Les Parfaits Serpentards


Chroniques estivales : partie I

Tout comme les deux années précédentes, la troisième année de Harry et Mercredi se démarqua sensiblement des dix-huit autres années d'enseignement de Severus.

La troisième année était bien souvent le moment où la puberté s'invitait à l'improviste parmi les élèves. C'était le commencement d'un long et inconfortable processus qui voyait sous ses effets les enfants devenir des adultes.

Pour autant qu'il était concerné, Harry et Mercredi avaient déjà dépassé ce stade – ils étaient déjà des adultes, seulement dans des corps d'enfants. Il était curieux de voir comment les nouvelles émotions ainsi que les bouleversements chimiques de leurs organismes affecteraient leurs personnes.

Son amitié avec les deux enfants- adultes avait grandi, de même que la connaissance de sa propre personne.

Ce fut pour le moins libérateur, et cette émancipation de soi, n'en rendit le prix qu'avait coûté sa décision, que plus insignifiant en comparaison.

Dans son souvenir, l'année avait été marquée du sceau de l'exceptionnel et de l'émerveillement, tout en commençant, une fois n'est pas coutume, bien plus tôt que toutes les autres.


Severus Rogue, sorcier de son état, Maître des Potions et Professeur dans l'une des écoles de Magie les plus réputées au monde…s'ennuyait ferme.

Il avait passé d'agréables vacances à l'étranger, un fait dont il s'était fait rite chaque année, et s'était ainsi délecté pendant une semaine de l'air marinier et des vins sirupeux de la ville française de Bordeaux.

Une fois de retour de cette escapade des plus lénifiantes, il s'était fait fort de planifier ses leçons pour l'année à venir, conformément à la résolution qu'il s'était faite en fin d'année.

Il s'était rattrapé sur les journaux qu'il avait manqués durant ses vacances et avait même écrit quelques articles de Potions.

Il avait dîné avec Narcissa à quelques reprises, ce qui avait constitué une expérience des plus agréables. Avec Lucius en prison, il avait été en mesure de passer de plaisants moments en sa compagnie.

Et pourtant il était présentement sur le point de littéralement mourir d'ennui.

Il ne désirait rien de plus que de retourner à Poudlard, et y enseigner – ce qui, il ne s'en cachait pas – constituait une première pour lui. D'ordinaire, il était plus qu'heureux de mettre autant de distance que faire se pouvait entre lui et l'école, ainsi que les enfants qu'elle contenait.

Il y eut soudainement un léger tapotement à sa fenêtre, et il se leva pour aller l'ouvrir. Un hibou aux plumes ébouriffées par ce qui avait dû être un long voyage entra d'un sautillement fatigué. Severus le délesta du message attaché à sa patte et esquissa un léger sourire.

S'il y avait une chose qui aurait pu prouver à quel point les choses avaient changé, c'était bien ceci.

Il se leva abruptement, et remercia le hibou – qui s'envola avec un léger hululement las. Puis il se rendit à sa cheminée, saisit une poignée de poudre de cheminette et la jeta dans le feu qui crépitait joyeusement.

« Le Terrier. » énonça-t-il sentencieusement en entrant dans le feu.

Il émergea dans le salon à l'aspect accueillant et confortable de Molly et Artur Weasley, et lança distraitement un sort sur sa personne pour épousseter la poudre et la cendre résiduelles qui s'étaient déposées sur lui.

Le plus jeune des garçons Weasley déambula subitement dans le salon, une part de tarte dans sa main et une boisson dans l'autre. Il avisa Rogue, et glapit comme une petite fille en laissant tomber sa nourriture et son verre.

Rogue poussa un soupir et lança un sort pour nettoyer le fatras que le garçon venait juste de créer. Molly entra peu après d'un pas précipité dans le salon pour s'enquérir de la raison du cri de son fils cadet.

« Ronald ! » réprimanda-t-elle d'un ton sévère. « Est-ce ainsi que je t'ai appris à accueillir les invités ? »

« Mais m'man ! » gémit Ron. « C'est Rogue, il est maléfique ! »

« Dans ta chambre, tout de suite ! » rugit Molly.

Ron pâlit drastiquement sous le ton furieux de sa mère et quitta la pièce avec empressement.

« Toutes mes excuses, Professeur. » déclara Molly avec embarras, en se tournant vers lui.

« Ce n'est rien, Molly. » répondit-il. « Mais appelez-moi Severus, je vous prie. »

« Merci. » dit Molly sans réussir à dissimuler sa stupeur derrière ses yeux écarquillés. « Mais que nous vaut votre visite chez nous? »

« Une lettre des plus intéressantes de la part de Ginny et Hermione. » admit-il. « Elle m'est parvenue durant un de mes moments d'impulsivité, et j'ai agi sans prévenir. »

« Oh. » fit Molly avec un sourire. « Maintenant que j'y pense, elles ont laissé entendre qu'elles vous enverraient un hibou. Elles seront de retour sous peu, voudriez-vous une tasse de café en attendant ? »

« Je vous remercie. » dit-il doucement.

Ce qui expliquait donc comment il en était arrivé à être assis à la table d'une cuisine impeccablement ordonnée, tout en prenant un plaisir certain à discuter avec Molly Weasley. Une chose de plus qu'il n'aurait jamais pensé faire de sa vie. Par un consentement tacite, ils évitèrent le sujet de ses fils, et concentrèrent à la place leur propos sur Ginny.

Molly avait été enchantée par ses notes, et tenait Harry dans sa plus haute estime pour cela. Elle commenta aussi succinctement les protestations de Ron et Percy en rapport à sa malveillance. Lorsqu'il insista pour qu'elle lui dise le fond de sa pensée, elle avoua qu'il était peut-être un peu noir sur les bords, mais que cela ne faisait pas pour autant de lui une mauvaise personne.

La porte de la cuisine s'ouvrit et Ginny et Hermione entrèrent d'un pas joyeux.

« Professeur Rogue ! » s'exclama Hermione d'une voix excitée. « Vous êtes venu ! »

« En effet. »

Molly ne put s'empêcher de pouffer à la vue des expressions réjouies des filles.

« Génial ! » s'enthousiasma Ginny. « Nous avons tout installé dans ma chambre. Venez donc. »

« Bien que je sois ravi de votre invitation, Miss Weasley, » déclara-t-il d'un ton sec, « la chambre d'une élève n'est certainement pas un lieu où un Professeur devrait être trouvé. »

Il remarqua du coin de l'œil Molly hocher vivement la tête en signe d'approbation.

« Oh. » fit Ginny en rougissant. « Je n'avais pas pensé à ça. » admit-elle. « J'ai juste besoin d'avoir un endroit calme où nous pouvons travailler sans que Ron ne vienne tout saccager. »

« Nous avons dû établir des champs de protection à cause de lui. » renchérit Hermione avec un certain dégoût à l'égard des actions du cadet des Weasley.

« Et vous êtes parvenues à éviter les sanctions du Ministère concernant la restriction de magie pour les sorciers mineurs ? »

Hermione et Ginny piquèrent toutes deux un fard tandis qu'elles hochaient la tête.

« Excellent. » complimenta-t-il. « Un bon Serpentard trouve toujours un moyen de circonvenir aux lois les plus absurdes. Peut-être, si Molly n'y voit aucun inconvénient, pourrions-nous aménager une partie du jardin qui sera sécurisée, et d'où nous pourrons être vus en permanence ? »

« Absolument, Severus. » déclara Molly. « J'ai jeté un coup d'œil à leurs recherches, et bien que cela me dépasse, j'ai pu voir que c'était pour une bonne cause. »

« Nous allons nous mettre à descendre nos affaires. » se réjouit Ginny, en sautillant d'excitation. « Viens, Hermione. » Et les deux jeunes filles les quittèrent comme un coup de vent.

Molly déposa devant lui une assiette sur laquelle trônait une part de tarte aux pommes. « Vous resterez bien pour le dîner ? »

Il était sur le point de décliner l'invitation, quand Molly poursuivit. « Les chances que vous puissiez fausser compagnie aux filles avant le dîner sont quasi nulles, j'en ai peur. » sourit-elle malicieusement, « et cela aidera peut-être certains membres de ma famille, qui doivent sans nul doute tenir de leur Grande-Tante, à se rendre compte que vous n'êtes pas le mal incarné. »

« Allons Molly, » commença-t-il avec douceur, « comment ma réputation va-t-elle bien pouvoir survivre à cela ? »

Molly eut un rire amusé. « Mangez donc. » lui ordonna-t-elle. « Et ne croyez pas que les parents de vos élèves ne se sont pas aperçus que les résultats de leurs enfants sont en nette amélioration. »

Il esquissa un sourire presque imperceptible et se mit à manger la tarte aux pommes. Comme il était de notoriété publique, la matriarche des Weasley était une cuisinière hors pair et ses papilles gustatives purent vérifier par elles-mêmes que Molly Weasley confectionnait les plus délicieuses tartes du Monde Sorcier.

Les filles durent faire quelques voyages à travers la cuisine pour transporter les ustensiles de potions ainsi que des grimoires, de même qu'une large table de préparation.

Une fois leur tâche achevée, elles réapparurent comme par magie toutes deux devant lui, avec de larges sourires sur leurs visages. Heureusement, il avait eu le temps de finir sa tarte.

« Molly, voudriez-vous nous accompagner quelques minutes ? »

Elle acquiesça d'un bref hochement de tête et déposa la théière qu'elle tenait dans ses mains sur la table de la cuisine. Dehors, dans un coin du jardin près d'un appentis aux dimensions impressionnantes, se trouvait un laboratoire de Potions parfaitement fonctionnel. Il laissa une expression amusée transparaître sur son visage; faîtes confiance à Hermione pour qu'elle fasse des recherches sur la création de pareil dispositif.

« Tout d'abord, » entama-t-il, « nous avons besoin d'un toit. » Il lança un sort qui créa un toit transparent au-dessus de la zone que les filles avaient délimitée. Il attacha le toit flottant à l'appentis, en l'inclinant légèrement de manière à ce qu'une éventuelle pluie soit évacuée sur les côtés. « J'attends de vous que vous soyez en mesure de générer vos propres sources de chaleur. »

« Oui, Professeur. » déclara Hermione d'un ton confiant.

« A présent, » continua-t-il, « il nous faut trouver un moyen de sécuriser cet endroit. Ginny, quel est le meilleur enchantement à utiliser lorsque vous souhaitez protéger quelque chose et le rendre invisible aux yeux des autres ? »

Elle fronça les sourcils et adopta une expression songeuse. Il pouvait voir que Hermione connaissait la réponse mais qu'elle se retenait de lever sa main et de l'agiter sous ses yeux tel un niffleur au zèle exacerbé. « Le Fidelitas ? » tenta finalement Ginny.

« Excellent. » acquiesça-t-il. « En effet, l'enchantement du Fidelitas, un sort à l'immense complexité dont le procédé est de dissimuler par voie de magie un secret dans une âme vivante. L'information est enfouie dans la personne choisie, qu'on nomme aussi le Gardien du Secret, et devient par conséquent impossible à trouver – à moins, bien sûr, que le Gardien du Secret décide de le divulguer. Ce n'est pas un charme à utiliser à la légère, et je ne veux pas que vous cherchiez à l'expérimenter sans la présence d'un adulte ou de Harry et Mercredi. »

« Oui, Professeur. » répondirent-elles diligemment à l'unisson.

Il fit décrire à sa baguette des arabesques complexes dans la zone prescrite, et prononça la brève incantation du charme. Il se désigna lui-même comme le Gardien du Secret. Et sous leurs yeux, le laboratoire disparut.

« Le Laboratoire de Potions se trouve dans le jardin de Molly Weasley. » déclara-t-il doucement aux filles et à Molly, afin que cette dernière pût être en mesure de vérifier à tout moment qu'il se comportait de manière appropriée. Le laboratoire à ciel ouvert réapparut alors subitement.

« Merci. » dit Molly avec un léger sourire.

Il hocha la tête à son endroit, et esquissa un sourire aux enfants excitées qui ne se tenaient plus d'émerveillement après avoir assister à un des phénomènes magiques les plus impressionnants du Monde Sorcier.

« Je vais vous laisser à vos œuvres. » annonça Molly, « le dîner ne va pas se cuisiner tout seul. » Elle fit une pause et se rectifia. « Du moins, pas complètement. » Elle les quitta donc en les saluant gaiement, et ils pénétrèrent la zone devenue à présent invisible.

Il saisit l'un des tabourets présents et s'assit tout en adressant un regard quelque peu curieux à ses deux élèves. « Alors, » commença-t-il « auriez-vous l'obligeance de m'expliquer la raison de ma présence ici ? »

Hermione et Ginny échangèrent un regard. « Comme nous vous l'avons dit dans la lettre, » commença Hermione, « nous avons rencontré quelques difficultés dans nos recherches en Potions. »

Il acquiesça.

« Vous voyez, » continua Ginny, « vous aviez mentionné le fait qu'il existait une potion à base de venin de Basilic qui permettrait à quelqu'un de transcender leur corps, alors nous avons commencé à faire des recherches sur la question. »

« Et nous l'avons trouvée. » poursuivit Hermione, « et cela nous est apparu comme une belle chose à réaliser pour l'anniversaire de Harry. Pugs nous a révélées qu'en raison de l'intransigeance de Harry à recevoir des cadeaux à Noël, toutes les personnes du clan font de leur mieux pour se rattraper durant son anniversaire – malgré toutes ses plus vives protestations.

« Alors nous avons pensé que ce serait bien de leur préparer à lui et Mercredi la potion. »

« Mais. » modéra Ginny. « Nous sommes arrivées jusqu' à un stade de la préparation, seulement pour nous rendre compte que nous n'avions aucune idée de ce que signifient exactement ces instructions. »

« Et après en avoir discuté, nous avons espéré que vous voudriez bien nous aider, et nous pourrions présenter le cadeau comme commun à nous trois. » termina Hermione.

Il scruta du regard les deux filles pendant un moment, tout en souriant intérieurement de leurs physionomies pleines d'espoir. Il s'attacha aussi à faire tout son possible pour dissimuler sa fierté. Il avait lui-même jeté un œil à la potion, et savait à quel point elle était atrocement délicate à préparer.

« Il semble donc, » commença-t-il avec une lenteur délibérée en voyant Ginny et Hermione retenir leur respiration, « que nous ayons beaucoup de travail en perspective. »

Les deux jeunes filles poussèrent un hurlement de joie et battirent des mains avec ravissement.

« Pourquoi ne me montreriez-vous pas où vous en êtes ? » suggéra-t-il.

Les deux heures suivantes passèrent rapidement tandis qu'elles lui expliquaient les étapes qu'elles avaient réalisées et le niveau d'avancement de leur préparation.

Une fois de plus, il fut impressionné, de même qu'enthousiasmé comme rarement il l'avait été en présence d'élèves. Il n'y avait rien qui le rendait plus heureux que de préparer une potion à la complexité infernale, et cette potion n'était rien moins qu'horriblement compliquée. Plus de deux cents ingrédients – il résolut de ne pas cherche à savoir où elles avaient obtenu certains d'entre eux, qui n'étaient pas seulement extrêmement rares, mais aussi dans plusieurs listes de restriction – et un procédé de préparation contradictoire dans lequel pièges en tout genre abondaient.

« Le dîner est prêt. » leur informa la voix de Molly à travers le jardin.

Il se leva de son séant à cet appel. Hermione parut surprise. « Mais…. »

« Une erreur due à la faim peut ruiner tout une après-midi de travail. » déclara-t-il de son ton professoral.

Elles acquiescèrent et le suivirent sans plus de complaintes jusqu'à la cuisine. Arthur se trouvait déjà assis à table.

« Bienvenue, Professeur. » déclara-t-il d'une voix pleine d'entrain à Severus.

« Je vous remercie. » répondit-il formellement, en prenant un siège. Hermione et Ginny s'installèrent à côté de lui.

« As-tu passé un agréable après-midi, Gin-Gin ? »

« C'était génial. » répondit-elle d'une voix surexcitée. « Le Professeur Rogue va nous aider pour le cadeau de Harry. »

« En voilà une bonne nouvelle. » commenta joyeusement Arthur. « Et Ron, nous avons déjà discuté de tes opinions, nous n'en reparlerons pas une fois de plus devant nos invités, alors je te prie de les garder pour toi. »

Rogue n'avait même pas remarqué Ron entrer dans la pièce, et il fut passablement impressionné par la manière sereine avec laquelle Arthur avait géré une situation potentiellement désagréable.

La porte s'ouvrit subitement à grands fracas et les jumeaux entrèrent de leurs pas capricant. Ils s'arrêtèrent net en avisant le grand Maître des Potions à la table, avant de hausser les épaules de façon très peu concerné et de s'asseoir à leur tour. « Professeur Rogue. » commença George sans préambule. « Cela vous dérangerait-il que nous sollicitions vos compétences une seconde ? »

Il soupira intérieurement. « Si la résultante de cette discussion ne se verra pas être utilisée contre ma personne, ou a peut-être été utilisée sur une certaine Directrice de Maison austère, alors il se peut qu'une question hypothétique se voit répondue tout aussi hypothétiquement. »

Ils clignèrent des yeux à son intention, puis échangèrent un regard surpris, avant d'esquisser de larges sourires espiègles. « Marché conclu. » acceptèrent-ils. « Nous travaillons sur une friandise qui reproduit les effets d'un épouvantard lorsque les personnes regardent dans le miroir. Les effets seront seulement atténués de façon à donner aux gens une petite frousse. Ils sont supposés s'annuler après la première utilisation. »

« Le problème, » continua George, « est que la partie potion de la friandise ne dure que pendant cinq minutes, avant que le goût initial de la friandise ne s'estompe – par ailleurs le goût en lui-même n'est pas vraiment appétissant. »

« Avez-vous essayé d'ajouté du quatre-épices ? »

Ils échangèrent un regard. « Jamais entendu parler ? » admit Fred.

« C'est une épice Moldue. » précisa doucement Hermione.

« Exact. » confirma-t-il. « C'est le fruit desséché et réduit en poudre d'un arbre tropical, qu'on appelle aussi Pimenta Dioica. J'ai déjà utilisé cette épice auparavant, mais cela exige tellement d'effort pour en retirer les composants importants, qu'il n'a jamais été utilisé à grande échelle. Vous pouvez imaginez quelle a été ma surprise lorsque j'en ai trouvé en abondante quantité dans le rayon d'une épicerie Moldue. Je m'en suis procuré bien plus dans un supermarché en un seul jour que je n'en ai jamais reçu de mes fournisseurs en plusieurs années.

« J'ai écrit un article à ce propos, et je m'attends à ce que de nombreuses personnes se mettent à examiner les diverses épices Moldues afin de jauger de l'utilité qu'elles peuvent nous apporter. »

Les yeux d'Arthur s'étaient embrasés d'une lueur d'intérêt suite à son explication. « Vous êtes allés faire vos courses dans le Monde Moldu ? » interrogea-t-il avec enthousiasme. « Avaient-ils une kess rejistreuse eclectik ? »

Rogue hocha légèrement la tête en signe d'acquiescement. Molly posa une assiette croulant de nourriture devant lui, avant de se mettre à servir les autres. « Bien, plus de discussions sur le shopping à table. » ordonna-t-elle en s'asseyant. « Et Arthur, n'importune pas notre invité. »

Et tandis que la discussion s'orientait vers des sujets plus généraux – la politique, le sport et les choses de ce genre, il se rendit compte qu'il passait, tout bien considéré, un moment des plus plaisants.

Severus Rogue appréciant partager un dîner avec les Weasley – enfin, la plupart d'entre eux – il avait parcouru un long, très long chemin en seulement deux brèves années.

Après le dîner, il présenta ses excuses et prit congé, tout en promettant aux filles qu'il viendrait le lendemain pour poursuivre leur travail.

Les deux filles avaient esquissé un sourire éclatant avant de l'enlacer et de prendre la poudre d'escampette.

Leur étreinte s'imprima avec force dans son esprit pendant un long moment.

Elle avait été spontanée, et naturelle. Il ne pouvait se rappeler de la dernière fois où il avait été ainsi étreint par une personne. Cela le mena à questionner d'autant plus tout ce qu'il avait sacrifié durant sa folle jeunesse, et cela l'amena à se demander ce que ce serait que d'avoir des enfants à son tour.

Le problème avec cela, bien sûr, résidait dans le fait qu'il n'y avait qu'une seule femme encore en vie avec laquelle il pouvait se voir avoir des enfants.

Et elle était mariée à Lucius Malefoy, et avait déjà un fils. Enfin, presque un fils, c'était tout comme.

Il poussa un soupir, et tendit son bras pour saisir un grimoire. Il désirait s'assurer de bien connaître l'étape suivante de la préparation de la potion qu'ils confectionnaient.

Et ce fut ainsi qu'il devint un visiteur fréquent du Laboratoire de Potions dissimulé dans le jardin des Weasley et il pouvait toujours compter sur le fait que Hermione et Ginny y étaient présentes avant lui à s'affairer sur l'une des Potions intermédiaires dont ils avaient besoin.

Il n'avait jamais travaillé avec des assistants auparavant, et il découvrit que non seulement les choses se passaient pour le mieux, mais qu'il était en plus plaisant d'avoir quelqu'un à qui parler durant les périodes où il fallait seulement laisser la mixture mijoter et où il n'y avait rien à faire.

Il mangea avec la famille Weasley de manière fréquente, et se surprit à commencer à apprécier Arthur et Molly – même s'il dut se montrer clair sur le fait qu'il n'était pas le moins du monde intéressé par les talents d'entremetteuse de Molly. Cette femme semblait avoir encore plus d'amies de son âge que Poppy Pomfresh – ce qui expliquait pourquoi il évitait scrupuleusement l'infirmière depuis tant d'années.

Ron et Percy semblaient toujours autant le détester, ce qui ne le surprit aucunement. Percy était bien trop imbu de sa propre personne, et Ron avait déjà conçu une opinion bien arrêtée et refusait catégoriquement de considérer le fait qu'il pouvait être en tort – et plus les gens voulaient lui faire entendre raison, plus il se rebiffait.

Néanmoins, à l'antépénultième jour de Juillet, la potion était achevée. Elle trônait prosaïquement dans une fiole en face d'eux. Elle avait passé avec succès tous les tests auxquels il avait pu penser. Il y avait seulement un test qu'il se refusait à réaliser – et c'était de la boire lui-même.

Le trio qu'ils composaient demeura silencieux pendant un long moment tandis qu'ils fixaient du regard l'accomplissement de leur dur labeur condensé dans le liquide pourpre.

« Vous viendrez avec nous demain, n'est-ce pas ? » demanda finalement Hermione.

« Je vous demande pardon ? »

Ginny esquissa un sourire malicieux et lui présenta une feuille de papier.

Le papier, qui était aussi épais qu'une carte et sur lequel était inscrite une calligraphie des plus délicates, était une invitation à son intention à venir assister à l'anniversaire de Harry.

« Si vous refusez, » commença Hermione, « nous avons reçu pour directives de vous harceler jusqu'à ce que vous cédiez, et si nous n'y parvenons pas, nous serons contraintes d'en faire part à Morticia qui aura une petite discussion avec vous. »

Il feignit une large grimace. « J'y assisterai. » accepta-t-il promptement.

« Génial. » se réjouit Ginny. « Comme ça, nous pourrons tous assister aux effets de notre potion. »

« Je vous verrai donc demain matin. » déclara-t-il, avant de quitter le domaine des Weasley et de transplaner. La lettre lui indiquait sans la moindre ambiguïté qu'il passerait en outre quelques jours en leur compagnie, aussi fit-il le ménage et mit tout en ordre dans son petit cottage avant de faire une petite valise qui était bien plus grande à l'intérieur qu'elle ne le paraissait à l'extérieur.

Il espérait ardemment qu'ils l'autoriseraient à jeter un coup d'œil à leur bibliothèque.

Cette nuit-là, il prit une potion de sommeil sans rêve pour avoir une bonne nuit réparatrice, et arriva le lendemain chez les Weasley en temps et en heure, deux minutes avant que l'horloge ne sonnât les onze heures. Hermione et Ginny l'attendaient dans le salon toutes deux avec leurs bagages à côtés d'elles. Contrairement à la sienne, leurs valises avaient des dimensions normales.

« Nos valises ont déjà été rétrécies. » précisa Ginny avec excitation. « Nous avons promis que nous leur apporterions quelque chose. »

Hermione confirma d'un hochement de tête. « Certaines choses sont assez volumineuses. » ajouta-t-elle.

« Je meurs d'impatience ! » s'exclama Ginny tout en alliant le geste à la parole en sautillant sur place d'excitation.

« Severus. » l'accueillit Molly alors qu'elle entrait dans le salon. « Hermione et Ginny vont rester là-bas pour le reste de l'été. Arthur et moi amenons les jumeaux, ainsi que Ron et Percy en Egypte, pour rendre visite à Bill. »

Il reçut cette information avec un hochement de tête. « Je vous souhaite un agréable voyage, en ce cas. »

« Je suis certaine que ce sera le cas. » L'horloge se mit à sonner les onze heures. « Soyez sages. » recommanda-t-elle une dernière fois à Ginny et Hermione.

Hermione révéla dans sa main un petit anneau et saisit sa valise. Ginny toucha l'anneau et en fit de même. Il toucha à son tour l'anneau et une seconde plus tard, ils furent engloutis par un tourbillon vertigineux.

Ce fut le plus long voyage qu'il eut jamais fait par Portauloin, et il frémit en songeant au coût que devait avoir un Portauloin International – tant en termes financier que magique. Ils étaient des plus difficiles à créer.

Ils arrivèrent dans un immense jardin. Le soleil était juste en train de se lever, leur indiquant qu'il était encore assez tôt dans cette région de l'Amérique. Il se rappela qu'il y avait cinq heures de décalage avec l'Angleterre, aussi devait-il être six heures à cet endroit.

Ginny balayait les alentours du regard avec la plus grande ferveur, et il se retrouva bien vite à en faire de même. Tout comme Hermione le leur avait décrit l'année précédente, le manoir gothique s'érigeait fièrement devant eux, de toute sa grandeur dans le ciel ambré de l'aurore.

« Bonjour. » les accueillit Morticia, sa voix soyeuse retentissant dans le silence paisible du petit matin. « Ginevra, Severus, bienvenue en notre demeure. »

« Merci, Mme Addams. » répondit Ginny, en faisant la révérence.

Morticia lui adressa un sourire. « Hermione, emmène Ginevra dans ta chambre. Et Ginevra, appelle-moi Morticia je te prie. »

« Oui, Morticia. » répondirent à l'unisson Ginny et Hermione.

« Je suis heureuse de te revoir, Hermione. »

« Je vous remercie. »

« Laissez vos bagages ici. Max en aura soin. »

« Viens, Ginny. » l'intima Hermione, en saisissant la main de son amie. Les deux jeunes filles s'éclipsèrent prestement en direction du manoir.

« N'oubliez pas de réveiller Pugsley, le tuyau d'arrosage se trouve dans le placard. » leur informa Morticia.

Les filles éclatèrent de rire avant que la porte du manoir ne se referme derrière elles.

« Hermione et Ginevra m'ont informée que vous vous êtes révélé d'un concours inestimable dans la confection du cadeau de Harry. Je vous en remercie, Severus. »

« Je vous en prie. » répondit-il d'un ton formel, quelque peu surpris. « Bien que vous devriez savoir que Ginevra préfère être appelée Ginny. »

Le visage de Morticia s'illumina légèrement. « Je vous remercie. Nous avons tous participé, certains des ingrédients ont été quelque peu délicats à obtenir. »

« Je n'ai pas posé de questions. » dit-il. « Bien que j'avoue avoir été très curieux quant à leur provenance, certains de ces ingrédients n'ont plus été aperçus sur le marché depuis des siècles. »

« Non, pas par des apothicaires, en effet. » approuva-t-elle. « Notre clan est très étendu. »

« M'autoriseriez-vous à poser une question légèrement impertinente ? »

« Je vous en prie. » répondit Morticia en concentrant toute son attention sur lui.

On aurait dit qu'elle examinait son âme alors que l'écrasante pression de son entière attention s'imposait à lui. Il réalisa fugacement que ce devait être ce qu'avait ressenti Hermione durant sa première année lorsqu'elle avait confronté Mercredi, seulement Morticia était une sorcière bien plus puissante que sa fille.

« Pourquoi ne vous-êtes vous pas occupés de Voldemort ? Vous savez qu'il lui sera impossible de laisser Harry en paix, et…eh bien, vous m'apparaissez tout à fait en mesure de vous occupez de lui. »

La pression s'évanouit. « Une question pertinente. » déclara Morticia d'un ton approbateur. « Si nous combattions les batailles de Harry et Mercredi à leur place, ils deviendraient gâtés et bien plus dépendants de nous que de raison. Ce n'est pas ainsi que nous faisons les choses. Le problème est des plus sérieux, mais ils ont été conscients de son existence depuis de longues années, et ont esquissé des plans pour le résoudre par eux-mêmes.

« S'ils en venaient à échouer, alors Gomez et moi pleurerions nos enfants, avant d'aller nous occuper nous-mêmes de Voldemort. Nous espérons qu'une telle éventualité ne se produira pas, mais c'est le prix qu'il nous faut payer afin d'élever des enfants qui seront amenés à diriger les Addams à l'avenir. »

Severus pensa à Drago, et à la façon dont Lucius avait toujours mené les batailles de son fils à sa place.

« Merci. » dit-il.

« Je vous en prie, Severus. Max vous mènera à votre chambre. » Il se retourna et manqua se laisser submerger d'effroi à la vue soudaine d'un majordome de plus de deux mètre de hauteur à côté de lui. A aucun moment il n'avait senti ni entendu l'arrivée de Max.

Il suivit Max à travers la maison, elle lui semblait vaguement familière suite à la description que Hermione leur en avait faite, et il put s'aviser de ses propres yeux qu'elle avait raison – l'aspect quelque peu délabré de l'intérieur conférait une sensation d'habitation qui seyait parfaitement à la demeure.

Sa chambre était peinte d'un vert forêt, et donnait l'impression d'être totalement neuve. Le lit était exactement comme il l'appréciait et ses habits étaient déjà parfaitement rangés – bien qu'il ne pût s'expliquer comment cela avait été fait quand il avait vu Max porter sa valise et la déposer sur le pas de la porte alors qu'il arrivait lui-même.

On frappa à sa porte, et il alla l'ouvrir pour y découvrir Pugsley, Hermione et Ginny vêtus de leurs plus beaux atours.

Pugsley portait un ensemble brun foncé. Les deux filles s'étaient changées et portaient à présent des robes. Celle de Ginny était d'un vert clair, tandis que celle de Hermione était d'un bleu pervenche. Toutes deux arboraient des coiffures du plus bel effet – les cheveux d'ordinaire broussailleux de Hermione étant à présent soyeux et lisses.

« Vous êtes bien élégants. » complimenta-t-il doucement.

Les trois enfants lui lancèrent un sourire rayonnant à cela. « J'ai pensé vous rendre une petite visite pour vous donner un aperçu de ce à quoi vous attendre. » déclara Pugsley. « Aujourd'hui est le seul jour de l'année où Mercredi se comporte comme une fille. »

Il haussa les sourcils de stupéfaction.

« Elle se montrera réservée durant la fête, en présence d'autres personnes, mais jusque là, vous la verrez sourire, vêtue autrement que de ses habituelles robes noires et blanches, et vous la verrez passer un agréable moment. Elle fait cela parce qu'elle sait que cela forcera Harry à être plus ouvert, et à passer à son tour, un bon moment. »

Severus cligna les yeux d'hébétement.

« Oui. » commenta Ginny, en secouant sa tête avec effarement. « Cela m'a surprise aussi. Papa et Maman m'ont toujours dit qu'un mariage était plein de compromis. Harry agit comme il le fait pendant le reste de l'année parce que c'est ainsi qu'est Mercredi, alors pour l'anniversaire de Harry, Mercredi se comporte différemment pour lui. »

« Bref. » l'interrompit Pugsley. « Durant la fête de cet après-midi, la plupart, si ce n'est l'intégralité, des membres de notre famille sera présente. Aussi, si vous avez besoin d'une potion d'apaisement, j'en ai une avec moi. »

« Non merci. »

« Parce que vous avez assisté à des réunions de Mangemort ? » s'enquit Pugsley. « Vous ne serez pas torturé ici. Enfin, pas trop de toute façon, et encore moins si vous ne le demandez pas. Quoi qu'il en soit, c'est l'heure des cadeaux. Rappelez-vous seulement de ne pas réagir ostentatoirement au comportement de Mercredi. »

Une fois son accord donné, ils entreprirent tous les quatre de descendre les escaliers pour se retrouver dans un salon aux dimensions impressionnantes dans lequel Morticia et Gomez patientaient déjà.

« Professeur Rogue. » le salua jovialement Gomez. En dépit de l'heure matinale, il avait une énorme carafe de brandy à la main, et un cigare dans l'autre. « Un brandy, un cigare ? »

« Non, je vous remercie. » répondit-il. « Et je vous en prie, appelez-moi Severus. » Il adressa un regard aux enfants. « Vous y êtes habilités vous aussi, pour la durée de mon séjour ici. »

Pugsley opina du chef avec un sourire.

« Prenez donc un siège, La Chose, sois gentille veux-tu ? »

La main désincarnée claqua ses doigts, créant ainsi quatre fauteuils supplémentaires. Severus prit place dans l'un d'entre eux à côté de Hermione et Gomez. La Chose s'installa sur le bras du fauteuil de Gomez, et saisit l'un des cigares avant de l'allumer avec une dextérité surprenante.

« Les voilà ! » annonça soudainement Pugsley avec excitation.

Descendant les escaliers, Mercredi arriva en guidant un Harry dont les yeux étaient recouverts d'un bandeau noir. En l'apercevant, elle lui décocha un sourire radieux, et Rogue s'estima heureux d'avoir été prévenu au préalable, sans quoi il eut été bien en peine de composer un masque d'impassibilité malgré toute son habileté à dissimuler ses émotions.

Comme Ron l'avait fait remarquer l'année précédente, Mercredi était magnifique. Elle était vêtue d'une robe blouse verte et noire et d'un jean bleu sombre, ses longs cheveux noirs avaient été relâchés et cascadaient librement dans un parfait ensemble jusqu'à son dos. Elle était pied-nu, et avait même verni en rose les ongles de ses doigts de pieds. Durant les quelques semaines qui étaient passées depuis qu'il l'avait aperçue pour la dernière fois, la puberté avait d'une façon qu'il ne s'expliquait réalisé un travail remarquable en une durée aussi courte, et il se demanda jusqu'à quel point elle avait encore à grandir avant d'atteindre sa forme adulte définitive.

Il en sourit presque intérieurement. Harry avait hérité de la chance de son père biologique à attirer de sublimes femmes. Fort heureusement, Harry ne semblait avoir rien hérité d'autre de James Potter mis à part ses traits physiques.

Ce fut le visage de Mercredi qui l'interloqua le plus. Le sourire qu'elle arborait paraissait complètement naturel, et ses yeux brillaient vivement de pur ravissement.

Il était étonné, mais il n'aurait pas dû l'être.

Si Harry pouvait masquer ses émotions naturelles durant une si longue période de temps, sans jamais se révéler, comment pouvait-il douter de la capacité de Mercredi à assumer des expressions naturelles – au moins pour une journée ?

Elle s'avança d'un pas allègre jusqu'au fauteuil principal laissé vacant, et y installa Harry avant de s'asseoir à califourchon sur ses genoux. Ses actions étaient fluides et pleines de grâce; elles ne trahissaient rien de la nervosité dont auraient fait preuve la plupart des filles de son âge dans pareille situation. Elle était tout ce à quoi une femme confiante quant à sa propre sexualité aurait pu aspirer. Narcissa eut été bien en peine de faire mieux.

Elle embrassa tendrement Harry en lui retirant son bandeau. Severus coula discrètement un regard en direction de Gomez et Morticia qui semblaient tous deux amusés par la scène qui se déroulait devant eux.

« Ginny, Hermione, Professeur Rogue ! » s'exclama joyeusement Harry tandis que Mercredi se redressait. « C'est merveilleux que vous ayez pu venir. »

« Merci de m'avoir invité. » répondit-il. « Et pour la durée de mon séjour ici, c'est Severus, ou Sev. »

Harry et Mercredi lui lancèrent un sourire éclatant.

« Les cadeaux ! » s'écria gaiement Pugsley. « Moi d'abord ! »

Mercredi glissa des genoux de Harry et se lova par terre contre ses jambes, tout en s'adossant contre lui.

Pugsley se précipita vers un coin de la pièce et saisit un colis avant de venir le présenter à Harry.

Harry se leva avec enthousiasme de son fauteuil, en s'agenouillant à côté de Mercredi et se mit à déchirer l'emballage. Sans marquer de pause, il ouvrit la paume de sa main en plein milieu de son processus de déballage et Mercredi plaça un couteau dans celle-ci.

C'était là une autre démonstration de la symbiose qui existait entre eux. Mercredi avait dégainé le couteau de sorte que l'instrument fût prêt à l'emploi à la seconde exacte où Harry en avait eu besoin.

Harry ouvrit la boîte et lança le couteau en l'air en direction de Mercredi. Le dangereux instrument tournoya dans les airs vers elle, et elle le saisit tranquillement par la lame. Elle agita ensuite ses mains et il disparut.

« Pugsley. » souffla Harry d'une voix stupéfaite.

« Tous les chefs de clan en ont besoin d'un. » déclara Pugsley. « La plupart des membres de la famille m'ont aidé à le confectionner. »

Harry brandit devant lui la grosse boule noire; elle était à peu près de la taille d'un ballon et de football et semblait avoir sculptée dans de l'obsidienne. « Pugsley. » ordonna Harry à la balle.

Le visage souriant de Pugsley apparut à l'intérieur de la sphère.

« C'était une idée que j'aie eue après avoir lu Le Seigneur des Anneaux. » expliqua joyeusement Pugsley. « Sauron était un idiot, et créer des globes irradiant de malveillance était tout bonnement puéril, mais l'idée avait du mérite. Les personnes qui ont aidée à sa confection sont sur une liste à l'intérieur. Il couvrira le monde entier, et il est crypté, de sorte que toute personne essayant d'écouter n'entendra que la météo – et même cela sera faussé. »

« C'est un cadeau génial, Pugsley. » le félicita Harry, en déposant la sphère à côté de lui.

Pugsley rayonnait littéralement de plaisir, et Mercredi lança un regard empreint de fierté à son frère.

La Chose descendit ensuite au sol, et marcha sur ses doigts jusqu'à Harry. Elle claqua des doigts, et un cadeau emballé apparut.

Harry le déballa prestement. «Mille et une façons de faire souffrir quelqu'un, Volume 4. » lit-il. « Merci La Chose, c'est exactement celui qui me manquait. » Il leva sa main en l'air, et La Chose sauta pour la frapper de ses cinq doigts ouverts.

Morticia frappa à son tour des mains et un long et mince cadeau apparut. Elle le donna à Harry.

Il le déballa avec enthousiasme, révélant un Eclair de Feu. « Trop génial ! » hurla Harry, en sautillant sur place avec exubérance et en étreignant avec force Morticia puis Gomez.

« Joli balai. » siffla Pugsley avec admiration.

« Vous volez ? » demanda avec surprise Severus.

Harry opina du chef.

« Est-ce que vous considéreriez le fait de pratiquer le Quidditch ? » s'enquit-il avec espoir.

Mercredi se mit à rire. « Pouvez-vous nous imaginer dans une équipe ? » interrogea-t-elle avec un amusement manifeste.

Severus soupira. « Au moins une fois, j'aurais aimé battre les Gryffondors. »

« Ne soyez pas gourmand. » le chapitra Harry. « Nous vous avons déjà fait gagner la Coupe des Quatre Maisons. »

« Je suis un Serpentard. » rétorqua Severus. « Je suis autorisé à être gourmand ! »

Harry lui tira la langue en guise de réponse.

« C'est notre tour. » annonça Ginny. « Avec l'aide de la majorité des membres de ta famille pour recueillir les ingrédients nécessaires, Severus, Hermione et moi avons passé ces dernières semaines à travailler ensemble. Le résultat ? »

Hermione s'avança et lui présenta la fiole. A l'intérieur reposait un liquide d'un pourpre sombre. Harry l'observa avec curiosité.

« La Potion de Transcendance de la Vie. » déclara doucement Severus. « Elle libérera votre conscience de votre esprit. Je vous avertis cependant, bien peu sont ceux qui l'ont prise et ont gardé leur santé mentale. »

« Tout va bien alors. » intervint Pugsley d'un air gouailleur. « Harry et Mercy n'ont plus été sains d'esprit depuis des années ! »

Mercredi agita nonchalamment sa main, et son couteau apparut soudainement, fiché dans le fauteuil de Pugsley tout près de son oreille.

« Ratééé ! » la taquina Pugsley en lui renvoyant le couteau.

« Seulement parce que c'est le jour 'Mercredi gentille'. » répondit-elle en attrapant avec aisance le couteau qui revenait vers elle.

« Les enfants, » murmura Morticia, « ayez quelque égard pour les meubles, je vous prie. »

« Désolé Maman. » répondirent-ils à l'unisson.

« Merci Hermione, Ginny, Severus. » remercia Harry, en examinant la potion. « Nous la boirons demain. »

« Yay ! » se réjouit Mercredi.

« Alors, plus qu'un cadeau. » l'incita Pugsley.

« Ahhh. » fit Mercredi en signe d'acquiescement. Elle se leva gracieusement et jeta un regard à Harry par-dessus son épaule. Elle positionna ses mains derrière son dos et un ruban coloré apparut à ses pieds et s'éleva en ondulant tel un serpent jusqu'à ses mains, qu'elle attacha. « Peut-être bien que je suis ton cadeau. » lui souffla-t-elle d'un ton félin.

Harry lui adressa un sourire. « Un cadeau à la valeur inestimable. » dit-il d'un solennel. « Cependant je crains fort d'incommoder certaines personnes si j'en venais à te déballer maintenant. »

Mercredi gloussa tandis que Pugsley faisait semblant de vomir.

Cette fois-ci ce fut un couteau de Harry qui manqua de peu l'oreille de Pugsley. Harry suivit son action par un sort d'attraction pour récupérer le couteau ainsi que par un sort réparateur pour raccommoder le fauteuil.

« Je te remercie. » lui souffla Morticia.

Mercredi quitta la pièce en courant, ses mains se libérant de l'étreinte de la corde par elles-mêmes, et revint une minute plus tard avec un petit paquet emballé dans un papier bleu.

Elle s'assit sur les genoux de Harry, ses pieds aux niveaux des hanches de ce dernier, tout en lui faisant face tandis qu'il ouvrait son cadeau. Contrairement aux autres cadeaux, il ne déchira pas celui-ci. Il le déballa avec précaution, ses yeux ne quittant jamais ceux de Mercredi.

Il baissa les yeux et ouvrit lentement la boîte. A l'intérieur se trouvait une élégante montre en or. Harry s'en empara et la donna à Mercredi, avant de tendre son bras gauche vers elle.

Mercredi la plaça solennellement à son poignet. Ils restèrent immobiles sur le fauteuil pendant quelques secondes, à se regarder dans les yeux.

« Pourquoi n'iriez-vous donc pas vous changer ? » suggéra Gomez, sans faire montre de son exubérance habituelle. « Les invités vont bientôt arriver. »

Les mains de Harry descendirent jusqu'au bas du dos de Mercredi, et en se levant, il la souleva avec lui, elle enlaça ses jambes autour de sa taille. Puis elle plaça sa tête sur son épaule, tandis qu'il la portait hors du salon.

Dès qu'ils furent hors de portée d'oreille, Ginny poussa un gros soupir. « Qu'est-ce que j'ai raté cette fois ? »

Severus lui fut reconnaissant d'avoir posé la question en première.

« Oui, » renchérit Pugsley en se tournant vers ses parents. « Une montre ? La dernière fois elle lui a offert cette sublime épée; la fois d'avant c'était l'Anneau de l'Assasin »

Morticia eut un sourire empli de fierté. « Exactement. » acquiesça-t-elle.

Pugsley paraissait perdu.

Gomez se leva abruptement, une expression excitée élisant domicile sur son visage. « Des invités. » informa-t-il succinctement, et il disparut.

Morticia sourit avec tendresse vers l'endroit où s'était trouvé son mari un instant plus tôt. « Oui, Pugsley, c'est la première fois que Mercredi lui a offert un cadeau n'étant pas destiné à tuer ou mutiler. »

« Ohhh. » fit Pugsley les yeux s'écarquillant de compréhension. « Pas étonnant qu'il ait été aussi ému ! »

« En effet. » approuva Morticia. « Que diriez-vous de nous rendre à présent dans la Salle de Bal ? »

Hermione et Ginny échangèrent un regard et sortirent de leur poche un flacon de potion. Elles burent la potion et posèrent les flacons sur la table.

« Potion apaisante ? » s'enquit-il.

Elles sourirent et hochèrent de la tête. Il lança un regard à Pugsley qui haussa les épaules avant que son regard ne s'assombrisse légèrement. « Y allons-nous ? »

La Salle de Bal était comble. Comble de quoi, Rogue n'était pas certain de pouvoir le dire, ni même de pouvoir expliquer comment ils étaient arrivés là. De la dame aux deux têtes, à la boule de poils géante qu'Albus leur avait décrite, la pièce était tout simplement le cauchemar de tout Sang-Pur qui se respectait. Une Vélane discutait gaiement avec un Vampire et un Gobelin, tandis que des enfants poilus s'amusaient en compagnie de ce qui semblait être un bébé Nundu, mais il devait probablement faire erreur. Ou peut-être était-ce plutôt qu'il espérait de tout cœur faire erreur.

« Severus ? »

Il se retourna, et cligna des yeux d'effarement. « Remus ? »

Remus était supposé être occupé à faire quelque chose pour Albus. Remus était supposé en vouloir à la vie en général, et être éperdu de reconnaissance envers Albus pour ce que ce dernier faisait pour lui.

Remus n'était pas supposé être en pleine forme et revêtu de ses plus beaux atours et encore moins être présent à l'anniversaire de Harry. Cependant, de façon étrange, cela ne le surprenait pas. Le fait que Remus était un Loup-garou ne dérangerait absolument personne ici.

Il sonda le plus profond de son être et essaya de faire ressurgir à la surface sa haine vieille de tant d'années mais cela eut demandé un effort conséquent de sa part, et pour être honnête, cette vieille rancune d'adolescent le laissait complètement indifférent à présent.

Il avait des choses bien plus importantes à faire dans la vie.

Remus hocha de la tête en signe de confirmation et s'avança jusqu'à lui. « Je vais enseigner à Poudlard cette année. » annonça-t-il.

« Tu auras donc besoin de potion Tue-Loup si je ne m'abuse ? »

Remus parut interloqué par son offre. « Je te remercie, mais les Addams m'en ont déjà préparé une quantité appréciable pour l'année. »

Rogue reçut la nouvelle avec un hochement de tête.

« Severus… » commença doucement Remus.

« Inutile te donner ce mal là. » le coupa-t-il, sachant pertinemment ce que le loup-garou allait dire. « Laissons le passé là ou il se trouve. »

Remus afficha pour le coup une expression totalement choquée et il ne put s'empêcher d'ajouter mentalement un point pour lui. « Aucun d'entre nous ne s'est révélé sur son meilleur jour à cette époque. Cependant, si Black en vient à apparaître à un moment donné, je me réserve le droit de le prendre pour cible d'un tel nombre de farces qu'il n'aura d'autre choix que de crier grâce. »

« J'en prends bonne note. » accepta un Remus à présent amusé.

Morticia arriva subitement devant eux. « Remus, Severus. » les salua-t-elle poliment. « Dansez donc avec moi, Severus. » Cela aurait dû être une requête, mais cela relevait sans l'ombre d'un doute du commandement.

Severus Rogue ne dansait pas. Severus Rogue ne pouvait pas danser. Ce qui expliquait donc pourquoi il fut ahuri de se retrouver sur la piste de danse en compagnie de Morticia Addams. Il y avait d'autres personnes en train de danser à côté d'eux, faisant fi de l'heure encore jeune.

« Certains d'entre eux vivent en des lieux reculés du monde et ont donc des fuseaux horaires heures bien différents du nôtre, aussi sont-ils victimes du décalage horaire. » expliqua Morticia. « Mais assez parlé de ma famille. C'est à votre tour de parler. »

Severus soupira. Il put sentir le pouvoir de Morticia prendre effet sur lui, et il ne le combattit pas. « Remus est là, et semble en pleine forme. S'il est une seule famille au monde qui accepterait un loup-garou, il ne fait aucun doute que c'est celle-ci.

« Je n'ai aucun désir de décevoir Harry, et comme il semble s'être fait une mission personnelle durant les deux dernières années de m'obliger à grandir, j'ai pensé qu'il serait sage d'agir comme l'adulte que je suis. »

« Bien. » déclara Morticia d'un ton approbateur. Elle tourbillonna ensuite sur elle-même, et sans qu'il pût s'aviser du comment de la chose, il se retrouva à danser avec la femme aux deux têtes. Il dut se faire violence pour empêcher son regard de descendre vers l'impressionnant décolleté que les têtes partageaient.

Lorsque la musique s'acheva, Severus retourna s'asseoir à côté de Remus tandis que les jeux de lumière s'éteignaient.

« Albus ne sait rien du tout, n'est-ce pas. » dit Rogue d'un ton tranquille.

« Absolument. »

« J'ai entendu dire que le foyer dans lequel Dumbledore a laissé Harry n'était pas digne d'un prince. »

« Il n'était même pas digne d'un chien. » gronda Remus avec une furie à peine contenue.

Rogue soupira pour la énième fois de la journée. « As-tu idée de tout le mal que je me suis donné pour garder intact tous mes préjugés ? »

Remus eut un petit rire. « Plus tu fréquentes les Addams, et moins tu seras en mesure de les garder. »

« J'en sais quelque chose, je suis devenu ami avec Molly Weasley. » avoua Rogue.

« Vraiment ? »

« Oh oui, c'est vraiment une personne tout à fait charmante, à présent que Harry a introduit dans sa vie quelques nuances de gris. »

Remus éclata de nouveau de rire. « Cela fait trois ans que je suis ici. » avoua-t-il à son tour. « J'ai une petite maison près de la route, et Gomez et Morticia sont des hôtes tout ce qu'il ya de plus accommodant. »

« Et Albus t'a invité à revenir à Poudlard ? »

Remus opina du chef. « Il espère que je serai d'une influence positive auprès de Harry. »

« Et ? »

« Aucune chance. Harry et Mercredi sont leur propre personne, ils l'ont toujours été, et le seront toujours. »

Une lumière illumina soudainement la porte de la salle et Harry et Mercredi entrèrent et marquèrent une pause pour se laisser éclairer par le spot lumineux.

« Les enfants de treize ans ne ressemblaient pas à ça lorsque j'avais leur âge. » souffla Rogue.

« Ne m'en parle pas, tu ne les connaissais pas lorsqu'ils avaient neuf ans – as-tu idée à quel point il est mortifiant pour ton ego d'entrer dans un débat philosophique avec un enfant de neuf ans…et de perdre spectaculairement ? »

Rogue concentra son regard et son attention sur eux. Harry s'était changé, et portait un pantalon et des chaussures noirs assortis à une chemise blanche.

Mercredi avait revêtu une robe d'une blancheur éclatante de pureté qui moulait son corps, confirmant ainsi sa précédente conjecture qu'elle n'était plus très loin de son corps d'adulte définitif. Ses cheveux étaient toujours relâchés, et elle arborait toujours le même sourire heureux sur son visage. Elle avait un soupçon de maquillage étant donné que son visage avait un teint plus rosé que de coutume, et que ses lèvres délicates luisaient d'un rose enjôleur. Ses jambes étaient nues, et elle avait des talons hauts blancs, dont la hauteur était juste suffisante pour l'amener à peu près à la même hauteur que Harry.

« Elle ressemble à un ange. » marmonna Remus. « A un ange qui a le cœur et l'âme d'une tueuse. » Il poussa un soupir. « Et pourtant, je me surprends à les envier. Je me rappelle de l'endroit où il est né et l'ai tenu dans mes bras alors qu'il n'était encore un nourrisson, et pourtant me voilà toujours célibataire, et le voilà avec une fille qui – si tu ignores le léger détail qu'elle est presque aussi psychotique que Voldemort – est intelligente, puissante, et lui est entièrement dévouée. »

« Je pense que des conseils amoureux de la part d'un adolescent de treize ans serait aussi difficile à accepter que la discussion philosophique susmentionnée. »

Harry et Mercredi se déplacèrent vers une zone de la piste de danse, d'où – de manière ordonnée – les invités vinrent lui présenter leurs vœux d'anniversaire. Ce fut seulement parce que Severus prêtait une grande attention qu'il put voir ce qui se passait lorsque quelqu'un tentait de perturber l'ordre établi de la queue. Ce n'était pas flagrant…les yeux de Mercredi se contentaient simplement de s'embraser fugacement, mais la personne coupable semblait ensuite se rappeler hâtivement d'un rendez-vous des plus importants.

« Elle m'a interdit d'aller m'occuper des Dursley. » déclara Remus sur le ton de la conversation.

« Tu n'es pas la première personne à m'en avoir fait mention. Pugsley en semblait tout aussi courroucé. »

« Severus. » commença Remus, avant de prendre une profonde inspiration. « James m'a demandé de te dire qu'il était désolé pour certaines des choses qu'il t'avait faites. Pas toutes, mais certaines d'entre elles. »

« Ainsi donc tu leur a aussi parlé ? » C'était une question complètement rhétorique, formulée pour se donner le temps de considérer les propos de Remus. Il n'aurait jamais accepté une entière apologie, étant entendu qu'il était impossible que James en formule jamais une. Cependant, une demande d'excuse pour les choses les plus outrageuses et cruelles que James lui avaient faites subir, était quelque chose qu'il pouvait recevoir favorablement. Il y a à peine quelques années, il aurait reçu ces excuses avec de grands éclats de rire.

Il hocha la tête à l'intention e Remus. « Excuses acceptées. »

Remus lui sourit. « Ai-je envie de savoir les effets de la potion que tu as développée avec les filles ? »

Il accepta le changement de sujet sans opposer la moindre difficulté. « Cela va libérer leurs esprits. Après cela, je ne sais vraiment pas. La plupart des personnes perdent la raison après l'avoir ingurgitée. »

Remus se mit à pouffer derrière son verre. « Ce qui explique bien sûr pourquoi ils sont aussi excités à l'idée de la prendre. »

Le Vampire qu'il avait aperçu plus tôt se matérialisa soudainement devant eux. « Les rumeurs veulent qu'une conversation intelligente peut être trouvée dans ce coin de la salle ? » déclara-t-il gaiement.

Severus pointa Remus du doigt. « Parlez donc avec lui, j'ai bien peur de n'être qu'un simple comique. » déclara-t-il avec un visage impassible.

Remus s'en étrangla dans son verre. « Severus, je rêve où tu viens de faire une blague ! »

Il esquissa un léger sourire en inclinant légèrement la tête en direction du Vampire en guise de salut. « Severus Rogue – contrairement aux dires de Remus et certains de mes amis, pas un vampire. »

« Remus Lupin, loup-garou. » dit Remus à son tour.

Le Vampire le scruta étrangement du regard. « Marcus. » se présenta-t-il. « Vampire depuis bien plus d'années que je puis me rappeler. Etes-vous né loup-garou ? »

« Non, j'ai été mordu étant enfant. »

« Alors à quoi diable pensaient donc vos parents en vous nommant ainsi ? »

Remus ouvrit sa bouche, seulement pour mieux la refermer. Rogue ne put s'empêcher de rire sous cape. « Un don de prescience ? » suggéra-t-il.

« En effet. » murmura Marcus. « Pensez-vous que si j'appelais un de mes enfants Princesse Ange, cela fonctionnerait ? »

« Probablement pas. » répondit Rogue. « Je parierai que cela ne fonctionne que pour les connotations négatives –ce qui est en soi une bonne chose, étant donné qu'il est déjà assez difficile de se rappeler les noms des enfants chaque année, sans voir en plus la moitié d'entre eux s'appeler Ministre. »

« Deux blagues dans la même année, Severus ? » le tança Remus.

« J'ai quelques années à rattraper. » dit-il en haussant les épaules. « Est-ce considéré comme grossier que de demander son âge à un vampire ? »

« Pas du tout. »

« Quel âge avez-vous en ce cas ? »

Marcus éclata de rire. « Vous avez appris la leçon de Morticia sur les questions directes à ce que je vois. Je suis une pauvre ombre de plus de deux cents ans. »

« Et comment avez-vous rencontré Morticia et Gomez ? »

Marcus parut légèrement embarrassé. « J'ai tenté de mordre Morticia. Je ne savais pas qu'elle était une sorcière, ni qui les Addams étaient vraiment par ailleurs. Elle m'a donné une petite claque sur le nez comme si j'étais un vilain petit chiot, et quand je l'ai attaquée, Gomez m'a embroché avec une épée. J'ai écouté avec bien plus d'attention lorsqu'ils m'ont dit ensuite de changer mes habitudes. »

« J'imagine. » commenta Remus avec un sourire.

« Quelques décades plus tard, nous sommes devenus amis. Gomez et moi nous sommes saoulés ensemble à la mort après la naissance de Mercredi. » sourit-il. « Morticia nous a ordonné de quitter les lieux pour lui laisser un peu d'air avant d'accoucher. Ce fut un merveilleux weekend; nous nous sommes retrouvés au Caire où nous avons été arrêtés sous l'accusation d'être des terroristes. Gomez nous a défendu en sa qualité d'avocat alors qu'il avait la gueule de bois, et avant même que nous ne regagnions nos sens, nous étions déportés en Afrique Centrale, où nous rencontrâmes une tribu nomade, qui défia Gomez à une compétition de chasse ancestrale.

« Gomez accepta, à condition qu'il puisse avoir un autre verre avant de commencer. Ils prévoyaient de nous tuer une fois que nous aurions perdu, alors ils ont été plus qu'heureux de laisser Gomez goûter à leur breuvage local – je pouvais littéralement sentir cette saleté détruire mon foie, et je suis immortel !

« Bref, c'était un concours de lance. Ils ont commencé en premier, et ont atteint la cible à plus d'une centaine de mètres de distance. Gomez s'est positionné sur la ligne en titubant, a lancé sa lance, est tombé face la première, a fait une roulade, s'est assis, et a commencé à dirigé la lance à distance avec ses mains. Après avoir fait décrire à la lance des boucles dans les airs, il l'a faite retomber en plein centre de la cible, et puis il a exigé le droit du vainqueur.

« Les africains l'appelaient déjà sorcier-gourou à ce stade et lui ont demandé ce qu'il voulait sans faire de difficultés. »

« Plus d'alcool ? » supputa Remus.

« Exactement, nous avons sifflé tout ce qu'ils avaient, avant de nous faire rappeler par Morticia. Gomez est passé d'aviné à sobre en l'espace de trois secondes, m'a saisi par le bras, et nous a transporté jusqu'à la maison. Tout en me faisant perdre d'effroi une centaine d'années de ma vie dans le processus. Nous arrivâmes directement dans la chambre.

« Morticia était couchée dans le lit, paraissant immaculée, avec Mercredi dans ses bras.

« Gomez s'est mis à genoux à côté du lit, et a simplement dit. ' Tish, elle est aussi magnifique que sa mère.' Le petit sacripant à la langue suave démontra juste à cet instant comment il avait gagné l'amour de Morticia. Elle, bien sûr, s'est contentée de sourire. Et pour ce qui de Mercredi, eh bien, il m'a fallu un seul regard pour savoir qu'elle était spéciale. Après tout, combien de nouveau-nés sont en mesure de vous donner des frissons dans le dos rien qu'en les regardant ? »

« Marcus, mon vieux. » s'exclama Gomez en s'invitant dans la conversation. « Tu n'es pas en train d'ennuyer nos invités avec de vieilles histoires, j'espère ? »

« Si fait. » répondit ce dernier avec un sourire de conspirateur. « J'ai tellement peu d'occasions de te décrire avec les jambes flageolantes. »

Gomez parut horrifié « Moi ? » s'enquit-il d'un ton régalien. « Reste donc dans le coin après la fête, » souffla-t-il d'un ton de conspirateur. « Tish m'a offert un Ice Brandy péruvien que je meurs d'envie de partager. Vous deux aussi. » Il leur fit un clin d'œil, et les quitta de son pas allègre.

« Merveilleux ! » se réjouit Marcus. « Il me semble que c'est notre tour d'aller voir les invités d'honneur. »

Severus suivit Remus et Marcus tandis que ces derniers s'avançaient vers le jeune couple. Une fois arrivés, Marcus dirigea soudainement un coup de poing dévastateur en direction de Harry. Il bougea tellement vite que tout ce que put voir Rogue fut un flou sombre s'abattre vers le garçon dont on célébrait l'anniversaire.

Un autre flou vint à sa rencontre, saisissant son poing, et tordant son bras dans une position qui paraissait extrêmement douloureuse.

« Marcus. » soupira Mercredi.

Ce dernier fit la moue. « Je suis un vampire de deux cents ans; il est mauvais pour ma réputation de ne pouvoir saluer un jeune adolescent avec un coup de poing. »

« Tu n'as aucune réputation, vieille canaille. » répondit gaiement Harry.

« Si tu pouvais persuader ta fiancée de me relâcher, je t'en serai obligé. J'ai un cadeau pour toi. »

« Harry aimerait avoir ton bras. » le taquina Mercredi. « Cela ferait un cadeau remarquable. Il pourrait l'utiliser comme support de lampe. »

« Désolé, mais j'y suis attaché. » répondit Marcus.

Harry grogna tandis que le couteau de Mercredi semblait tournoyer dans sa main. Severus le reconnut comme étant celui que lui avait offert Harry à Noël.

« Une chose à laquelle je peux aisément rectifier. » lui offrit Mercredi d'un ton sucré.

« Je n'ai jamais vu ce couteau auparavant. » observa Marcus, semblant peu concerné par la position précaire dans laquelle il se trouvait, de même que par le regard dangereusement enthousiaste de Mercredi.

« Je ne l'utilise que pour des occasions spéciales. » soupira Mercredi. « Cela a intérêt à être un beau cadeau. » déclara-t-elle d'un ton grincheux en le relâchant finalement.

Marcus se releva et leur adressa un large sourire. « C'est bon de vous revoir. » dit-il avec le plus grand sérieux. « J'ai eu vent de ce qui s'était passé à l'école. »

« As-tu goûté à la soupe de Basilic que Grand-mère à préparé ? » s'enquit Harry.

« En effet, c'était délicieux. » Il mit la main à la poche et en retira une petite coupe dorée pourvue de deux anses, et arborant l'effigie d'un blaireau sur le côté.

« Tu es tellement chanceux. » soupira Mercredi, alors que Harry esquissait un large sourire et donnait l'accolade au vampire.

« Merci. » dit Harry.

Marcus lança un sourire supérieur à Remus et Severus. « Tout ce que vous avez à faire et de faire ce qu'on vous demande, et offrir des cadeaux à la malveillance la plus indescriptible, et vous pouvez échappez à toutes représailles lorsque vous tuez quelqu'un. » il déglutit soudainement « Hum , disons jusqu'à un certain point. » finit-il sereinement, malgré le couteau que Mercredi avait porté à sa gorge.

« Fichus Vampires présomptueux. » soupira Mercredi.

« Fichus ? » répéta Marcus. « Des jurons à présent ? Quoi d'autre, du pain et des biscuits avec la Reine ? »

Mercredi pouffa. « Peut-être bien. » concéda-t-elle. « Mais seulement parce que j'aime le fait que Harry déteigne sur moi. »

« Ceci, » déclara Marcus avec une grimace dégoutée, « était tout bonnement dégoûtant, et je vais donc prétendre que c'était complètement innocent. »

« Si cela peut t'aider à dormir la nuit. » susurra Mercredi.

« Enfant diabolique. » soupira Marcus.

« Merci bien. »

« Et avec ceci, je déclare Mercredi largement en tête. » les interrompit Harry

« Attends, je peux me refaire. » plaida Marcus.

« Désolé, tu as perdu ce round. »

« Très bien. » grogna Marcus. « Mais je reprendrai l'ascendant bien assez tôt. » il se retourna d'un geste théâtral, et s'éloigna la tête haute, sa cape tournoyant spectaculairement derrière lui.

« Vous savez, il exécute ce numéro de la cape bien mieux que vous. » dit Harry à Severus.

Severus eut un léger sourire. « Il a eu beaucoup plus d'années de pratique. »

« C'est vrai. Salut Remus. »

« Ai-je envie de savoir ce qui se trame avec cette coupe ? »

« Ouaip. »

« Et vais-je le savoir ? »

« Nan. »

« C'est bien ce que je pensais. Joyeux anniversaire, petiot. »

« Merci, Loupiot. »

« Je vous souhaite aussi tous mes meilleurs vœux Harry. » ajouta Severus.

« Nous sommes heureux que vous soyez venus. » affirma Harry avec un sourire. « Bien que j'aie entendu dire que Miranda et Mirande apprécient encore plus votre venue. »

« La femme aux deux têtes ? »

« Et avec le généreux décolleté. » ajouta Mercredi. « De charmantes personnes. » insinua-t-elle d'un ton encourageant.

« J'ai déjà eu à endurer cela avec Molly. » se plaignit-il. « Ecoutez, il n'y a qu'une seule femme qui m'intéresse. »

Harry le jaugea de son regard perçant pendant quelques instants. « Blonde, brune ou rousse ? »

« Blonde. »

« Humm. » fit Harry d'un air songeur. Soudain son visage s'éclaircit. « Vraiment? Le résultat de ce genre de reproduction ne vous rebute donc pas ? »

« Voilà qui est subtil. » grommela-t-il. « J'en donne le blâme au père. »

Harry fronça les sourcils. « Voilà qui change les choses. Nous ferons ce que nous pourrons pour la garder hors de tout ça. »

« Je n'ai pas la moindre idée de ce dont vous parlez. » soupira Severus. « Mais je vous remercie. »

Harry hocha la tête et prit Mercredi dans une étreinte. Elle enroula une jambe autour de la sienne et se pressa davantage contre lui et ferma les yeux tandis qu'il lui murmurait quelque chose à l'oreille.

Ses yeux s'ouvrirent soudainement, et Rogue put voir la lumière s'éteindre en eux, et son expression habituelle réapparut. Il commençait à se rendre compte que son pouvoir était différent de celui de sa mère, alors qu'il la sentait scruter et jauger sa personne. Il tenta de détourner le regard, mais il se trouva incapable de le faire. Il savait que ce n'était pas un phénomène magique qui le clouait ainsi sur place, mais il ne pouvait décerner ce que c'était exactement. Lentement, elle se mit à hocher la tête, et la lumière réapparut dans son regard.

Il se mit à frissonner de façon incontrôlable tandis que le couple mettait fin à l'étreinte.

« Détendez-vous. » sourit Harry. « C'est la fête – nous dirons aux jumelles que vous n'êtes plus sur le marché. »

« Merci. » croassa-t-il, avant de les quitter en compagnie de Remus.

« Tenez. » dit Marcus en lui présentant un verre. « Vous avez passé l'examen. »

Rogue prit le verre et le vida d'un trait. Marcus le remplit une nouvelle fois. Rogue vida de nouveau le verre avant d'expirer lentement.

« Qu'est-elle donc ? »

« Mercredi Vendredi Addams. » répondit succinctement Marcus. « Une sorcière adolescente qui découvre encore ses capacités héritées et inhérentes ? Ou peut-être pouvez-vous la considérer comme l'ultime résultante de la plus grande expérimentation génétique de l'Histoire ? »

« Mais Pugsley… »

« Pugsley est un enfant plus normal. » expliqua Marcus. « Il n'a jamais été destiné à diriger le clan Addams, et il y avait une chance que Mercredi naisse tout aussi normale, aussi Morticia et Gomez ont fait ce qu'ils avaient à faire pour s'assurer qu'elle puisse être en mesure d'assumer sa tâche. »

« Qu'est-ce que cela signifie ? » interrogea Remus.

Marcus sourit. « Je suis un vampire, je tue les gens pour me nourrir. Mélissa, » il pointa du doigt la Vélane, « est en partie succube. Nous sommes tous ainsi. Nous suivons les règles, et celles-ci stipulent très clairement que seul le plus fort est habilité à commander. »

« Mais qu'en est-il de Harry ? » s'enquit Remus à présent inquiet.

Marcus poussa un soupir. « Tout le monde sait que Mercredi est une sorcière terriblement puissante. Tous les membres de la famille ont ressenti son pouvoir, tous ont ressenti sa nature impitoyable. Et tout le monde sait qu'elle s'est donnée de sa propre volonté à Harry.

« Mercredi serait une excellente chef de clan. Alors pourquoi avons-nous accepté Harry ? Nous ne l'avons jamais vu combattre. Nous ne l'avons jamais vu tuer. Nous ne l'avons jamais vu perdre son calme. Nous n'avons presque aucune idée de ses capacités et de sa puissance.

« Tout ce que nous savons est qu'il sait danser, qu'il a enduré des atrocités qui ont même fait hurler d'horreur Mercredi, et que Mercredi le suit. Nous avons tous pensé à le défier, même en sachant que cela signifierait d'avoir à affronter Mercredi, mais… » Et il soupira de nouveau. « J'ai essayé. J'ai réussi un jour à l'isoler dans une pièce. Il savait pourquoi j'étais là. Et il m'a invité à faire ce pourquoi je me trouvais devant lui. Et je n'ai pas pu. »

« Pourquoi ? » demanda Severus.

« Du diable si je le savais à ce moment. » grommela Marcus en roulant des yeux. « Plus tard, j'ai réalisé que j'avais perdu avant même de le rencontrer. Je l'ai laissé choisir le lieu sans même m'en être aperçu. Il connaissait mes faiblesses et avait échafaudé des plans pour en prendre avantage. Et j'ai compris alors, ce que Gomez, Morticia et Pugsley savaient déjà – que Harry n'a pas besoin de faire quoi que ce soit, il s'arrange pour que d'autres le fasse pour lui.

« Ce qui nous laisse avec une question : que se serait-il passé s'il avait été totalement seul ? »

« Et ? » pressa Severus avec curiosité.

« Personne ne le sait. » avoua Marcus en faisant la moue. « Il aurait soit fait passer Mercredi pour une douce brise d'été ou il serait mort. »

« Mais vous suspectez la première possibilité. » supposa Remus.

« Je serais aussi de cet avis. » dit Rogue avec lenteur. « Mais vous avez raison; tout ce que j'ai réellement vu de factuel concernant Harry c'est le voir lancer une épée. Le reste a été alludé, sans jamais avoir été vraiment révélé. Excepté son intelligence, naturellement. »

Marcus opina. « Bienvenue chez la Famille Addams. »

« Vous trois êtes en train de commérer comme un troupeau d'adolescentes. » les rabroua Fétide en les rejoignant. « Vous n'êtes tout de même pas en train de parler du garçon fêté ? »

« Si fait. » confirma Marcus.

« Tu t'obstines encore sur ce sujet ? » s'étonna Fétide en roulant des yeux. Il fit une pause et se retourna. « Oh oh, Mélissa est en train de se préparer. » sourit-il de toutes ses dents.

Marcus fit brusquement volte-face et esquissa à son tour un large sourire. Dans un coin de la pièce, la Vélane descendit d'un trait trois verres d'une mixture d'un rouge sombre à la nuance suspecte, avant de se diriger d'un pas ferme vers Harry et Mercredi.

Fétide se mit à glousser comme un enfant.

Une douce mélodie se mit à retentir de nulle part. C'était une mélodie brève et simple, presque banal qui se jouait en boucle.

Harry et Mercredi adoptèrent tous deux des sourires radieux tandis que la jeune femme blonde les approchait. La Vélane commença à paraître de plus en plus nerveuse tandis qu'elle se mettait à luire légèrement. Elle était incroyablement belle, avec ses longs cheveux blonds flottant au vent ainsi que la manière dont sa robe bleue moulait son corps avec une intimité à faire tourner les têtes.

« Gardez le contrôle de vous-même. » ordonna Marcus. « Pensez à quelqu'un qui vous est cher, et non pas à la Vélane. Regardez, mais ne vous laissez pas aller. »

Severus hocha la tête, et reprit fermement le contrôle de son esprit. Ce n'était pas vraiment de l'Occlumancie, mais il saisit rapidement les rudiments de la méthode permettant d'ignorer les pouvoirs de la Vélane.

La mélodie sembla monter légèrement en volume.

Remus exhala faiblement à côté de lui. « Bon sang. »

Marcus eut un faible sourire. « Pauvre Mélissa. »

Harry était parfaitement immobile, un léger sourire flottant sur ses lèvres et une expression amusée inscrite sur son visage. Les yeux de Mercredi scintillaient vivement, tandis qu'elle tendait son bras pour effleurer la joue de la Vélane avant de la caresser avec douceur.

La Vélane poussa un faible gémissement et tomba à genoux, alors que Mercredi se penchait vers elle et l'embrassait sur les lèvres. Harry s'avança à son tour et enlaça avec tendresse la Vélane. Il caressa ses cheveux vaporeux avant de l'embraser à son tour avec la même tendresse dont avait fait preuve Mercredi.

Harry et Mercredi se retournèrent ensuite, main dans la main, et s'éloignèrent, laissant derrière eux une Vélane à genoux, la tête baissée et des larmes ruisselant sur son sublime visage.

« Tel est le prix de la défaite. » déclara doucement Marcus. Puis il se mit soudainement à sourire avec enthousiasme. « Mais au moins elle ne sera pas contre le fait de se faire consoler par un séduisant vampire plus tard. »

« Qu'est-ce donc que cette fichue mélodie ? » grogna Rogue alors que la musique semblait se faire plus insistante.

Marcus et Fétide se tournèrent vers lui et froncèrent les sourcils, avant d'afficher soudainement des expressions terrifiées. « Gomez ! » hurla Fétide avec une certaine pointe d'hystérie dans la voix.

Gomez apparut devant eux, un cigare à la main. Il s'était changé et portait à présent une veste ornementée d'une extravagante cravate rouge. « Tu t'amuses bien mon vieux ? »

« Ecoute ! » l'intima Fétide avec frénésie.

Gomez sembla perplexe pendant un moment avant qu'une lueur de compréhension ne s'allume dans son regard. « Diantre. » fit-il de son ton calme coutumier. « Puis-je vous suggérer de vous reculer de quelques rangées ? »

Severus ne se fit pas prier pour suivre à la lettre le conseil, et se mit à reculer en compagnie de Remus. « Une idée de ce qui se trame ? »

« Pas la moindre. » lui murmura en retour Remus. « Je suis bien content d'avoir pris ce filtre apaisant tout à l'heure. »

Rogue esquissa une grimace.

Il avait refusé la mixture, conforté dans l'idée que malgré les particularités de certains membres de la famille, il ne rencontrerait rien ici qui pourrait outrepasser l'horreur la plus abjecte qui avait été son pain quotidien au service de Voldemort.

Quelque chose lui disait qu'il n'allait pas tarder à amèrement regretter sa décision.


NdA : Voilà vous êtes prévenu : tout le monde boit sa potion apaisante avant de lire le prochain chapitre ! Je conseille personnellement une verveine qui est tout aussi magique que les filtres apaisants du monde sorcier pour vous détendre.

Bref, j'espère que ce chapitre vous aura plus. Comme vous avez pu le constater, il est extrêmement long ! Moi qui m'étais promis de garder les chapitres de cette histoire dans la tranche de six milles et huit milles mots, je viens juste d'écrire le plus long chapitre que j'aie jamais écrit ! Enfin, comme cela faisait un certain temps depuis la fin du tome 2 et que je vous ai fait une fausse joie avec la note sur Une nouvelle vie, j'ai pensé que cela vous ferait plaisir et que cela vous paierait de vos peines ! Par contre au prochain chapitre, on redevient raisonnables hein ! xD

Pour plus de précisions sur les chapitres des chroniques estivales, je vous informe qu'il y aura quatre chapitres à raison de deux avant chacune des prochaines scolaires. Donc Deux parties avant la troisième année et deux avant la quatrième année de Harry et Mercredi. Ce découpage vient du fait que j'ai décidé d'écrire chaque tome en quatre chapitres. Les chroniques estivales peut donc être considéré comme un tome spécial qui commence avant la troisième année et se termine après celle-ci.

Voilà voilà, je pense que c'est tout pour le moment. Je vous laisse me donner vos impressions sur ce chapitre et vous rappelle une fois de plus de penser à la verveine pour le prochain ! Parce que sinon…j'en frémis d'avance pour vous !

Prochaine parution : Chapitre six et sept de l'Ascension du réprouvé. !