Bonjour tout le monde !

Merci encore à tous ceux qui m'ont mise en favorite ou en alert et un grand grand merci à tous ceux qui prennent quelques minutes ou plus ;) pour me laisser une review.

Bonne lecture

Chapitre 9

Rey s'éveilla lentement. Elle se sentait groggy, engourdie et douloureuse. Ses paupières papillonnèrent et une douce obscurité accueillit son regard hagard. Elle reconnut la chambre qu'elle partageait avec Ben. Une forme bougea près d'elle et une main fraîche se posa sur son front.

- Rey ?

Elle tenta de prononcer le nom de Leia en la reconnaissant, mais seul un croassement étrange et douloureux s'échappa de sa gorge sèche et irrité.

- Chut, ne t'agite pas.

Elle obéit mais supplia la générale du regard.

- Tout va bien, nous sommes sur la base. Tu as dormi presque une journée entière. Finn m'a appelé en renfort. Tu étais très faible lorsqu'il t'a retrouvé et j'ai bien peur que ta cheville ne soit cassée mais c'est déjà en voie de guérison ne t'en fais pas. Ce qui nous inquiète en revanche c'est le fait que ton lien avec Ben soit rompu.

- Ben…

- Il est ici et il n'a encore tué personne, même si ce n'est pas faute d'avoir essayé.

Rey ricana puis fut prise d'une violente quinte de toux. Avec l'aide de Leia, elle s'assit dans le lit en grimaçant puis la générale se leva, pianota un moment sur la console de contrôle de l'entrée et revint avec un verre d'eau qu'elle lui tendit. Rey le but d'un trait avec reconnaissance. Sa cheville était immobilisée sous un épais bandage mais elle lui faisait toujours aussi mal.

- Je suis désolée mais nous ne pouvons pas te donner d'antidouleur.

- Ce n'est pas mon lien avec Ben qui s'est rompu, articula-t-elle se souvenant soudain, c'est toute ma perception de la Force qui a disparu.

- Quoi ?

- Il m'a… attaqué, bredouilla-t-elle en fouillant dans sa mémoire pour reformer une trame correcte des événements. Moah, il… il nous déteste tellement ! J'ai essayé de l'immobiliser mais ça l'a à peine ralenti, il… il m'a résisté et a attaqué encore et je n'arrivais pas à le bloquer !

- Rey, reste calme, tout va bien maintenant, c'est terminé.

La jeune femme fondit en larme et Leia vint s'asseoir au bord du lit pour la réconforter. C'était sûrement le contrecoup. Ce n'était pas tant l'attaque, ni même la trahison de Moah, que la perte de sa sensibilité à la Force qui la dévastait et lui faisait perdre tous ses moyens. Elle s'était habituée à la sentir couler en elle, forte et rassurante, et à présent c'était comme s'il n'y avait plus qu'un grand trou noir dans sa poitrine à la place, un immense sentiment de solitude, de vide et d'abandon qu'elle pensait avoir laissé derrière elle sur Jakku à tout jamais. Et pire que tout, elle ne sentait plus Ben.

Leia se recula lentement pour lui faire face.

- Rey je pense que je sais ce qu'il t'arrive.

- Quoi ? Dites-moi !

- Je ne suis sûre de rien, tempéra la vieille dame, ce que tu expérimentes aujourd'hui est assez inédit.

- C'est-à-dire ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Qu'est-ce qu'il m'arrive ?

- Rey, tu es enceinte.

- Quoi ? Non ! Ce… ce n'est pas possible, j'ai un implant.

- Il se trouve que lors de l'accident sur le Faucon, la décharge électromagnétique a désactivé ton implant.

Rey plaqua une main sur sa bouche puis ses doigts tremblants glissèrent lentement jusqu'à son ventre. Leia resta silencieuse, ne sachant quoi dire de plus. Les pensées et les émotions de Rey s'entrechoquaient dans sa tête. Comment était-ce possible ? Elle ne pouvait pas être enceinte, ce n'était pas possible, elle était trop jeune, ce n'était pas le moment, ce n'était pas voulu, Ben n'en voudrait pas. Ben !

- Ben !

- Il est déjà au courant.

- C'est pas vrai !

- Il l'a plutôt bien pris à vrai dire, mieux que ce à quoi je m'attendais en réalité.

Comme s'il les avait entendues, la porte de la chambre s'ouvrit et Ben se rua à l'intérieur. Leia l'avait fait appeler lorsqu'elle était allée chercher de l'eau pour sa patiente, la vieille dame se recula dans un angle de la pièce pour leur laisser un peu d'intimité tandis que le Suprême Leader échangeait un long regard avec Rey. Cette dernière ne put se retenir plus longtemps et fondit encore en larme en se détournant. Ben, lui, n'hésita pas une seule seconde, tandis que la porte se refermait dans son dos, il ignora superbement sa mère et vint s'asseoir sur le lit pour serrer Rey contre lui.

- J'ai eu si peur, murmura-t-il dans ses cheveux.

Leia savait qu'elle aurait dû sortir, les laisser se retrouver dans cet instant mêlant bonheur et douleur mais elle en était incapable. Elle avait l'impression que le moindre mouvement briserait la magie de l'instant et, égoïstement, elle ne pouvait pas détourner le regard de son fils faisant la démonstration d'un amour inconditionnel pour quelqu'un. Elle ne l'avait jamais vu ainsi, il était transformé. Il n'avait plus la magnificence du Seigneur Sith victorieux mais faisait preuve d'une douceur et d'un amour si pur pour Rey que ça le rendait plus beau encore. Il irradiait d'une force tendre et protectrice et son visage, bien que toujours barré de la longue cicatrice, était lumineux même s'il restait visiblement inquiet.

- Je… je suis… désolée Ben, sanglota la Jedi sur son épaule en agrippant le devant de sa cape.

- Pourquoi mon infinie ? Il n'y a pas de quoi, tu n'y es pour rien.

- Je suis désolée… pour le bébé, précisa-t-elle.

Il se rembrunit légèrement mais finit par l'obliger à relever les yeux vers lui en poussant doucement sous son menton.

- C'est une incroyable nouvelle, mon infinie. Tu fais de moi l'homme le plus heureux de la galaxie.

- Vraiment ?

- Vraiment, et tu le saurais si notre lien était encore là.

Elle sourit timidement à travers ses larmes et se lova plus fort encore contre lui puis elle sembla se souvenir de quelque chose et se redressa.

- Leia ?

- Je suis là, Rey.

La générale s'avança à nouveau et Ben évita son regard, gêné de faire preuve de tant d'affection devant sa mère.

- Vous avez dit que vous saviez pourquoi nous n'étions plus liés.

- J'ai dit que je pensais peut-être avoir une explication.

- Dites-nous, s'il vous plait.

La générale se tourna vers son fils et il hocha légèrement la tête. Il n'avait pas envie de blablater avec elle, tout ce qu'il voulait c'était se retrouver seul avec son infinie et se gorger de sa présence et de son parfum mais il était tout de même un peu curieux de connaitre la théorie de sa mère.

- Tu es la première Jedi à tomber enceinte à ma connaissance. Ce genre de relation étant proscrite dans l'ancien temps il est normal que les fois où ça s'est produit aient été dissimulé et non pas consigné dans des archives. Mais je pense qu'étant donné ses parents, ce bébé sera inévitablement sensible à la Force, très sensible à la Force.

- Et alors ? lâcha Ben d'un ton sec.

- En fait, je pense qu'il est déjà sensible à la Force, je pense que le fait que tu ais été en danger à pousser quelque chose à transférer la Force de toi au bébé afin de le protéger mais encore une fois ce ne sont que des suppositions.

- Mais c'est plausible, acquiesça-t-elle.

- En effet, admit Ben de mauvaise grâce puis son ton changea considérablement lorsqu'il s'adressa à Rey. Mais ne t'inquiètes de rien, nous trouverons un moyen de te rendre tes pouvoirs, en attendant tu te reposes, tu dois prendre des forces pour deux désormais.

Joignant le geste à la parole, il l'obligea à se coucher à nouveau dans leur lit. Leia sortit cette fois, ne pouvant s'imposer plus que ça. Rey attrapa la main de Ben avant qu'il ne l'imite.

- Ne pars pas, s'il te plait.

- Je ne vais nulle part, mon infinie.

Il dégrafa sa lourde cape et ôta ses bottes avant de la rejoindre et de se coller à son dos. Instinctivement, il passa un bras par-dessus sa taille et sa main vint timidement caresser son ventre. Rey se pressa un peu plus contre lui et entremêla ses doigts aux siens.

- Je n'arrive pas à y croire, chuchota-t-elle dans l'obscurité.

- Moi non plus, répondit-il en embrassant sa tempe.

- Qu'est-ce qu'on va faire ?

- Je n'en sais rien. C'est étrange, je suis à la fois heureux et terrifié.

- Moi aussi.

Elle rit doucement puis la fatigue la submergea et elle s'endormit presque aussitôt. Ben, en revanche n'était pas du tout près de trouver le sommeil. Il ne lui avait pas menti en lui disant que la nouvelle le rendait fou de joie mais la peur était bien plus présente encore. Il ne savait pas si au final c'était une bonne chose, il y avait trop de paramètres qu'il ne pouvait pas contrôler. D'abord, il y avait ses rêves que sa vision venait confirmer : il y avait de grandes chances pour que Rey perde cet enfant et il regrettait à présent de lui avoir dévoilé cette partie de sa vision. Même s'il allait tout faire pour que ça ne se produise jamais.

Mais même dans le cas où tout se passerait bien et où elle mettrait le bébé au monde sans problème, il y avait toujours cette peur sourde en lui d'échouer en tant que père, comme le sien l'avait fait et comme celui de sa mère l'avait fait avant lui. Comment être sûr de savoir gérer son rôle à merveille ? Comment savoir si le bébé l'aimera ? Comment être sûr de ne pas être un jour dépassé par les pouvoirs extraordinaires que l'enfant ne manquera pas de développer avec la lignée dont il héritait ?

Toutes ses interrogations tournaient en boucle dans sa tête, et pour la première fois depuis qu'ils l'avaient découvert, il fut content que Rey ne soit pas lié à lui et qu'elle puisse dormir paisiblement dans ses bras.

oOo

Dans les premiers jours qui suivirent, Ben veilla à ce qu'elle ne quitte pas leur chambre, ne recevant la visite que de Leia et parfois Finn, qui lui apprit que ses soupçons à propos du technicien étaient fondés mais que le bleu c'était fait manipuler par Moah et qu'il n'avait eu aucune idée de ce qu'il faisait lorsqu'il avait suivi les instructions du trooper à propos du panneau de contrôle du vaisseau.

Sa cheville étant encore en convalescence, Rey ne s'inquiéta pas plus que ça des attentions appuyées que lui prodiguait le Suprême Leader mais lorsqu'on l'autorisa de nouveau à marcher un peu, son interdiction de quitter la chambre devint ridicule. Il piqua une colère démesurée contre sa mère quand elle tenta de lui faire entendre raison si bien que Rey soupçonna une cause cachée à ses actes et décida d'intervenir pour en avoir le cœur net.

Un soir, elle l'attendit donc, sagement assise sur leur lit et uniquement vêtu de l'un de ses t-shirts. Et comme tous les soirs, son expression mécontente se dissipa en la voyant et une étincelle de désir traversa son visage en découvrant sa tenue. Elle savait parfaitement l'effet que ça aurait sur lui et il était grand temps qu'il cesse de l'approcher comme si elle pouvait se briser à tout moment.

- Bonsoir, dit-elle doucement.

- Bonsoir.

- Comment s'est passée ta journée ?

- Bien.

Il se dirigea lentement vers le bureau et y déposa sa cape et ses gants avant de retirer ses bottes et sa tunique. Il était méfiant, et se rendait bien compte que l'atmosphère entre eux n'était pas comme d'habitude mais lorsque ses yeux passèrent de son visage à son ventre, un sourire sincère étira ses lèvres et il s'approcha pour embrasser délicatement le haut de sa tête.

- Où en est-on avec Moah ? continua-t-elle tandis qu'il finissait de se déshabiller.

- Ne t'inquiète pas de ça mon infinie, je m'en occupe.

Il garda son sous-vêtement et grimpa sur le lit pour la rejoindre.

- Je ne m'en inquiète pas, je veux savoir.

- Nous l'interrogeons toujours, finit-il par lui dire, visiblement à contre cœur.

- Nous l'interrogeons ? Je ne veux pas qu'on le torture !

- Je ne l'ai pas touché, dit-il en levant une main comme s'il jurait.

- Je n'en doute pas, mais nous savons tous les deux que tu peux torturer quelqu'un à dix pas.

A la tête qu'il fit, elle se décomposa en comprenant qu'il avait déjà violé son esprit, et sûrement pas avec douceur, pour lui extorquer des informations.

- Ben ! Je ne veux pas que tu fasses ça, j'ai vu ce que ça a donné sur Poe !

- Poe est d'accord avec moi.

- Pardon ?

- Il est d'accord pour qu'on utilise tous les moyens à notre disposition pour le faire parler. Mais je n'ai pas utilisé les méthodes, disons traditionnelles, parce que je savais que tu n'aimerais pas ça.

- Alors tu dois aussi savoir que je n'aime pas que tu utilises la Force de cette manière.

- De toute façon ça n'a rien donné pour l'instant.

- Comment ?

- Je pense qu'il doit être sensible à la Force, c'est sûrement à cause de ça qu'il a su quand s'en prendre à toi mais il ne perd rien pour attendre.

- Je ne veux pas que tu fasses ça, répéta-t-elle.

- Rey ! Il me faut des réponses ! s'énerva-t-il. Si je veux vous protéger toi et le bébé, il me faut des réponses et ce n'est pas en les lui demandant gentiment qu'on les aura, tu peux me croire.

- Je suis assez grande pour me protéger toute seule !

- Oui et on a vu ce que ça a donné au temple.

Elle se pencha en arrière comme s'il l'avait frappé puis elle l'observa un peu plus attentivement, c'était plus difficile lorsqu'ils n'étaient pas connectés mais elle avait le sentiment qu'il lui cachait quelque chose. Elle passa outre son orgueil blessé par ses mots et posa doucement sa main sur son avant-bras.

- Ben ? Dis-moi ce qui ne va pas.

- Tout va bien, je maîtrise la situation.

- Je ne crois pas non, je sais que tu ne me dis pas toute la vérité et je n'aime pas ça.

Il ne répondit pas tout de suite, il ne voulait pas lui avouer qu'il avait encore fait un de ces rêves cauchemardesques où il la voyait perdre leur enfant dans des conditions innommables sans qu'il ne puisse rien y faire. Il ne pouvait pas l'effrayer à ce point. Il savait que, comme lui, son état la terrifiait et il ne voulait pas être celui qui en rajouterait une couche.

- Je ne veux pas vous perdre, fit-il misérablement.

Elle attira sa tête contre sa poitrine alors qu'il enlaçait sa taille de ses grands bras.

- Il n'y a aucune raison pour que ça arrive.

- Il y a des dizaines de raisons pour que ça arrive et encore plus ici alors que des traîtres dans mes propres rangs veulent ta mort.

- Est-ce que tu préférerais que je m'éloigne de la base un moment ?

- Pour allez où ?

- Je ne sais pas, sur Ahch-To ou dans une des bases de la Résistance ?

Il réfléchit en silence, il n'aimait pas du tout l'idée qu'elle s'éloigne de lui, surtout s'ils n'avaient aucun moyen de communiquer par la Force mais il devait avouer qu'elle serait plus en sécurité ailleurs, dans un endroit caché. Peut-être que sa mère accepterait de veiller sur elle et leur enfant jusqu'à ce qu'il ait assainit ses rangs. Il savait qu'il ne pourrait pas tenir Rey prisonnière de quatre murs, elle en deviendrait folle et lui en voudrait.

- Ça pourrait être une bonne idée mais je n'aime pas ne plus te sentir.

- A ce propos…

Il releva vivement la tête.

- Je me suis entraînée avec Leia cet après-midi et j'ai réussi à faire léviter une de mes bottes.

- Vraiment ?

- Oui, je crois que je commence à comprendre comment la Force agit vis-à-vis du bébé et comment je peux la détourner légèrement de lui vers moi pour m'en servir à nouveau.

- C'est parfait ! Si tu pouvais retrouver ta maîtrise de la Force et notre lien alors je serais d'accord pour que tu t'éloignes d'ici pendant quelques temps.

- Dans ce cas, je vais m'y atteler mais j'aimerais que tu m'autorise au moins à prendre mes repas dans la salle à manger et à me rendre à la salle d'entrainement de temps en temps.

- D'accord, finit-il par céder, mais toujours avec FN-2187.

- Très bien, j'irais avec Finn mais nous reparlerons de tes méthodes d'interrogatoire et en attendant…

Elle ne le laissa pas rétorquer et chevaucha ses jambes avant de passer ses bras autour de son cou en prenant férocement ses lèvres. Ils ne s'étaient plus retrouvés intimement depuis l'attaque de Moah. D'abord à cause des douleurs dans sa cheville et son corps qu'elle ne pouvait pas atténuer à l'aide de médicaments à cause du bébé, puis par l'esprit vengeur de Ben qui les avait éloignés.

Tandis qu'elle s'appliquait à l'embrasser comme jamais, il ne put s'empêcher de faire courir ses mains sur elle, elle lui avait tellement manqué. Bien sûr, il n'avait pas passé une seule nuit loin l'un de l'autre, mais son corps lui avait manqué. Il n'avait pas osé l'approcher de peur de lui faire mal et même maintenant qu'elle était complètement guérie, il n'osait toujours pas assouvir ses désirs avec elle. Rey portait un enfant, leur enfant. Son corps était devenu sacré à partir de l'instant où Leia était venu le trouver pour lui apprendre la nouvelle. Lorsqu'elle devint plus entreprenante, commençant à glisser ses petites mains sur lui et qu'il sentit son propre sexe réagir et grossir contre son entrejambe, il se déroba en lui saisissant la taille pour l'éloigner.

- Rey ! Non !

- Quoi ? Pourquoi ?

- Le bébé, je… je ne veux pas vous faire de mal.

A son grand étonnement, elle éclata de rire et il se vexa.

- Ravi que ça t'amuse.

- Ben, tu ne feras aucun mal, ni à moi ni au bébé.

- Comment peux-tu le savoir ?

- Figure-toi qu'un certain Suprême Leader m'a interdit de sortir de ma chambre, ce qui m'a laissé beaucoup de temps libre, et Leia a bien voulu me tenir compagnie en me racontant absolument tout sur ce qui m'attends.

- Et ?

- Et je ne t'en rapporterais pas la moitié parce que je dois avouer que parfois c'était terrifiant, mais le bon côté de la chose c'est que les rapports sexuels sont fortement conseillés pendant une grossesse.

Ben était partagé entre la satisfaction de l'apprendre et la gêne de savoir qu'elles parlaient de ça ensemble, il ne pût s'empêcher de lui en faire la remarque.

- Tu parles de… nos rapports avec ma mère ?

- Ta mère n'est pas innocente Ben, comment crois-tu être arrivé dans cette galaxie ?

Elle éclata de rire lorsqu'il grimaça de dégoût et elle continua en pointant son ventre du doigt.

- Et elle sait parfaitement comment ce bébé est arrivé là.

- On pourrait arrêter de parler de ça ?

- On pourrait arrêter de parler tout court ?

Il comprit le message et goûta à nouveau à ses lèvres avec délice tout en basculant dans le lit. Elle laissa ses mains glisser sur son torse puis plus bas, les faufilant sous l'élastique du seul vêtement qu'il portait encore. En appuis sur ses avant bras, pour ne pas peser sur elle, il nicha son nez dans le creux de son cou, se délectant du mélange d'odeur de sa peau et de son propre t-shirt. Rey dégagea le tissu devenu gênant et empoigna délicatement son sexe avant de commencer à le masser doucement. Il se mit à grogner d'une voix rauque sans arrêter de lui embrasser le cou et la gorge.

- Tu m'as manqué, chuchota-t-elle.

Ne pouvant plus se retenir, il se redressa à genoux et la pénétra avec douceur, elle gémit et chercha son regard mais ses yeux étaient fixés sur la très légère bosse qu'on devinait à peine sous le t-shirt. Elle s'appuya sur les coudes.

- Ben ?

Son regard monta enfin jusqu'à son visage.

- Je vais bientôt m'en aller. On ne se verra plus pendant un long moment.

Attrapant sa nuque elle se redressa et s'assit sur lui.

- Sans compter que je serais bientôt aussi grosse qu'un happabore.

- Ne dis pas ça mon infinie, tu es magnifique.

- Magnifique et affamée, précisa-t-elle en imprimant un long mouvement à son bassin.

Ben ferma les yeux et serra les mâchoires, les doigts crispés sur ses hanches. Il résistait mais elle n'avait pas du tout l'intention de lâcher le morceau. Elle avait envie de lui, elle avait envie du père de son enfant et, un peu comme lui, elle obtenait souvent ce qu'elle voulait ces derniers temps. Elle continua d'onduler des hanches au dessus de ses cuisses et fit monter elle-même son plaisir tandis qu'il s'obstinait en restant immobile. Lasse de tenter de le faire participer, elle se résolut à ne l'utiliser que pour son propre plaisir, elle changea délicatement d'angle, posa sa tête sur son épaule et continua à se mouvoir, cherchant à atteindre l'orgasme.

- Oh, Ben, gémit-elle lorsqu'elle sentit une douce chaleur familière grandir lentement en elle.

Accélérant le mouvement, ses doigts se crispèrent dans les cheveux noirs de son amant et elle soupira.

- Oh, Ben ! dit-elle un peu plus fort. BEN !

Ses cris le rendaient fou. Il se souvenait encore de la saveur d'un de ses orgasmes qu'il avait goûté à travers leur lien et c'était un souvenir qui lui donnait des frissons. Cette fois-ci il vivait ça de l'extérieur. La voir ainsi atteindre l'orgasme était la chose la plus belle qu'il n'ait jamais vu. Jamais il ne pourrait se lasser de ça, de cette vision d'elle en sueur, les yeux brillants de plaisir. Il l'aimait tellement qu'il sentait que son cœur aurait pu en exploser.

Lorsque la respiration de Rey se calma lentement, il continua à la câliner, laissant ses mains la caresser et ses bras l'étreindre.

- Satisfaite ?

Elle lui jeta un regard étincelant et mécontent.

- Pas vraiment.

- Tu n'en as pas eu assez ? fit-il avec un sourire.

- Je n'ai pas dit ça.

Elle appuya à deux mains sur son torse pour l'obliger à s'allonger sous elle et se remit à onduler les hanches. Il était encore dur et prêt en elle et il était hors de question d'en rester là. Elle ne cherchait pas simplement un orgasme, elle voulait partager un orgasme.

- Pourquoi résistes-tu ? Est-ce que tu ne veux plus de moi ?

- Ne dis pas de bêtise !

- Alors pourquoi ne veux-tu pas faire l'amour avec moi ?

- C'est une drôle de façon de ne pas faire l'amour avec toi, fit-il en désignant son sexe enfoncé en elle et avec lequel elle continuait de jouer.

- Tu vois très bien de quoi je parle.

- Tu es enceinte Rey, je… je dois faire attention.

- Attention à quoi ? Le bébé est trop petit et trop loin en moi pour se rendre compte de quoique ce soit et tu ne me fais aucun mal… bien au contraire. Sans compter que tu ne risques pas de me mettre plus enceinte que je ne le suis déjà.

- Je… je ne sais pas. Ce que tu portes est trop précieux, tu es trop précieuse. Ça me fait une impression bizarre.

- Une impression dans ce genre-là ?

Elle contracta les parois de son vagin et il poussa un léger grognement. Elle l'ignora et continua, mutine :

- Tu vas t'y habituer.

Elle réitéra le geste avec le même résultat puis accéléra le mouvement de bas en haut, s'appuyant de ses deux mains sur son large torse pour soulager ses cuisses. Elle le regarda avec délice perdre lentement du terrain sur la jouissance de plus en plus présente. Il ne pourrait bientôt plus résister et effectivement, quelques secondes plus tard, son visage se crispa, il grimaça dévoilant ses dents serrées et avec un petit cri elle le sentit palpiter. C'était toujours extraordinaire de le sentir venir en elle, comme une récompense, une douceur délicieuse tel un de ses fruits acidulés qu'elle avait découvert ici et qui picotaient sa langue à chaque bouchée.

Une fois qu'il eut joui, elle s'allongea sur le ventre contre lui et il fit un geste vague pour l'en empêcher.

- Rey ! Tu ne devrais pas t'allonger sur le ventre, fit-il mollement, encore embrumé par le plaisir.

- Est-ce que tu me crois incapable de veiller sur notre enfant ? répondit-elle sur le même ton en baillant à s'en décrocher la mâchoire.

Il attrapa le drap qu'il retourna sur eux pour les en envelopper grossièrement.

- Pas du tout. Je pense que tu seras une excellente mère.

- Vraiment ?

Elle releva la tête vers lui et il contracta ses abdos pour redresser la tête et l'embrasser. Sans leur lien, il leur était impossible de deviner qu'ils avaient en réalité exactement la même crainte : seraient-ils de bons parents ? Rey en doutait car elle n'avait absolument aucun modèle sur lequel s'appuyer quant à Ben il jugeait qu'il n'en avait eus que des mauvais. Mais tous deux avaient le même espoir : faire de leur mieux pour cet enfant car même s'il avait été conçu un peu par accident, il était né de leur amour et était désiré et chéri bien avant sa venue au monde.

oOo

Quelques jours plus tard, Ben demanda à l'un de ses hommes de convoquer la générale Organa dans la salle du trône de la base. Il était très étrange de voir autant de membre de la Résistance se promener sans contrainte dans les couloirs mais même si Kylo Ren savait que ça allait sûrement compliquer sa tâche de purification de ses rangs, il n'avait pas hésiter une seule seconde à faire appel à Poe Dameron pour diagnostiquer le Faucon, à FN-2187 pour rassurer, tenir compagnie et protéger Rey et à sa mère dès qu'il avait appris la grossesse de son infinie. Il était conscient, même s'il le regrettait, de ne pas pouvoir forcément combler tous les besoins de la jeune femme, encore moins maintenant qu'elle vivait quelque chose qu'il ne connaitrait jamais. Sa mère était passé par là pour lui et mine de rien il lui faisait assez confiance pour lui confier ce qu'il avait de plus précieux.

Lorsque la générale se présenta, il portait son casque mais ce n'est pas ce qui attira le plus son attention. Ben la vit fixer un instant le deuxième trône, celui de Rey, puis reporter son regard adoucit sur lui.

- Tu as demandé à me voir ?

- Oui, répondit sa voix métallique.

- Je suis là.

Il hésita quelques secondes puis se résigna à enlever son casque. La discussion qu'il voulait avoir avec elle n'avait rien à voir avec le Suprême Leader ni la générale Organa. Bien qu'il y rechigne et que ça le mette incroyablement mal à l'aise, c'était en tant que mère et fils qu'ils devaient parler. Comme Rey, elle aussi se détendit en voyant son visage et ne cessait de le détailler à chaque fois que l'occasion se présentait, comme pour graver son image dans son esprit.

- J'ai besoin de m'entretenir avec vous d'un sujet… personnel.

- Je t'écoute.

Leia faisait de son mieux pour cacher sa joie. Son fils avait besoin d'un conseil, d'un avis et il lui demandait à elle. Pas à un de ses généraux, pas à un ami (dans l'optique où il en aurait), pas à Rey : à elle, malgré son mal-être évident. Comme s'il avait lu ses pensées, il continua :

- Si je pouvais avoir cette discussion avec quelqu'un d'autre, sachez que je n'hésiterais pas un seul instant mais… je n'ai personne d'autre.

- Je t'écoute, répéta-t-elle impassible.

- Ça concerne Rey, elle a dû vous parler de nos projets concernant sa sécurité et celle du bébé ?

- Tu souhaites que je l'emmène sur une de nos bases, le temps de démanteler le réseau de traître dans tes rangs et ce, dès qu'elle maîtrisera suffisamment la Force pour rétablir votre lien.

- C'est exact et elle a fait beaucoup de progrès.

- Tu sais que tu pourrais bien ne pas avoir régler tes problèmes de mutinerie avant la naissance de l'enfant ?

- Oui et dans ce cas je la rejoindrais.

- J'ai vu comment tu es avec elle et c'est la seule raison qui me convainc que tu ne cherches pas à me piéger, mais ne compte pas sur moi pour te donner les coordonnées d'une de nos bases !

- Personne ne m'empêchera d'assister à la naissance de mon enfant, pas même vous, mère, gronda-t-il d'une voix menaçante.

- Je ne doute pas que tu essaieras en tout cas.

Leia sourit. Après avoir vu sa façon de se comporter auprès de Rey, la vieille dame ne doutait pas que Ben serait un excellent père. Bien meilleur qu'Han. Ben était bien loin d'éprouver la même satisfaction lorsqu'il voyait quel tour prenait la conversation et il commençait sérieusement à revoir son avis sur le fait que Rey ne s'éloigne de lui. Il voulait être là lorsqu'elle accoucherait, il voulait être le premier à tenir son enfant dans ses bras et parce qu'il savait, sans connaitre les détails, que l'accouchement était une épreuve terrible pour la mère et qu'il s'était juré de soutenir la jeune femme quelles que soit les épreuves. La requête qu'il s'apprêtait à lui faire ferait peut-être changer sa mère d'avis.

- Ce n'est pas la raison pour laquelle je voulais m'entretenir avec vous aujourd'hui.

Elle lui fit signe de poursuivre, de plus en plus intriguée par son fils qui semblait gêné et avait visiblement du mal à aborder le sujet qui lui tenait à cœur.

- Ben, quoi que tu ais à me dire, je ne te jugerais pas.

Il lui jeta un regard noir, que croyait-elle ? Qu'il avait besoin de sa compassion ? De son autorisation ? Il se moquait de son avis et encore plus de son jugement. La colère lui donna suffisamment d'assurance pour qu'il se redresse et lâche d'une traite :

- Je souhaite épouser Rey, de préférence avant qu'elle ne s'en aille avec vous.

Leia cilla plusieurs fois, surprise. Elle ne s'attendait pas du tout à ça. Avant qu'il ne mentionne la Jedi au début de leur entretien, l'idée qu'il veuille lui parler d'Han l'avait effleuré. A présent, c'était elle qui ne savait plus trop quoi dire.

- Et bien, c'est une excellente nouvelle, je… félicitations.

- Merci, répondit-il froidement.

- Je ne vois toujours pas ce que tu attends de moi ?

- Je…

Sa belle assurance fondait déjà comme neige au soleil.

- Je…, je ne sais pas comment faire.

- Oh je vois. Et bien tout d'abord, est-elle au courant ? demanda-t-elle en se retenant de rire.

- Non.

- Alors peut-être que tu devrais commencer par lui demander son avis, non ?

- Oui, c'est ce que je vais faire, dit-il d'un ton décidé avant de se lever pour sortir.

Elle l'arrêta lorsqu'il arriva à sa hauteur.

- Attends.

Leia avait posé sa main sur l'avant-bras de Ben et elle resta un instant figée par ce contact physique avec son fils, le premier depuis de très longues années. Le premier depuis le baiser sur le front qu'elle lui avait donné le jour où il était parti avec Luke. Puis elle se reprit et glissa une main dans une de ses poches. Elle en sortit une petite boite carrée qu'elle déposa dans sa main en refermant ses doigts dessus. Intrigué, il l'ouvrit et découvrit un anneau en or serti de cristal.

- C'est un anneau de mariage. C'est ton grand-père qui l'a fabriqué, il l'a offert à ma mère lorsqu'il l'a épousé. Obi-Wan Kenobi l'avait fait mettre en sureté chez un homme de loi avec l'instruction formelle de me le remettre le jour où je me marierais.

Ben ne pouvait détourner ses yeux de l'objet, simple mais magnifique, qui avait un jour été au doigt de sa grand-mère, puis de sa mère. Il cilla et reporta son regard sur elle.

- Maintenant il est à toi, et si tu le veux bien, j'aimerais que tu l'offres à Rey lorsque tu lui demanderas sa main. Comme ça elle portera à son tour l'anneau de Padmé Amidala et de Leia Organa lorsqu'elle deviendra… Rey Solo.

Il inspira fébrilement, il n'avait pas pensé qu'en épousant Rey, il lui offrirait son nom de famille. Avait-il vraiment envie qu'elle porte le nom du père qu'il avait tué de ses propres mains ? Et est-ce qu'elle le voudrait ? Ne serait-ce pas trop glauque ? Il ne se sentait plus comme Ben Solo depuis très longtemps, il n'était plus que Kylo Ren ou « juste Ben » avec elle. Certes la présence de sa mère lui rappelait qu'il avait encore officiellement une famille mais pour lui, les Solo n'existaient plus depuis le jour où il était parti, voir même un peu avant ça.

La voix de sa mère le sortit de sa torpeur.

- Ben ?

- Oui, je… merci.

Elle lui sourit doucement et le laissa s'en aller. Lorsqu'elle fut enfin seule dans la grande salle du trône, elle monta les mains à son visage pour masquer ses sanglots. Elle n'arrivait pas à savoir si elle était heureuse ou triste. En fait c'était un peu des deux.

Han lui manquait terriblement en cet instant. Il appréciait beaucoup la Jedi et aurait été au comble de la joie en apprenant leur mariage et aussi qu'il allait être grand-père. Ce vieux gredin de bandit l'avait souvent mise hors d'elle mais elle l'avait aimé, profondément, passionnément. Elle lui avait donné un fils et naïvement, elle avait cru qu'ils vivraient heureux, tous les trois jusqu'à la fin des temps.

Mais d'un autre côté, elle était heureuse que Rey sauve son fils. Heureuse de les voir heureux et heureuse de les voir s'unir et fonder leur propre famille, de ne pas laisser cet héritage s'éteindre et de lui donner enfin une bonne direction.

Elle sécha enfin ses larmes et sortit à son tour, elle devait se concentrer sur le présent et sur l'avenir, Rey allait avoir besoin d'elle dans les mois à venir.

oOo

Ben se dirigea directement vers la salle d'entrainement, il savait que Rey y passait beaucoup de temps à tenter de regagner sa maîtrise de la Force. Il lui avait bien entendu interdit de s'entraîner au combat dans son état mais il fut surpris de ne pas l'y trouver. Il se dirigea ensuite vers le petit salon privé, attenant à leur chambre mais elle n'y était pas non plus. Il interpella un droïde qui passait dans le couloir.

- Toi ! Où est la Jedi Suprême ?

- La Jedi Suprême s'est rendue aux quais, monsieur.

- Etait-elle seule ?

- Non monsieur, FN-2187 l'accompagnait.

La déduction était facile à faire elle était partie au temple. Il se dirigea d'un pas vif vers les quais et embarqua dans un petit vaisseau rapide. Lorsqu'il emprunta le chemin pavé, il sut qu'elle était là, il sentait sa présence dans la Force. Il tomba sur FN-2187 en arrivant sur la place.

- Qu'est-ce que vous faîtes là ? s'étonna celui-ci.

- A votre avis ?

- Euh, elle est dans les appartements principaux.

Ben le dépassa et gravit quatre à quatre l'antique escalier. Rey était bien là, assise en tailleur au milieu de la pièce. Elle se retourna en souriant à son approche.

- Je t'ai senti, dit-elle heureuse de ses progrès, qu'est-ce que tu fais là ?

- Toi qu'est-ce que tu fais là ? gronda-t-il.

- Je suis venue méditer pour voir si la Force présente ici pouvait m'aider à retrouver ma maîtrise.

Elle avait l'air étonné qu'il soit en colère, comme si elle ne réalisait pas à quel point il voulait toujours savoir où elle se trouvait. Comment pouvait-il la protéger si elle partait en vadrouille toutes les heures sans l'avertir ?

- Pourquoi tu ne m'as pas prévenu ?

- Je t'ai prévenu, rétorqua-t-elle, à présent énervée elle aussi.

- Je n'en ai pas le souvenir.

- Je suis allée jusqu'à la salle du trône mais tu étais en entretien alors je n'ai pas voulu te déranger et je t'ai laissé un mot dans notre chambre.

Il avait déjà l'index dressé vers elle pour lui passer un savon mais sa phrase le coupa net dans son élan.

- Dans notre chambre ?

Elle acquiesça et finit par sourire à nouveau, il avait l'air d'un petit garçon pris en flagrant délit. Elle se remit debout.

- Bon est-ce que tu es seulement venu pour m'enguirlander ou tu avais une bonne raison ?

Sa main se referma sur l'écrin en bois dans sa poche. Devait-il faire ça là ? Il n'y connaissait pas grand-chose en romantisme mais il lui semblait que le moment et l'endroit aurait pu être choisi avec plus de soin.

- Ben ? s'inquiéta-t-elle en s'approchant pour poser une main sur sa joue. Est-ce que tout va bien ?

Il plongea ses yeux dans les siens et se dit que non, il n'y avait pas d'endroit ou de moment parfait pour ça. Il n'y avait qu'eux et leur amour qui comptait.

- Non, je ne suis pas venu que pour ça.

Il prit ses mains dans les siennes et les monta jusqu'à sa bouche pour les embrasser religieusement.

- Ta maîtrise de la Force est presque entièrement rétablie.

- Oui.

- Ça veut dire que tu vas bientôt partir avec ma mère.

- Parce que tu le souhaites, personnellement je préférerais rester à tes côtés.

- C'est pour ta sécurité et celle du bébé.

- Il n'y a aucun endroit dans l'univers où je me sente plus en sécurité qu'entre tes bras.

- Ça me coûte aussi, mon infinie, mais je serais rassuré de te savoir à l'abri, ma mère prendra soin de toi, tu pourras continuer à t'entraîner et le moment venu je te rejoindrais.

- Très bien, capitula-t-elle.

- Mais avant que tu partes… j'aimerais que tu m'accordes une faveur.

- Laquelle ?

Il embrassa une nouvelle fois ses mains puis il se mit à genoux.

- Ben ? Qu'est-ce que tu fais ?

Il sortit l'écrin de sa poche, l'ouvrit délicatement et le lui tendit. Elle porta une main à sa bouche et se saisit délicatement de l'objet.

- C'est pour toi, dit-il en l'observant.

- C'est… magnifique.

Il sortit l'anneau de son écrin et le passa lentement à son annulaire.

- Il se porte comme ceci.

Rey leva sa main à hauteur de ses yeux et la fit pivoter pour apprécier les reflets que la lumière du soleil déclinant faisait danser à travers les cristaux. C'était la première fois qu'on lui offrait un bijou, elle n'en avait jamais vraiment saisi l'utilité mais voir celui-ci à son doigt, offert par l'homme qu'elle aimait la touchait.

- C'est magnifique, répéta-t-elle ébahi.

- Il appartenait à Leia.

- Mais tu ne peux pas me l'offrir s'il est à elle.

Elle fit mine de vouloir le retirer mais il l'en empêcha en saisissant à nouveau ses mains.

- Rey, c'est une alliance.

- Une alliance ?

- Oui, un anneau de mariage.

- De… mariage ?

Ses yeux s'agrandirent lorsqu'elle comprit où il voulait en venir et ses lèvres se mirent à trembler. Les larmes débordèrent de ses yeux.

- Oh Ben !

- Est-ce que ça veut dire que tu acceptes ?

- De devenir ton épouse ? S'exclama-t-elle. Oui ! Bien sûr que j'accepte, oui ! Mille fois oui !

Elle se jeta à son cou et ils basculèrent tous les deux dans les feuilles mortes. Rey éclata de rire et entreprit de couvrir son visage de baiser, s'attardant sur sa cicatrice et sur ses lèvres. Il enlaça sa taille et se laissa submerger par le bonheur qu'il ressentait alors. Il avait tellement souffert dans sa vie qu'il se demandait encore comment ce genre de bonheur éclatant faisait pour ne pas le tuer sur le champ.

Soudain un frémissement les parcourut tous les deux. Rey releva la tête, s'attendant à voir Obi-Wan mais c'était Anakin qui se dressait devant eux, les bras croisés et les sourcils froncés. Ils se remirent aussitôt debout et, allumant son sabre, Ben se plaça devant elle pour la protéger de son corps.

- Qui êtes- vous ?

- Ben, c'est ton…

- Je suis Anakin Skywalker.

La surprise agrandit le regard de Ben qui resta bouche bée quelques secondes. Puis il réagit soudain, il éteignit immédiatement son sabre et mit un genou à terre en courbant la tête.

- Grand-père, souffla-t-il.

Rey, elle, resta debout, instinctivement elle posa une main protectrice sur son ventre et le regard d'Anakin s'assombrit encore un peu.

- Ainsi, tu es au courant ?

- Oui… maître Skywalker.

Elle avait ajouté le nom un peu in extremis, mais devant le spectre de Force de Dark Vador, un peu de politesse ne serait pas de trop.

- Et vous allez garder l'enfant ?

- Oui et nous marier.

Elle lui montra l'anneau à son doigt et en le reconnaissant, il devint encore plus sombre si c'était possible. Ben ne bougeait toujours pas. Il était bouleversé de rencontrer ce grand-père qu'il idolâtrait mais il était perturbé par sa discussion avec Rey, c'était comme s'ils se connaissaient déjà. Il ne savait pas comment réagir mais la phrase suivante du spectre l'aida à se décider.

- Vous ne devriez pas ! asséna-t-il sèchement.

- Pourquoi ?

Le spectre d'Anakin baissa les yeux sur lui et s'adoucit quelque peu en contemplant en face le visage de son petit-fils pour la première fois.

- Ben, tu cours à ta perte en te liant avec elle de cette manière.

Le jeune homme buvait chaque parole comme un assoiffé en plein désert.

- Quelle perte ? intervint Rey. Qu'est-ce qu'il risque exactement ?

- Il risque de basculer du …

La jeune femme éclata d'un rire sardonique et les deux hommes se tournèrent vers elle d'un même mouvement surpris.

- J'espère que vous plaisantez ? Relève-toi Ben, dit-elle en lui prenant le bras pour l'inciter à se remettre debout.

- Rey…

- Cet homme, s'écria-t-elle en pointant Anakin du doigt, ne mérite pas un centième de l'amour et de l'admiration que tu as pour lui.

- Rey !

- Il t'a abandonné bien plus sûrement qu'Han et Leia : lorsque tu avais le plus besoin de lui. Souviens-toi de toutes ses fois où tu t'es adressé à lui, en méditant, en priant. Souviens-toi de toutes ces fois où tu aurais tellement eu besoin d'un guide, de conseil. Maintenant dis-toi qu'il t'entendait, qu'il pouvait t'aider mais qu'il ne l'a pas fait !

Un silence profond, suivi sa tirade. Elle détestait la douleur dans les yeux de son amant mais elle devait lui ouvrir les yeux. Elle ne savait pas quel but poursuivait Anakin en tentant de les séparer mais ça ne marcherait pas. Elle ne le laisserait pas profiter de l'admiration sans borne que lui portait son petit-fils, elle ne le laisserait pas lui farcir la tête avec ses avertissements. Elle ne le laisserait pas lui enlever Ben. Elle posa à nouveau sa main sur sa joue.

- Souviens-toi que je suis là, moi.

Elle lui prit son autre main et la posa sur son ventre.

- Nous sommes une famille désormais. Je t'en prie, ne le laisse pas se mettre entre nous.

Ben reporta son regard sur son grand-père. Celui-ci fit un pas en avant d'un air triste.

- Je suis désolé Ben, ce qu'elle dit est vrai. Je t'ai entendu, j'ai toujours été près de toi, j'ai veillé sur toi pendant toutes ces années. Je n'ai pas aimé la voie que tu as choisie mais je ne pouvais pas t'apparaitre. Ça n'aurait fait qu'empirer les choses, j'en suis sûr. Tu n'aurais pas compris pourquoi Dark Vador t'empêchait de rejoindre le côté obscur de la Force, tu m'aurais rejeté.

- Il aurait suffi que vous me l'expliquiez grand-père, répondit Ben.

Sa voix grave contrastait avec son ton de petit garçon perdu. Rey se blottit contre lui et il ramena son regard sur elle en lui souriant tristement.

- Ben, reprit Anakin, je suis navré de ne pas avoir agit à l'époque mais laisse-moi le faire maintenant.

- C'est n'est plus la peine à présent, Rey a fait ce que vous avez eu peur de faire, c'est elle qui m'a sauvé.

Il couva la jeune femme d'un regard si tendre qu'il faillit faire renoncer Anakin. Pendant une seconde, le spectre se revit, tenant Padmé, son amour, entre ses bras, puis il se souvint comment avait fini sa propre histoire. Il devait au moins essayer de le sauver.

- Je t'en prie, il n'est pas trop tard.

- Trop tard pour quoi ?

- Je ne vois que de la noirceur dans votre avenir commun. Vous devez vous éloigner l'un de l'autre et renoncer à cet enfant ou des choses terribles arriveront.

- Quelles choses ? demanda Ben.

- Renoncer à l'enfant ? souffla Rey horrifiée. Qu'est-ce que vous voulez dire ? L'éliminer ?

- Je ne peux pas vous en dire plus, j'en ai déjà trop dit mais vous devez cesser cette folie ou la mort et la désolation seront vos seules récompenses.

- Taisez-vous ! S'exclama le Suprême Leader en serrant un peu plus son infinie contre lui.

Elle avait enfoui son visage contre son torse. Comme à chaque fois qu'on parlait d'anéantir sa famille, elle était bouleversée. Ben aussi était ébranlé, les sombres prédictions de son grand-père se mêlaient à ses propres rêves où il avait effectivement vu la mort : celle de Rey et du bébé. Mais il était hors de question de perdre son sang-froid à l'heure actuelle. Rey était enceinte, il était impératif que sa grossesse se déroule dans le calme et la paix. C'était à lui de prendre la main à présent, aussi reprit-il plus calmement :

- Je vous remercie pour vos avertissements grand-père, nous serons très prudents mais nous ne nous séparerons pas. Elle comme moi avons souffert toute notre vie et nous nous sommes enfin trouvés, nous ne sommes plus seuls, nous sommes heureux. Et vous voudriez que je renonce à ça ? Elle a fait de moi un homme meilleur et nous contribuons ensemble à construire un monde plus juste pour nous, pour notre enfant mais aussi pour toute la galaxie.

Anakin ne pouvait le contredire sur ce point, il savait à quel point sa rencontre avec Rey avait mis sa vie sens dessus dessous et en avait changé toute sa vision du monde. Il savait à quel point Ben lui ressemblait et il était sûr d'une chose, si les rôles étaient inversés jamais il n'aurait laissé quelqu'un le séparer de Padmé.

- Très bien, soupira-t-il, si tel est ton choix je n'ai rien d'autre à ajouter si ce n'est que je souhaite de tout cœur me tromper Ben. Adieu.

Le spectre disparut dans un faiblissement d'éclat et Ben resserra son étreinte sur la jeune femme entre ses bras. Il resta ainsi de longues minutes, à lui caresser et lui embrasser les cheveux tout en lui murmurant des mots d'amour réconfortants. Puis ils sortirent du temple et rejoignirent Finn.

- Rey est fatiguée, il vaut mieux rentrer.

- Ok, je prends les commandes.

Ils rentrèrent en silence à la base et Rey s'excusa, prétextant la fatigue, elle s'isola dans leur chambre. Après un bref entretien avec sa mère, à qui il raconta l'heureux succès de sa demande et l'étrange rencontre qu'ils avaient fait, il l'a rejoignit.

Lorsqu'il entra dans la chambre, il la vit lui tourner le dos dans le lit et il comprit pourquoi quand il s'allongea à ses côtés. Elle n'avait pas eu le temps de sécher toutes ses larmes et ses deux bras étaient enroulés autour de son ventre.

- Oh mon infinie, souffla-t-il en la serrant contre lui.

- Je ne veux pas le perdre, je ne veux pas vous perdre.

- Tout ira bien, je te le promets.

- Comment peux-tu le savoir ?

- Je vais te dire ce qu'il va se passer.

Elle se tourna sur le dos pour pouvoir le regarder.

- Je vais t'emmener à Talos où je t'épouserais, puis tu iras avec ma mère pour mener paisiblement cette grossesse à son terme loin de cette base. Ma mère me préviendra dès les premiers signes de l'accouchement et je te rejoindrais pour partager cette épreuve avec toi. Enfin, tu mettras notre fille au monde faisant de moi un homme encore plus comblé que je ne le suis déjà.

- Notre fille ?

- C'est certain, dit-il en posant une de ses grandes mains sur son ventre de façon protectrice. Je suis sûre que ce sera une fille.

- Et si c'est un garçon ?

Il se pencha lentement sur elle pour l'embrasser tendrement avant de souffler.

- Je prendrais tout ce que la Force et toi voudrez bien m'offrir.

Elle sourit doucement et sécha ses dernières larmes.

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A la semaine prochain pour le chapitre 10