Kikoo à tous et à toutes !
Désolée pour le retard monstre mais après la JE, j'ia repris directement mon stage et avec les horaires que je fais, j'étais trop claquée. C'est méchant de ma part quand on sait sur quoi je vous avais laissés au dernier chapitre.
: Journal des Reviewers :
Soma Kibi : Je ne te le fait pas dire que ça va barder. Mais heureusement que je vais intervenir pour éviter le massacre. T.T Kiss et merci !
Mel : Ca c'est sûr. Mais ne t'en fais pas pour Zero, je l'aime trop pour lui faire (trop) de mal. Kiss et merci !
Kazehino Tsuki : En effet, ça n'a rien d'une coïncidence. Après, il faut comprendre le pourquoi des choses. En tout cas, merci ! Kiss !
Miss Mary Rose : Non non, les fins tristes, c'est uniquement pour les persos que j'invente. XD Les perso existants déjà survivent en général toujours avec moi. Kiss et merci !
Petit mot sur la JE, j'avais envie de le faire. XD En mettant de côté cette histoire de billets privilèges qui, pour moi, ruine le côté bon enfant et chaleureux de cette convention ET cette histoire de dédicace par tirage au sort (en plus de devoir payer pour pouvoir ensuite être frustrés !!), je me suis super bien amusée. Compliment particulier aux cosplayers individuels qui m'ont scotchée à mon siège par le niveau des costumes dignes d'un niveau haute voltige. On a même eu droit à une demande en mariage pour chez un duo dans le cosplay groupe. XD Des amis à moi mitigent la beauté de la chose en murmurant un potentiel « Prévu pour faire craquer le jury » mais moi, j'ai envie de croire à la magie. Je sais, je suis une grande romantique… (on ne dirait pas comme ça, hein ? XD). En tout cas, vivement l'année prochaine avec j'espère, plus mangakas femmes.
IX : En Enfer
Son visage blême. Ses yeux inexpressifs. Son col déchiré. Son sang.
Zero plaqua sa main devant ses yeux en serrant les mâchoires. C'était irréel, ce n'était pas concevable. Quelqu'un avait dû lui effacer la mémoire pour y insérer de faux souvenirs car cette image ignoble qui flashait dans sa tête ne pouvait pas être vraie. Ca ne pouvait être que cela.
Que s'était-il passé ? Une question dont la réponse était l'évidence même, il ne pouvait cependant pas s'y résoudre. Il n'était pas capable de poser un mot sur son crime.
Il l'avait attaquée. Non. C'était encore pire que cela. Il l'avait traquée et chassée comme le loup poursuivait le lapin. Pour que Yûki fût dans l'état dans lequel il l'avait découverte, il ne voyait que cela. La jeune fille, sa précieuse et tendre amie d'enfance était devenue la proie que le monstre qu'il était avait pratiquement égorgée. Ses mains tremblèrent avec violence.
Comment avait-il pu commettre une telle abomination ? COMMENT ! Avait-il finalement dégénéré au Level E qui signait ainsi son point de non retour ? Dans ce cas, pourquoi était-il ici, dans ce couloir, à frémir de tout son être en se répétant sans relâche « Je l'ai tuée ! » ? Pourquoi ressentait-il cette impression qu'on lui avait ouvert la poitrine pour extraire son cœur avec des tenailles ? Un monstre n'avait pas de remord après avoir semé le chaos ! Cela signifiait-il donc qu'il subissait encore des crises vampiriques « normales » et qu'il venait de s'en prendre à Yûki dans la légitimité la plus innocente ?! Ses entrailles se tordirent.
Zero eut beau forcer sur sa mémoire fumeuse pour tenter de se rappeler, il faisait un blocage. Il se revit quitter le parc de l'académie, se coucher dans son lit… et la vision de cauchemar de sa partenaire gisant au sol dans une flaque de sang encore chaud.
- Yûki !
Ce fut le premier mot qu'il fit crisser entre ses dents depuis qu'il s'était réveillé. Il pensait avoir perdu l'usage de la parole après s'être époumoné comme un dément. Mais maintenant qu'il venait de prononcer son prénom, il s'en voulut. De quel droit s'autorisait-il à l'appeler, maintenant que ce qu'il avait tant redouté s'était produit ?
Une fraction de seconde, il avait cru que c'était un autre qui avait fait cela. C'était d'ailleurs la première chose à laquelle il avait pensé. Mais quand il avait senti le sang atrocement délicieux de la jeune fille salir ses lèves, son menton et sa poitrine, il avait compris. Douloureusement compris. Son cauchemar avait pris forme concrète.
Après cela, sa mémoire grésillait car elle n'avait imprimé que la scène de Yûki à terre. Le reste ne lui revenait que par à-coups. Il ne revit qu'une faible lumière vacillante au détour d'un couloir. Le visage médusé de Kaien Cross éclairé par la flamme d'un chandelier. Une tâche de sang écarlate étalée sur le parquet. Le directeur avait dû l'emmener à l'infirmerie au pas de course.
D'ailleurs, où était-il lui-même en ce moment ? Il faisait sombre loin des hautes fenêtres. Il errait d'une allure traînante dans un couloir désert. Il ne savait pas où il allait ni pourquoi il y allait. Il devait bouger. Il avait besoin de mouvement, sans doute pour éviter de s'endormir, de peur de sombrer encore dans sa spirale ensanglantée. Comment aurait-il pu dormir de toute façon avec cette image qui empêchait ses paupières de se refermer ?
Le jeune homme baissa les yeux sur lui. De grosses tâches sombres parsemaient le devant de sa chemise et souillaient encore la partie de sa gorge qui n'était pas couverte par le tissu. Ses doigts crispés se resserrèrent lentement sur son vêtement sali. Il était prêt à se l'arracher en même temps que sa peau lorsqu'un son étouffé l'interpella.
Il tourna la tête vers une porte un peu entrebâillée. Il la connaissait. C'était l'ancienne chambre que Yûki occupait quand elle était enfant avant d'occuper celle qu'elle partageait avec Sayori Wakaba. Il s'approcha sans un bruit et fit glisser son œil améthyste dans le petit interstice.
Elle était là. Etendue dans son lit avec son père adoptif à son chevet en train de retaper un peu son oreiller. On l'avait déshabillée pour la changer dans une petite robe de nuit au décolleté carré afin de ne pas gêner le bandage qui entourait tout son cou.
Le cœur de Zero se souleva lorsqu'il vit la serviette humide imbibée de sang qui dépassait d'une bassine d'eau tiède posée sur la table de chevet. Combien de sang avait-il pris et combien en avait-il versé ?
Les traits tirés par l'anxiété, Kaien Cross posa la main sur le front de la jeune fille et passa ses doigts dans sa frange avec un geste d'apaisement. Il paraissait encore choqué. Yûki ne l'était plus. Elle était inconsciente, les paupières closes et la respiration faible. Elle était toujours vivante, cette pensée laissa infuser un soulagement incommensurable dans l'âme gelée de Zero. Il avait commis l'inexcusable, mais pas l'irréparable.
Elle était si pâle et si fragile, il l'avait brisée entre ses doigts sans aucune retenue. Il l'avait déchirée. Son étoile ne brillait plus pour lui, elle faiblissait même jusqu'à s'éteindre.
Tout à coup, le directeur tourna la tête vers l'entrebâillement de la porte et leurs regards se rencontrèrent. Zero sursauta et eut un mouvement de recul spontané. Il ne voulait pas qu'il regarde la bête qu'il était.
Le jeune homme s'écarta de la porte et repartit en courant dans le couloir. Il savait que l'homme allait lui proposer d'entrer pour voir Yûki et cela lui était impensable. Il n'avait plus le droit d'être près d'elle pas plus que celui de pouvoir poser les yeux sur elle. Elle l'avait déjà suivi trop longtemps dans les ténèbres au point de s'y perdre. Il devait la laisser maintenant. Pour son bien.
Il courut ainsi seul dans le silence du corridor dans un temps qui lui parut une éternité. Il revoyait un par un les détails de son cauchemar dans une lenteur telle qu'il se sentait devenir fou. L'écho de ses pas correspondait au « plic » mouillé d'une goutte de sang qui s'échouait au sol.
- Kiryû.
Cette voix était claire, posée et très peu forte. Elle l'arrêta toutefois aussi brusquement que si on lui avait tiré dans le dos. Il releva la tête. Debout près d'une table de verre, un jeune homme à la chevelure bouclée brou de noix détourna son regard de la partie d'échecs qu'il était en train de disputer contre lui-même. Ses iris amarante luisaient dans le noir avec un hiératisme hiémal. Non. A présent qu'ils s'étaient posés sur Zero, ils avaient pris une teinte rouge cardinal.
Le garçon aux cheveux couleur de neige soutint son regard sans ciller. Il se revit quelques temps en arrière, le premier soir où il avait succombé à ses pulsions de vampire. Kaname s'était dressé devant lui dans tout son jansénisme. Mais ce soir, personne ne viendrait s'interposer entre eux pour empêcher une catastrophe, et au fond, ça lui était égal.
Le vampire baissa lentement les yeux sur le torse de son rival et considéra les tâches de sang sans le moindre mot. Il ne fit que plisser les paupières avec froideur, le poing serré sur sa table d'échecs.
- L'exhalaison de son sang a littéralement saturé mon odorat, souffla-t-il d'une voix frémissante de colère.
- Je ne voulais pas.
- Mais tu l'as fait !
Des vitres proches se zébrèrent quand sa voix claqua comme un fouet. Kaname s'avança vers Zero sans le lâcher des yeux. Ils étaient rouge aniline, la couleur s'éclairait à mesure que sa fureur s'assombrissait.
- Tu as osé répandre le sang de Yûki sur l'abomination que tu es devenu, siffla-t-il avec un trop grand calme. Je ne laisserai plus ton poison l'occire à petit feu.
C'était étrange. C'était au moment où il affrontait la Mort dans les yeux que Zero se sentit le plus lucide. Il analysait chaque mot prononcé, en décryptait le sens sans difficulté et fabriquait les conséquences potentielles qui en découlaient.
Zero haïssait Kaname de tout son être, c'était un fait infrangible. Pourtant, en cette nuit sinistre, il lui donnait raison en toutes paroles qu'il avait.
Le jeune homme comprit qu'il attendait une réponse à ses menaces. Il ne savait quoi dire. Il n'y avait rien à dire d'ailleurs. Il ne voulait pas se trouver d'excuses, il n'en avait pas. Il se reconnaissait coupable et attendait la sentence.
Le vampire s'irrita de ce silence.
- Elle a failli mourir par ta faute, Zero Kiryû, et c'est tout ce que tu trouves à dire ?
- Il n'y a rien à dire sur ce que j'ai fait. Je n'ai jamais voulu cela. C'est tout.
Le regard incandescent de Kaname s'embrasa de haine condamnatrice. Ca y est. Il allait enfin le tuer.
Zero le dévisagea sans trace de rancune ou de peur.
- Tu veux la venger ? Vas-y.
Cette déclaration eut l'étrange pouvoir de rasséréner le juge exécutant qui finit par se calmer complètement. Ses iris étaient de nouveau normaux, mais leur lueur assassine ne les avait pas quitté.
- Je devrais te tuer pour ce crime, reprit-il dans un murmure de gel. Mais je sais que tu es un homme avec assez d'honneur pour épargner à Yûki un pardon inutile tout comme je suis un homme qui veut lui épargner une nouvelle souffrance.
Zero se raidit et Kaname baissa encore la voix.
- Le sang a le sang pour tribut. Tu le sais mieux que moi, Kiryû.
Le choc passé, le jeune homme hocha faiblement la tête. Pour avoir un sang d'exception, Yûki payait en subissant les assauts sanglants des vampires et lui, pour avoir osé verser celui qu'elle lui offrait, il aurait à rembourser avec le sien. C'était juste, c'était équitable, c'était… légitime.
Kaname contempla Zero s'éloigner dans la pénombre du couloir avec stoïcisme. Une fois que le son des pas cessa de lui parasiter l'ouïe, il retourna près de sa partie d'échecs. Il prit appui sur ses bras de part et d'autre du plateau de jeu et se pencha sur ses pièces en cristal transparent ou soufflé. Quelle épineuse partie. Sa reine noire s'était effondrée près de son roi encore debout.
Il tendit la main et prit un de ses pions noirs qu'il fit glisser sur le damier.
- Echec.
Le fou blanc se renversa, roula et se brisa à terre en mille éclats.
¤ - ¤ - ¤
- Hmm…
- Ah ? Yûki… Doucement…
Sa conscience venait tout juste de reprendre sa place dans sa tête qu'on la contraignit à la mettre encore en suspens par une main tiède sur son front de cauchemar. Cette douceur l'apaisa dans la seconde, elle calmait son corps refroidi par des frissons continus.
Yûki ouvrit lentement les paupières et découvrit sa chambre plongée dans la lumière blafarde de la lune. Il régnait en ces lieux un silence tel qu'elle se crut sourde. Ses tympans avaient-ils implosé après tous ces bruits qui les avaient assaillis ?
Elle grimaça alors qu'elle voulut étirer un peu son bras. Une douleur lancinante faisait des vagues entre à la courbure de son cou vers son épaule. Un long bandage lisse qui lui servait d'écharpe se chargeait de contenir le mal.
Les doigts qui emmêlaient les mèches de sa frange remuèrent un peu. Elle tourna la tête vers ce visiteur qui la veillait.
Des longs cheveux sable retenus en queue de cheval qui voilaient ses traits mûrs fatigués et des yeux toujours pétillants sertis de lunettes en demi-lune, elle reconnut tout de suite cet homme au sourire bienveillant et enroulé dans son châle.
- Directeur… fit-elle d'une voix rauque.
Kaien Cross eut un petit rire mi désespéré mi amusé.
- Même dans un état pareil, tu ne m'appelleras donc jamais « papa »… ?
Elle ne lui répondit que par un sourire épuisé qui mourut très vite au changement d'expression de son père adoptif. Il était sombre. Il n'eut pas à parler car la jeune fille le devança :
- Et Zero… ?
Le directeur ne souriait plus du tout maintenant. Il baissa tristement les yeux.
- Il est dévasté, avoua-t-il nûment. Yûki, pourquoi ne l'as-tu pas arrêté ? Tu as ton bracelet, tu le sais.
Tout lui revint dans la violence d'un flash tâché de sang. Sa terreur, son cœur au bord de la rupture, l'étreinte forcée, son appel peint au désespoir, la douleur insoutenable.
Elle n'avait pas su l'arrêter. Elle aurait pourtant pu le faire quand Zero était encore dans sa chambre et qu'elle avait réussi à s'enfuir ; elle n'avait eu qu'à tendre la main pour atteindre le cou du garçon. Elle n'avait rien fait pour empêcher son ami de sombrer dans les ténèbres. Pourquoi…
Son âme déjà meurtrie se fracassa comme le verre. Parce qu'elle était morte de peur. Parce que le visage aveugle de Zero l'avait tellement effrayée qu'elle n'avait songé qu'à s'enfuir pour lui échapper. Elle avait fui comme la dernière des lâches.
Elle avait abandonné Zero. Seul avec son double façonné de noirceur.
- Je… n'y ai pas pensé… articula-t-elle dans une voix brisée.
Kaien recueillit du revers de l'index les larmes de dégoût qui roulaient sur les joues pâles de sa fille mortifiée. Il devinait sans peine ses sentiments et voulut nuancer la triste situation.
- Là, là… Ne pleure pas. Tout va bien maintenant. L'important, c'est que tu sois en vie.
Les yeux de la jeune fille se dilatèrent d'affolement. « Vie »…
« Si un jour mon côté humain disparaît et que je deviens un vampire fou… Ce « jour » viendra forcément, et ce jour-là, je veux que ce soit toi qui me tues. »
Il était étrange de voir à quel point le métal s'embellissait avec les rayons de la lune. La couleur acier passait dans une teinte étain sous une lueur blanchâtre tandis que les ombres demeuraient d'un bleu turquin profond.
Son regard longea l'objet dans toute sa longueur en prenant soin d'apprécier les détails. L'inscription « Bloody Rose » était tracée de manière si aérienne et légère qu'elle semblait écrite à la plume. Il n'avait jamais remarqué que la taille de la crosse de son fidèle compagnon de patrouille était parfaite pour celle de sa paume. A croire qu'il avait été fabriqué spécialement pour lui.
Zero demeura un très long moment sans bouger, perdu dans la contemplation de son destin. Le profil de sa silhouette longue et élancée se détachait contre la clarté de la fenêtre près de laquelle il se tenait dans un contraste saisissant. La lune avait été témoin de son réveil, elle assisterait donc à son coucher.
Il ferma les paupières et plongea la main dans sa poche de laquelle il en sortit une fine balle en argent. Son éclat luisait dans le noir. Qui pouvait penser qu'un objet si délicat et soigné pouvait provoquer des dégâts aussi lourds ?
Il ouvrit le chargeur et y inséra la balle. Depuis le temps, il n'avait plus besoin de regarder. Ce geste était devenu presque naturel.
Le Bloody Rose craqua lorsque le jeune homme le força à avaler ce qu'il venait de lui donner puis ce dernier rouvrit les paupières en direction du sol.
La marque de son sang était nettement imprégnée dans le bois du parquet. Ca ne partirait jamais. Il entendait déjà les rumeurs qui allaient galoper dans l'école quand les élèves la découvriraient. Mais ce n'était plus de son ressort. Il ne pouvait pas demander à Yûki d'accomplir son devoir, il devrait donc se contenter d'expier son péché face à ce qui restait de son propre crime.
Il plia lentement le bras. Sa tempe frissonna au contact du métal frais du canon. Ce n'était pas de la peur. Il n'aurait pas peur non plus d'en finir sans cesser de fixer ce sang à ses pieds.
Son index se resserra doucement. Ce ne fût que maintenant qu'il revit son visage. Idiote. Un monstre n'a pas besoin d'un ange pour l'accompagner dans la mort.
- TRAÎTRE !
Il releva la tête dans un sursaut, cependant trop tard car un poids d'une petite cinquantaine de kilos venait de s'écraser dans sa poitrine avec tant de puissance qu'il en perdit l'équilibre. Sa respiration se suspendit, le temps d'une rencontre avec des yeux acajou brillants de larmes.
Zero se heurta contre la fenêtre et glissa jusqu'à se retrouver assis. Agenouillée entre ses jambes et le visage enfoui contre sa chemise, Yûki avait enlacé sa taille. Elle tremblait de tout son être.
- Traître !! Il n'y a que moi qui ai droit sur ta mort ! Moi seule ! Tu entends !
Cette voix cassée par les pleurs eut l'effet d'un électrochoc chez Zero. Il n'en revenait pas. Elle frissonnait tellement qu'elle parvint à lui donner la chaire de poule. Il sentait ses mains s'accrocher à son vêtement et appuyer son corps contre le sien comme si elle voulait le faire entrer en elle. Son cœur cognait si fort contre sa poitrine qu'il le percevait de façon très nette.
- Yûki…
- Zero Kiryû, tu es le plus imbécile des imbéciles !
La jeune fille se redressa sur les genoux et encadrant les joues de son ami dans ses mains pour s'assurer qu'il la regarderait.
- Franchement… soupira-t-elle entre ses dents. Quand vas-tu enfin me voir ? Quand vas-tu comprendre que je ne te laisserai pas ?
Oh que si, il la voyait. La robe d'argent de la lune venait se refléter sur sa peau éburnéenne et faire briller les lignes salées qui filaient sur ses joues. Depuis quand Yûki pleurait-elle aussi fort pour lui ? Depuis quand son regard pouvait-il l'emprisonner à ce point ?
Une longue bandelette à demi défaite flottant autour du cou, sur le buste et dans le dos de la jeune fille lui rappela pourquoi il serrait encore son pistolet dans sa main.
- Je ne veux pas que tu ailles en Enfer avec moi.
Oui. Cela résumait bien sa pensée. S'il devait couler, il le ferait seul.
Le visage déjà fatigué et pâle de Yûki se ternit d'une nouvelle tristesse. Jusqu'au bout, tu voulais souffrir seul, n'est-ce pas, Zero… ?
- Idiot…
Ses mains descendirent des joues de Zero puis le long de son cou avant de se glisser dans son dos pour mieux le serrer dans ses bras. Le garçon ne put reculer la tête quand elle se pencha vers lui, la fenêtre l'en empêchait. Lorsque qu'elle apposa sa joue fraîche et humide contre la sienne et qu'il sentit son souffle près de son oreille et dans ses cheveux, son corps s'électrifia.
- Pardonne-moi, c'est de ma faute, murmura-t-elle en joignant sa tempe contre celle de son ami. Je n'aurais pas dû te laisser.
Elle laissa sa main droite dans la nuque de Zero et de la gauche, elle alla prendre la main armée du jeune homme pour l'amener à remettre le canon contre sa tempe.
Elle ferma les yeux.
- Tire. Si tu veux aller en Enfer, je t'y accompagnerai. Tu as suffisamment été seul, Zero.
Zero eut un tressaillement d'effroi et lui prit les épaules pour la forcer à se reculer.
- Tu… !!
Ses mots ne voulurent jamais sortirent, sans doute parce qu'il n'en avait pas. Qu'y avait-il à dire devant une telle déclaration de fidélité et d'amour sans condition ? Les deux adolescents se dévisagèrent sans un mot comme s'ils se voyaient pour la toute première fois.
Elle fut émue de le découvrir avec une telle expression perdue au fond de ses yeux. Il était apeuré, il se sentait coupable, il appelait à l'aide. Même s'il ne parlait pas, jamais auparavant Zero ne lui avait autant fait part de ce qui le tourmentait. Elle lui sourit avec tendresse.
L'étreinte de ses mains autour des bras de la jeune fille se relâcha en même temps qu'il sentit les doigts de celle-ci se replier un peu contre sa nuque dans un doux appel à ne pas avoir peur de s'approcher. Ce toucher si suave lui donnait des fourmis dans toute la colonne vertébrale. Non. Il ne fallait pas. Il ne méritait pas ses larmes de verre, ce sourire compréhensif, ses lèvres rosées…
Pourtant malgré tous les ordres que pouvait lui hurler son cerveau, Zero laissa ses bras aller jusqu'au bout de leur chemin vers Yûki et cette dernière se laissa se blottir contre lui sans la moindre résistance. Son visage pris délicatement entre les paumes du jeune homme n'eut pas besoin d'être guidé bien longtemps. Leurs lèvres se trouvèrent d'elles-mêmes et s'unirent dans un baiser à la fois intense et mesuré. Depuis le début de cette nuit, ils étaient enfin pleinement vivants.
Aaaaah… J'adore ce chapitre. ç-ç C'est trop chou. On allait pas laisser Zero partir comme ça !
Prochain chapitre : on fait enfin lumière sur toute l'histoire !
