Oui je sais ça fait un certain temps alors que j'avais promis de publier plus vite.... Ce que je ne ferais plus jamais ^^ J'ai simplement et sévèrement bloqué à un passage dont je ne suis toujours pas contente ! Malheureusement !

Fin bref ! Vous allez donc faire la connaissance des anciens ! Dites moi ce que vous en pensez !

Bizoox et bonne lecture !

AMP

Chapitre 9 : Les facettes du pouvoir.


La tête encore hantée par les images des geôles humides et sanglantes qu'ils avaient visitées la veille, les six se rendirent, épuisés, à la première réunion post mission ce midi là. Claire avait été mise entre les mains de Molly par Dumbledore, histoire qu'Harry puisse retrouver ses fonctions de combattant sans remords. Le brun serra doucement la main d'Andréa qui entra devant lui, sachant à quel point la jeune femme était touchée par le malheur des enfants enfermés et mordus. La blonde lui renvoya un pauvre sourire, le meilleur qu'elle put. Heureusement pour elle, Andrew entra à ce moment là et lorsque leurs regards se croisèrent, son cœur se pansa. Harry eut un sourire tendre et laissa Andrew réconforter sa jumelle d'un simple touché. S'asseyant au bout de la table, à la droite de Dumbledore, il officiait ici comme chef officiel des six. Car officieusement il n'y en avait pas. Même si Charlie faisait office de grand frère et avait l'autorité la plus importante, l'avis de chacun des six apportait tout autant que les autres. Andrew caressa discrètement la nuque de sa sœur, entrelaçant ses doigts dans les longues boucles dorées l'espace d'un instant, suffisant pour transmettre un amour pur et inconditionnel à Andréa mais pas assez long pour que quelqu'un n'appartenant pas aux six le remarque.

- Harry, Charlie, érigez vos masques mes garçons, intima doucement Dumbledore, les regardant de ses prunelles bleues électriques.

Ils hochèrent la tête, puis Abysse et Andrew se penchèrent vers eux pour gommer leurs traits et les remplacer par d'autre. Harry devint Kilian, un élégant jeune homme à la peau délicieusement métissée, aux yeux chocolat et à la tignasse brune. Sa mâchoire avait été légèrement arrondie, sa cicatrice gommée, ses sourcils aplatis. Son front était plus volontaire, ses pommettes moins hautes. Son corps resta le même, seule sa peau se transforma. Il était méconnaissable. Tout autant que Charlie devenu Ulric, un homme à la peau blanche, aux yeux noirs profonds et aux cheveux châtain aux reflets cuivrés envoutant. A lui on avait gommé toutes ses taches de rousseur, son regard bleu océan si rêveur et plein de promesse avait été remplacé par des onyx plus froides. Ils restaient tous deux de beaux jeunes hommes mais dans des styles complètement différents, moins remarquables.

Ils n'avaient pas le cœur à profiter de leur nouvelle apparence. Ils se regardèrent un instant, attentivement, histoire de bien connaître le physique qui leur servirait de couverture. Ensuite, leurs regards se croisèrent. Harry tendit le bras. Charlie le prit et l'enlaça. Il encercla vivement ses épaules de ses bras, dans une étreinte fraternelle.

- Bonne chance p'tit frère, murmura le roux dissimulé.

- Tiens bon, lui souffla Harry.

Ils se séparèrent mais la douleur restait la même. Ils allaient revoir des personnes chères à leur cœur sans pouvoir leur dire qui ils étaient vraiment. Les Six Anciens avaient spécifiés que le moins de personne possibles devaient être mise au courant. Que ce soit la famille de Charlie n'y avait rien changé. Seules les hautes figures de l'Ordre, en l'occurrence Kingsley le chef des aurors, Tonks son adjointe, Remus représentant des loups garou partisans de l'Ordre, Snape l'espion le plus haut gradé, Zabini qui le suivait de près dans le rang des espion et qui communiquait à l'Ordre les noms des mangemorts intronisés et enfin McGonagall, directrice adjointe de Poudlard. Seul Arthur aurait pu être mis au courant à son tour mais sachant que sa mère et ses frères eux n'auraient pu être mis dans la confidence, Charlie avait préféré épargner la souffrance que cette cachoterie aurait procuré à son généreux père. Car il était peut être candidat au Ministère mais face à sa femme, à la douleur de son amour, il était désarmé et faible. Charlie le savait très bien. C'est pourquoi ils étaient tout deux déguisés.

- Je suis désolé mon garçon.

Cela venait de Dumbledore, qui posa une main compatissante sur l'épaule de Charlie. Le Grand Roux comme le surnommait Andrew, Ryan et Harry, hocha la tête, acceptant de ce fait leur choix. Abysse prit à son tour le relais. Elle ressentait la tristesse de Charlie dans chaque parcelle de son corps. Elle la ressentait comme si c'était la sienne, sa douleur faisait hurler chaque atome qui composait son corps. Elle avait envie de le prendre dans ses bras et de le protéger de tout ça. Elle avait envie que tout ça s'arrête, qu'ils puissent vivre libres et fenêtres ouvertes.

- Ils ne vont pas tarder à arriver, les prévient Dumbledore.

Ce fut Remus qui entra le premier. Albus l'avait mis au courant et s'apercevant que personne d'autre n'était là il se précipita sur Harry qui malgré sa nouvelle apparence n'avait pu s'empêcher de lui sourire toutes dents découvertes. Les bras fermes de Remus s'entourèrent autour de lui. Il soupira, une vague de bonheur l'envahissant. Il avait hâte de discuter seul avec Remus à la fin de la réunion. Seul à seuls, avec son vrai visage, sans faux semblants.

Mais ils durent rapidement se séparer, sans échanger un mot car d'autres membres de l'Ordre arrivaient. Harry rejoignit ses cinq autres coéquipiers. Il sentit la main d'Andréa prendre la sienne et la serra contre lui un court instant. Il croisa le regard de Ryan. Le jeune homme, génie oui, mais si jeune paraissait angoissé. Il avait peur de ne pas être prit au sérieux, comme au départ alors qu'ils venaient à peine de se rencontrer. Ca avait tout de suite accroché entre Harry, Charlie et Abysse, mais de l'autre côté se trouvait les jumeaux, lui était seul plus loin. Lorsqu'ils doutaient, avaient peurs lorsqu'ils ne savaient pas pourquoi ils étaient là, perdus au beau milieu de l'océan, passé pour mort. La mort la plus brutale était la sienne, à Ryan, assassiné dans une ruelle un soir. Tout comme Charlie, ses parents étaient vivants et il ne cessait de penser à eux. C'étaient eux qui l'avaient soutenu lorsque sa différence l'avait éloigné des autres jeunes. Il était l'incompris, le petit génie. Celui dont on parlait, celui qu'on critiquait et dont on interprétait mal les paroles. Mais Harry avait été le premier à venir vers lui. Il lui avait dit qu'ici, ils étaient tous comme lui. Différents.

A l'âge de trois ans, dans son orphelinat, Abysse avait endormit tout le bâtiment juste parce qu'elle n'aimait pas ses petits pois. En découvrant ses pouvoirs elle avait fait peur à ses amis. Elle avait grandi dans un univers moldu où on la prenait pour un monstre, une pestiférée. Son excentricité n'était qu'une carapace mais depuis qu'elle pouvait laisser libre cour à son pouvoir elle souriait sans cesse, comme enfin vivante.

Andréa et Andrew avaient perdus leurs parents dans un raid au pays des géants, il y avait de cela trois ans. Leur mère était une grande potionniste, et avait effectué ce voyage avec son mari, auror français, afin de trouver des plantes qui poussaient seulement aux pieds des géants. Sa venue a malheureusement mal été interprétée et les géants l'ont attaquée. Aucun homme des renforts ne revint, et on ne retrouva ni corps, ni traces. Les jumeaux avaient alors arrêté les cours tout juste avant leur diplôme. Les aptitudes des jumeaux leur avait permis de vivre sommairement. Andréa manipulait les hommes et ils les volaient le plus souvent. Andrew utilisait son si spécial pouvoir et procurait n'importe qu'elle information à qui le voulait. Pendant deux ans ils avaient vécu de tricheries et boulots au noir. Avant que tous les deux ne meurent.

Drago passa la porte, encadré par Blaise Zabini et Hermione Granger. La jeune femme semblait sortir tout juste de cours car elle portait encore sous le bras quelques dossiers sur lesquels elle discutait ainsi que sa robe de sorcière d'étudiante en Justice Magique, une robe en velours pourpre au seau doré sur le poitrail. Ses talons hauts claquaient sur le vieux parquet. Avec son chignon elle ressemblait en tout et pour tout à une femme accomplie. Blaise lui n'avait guère changé depuis l'époque de Poudlard. Même sourire en coin, même petit air mutin et allure sportive. Une chemise blanche semi-ouverte sur sa peau d'épice douce comme celle d'un bébé et pantalon moulant là où il le fallait complétait la présentation du personnage. Le Serpentard usait de ses charmes comme d'autre respirait. Ils avisèrent le groupe avec un regard curieux. Apparemment on leur avait fait part de leur existence mais sans plus. Harry retint un sourire en songeant à l'état d'impatience qu'Hermione devait dissimuler en ce moment même. Quant à Blaise, il était convenu que Drago, son meilleur ami, ne le mette au courant de la véritable identité de Kilian et Ulric que lorsqu'il se sentira prêt.

Négligemment, Harry s'assit à la droite de Dumbledore, suivit par Charlie et Abysse. Ryan et les jumeaux leur firent face et ils s'encouragèrent du regard. Celui d'Andrew était bien assez assuré pour six. Mais Harry tentait de cacher sa nervosité. Il n'aimait pas l'idée d'être juste en face d'Hermione alors que celle ci lui jetait des regards qu'elle pensait discrets. Parce qu'ils étaient loin de l'être, c'en était même gênant. Du coin de l'œil il remarqua que Drago semblait retenir aussi une hilarité en apercevant l'intrigue qui habitait la brunette.

- Bien nous sommes tous là ? interrogea Dumbledore à la volée, tout en se levant.

Le brouhaha s'éteignit sous sa demande et portant son regard sur l'assemblée, Harry se rembrunit. Ils étaient une trentaine dont Molly, Arthur et Bill, Tonks, Kingsley et Foloeil, Rogue, McGonagall et Pomfresh, et cinq autres hommes du Ministère qu'il connaissait que de nom et de réputation. Deux d'entre eux étaient des requins de la finance, ici car intéressés par la chute de certains Mangemorts avec lesquels ils étaient en compétition - pas officiellement mais Harry n'était pas naïf à ce point et quoiqu'ils puissent dire, les deux "requins" se faisaient manipuler sans vergogne par Albus. Qui est prit qui croyait prendre- Les trois autres étaient des aurors ou des politiciens engagés. Le reste, il ne les connaissait pas mais ils semblaient moins haut gradés.

- Vous avez sans doute eut vent de la soudaine arrestation d'Hollings n'est-ce pas ? Débuta Albus sans tourner autour du pot.

Les réactions furent diverses. Des acclamations interrogatives, d'autres outrées, certaines enjouées mais une incompréhension générale régnait par dessus tout ça. Exaspéré par le capharnaüm que faisait les membres de l'ordre, Dumbledore coula un regard entendu à Charlie. Ce dernier, sous son apparence de brun au nom d'Ulric frappa une unique fois sur la table. Ce fut tout la pièce qui trembla. Les adultes, interloqués se rattrapèrent à ce qu'ils purent et purent voir au chemin que prenait la forte onde magique qu'elle provenait de ce mystérieux Ulric.

- Un peu de sérieux s'il vous plait, reprit Dumbledore. Je vous présente mon équipe, enchaîna-t-il.

Cette fois ci ce fut une pluie de murmures qui accueillit sa déclaration. Joueur, Charlie leva la main.... Pour la passer dans ses courtes mèches noires mais de peur, les langues se crispèrent et les voix s'évanouirent. Abysse retint un gloussement tant la situation lui était comique.

- Ces six jeunes sorciers sont croyez moi, les plus puissants et les plus doués de cet Ordre. Ce sont eux qui nous ont permis d'éliminer le principal rival d'Arthur sans parler des horribles découvertes qu'ils ont faites. Pompom, vous avez la parole.

Il se réinstalla dignement et croisant le regard d'Harry, lui fit un clin d'œil complice. Leur heure de gloire ne tarderait pas.

- Les enfants retrouvés ont été assurément violés. Mais, pardonnez moi ces paroles, ce ne sont pas les vivants qui présentent les cas les plus intéressant. Le cadavre du garçonnet retrouvé saigné à mort était le fils de Janice Kellingston, juriste au magenmagot. Nicolas avait disparut depuis trois mois, il était l'un des premiers enfants enlevés de la longue liste que nous connaissons tous. Il présente comme les autre des traces de viols fréquents et particulièrement brutaux. Trop, pour être provoqués par un humain.

Seuls les six restèrent de marbre devant l'annonce de l'infirmière. Eux, présents sur les lieux avaient déjà tout compris.

- Dans son sang, et dans sa peau, nous avons décelé une forme de poison. Le célèbre Vampirus Mucus Usulus. Le venin même venant des canines des Vampires qui peut endormir, ensorceler, contrôler, transformer ou tuer celui qui est mordu. Dans son cas, le petit a été ensorcelé.

Elle fit passer des dossiers. Harry reçut le sien et l'ouvrit avec précaution. S'afficha devant lui les détails de l'autopsie et les rapports trouvés entre les propriétés du venin et celles du poison.

- On pense qu'Hollings revigorait ses victimes à la place de les affaiblir. Un vampire dispose d'une force supérieure à celle d'un humain même de bonne carrure alors un enfant pensez-vous... Il ne craignait rien. C'est ce que le venin lui procurait. Plus il les mordait plus ils se débattaient. Les autres enfants ont eux aussi étés mordus mais seulement pour leur redonner des forces, le venin à donc refermé les plaies. Ils n'en porteront aucune trace physique.

- Êtes-vous certaine que le venin provient bien d'Hollings ? L'arrêta Harry. Il y a énormément de passage dans le bureau d'un Ministre des Affaires Étrangères et les vampires sont réputés par leur discrétion et leur incartabilité.

- Avez-vous pensé à effectuer des analyses ADN moldues à partir des résidus magiques du venin dans le sang des enfants ? demanda Ryan qui ne décollait pas le nez de son dossier. Andy qu'en penses-tu ?

- C'est possible. Mais sur des résidus de venin trouvés dans le sang des enfants vivants. Il ne faut qu'aucune cellule ne soit morte sinon cela pourrait fausser le calcul. Un simple cheveu d'Hollings confirmerait alors l'hypothèse mais cela m'étonnerait que l'on ne retrouve qu'une seule sorte de venin dans leur sang, déclara la blonde.

- Et qu'est-ce qu'il vous fait dire cela ? fit l'infirmière, irritée par la condescendance des mystérieux sorciers.

- Un vampire ne boit pas du sang humain comme nous buvons de l'eau, lui rappela Charlie en pianotant négligemment sur la table de ses doigts.

- Sous peine de devenir fou, ajouta Ryan. Ils n'en boivent en moyenne qu'un litre par semaine. Beaucoup trop de sang a été prélevé en l'espace de quelques mois. Je peux immédiatement vous dire qu'en prenant en compte les enfants morts, les différentes venues d'autres enfants et bien entendu le temps passé enfermé, il y a au moins une trentaine de litres de sang prélevé en trop sous l'espace donné de deux mois je dirais.

- C'est impossible qu'Hollings, si c'est bien lui, ait avalé ça tout seul, conclut Harry. De plus le rapport dit que pour les plus anciens enfants kidnappé, un abus de potion de régénération sanguine à fait d'énormes dégâts dans le circuit cardio-vasculaire des enfants. Avec une dizaine de gamins enfermés, Hollings n'aurait pas eut besoin d'augmenter la vitesse de leur production sanguine s'il avait été seul. Il travaille forcément pour un réseau supérieur...

Le silence se fit sur la pièce. Ce que le sorcier étranger avait dit était vrai. Ils ne pouvaient le nier.

- Il faudrait donc examiner le sang de chaque enfant, dit soudainement Hermione. Ensuite nous pourrions classer les venins différents et les comparer avec l'ADN de ceux que nous suspectons être des vampires en fonction de leur fréquentation avec Hollings. Même les plus fous et improbables. Nous ne pouvons nous baser sur des avis personnels, il faut tout tester. Si les vampires entrent dans cette guerre, ils pourraient bien faire définitivement pencher la balance.

- Où est cette pourriture d'Hollings en ce moment ? Questionna Andrew.

- Au quartier fédéral du Ministère sous la bonne garde d'une dizaine d'aurors appartenant exclusivement à l'Ordre du Phénix, répondit fièrement Arthur.

- Et qu'en est-il des tests ? reprit Abysse. Lui a-t-on déjà fait passer le test de vampirisation ?

- On ne peut décemment pas faire ce test médical sur un politicien de son rang sans preuves ou accusations au préalable appuyées par le magenmagot jeune fille, gronda Molly.

- Vous parlez de décence ? répliqua Abysse. Croyez-vous que le rapt d'enfant ayant le but de soulager son vice sexuel et son envie de sang humain soit décent ?

Harry se mordit la lèvre inférieure pour ne pas rire. Abysse commençait bien en se plaçant d'elle même dans le collimateur de sa future belle mère. Il croisa subrepticement le regard rieur de Drago qui avait bien évidement pensé à la même chose.

- Malheureusement Abysse, Molly a raison, l'arrêta Dumbledore. C'est la loi.

- Par Merlin mais où irait le monde si on commençait à suivre les lois ?! Se lamenta Abysse.

Cette fois ci Harry ne put se retenir et explosa de rire. Il se prit un coup de pied sous la table de la part d'Andréa qui malgré la finesse de ses muscles avait le non négligeable avantage de porter des talons aiguilles. Soudain son rire se transforma en rictus de douleur. Et on le disait chef des six...

- Je suis sérieuse, reprit la "douce" asiatique. N'avons-nous pas un moyen de faire avancer les choses plus rapidement ?!

- La loi est la loi Mademoiselle, s'excusa Arthur. Même Ministre, je ne pourrais faire accélérer des procédures aussi lourdes de conséquences.

- On doit vraiment tout faire nous même dans c'te baraque ! grommela Andrew, les coudes appuyés sur la table et le menton entre ses mains.

- Quand ? fit immédiatement Harry.

- Demain soir, lors de la fête organisée au Ministère, enchaina Charlie. On y rentrera facilement et Andrew ira nous chercher l'ADN de ce cher Hollings aussi rapidement qu'un claquement de doigt une fois la limite annihilée.

Les autres acquiescèrent. Le regard de Dumbledore pétilla.

- Et bien Arthur, fit le vieil homme. Nous allons faire comme si nous n'avions rien entendu.

Le roux au crâne dégarni sembla alors comprendre les attentions des six. Drago aussi. Si le premier fut excité et amusé, le second se renferma et jeta du regard des éclairs mortels en direction d'Harry ou plutôt de Kilian.

~*~

La réunion prit fin une heure et demie plus tard. Elle fut ponctuée de joutes verbales évidentes, bien que subtiles, entre les six et ceux qui ne leur faisaient absolument pas confiance. Molly et Abysse se foudroyaient encore du regard lorsque celle ci rejoignit Le Terrier avec son mari et Bill. Pompom quitta le QG d'une démarche rapide, encore choquée par l'attitude des "nouveaux". Harry fier de l'effet qu'avait fait son équipe s'adossa au mur face à la cheminée et croisa les bras. Son petit sourire hypocrite ancré sur ses lèvres il les regarda tous déguerpir, retenant son hilarité à l'intérieur de lui même. Ce n'était pas en étant un bisounours qu'il allait s'imposer.

Mais il ferait mieux d'en être un tout de suite car furieux, Drago Malfoy se planta devant lui, les poings sur les hanches. Encore une fois, si un regard pouvait tuer, Harry serait d'ores et déjà réduit en charpie. Il perdit immédiatement son petit air supérieur - un excès de fierté dû à une trop forte pression - et se redressa.

- Dray...

- En haut.

La voix froide et basse du blond claqua dans l'esprit d'Harry comme une menace mortelle. Le faux métisse se hâta de monter les marches qu'il avala pratiquement alors que derrière lui, Drago prenait le temps de saluer les derniers partants. Il croisa Hermione qui le regarda passer tel un enfant ayant le père fouettard aux fesses, les yeux écarquillé lorsqu'elle remarqua que Drago le suivait, plus posément mais l'air légèrement... Démoniaque. Il lui fit un sourire à en faire froid dans le dos et claqua tellement fort la porte de sa chambre derrière eux que tout le QG trembla.

A l'intérieur, Harry ne faisait pas le malin. Drago semblait brûler de l'intérieur.

- C'EST A SE DEMANDER SI VOUS REFLECHISSEZ DE TEMPS EN TEMPS ! Débuta alors le speech de Drago.

Harry s'assit lentement sur le lit. Son petit ami lui fit face, et pour la première fois, Harry vit dans son regard la preuve de l'existence d'une peur irrationnelle. La peur de Drago. Il fronça les sourcils alors que le blond recommençait à crier en fermant ses poings tremblants et en croisant les bras.

- SAIS-TU QUI IL Y AURA LA BAS ?! C'EST TROP RISQUE ! TU POURRAIS TE FAIRE REPERER !! CHARLIE AUSSI !

- Dray... soupira Harry en passant une main hésitante dans ses cheveux.

- Non. Quoique tu dises, tu ne me feras pas chan...

- Je suis désolé, coupa Harry.

- D'avis ! Je ne m'en... Pardon ?

- Oui pardon. Je ne savais pas que tu pouvais être autant touché par nos décisions.

Le regard ébahit que lui lança Drago l'embarrassa. Il se releva et détourna le visage pour se donner contenance.

- Touché ? Bon sang Harry ! S'énerva Drago. REGARDE-MOI !

Le brun fut tiré en arrière et poussé sur le lit. Il tomba à la renverse, le matelas confortable amortissant la chute. Mais la silhouette élancée de son petit ami se pencha sur lui et le chevaucha. Mais dans son regard il n'y avait pas de désir. Il y avait de la colère, de la peur, de l'inquiétude surement... Et énormément d'amour.

- Je t'ai déjà perdu une fois et j'ai faillit en crever merde ! Tu te rends compte de l'importance que tu as pour moi ?! Je n'en ai pas l'impression ! Je t'aime par Salazar ! Et je suis un MALFOY putain ! Quand j'aime je n'aime pas à moitié !

Le blond lui tomba dans les bras et il se hâta de l'enlacer, de le serrer tellement fort contre son corps qu'il aurait pu lui briser des côtes. Maintenant il comprenait.... Il devait se débarrasser de cette limite et sur le champ !

~*~

Harry croisa le regard de Charlie qui acquiesça. Andréa démarra la musique à son signal. Un rugissement compléta l'ambiance. L'air se mit à crépiter. Main dans la main, cinq des six formaient un cercle de magie et en son centre, Abysse, assise en tailleur, se laissait portée par le flux de magie qui lui fonça dessus.

De l'autre bout de la salle, de son poste d'observation, Drago sentit l'air devenir lourd alors qu'une aura dorée entourait d'un halo scintillant son petit ami. La magie de ses quatre amis se faufilait vers lui sous forme de courant d'air chaud et coloré. Rouge pour Andréa, vert pour Charlie, bleu pour Andrew et jaune pour Ryan. Bientôt le doré qui l'entourait pétilla de ces couleurs lorsque leurs magies se mélangèrent. Effaré, Drago vit le corps de son petit ami servir de catalyseur.

Aussitôt un épais flux de magie mélangée s'échappa du corps du brun pour venir frapper rudement la frêle asiatique au centre du cercle. Une demi-seconde plus tard, celle ci s'élevait, entourée d'un halo violet foncé, et d'un autre par dessus, celui d'Harry, soutenu par celui des quatre autres.

- Je les sens.

La voix d'Abysse était faible, et se répandait dans la pièce comme grâce à l'écho. Improbable à la normale. Les cheveux de la brune voletaient derrière elle comme si elle s'était tout simplement postée devant sa fenêtre ouverte. Les yeux d'Harry se fermèrent et à son tour il s'éleva. Charlie et Andréa lâchèrent sa main et aussitôt joignirent les leur. Le corps du brun fut souligné d'une seconde couche de magie violette foncée.

- Ils sont proches.

Harry. Sa voix était encore plus faible que celle d'Abysse. Elle paraissait si lointaine qu'elle en était presque inaudible. Malgré les paroles rassurantes d'Harry qui avait précédées le début du rituel, un étau enserra l'estomac de Drago et l'inquiétude se ficha comme une flèche dans son cœur. Il vit le corps de son amour pendre comme une poupée de chiffon, son visage offert au ciel, inexpressif.

- On les tient.

La lumière qui entourait les deux sorciers en lévitation redoubla d'intensité, éblouissant pratiquement Drago et réussissant presque à masquer Harry de sa vue. Il fronça les sourcils. Qui sont-ils ces "les" ?

- Ils ne vont pas apprécier, fit la voix rieuse d'Andrew, parmi les crépitements de la magie.

- C'est ça qui est drôle, s'amusa Charlie, pas le moins du monde inquiet pour Abysse dont les pieds atteignaient à peine le haut de son crâne.

Andréa leur darda dessus un regard sévère, les rappelant silencieusement à l'ordre. Secouant la tête, Andrew qui avait légèrement perdu le fil de magie se concentra plus difficilement que le calme Grand Roux.

Exactement onze secondes plus tard, la musique se tut et un vortex aussi noir que le néant apparut au dessus des têtes d'Harry et Abysse. Des pieds y apparurent et aussitôt les yeux d'Harry s'ouvrirent et ses mains s'abattirent sur deux d'entre eux. Charlie sauta en l'air et en attrapa deux autres. Abysse descendit avec sa paire entre les mains et aussi rapidement les jumeaux et Ryan attrapèrent les leurs. Mais au bout de ses pieds il y avait des hommes. Six hommes et femmes.

Les six anciens.

~*~

Seul Harry, qui se tenait entre les deux rangées d'hommes avec un sourire goguenard, tenait en respect les Six Anciens et les Six Pouvoirs du Renouveau. Il ne frémissait même pas, prit en joute par les regards mortels que se dardaient les deux parties. A l'écart, Drago ressentit la tension qui régnait et fut étonné de voir Harry si calme. Il croisa le regard vif d'un des anciens qui s'éclaira à sa vue. Aussitôt, les prunelles d'Harry s'assombrirent.

- Walburd arrête ça, grinça la voix d'Harry.

- Ne sois pas si possessif Harry, répliqua le dit ancien qui quitta finalement les orbes inquiets du blond.

Harry fit un pas en avant mais la main de Charlie se posa sur son épaule, l'empêchant d'aller plus loin. Trop loin. Par prudence, Andrew et Ryan l'encadrèrent, le masquant légèrement à la vue des anciens et de Drago. Mais le blond devina aisément que l'intelligente Andréa le remettrait à sa place. Avec raison car d'un pas léger et discret, le belle blonde rejoint Harry et d'un regard calma le brun nerveux. Ce fut au tour de Charlie de s'avancer et de faire face aux Six Anciens.

- Pas la peine de faire de grand discours n'est-ce pas Johny ? Sembla railler Charlie.

Un homme, qui disposait de la carrure la plus leste et souple des Anciens mâles le fusilla du regard. L'air moqueur du Grand Roux ne fit qu'augmenter alors qu'Andrew ricanait. Le dénommé Johny sourit à son tour et une étincelle blanche traversa ses yeux d'une étrange couleur. Aussitôt Charlie blanchit et le rire d'Andrew mourut dans sa gorge.

- Vous avez encore du chemin à faire, sales gosses... marmonna le dit Walburd.

C'était un homme grand, fin mais sa taille le rendait imposant. Ses cheveux coupés en brosse étaient d'un noir si sombre qu'ils donnaient un air maladif à son teint pâle. Ses iris d'un bleu foncé envoutant piqueté de points noirs inquiétants tranchaient sur sa peau porcelaine. Ses lèvres fines, roses pâles, semblaient continuellement étirées en une moue moqueuse et rusée. L'incarnation parfaite d'un Serpentard, songea Drago. Ses bras secs et nerveux étaient croisés sur son poitrail ferme sans un pet de graisse. Sa mâchoire se contracta et il put voir ses muscles jouer sous sa peau extraordinairement fine. Il avait des traits durs mais d'une impeccable symétrie. A part son arrogance et sa moquerie, son visage ne laissait rien transparaître. Peut être un arrière sentiment de méchanceté qui suait des pores de sa peau. Une nouvelle fois, ses orbes nuit plongèrent dans ses yeux gris tempétueux. Il frémit, un sentiment de transparence l'envahissant. Il tacha de vider son esprit, étant un bon occlumens il y réussit vite mais rien à faire, ce sentiment faisait toujours frissonner son échine d'inquiétude et de mal être.

- WALBURD ! Tonna la voix enragée d'Harry.

Un puissant jet de magie dorée expulsa l'Ancien contre le mur voisin. La tête de Walburd cogna avec violence contre la surface en béton, retenu par une espèce de poids lourd qui se faisait ressentir dans toute la pièce. Drago ouvrait de grands yeux effarés alors qu'Harry semblait se matérialiser aussitôt face à l'Ancien, une colère sans nom l'habitant, faisait crépiter sa sombre magie dans son corps. Aussi rapide qu'un éclair, la main d'Harry s'abattit sur la gorge de Walburd qu'il enserra dans ses doigts. Charlie, Ryan et Andrew sautèrent sur leurs pieds. La célérité d'Harry dépassait n'importe qui lorsqu'il était en colère. Tout cela était passé en à peine une seconde. Les trois hommes s'approchèrent prudemment alors que même sous l'emprise solide d'Harry, les pieds ne touchant pas terre et les deux mains nouées autour du poignet d'Harry dont la main l'étranglait, Walburd leur sortait un sourire ironiquement amusé. Il ricana du mieux qu'il pouvait et aussitôt la prise d'Harry se fit plus étroite. Charlie voulut avancer, l'inquiétude de l'après le transperçant mais Abysse l'en empêcha d'un simple geste.

- Ne. Le. Regarde. Plus. Jamais.

Devant Drago, les prunelles d'Harry s'assombrirent jusqu'à devenir totalement noires. Alerté, et rendu inquiet par l'air assuré de Walburd, Drago s'approcha mais Andréa et Andrew lui barrèrent le chemin. Soudain, le rire étranglé mais horriblement lent et narquois de Walburd se fit entendre. Drago ne le connaissait pas mais déjà il le haïssait. Sauf que le bras d'Harry se tendit et le souffle de Walburd se coupa, l'empêchant de faire raisonner cet affreux son dans la pièce.

- Suis-je clair ? Cingla Harry d'une voix basse et menaçante.

Un frisson dans l'air accompagna la montée de magie incontrôlable d'Harry. Les sourcils d'Abysse se froncèrent, Charlie fit un nouveau pas. A l'arrière les autres anciens attendaient, ne semblant pas faire un geste pour venir en aide à leur "ami".

- Ose encore poser un seul œil sur lui et Ancien ou pas je te démembre lentement avant de faire un fumier de ton corps putride... siffla Harry.

Sur ceux il le lâcha, et l'homme tomba à ses pieds. Harry ne fit pas un pas en arrière, jouissant de son explicite supériorité. Le regardant à travers ses cils, la bouche de Walburd se tordit en une moue dégoutée.

- Ca doit être si bon... murmura alors Walburd.

- La ferme Walburd, s'exclama Charlie qui les rejoignit en deux enjambées. Pas un mot de plus ou Abysse ne retiendra plus Harry. Et on se fera une joie de le regarder te tuer.

L'homme se releva, frôlant Harry qui n'avait pas quitté sa place, campé sur ses pieds, les poings serrés le long de son corps tendu. Drago se mordillait la lèvre inférieure. Jamais il n'avait vu Harry si... En rage. Et si l'inquiétude surmontait tous les autres sentiments, il pouvait percevoir son interrogation en dessous d'elle. Andréa coula un regard désolé sur lui et vit dans ses yeux toute la peur qui s'était emparé de lui. Cet homme était un Ancien. Il était donc puissant, sans peur ni faiblesse. Il pouvait tuer Harry.

- Abysse, souffla Andréa si bas que Drago se demanda comme l'asiatique, qui tourna aussitôt la tête vers eux, l'eut entendu.

Andréa hocha la tête vers lui et Abyssa acquiesça derechef. Elle même se tourna vers les trois hommes debout au bout de la pièce, dont un était retenu immobile par elle même. Celle ci l'empêchait tout bonnement de tuer Walburd sur place en emprisonnant ses pensées, empêchant les ordres de son cerveau d'atteindre par un réseau compliqué de nerfs ses muscles. Drago vit la brune plisser les yeux et le corps d'Harry tressauter avant de s'affaisser. Ses épaules s'abaissèrent et ses poings se décrispèrent. Charlie sépara Walburd et Harry de son corps, faisant dos à son presque petit frère et face à l'Ancien qui malgré sa grande taille n'arrivait pas à dépasser le costaud Grand Roux. Les jumeaux purent enfin s'écarter de devant Drago quand Harry se détourna enfin, son visage laissant voir tout de même son profond dégout. Il croisa alors le regard de Drago et tenta de lui sourire, ce qui aboutit à une grimace désolante. Soupirant Harry rejoignit le blond qu'il prit dans ses bras.

- Je suis désolé que aies du subir ça... chuchota-t-il à son oreille.

- Il va falloir que tu m'expliques pas mal de choses, soupira Drago, lassé à l'avance, en entourant tout de même la taille d'Harry de ses bras.

Harry pressa ses lèvres contre son cou, humant son odeur réconfortante. Ryan, les jumeaux et Abysse les couvrirent des regards des Anciens. Drago caressa le dos d'Harry puis posa ses mains au creux de ses reins, le pressant contre lui. Cette fois ci, il se sentait plus protecteur envers Harry qu'il ne l'avait jamais été. Malgré son stoïcisme, il bouillonnait de colère envers ses six hommes et femmes dont l'animosité se faisait ressentir jusqu'à lui. Ce Walburd particulièrement allait être un énième défi à surmonter. Mais son couple était fort. Son couple était protégé par un amour incommensurable de merveilleux amis, Drago le savait, qui feraient tout pour les protéger. Il l'avait bien vu, les six nouveaux multipliaient les gestes de protection envers les autres. Ils étaient un tout, lorsque l'un allait mal, les autres aussi. Tout le monde œuvrait pour le bonheur des uns et des autres. C'était beau, c'était plus puissant que tout. Drago devait se le persuader.

- C'est si mignon toutes ces chamailleries, je dois dire que je suis toute émue ! Railla une voix doucereuse dans un coin de la pièce. Mais j'ai quelques lutins à exterminer alors si vous voulez bien abréger...

- Andrew pourrait sûrement t'aider, rit soudain Abysse.

Sous les grands yeux étonnés de Drago, un rire général se propagea dans la pièce, remplaçant la tension par une ambiance de franche camaraderie. Perdu, Drago regarda Harry éclater de rire. Ce dernier se défit de son étreinte puis passa un bras autour de ses épaules. Les cinq jeunes sorciers devant eux délaissèrent leur formation implicite. Abysse rejoignit Charlie qui enlaça sa main, l'amenant contre son torse puissant. Andréa et Andrew se remirent à se chamailler alors que Ryan s'avançait vers l'un des anciens, l'air avenant.

- Des bières peut être ? proposa Ryan.

Oui décidemment, va falloir qu'Harry éclaircisse quelques points.

~*~

Si Drago n'avait pas eut une vie aussi étrange, il en aurait pratiquement fait une crise de folie. Six jeunes sorciers passés pour mort étaient assis dans sa cuisine, discutant joyeusement autour de bières et de gâteaux secs avec leurs six mentors, qui avaient sauvé le monde sorcier à leur époque. Comme dans la nouvelle génération, il s'agissait de quatre hommes et deux femmes. Chacun d'entre eux disposaient de leur propre caractéristique. Pas de chance qu'on les confonde.

Les deux femmes siégeaient à la droite d'Harry et apparemment, à l'entente de leurs exclamations surprise, ce dernier leur annonçait sa paternité imprévue et son bonheur nouveau. Les deux femmes coulaient des regards vers lui qui le rendait nerveux malgré la main d'Harry sur sa cuisse et la discussion insouciante d'Andrew et Charlie. L'une d'entre elle se nommait Zayane ((1)). Belle, féline, son corps était élancé et sa peau chocolat au lait craquante. Elle ressemblait à une amazone avec ses yeux vert clairs tirant sur le jaune et ses longs cheveux bruns ondulant jusqu'à ses reins. Des formes généreuses complétaient le tout, recouvert de vêtement qui la mettait en valeur sans être vulgaire. Ses traits fins et racés lui donnaient un air sauvage qui disparaissait dès qu'elle souriait. Ironie du sort, elle portait un foulard au motif léopard, en parfaite modeuse.

L'autre femme était d'un tout au type, plus classique. Sa peau était tout aussi fine et translucide que celle de l'abominable Walburd et un joli carré châtain encadrait son visage fin et ovale. C'était une belle femme, sans contestation. Son corps était petit et fin, ses gestes d'une grande grâce. Ses yeux bleu océan reflétaient tant de connaissance qu'après l'avoir regardé une fois dans les yeux, Drago se jura de ne jamais le refaire. Se bouche en coeur rosée laissait sortir une jolie voix mélodieuse. Ses mains fines et douces pianotaient sur la table, caressant de temps en temps la faïence de sa tasse de thé. Si Drago avait bien entendu elle se nommait Aislinn ((2)).

- J'aimerais la voir, fit la voix chantonnante d'Aislinn.

- Et pourquoi ? grogna Harry tout de suite en alerte.

- Voyons Harry je ne ferais rien à ta fille ! Seulement l'enfant de Kilian ne peut être un simple bébé innocent.

- Ne m'appelle pas ainsi ici, gronda le brun.

- Pourtant vous avez eut la bêtise d'en faire vos couverture ! s'exclama Maximillan, effaré. N'est-ce pas Ulric ?

- Je t'emmerde Maxou, soupira Charlie.

- Quelle classe, grimaça Walburd.

- Arrêtons nous là pour l'instant, intervint Zayane.

Maximillan la fusilla du regard mais elle ne flancha pas, un sourire jouant sur ses lèvres. Les autres se jetèrent des regards entendus et amusés. Cependant, Drago était plus absorbé par les yeux de Maximillan. Ils étaient... Comme un miroir. Sans réelle couleur, ils reflétaient juste ce qui était devant lui. L'homme était assis face à Ryan qui portait un t-shirt vert clair reconnaissable et cette couleur se reflétait dans une partie de ses iris. Subjugué, il fronça les sourcils lorsque croisant son regard, se fut sa propre image qu'il renvoya. Pour le reste, des mèches châtain retombaient sur sa nuque et quelques unes sur ses sourcils. Il possédait un visage carré, une peau abricot. Svelte et fin, il possédait à peu près la même carrure que Ryan mais paraissait plus puissant, plus dangereux.

- C'est une nouvelle des plus... Intéressante... souffla alors un autre homme, assis à la gauche de Charlie.

Le Grand Roux darda sur lui un regard menaçant que l'homme ne fit qu'ignorer. Lui aussi possédait un physique des plus remarquable. Son corps était tout en muscle. Bien que plus petit que Walburg, il était le plus baraqué, la force à l'état brut, un peu sauvage mais étrangement calme. Un peu comme Charlie. Sa peau claire semblait prête à se déchirer sous ses muscles saillant et ses yeux d'un vert d'eau apaisant balayaient calmement la pièce, s'arrêtant sur chacun des présents, les jaugeant, puis passant au suivant. Ses cheveux châtain clairs ébouriffés étaient courts, coupés en une brosse qui avait repoussée. Si Drago avait bien compris, il s'agissait d'Eryx. Il se tourna vers le dernier homme, le plus silencieux, celui que Charlie avait moqueusement appelé Johny.

Lui, avait la carrure la plus souple et fine des hommes appartenant aux six et pourtant, il était à peine moins musclé que Drago. Ses yeux étaient d'un marron si clair qu'ils en paraissaient jaunes. Ses cheveux blonds foncés étaient tirés sagement en arrière et de fines lunettes à la monture argentée étaient posées sur son nez droit. Son sourire entendu était limite désagréable lorsqu'il croisa son regard. Se renfrognant, Drago se dit que ces six anciens devaient tous être des cas... Particulier.

- John tu m'aideras à jauger son niveau ? fit la jolie voix d'Aislinn, chantonnante.

- C'est hors de question, coupa Harry. Vous ne toucherez pas à ma fille.

Le cou de Drago se redressa imperceptiblement et ses pupilles se rétractèrent. Pour rien au monde il ne laisserait ces hommes approcher Claire tant qu'il ne les connaîtra pas mieux. Harry d'accord ou non. Il était celui qui l'avait portée et mise au monde, son père, et il se devait de la protéger de ces fous tombés du ciel.

- Voyons Harry ! S'emporta Jonathan. Tu sais très bien que nous ne lui ferons jamais de mal !

- Lui peut être le sait, gronda Drago. Mais moi je ne vous connais pas et pour l'instant, je ne vous fais absolument pas confiance.

Un sourire moqueur apparut sur les lèvres d'Eryx alors que Drago rencontrait le regard froid de Walburg, comme pour lui dire qu'il ne céderait à aucune menace. Il provoquait celui qui semblait être la bête noire du groupe et n'en avait pas peur. Cependant, alors qu'un sourire fier fleurissait sur les lèvres d'Harry, Zayane croisait le regard d'Abysse qui hocha la tête.

- Un demi-veela... soupira aussitôt Max. Bon Merlin ! Cette petite va péter le feu plus tard. Et ce n'est pas qu'une image.

- Max... grommela Harry. L'éducation et le futur comportement de ma fille ne vous concerne pas.

- Alors je vous propose à tous ! Coupa Charlie. D'entrer enfin dans le vif du sujet...

- Le sujet ? Mais quel sujet ? Vous nous avez forcé à venir sans nous convier je vous signale ! Ne vous ais-je pas enseigné l'art de la politesse ?! Nous n'avons peut être pas envie de papoter figurez-vous, contra puérilement John en croisant les bras.

- Oh mais c'est qu'il bouderait presque ! s'exclama Andréa, moqueuse.

Eryx éclata de rire et lança une grande claque dans le dos de Jonathan qui siégeait à ses côtés. L'homme fut projeté sur la table et son salut ne fut sans doute dû qu'à des décennies d'expérience et de bons réflexes à en voir le regard noir qu'il lui lança ensuite.

- Soyez sérieux deux minutes s'il vous plait, rappela Charlie. Je vous signal que dès demain soir nous avons besoin de la totalité de nos pouvoirs.

- On en a déjà bien assez discuté, contra aussitôt Aislinn. Vous ne disposerez de vos facultés que...

- Mais écoutez nous à la fin ! S'énerva Ryan.

- Ryan ! Gronda Maximilian. Ne coupe pas la parole ainsi à tes...

- Alors ne coupez pas la notre et écoutez nous, c'est donnant-donnant, coupa à son tour Andrew. Il va falloir que vous compreniez que nous ne sommes plus des enfants que l'on contrôle à tout bout de champs.

- Nous avons des responsabilités ici, continua Harry. Et la situation m'a l'air bien pire que nous l'avions imaginé. Je n'ose même pas penser dans quel état serait le monde sorcier si les vampires se décidaient à rejoindre Voldemort.

- Et sans la totalité de nos facultés vaincre des vampires pourrait nous coûté la vie, ajouta Andréa. De toute façon cette idée de faire nos preuves est bien belle mais les preuves se font lorsque nous donnons tout ce que nous avons ! Or là... Vous avez réduit nos capacités. C'est injuste.

- Il ne s'agit pas de vous affaiblir les enfants... soupira Eryx. C'est juste que vous êtes beaucoup trop confiants. Plus faibles, vous prendriez l'habitude d'être plus prudents et c'est cela que nous voulions vous apprendre. Avoir des pouvoirs nettement supérieurs à ses adversaires ne garantit pas la victoire loin de là...

Un silence pensif accueillit la réflexion d'Eryx et les six nouveaux surent qu'il avait raison. Harry soupira, passant une main lasse dans ses cheveux. Il ne pouvait nier qu'ils n'avaient pas assez fait attention lors de leur première mission et qu'ils avaient pas mal capoté. De plus ce n'était rien à côté de ce qu'ils allaient devoir faire dans les semaines à venir et cette perspective lui faisait un peu peur.

- Je vous assure que s'il y avait eut un autre moyen nous l'aurions fait, continua alors Zayane, plus douce qu'il y a quelques minutes où elle se moquait de leurs comportements enfantins. Mais vous vous braquez à chaque geste que nous faisons. Nos maîtres aussi n'ont pas été faciles avec nous mais soyez raisonnables, on ne modère pas ceux qui ont un monde entier entre leurs mains. C'est ridicule.

- Pourquoi alors ne pas nous l'avoir dit avant ? fit Ryan, étonné. Ca aurait évité bien des disputes.

- Ca aurait été trop facile ! s'exclama Walburd.

- Ce qu'il veut dire est que vous avez beau être bien plus mûrs et puissants que les autres sorciers de vos âge, et même de dizaines d'années de plus que vous mais vous restez encore de bien jeunes esprits... reprit la douce et tendre voix d'Aislinn.

- Vous n'avez pas idée des horreurs et des épreuves que vous allez devoir surmonter, c'est cela le danger, conclut Maximilian. Et cela n'a rien à voir avec les épreuves que vous avez passés sur les îles.

Les six nouveaux se regardèrent, les cœurs et les esprits apaisés.

- Je crois que je vais parler pour tout le monde en avouant le fait que nous nous sommes emportés trop vite mais notre mission de demain oblige Andrew à disposer de son pouvoir de changeant car aucun de nous autres ne pourrions le faire sans risquer réellement nos vies et surtout nos couvertures, informa Andréa, d'une voix calme et posée.

- Si vous vous voulez bien, nous en rediscuterons demain, proposa Maximilian dont les sourcils étaient froncés.

- Mais ... Pourqu... ? Commença à s'exclamer Andrew, décontenancé.

- Des amis du demi-veela arrivent, coupa Walburd. A plus tard bande de sales gosses !

Il disparut aussi sec, suivit d'Eryx, Zayane, Maximilian et Aislinn. Jonathan resta quelques secondes le temps de rendre à Harry et Charlie leurs apparences d'Ulric et Kilian. Au moment où sa silhouette s'effaçait, raisonna l'alarme de la cheminée. Ils avaient de la visite...

((1)) Signifierait jasmin sauvage en arabe

((2)) Aislinn signifierait rêve ou illusion en irlandais.


Alors ? Verdict ? xD

AMP

PS : Grand merci à LoveGaaraOfTheSand pour sa correction !