on voyait dans les environs et ils transplanèrent une nouvelle fois pour s'épargner le reste du chemin. Une fois là-bas, ils lancèrent des sorts pour détecter s'il y avait des sorciers déguisés aux alentours. Harry utilisa un enchantement qu'il avait appris lors de son entraînement en tant qu'Auror et qui reproduisait les mêmes effets qu'un capteur de dissimulation. La zone semblait dégagée et ils cherchèrent ainsi la maison des Tennant. Ils étaient silencieux, regardant à droite et gauche au cas où les sorts n'aient raté et que des Aurors surveillaient le lotissement. La même phrase tournait en boucle dans la tête de Harry comme une supplique muette. « S'il vous plaît, fait qu'il ne soit pas mort ». Ian Tennant s'était mis en danger en se confiant à lui. Si Robards avait donné son adresse aux Mangemorts… Même si le Chef des Aurors était un suspect maintenant et Harry avait du mal à croire qu'il ne fût capable de tuer un enfant.

La signalétique du lotissement était bien faite et ils ne mirent pas longtemps à trouver la maison qu'ils cherchaient. Après avoir revu une dernière fois l'histoire qu'ils avaient préparée ensemble pour éviter les soupçons des parents, ils entrèrent dans le jardin et Harry sonna. Un homme d'une quarantaine d'années avec un visage de tortue leur ouvrit.

-Oui ?

-Monsieur Tennant ?

-Non. Je m'appelle Doug Davenport.

Harry fronça légèrement les sourcils.

-C'est bien le numéro 21 de la rue des Acacias, n'est-ce pas ?

L'homme acquiesça.

-J'ai emménagé avec ma femme il y a dix jours. Je crois que la famille qui vivait ici avant s'appelait comme ça.

-Savez-vous où nous pouvons les trouver ? On doit leur parler d'urgence.

-Non, aucune idée. Demandez en face. La femme qui vit là gardait souvent leur enfant.

-Est-il arrivé quelque chose à cet enfant ? demanda soudainement Malfoy.

-Vous ne savez pas ? Il est mort il y a deux mois.

-Il est mort ? répéta Malfoy. Comment ?

-Ca je ne sais pas. Il est mort comme ça, d'un coup.

Harry voulut dire quelque chose mais il avait la gorge nouée. Il revoyait le visage ravi du garçon qui écoutait ses histoires sur Poudlard. Sans le savoir, cette rencontre avait signé son arrêt de mort.

-Pauvre enfant –entendit-il dire Malfoy. Bien, merci pour vos renseignements, monsieur Davenport. On va demander à la voisine si elle sait où ils sont. Allons-y, Potter.

Harry sentit un petit coup sur le bras et il se mit en marche, suivant Malfoy vers la maison en face. Une vieille femme très aimable leur apprit que les Tennant étaient partis à Manchester et qu'elle ne savait rien d'autre. En parlant du garçon, ses yeux se remplirent de larmes.

-Ils l'ont retrouvé mort dans son lit, le petit ange. Le médecin a dit que son cœur s'était soudainement arrêté de battre.

Un Avada Kedavra. Se dire qu'au moins ils ne lui avaient pas lancé d'Eviscerus était une triste consolation. Malfoy dit au revoir à la femme et ils sortirent de la maison. Ils gardèrent le silence jusqu'à ce qu'ils eurent atteint l'endroit où ils étaient apparu. Harry avait les yeux baissé et le visage sombre, plongé dans sa propre culpabilité et la rage. Il n'avait plus ressentit cette émotion depuis la fin de Poudlard, quand il avait comprit que toute personne s'approchant de lui et comptant un tant soit peu pour lui, devenait les cibles de Voldemort. Et tout recommençait maintenant, Ginny et Ian Tennant étaient morts par sa faute. Tout comme Cédric, Sirius et ses parents.

-Putain ! cria-t-il de frustration. Draco sursauta et le regarda sans rien dire. –Il avait neuf ans ! Il avait neuf ans, putain !

La fureur l'étouffait, le désir de vengeance le brûlait et sans penser, il écrasa son poing contre un arbre. L'explosion de douleur refroidit ses émotions mais ça n'effaça pas l'image de Ian Tennant. Il lui avait dit qu'il ne lui ferait jamais de mal et maintenant il était mort.

Incapable de le supporter, il appuya son front contre l'arbre et lutta contre les sanglots qui lui comprimaient la gorge, indifférent aux pulsions de douleur qui émergeaient de sa main. Des larmes s'échappèrent de ses yeux et roulèrent sur ses joues mais il ne pleura pas. Il allait les attraper et les tuer. Il ne voulait plus porter la mort de ceux qu'il souhaitait protéger.

-Donne-moi ta main, Potter.

La voix de Malfoy était neutre, presque professionnelle, comme s'il était un soigneur de St Mangouste. Harry l'avait presque oublié mais en remarquant son calme, il réussit à se calmer suffisamment pour ravaler son chagrin. Il lui tendit alors sa main, les jointures éclatées, l'annulaire gonflé et sûrement cassé. Draco le visa de sa baguette et lança un Episkey. La douleur s'apaisa et les blessures à ses jointures cicatrisèrent presque complètement.

-Tu devras prendre une potion pour l'os cassé, je crois qu'il m'en reste un peu de la dernière partie de Quidditch. –Harry acquiesça sans dire un mot. –Allons-nous en d'ici.

La nuit fut longue, une de ces nuits d'insomnie et sombres où il n'arrivait pas à dormir jusqu'au levé du soleil et où des fantômes venaient le hanter. Une de ces nuits où il avait l'impression d'être maudit. Mais les maigres heures où il put dormir lui donnèrent une idée pour contacter Remus. Il ne savait pas si ça fonctionnerait, ainsi il décida de ne rien dire tant que la première partie de son plan n'aurait pas marché. Après le petit-déjeuner, il sortit à l'extérieur pour s'asseoir sur une couverture les jambes croisées et il ferma les yeux pour se concentrer afin de lancer son message demandant de l'aide. Des personnes vinrent lui demander ce qu'il faisait mais il s'en débarrassa sans rompre sa concentration. De toute façon il ne lui restait plus que l'espoir et de temps en temps, il scrutait le ciel dans l'attente d'un signe. La nouvelle du comportement bizarre du Garçon-qui-à-survécu avait fait le tour de tout le monastère et plusieurs personnes s'étaient rassemblées pour comprendre ce qu'il faisait.

-C'est une expérience, répondait-il à chaque fois.

Pour dire vrai, il commençait à se sentir stupide dans cette position entouré d'autant de personne mais aucune d'entre elle ne voulait rentrer pour tout compliquer. Parfois, il se reconcentrait sur son message.

Le soleil commençait à décliner quand il entendit un bruit mélodieux. Harry leva les yeux vers le ciel, essayant d'anticiper son arrivée. Une chanson magnifique se fit plus audible, provoquant le silence parmi les curieux et peu après, Harry distingua son vieil ami en souriant d'une oreille à l'autre.

-C'est un phénix, dit quelqu'un derrière lui.

-C'est Fumsek, le phénix de Dumbledore, précisa Millicent Goyle.

La légendaire créature descendit en cercle tandis qu'elle terminait son chant et se posa sur l'épaule de Harry. Celui-ci lui caressa la gorge.

-Merci d'être venu, Fumsek. Je suis vraiment content de te voir. –Et c'était vrai, comme si sa présence était la première chaleur qu'il ressentait depuis hier. Il se tourna alors vers les autres et vit Malfoy parmi eux, à côté d'Adrian Pucey. –Je sais comment envoyer la lettre.

« Cher Remus,

Je suppose que tu vas avoir du mal à le croire mais c'est moi, Harry. Malfoy ne m'a rien fait et je vais très bien. J'imagine que tu as dû être surpris de voir Fumsek apparaître mais j'ai mes raisons de croire que tu es surveillé et je n'ai rien trouvé de mieux pour prendre contact avec toi pour l'instant. Je ne pense pas que les Aurors le suspectent –je ne sais pas si on a déjà utilisé ces animaux en tant que messager – mais en tout cas, j'ai bon espoir qu'ils n'oseront pas lancer un sort à un phénix, qu'ils sachent ou non d'où provient le message.

Remus, on doit absolument se voir. Je sais qui est derrière tous ces assassinats, même celui de Ginny. C'est une affaire beaucoup plus sérieuse que nous le croyons et j'ai besoin de ton aide. Prends toutes les mesures nécessaires et rejoint moi vendredi, à midi, à l'endroit où tu as retrouvé Sirius quand il s'est échappé d'Azkaban.

Avec tendresse

Harry Potter.

PS. Si tu as ma Cape d'Invisibilité et mon balai, prends-les avec toi s'il te plaît. »

Malfoy qui avait retrouvé la couleur naturelle de ses cheveux l'observa attacher le parchemin à la patte du phénix.

-Tu crois que ca fonctionnera ?

-Fumsek est assez malin pour tromper les Aurors et les Mangemorts si les choses tournent mal. Et Remus sait qu'il ne le conduirait jamais dans un piège. –Harry assura le nœud de la lettre et le caressa à son endroit favori. –Cherche Remus Lupin, Fumsek. Tu m'as compris ? Cherche Remus Lupin.

L'oiseau fit un tour au-dessus de sa tête avant de partir par la fenêtre. Harry le regarda s'éloigner avec une sensation aigre-douce d'espoir dans la poitrine. Il espérait juste qu'il ne condamnait pas Remus.

Le vendredi peu avant midi, Harry et Draco transplanèrent dans la Cabane Hurlante. L'édifice délabré et sale avait toujours la réputation de lieu hanté, il était donc improbable qu'un habitant de Pré-au-lard ne s'approchât d'ici. Malfoy ne s'était pas montré très enthousiaste devant ce choix jusqu'à ce que Harry lui racontât que les terribles cris qui avaient fait la réputation de la maison n'étaient que ceux de Lupin les nuits de pleine lune.

Il s'assit sur une chaise avec confiance, attendant. Malfoy, cependant, resta debout et examina la pièce comme s'il repérait toutes les façons de s'enfuir d'ici. Le vent leur emmena le son de l'horloge de Poudlard annonçant midi.

-Il ne va pas tarder, dit Harry

-Si seulement tu avais ta Cape d'Invisibilité. Ca explique beaucoup de choses sur toi, Potter. Comme la fois où des boules de boues me sont tombées dessus de je ne sais où et que j'ai vu ta petite tête laide flotter dans les airs.

Il avait à peine parlé avec Malfoy depuis leur escapade au lotissement et Harry se rendit compte que sa compagnie lui avait manqué maintenant qu'il était à côté de lui et il se demanda pourquoi.

-Tu t'es donc enfui en courant et en criant.

Comme il s'y attendait, ca ne fit pas rire du tout Draco qu'on lui rappelât ce moment peu aguerri de son adolescence mais il se reprit rapidement.

-C'était à cause de tes cheveux. J'ai encore envie de crier et de partir en courrant quand je les vois.

Un petit rire involontaire échappa à Harry. Depuis qu'ils avaient enterré la hache de guerre et qu'il savait qu'il n'était pas un assassin, il trouvait ses commentaires plus amusants qu'offensants. Quelques uns, pas tous.

Malfoy esquissa un sourire.

Ils entendirent alors les escaliers conduisant à l'étage grincer et ils sortirent leurs baguettes. La porte s'ouvrit mais personne n'entra. Malfoy reçut un puissant Expelliarmus qui le balança contre le mur l'assommant à moitié. Avant que Harry n'ait pu réagir, il sentit comme quelque chose de pointue sur sa mâchoire. Il la reconnût aussitôt cette sensation, celle d'une baguette menaçant de lui refroidir le cerveau.

-Qui est tu ? susurra quelqu'un dans son dos.

Malgré les circonstances, Harry se sentit soulagé en entendant la voix bien familière.

-C'est moi, Remus. Harry

-Harry ne se joindrait jamais à Malfoy.

-C'est moi, Lunard, je le jure. Demande-moi ce que tu veux.

Lupin mit quelques secondes à répondre et Harry put sentir sa tension, l'odeur du loup imprégnant sa magie, la rendant plus volatile et dangereuse.

-Dumbledore m'a raconté que tu t'étais retrouvé face au miroir du Rised une fois, dit-il finalement. Qu'as-tu vu?

-Mes parents, dit-il à voix basse. Mes parents et mes grands-parents, avec moi.

Le soupir de soulagement fut plus qu'audible et Harry sourit jusqu'aux oreilles en se sentant serré par des bras invisibles.

-Oh, Harry…

-Remus, je suis content de te voir.

Le loup-garou enleva la Cape d'Invisibilité et Harry l'observa avec préoccupation. S'il avait trouvé à Azkaban qu'il avait mauvaise mine, ce n'était rien comparé à maintenant. Mais ses yeux, même soulignés de pourpre, brillaient d'une certaine émotion.

-Je n'arrive pas à croire que tu vas bien. Je ne peux pas croire que tu sois vivant !

Harry sourit.

-On a un tas de choses à te raconter, Remus.

Un Enervatum suffit pour réanimer Malfoy, qui adressa à Lupin un regard peu amical. Les brèves mais sincères excuses du loup-garou l'adoucirent suffisamment pour qu'il aidât Harry à tout lui raconter. Après lui avoir relaté leur découverte et la vraie nature des Renégats, Lupin resta silencieux. Harry, qui comprenait très bien ce qu'il devait ressentir, lui laissa le temps de tout assimiler.

-La Porte du Styx…dit-il enfin. Je croyais que c'était un mythe.

-Comme tout le monde, répliqua Malfoy.

Lupin le fixa.

-Et toi tu travaillais pour l'Ordre du Phénix. J'étais sûr que Fol-Œil avait un autre infiltré, à part Snape, mais j'ai toujours qu'il était mort aussi. Es-tu certain que le Ministère n'est pas au courant de cette affaire ?

-Oui il l'est mais il n'a pas levé son ordre de recherche ni de capture.

Lupin se tourna alors vers Harry, comme s'il voulait s'assurer qu'il était bien là et il se retourna vers Malfoy.

-Merci de l'avoir sorti de là-bas, dit-il avec une gratitude presque désespérée.

Harry avait pensé à plusieurs reprises qu'il n'avait jamais remercié Malfoy pour sa libération et en voyant l'expression de Lupin, il se sentit un peu mal. Draco, de son côté, baissa les yeux avec une gêne évidente.

-Je payais seulement une dette, bredouilla-t-il en fronçant les sourcils.

-Merci quand même, dit Lupin. Et maintenant, dîtes-moi ce que vous voulez que je fasse.

-D'abord, trouver toutes les informations possible sur la Porte du Styx et la clef qui l'ouvre, commença Harry, animé. Demande à Hermione, elle…

Mais Malfoy l'interrompit.

-Quoi ? Non ! Potter, on ne peut pas lui faire confiance.

-Bien sûr que oui. Hermione ne nous trahira jamais.

-Granger a témoigné contre toi! Comment sais-tu qu'elle n'est pas de leur côté ?

-Parce qu'elle ne l'est pas, répliqua Harry un peu irrité. Et puis il n'est pas obligé de lui dire que ça vient de nous.

-Si elle collabore avec eux elle le saura !

-Je t'ai dit qu'elle n'était pas avec eux ! Si elle a témoigné contre moi, c'est tout simplement parce qu'on a manipulé ses souvenirs d'une façon ou d'une autre, est-ce clair ?

Les yeux gris de Malfoy devinrent orageux.

-La Sang-de-bourbe restera en dehors de ça.

Harry serra les poings et fit un pas vers lui.

-Ne. L'appelle. Pas. Ainsi.

Lupin se mit rapidement entre eux, un peu perplexe.

-Les garçons, les garçons…Harry, si ce que vous dîtes est vrai, Malfoy a raison de se méfier. Mais Hermione a une capacité surhumaine de recherche cependant Malfoy et je pense aussi qu'il impossible qu'elle fasse partie de cette conspiration. Et on a besoin de toute l'aide possible.

Les deux garçons se fixaient encore droit dans les yeux mais après quelques secondes, Malfoy acquiesça toujours fâché.

-C'est bon. Mais aucun mot à notre sujet –dit-il et Harry savait très bien qu'il parlait des réfugiés. –Raconte- lui que c'est une affaire de votre Ordre du Phénix ou quelque chose comme ça.

-D'accord, acquiesça Lupin. Autre chose ?

-Tu m'as apporté mon balai ? demanda Harry.

Le vieil ami de ses parents secoua la tête pour s'excuser.

-Non, je suis désolé. Il est chez toi et elle est surveillée depuis ton évasion. Mais j'ai une bonne nouvelle, dit-il en souriant. J'ai ta moto, Harry. La moto de Sirius.

-Quoi ? s'exclama-t-il, content et surpris. Comment ?

-Ron me l'a donné quand tu étais supposément séquestré par Malfoy, tout comme la cape. Je croyais qu'il allait te tuer, même s'il ne l'a pas fait, et je me suis dit que tu aurais voulu que je les garde comme souvenirs de Sirius et de ton père. La moto est chez mes beaux-parents : ils ne sont pas sous surveillance. Et maintenant est le meilleur moment pour la récupérer. Tonks les a emmenés passer la journée dans le Londres Moldu.

Harry acquiesça. Il adorait voler sur la moto de Sirius. Souvent, le soir, quand Ginny se rassemblait avec son équipe, il allait faire un tour tout seul en la faisant rugir au maximum de sa capacité. Mais son esprit était maintenant focalisé sur les Weasley.

-Comment vont Ron, Hermione et les autres ? demanda-t-il à voix basse, presque timidement.

Lupin soupira et haussa les épaules.

-Ca les a détruits, Harry. Et pas que pour Ginny mais pour toi aussi. Ron…Ron le vit très mal. Je sais ce qu'il ressent, je suis passé par la même chose lorsque je croyais que Sirius avait trahit tes parents et tué Peter.

Une partie de Harry voulait que Ron souffre comme un chien. Il le méritait, pour l'avoir cru capable d'une atrocité pareille. Mais c'était une petite partie. Ses amis lui manquaient et il partageait avec eux leur peine pour Ginny et il souhaitait vraiment que les choses redevinssent comme avant.

-Si seulement je pouvais leur parler…

Le soufflement de Malfoy ne put être plus expressif.

-Oui, allons aussi tout raconter à la belette.

-Petit à petit, dit Lupin avant que Harry n'ait pu dire quelque chose. Si on trouve la preuve que la Porte du Styx n'est pas un mythe, ce sera plus facile de les convaincre que c'est un coup monté. Ah, j'allais oublier. Je sais comment on peut rester en contact sans que personne ne le suspecte. Tu connais les courriers électroniques, n'est-ce pas ? –Harry acquiesça et Lupin lui tendit un bout de parchemin. –J'ai crée une adresse. Fais-en de même et envoie-moi un e-mail pour que j'ai ton adresse, d'accord ?

-Bien sûr. C'est une idée géniale, Remus.

Le loup-garou se releva.

-Si vous n'avez plus besoin de moi, je vais y aller. Je dois aussi passer la journée avec mes beaux-parents. –Harry ressentit un peu de peine mais il ne dit rien. –Voilà cinquante gallions. Tu me les rendras quand tu passeras à Gringotts.

-Merci pour tout, Lunard –dit-il en le serrant dans ses bras.

-Il n'y pas de quoi, petit –répondit le professeur. Fais attention, veux-tu ?

-J'essayerai.

Lupin tendit la main à Draco.

-Fais attention toi aussi, Malfoy.

Le Serpentard était toujours de mauvaise humeur et Harry se dit qu'il n'allait pas la lui serrer mais il se trompait car il le fit et il murmura quelque chose qu'il ne comprit pas. Lupin lui adressa alors un dernier regard –un regard inquiet et heureux à la fois –et il transplana. Harry se serait laissé emporter par la sensation de nostalgie qui l'avait soudainement saisie mais la voix revêche de Draco l'en empêcha.

-Je peux savoir qui t'a mis aux commandes, Potter ?

-Qui m'a mis aux commandes ? Qu'est-ce que tu racontes, bordel ?

-Tu n'as aucunement le droit de décider par toi-même d'à qui parler de ce sujet ! Et tous tes enfoirés d'amis ne vont pas participer!

Harry n'aimait vraiment pas quand Malfoy lui criait ainsi dessus, comme lorsqu'ils étaient au collège.

-Tu es devenu fou ou quoi ?

-Je suis sérieux, Potter.

-Tu sais quel est ton problème ? Tu es tellement habitué à diriger le monastère que tu ne supportes pas qu'on fasse quelque chose sans d'abord te demander la permission.

-Et c'est celui qui se prend pour le centre du monde qui dit ça !

-Je ne me crois pas le centre du monde ! s'exclama-t-il, exaspéré. Ca t'ait tellement difficile de reconnaître que l'on a besoin D'AIDE ?

-Ce ne sont que des suppositions. On n'est pas sûr que cette maudite Porte existe vraiment mais le danger que courre le monastère est réel ! Je ne vais pas te laisser les mettre en danger pour une chose qui ne pourrait être qu'un conte de vieilles!

Il y avait une étincelle de peur dans ses yeux et Harry comprit que pour une fois, ils ne se battaient pas pour avoir la première place. La sécurité précaire que Draco avait réussi à mettre en place autour de ces personnes chancelait grandement il était en train de perdre le contrôle et ça l'effrayait. Et comme le serpent qu'il était quand on l'effrayait, il menaçait de mordre.

-Moi non plus je ne veux pas qu'il leur arrive quelque chose, Malfoy –dit-il d'un ton plus calme. –Mais je ne pense pas que Robards soit capable de se salir les mains ainsi rien que pour un conte de vieux. Il doit savoir quelque chose, quelque chose qu'on ne sait pas.

Draco lui tourna le dos et Harry observa la ligne de ses épaules, la couette qui frôlait le col de sa chemise. A quinze ans, il avait commencé à réaliser des missions non officielles pour Voldemort. A dix-sept ans, il s'était convertit en espion et avant d'avoir dix-huit ans, en chef d'un campement de réfugié. Il portait un énorme poids sur ses épaules depuis trop longtemps.

-D'accord –dit Malfoy finalement, lui faisant face. –Mais je ne veux pas que tout l'Ordre reçoive de lettre à ce sujet. Je ne vous laisserai prendre aucune décision sans me consulter avant.

Il le regardait comme s'il était prêt à se jeter sur lui s'il le fallait mais Harry ne sentait aucun désir de se battre.

-Personne n'a prétendu une telle chose –lui assura-t-il, conciliant. –Allez, allons chez les parents de Tonks chercher la moto de Sirius. En es-tu déjà monté sur une ?

-Non.

-Tu vas adorer.

Tonks ou Lupin avaient dû désactiver les sorts de protection de la maison car Harry les traversa sans aucune difficulté et cinq minutes après, il était monté sur la moto et la visait de sa baguette.

-Semper raudum. –La machine se mit à rugir et Harry sourit de satisfaction. Remus l'avait bien chouchouté. Il regarda alors Malfoy, qui était resté à l'écart et fixait la moto avec intérêt et inquiétude. –Viens, monte Malfoy. Faisons un retour triomphal.

Draco pencha la tête comme s'il pesait le pour et le contre et il s'approcha finalement pour monter derrière lui.

-Si on meure par ta faute, je te tuerai.

Harry rigola.

-Si tu ne veux pas mourir, accroches-toi bien.

Malfoy posa ses mains sur sa taille. Il appuya alors sur l'accélérateur et la moto décolla. Un cri triomphant s'échappa de Harry et il sourit en remarquant que Draco le serrait plus fort. Il accéléra et il se laissa emporter par la merveilleuse sensation de puissance et de liberté pendant un moment. Il ne ressentait la même chose que lorsqu'il montait Buck mais l'hippogriphe, contrairement à la moto, ne se laissait pas diriger.

-Comment ça va derrière ? demanda Harry, se rappelant soudain de Malfoy.

-Je m'attendais à plus de pirouettes, Potter.

Harry sourit férocement, relevant le défi et fit toutes les atrocités que Ginny avait toujours refusé qu'il fasse quand elle était avec lui, malgré le fait qu'elle fût une totale imprudente sur son balai. Cependant, Malfoy avait l'air complètement enthousiasmé par cette expérience. Même s'il aurait été plus amusant de l'entendre crier de panique, Harry fut content qu'il profitât de la promenade. Quand il fut fatigué de conduire comme un fou, il réduisit la vitesse et se limita à voler en ligne droite.

-Content ?

-Presque mieux qu'un balai, dit Malfoy qui était un homme de tradition.

Sa voix sonna étonnement proche de son oreille et le chatouillement de son souffle, chaud en comparaison avec l'air froid d'octobre, fit frissonner Harry. Absorbé par l'intensité du vol, il n'avait pas pris conscience du corps de Malfoy serré contre le sien mais maintenant il le sentait : la chaleur de sa poitrine, sa respiration, ses jambes serrées contre les siennes, le poids de ses bras autour de sa taille. Il n'avait jamais était aussi près de lui, du moins sans être sur le point de le frapper, et quelque chose dans cette situation était familière et troublante à la fois. Il ne tarda pas à se souvenir de son vol d'Azkaban au monastère, déjà très flou dans sa mémoire. C'était la même sensation. Est-ce que c'était lui ? Avant, il l'aurait rejeté pour le geste aimable de le couvrir d'une cape mais maintenant ça ne semblait plus aussi impossible.

-Malfoy…Quand vous m'avez sorti d'Azkaban, avec qui ai-je le voyage en balai jusqu'au monastère ?

Draco mit quelques secondes à répondre mais Harry le sentit se tendre.

-Pourquoi ?

Harry se tourna un peu, essayant de le regarder dans les yeux.

-Pour rien. C'était toi ?

-Oui. J'étais le seul à pouvoir de retenir sur le balai si tu te réveillais et que tu commençais à te débattre.

Bien sûr. Harry acquiesça et regarda à nouveau devant. On apercevait au loin Portsmouth. Ils ne dirent plus un mot jusqu'à ce qu'ils fussent au monastère.

A suivre…