Bonjour à tous, le nouveau chapitre, mais aussi un des derniers ! Je suis en train de me dire que c'est bientôt la fin et j'en suis bien triste. C'est une jolie aventure, écrire sur la petite Lily et sur cette famille recomposée me manquera énormément. Enfin, en attendant, vous pouvez lire le nouveau chapitre qui apporte encore plus d'explications par rapport au précédent. J'espère que vous l'apprécierez également.
Merci pour les reviews ! Merci, merci, merci, merci. Je suis fatiguée en ce moment, bac blanc qui approche, et vos reviews me donnent du courage pour continuer ce que j'aime faire qui est parfois assez fatiguant quand même. Vous êtes géniaux.
Bonne lecture !
Chapitre VIII
Mars 2001.
« C'est la dernière fois que je passe, Snape. Je vous ai mis sur ce papier, l'endroit au Ministère où vous devrez vous référer pour exiger la garde de ma fille. Cela ne va pas être facile, mais ils vous connaissent, cela devrait passer.
- Pour quand est prévu votre accouchement ?
- Le 20. Le début du printemps. Ne me regardez pas ainsi. Je m'y suis faite, je n'ai plus peur de ce qui va se produire maintenant que je me suis assurée que tout irait bien pour eux.
- Comment voulez-vous que je vous regarde, jeune fille ? Vous courrez droit à la mort, alors que vous allez avoir une petite fille. Vous ne la verrez jamais grandir. Comment pouvez-vous être sûre que tout ira bien en mettant son destin entre mes mains ?
- Je n'en suis pas sûre, Snape. Mais vous verrez bien.
- Qu'avez-vous vu exactement ?
- Il n'y a qu'une seule chose que j'ai vu avec exactitude. Ma mort. Après je n'ai vu que des fragments de sentiments, de ressentis, quelque chose de très flou. J'ai senti mon mari souffrir et j'ai senti ma fille sans son papa. Quelqu'un doit les empêcher de pleurer.
- Mais pourquoi moi ?
- Parce que Harry n'est sincère qu'avec ses yeux.»
HPHPHPHPHPHP
2008
Harry déplaça délicatement le corps de Lily pour pouvoir remettre un oreiller derrière sa tête. Il tata bien fort le coussin puis déposa la tête rousse avec soin en l'observant avec bonheur et douceur. Ils avaient failli la perdre en début d'après midi. Il pouvait encore sentir la bile de l'angoisse lui torturer l'estomac tellement il avait eu peur et tellement il s'en voulait. La honte et le remords lui faisaient grincer des dents, et il ne savait pas s'il allait pouvoir encore regarder Lily, qui dormait toujours, en face.
Le Golden Boy, n'avait pas eu les bons réflexes. Tout c'était passé si vite… il avait été troublé par les révélations de Snape, et il avait réagi trop tardivement car il avait presque totalement oublié que Lily était sur son balai. Comment avait-il pu oublier une chose pareille ?
Lily bougea délicatement et grimaça de douleur quand elle s'appuya sur son bras gauche. Harry déplaça la jeune fille pour éviter qu'elle ne se fasse mal et observa le plâtre qui avait été posé quelques heures plus tôt. Lily avait le bras gauche cassé, et heureusement c'était les seuls dommages importants. Le reste n'était que des petites blessures qui guériraient en maximum une semaine. Pomfresh était passée rapidement au Manoir après que Snape l'ait appelée à moitié hystérique grâce son Patronus qui était beaucoup plus rapide.
D'ailleurs Snape avait quitté la chambre de Lily directement après le départ de Pomfresh. Harry avait voulu le suivre mais il s'était rapidement dit que c'était une très mauvaise idée. Snape avait posé un regard vide et paniqué sur Lily pendant que Pomfresh l'avait guérie. Il s'était mis en retrait et avait laissé Harry calmer Lily pendant que l'infirmière posait le plâtre. Il avait rarement vu l'homme dans cet état, et il se disait qu'il valait mieux qu'il reste un petit seul. Mais à ce moment précis, cela faisait bien deux bonnes heures qu'il s'était enfermé dans son bureau.
Harry regarda tendrement la fillette qui dormait paisiblement et se dit qu'il n'y avait plus aucun danger pour elle. Il lança un sort sur elle qui le préviendrait si elle avait besoin de quoi que ce soit, et il se dirigea doucement vers le sous sol qui abritait le lieu de travail de Snape. Harry n'y avait été qu'une seule fois, quand il était venu visiter, et il n'avait plus jamais eu le droit d'y mettre les pieds. C'était le lieu privé de Snape, et même Lily ne pouvait pas y aller.
Le Survivant comprenait parfaitement ce besoin d'avoir un endroit pour s'isoler. Il avait aimé aller dans les jardins de St Mangouste s'isoler et juste penser à sa vie et à ce qu'il allait devenir. Qu'est ce que pouvait bien penser Snape quand il était seul dans ses pensées ? Avait-il peur de perdre Lily ? Ou pensait-il à Ginny ?
Malgré l'accident de Lily qui avait occupé ses pensées pendant les dernières heures, il se rappelait toujours que Snape avait sous entendu quelque chose qui demeurait obscur pour lui. Il l'avait adoptée pour sa femme. C'était inconcevable, Ginny n'avait jamais porté Snape dans son cœur, et avait très sincèrement voulu sa mort pendant sa sixième année.
Il y avait quelque chose qui clochait, quelque chose qui n'allait pas. Harry voulait savoir, mais d'abord il souhaitait s'assurer que Snape allait bien.
Il arriva sans faire de bruit devant la porte blanche qui n'avait pas de poignée. Vraisemblablement il s'agissait d'une porte magique qui ne devait s'ouvrir qu'en présence de Snape. Certaines portes de son Manoir étaient faites ainsi. Les poignées disparaissaient quand la personne à l'intérieur, ne voulait pas être dérangée ou avait décidé que cette pièce n'était que la sienne. Square Grimmault avait ainsi scellé une pièce dans le Manoir qui avait appartenu au premier propriétaire.
Harry posa son oreille contre la porte et essaya d'entendre des bruits derrière. Au bout de quelques secondes, il remarqua qu'il y avait un silence plat derrière, comme s'il n'y avait personne dans la pièce. Cela inquiéta encore plus le jeune brun qui posa douloureusement sa tête contre le bois peint. Quelque chose lui disait, non lui criait que Snape n'était pas dans son état normal pour s'être isolé depuis deux heures. Normalement il aurait surveillé Lily, il serait resté avec elle comme il le faisait toujours. Il caressa doucement la porte avec main droite et essaya de transmettre son désir d'entrer à l'entité magique.
« S'il te plait, laisse-moi entrer… » murmura-t-il doucement, les lèvres presque au contact du bois.
La porte grinça faiblement et s'entrouvrit de quelques centimètres. Harry passa délicatement sa main pâle dans l'entrebâillement, et agrandit le passage pour pouvoir s'y glisser. Ses yeux papillonnèrent rapidement pour s'habituer à l'obscurité presque totale dans laquelle était plongée. Le cœur du Sauveur se souleva de savoir que Snape s'était enfermé tout seul dans le noir depuis bientôt deux heures.
Il fronça les yeux pour pouvoir observer le fond de la pièce et distingua avec difficulté une silhouette assise sur un fauteuil sombre. Ou peut être qu'il était sombre du simple fait qu'ils étaient plongés dans le noir.
Harry déglutit et sortit délicatement sa baguette pour murmurer un Lumos. La petite lumière de sa baguette ne lui permettait pas de voir assez loin. Il s'approcha du mur et en tâtonnant il réussit à trouver l'interrupteur. La vision que lui offrit la lumière le choqua, muet de stupeur et d'inquiétude. Snape était assis dans le fauteuil, dans une position qui lui faisait perdre toute la noblesse qu'Harry avait remarquée chez cet homme. Il était blême, regardait dans le vague et ne semblait même pas avoir remarqué la présence d'Harry. Un verre à moitié entamé de whisky qu'il faisait tournoyer dans sa main était le seul son distinguable si on oubliait leur respiration commune.
Le jeune brun, sans un bruit s'avança près de Snape. Dans un geste lent et précis, il arrêta la main droite du maitre des potions en attrapant délicatement le poignet fin de l'homme. Le verre qui contenait le liquide ambré s'arrêta immédiatement, et sans chercher à avoir l'autorisation de Snape, Harry prit le verre d'alcool pour le poser sur une table, à sa droite, où était encore posée la bouteille.
C'est à ce moment que Snape se reconnecta à la scène. Il releva brusquement la tête et les yeux noirs qui avaient alors été dans le vague, retrouvèrent leur dureté implacable. Un froncement de sourcil, quelques regards qui passèrent d'Harry à la table, et Severus Snape retrouva ses esprit et se souvint de tout ce qui s'était passé. Le corps de Lily craqua sur le sol quand il ferma les paupières, mais il ne s'était pas mis dans cet état que pour ça. Quand il avait vu Lily dans cet état, il avait presque vu Ginny dans le même état et la bile qu'il avait si longtemps contenue était remontée à une vitesse folle.
Il avait fui encore une fois, Potter. Mais cette fois-ci, il était coincé. Entre Potter et une table où était posée son échappatoire.
Harry l'observa et vit vraiment cette fois ci ce que Snape cherchait à cacher depuis qu'il était rentré dans sa vie. Une fatigue de la vie douloureuse qui avait marqué les traits de cet homme. Il voulait voir ce que Snape cachait derrière ces rides, derrières ces cernes, et derrière cette haleine alcoolisée.
« Vous n'êtes pas venu voir Lily » murmura-t-il dans un frisson. Brisé le silence pesant de cette pièce était quelque chose de difficile.
Snape ne lâcha pas le regard vert de Potter qui s'était fait plus dur. Cette accusation reflétait en fait une et seule question : pourquoi avez-vous fui ?
L'homme soupira fortement et se pencha sur le côté pour récupérer le verre que Potter avait posé sur la table pour le faire réagir. Harry n'eut pas le courage de l'en dissuader même s'il préférait parler à quelqu'un de sobre. Il ne savait très bien pourquoi Snape s'était enfermé dans cette pièce sombre, quelque chose le rongeait profondément.
L'ex mangemort observa le liquide alcoolisé et le fit tourner quelque seconde. Dans un reniflement de dédain, il porta le verre à ses lèvres pour boire cul-sec ce qu'il restait. L'alcool lui brûla quelques secondes l'œsophage et il se plongea dans une certaine mélancolie en regardant son verre maintenant vide.
« Lily… toujours elle n'est ce pas ? Votre femme était venue pour la même chose. Elle avait prié en pleurs pour que je prenne soin de votre gamine »
Le ton était sec et rauque. Le cœur d'Harry rata un battement et il écarquilla les yeux sous la surprise. Il ne comprenait pas ce que Snape disait, il ne comprenait pas pourquoi Ginny était venue voir Snape. Il ne comprenait plus rien. Snape croisa le regard vert totalement perdu, et tenta de reprendre ses esprits pour enfin annoncer la triste vérité.
« Et oui, Potter votre femme avait certains secrets très bien gardés. Entre autre le fait, qu'étant enceinte de Lily, elle avait accès à ses pouvoirs. Votre fille envoyait à sa mère le futur proche. Surprenant n'est ce pas ? » claqua-t-il d'un ton acide, mais ce ton était plus dirigé vers lui-même. Il ne devrait pas lui parler comme ça, se disait-il. Potter commençait à trembler devant lui. Snape se leva d'un mouvement très noble pour quelqu'un qui avait bu, et il déambula tout en continuant à parler.
« En fait non, ça c'est que je croyais au début après qu'elle soit venue me voir. En réalité, sa fille ne lui envoyait qu'une seule vision. Une seule et même acide vision. Vous devinez sans nul doute laquelle, Potter ? » cracha-t-il avec hargne.
Harry comprit bien vite de quoi l'homme devant lui voulait parler. Il se mordit violemment la lèvre pour réprimer la rage qui montait. Pourquoi était-il aussi en colère ? Snape lui transmettait-il sa colère ? Etait-il en colère contre Snape qui n'avait pas sauvé sa femme ? Ou était-il en colère contre le fait que Ginny n'avait même pas pensé le mettre au courant ?
Du sang coula délicatement sur sa lèvre déchirée que Snape récupéra rapidement en se rapprochant d'Harry. Le Sauveur put sentir les violents effluves d'alcools qui agressaient ses narines, mais il ne bougea pas. Il resta là, à rendre à Snape la dureté de son regard.
« Et elle m'a fait promettre de ne jamais rien vous dire. J'ai promis à votre femme beaucoup de choses Monsieur Potter. J'ai promis également de protéger votre fille et de continuer à vous protéger. Ses soleils disait-elle. C'est pour ça que Lily est là aujourd'hui, c'est pour ça que vous êtes là avec moi en train de me regarder avec des yeux perdus ! » siffla-t-il.
Il se retourna vivement vers la table où était posée la bouteille et évita ainsi le regard vert accusateur. Il savait que Harry allait le détester. Le haïr même de lui avoir avoué sans aucun tact, mais surtout de ne pas avoir pu sauver sa femme. Il pesta vivement. Cette femme qui avait tout prévu, aurait du prévoir que ce moment serait forcément arrivé. Ils allaient forcément se déchirer, et Snape allait sûrement perdre le Survivant.
Son cœur se serra douloureusement. Il tenait beaucoup plus à cet homme qu'il ne le pensait… Snape prit le verre qui était sur la table et attendit en le contemplant totalement vide. Il attendait quoi ? Il ne savait pas…. En tout cas, seul le silence habitait la pièce. Il n'entendait que la respiration du jeune homme derrière lui et la sienne. Ce néant absolu continua quelques secondes avant que le maitre de potions n'en puisse plus, et se retourna quelques secondes pour observer Harry.
Il était prostré, les yeux vides. Snape déglutit fortement. Comment toute la vie qu'il y avait pu y avoir dans ces yeux verts, avait pue partir ? L'image de Lily quand il s'était disputé avec elle, lui revint en mémoire. Quand il l'avait traitée de sang de bourbe dans un accès de colère, sa douce amie rousse l'avait d'abord regardé avec colère, et puis ensuite avec un grand vide. Son âme s'était craquelée quand il avait compris que les yeux verts ne s'animeraient plus pour lui. Il l'avait alors perdue à tout jamais.
« J'aurais du la sauver… » murmura difficilement l'homme en noir, comme si cette phrase était le résumé de tout ce qu'il avait fait et vécu.
Harry qui engendrait la révélation depuis tout à l'heure, se concentra de nouveau sur ce qui se passait quand il entendit le murmure presque inaudible de Snape. Il tiqua, immédiatement, et ses yeux s'agrandirent de colère. Il parcourut rapidement la distance qu'il y avait entre lui et l'homme et ne recula pas quand il vit la différence de taille entre son corps et le sien.
Le Survivant releva la tête et sonda quelques instants les yeux noirs qui avaient l'air rempli d'un profond regret. Rarement, très rarement, ces yeux montraient la faiblesse de l'homme qui les portait. S'en fut trop pour Harry qui balaya le verre de la main de Snape. Le geste sec et impulsif fit sursauter l'homme en noir qui ne put s'empêcher de suivre le verre du regard. Les morceaux de verre éclatèrent contre le mur et tombèrent dans un cliquetis dérangeant.
Harry attrapa le col de Snape, et ne se laissa pas démonter par la différence de taille.
« Ne dites pas de connerie ! C'est vous-même qui m'avez dit qu'on ne pouvait pas changer le futur. Si Ginny avait vu cela, vous ne pouviez strictement rien y faire. Cessez de rejeter la faute sur vous, cessez de vous faire du mal bon sang. Si ma femme est allée vous voir c'est parce qu'elle sentait qu'elle pouvait compter sur vous… » s'étrangla légèrement Harry.
La hargne était toujours dans sa voix, toujours dans ses yeux qu'il avait accrochés aux onyx de Snape. Cette révélation faisait mal, mais c'était la vérité. Ginny avait eu besoin de Snape. Il desserra avec douceur la prise qu'il avait eue sur le col blanc de l'homme et posa ses mains sur le torse qui cachait un battement cardiaque beaucoup trop rapide pour quelqu'un d'aussi calme que Snape.
« Vous allez l'air de vous en vouloir, alors que c'est moi qui devrait culpabiliser. C'est à cause de moi que vous en êtes là aujourd'hui. A vous saouler en pensant que la mort de ma femme est de votre faute ! » La voix d'Harry claqua durement, ce qui eut pour effet de montrer à Snape la dure réalité. Depuis 7 ans, Potter tentait de guérir alors que lui sombrait un peu plus chaque jour dans l'obscurité. « N'abandonnez pas Snape. Lily a besoin de vous…. Et moi aussi » avoua à demi-mot Harry.
Snape écarquilla les yeux quand il commença à voir la légère gène dans les yeux du Sauveur. Pouvait-il s'autoriser le pêché qu'il avait engendré, pouvait-il le sauver ? Il n'osait pas le toucher de peur de le briser encore une fois. Pourtant il leva délicatement une main blanche pour caresser le bas de la lèvre meurtrie qui avait arrêté de saigner. Harry sursauta au contact et ferma les yeux pour se laisser bercer par les sensations qui l'envahissaient. Son ancien maitre de potions fit un geste typiquement Snapien, il ricana légèrement mais pour une fois sans aucunes traces de moquerie.
L'homme aux cheveux noirs se pencha délicatement pour arriver à la hauteur du visage angulaire de Potter. Son souffle chaud, encore légèrement alcoolisé, caressa les lèvres mutines du Survivant. Snape passa ses doigts sur son visage. Il toucha sur son front, bénit son nez aquilin et parfait, sanctifia la peau qui séparait ses lèvres de son nez. Il caressa les douces lèvres roses d'une retenue rare chez un homme tel que lui. Harry resta stoïque durant l'opération. Il n'arrivait pas à détacher de ses yeux la vision de Snape en train de le toucher. Ses yeux noirs étaient perdus dans le vague et le souffle chaud qui s'échappait de sa bouche était brusque et presque erratique. Plus rien d'autre n'existait à ce moment. Plus aucunes souffrances, plus aucuns pleurs, plus aucunes nausées, plus aucuns remords, plus aucunes culpabilités.
Snape leva les yeux pour croiser les prunelles vertes. Son souffle se tordit au fond de sa gorge quand il croisa le désir implorant qui torturait les iris du brun. Il ne réfléchit plus, il n'y avait plus aucunes réflexions qui pouvaient exister quand on touchait les lèvres qu'on désirait depuis si longtemps.
Harry bloqua sa respiration, avant de souffler de bonheur quand il sentit le contact froid des lèvres fines de Snape. Il ouvrit ses lèvres et laissa Snape l'envahir. Le froid de la pièce contrastait avec la chaleur qui perçait leurs reins et qui torturait leur bouche. Harry laissa toutes ses émotions l'envahir avec force et presque trop doucement, il passa ses mains dans le cou de l'homme plus grand que lui, et décida de ne plus penser à rien d'autre qu'au corps durement compressé contre le sien.
HPHPHPHPHPHPHP
Le lendemain matin, Harry se retrouva dans les bras de Snape encore endormis des émotions de la veille. Ils ne s'étaient pas laissés tenter par un acte charnel, ils étaient juste allés se coucher vidés par leur conversation et ce qu'ils avaient vécus. Snape avait retiré sa robe noire dans un silence de plomb, ce qui n'avait pourtant pas dérangé le golden boy. Quand son ancien professeur de potions parlait beaucoup, c'est à ce moment qu'il fallait s'inquiéter.
Harry l'avait suivi sans plus de cérémonie et s'était couché à ses côtés sans un bruit en se berçant avec la respiration précise de l'homme plus âgé.
A présent, Harry regardait calmement l'homme qui n'était éclairé que par quelques rayons de soleil naissants. Le torse blanc de Snape montait et descendait dans un rythme parfait, et surtout paisible. Son visage avait aussi l'air d'avoir perdu les quelques rides qui étaient apparues avec le temps. Comme si le sommeil lui faisait perdre absolument tout les démons qui le torturaient depuis son adolescence. Le Survivant voulut avancer une main pour écarter quelques mèches noires du visage qui avait perdu de sa sévérité, mais il se retint en se disant qu'il allait surement réveiller Snape avec ce geste. Ça faisait surement très longtemps qu'il n'avait pas passé une véritable nuit vu dans quel état il était hier.
Il resta ainsi quelques instants à écouter la respiration franche de Snape et à regarder le ciel qui commençait à se dégager. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas ressenti autant de calme et autant de plénitude. Il observa du coin de l'œil le lit dans lequel il était, et il ne fut pas plus choqué qu'il l'aurait cru. L'homme qui dormait à ses côtés s'était imposé dans sa vie, et le retrouver presque nu en train de dormir lui paraissait normal et presque anodin.
Il ricana doucement de ses pensées et se dit que finalement s'était peut être ce genre de chose qui lui fallait avec Ginny. Quelqu'un comme lui, qui le comprenait, qui avait vu les mêmes horreurs et les mêmes choses. Une personne qui avait exactement la même douleur que lui dans ses yeux. Il s'en voulut quelques instants par rapport à son ancienne femme, et se rappela qu'elle était venue vers Snape au lieu de venir vers lui.
Etait-ce un message ? Avait-elle vu cette scène d'aujourd'hui ?
Son cœur se serra en repensant aux profonds sacrifices de celle qu'il avait choisie pour femme. Elle avait tout sacrifié pour lui et Lily. Elle avait tant donné. Harry était tellement absorbé par ses souvenirs et cette remise en question, qu'il ne remarqua pas que Snape s'était réveillé. L'homme aux yeux noirs, observait désormais doucement le golden boy qui logeait dans son lit. La situation ne le dérangeait pas, même s'il savait qu'il avait agi avec une bonne dose d'alcool dans le sang, ce qui le préoccupait le plus était la douloureuse lueur dans les yeux verts.
« Ne commencez pas déjà à regretter, Potter » murmura Snape avec sa voix rauque.
Harry sursauta et tourna la tête qu'il avait eu fixée sur le ciel de dehors. Les yeux noirs étaient posés sur lui et l'ancien maitre de potion le regardait d'un air nonchalant. La question de Snape remonta à l'esprit d'Harry qui s'empressa de sourire doucement à son interlocuteur. Il vit avec amusement une lueur de soulagement dans les onyx, juste avant qu'ils retrouvent leur dureté. Il ria intérieurement. Il était maintenant capable de lire dans le regard de cet homme qui avait longtemps été une énigme pour lui.
« Je ne regrette pas Snape. Je repense juste à ce que vous m'avez dit sur Ginny et je me demande vraiment si je mérite un tel sacrifice…. » souffla-t-il en souriant difficilement.
Harry baissa les yeux, repensa à tout ceux qui s'étaient sacrifiés pour lui et ferma douloureusement ses paupières. Il sentit quelque chose bouger à côté de lui, et vit que Snape avait pris les couvertures dans une de ses mains pour les rabattre sur le côté. L'homme, bien conservé pour son âge, sortit du lit dans un mouvement rapide et gracieux. Il attrapa les lunettes rondes posées sur un meuble, se retourna et les posa délicatement sur le nez aquilin du Survivant.
Celui-ci sursauta au geste et remercia l'homme qu'il avait embrassé la veille. C'était étrange, il n'y avait pas de malaise entre eux pourtant c'est comme si leur baiser était passé inaperçu. Pourtant il sentait qu'une légère complicité s'était installée entre eux et cela lui plaisait. Snape se releva après s'être penché pour atteindre Harry qui était toujours couché, attrapa un pantalon simple comme il avait rarement l'occasion d'en mettre et tendit sa chemise au Survivant qui l'observait sans retenu.
« Ecoutez bien, Harry, je ne le dirais pas deux fois. Vous avez mérité tous les sacrifices qui ont été fait pour vous. Et ce n'est pas parce que vous étiez le Survivant ou parce que vous nous avez débarrassés du Seigneur des Ténèbres. Ces sacrifices ont été fait parce que ces gens vous aimaient. D'un amour inconditionnel. Votre femme et votre mère vous aimaient, et vous ont offerts le plus beau des cadeaux. Un avenir. Elles ont absolument tout donné pour votre bonheur. Ne le gâchez pas en vous posant des questions futiles, ce serait ternir ce qu'elles ont fait » termina doucement Snape en se rhabillant. Il ne le regardait, il avait dit tout cela avec un calme serein.
Harry savait que Snape avait fait ça pour le rassurer une bonne fois pour toute et pour faire taire ses peurs, et qu'il ne recommencerait pas. L'homme en face de lui avait toujours été honnête, sec, et ne passait pas quatre chemins pour expliquer quelque chose. Il était touché par les efforts que faisait cet homme pour détruire ses angoisses alors que lui aussi avait les siennes. Le Survivant sourit intérieurement et se dit qu'il avait tout le temps d'accepter le sacrifice de sa femme s'il avait ce genre d'homme à ses côtés. Il se leva doucement avec sa chemise dans la main et l'enfila d'un mouvement simple. Avec grâce, il s'approcha de Snape qui terminait de mettre ses boutons.
Il se mit légèrement sur la pointe des pieds et remit le col droit en essayant de le lisser après l'avoir déformé la veille. Snape ricana légèrement à ce geste qui lui rappela la soirée. Devait-il faire le premier pas ? Il avait Potter en face de lui, tout près de son visage, en train de raccommoder son col. Il n'avait jamais vraiment eu ce genre de relation, il n'avait pas forcément envie de tout gâcher. Quand Harry eut terminé, il put enfin attraper les yeux verts qu'il affectionnait tant. D'un regard, ils se comprirent. Ce qui s'était passé hier, on en parlerait plus tard. Pour l'instant, profitons de la belle matinée qui s'annonçait. Un joli soleil qui cachait les prochains jours sombres qui allaient venir.
Harry enfila son pantalon, rajusta sa chemise également puis s'avança pour ouvrir la porte de la chambre qui se situait elle aussi au deuxième étage. Dans un souffle chaud, il dit à voix haute ce que Snape pensait depuis déjà quelques minutes.
« Et si on allait rejoindre Lily ? »
Merci d'avoir lu, j'espère qu'il vous a plu. N'hésitez pas à mettre une petite review, je les lis toutes et surtout je les bénis toutes. A la semaine prochaine pour la suite !
