Chapitre 8 :Je ne peux pas vivre sans toi
Rien que du blanc. A perte d'horizon du blanc. C'était calme et reposant. Tranquille et serein. C'était de ces endroits où l'on a juste envie de rester pour toujours afin d'oublier tous ses problèmes. Envie de s'y perdre afin de ne rien à avoir affronter. Envie d'oublier tout simplement la réalité. Car la réalité est parfois trop difficile à affronter.
Au milieu de toute cette étendue de blanc pur, se trouvait, assis en position fœtale, un jeune garçon aux cheveux bleus. Ses yeux étaient fermés et il avait l'air en profonde réflexion. Mais quand il releva la tête on ne pouvait voir que des yeux bleus rougies par les nombreuses larmes qui dévalaient ses joues. Son regard tourna sur toute l'étendue blanche. Ses yeux s'agrandirent soudainement. Devant lui, un garçon de son âge aux cheveux écarlates lui faisait face. Il lui souriait d'un sourire tendre. Il lui prit la main et le serra contre lui. Nagisa fourra sa tête dans l'épaule du rouge et stoppa immédiatement ses larmes. Il passa ses mains dans le dos du garçon et le serra un peu plus contre lui. Il voulut rester dans cette position pendant encore des heures, ou même pour l'éternité.
Mais il y eut aussi du rouge. Une tache à ses pieds. Le blanc n'était plus blanc, maculé de cette petite tache rouge. D'autre taches apparurent, bientôt rejointes par d'autre. Le sol, le plafond, toute l'étendue était écarlate. Il y avait du rouge à perte de vue. Et Nagisa se retrouva seul. Il n'y avait plus personne dans ses bras. L'étendue était vide.
Nagisa marcha. Encore et encore. Ses pieds s'enfonçaient encore et toujours dans le sol poisseux couverts du liquide carmin. Son regard était vide et son visage ne translatait aucune émotion. Il s'affala sur le sol, exténué. Toute force mais surtout tout espoir l'ayant quitté. Il voulait juste pleurer. S'abandonner à sa souffrance et à son malheur. Pourquoi la vie lui avait-elle tourné le dos ? Pourquoi était-il seul à présent ? Il ferma les yeux et sentit ce liquide salé que créaient ses yeux dévaler ses joues. Oui, il voulait s'abandonner au désespoir afin qu'il le consume entièrement et qu'il ne l'enlève de cette vie.
Une main chaude caressant sa joue lui fit automatiquement ouvrir les yeux. Une petite brise s'était installée faisant quelque peu voler leurs cheveux. Ils s'admirèrent, se scrutant dans les moindres détails. Nagisa se plongea dans le regard rouge si envoutant de l'autre. De nouvelles larmes firent surface et Nagisa remarqua que l'étendue autrefois rouge était bleu. Un bleu plus pâle que le ciel. L'autre sourit avant de se rapprocher de Nagisa. Le bleu sentit les mouvements de son cœur augmenter au fur et à mesure qu'il se rapprochait de lui. Il ne sut pas à quel moment l'autre se trouva à sa hauteur.
Un souffle chaud caressant son oreille le fit frissonner. Il soupira de bien être en voulant enlacer la stature devant lui. Mais ses bras passèrent à travers le corps. Ses yeux s'agrandirent sous la surprise mais surtout la tristesse. Un sourire se dessina sur les lèvres de l'autre.
« Pourquoi est-ce que tu ne me venges pas mon ange ? »
Sans qu'il ne comprenne comment, des lèvres se pressèrent contre les siennes. Malheureusement, ce ne fut qu'une microseconde et le garçon devant lui disparut. Malgré tout, Nagisa mémorisa ce ressentit. L'image et la sensation de ce baiser s'imprégna dans sa tête.
Cette fois-ci se fut le noir. Le noir qui se propageait partout, s'accaparant chaque mètre carré de l'étendu. Le noir qui filait à une vitesse ahurissante pour venir se refermer sur lui. L'obscurité et les ténèbres qui plongèrent sur lui et le consumèrent entièrement. Nagisa ferma les yeux avec un rictus sadique, se laissant envahir pas cette noirceur qui se fraya un passage jusqu'à son cœur.
Lorsque Nagisa se réveilla, il fut surpris de se retrouver dans la chambre qu'il avait partagé avec Karma pendant trois mois. Il était sous oxygène et Alfred, le majordome de Karma, se tenait à ses côtés. Nagisa reprit une respiration et demanda à Alfred de débrancher la machine. Celui-ci lui obéit et lui offrit un verre d'eau.
« - Alfred, combien de temps suis-je resté endormi ?
- Un mois monsieur. »
Nagisa le remercia avant de lui demander poliment de s'en aller.
Seul, les images de ce qu'il s'était passé lors de la fusillade lui revinrent en mémoire. Un mois s'était écoulé depuis que les événements s'étaient produits. Nagisa se rappelait de tout : la ballade, ses amis, Koro-sensei, les hommes en noirs… Mais surtout les paroles de Karma.
Ces paroles résonnaient en boucle dans sa tête comme une litanie. Encore et toujours comme si le cerveau de Nagisa faisait en sorte que celui-ci n'oublie jamais les paroles prononcés.
Dans la tête du bleu s'inscrivit les images de deux hommes : les Asano.
Un sourire diabolique prit place sur les lèvres de Nagisa pendant que son visage s'assombrissait. Karma serait fier de lui-même s'il devait tuer pour que ce soit le cas.
« - Retrouve ceux qui m'ont tué et assassine les pour moi Nagisa. Venge-moi et retrouve-moi. Car je ne mourrai pas. Rends-moi fier de toi et tu ne seras jamais seul mon petit ange. »
La vengeance de Nagisa Shiota était sur le point de débuter.
Voilà pour vous ! Pitié ne me tuez pas annulez déjà toutes vos peine de morts ! J'avais prévu d'arrêter la fiction au chapitre précédent mais vu vos réactions autant revenir sur mes plans. Vu que je n'avais pas prévu le prochain chapitre il viendra un peu plus tard ! A toutes !
