'Alut tout le monde ! Tout de suite, hein, Joyeuses fêtes ! Passez un bon réveillon, empiffrez-vous bien, etc, etc XD J'espère que les vacances se passent bien pour ceux qui sont en France, et qu'elles vont bientôt arrivés pour les autres francophones ;)

Cadeau ou pas, voici la suite !

Le chapitre 8... déjà... mon dieu, ça passe à une vitesse... et dire que j'ai toujours pas fini les deux autres fics qui vont prendre la suite après celle-là...

*va se cacher parce qu'honteuse*

Disclaimer : je vous rappelle Code Lyoko, pas à moi, Nitso n'à mouah ^^

Bref ! Bah bonne lecture !


Chapitre 8 :

Le soir s'installait tranquillement tandis que le vent se levait peu à peu. Les flammes chancelaient sous la brise du soir. Tandis que le Soleil prenait part au sommeil, la Lune profitait de cet éveil. Les nuages couvraient le ciel de leur terne couleur. Un paysage parfaitement calme avant la tempête.

L'air nocturne balayait leurs cheveux. Seuls les oiseaux terminaient leur chant dans la clairière en compagnie du feu crépitant. Les yeux grands ouverts, les bouches béantes pour certains, les larmes au coin de l'œil pour d'autres, un silence mélancolique et nostalgique avait pris possession des quatre camarades. Ses longs cheveux bleus se balançaient allègrement tandis que son regard se promenait parmi les ardentes à la recherche de son visage. La jeune fille aux cheveux rose était encore émerveillée de cette histoire profondément lyrique et emprunte d'un romantisme que seuls les souvenirs amènent. Le collégien comprenait certains points à présent de la détresse et la rage de la mystérieuse. Le fanfaron restait interdit. Le temps des blagues était révolu. Il y eut une minuscule petite goutte qui le fit cligner des yeux. Il l'essuya bien vite.

Elle pensait. Quel belle rencontre elle avait fait alors ! Cette journée resterait certainement la plus belle de toute sa vie. Elle le revoyait encore et inlassablement la contredire. D'ordinaire, elle n'aurait accepté un ton aussi irrespectueux. Et pourtant, elle l'avait laissé faire. Elle l'avait écouté. Elle s'était ouverte. Depuis que tout était arrivé, elle ne le voyait qu'en rêve. Elle savait que cela n'était possible autrement. Elle désirait donc passer chaque nuit à le contempler à travers les songes. Pourquoi ce temps heureux s'était-il éteint ? Où était passée cette époque où elle riait et souriait comme jamais ? Son royaume n'était plus que cendre et poussière. Toute la nature, suprême souveraine des lieux, avait été sauvagement remplacée par les ruines, les gravats et une terre asséchée… vide d'espérance et de prospérité. Elle n'aurait plus d'opportunité de le contempler comme jadis. Les arbres morts solitaires craquaient leurs branches. Le vent s'engouffrait dans les murs épargnés… mais individuels. Les carreaux et les pavés se côtoyaient sans limite, recouverts de toutes parts de cailloux et de cendres. Plus un seul objet n'était en vitrine… d'ailleurs plus une seule vitrine ne brillait. Seuls les fracas de verre témoignaient du passé. Est-ce qu'elle-même avait voulu fuir cet endroit sordide de sorte d'oublier les batailles antérieures ? Peut-être… pourtant, elle avait utilisé ses dernières ressources magiques pour la première et dernière fois pour l'invoquer et lui demander une faveur. Et elle était partie… laissant derrière elle les décombres d'un atroce génocide. Mais elle l'avait fait pour eux. Elle avait emprunté les couloirs de l'espace pour les venger. Elle hésitait à dire si son comportement était lâche ou courageux.

Elle sentit le frottement des pieds d'Aelita s'approcher mais ne bougea pas. La jeune fille s'agenouilla près d'elle. Elle attendit quelques secondes, la bouche ouverte, avant de pouvoir réellement sortir ces mots :

- Tu l'aimais, n'est-ce pas ?

Nitso plissa les yeux. Ce verbe qui ne se prononce jamais mais qui est le plus présent dans le cœur… elle ne l'oublierait jamais.

- Le passé n'a d'utilité non pas lorsque la personne vient à manquer, mais seulement lorsque les sentiments se sont éteints, déclara-t-elle

Son regard fixait toujours les flammes, ne voulant se détacher de ce souvenir.

- Mais… oui, je l'aime… je l'ai aimé, et je l'aimerai quelque soit le temps et l'espace.

Elle se tourna vers Aelita. Celle-ci souriait face à la promesse de la jeune fille, alors que des larmes coulaient doucement de ses yeux verts. Elle se sentait à la fois gênée et pourtant heureuse. Elle s'était réellement confiée ce soir. Même s'ils ne comprenaient pas tout dans le souvenir, ils étaient néanmoins sûrs d'une chose : elle avait déjà souri. C'était donc qu'elle en était capable à nouveau. La collégienne lui prit la main et la serra dans la sienne. Elle était si contente d'avoir pu partager certaines émotions même passées de Nitso. Et elle n'allait pas se contenter de si peu ! Elle semblait venir d'un pays lointain et si paradisiaque. Elle voulait que la jeune fille lui décrive sa contrée, lui narre son histoire.

- Est-ce que tu peux nous dire comment était ton pays ?

- C'était un Empire, rectifia-t-elle

- Il n'y en a plus aujourd'hui, pourtant, affirma Odd

Elle eut un petit sourire en coin. Elle leur expliqua que si elle leur désignait l'emplacement de cet empire, ils ne la croiraient pas. Mais elle accepta volontiers de les faire voyager par sa parole. Elle se sentait plus libre désormais. Peut-être le fait de sentir des présences autour d'elle l'éveillait-elle peu à peu à retrouver son ancien comportement. Ulrich la sentait plus détendue. Aelita possédait un réel don de bienveillance et de générosité envers les autres… même si la demoiselle avait son propre caractère, bien trempé parfois. Il dût lui reconnaître la qualité d'avoir su trouver les mots pour réconforter et faire sourire la jeune fille aux cheveux bleus. En tout cas, cette dernière leur décrivait tout jusqu'aux moindres détails attachant à chacun une anecdote qu'elle leur contait avec délice.

Il observa le ciel, un sourire en coin. Il était très content que Nitso ait retrouvé le sourire. Mais son front se plissa en découvrant un ciel gris empli de nuages menaçants. Il prévint ses amis lorsqu'il reçut quelques gouttes. Peu de temps après être rentrés sous l'une des tentes, ils continuèrent de discuter. Sans trop de précisions, Nitso acceptait de leur faire découvrir certaines choses sur sa vie antérieure. Puis, l'orage arriva peu à peu.

- Mais, ça veut dire que tu es… une princesse ?

- Oui… mais ne te réjouis pas Aelita, il n'y a plus ennuyeux et contraignant que d'être princesse…

Elle passa une main dans ses cheveux. Ce n'était vraiment pas un luxe que d'avoir ce titre. Il n'apportait que solitude et formalité.

- Pourtant… tu dois pouvoir avoir tout ce que tu veux, réfléchit Odd

- Tout ce que l'on possède par son titre n'est que superficiel… j'étais toujours été seule ou entourée d'adultes, mais ce n'est pas la compagnie dont j'avais besoin…

Elle baissa la tête. Qui lui avait tenu compagnie ? Les mages, les conseillers, les marchands, les domestiques, rien de bien passionnant lorsqu'on est une petite fille.

Ulrich se rapprocha du groupe. Tant qu'elle était ouverte à la conversation, autant en profiter pour se renseigner… le tout sans la brusquer bien sûr.

- Et ta magie ? D'où elle vient ? questionna Ulrich piqué par la curiosité

Elle l'observa un instant avant de répondre tel un élève récitant une poésie :

- Tout membre de la famille royale en possède, puisant dans une source élémentaire de la nature, emblème de l'empire.

Les trois Lyoko-guerriers étaient un peu surpris de ses dires mais ils avaient appris qu'il ne fallait pas broncher sur ce que la jeune fille disait.

- Et toi ? C'était quoi ?

- La glace.

- Ce qui explique tout.

Odd croisa les bras. Toute la glace qu'elle avait fournie lors de la précédente attaque venait donc de cette source. Il comprenait mieux désormais. Non que cela le choque que la magie puisse exister… à vrai dire, il avait toujours eu des doutes. Il s'était souvent posé la question sur le pourquoi de la chose. Après tout, rien n'était à exclure. C'était dans sa nature de garder toujours en mémoire des hypothèses. Aelita coupa le silence qui s'installait peu à peu pour poser une question qui lui trottait dans la tête :

- Moi, je ne t'ai jamais vu l'utiliser, alors j'ai un peu de mal à le croire. Tu pourrais me montrer ?

Elle se tortillait les doigts. Elle ne savait pas trop si elle avait le droit de demander cela. Ce n'était peut-être pas poli. Après tout, il n'y avait pas de magie chez eux. Ils étaient donc bien en peine de connaître les conventions quant aux pouvoirs. Une main se posa sur son épaule et elle releva soudainement la tête. Nitso affichait un beau sourire comme elle n'en avait jamais offert depuis longtemps. En retour, la jeune fille aux cheveux rose lui sourit également. La mystérieuse la prévint alors de ne pas l'interrompre car cela lui demandait de se concentrer. Elle tendit sa main gauche, paume vers le ciel. Puis, elle ferma délicatement les yeux. Sa main fut entourée d'une légère lumière bleutée. Ils comprenaient maintenant : cette étrange lueur était due à l'origine de son pouvoir. Bleu… comme la glace.

- Gemma Ae, murmura-t-elle

C'est alors que, dans une douce lumière bleutée comme la banquise, un magnifique cristal pure et transparent pareil à de l'eau de roche lévita délicatement au-dessus de la paume de la jeune fille. Elle avait toujours les yeux fermés. Elle plissait parfois le front. Sans doute cherchait-elle à en affiner les contours. Enfin, il se posa légèrement dans sa main. Ses paupières se soulevèrent alors délicatement. Elle caressa délicatement la pierre et la tendit à Aelita. Celle-ci surprise mit quelques secondes avant de récupérer le fruit de la magie de Nitso. Elle le contempla sous toutes les vues et les garçons l'accompagnèrent dans son geste.

- Ce n'est pas de la glace, remarqua-t-elle

La jeune fille aux cheveux bleus avait réussi à créer la surprise escomptée. Elle sourit et affirma la remarque de sa nouvelle amie.

- Mais alors, c'est quoi ? interrogea Odd en posant un doigt sur un sommet fortement aiguisé

- C'est un diamant, répondit-elle

Les trois autres ouvrirent de si gros yeux qu'on aurait dit des billes. Face à leur tête, elle leur assura que c'était bien une pierre précieuse. Ainsi, pour leur prouver, elle traça avec une fine rayure sur un bol. Elle n'avait pas forcé et Aelita dû le faire elle-même pour confirmer que c'était bel et bien un diamant. Ils en étaient tout retournés. Jamais dans leur vie, il n'avait cru un instant pouvoir tenir une pierre aussi précieuse entre leurs mains. Odd, reprenant sa nature curieuse, lui demanda si elle pouvait faire de l'or. Elle secoua négativement la tête en leur expliquant que seul l'or, l'argent et le cuivre ne pouvaient être créés par la magie car ces trois métaux étaient trop importants dans l'économie. Les fabriquer de la sorte revenait à faire basculer l'équilibre financier. Les rêves d'Odd tombèrent en pièce après cette révélation.

- Pourquoi ? Tu voulais peut-être t'offrir une villa à Hollywood, plaisanta Ulrich

- Non, se plaignit le ventre sur patte, simplement un voyage dans l'espace.

Les deux compères continuèrent leur petit manège devant les deux filles. Puis la soirée se poursuivit dans une atmosphère détendue bien que le vent s'était fortement levé dehors et que l'orage grondait de plus en plus fort. Au fond d'elle, Nitso avait beau sourire, elle sentait que quelque chose de grave se tramait… et pas simplement une tempête douteuse.

Enfin, il aperçut le bout du tunnel. Il fut aveuglé par cet élan de luminosité. La spirale spatio-temporelle se referma derrière lui, jetant un dernier souffle dans l'air avant de ne laisser aucune trace de son passage. Il étira chacun de ses muscles qui craquèrent. Il épousseta légèrement sa cape. Il replaça correctement son capuchon. Son œil brillait toujours de cette lumière rougeâtre. Il observa les alentours.

Ce lieu était tout de bleu. Un bleu ciel apaisant et relaxant. Des blocs épars donnaient à la pièce une allure étrange d'illusion d'optique ou de labyrinthe. Tandis qu'il marchait, il put constater que le sol résonnait autant que le carrelage. Il était tout à fait seul dans ces lieux étranges. Seuls ses pas résonnaient. Les mains dans les manches de sa cape, il avançait paisiblement, relevant toujours la tête un peu plus haut pour se donner une stature hautaine. Il s'arrêta soudainement au milieu de nulle part. Il se retourna d'un quart de tour sur la droite. Un délicat sourire mesquin se glissa sur ses lèvres. Il le sentait tout proche. Il arriverait bientôt pour l'accueillir.

Il attendit encore quelques minutes avant d'apercevoir une nuée de… choses noires. On ne pouvait que les qualifier ainsi tant elles ne ressemblaient à rien. C'était juste plusieurs dizaines de masses noirâtres vagabondant dans le vide. Elles se regroupèrent toutes pour ne former qu'une seule. On put distinguer comme une silhouette humaine. Un long cou s'étendit jusqu'à l'homme couvert de sa cape. Son œil perfide brilla de sa lumière rouge plus violemment. La chose penchait ce qu'on pourrait appeler une tête de droite à gauche pour observer cette œil. Elle émit un cri métallique strident qui étrangement ne résonna pas. Le cou se raccourcit pour redevenir à peu près humain. La silhouette semblait bourdonner de toute part tant les petites particules se mouvaient rapidement à l'intérieur. Soudain, un signe apparut sur le corps de ce monstre. Un signe rouge comme celui qui remplaçait l'œil de cet homme étrange.

- C'est donc ici chez toi, dit l'humain jetant un œil à la vaste salle

Une petite voix criarde, suraigüe, sifflante comme un serpent venimeux et à l'incroyable ressemblance à celle d'un robot défaillant lui répondit :

- Oui… sois le bienvenue, toi qui est moi…

L'homme eut un petit sourire en coin et poursuivit la discussion :

- Notre marché tient-il toujours ?

- Bien entendu…

- Dis-moi… qu'elle est cette salle aux allures bien étrange ?

- C'est… c'est le Cœur… mon territoire !

Un silence prit part à la conversation. L'homme encapuchonné observait attentivement ce territoire. Il ne connaissait que peu de chose de son terrain de jeu. La suite promettait d'être passionnante. Néanmoins, il se sentait toute chose. Sa magie avait dû l'épuiser. Passer d'un monde à l'autre… d'une dimension à une autre… n'était pas chose aisée. Il posa la paume de sa main sur son front. Il était pris d'une migraine. Si ce n'était sa magie, c'était donc son corps. Celui-ci souffrait d'un manque dû à cette fille. A cause d'elle, ses jours étaient comptés. Il devait agir vite et avec précision. Il devait l'évincer. Aussi ne perdit-il pas de temps pour demander à l'autre :

- Viens ! Nous allons fusionner… notre puissance n'en sera que multipliée et tu connaîtras l'immensité de mon pouvoir.

- Bien… ce sera tache aisée que de réunir des âmes communes, n'est-ce pas ?

- Oui… et ils paieront tous pour oser se mettre en travers de notre route.

Jérémy avait dû s'asseoir sur son fauteuil. Il n'avait cessé d'essuyer ses lunettes de peur d'avoir mal vu ou louché. Mais il avait beau recompter et recompter, le chiffre restait le même. Cinq. Il se demandait encore comment Xana avait fait pour pouvoir accéder à toutes ces tours en même temps. Mais elle était toute là. Il empoigna son téléphone et commença à chercher le numéro de ses amis. Soudainement, la fenêtre s'en alla aussi vite qu'elle était apparue. Allons bon ! Qu'est-ce qui se passait encore ? Il ouvrit de lui-même le Super Scan pour vérifier qu'il n'avait pas par inadvertance fermé la fenêtre. Lorsqu'il l'ouvrit, le programme tournait tranquillement ne détectant rien d'anormal.

« Mais c'est quoi ce bazar ? pensa-t-il »

Il cligna des yeux un instant. Brusquement un éclair aussitôt suivi d'un grondement sourd le surprit. Il rehaussa ses lunettes et préféra éteindre sa machine. Mais il fut une fois de plus très étonné lorsqu'une nouvelle fenêtre s'ouvrit affichant une tour activée. Il n'y comprenait plus rien. Pourquoi y avait-il eut cette autre fenêtre ? Xana aurait-il désactivé les tours pour une autre ? Mais pourquoi ? C'était insensé ! S'il pouvait supporter cinq pourquoi n'en préférer qu'une seule ? Il était tellement plongé dans ses pensées et surtout figé d'étonnement qu'il ne vit pas le coup venir. Le tonnerre éclata juste au-dessus du collège et ce fut la coupure générale. Pour la troisième fois d'affilé, il resta immobile complètement stupéfait par l'enchaînement des évènements. Que devait-il faire ? Est-ce qu'il y avait alors cinq ou une tour activées ? Devait-il prévenir les autres ? Et si la tour s'était désactivée aussi comme les cinq premières ? Quelques minutes s'écoulèrent tandis que le petit génie réfléchissait.

Il décida finalement d'empoigner son imperméable et d'aller tout seul à l'usine. Qui sait ! Peut-être le bâtiment avait-il été épargné. Si c'était le cas, il pourrait vérifier tranquillement l'état des choses et il serait déjà au plus près pour intervenir. S'il s'avérait que la tour n'était pas désactivée, il préviendrait sans hésiter ses amis. Reste à savoir si William et Yumi suffiraient. Il était impossible à ses yeux que les trois autres puissent venir. Et pourtant, si la tour était rouge, il fallait bien qu'Aelita vienne. Il se mordit la lèvre inférieure en enfilant son k-way. Kiwi émit quelques gémissements en le voyant partir. Le jeune homme s'arrêta devant la porte et soupira. Décidément, il se trouvait trop gentil. Il prit la petite boule de poil dans ses bras et sortit. Enfin ! Au moins, à l'usine il était sûr de n'avoir aucun problème avec l'animal.

- Du calme les enfants ! Ce n'est rien qu'une toute petite…

Un énorme grondement résonna dans l'air et coupa la parole à Jim. Ce dernier sursauta et courut se réfugier derrière Madame Meyer. Il lui assura que c'était pour couvrir ses arrières. Elle soupira et leva les yeux au… plafond.

Effectivement, la tempête s'étant bel et bien déclarée, les élèves ne pouvaient passer la nuit sous ce temps. Les professeurs avaient alors rapatrié tout le monde à la ferme. De toute façon, il avait été stipulé dans l'accord que si un problème survenait dans la nuit, les paysans auraient de quoi les accueillir. La gentille fermière, une bonne femme un peu ronde et dont les cheveux étaient aussi blancs qu'elle était affectueuse, aidait les élèves à s'installer dans la vaste grange. Son mari poussa la grande porte et annonça aux professeurs qu'il n'était pas certain que le temps se calme de si tôt. La nuit allait être longue et leur assura que s'ils avaient le moindre souci, ils pouvaient faire appel à eux.

- Et si vous avez froid, faim ou les deux, j'ai préparé une bonne soupe, déclara la bonne femme, les bols et les cuillères sont sur la table vous n'aurez qu'à vous servir.

Un certain jeune homme, les cheveux blonds redressés sur sa tête avec une mèche violette, se frotta les mains. Odd se léchait les babines à l'avance. Il n'avait pas besoin d'avoir faim ou froid pour dévorer avec délice une bonne soupe fermière. Soudain, une main s'abattit à l'arrière de son crâne :

- Du calme Glouton, plaisanta Ulrich, on va d'abord dormir. T'auras tout le temps de te goinfrer demain matin au petite déjeuner.

Le jeune homme brun déposa son matelas en face de celui des filles et Odd ne tarda pas à le rejoindre dans son mouvement. Aelita triturait son portable depuis cinq bonnes minutes. Depuis qu'ils étaient arrivés en fait. Elle soupira de soulagement.

- Un problème princesse ? demanda le fanfaron

- Heureusement, non, répondit-elle, j'avais peur qu'on ait plus de réseau mais ça va.

Nitso ne prenait pas part à leur conversation. Elle était allongée sur le dos, les mains derrière la tête. Comme avant un orage, les températures sont lourdes, elle ressentait quelque chose d'indescriptible au fond d'elle qui la laissait sceptique quant au déroulement de la nuit. Elle scrutait le plafond de la grange comme pour y trouver une réponse. Mais la poussière, les poutres en bois et la paille ne résoudraient rien pour elle.

- Quelque chose ne va pas Nitso ? questionna alors Aelita

Cette dernière ne répondit pas tout de suite. Que devait-elle dire ? Les rassurer et les fausser peut-être ? Etre honnête avec eux et les prévenir d'un potentiel danger ? Mais la croiraient-ils seulement ? Elle n'était peut-être pas une fille normale pour leur monde et ils s'étaient adressés à elle pour la soutenir mais… ils n'étaient pas forcés de tout croire venant d'elle.

Elle soupira un instant avant de se retourner sur le ventre :

- Si je vous prédis que la nuit va être longue ?

Ils la regardèrent tous étonnés et comme beaucoup de fois, un silence s'installa bien que les autres élèves s'agitaient tous. Impossible de les faire dormir, la dose d'adrénaline était trop forte pour que le sommeil persiste.

Brusquement, deux bras et une chevelure brune s'abattit sur Ulrich.

- Ulrich ! piailla Sissi, ne me laisse pas !

Le jeune homme grinça des dents. Elle arrivait tout le temps quand il fallait celle-là. Il voulut la repousser mais elle s'accrocha désespérément à lui, argumentant qu'elle avait peur de l'orage, de la nuit, de la ferme. Enfin… elle trouvait un peu tout et n'importe quoi pour rester collée à Ulrich. Nitso plissa le front. C'était encore la fille du proviseur si elle ne se trompait pas. Comment le jeune homme pouvait-il se laisser faire ? Cela ferait longtemps que la jeune fille l'aurait assommée avec une massue puis jetée dans un ravin. Elle eut un petit rictus. Quelle pensée absurde ! Pourquoi se souciait-elle de leurs problèmes ? Elle s'était pourtant promis de ne pas se familiariser. Elle se mordit la lèvre inférieure comme pour se punir.

- Sissi lâche-moi !

- Mais tu ne comprends pas que j'ai besoin de toi ?

- Non ! cria-t-il désespéré

- Ulrich, faut la comprendre voyons, susurra Aelita

- Une gamine de trois ans, ça a besoin d'être rassurée, finit Odd

Les deux acolytes eurent un petit sourire mesquin en coin. Vraiment ! C'était un de leurs passe-temps favoris que de renvoyer la jeune fille. Cette dernière esquissa une moue mais ne cessa pas pour autant de s'accrocher au collégien.

- Sissi ! Là, t'es pire qu'une sangsue !

Nitso réfléchit un instant. Et si elle se prêtait au jeu d'Aelita et Odd. En même temps, elle devait bien ça au jeune homme. C'était lui, le premier qui lui avait tendu la main. L'humour n'étant pas de son esprit elle décida de jouer sur la terreur. Au moins, elle était sûre de la faire fuir avec ça. Tant pis, si la jeune fille allait pleurnicher après.

- Tu sais quel sort je réserve aux sangsues ? interrogea la jeune fille aux cheveux bleus sans daigner la regarder

Ils restèrent tous interdits et, comme si la scène avait été mise sur pause, ils ne bougeaient plus d'un pouce. Elle s'agenouilla et se pencha vers Sissi. Elle lui murmura alors quelque chose. La brune fit la moue.

- Beurk… dit-elle

Elle lui jeta un regard noir et s'en alla aussitôt rejoindre sa couche, une main sur le ventre, comme barbouillée. Elle n'avait vraiment pas aimé les dires de la jeune fille. Cette dernière eut un léger sourire en coin. Aelita et Odd se jetèrent sur elle et lui demandèrent de lui révéler ce qu'elle lui avait chuchoté.

- Je lui ai simplement dit que les sangsues, je les écrasais avec ferveur. Je lui ai décris l'état de la dernière à laquelle j'ai fait cela. Et je l'ai prévenu que cela ne me dérangeait pas du tout de le faire avec elle.

Les deux amis se regardèrent… avant d'exploser littéralement de rire. Ulrich, lui aussi prit d'un rire, la remercia quand même. Il en avait vraiment marre de ce genre de pot de colle. C'était plus qu'agaçant. Odd blagua encore en lui demandant s'il ne préférait même pas la glue. Dans le jeu, Ulrich lui répondit que ce n'était pas faux.

Ils plaisantèrent encore quelques minutes avant que le portable d'Aelita ne vibre. Elle empoigna son téléphone et décrocha :

- Oui, allô… Jérémy ? se referma-t-elle en sachant qui était au bout du fil

Les deux garçons lui firent signe de mettre le haut-parleur. La jeune fille prévint son interlocuteur. Puis, elle s'écarta. Même si cela avait un rapport avec Xana, elle ne voulait pas y prêter attention. Elle avait fermement décidé de lui faire la tête.

- On a un gros problème, déclara gravement ce dernier

- Ah ! Nous, on vient de l'expulser, blaguait encore Odd

- Non, je suis sérieux Odd. Je ne sais pas ce qui ce passe mais Xana fait encore des siennes…

Tout le monde devint silencieux et affichèrent des mines graves.

- Encore ! s'écria le blondinet

- C'est le troisième jeudi qu'on refait et on a à peine fait vendredi… qu'est-ce qu'il a en ce moment ? se plaignit Ulrich

- Je ne sais pas… et autant vous dire que ça m'inquiète beaucoup. Quand j'étais au collège, le Super Scan a détecté cinq tours activées…

- Il met le paquet !

Au bout du fil, on entendit le petit génie souffler d'exaspération.

- Bon, t'arrête de me couper, oui ! s'énerva Jérémy

Il soupira avant de reprendre :

- Bien… et elles se sont désactivées quelques secondes après.

- Bah… c'est plutôt cool, affirma le jeune homme

- Je suis d'accord Ulrich, mais pas quand une autre tour s'active juste après. Et puis, j'ai été coupé, alors je suis parti à l'usine. Donc, quand je suis arrivé la tour était toujours rouge, alors j'ai prévenu Yumi et William –qui d'ailleurs ne devraient pas tarder- et là, je découvre une seconde tour rouge !

Ulrich ouvrit de gros yeux d'étonnement. C'était rare lorsque le programme mettait autant d'ardeur dans son travail.

- Mais qu'est-ce qu'il fabrique ? s'écria Odd, croisant les bras

- Je me suis posé la question et j'ai trouvé que la première tour servait à accélérer le processus de vieillissement d'une centrale nucléaire pas loin de votre position…

- Bah tiens ! dis Odd en levant les yeux au plafond

Jérémy préféra ignorer sa réplique er poursuivit :

- Et tout va exploser dans une heure ou deux… première urgence, donc. Mais deuxième problème, bien évidemment… l'autre tour semble utiliser le programme de translation. Je ne sais pas ce qu'il essaye de faire, mais il a l'air de bien s'amuser avec. En plus, je ne peux rien faire… merci Xana, grommela-t-il

Un silence s'interposa. Tout le monde était dans ses pensées. Qu'est-ce qu'il pouvait poser comme problème celui-là ! Pire que Sissi !

- Résumé de la situation, Einstein, demanda Odd

- Rappliquez le plus vite possible par n'importe quel moyen et surtout avec Aelita, bien sûr !

Cette dernière souffla un petit « d'accord » et le fanfaron affirma à Jérémy qu'elle lui faisait encore la tête. L'interlocuteur soupira mais demanda à la jeune fille d'être conciliante cette fois-ci. Xana les mettait dans le pétrin de plus en plus. Elle maugréa qu'elle accepta mais seulement pour cette fois, qu'elle précisa. Sentant qu'elle avait les cartes en main, elle questionna mielleusement son ami sur Nitso. Elle lui proposa qu'elle les accompagnât. Elle pouvait bien les aider cette fois encore, et elle avait désormais entièrement confiance en la jeune fille aux cheveux bleus. Jérémy bafouilla, grommela… mais finit par accepter. Il ne voulait pas perdre plus de temps au téléphone. Il avait déjà beaucoup à faire. Il ne pouvait pas permettre de prendre plus de retard. Aelita raccrocha, fière d'elle. Nitso, qui avait tout entendu de la conversation la remercia de lui accorder une si grande confiance. Ulrich les interrompit dans leur échange de remerciement et leur annonça qu'ils devaient néanmoins trouver un plan pour sortir ne serait-ce que de la grange.

- Jim veille, prévint Odd

- Je crains que Xana n'attaque la ferme, déclara gravement Aelita

Son front se plissa. Elle en était quasiment certaine. Si Xana utilisait le programme de translation, c'était surement pour faire venir ses monstres dans le monde réel. Elle esquissa une moue. C'est ce qui l'ennuyait le plus. Elle ne voulait pas que les élèves soient attaqués. Ils devaient alors partir très vite. Mais comment faire ? Elle regarda tour à tour ses amis et son regard s'arrêta sur Nitso. Elle fit alors part à ses amis de ses réflexions et demanda à la jeune fille si elle pouvait leur rendre un grand service. Elle hocha la tête affirmativement. Du moment que c'était dans ses moyens.

- Voilà, il faut donc qu'on sorte sans se faire voir… est-ce qu'il serait possible qu'avec la magie… ?

La jeune fille réfléchit. Ce n'est pas que c'était impossible mais voilà… sa magie était quelque peu rouillée. Même si elle en avait la capacité, elle n'était pas sûre que son corps supporte une telle puissance. Un voile d'invisibilité était assez gourmand en ressource. Alors, pour quatre personnes ! De plus, elle pensa qu'ils devaient s'armer. S'ils étaient attaqués comme le prévoyait Aelita, il était tout à fait prudent d'empoigner fourche et tout ce qu'ils pourraient trouver. En ajoutant à cela, elle trouvait utile d'emprunter un moyen de transport plus rapide que leurs jambes. Les chevaux pouvaient faciliter leur trajet. Elle ne savait pas s'ils savaient monter mais elle se rassura en se disant que la situation ne laissait pas le temps de réfléchir plus que ça. Elle décida alors d'utiliser une sorte de téléportation. Même si cela lui coûtait en énergie, il ne demandait pas plus d'énergie pour une que pour plusieurs personnes. Le trajet, en plus de cela, ne serait que de très courte durée puisqu'il fallait juste les sortir de la grange.

Elle leur exposa son plan, qu'ils acceptèrent sans broncher. Néanmoins, elle les prévint qu'il fallait être extrêmement rapide. Ils devaient récupérer le matériel et les cheveux avant qu'on ne remarque leur disparition. Ils devraient tous faire preuve d'une grande vivacité. C'est pourquoi ils décidèrent de se répartir les tâches. Odd ramènerait toute arme potentielle qui lui paraissait assez aiguisée pour transpercer. Il devait aussi faire le bon choix quant au maniement car il était certain qu'il était plus aisé de manipuler une fourche qu'une pelle… bien que cette dernière fut très utile pour assommer. Aelita et Ulrich s'accoquinèrent pour la prise des chevaux. Mieux valait être deux. Ils ne prendraient pas le temps de les seller, cela ne servirait à rien, à part à perdre du temps. Ils monteraient à cru ce qui fit déglutir certains. Il était vrai que l'expérience de chacun n'était pas très… même pas du tout… brillante à l'équitation. Nitso, quant à elle, prendrait le temps de récupérer quelque peu, tout en faisant le guet. Elle devrait surveiller tout autant la ferme que la forêt. Personne ne devrait les voir. Ils se promirent qu'au moindre pépin, c'est Aelita en priorité qui serait transportée par Nitso par le même sort de téléportation. La magicienne devrait alors utiliser toutes les ressources qu'elle avait. Elle était tout à fait d'accord pour s'épuiser afin d'amener la jeune fille aux cheveux rose à bon port.

Nitso rappela une dernière fois toutes les recommandations avant de fermer les yeux et de se concentrer pour le sort. La douce lumière bleutée était cachée par le cercle qu'ils formaient. Enfin, elle prononça :

- Dispereo Is Ire Perii.

Et alors que l'orage grondait une énième fois, les quatre adolescents disparurent.


Et voilà !

Au fait, les formules que Nitso prononce sont du latin (ça, je pense que vous l'avez compris) sauf que moi, j'ai jamais fait de latin XD Alors, soyez clément envers ma recherche sur un dico en ligne, siou plaît ^^' Mais en principe ce ne sont que des verbes... Mais après j'y connais absolument rien !

Allez ! Au mois prochain !