Hellow! Ce chapitre sort assez rapidement, car on va bientôt entrer dans les choses sérieuse chers amis! ^^ Je n'en dit pas plus, enjoy!
Sous un arbre, seul, à peine révélé par la lueur blafarde d'un mince croissant de lune, un homme était affalé. Les yeux dans le vague, sa bouche entrouverte exhalait des souffles laborieux. Le visage froissé par une émotion contenue, il aurait aimé pleurer, mais aucune larme ne s'offrait à lui. Il en avait déjà trop versé dans le passé. Il était définitivement sec. Et pourtant la douleur qu'il ressentait aurait de quoi serrer le cœur de l'homme le plus cruel. Mais le sien restait de fer emmagasinant chaque jour plus de tourments.
Plus loin, assis sur une colline guettait Dietrich, veillant l'homme comme un cerbère veille son maître malade. Cela faisait une semaine qu'il épiait ainsi son mentor. Celui-ci le savait-il présent? Sans doute, mais au petit matin, jamais un indice de cette filature ne filtrerait sous son masque. Il savait le Blackfyre diminué. Pour une raison qu'il connaissait, mais ne pouvait comprendre. L'amour était-il vraiment capable de tels dégâts ? Dietrich n'avait jamais été amoureux. Et si aimer était une telle torture que même cet homme en souffrait à ne plus pouvoir fermer l'œil…il souhaitait ne jamais connaitre ce sentiment.
Récemment, les escapades nocturnes de son maître s'étaient progressivement espacées. Il le voyait prendre du repos plus souvent, comme apaisé par quelque chose. Mais dès lors que la petite avait disparue une semaine plus tôt, ses crises étaient revenues le hanter, plus violentes encore. Il devait surement ressentir une grande frustration. Ils avaient cherché partout. Vassili, Yakov, Illarion –en maudissant l'enfant entre ses dents-, Olympe, Narendra, Milo, et lui-même. Tous ceux cités –les autres devant s'acquitter des tâches indispensables au bon fonctionnement de leur unité- avaient parcouru la réserve dans ses moindres recoins, interrogés chaque personnes présente ce soir là avec la plus grande fermeté. Ils avaient même tenté de tracer la petite avec un sort. Mais rien. Ils n'avaient rien trouvé. Pas même un indice de sa localisation.
Leur rapport s'était déroulé dans un silence lourd, pesant de honte et d'insatisfaction. Comment pouvaient-ils être aussi impuissants ? La gamine n'avait que dix ans et était sans baguette! Ils étaient conscients qu'elle avait peut-être été enlevée. C'était la conclusion qu'ils avaient tiré de leurs cinq jours de recherches.
-Et maintenant ? Avait-il demandé, incertain de la conduite à tenir devant son maître qui, avachi dans son fauteuil, ne le regardait même pas.
-On attend.
Une pierre leur tomba dans l'estomac. Attendre. C'était donc la seule option qui leur restait ? Ils ne comprenaient pas ce revirement soudain. Amaury s'expliqua.
-Celui-ci ou celle qui l'a…enlevé…aura surement une rançon à me communiquer. A moins qu'Alyona ne soit déjà…morte. Donc on attend.
Dietrich n'avait jamais vu son maître trébucher sur ses mots et laisser derrière chacun un tel sentiment déchirant de résiliation. Le dragonnier avait, durant tout le temps où ses jeunes fouillait la réserve, parcouru le globe dans sa totalité, défonçant les portes des grandes familles de sorciers dont il soupçonnait des intentions hostiles à son égard ou celui de l'enfant. En une courte semaine, le dernier dragon avait rappelé au monde une devise des Blackfyre. Sa préférée.
"Sous ses ailes, les hommes s'agenouillent en prières"
Une ombre avait éclipsé le soleil, plongeant dans les ténèbres les paisibles demeures des familles Black, Malefoy, Feunoyr, et celles de nombreuses autres à travers l'Europe. Un cri monstrueux avait fait chanceler les plus orgueilleux. Frémir les plus braves. Et alors qu'Amaury pénétrait les enceintes des Lord aux sang-purs, la géhenne dans ses yeux fit baisser les têtes. Insensés furent ceux qui soutinrent les prunelles de l'homme dont les pupilles noires de jais luisaient de fureur dans la fausse nuit. Une créature infernale, juchée sur les toits des demeures somptueuses n'attendait que l'ordre de son cavalier pour exprimer sa malveillance. Mais elle n'eut nulle occasion de le faire. Tant pis, tant mieux. Dietrich n'avait vu la bête que très rarement. Elle empestait la mort. Lui-même qui pourrait se dire aguerri au dressage de dragon n'osait pas l'approcher. Cette créature était le mal et le vice. Et pourtant son maître parvenait à en maîtriser les ardeurs. Rien que pour cela, il admirait l'homme.
L'aube allait bientôt se lever. Il n'avait pas dormi de la nuit. Amaury non plus. De quelle humeur serait-il aujourd'hui. Dietrich allait se lever et s'étirer, quand soudain il sentit une présence étrangère dans son dos. Se retournant vivement, le jeune homme pointa sa baguette sur l'intrus. Ou l'intruse plutôt.
-Je vous ais finalement trouvé ! C'est donc ici que vous vous cachiez tous les…s'écria une voix enjouée.
Vivement, le grand blond posa une main sur la bouche de la femme qui se tenait maintenant devant lui. Si son maître ne l'avait pas entendue, c'était un miracle. Il faisait tout pour passer inaperçu, et cette importune venait tout gâché. Il lui semblait la connaitre d'ailleurs. Sa chevelure de miel avait poussé, et quelques pâtes d'oies étaient venues marquer son beau visage, mais fondamentalement, c'était la même personne.
-Queenie ?! Qu'est-ce que… vous ne devriez pas être ici. Comment vous m'avez trouvé ?
Alors qu'il posait la question il sentit quelque chose renifler près de sa cheville puis tirer sur le tissu noir de son pantalon. Baissant les yeux, il faillit soupir en voyant l'animal qui semblait beaucoup apprécier son odeur. Mordy, l'un des niffleurs de la famille Scamander. En faite, il ne devrait même pas s'étonner de la trouver là, avec…un caleçon sale à la main. Le sien ? La belle hocha malicieusement la tête. Dietrich blêmit, d'un coup.
Le choc écarquilla ses prunelles grises et dans un geste presque désespéré, il arracha des mains de la femme l'objet intime. Elle rit, et il détourna le regard, profondément gêné. Heureusement qu'il ne faisait pas encore tout à fait jour. Il ne ressemblait surement à rien à présent, les yeux baissés, les dents serrés, rouge de honte.
-Qu'est-ce que tu veux ? Cracha le dresseur de dragons, devenant hostile pour cacher son embarras.
L'Américaine sembla hésiter un instant entre l'un de ces sourires dont elle avait le secret et une attitude plus grave. Mais elle n'avait pas parcouru la distance les séparant du siège de la Réserve en talonnettes juste pour rigoler. L'heure était grave.
-Je veux qu'on parle de Newt. De Newt et d'Amaury.
Le fidèle apprenti se raidit inconsciemment, sentant quelque chose venir qu'il n'allait surement pas apprécier.
-Depuis qu'elle a appris la nouvelle, Tina est dévastée. Elle ne mange plus, elle ne parle plus, elle reste constamment au chevet de Newt. Quant à mes neveux, leur père leur manque. Et ça me fend le cœur de les voir ainsi.
Tina, en réalité Porpentina, était la sœur aînée de Queenie, et la femme de Norbert. Là où la première était brune, plutôt calme et réfléchie, la seconde blonde aux yeux pétillants, rayonnait. Dès qu'il l'avait vue, Dietrich avait pourtant senti qu'elle était un petit animal dangereux, dont il fallait se méfier. Mais il était tout de même tombé dans ses filets. Bon gré ou mal gré, il n'arrivait pas encore à bien déterminer ce qui s'était passé avec cette magnifique femme de vingt ans son aîné. Mais entre eux subsistait une sorte de lien qui, bien qu'affadit avec le temps, ne s'était pas rompu. La revoir lui remuait encore quelque chose au bas du ventre. Étrange sensation. Il pensait avoir oublié ce que ça faisait. Il avait tellement cherché à la haïr. Y était-il parvenu ? Sans doute pas. Au moins, avait-il réussi à la mettre à l'écart de sa vie. Jusqu'à maintenant.
-Alors j'ai décidé de traquer le coupable.
Il scrutait son visage fatigué. Il ne les avait pas décelés tout de suite, mais derrière son maquillage il devinait quelques cernes, et dans ses yeux, une grande tristesse. La petite moue qu'elle fit en disant ces mots sur un ton affirmé, lui tira un sourire. C'était rafraîchissant de la voir combative malgré cette épreuve. Aussi pour l'asticoter et souhaitant mettre de coté l'instant de honte ultime qu'il avait venait de vivre, Dietrich lâcha sur un ton narquois :
-Avec mes caleçons sales ?
Cela ne décocha même pas un sourire à la sorcière qui continua sur un ton mortellement sérieux.
-Avec ton aide.
Le grand blond perdit son rictus. Il n'était pas sûr que ce soit une bonne idée. En faite, c'était même une très mauvaise idée. Il était trop impliqué dans toute cette histoire pour jouer le traqueur et le traqué à la fois. Si son maître le désirait, il pourrait s'adonner à l'exercice. Mais là il était certain que ce n'était absolument pas le cas. Par la barbe de merlin, il aurait du sentir ce coup venir. Après tout, elle lui avait rendu service auparavant. Surement pensait-elle qu'il allait lui rendre la pareille maintenant ? Car c'était différent. Il n'était plus seul. Et cette affaire était embarrassante autant pour lui que pour son maître. C'était délicat. Pourquoi devait-elle toujours le mettre dans l'adversité ? Toujours.
-Nous sommes déjà sur le coup avec les autres. Tenta le jeune homme.
Ennuyée par cette esquive grossière, Queenie répliqua avec une pointe d'agacement, sans prendre de gants.
-Je sais bien ! Mais pourquoi Amaury ne dit rien à personne ? Il n'est pas venu voir Tina et les enfants une seule fois ! J'ai l'impression qu'il nous fuit, ou qu'il méprise notre souffrance J'ai besoin de savoir…
Entendre le nom de son maître prononcé avec autant de dédain avait comme déclenché une sorte réaction épidermique chez le prussien. Son visage s'était muré, et ses yeux gris redevenus d'acier fixaient le petit bout de femme planté devant lui.
-Savoir quoi Miss Goldstein? Déclara sa voix sèche.
Un instant désarçonné par ce soudain changement d'attitude, Queenie fronça ses sourcils. Les mots manquèrent à sa bouche un moment. Elle avait l'impression de ne plus tout à fait avoir la même personne en face d'elle. Et elle devait avouer ne plus se sentir tout à fait à l'aise. Un courant d'air glacial semblait émaner de Dietrich, et la froideur de son regard n'y était sans doute pas pour rien, elle en était presque certaine. Néanmoins, elle garda son calme et continua sur sa lancée.
-Amaury, est la dernière personne à avoir discuté avec Newt. Mais ce sont les aurors qui ont dû venir lui tirer les vers du nez. Il n'est pas venu de lui-même dire ce qu'il savait. S'il n'avait pas remarqué quelque chose de bizarre dans l'attitude de Newt la dernière nuit où il l'a vu ? Si Newt avait des ennemis dans la réserve ? Je n'en sais rien. Quelque chose. Pourquoi est-il resté muet et à l'écart de tout ça ! Newt était son ami. Déclama la belle blonde, s'emportant progressivement.
Elle n'était pas du genre à s'emballer ainsi, mais elle connaissait Newt depuis maintenant si longtemps. C'était une personne formidable. Ce qui lui était arrivé était…atroce. Elle avait parfois honte de le penser, mais elle aurait préféré qu'il soit mort. Qu'ils puissent entamer un deuil ou quelque chose, au lieu d'être spectateurs impuissants de la démence qui l'habitait maintenant. Le magizoologiste était constamment en proie à des hallucinations, et dans ses rares moments de lucidité, il ne reconnaissait plus personne. C'était une souffrance atroce pour sa femme et son fils.
Et voir Dietrich aussi flegmatique, presque détaché, la mettait progressivement hors d'elle. Que se passait-il ? Tout ça était vraiment louche. Généralement, c'était Tina la plus méfiante et circonspecte des deux sœurs, mais aujourd'hui la douleur l'aveuglait. Queenie devenait donc celle qui menait l'enquête. D'autant qu'elle avait toujours un talent qui manquait à sa sœur. L'Américaine était une légilimens accomplie. Et ajoutée à ses charmes, cette magie avait fait d'elle une femme redoutée.
-Il est très affecté par ce qui vous arrive... commença Dietrich, évitant soigneusement de regarder la femme dans les yeux, craignant que cela ne le désavoue.
La femme n'avait pas encore envisagé d'user de la force pour obtenir ce qu'elle voulait, mais le regard fuyant et la réponse vague que lui servit le jeune homme lui firent reconsidérer cette option. Désormais elle le jugeait, scrutant les micro-expressions de son visage sévère. Dietrich très vite s'en aperçut :
- Ais-je dis quelque chose qui vous aurait déplut ? Questionna-t-il
Queenie ne le quittait pas des yeux, le mettant de plus en plus mal-à-l'aise, et finit par lui dire sèchement.
-Il y a quelque chose que tu me cache Dietrich…Et je déteste ça. Déclara fatalement la femme, plissant ses beaux yeux, leur éclat redoublant d'intensité.
Et en une fraction de seconde, il su. Une décharge le parcourut. En un cri, sans pouvoir contrôler son geste, il ébranla son corps et sa main alla rencontrer le doux visage de la sorcière. Affolé, Dietrich ne savait plus qui, de la peur ou de la colère, avait prit le pas sur sa réserve et animé ses gestes. Et désormais il avait honte. Honte d'avoir été retrouvé. Honte de garder des sentiments bienveillants à l'égard de cette femme. Honte de perdre le contrôle de lui-même. Il savait. Il avait toujours su de quels moyens elle disposait pour découvrir ses secrets et le mettre à nu. Mais aujourd'hui, ça ne marcherait pas, il n'était plus le même. Pour Amaury, il était prêt désormais à lui fermer les portes de son âme.
- Je ne vais plus te laisser jouer avec moi. Tu n'es plus rien…
Il était volontairement blessant. Il lui avait fait mal physiquement, mais ce n'était sans doute pas suffisant pour apaiser la rage des émotions qui se livraient bataille en lui. Elle n'imaginait pas à quel point sa tentative raté de lire dans son esprit le ramenait à des mémoires sombres et douloureuses. Ou le savait-elle ? Après tout, elle avait eu pour habitude de le tourmenter. C'était de sa faute s'il avait failli se détourner du chemin qu'il avait choisi. Sa faute si il avait cru perdre la confiance d'Amaury pendant un temps. Sa faute si pendant deux ans, il avait dû s'efforcer trois fois plus que les autres dans son apprentissage pour la reconquérir.
-Dietrich attend…murmura douloureusement Queenie se tenant le visage.
-Ne t'avise plus jamais de prononcer mon nom. Cracha la grand blond, tournant résolument le dos à cette réminiscence d'un passé qu'il était parvenu à garder à distance si longtemps.
Fuyant vers la Réserve, tendu, tête baissée, sa longue foulée martelant le sol, Dietrich ruminait des souvenirs enterrés. Soudain, un frisson lui fit lever les yeux. Une ombre le guettait. « Il » l'attendait, l'œil d'acier, les bras croisés, adossé à une gargouille. Dietrich croisa son regard et le soutint. Passèrent quelques secondes d'échanges silencieux, puis le corps élancé s'effaça dans l'ombre laissant son plus fidèle serviteur à ses réflexions. Et le voyant disparaitre sans un mot, le jeune homme sentit poindre en lui le doute. Son maître savait-il ce qu'il venait de se passer? Son silence et sa loyauté n'avait jamais été denrée négociable. Qu'Amaury continue à lui confiance était une chose inestimable pour lui. Il priait chaque jour pour que cette confiance perdure. Mais au dessus de sa tète, il le sentait bien, se balançait toujours sinistrement une épée de Damoclès.
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Dumbledore soupirait. Accablé. L'enfant avait disparu. Disparu. Evaporée. Comment ? Comment était-ce possible ? Lui qui avait cru l'étreinte d'Amaury autour de l'enfant inextricable, quelqu'un était parvenu à l'en extirper. Qui ? Il avait des suppositions, mais aucune certitude. Très vite, toute la réserve avait été en effervescence. Il avait été retenu –disons qu'il avait accepté de rester car personne ne peut entraver Albus Dumbledore- pour être interrogé. Mais il ne savait rien, absolument rien. Amaury dans sa méfiance et sa frustration avait souhaité utiliser du véritasérum pour son interrogatoire. Ils auraient été en Angleterre, le directeur de Poudlard aurait refusé, mais en Roumanie, les lois étaient différentes. Soit. Il aurait pu dire s'enfuir, mais il avait choisi de ne pas donner matière à se méfier à la seule personne qu'il cherchait à apprivoiser. Il ne s'était pas défilé, même s'il devait avouer qu'il avait craint un instant que les questions posées ne déviassent sur un sujet sensible. Sujet épineux qui nourrissait l'animosité que l'homme lui portait. Sans doute devraient-ils crever l'abcès un jour, mais ce n'était pas celui-là. Les questions étaient restées concentrées sur la gamine et il s'était trouvé innocenté.
Alors….Qui donc s'était approprié l'enfant par la ruse ou la force ? Et où était-elle actuellement ? Il ne pouvait formuler de réponses sures. Aussi, Dumbledore quitta son bureau pour regarder par sa fenêtre le jour se coucher, Fumseck entamant un trille espiègle. Il y avait divers moyens de le savoir. Des moyens plus où moins légaux, plus ou moins longs. Il avait pensé un instant jeter un sort de traçage, mais cela n'avait rien donné. Passer au crible les esprits de tous les gens présents cette nuit là pour essayer d'entrapercevoir l'identité d'un possible suspect ? Bien trop long et presque impossible. Non en réalité, il y avait plus simple.
Le vieillard jeta un coup d'œil à son cabinet de curiosité. Des tas de petits objet sifflaient, et s'agitaient sur leurs présentoirs, mais un en particulier retint son attention. Un outil particulièrement utile lorsque tout sort se révélait inefficace. Un véritable trésor de magie. Hélas, il ne pouvait l'utiliser. Il ne présentait pas les conditions requises. Alors il se remémora, le visage de celui qui lui en avait fait don. Le port altier, le regard brûlant d'un enthousiasme communicatif, toujours railleur mais bienveillant. Prometheus Feunoyr n'avait rien à envier à ses cousins Anglo-Saxons. Il n'était héritier de rien, mais s'enorgueillissait de ses prouesses magiques. Chercheur, aventurier, archéologue, dans sa vie l'homme n'avait rien eu à perdre, mais tout à gagner. Et cet objet, il l'avait acquit de haute lutte dans les profondeurs des mers du sud. Une sacrée histoire, qu'il aimerait raconter à Alyona s'il lui était permit un jour de l'avoir entre ses mains. Car que lui voulait-il en réalité ? Rien de plus que de la voir évoluer dans le monde que ses aïeux ont contribué à bâtir. Vraiment ?
Toc. Toc. Toc.
Il se retourna et donna la permission d'entrer. Le sorcier qui venait à lui n'était sans doute pas au courant de ce dans quoi il était désormais englué. Il était un pion et un espion. Alphard Black ne savait rien des plans qui se tramaient, parsemés de fils à son nom. Et il resterait dans l'ignorance encore un peu. L'expérience avait bien souvent appris au vieux sorcier que toutes les vérités n'étaient pas bonnes à dire. Du moins pas trop vite, pas tout de suite.
-Vous m'avez appelé Professeur ?
-J'ai une mission à vous confier Alphard.
L'homme ne dit rien, l'observant attentivement. Il était aux ordres, certes, mais n'était pour autant ni aveugle, ni sourd, ni stupide. Il était au courant de ce qui s'était passé à la réserve. Il savait pour Newt. Il savait pour Alyona. Et Dumbeldore savait qu'il savait. Le Black devinait que s'il l'avait appelé, c'était pour commencer à avancer ses pièces. Maintenant, la seule chose qu'il ignorait, était quel coup le vieil homme allait jouer. Qu'allait-il devoir faire ? Dire ? Avec qui ? Contre qui ? Trouverait-il le moyen d'apporter sa touche et de modifier le jeu pour qu'il serve aussi ses intérêts ?
-Je souhaiterais que vous apportiez ceci, à notre ami commun.
Albus s'était dirigé vers l'objet de ses pensées, l'avait saisi entre ses mains noueuses pour ensuite le placer dans celles jeunes et fortes du Sang-pur. Alphard, resta un moment interdit. Il scruta l'objet. Une petite boite en argent, assez lourde et ancienne. Il n'essaya pas de l'ouvrir, mais elle l'intriguait.
-Qu'est-ce que c'est ? Osa-t-il demander, craignant intérieurement pour le destinataire de ce « cadeau ».
-Un marché. Déclara Dumbledore, un doux sourire énigmatique aux lèvres.
Il fit signe au Black de s'asseoir et commença à lui expliquer plus en détail ce qu'il en était. L'œil d'Alphard s'écarquillant à mesure qu'il comprenait ce qu'attendait de lui le sorcier.
-Vous avez compris ce que je demande ?
Alphard dévisageait le mage en face de lui. Il s'était toujours fait une haute idée de l'homme. Dumbeldore était un être bienveillant, il ne pouvait pas le nier. Pourtant quel était ce sentiment de malaise qu'il ressentait à présent ? Etre bon ne voulait pas dire être innocent. Albus Dumbldedore pouvait être un véritable serpent, et lui commençait à peindre à entrevoir cette part de lui. Mais pourquoi souriait-il alors ? Il avait une idée. Ce plan était sans issue, et pourtant lui en voyait une. Devait-il le faire savoir?... Non…Non. Il ne devait rien dire. Il avait sa propre partition à jouer désormais.
-Parfaitement professeur.
C'était quitte ou double.
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Je lui avais donné rendez-vous à 20H. Un peu impatient, je fixais ma montre. Enfin…était-ce seulement de l'impatience ? Je devais m'avouer être un peu nerveux. J'étais assis à l'ombre d'un vieux saule dans un parc de Bucarest. Un endroit neutre. Je ne souhaitais pas que des éléments perturbateurs puissent venir troubler cet entretien. Je jouais surement ma vie. Et si Dumbledore se remettrait sans mal de perdre cette partie, moi pas.
Je tripotais entre mes mains moites l'objet qu'il m'avait chargé de « négocier ». Je le regardais dans tous les sens sans pour autant parvenir à en être convaincu. Mais après tout, si Dumbledore disait qu'il était la clé au problème qui se posait, alors il devait surement l'être. Si non, j'étais dans une très mauvaise posture. Sous serment, je ne pouvais décevoir. J'allais regarder une fois de plus ma montre quand une voix s'éleva près de mon oreille.
- Bonsoir Alphard.
Je me tournais vivement pour découvrir adossé au même arbre, Amaury. J'avais retenu un cri de surprise. Je ne l'avais pas entendu arriver. Il s'était approché telle une ombre. Ou alors je manquais cruellement d'oreille et d'attention. A cet instant précis, j'étais secrètement heureux de ne pas être son ennemi. Un homme qui peut s'approcher de vous sans éveiller le moindre de vos sens, s'il vous veut du mal, est un homme à craindre. Un peu de profil, je dévisageais ce lointain cousin. Il avait l'air plus sombre que jamais, ses yeux perdus dans l'étendue de verdure qu'offrait le lieu. Songeur ? Préoccupé plutôt. Le sort d'Alyona l'empêchait-il de dormir ? Ses joues s'étaient creusées un peu. Quand avait-il mangé pour la dernière fois ? Je n'oserais pas lui poser la question. J'étais là pour une chose bien précise.
-Je viens de la part de Dumbledore.
Regardant Amaury sortir une pipe de nulle part, je me tus. Il n'était pas étonné. Il prit un temps qui me sembla infini pour l'allumer et en tirer une bouffée. Il n'avait même pas tiqué au nom de Dumbeldore, songeais-je. Était-il trop fatigué pour cela ? Avait laissé de côté sa rancœur envers le sorcier ? J'en doutais. Après tout, l'homme était bien trop impliqué dans l'histoire des Blackfyre pour qu'il soit si aisément gracié.
-Je t'écoute.
Son timbre grave et sombre me parvint aux oreilles, remuant en moi quelques souvenirs. Je me levais pour m'asseoir finalement en face de lui. Il m'ignora, me laissant faire à me guise. Je pris une grande inspiration. Je ne voulais pas paraitre anxieux. Je posais ma voix, et prit mes tripes en main.
-J'ai en ma possession un objet que Dumbledore m'a demandé de te remettre…
Je ne lui présentais pas l'objet tout de suite. Il me fixait de ses yeux vairons, si troublants. Son visage n'exprimait aucune émotion. Je le connaissais en colère, sardonique, déterminé, serein. Quand l'avais-je vu aussi froid et indifférent pour la dernière fois ?
-Il devrait de te permettre de retrouver Alyona.
Je finis ma phrase, et faillit manquer le tressaillement qu'elle déclencha. Amaury me dévisageait maintenant comme s'il sortait d'un rêve. Un peu déphasé. Il ne dit rien, mais je pouvais voir derrière le voile gris de ses yeux s'agiter milles questions. Il me laissa poursuivre.
-Tu es le seul à pouvoir en faire usage et pour cela, il faut que tu écoutes… ton cœur et son désir le plus profond. La flèche et le cristal t'indiqueront le chemin.
En reprenant les paroles de Dumbledore, je sortis l'objet et le présentait dans la paume de ma main. Amaury y jeta à peine un coup d'oeil, me dardant à nouveau de son regard glacé, me laissant comme transi. Et à nouveau il me surprit en réclament sans ambages.
-Et en échange ?
Amaury n'avait rien dit jusque là. Mais pour autant, il n'était pas dupe. Il connaissait sans doute Dumbledore mieux que moi je ne le ferais jamais. En revanche, je pouvais affirmer connaitre Amaury mieux que lui-même à certaines occasions. Après tout, nous avions vécus sous le même toit assez longtemps pour que je puisse percer à jour certains de ses artifices. Aussi, je pris un temps avant d'énoncer la réponse à sa question.
-Si tu retrouve Alyona grâce à son artefact, il désire qu'elle ses études à Poudlard.
Il y eu un moment de silence. Je me préparais à voir se déchaîner une colère tempétueuse. A ma grande surprise, rien. Il n'en fut rien. Amaruy continua à fumer sa pipe en m'observant. Et ce fut alors qu'il me dit calmement.
-Qu'en pense-tu ?
Je sursautais. Je marmonnais. Question à mille galions. Je ne pensais pas avoir à répondre là-dessus. Mon avis n'avait pas vraiment d'importance n'est-ce pas ? Devais-je m'avancer au risque de me brûler ? Etre sincère ou mentir ? J'étais un Serpentard. Je laissais la témérité à d'autres.
-Je pense que c'est du chantage…avançais-je prudemment.
-Vraiment ? Questionna, ironiquement le maître-dragon.
Un obscur sourire aux lèvres, il m'invita à poursuivre. Je continuais donc sur ma lancée.
-Mais que nous pouvons retourner la situation à notre avantage. J'ai déjà pensé à tout.
Là Amaury eu un ricanement, que je ne pus interpréter. Se moquait-il de ma naïveté?
-Eblouis-moi. Railla sa voix rauque.
Oui sans doute se moquait-il. Qu'importe, je n'étais pas à la recherche d'une complaisance ou même d'une reconnaissance de sa part. Celui que je cherchais à impressionner était mort il y a bien longtemps. Je souhaitais juste faire ce qui devait être fait pour me faire pardonner. Qu'il raille ou rigole ne devait pas m'atteindre. Mon but était la rédemption.
-Accepte la proposition de Dumbeldore. Prend l'objet, retrouve Alyona, et permet lui d'aller à Poudlard. En tant que Professeur à Poudlard, je veillerais sur elle et pour les vacances, elle pourra loger chez-moi. Tu pourras la voir là bas. Qu'en dis-tu ?
Je le vis réfléchir un instant, puis prend un air des plus circonspects. Toujours adossé contre le saule pleureur, il jaugea froidement ma proposition, et tel un requin, mordilla ma main tendue.
-Imaginons que j'accepte…je n'y gagne pas grand-chose. Suis-je vraiment à l'agonie au point d'accepter cette offre bancale ?
Certes je ne m'attendais pas à ce qu'il soit particulièrement heureux de cette histoire. Il détestait profondément Dumbledore, car le « vieux fou » comme il l'appelait, n'était pas non plus du genre à faire don de quoi que ce soit sans arrière pensées. Mais là, ils jouaient tout de même la vie d'un être humain. Se pouvaient-ils qu'il le haïsse au point de ne faire d'Alyona qu'un point de détail ? Je ne connaissais pas le passé d'Amaury, et ses griefs avec Dumbeldore. Mais là, on parlait de la chair de sa chair ? Lui restait-il aussi peu de cœur ? Savait-il à quel point j'aurais aimé avoir la chance de m'occuper de l'enfant à sa place ?
-Tu sais… commençais-je doucement, une boule dans la gorge. Dans les affaires d'enlèvements d'enfant, il y a peu de chance de survie au-delà des premières 24H. Cela va bientôt faire 6 jours. Pense à Alyona, c'est tout. Si elle est encore en vie, essaye d'imaginer ce qu'elle vit, ce qu'elle ressent en ce moment. »
Amaury lui, me regardait plus intensément que jamais. Pouvait-il lire mon âme ? Je n'en serais même pas surpris. Il avait toujours eu des pouvoirs bien au-delà des miens. Je pourrais en être jaloux si son empathie et sa capacité à manifester de l'affection n'étaient pas aussi inexistantes. Être aussi vide d'émotions positives finirait par me rendre malade et me tuer. Etre un Black ne signifiait pas être sans amour.
-Cela a l'air de te préoccuper vraiment ….Tu ne l'as jamais vu, pourquoi t'en soucier ? me demanda Amaury , les sourcils froncés, méfiant à l'égard d'un tel intérêt à l'égard de l'enfant.
Ma réponse jaillit comme une évidence.
-Parce que nous sommes une famille.
Un silence s'imposa. Amaury ouvrit de grands yeux, sembla réaliser quelque chose, mais ce fut fugace. A quelques secondes près on aurait put croire que l'instant n'avait jamais existé. Il était à nouveau distant. Je baissais a tête, honteux de m'être ainsi ouvert. J'étais si niais de croire que la famille comptait encore pour cet homme. Allait-il comprendre mes véritables intentions ?
-Alphard…
Je relevais les yeux. Il me regardait. Et…il souriait. Pourquoi ? J'ouvrais la bouche sans pouvoir dire quoi que ce soit. Il ne ricanait pas comme il avait pris l'habitude de le faire. Non. Il souriait. D'un sourire doux et chaleureux, tel celui d'un grand frère. Tel que je n'en avais plus vu sur son visage depuis…je ne parvenais même pas à m'en souvenir. Et j'étais bêtement heureux. Pourquoi ?
-Tu as raison. Nous sommes une famille.
Mes yeux ! D'un revers de manche je les essuyais. Je ne savais pas vraiment pourquoi je pleurais et en même temps ne pouvais m'empêcher d'être heureux. Je ne pensais pas que mes mots auraient une telle portée. Je n'étais pas le mieux placé pour faire réagir ainsi Amaury. J'étais le plus petit, celui qui recevait des ordres, qui suivait ses frères, qui n'avait pas son mot à dire. De Cygnus et Orion, j'étais de loin celui qui avait passé le moins de temps avec Amaury. Il avait 20 ans que je balbutiais encore dans les jupes de ma mère. Je ne saisissais pas ce partage d'émotion aussi soudain. Pourquoi je chialais comme un gosse à qui on venait d'annoncer la mort de son héros préféré alors que je devrais être heureux de voir un sourire apparaitre sur cette face burinée. Je ne savais pas.
- Et pour cette raison, tu vas venir avec moi. Nous allons chercher Alyona ensemble.
J'acquiesçais, de moins en moins capable de contenir mon enthousiasme. Peut-être que tout ça allait bien se finir après tout.
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Ses cheveux, en mèches noires et filassent lui collaient au visage sous la pluie battante. Ils venaient dans transplaner dans un lieu qu'ils connaissaient bien. Hélas. Devant eux, s'étalaient à perte de vue, les ruines de son enfance. A coté de lui, Alphard ne disait rien. Mais l'émotion qu'il ressentait à la vue de cette disgrâce était palpable. Lui, avait l'impression d'y être encore. Rien n'avait bougé depuis qu'il était parti. Chaque piliers, chaque colonne encore debout lui rappelait ce jour sinistre. Il n'aurait jamais pensé atterrir de nouveau ici. Là où tout avait commencé.
Dans sa main, la petite boite d'argent cachant une boussole magique, chauffait à lui en brûler les doigts.
« Pense à ce que tu désire le plus au monde… » Lui avait soufflé Alphard en la lui remmetant.
Il avait fermé les yeux. Derrière ses paupières, se dessinait son visage lui souriant encadré par ses boucles brunes, ses yeux réjouis, sa voix…Il avait peine pris l'objet entre ses mains que la boussole se mit à tourner follement, la pierre à scintiller, et sans prévenir ils se retrouvèrent pris dans une spirale –très semblable à celle d'un portoloin- les projetant tout deux dans une vision du passé. Son cœur eut un soubresaut. Il connaissait ce paysage. Il y avait vécu toute sa jeunesse. Sur une colline boisée, se dressaient ses immenses tours couvertes de lierre, ses murs de pierres noires percés de grandes verrières, son gigantesque dôme de diamant que même le temps n'avait réussi à ternir. Les jardins. Les écuries. L'arène. Le palais d'hiver, celui d'été. Tout était encore debout. Husfÿr. La dernière demeure des dragons.
-J'ai l'impression que c'est hier que j'ai quitté cet endroit. Murmura Amaury, incapable de cacher son désarroi. « Qui ? Comment ? Pourquoi cette maison ? »
Alpharf lui jeta un regard désolé.
- Si la boussole l'indique, Alyona est forcément ici… Allons jeter un œil.
Tel un automate, Amaury sentit son corps s'animer, et marcher droit vers les portes immense de l'incommensurable demeure. Après la surprise, c'était désormais une colère sourde qui grondait en lui, brûlant de savoir qui avait osé violer le calme du royaume de ses ancêtres.
Au chapitre suivant, vous en saurez plus sur les Blackfyre sur leurs liens avec les Black et Dumbeldore. Rendez-vous le mois prochain!
PS: J'ai fait un petit clin d'œil à un de mes films préféré! Celui ou celle qui trouve, je répond à n'importe laquelle de ses questions sur l'histoire! ^^
