Bonjouuuuur !

Comment ça va ? Je vais super bieeen ! J'ai enfin trouvé un boulot pour cet été, donc je suis super soulagée, et plus encline à écrire, parce que j'ai plus que deux chapitres et demie d'avance ... Haha il faut vraiment que je me bouge les fesses ! Sinon, ça y est, j'ai enfin l'histoire finale bien dessinée en tête, ce qui fait que je vais probablement changer le genre, qui tournera autour du mystery plutôt que du drama. Bref, j'espère que ça continuera quand même à vous plaire, et d'ici à ce que ça arrive, ce sera plutôt autour du chapitre 11. Ah aussi, je ne l'avais probablement pas dit au début, mais je suis plus ou moins le tome 6 pour le moment, mais ça va bientôt s'arrêter et je ne reprendrais pas le dernier tome pour partir dans une autre direction ^^ Voilà, c'est tout pour le moment, mais si vous avez des questions ou des remarques, surtout n'hésitez pas !

J'ai aussi quelques questions à vous poser, mais je le ferais à la fin du chapitre haha. Le concernant, je ne dirais rien de plus, mais une fin presque pas frustrante et toute mignonne :p

Sinon, on est arrivé à 47 reviews (bientôt 50, WOUHOUUUUU, je vise les 100, j'y crois haha), 16 favoris et 36 followers :D

Merci aux nouveaux : caence, chrystelleB, chuwa, Kamika-chan, et Pulcotinette. Merci les coupains :D


Un petit mot de ma bêta, probablement coincée entre deux branches : "Un retour dans le passé qui m'a donné des frissons et du Drarry comme on l'aime :)"


RAR :

Aventurine-san : Oh merci :D Celui que tu préfère ? A ce point là ^^ ? C'est génial, je suis trop contente que ce soit le cas, je savais que c'était un chapitre un peu de transition et j'attendais vraiment de voir comment il allait être reçu, mais vu ce que tu dis, j'en suis plus que ravie et merci pour ces compliments :D Oh toi aussi tu as envie de foutre des baffes à McLaggen ? Il m'énerve tellement dans le film, c'est un truc de fou xD Haha, quand j'ai lu What else, je me suis trop imaginée Drago et Harry dans la pub pour Nespresso, genre Drago avec des tongues ... xD Et puis, on ne change pas une équipe qui gagne, Drago et Harry savent si bien se battre que ce serait dommage de leur enlever ça, et puis j'aime bien les mouiller ... héhé. Mdrrrrrrr, t'arrêtes pas, ça m'a bien fait rire xD En plus, il faut bien l'avouer hein, Drago il aime bien ce qui est tendue ... xD La liste de Ryry ? xD C'est génial ! C'est une bonne idée pour un OS ça :p En tout cas, ouf, j'ai réussi mon pari :p Oh oui, il y aura des lancers d'ingrédients, mais pas de qui tu penses xD C'est plutôt tout mignon :p Enfin, j'espère que tu vas aimer ce chapitre :p parce que là aussi, bah ça commence à faire pencher la balance ! A très vite ! Pleins de bisous !


Bonne Lecture !


Chapitre 8


Quelques mois plus tôt

Il réussit à calmer les battements angoissés de son cœur au moment où il arriva devant la grande porte du salon. Il inspira profondément et poussa le battant. La salle était sombre, pas un rai de lumière ne filtrait des lourds volets fermés. Seul un grand fauteuil trônait au centre de la pièce, sur lequel Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom le surplombait de toute sa noirceur.

Drago déglutit intérieurement. Son éducation lui permettait de ne laisser aucun sentiment passer sur son visage, heureusement pour lui. Voldemort le fixait de son regard carmin, tapotant l'accoudoir du fauteuil de ses longs doigts. Le geste était hypnotisant, mais le jeune homme restait concentré. Il ne devait pas laisser passer une seule de ses pensées sur son visage malgré son énorme peur. Il se demandait comment il parvenait à ne serait-ce que rester conscient alors que son esprit ne souhaitait que sombrer dans sa terreur.

Sa mère ne lui avait pas dit grand chose. Il n'y avait finalement rien à dire.

« Le maître veut te voir » était suffisant pour plomber l'ambiance. S'il ne connaissait pas un peu Narcissa Malefoy, il aurait pu croire que son visage de marbre ne représentait qu'une indifférence froide quant au sort de son fils, mais il savait qu'au fond, sa mère était aussi apeurée que lui. Il ne fallait pas être idiot et croire qu'elle se laisserait aller en plein milieu d'une salle remplie de mangemorts. Elle craquerait, plus tard, seule dans sa chambre.

Drago ne pouvait pas y penser. Il devait se focaliser uniquement sur Voldemort, ne rien laisser paraître de ses émotions et de sa peur. Aucune parade ne pourrait empêcher le mage noir de le torturer ou de lui faire payer l'échec de son père, ce qui était probablement le plus effrayant. Il n'avait que 15 ans par Merlin, comment pouvait-il gérer une telle situation, même en étant un Malefoy ?! Drago ne voulait pas avoir à faire aux mangemorts ni même à Voldemort, il voulait continuer à garder ses illusions inutiles sur ce que faisait son père quand il ne travaillait pas au ministère. Il était trop jeune, trop seul, pas assez préparé et il ne savait absolument pas comment prendre la responsabilité d'une erreur qui n'était pas la sienne.

Il évitait de regarder le mage noir dans les yeux, gardait la tête baissée, tentant misérablement de garder ses barrières mentales dressées. Il remercia silencieusement Rogue pour ses cours d'occlumancie. Il n'osait même pas imaginer que Voldemort puisse lire en lui et savoir tout ce à quoi il pensait.

Un silence de mort régnait. Voldemort ne faisait pas un geste, n'esquissait pas une parole, et Drago attendait. Rien ne pouvait le préparer à ce genre de confrontation. C'était facile de s'énerver contre Harry Potter, de se moquer des autres élèves, de regarder les professeurs de haut quand on était un Malefoy et qu'on avait assez de pouvoir pour ne pas s'inquiéter des représailles.

Mais c'était de Voldemort dont on parlait. Pour la première fois de sa vie, il se sentait comme un moins que rien. C'était effrayant, déroutant et il n'avait qu'une envie, s'enfuir d'ici, ventre à terre. Peut-être aurait-il dû fuir finalement ? Qu'est-ce qu'il avait à perdre ? Il lui suffisait d'emmener sa mère avec lui loin de tout ce bordel. Son père était à Azkaban, et il ne pouvait rien faire pour l'en sortir ni le sauver. Il ne restait que Narcissa, la seule personne pour qui il faisait preuve d'un peu de courage.

Voilà pourquoi il se tenait là. C'était la plus mauvaise idée qu'il ait jamais eue. Rester en Angleterre alors qu'il savait avec certitude que le mage noir se servirait de lui pour faire payer l'échec de son père. Échec causé par Potter. Cet enfoiré de Potter à qui il ferait payer tout ça. C'était entièrement sa faute.

Il devait renflouer cet accès de rage. Le Maître ne devait avoir accès à aucune de ses émotions. Il sentait son regard carmin sur lui, et il eut l'impression que tous les os de son corps s'entrechoquaient. Il ne l'aurait avoué à personne, mais le simple fait de se retrouver ainsi, agenouillé devant le plus grand mage noir de tous les temps l'emplissait d'une terreur sourde qui lui vrillait les tympans.

C'était comme se retrouver devant sa propre mort, planter ses yeux dans l'absolue noirceur de la magie noire. C'était effrayant et fascinant. Voldemort dégageait quelque chose de malfaisant, un sentiment de supériorité et de décadence qui le clouait sur place.

Il avait envie de pleurer de peur. Il n'avait que 15 ans, il ne cessait de se le répéter. Comment par malheur Potter avait-il réussi à affronter les yeux meurtriers du mage noir ?! C'était impensable. Drago ne voyait en lui même qu'un amas de chair emprisonné dans sa terreur, si lâche qu'il n'osait lever le regard.

- Relève-toi Drago, siffla Voldemort d'une voix si basse qu'il douta un instant de l'avoir entendue.

Il ne pourrait jamais se relever, ses jambes allaient s'écrouler à la seconde où il essaierait d'affronter le regard du Seigneur des Ténèbres. Son cœur battait la chamade, et il tint debout par il ne savait quel miracle.

- Regarde-moi.

Il posa les yeux sur lui. Est-ce que son cœur venait de s'arrêter ? Drago savait que le basilic ne pouvait pas attaquer les sangs-purs mais il ne doutait pas un seul instant que le regard de Voldemort était aussi meurtrier que celui du serpent. Ses pupilles transparaissaient le mal. C'était comme faire face à un démon.

Il voulait s'enfuir, il voulait hurler, pleurer, tout sauf continuer de fixer le mage noir. Impossible d'y échapper, et quand bien même il le voudrait, il savait que Voldemort saisirait l'occasion pour lui lancer un doloris. Son corps se crispa, anticipant la réaction de son esprit sur la douleur. Il pria, n'importe qui tant qu'il pourrait l'entendre, pour lui épargner ce supplice.

Voldemort esquissa un sourire, et Drago eut l'impression que son crâne allait se fendre en deux sous l'intensité de sa peur. C'était inhumain.

- Vois-tu Drago, attaqua le mage noir en se levant, Lucius m'a vraiment déçu.

Il insista si sournoisement sur le « vraiment » qu'il crut défaillir de peur. Il se rapprochait de lui, sa longue robe noire bruissant au rythme de ses pas. C'était hypnotisant mais Drago gardait le regard fixe, évitant de poser les yeux sur son horrible baguette, qu'il faisait inlassablement tourner entre ses doigts agiles avec un sourire mesquin. Il traquait toute occasion de lui jeter un sort, le blond le sentait. Il était une proie et Voldemort l'avait pris en chasse dès le moment où il avait posé un pied dans la salle.

Drago déglutit.

- Tu n'es pas sans savoir qu'à toute erreur se doit une punition, n'est-ce pas Drago ?

Son cœur s'emballa, il eut l'impression qu'il allait s'écrouler.

- Ou … Oui, Maître, balbutia Drago d'une voix blanche.

Voldemort ricana d'une manière sinistre.

- Drago, Drago, on m'a tant parlé de ta verve, et voilà que tu bégaies. Je suis déçu, finit le mage noir d'un air faussement triste.

Le Serpentard doutait que quelqu'un ait parlé un jour de sa « verve ». Il doutait même que sa maîtrise des mots puisse devenir un sujet de discussion, pire de plaisanterie, avec Voldemort. C'était n'importe quoi, il ne pouvait pas imaginer une seule seconde que le Seigneur des Ténèbres puisse plaisanter. Tuer, massacrer, torturer, oui, mais taquiner, jamais.

Il s'approcha de lui, et s'arrêta à quelques centimètres de son visage. Drago était certain qu'il pouvait voir toute la terreur qu'il lui inspirait dans ses yeux, le tremblement de ses lèvres, et même imaginer la sueur froide qui coulait le long de son dos. Voldemort attrapa son menton d'une poigne trop féroce et violente et plongea dans son esprit.

Une vague de frayeur le submergea, une haine incommensurable, et pendant un instant, il imagina que ses barrières allaient sombrer sous l'assaut de l'esprit de Voldemort. Il pensa à sa mère qui l'attendait, morte d'inquiétude pour son seul fils, à son père enfermé avec pour seule compagnie ces horribles détraqueurs, et enfin il pensa à lui, un simple gamin qui n'avait jamais demandé à faire partie de tout ça. Il tint bon, cloisonnant son esprit et c'était là le seul acte de courage dont il était capable.

Voldemort resserra sa prise sur son visage mais libéra son esprit.

- Ta ressemblance avec Lucius m'exaspère, siffla le mage noir, trop près de son oreille.

Il avait l'impression d'entendre un serpent sifflant ses menaces avant de planter ses crocs venimeux dans sa chair. Par Merlin, il tremblait comme une feuille morte.

- Je veux Poudlard, ajouta Voldemort aussi subitement qu'il demandait à avoir un gâteau au chocolat. Trouve un moyen de nous faire entrer ou je tuerai toute ta famille. Je veux Dumbledore, tue le.

Le sang de Drago se glaça. Parmi tout ce qu'aurait pu lui demander le mage noir, il avait choisi la plus difficile et surtout la plus irréalisable des missions. Faire entre des mangemorts dans Poudlard était une chose. Tuer Dumbledore, c'était ... C'était impossible, inimaginable et la chose la plus effrayante à laquelle il pouvait penser. C'était irréel, infaisable et s'il échouait, il mourrait.

- Tu recevras la marque ce soir, dit Voldemort en le relâchant, reculant jusqu'à retrouver place sur son immense trône. Tu es à moi Drago Malefoy.

Ses yeux étaient dénués de tout sentiment, vide, seulement rempli par une folie meurtrière.

- Endoloris !

Il n'avait pas vu le sort arriver.

Drago s'écroula au sol en hurlant. Ses cordes vocales se déchirant de douleur, ses yeux brûlés par la haine de Voldemort. Tout son corps se convulsa. Il oublia qui il était et ce qu'il était censé faire. Les larmes dévalèrent ses joues, se perdant sur le sol trop sombre. Il eut envie de mourir, mais il sut avec certitude que c'était ce qu'avait prévu le Seigneur des Ténèbres.

La torture s'arrêta aussi subitement qu'elle avait commencé. Cela prendrait juste plus de temps. Cette mission le mènerait à sa perte, il allait mourir parce qu'il avait accepté de réaliser quelque chose dont il n'était pas capable. Non seulement il était condamné, mais ses parents également.

Il se releva dans un état second au bout de plusieurs minutes, les larmes taries sur son visage. Le regard de Voldemort était sans équivoque. Il n'avait pas besoin de lire dans ses pensées pour savoir que le mage noir avait prévu depuis le début de l'amener à la mort de la pire des manières qui soit. Il ne pouvait plus faire marche arrière, quand bien même il l'aurait voulu, maintenant qu'il savait qu'il allait mourir.

Il sortit de la salle d'un pas qui se voulait digne. Une fois la porte passée, il se dirigea jusqu'à une pièce vide, le regard hagard. Il se laissa tomber contre un mur, ses jambes trop tremblantes ne supportant plus son poids.

Drago Malefoy pleura. Il pleura sa trop courte vie et les erreurs de son père. Il pleura parce qu'il allait mourir et qu'il n'avait pas le choix. Il avait perdu.


Présent

Albus Dumbledore caressait d'un air distrait Fumseck quand Severus Rogue entra finalement dans son bureau. Le directeur de Poudlard avait tout d'un homme âgé et épuisé par le temps. Appuyé contre le dossier de sa grande chaise, ses lunettes tombées sur le bout de son nez, le regard triste, tout en lui rappelait que derrière les airs sûrs et les yeux pétillants, la guerre continuait de détruire des hommes.

Rogue était bien placé pour savoir que malgré son masque engageant, Dumbledore souffrait de savoir qu'il ne serait pas là pour guider Potter jusqu'à la fin. Sa main noircie par le maléfice le dévorait à petit feu, et même lui était incapable de trouver un remède efficace pour effacer complètement les effets du sort.

Albus Dumbledore allait mourir et laisser derrière lui une guerre de trop. Une guerre qu'un gamin de 15 ans devait gagner simplement parce qu'il avait été désigné par une prophétie débile. Severus se foutait bien de tout ces trucs de divination et compagnie. Si Lily était morte, c'était uniquement parce qu'il avait eu la connerie d'aller rapporter au Seigneur des Ténèbres ces insupportables mots qu'il se répétait sans cesse. Sa belle et douce Lily. Assassinée.

- A-t-il accepté ? demanda le directeur d'une voix fatiguée.

Severus lui fit signe que non. Ce petit con de Malefoy ne voulait pas de son aide. Il préférait se laisser mourir, mais Rogue ne pouvait pas laisser ça arriver. Non seulement, il était lié par un serment inviolable à Narcissa, mais il ne pouvait se résigner à laisser son filleul mourir parce que son père avait fait défaut au Seigneur des Ténèbres. Impensable.

- Il le fera, ajouta Albus en se relevant.

- Non, il ne le fera pas. Drago est trop têtu, trop perdu. Il est effrayé, acculé par son désir de trouver une solution coûte que coûte. Il va droit à la mort.

- Laissez-lui une chance Severus, beaucoup de choses peuvent changer en peu de temps.

- Une chance ?! Il va mourir ! Est-ce que vous comprenez ça ?! hurla Rogue en le fusillant du regard.

- Oh oui je sais, murmura Dumbledore en jetant un coup d'œil à sa main calcinée.

Severus ne se sentit pas désolé pour lui. La vie de Drago lui importait plus que celle du directeur. Il avait compris depuis longtemps que le directeur ne voulait pas qu'il lui vienne en aide et il s'était résolu à ne pas s'impliquer dans son manège. Il avait déjà perdu un être cher, il ne prendrait pas en plus la responsabilité de s'inquiéter pour Albus.

Mais il s'inquiétait.

- Comment pourrait-il s'en sortir ?! Il est incapable de faire entrer les mangemorts dans le château, et il refuse toute mon aide.

- Je crois en beaucoup de choses Severus, et je suis persuadé que de petites choses peuvent nous changer énormément. Bien qu'il pense être seul, je pense que Mr. Malefoy ne se rend pas compte que de l'aide peut arriver de la plus surprenante des manières.

Severus fronça les sourcils, pas sûr de comprendre où voulait en venir le directeur. Dumbledore quant à lui, sourit d'un air mystérieux, l'image de Harry et Drago s'imposant dans ses pensées. Il ne s'était certes pas attendu à ça, mais Albus était persuadé depuis longtemps que donner une seconde chance pouvait s'avérer être la meilleure des solutions.


Le dortoir des Gryffondor avait quelque chose de rassurant. Quelques lits, des rideaux rouges, des malles ouvertes, des couvertures dans tous les sens, les posters de Seamus et de Ron, les plantes de Neville. Harry s'y sentait bien. En réalité, il ne s'était jamais autant senti chez lui qu'ici.

Quand il se glissait dans ses draps, le visage tourné vers ses camarades, une seule pensée lui venait. Famille. Ou en tout cas, ce qui s'en rapprochait le plus pour lui. C'était un havre de paix, un des seuls endroits où il savait qu'il était en sécurité et qu'il pouvait être libre de penser ce qu'il veut.

Écrire cette liste avait été une grosse erreur, malgré ce qu'avait pu en dire Hermione. Elle lui rappelait combien son obsession pour Malefoy lui prenait du temps et à quel point il avait oublié qu'il avait une vie en dehors du Serpentard. D'abord, il devait récupérer le souvenir de Slughorn, et il avait vraiment honte de n'être toujours pas parvenu à l'avoir. Dumbledore serait probablement déçu, non seulement parce qu'il n'avait pas été capable d'y parvenir, mais surtout parce qu'il avait laissé Malefoy prendre plus de place dans ses pensées que le combat contre Voldemort.

Harry avait toujours su qu'il ne pourrait pas avoir une adolescence normale quand il comprit que Voldemort chercherait toujours à reprendre le pouvoir. Il n'avait pas la prétention de croire qu'il était le seul capable de battre le Seigneur des Ténèbres, il ne comprenait même pas comment une telle prophétie pouvait faire de lui le seul moyen de le détruire, mais il était conscient d'une chose.

Prophétie ou non, il était trop lié à Voldemort pour ne serait-ce qu'imaginer abandonner tout le monde, la guerre, et partir loin d'ici. Peut-être était-il trop altruiste pour oser être égoïste ? Parfois, il s'imaginait la vie qu'il aurait pu avoir avec Sirius s'ils avaient décidé de partir à la fin de sa troisième année. Loin d'ici, tout aurait pu être plus facile, il aurait été plus libre, plus insouciant.

Et Sirius serait toujours en vie.

D'autre fois, il se prenait à croire que Voldemort n'avait pas trouvé ses parents, et que le mage noir tué par un membre de l'Ordre du Phénix, il puisse vivre une enfance normale.

Il évitait d'y penser. Comme le miroir du Risèd, ce n'étaient que des chimères, et rêver de telles choses ne lui faisait que plus mal.

Allongé dans son lit, il ferma les yeux un instant, appréciant le calme du dortoir. Il n'arrivait pas à mettre de mot sur ce qu'il ressentait constamment. De la peur, de la haine, de l'incompréhension. Une trop grande fatigue pour un combat qui ne faisait que commencer.

Et quand il regardait Malefoy, il voyait tout ça. Ce mélange d'émotions et de sentiments contradictoires, destructeurs. Il n'avait pas pitié du Serpentard, il ne faisait que constater une vérité essentielle. Derrière ses masques d'aristocrate froid, le blond était aussi détruit que lui. C'était rassurant, d'une certaine manière, de voir qu'il n'était pas le seul à être perdu dans la tourmente.

Ça n'empêchait pas le fait qu'il pensait que Malefoy était un enfoiré de première et un mangemort. Loin de lui pour réfléchir, il avait assez de recul pour voir les signes. Drago Malefoy était au service de Voldemort, et ça le rendait fou de rage d'être apparemment le seul à l'avoir remarqué. Étaient-ils tous aussi aveugles ou crédules ?

C'était d'une logique implacable. Évidemment qu'il fallait quelqu'un pour remplacer Lucius Malefoy auprès de Voldemort, et qui de mieux placé que son propre fils pour prendre sa place ?

Il avait tant de fois eu l'occasion de vérifier l'avant bras de Malefoy pour y trouver la marque sans l'avoir saisie qu'il en était frustré. Il y avait toujours quelque chose pour lui faire oublier que le blond était l'ennemi. Drago avait toujours été là pour faire de sa vie un enfer, à lui courir après pour lui balancer telle ou telle saloperie, et maintenant que le Serpentard s'éloignait, Harry Potter était là, à le chercher.

Non pas que Malefoy lui manquait, c'étaient leurs joutes verbales, la manière qu'avait le Serpentard de lui montrer autre chose que l'admiration sans borne qu'on lui réservait habituellement. Il avait soif de cette haine, de ces regards moqueurs et de ces mots violents et agressifs. Il n'avait jamais voulu de cette célébrité, il s'en serait si bien passé.

Comprendre qu'il ne pouvait pas se passer de Malefoy était une chose, mais l'accepter en était une toute autre. Si Harry s'en sentait capable, il n'était pour autant pas prêt à admettre qu'à l'instar de Ron et Hermione, le Serpentard avait pris autant d'importance dans sa vie que ses deux meilleurs amis. C'était effrayant, déroutant, et pas si surprenant quand il y réfléchissait. Malefoy était sans cesse là, à le chercher, le provoquer. Il lui rappelait constamment qu'il avait dans son dos cette ombre douloureuse de haine.

Peter Pan avait tout fait pour récupérer son ombre, mais Harry n'était pas certain d'être capable de faire quelque chose pour garder Malefoy dans sa vie. Surtout quand leur relation était aussi malsaine que celle qu'il entretenait avec Voldemort. C'était ambigu, incompréhensible et carrément absurde. Et surtout, ça prouvait encore une fois qu'Hermione avait raison quand elle disait qu'il devait absolument s'éloigner de Malefoy au risque de se brûler.

Il ne pouvait pas se perdre dans des relations malsaines. Il allait probablement mourir de la main de Voldemort, il avait clairement autre chose à foutre que de s'inquiéter pour Malefoy.

Il devait se préoccuper du sort de Ron et d'Hermione. Il devait s'assurer que sa meilleure amie puisse vivre dans un monde magique sans crainte d'être persécutée par un mégalomane. Il devait s'assurer que Ron puisse rester celui qu'il avait toujours été, et que Ginny, douce Ginny, soit aussi flamboyante qu'elle l'était. Il ne pouvait pas être égoïste et laisser ses pensées dériver vers le mauvais ennemi.

Il avait l'impression de porter le poids du monde sur ses épaules.


Le seul avantage du cours de botanique était que la pratique se faisait en binôme. Le deuxième avantage était que lorsque vous vous trouviez avec Hermione, elle était si soucieuse de réussir parfaitement qu'elle vous empêchait de poser les mains sur la plante si vous la laissiez faire. Harry ne s'en formalisait pas, il préférait laisser faire sa meilleure amie et observer les autres élèves dans la serre.

Le seul inconvénient était qu'ils partageaient le cours avec les Serpentard et que le brun se serait bien passé d'avoir pile en face de lui le visage de Malefoy. Heureusement pour lui, le blond était du genre à pratiquer, ce qu'il pouvait comprendre quand on avait comme binôme Vincent Crabbe, et il pouvait à loisir l'observer sans qu'il ne le voit. Foutue obsession.

Hermione ne se rendait compte de rien, merciheureusement pour lui. Depuis le réveil de Ron, la brunette avait retrouvé son calme et semblait bien plus tolérante. C'était plutôt agréable quand on remarquait qu'elle n'avait pas fait une seule remarque à Harry – qui ne participait absolument pas- depuis le début du cours. D'un autre côté, Chourave était trop occupée à parler "plante" avec Neville pour voir que les élèves ne se prenaient pas trop la tête avec le travail.

Malefoy donc, se trouvait face à lui, et bien qu'il se soit donné comme consigne d'éviter de se focaliser sur le Serpentard pendant un temps indéterminé pour sa santé mentale et la survie du monde sorcier, son cerveau n'en faisait qu'à sa tête. Le blond était concentré sur sa tâche. Harry était incapable de dire de quoi il s'agissait puisqu'il n'avait rien écouté du début du cours, mais les gestes sûrs et précis de Malefoy étaient fascinants à voir. Il n'avait en soi jamais vraiment fait attention aux mains du Serpentard. Elles étaient fines et d'une délicatesse d'aristocrate, à l'image de toute sa personne.

Si on oubliait les énormes cernes sous ses yeux, son teint maladif, et qu'il était censé le haïr, Drago Malefoy dégageait quelque chose d'assez envoûtant. Ses gestes étaient toujours prémédités avec soin, emprunt d'une grâce qui ferait jalouser les plus patauds et il était délicat. Il n'arrivait pas à croire qu'il utilisait un tel mot pour décrire Malefoy.

- Harry, est-ce que tu peux me passer le sécateur s'il te plaît ?

C'était fascinant.

- Aïe ! s'exclama le brun en tournant la tête vers Hermione, qui venait de le frapper à l'épaule.

- Est. Ce. Que. Tu. Vas. Arrêter. De. Fixer. Malefoy ! rouspéta la brunette en ponctuant chacun des mots par des jets de terre sur Harry.

- Miss Granger ! S'exclama Chourave en lui jetant un regard noir.

- Pardon Professeur, répondit-elle d'un faux air peiné.

Harry ne put s'empêcher de tourner la tête vers Malefoy, et croisa son regard.

- Arrête-ça ! s'énerva Hermione en l'attrapant par les cheveux.

- Aïe ! Hermione, pas la peine de me tirer comme ça !

- Non mais tu t'es vu ? Pour la discrétion, tu repasseras ! Et je te rappelle qu'on est en cours, tu chercheras des preuves que, elle baissa d'un ton en le fixant d'un œil noir, Malefoy est un mangemort plus tard !

Harry grogna, ce qui lui attira un autre regard noir de la part de sa meilleure amie. Inutile de chercher à désobéir tant qu'elle continuerait de le fixer d'un air aussi courroucé. Si Hermione avait étérousse, il aurait parié qu'elle avait du sang Weasley dans les veines. Ou alors, c'était ses séjours prolongés au Terrier qui l'avait poussé à devenir aussi déterminée à lui donner des ordres.

Il attendit quelques minutes, et quand elle se fut enfin replongée dans son pot de terre, releva la tête.

Le Serpentard le fixait d'un regard noir, probablement parce qu'il l'avait dérangé dans ses manipulations. Harry s'en fichait royalement si sa majesté Malefoy avait été perturbée par ses éclats de voix.

Ils se fixèrent un long moment les yeux dans les yeux sans qu'aucun des deux n'esquisse un écart pour décrocher leurs regards. Harry aurait voulu savoir si Malefoy se sentait toujours aussi mal et c'était complètement débile de sa part de s'imaginer qu'il pourrait le savoir.

Finalement, Malefoy détourna les yeux et se replongea lui aussi dans sa plante. Harry soupira d'ennui.

- Qu'est-ce que tu peux être énervant quand tu t'y mets Harry !

Hermione avait posé le sécateur sur la table et le fixait en fronçant les sourcils.

- Qu'est-ce qu'il y a ? lui demanda-t-elle d'un air plus gentil.

- Rien, marmonna Harry en croisant les bras d'un air vexé.

- Allez, je vois bien que quelque chose te chagrine ! Non ! Ne me parle pas de Malefoy s'il te plaît, tu sais très bien ce que j'en pense ! Est-ce que c'est parce que Ginny est toujours avec Dean ?

Harry ouvrit la bouche pour contester à propos de Malefoy, mais finalement, se dit qu'Hermione lui rabattrait le caquet aussi rapidement qu'il aurait associé le mot Serpentard à mangemort dans sa phrase.

- Je ne suis pas énervé parce que Ginny est encore en couple avec Dean !

- À d'autres Harry ! De toute façon, ce n'est qu'une question de jours avant qu'ils se séparent, Ginny m'a dit qu'elle ne supportait plus la jalousie de Dean.

Harry haussa les épaules d'un air qui se voulait désinvolte, mais au fond de lui, petit Potter dansait de joie. Il sentait encore la sensation de la main de Ginny sur son ventre, et l'idée que quelque chose puisse être possible entre eux si elle venait à quitter Dean le rendit toute chose.

Arrête de sourire d'un air aussi niais Harry, remarqua Hermione en rigolant.

- Je ne souris pas d'un air niais ! rétorqua Harry en sentant ses joues chauffer.

- A peine, ajouta-t-elle avec un sourire en coin.

Pour seule réponse, Harry tira la langue.

- Quand vous aurez fini, vous m'apporterez vos puffapod sur le plan de travail au fond de la serre avec vos noms étiquetés sur les pots ! Clama Chourave d'une voix claire.

Le brun tourna la tête vers Malefoy qui attrapait son pot dans ses mains et se dirigeait vers le fond de la serre.

- Je l'apporte ! S'exclama Harry à Hermione en lui prenant la plante des mains avec un sourire gentil. T'as tout fait, alors laisse-moi au moins faire ça !

La brunette lui jeta un regard circonspect, mais le laissa tout de même prendre la plante pendant qu'elle rangeait les outils. Harry se précipita vers le fond, rattrapant Malefoy qui attendait derrière un autre Serpentard pour poser son pot sur un coin libre de la table. Le brun se glissa discrètement jusqu'à lui, personne ne faisant attention à son manège et posa sa plante à quelques centimètres de la sienne.

Malefoy, surpris par le geste soudain, tourna la tête vers le malotru. Il se figea quand il reconnut Harry, un air mi-surpris mi-inquiet sur le visage. Celui-ci le fixa dans les yeux, s'apprêtant à dire quelque chose.

- Pas un mot Potter, je t'interdis de laisser sortir ne serait-ce qu'un son, murmura Malefoy d'une voix très basse, faisant attention à ce qu'on ne les entende pas.

Harry lui jeta un regard noir, vérifiant que Hermione ne regardait pas dans sa direction. Il se demanda ce que Malefoy allait faire ou dire, et son corps se remplit instantanément d'un plein d'adrénaline foudroyante, le faisant frémir délicieusement.

Le Serpentard le fixa scrupuleusement, et Harry vit avec un plaisir non dissimulé la même réaction sur le visage du blond. Un frisson de plaisir les traversa, et le brun s'humecta les lèvres, la gorge complètement sèche. Malefoy papillonna des yeux et Harry eut envie de passer ses doigts sur ses cernes pour les effacer. Il sentait la chaleur de la main du blond à quelques centimètres de la sienne. Un infime mouvement et il pourrait l'attraper. Le pouce de Malefoy frôla sa paume et un courant électrique leur traversa le corps.

- Drago.

Malefoy sursauta violemment, reculant instinctivement jusqu'à butercontre Crabbe.

- Quoi ?! Cracha le blond au Serpentard en lui lançant un regard polaire.

Crabbe, qui ne semblait avoir rien remarqué, haussa les épaules.

- Bah on a cours juste après, répondit-il d'un air absent.

Malefoy soupira d'agacement, deux doigts pressés sur l'arête de son nez. Il fit demi-tour sans un seul regard pour Harry, tendit son sac à Crabbe qui l'attrapa sans un mot et se dirigea vers la sortie d'un pas traînant.

Il tourna la tête une dernière fois et croisa le regard perdu et complètement déboussolé du brun. Pas un mot, pas un geste, il se contenta de hausser un sourcil provocateur et disparu derrière la porte.

Harry resta un moment debout à côté de la table, n'assimilant pas ce qu'il venait de se passer. Est-ce qu'il avait failli se jeter sur Malefoy en plein cours de botanique ?

Par Merlin, que lui arrivait-il ?

Hermione le rejoignit et lui tendit son sac.

- Heu, ça va Harry ? lui demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

Le brun ouvrit la bouche pour répondre, et la referma. En fait, il n'en savait rien.

- Viens, on va voir Ron, ajouta-t-elle en le prenant par le bras.

Il était incapable de comprendre ce qu'il venait de se passer.


Ok, après réflexion, c'est frustrant. Je me frustre moi-même, je sais pas comment c'est possible, peut-être que je suis schizo ? Haha

Bon sinon, je sais, j'avais dit qu'il n'y aurait pas de Ginny, mais même quand elle est pas là, elle vient foutre le bordel. Heureusement que Drago est là pour rétablir tout ça correctement :p

Ah, et j'ai dit que j'avais quelques questions héhé.

1. J'écris pas mal avec de la musique (tout le temps en fait), alors est-ce que ça vous plairait que je mette en début de chapitre une ou deux chansons avec lesquelles je l'ai écrit ? Je sais que pas mal de personnes écoutent de la musique en lisant, et vu que ce que j'écoute a pas mal d'influence sur le style que j'écris, peut-être que ça vous intéresserait de voir un peu l'ensemble que ça fait ? Bon évidemment, je le ferais qu'à partir du prochain chapitre, parce que je sais toujours pas comment modifier quelque chose sans devoir republier. Bref ... Voilà, j'attends vos réponses :)

2. Est-ce qu'il y aurait des artistes parmi vous ? Des dessinateurs, des monteurs photos ? Nan parce que en fait j'aimerais bien avoir une ou deux illustrations sur cette histoire, et avant d'aller demander ailleurs, je me dis que tenter la chance parmi les lecteurs serait pas mal :) Donc voilà, si c'est le cas, vous pouvez me le dire en review, ou m'envoyer un mp

3. C'est pas vraiment une question, mais vous, petits adeptes du Drarry, avec ma bêta, on a créé une page Facebook sur, surpriiiiise, le Drarry haha. Donc je vous laisse le nom, si ça vous intéresse :) - Drarry Shippers - "Il devenait de plus en plus obsédé par Malefoy"

4. Je sais que j'ai une autre question dans la tête, mais impossible de me souvenir, quelle horreur ! Tant pis, je vais vous demander un truc pas très utile pour l'histoire, mais pas grave. Est-ce que vous connaissez Pierre Pevel, et est-ce que par le plus grand des hasards, un ou une de vous aurait lu Haut-Royaume ? Nan, parce que je viens de finir le premier tome, que je n'ai pas encore le deuxième et que la fin du premier m'a tellement frustrée (je suis une éternelle impatiente) que j'ai trop besoin d'en parler avec quelqu'un haha.

Enfin, et j'en ai fini avec mes questions toutes pourries (promis, je ne veux pas vous ennuyer, je veux juste parleeeeer) !

Donc, pour la semaine prochaine : Pansy, vol et vestiaire.

Voilà ! Je vous dis à tout de suite pour une review ou alors à mercredi prochain !

Je vous aime beaucoup beaucoup, pleins de bisous !

PS : Drago me demande de faire passer comme message qu'il est libre pour la soirée, et qu'il a de quoi faire des massages, si vous êtes tentés.

PS2 (et après promis j'arrête) : Il ajoute qu'il emmène Potter, quoi qu'on dise, mais quitte à prendre les deux, je dis pas non personnellement. Ok j'arrête.