Chapitre 8: Destin marqué
- Où étais-tu passé?
J'ai été accueilli par les cris de Rosalie.
- Est-ce que tu es vraiment allé à sa maison? Esmé nous a tout raconté pour ce truc de lueur de la lune. Comme c'est pathétique! Edward –
- Rosalie, l'a averti Carlisle.
Elle s'est arrêtée, mais son regard me suivait toujours.
Je venais juste d'ouvrir la porte pour trouver Rosalie debout dans l'embrasure. Emmett et Carlisle étaient derrière elle. Alice faisant semblant d'aider Esmé à essuyer la poussière sur l'une des tables, mais je savais qu'elle était très tendue. Jasper avais avait choisi, judicieusement, de rester hors de la pièce.
Carlisle m'a mené jusqu'aux divans. Quand toute la famille fut assise, Carlisle s'est tourné vers moi.
- Est-ce que tu pourrais nous expliquer tes actes, Edward? Qu'est-ce que tu as fais et pourquoi l'as-tu fais?
J'ai regardé Carlisle dans les yeux. Je savais qu'il n'y avait rien dont je devais avoir honte.
- Carlisle, je me suis rendu chez Bella. Et pourquoi je l'ai fait, je n'en ai aucune idée. J'ai eu une envie irrépressible de la voir et je l'ai vue.
Edward, si Carlisle n'était pas là, je t'étranglerais! Espèce de petit –
J'ai ignoré Rosalie.
J'ai regardé Carlisle qui avait maintenant de l'inquiétude sur le visage.
- Rien n'a mal tourné. Elle était profondément endormie. Elle ne m'a pas vu.
- Mais quand bien même, Edward, tu as pris un risque énorme. Si elle t'avais vu –
- Elle aurait cru que j'étais un rêve.
- Et pourquoi penserait-elle ça? a demandé sèchement Rosalie.
Je souri narquoisement, mais je n'ai pas répondu.
Si seulement elle savait.
Rosalie prenait visiblement de grandes inspirations pour se contrôler. Elle me rappelait Bella. L'ironie m'a presque fait rire.
Oh, oui, je me souviens, tu ne peux pas lire ses pensées, n'est-ce pas, Edward? Tu ne sais pas ce qu'elle pense…
Je lui ai encore lancé un sourire railleur.
- Jasper, ai-je appelé, plus fort que nécessaire, viens ici une minute. Rosalie a désespérément besoin de ton pouvoir. Elle doit se calmer un peu.
Je l'ai entendu rire.
Attendez, pourquoi est-ce que je suis en train de rire, moi? Edward, ne me mêle pas à cette histoire. Elle va me tuer. Emmett et toi, vous feriez mieux de venir maintenant. On se cachera tous ensemble…
- Argh! a grogné Rosalie.
J'ai continué mes railleries puériles.
- On n'est pas un peu trop vieux pour jouer aux pirates, Rosalie? Mais si tu veux, je peux te conduire chez Chuck E. Cheese –
- Bon, si c'est comme ça. Edward, Rosalie, vous êtes deux adultes responsables. Mais si vous voulez agir comme des gamins, je devrai vous traiter comme tel. Est-ce que je me suis bien fait comprendre? Maintenant, qu'est-ce que tu disais, Edward?
- Il n'y a plus aucune raison pour que j'évite cette fille, Carlisle. Elle n'a rien dit à personne, même pas à ses amis. Les seuls qui savent quoi que ce soit, c'est elle et nous. Il y a peu de chances que nous en parlions à quelqu'un et elle n'a rien dit, pendant tout un mois. C'est évident qu'elle ne le fera jamais non plus. Elle est digne de confiance…
J'ai perdu le fil.
Esmé et les autres m'avaient déjà dit que je m'emportais trop quand je parlais de Bella. Je ne souhaitais pas que cela se reproduise.
Carlisle a hoché la tête, puis il fait une chose à laquelle j'étais loin de m'attendre. Il a éclaté de rire.
Tu as survécu à toute cette nuit, Edward. Si quelqu'un a le droit de lui parler, c'est bien toi…
Est-ce que, par hasard, tu aurais quelque chose à nous dire, Edward?
Même sans avoir de talent similaire au mien, Carlisle avait deviné qu'il y avait quelque chose d'autre.
Franchement, j'étais surpris, mais je ne l'ai pas montré.
J'ai regardé partout autour de la pièce.
Emmett me regardait avec une apparente impatience.
Rosalie était calée dans les bras d'Emmett et fixait la table.
… ce connard gâté! Il ne pense donc à personne d'autre qu'à lui-même… Il ne pensait pas du tout, oui…
Esmé se détournait de Rosalie pour cacher son grand sourire.
Et si Alice avait raison… Mon Dieu! Il a finalement trouvé quelqu'un…
Alice aussi sourirait. Elle savait ce que je m'apprêtais à dire et ce qui s'était passé dans la chambre de Bella.
J'ai soupiré. Il n'y avait pas de place pour les secrets dans cette famille.
- Elle a dit mon nom… dans son sommeil… Ne vous inquiétez pas, elle ne m'a pas vu, ai-je ajouté en croisant le regard que Carlisle m'a envoyé. Elle s'est retournée et a dit mon nom encore une fois…
- Et ton cœur a fondu et tu es tombé follement amoureux d'elle, n'est-ce pas, Edward? s'est moquée Rosalie. Allez, continue, raconte-nous en plus de tes aventures! A-t-elle mentionné de l'amour dans son sommeil? Et bien, mon cher frère, si tu l'as déjà oublié, elle est humaine.
Le sourire d'Esmé a disparu.
Il a finalement trouvé quelqu'un et elle doit être humaine…
Rosalie a continué sans merci, ne portant aucune attention à mon expression qui était tombée.
- Un faux pas et, si elle découvre tout, nous sommes cuits. Si j'étais toi, je resterais loin d'elle. Attends, non, j'aurais eu un peu de jugeote et j'aurais déménagé. Mais toi, bien sûr –
- Rosalie, a averti Carlisle pour la troisième fois. Si tu ne respecte pas le choix de ton frère, d'accord. Qui suis-je pour te faire changer d'avis? Mais s'il te plaît, soit condescendante.
Mais même Carlisle n'a pas pu retenir sa dernière pensée.
Humaine… Qu'est-ce que nous allons faire…?
Il a bloqué son esprit instantanément.
Puis, il s'est levé pour se préparer à partir au boulot.
Emmett me regardait toujours. Quand j'ai croisé son regard, il a seulement secoué la tête.
Je suis sorti pour une petite chasse rapide.
J'avais prévu de voir mon humaine préférée aujourd'hui.
On aurait déjà dit une éternité depuis que je l'avais vue.
J'avais su dès le moment où je l'avais entendue dire mon nom que je ne pourrais pas l'éviter plus longtemps, même si je le voulais. Tout ce que je pouvais faire maintenant, c'était faire voulais et voir ce qui se passerait ensuite.
Quand je suis descendu de la voiture lorsque nous avons atteints l'école, le reste de ma famille est sorti en silence et impassible, sauf Rosalie qui était dans un colère toujours flagrante.
J'ai scanné le parking à la recherche de Bella. Elle n'était nulle part.
J'ai soupiré et je me suis tourné pour verrouiller mon voiture.
J'ai tressailli.
Alice était immobile devant moi et souriait comme une de ces poupées possédées dans les films d'horreur.
- Et bien…, a-t-elle dit
- Hum, comment est-ce que je peux t'aider, Alice?
- Ça va, Edward, je n'ai aucun problème avec ça.
- Avec quoi?
Si tu t'exerce sur moi…
- M'exercer…?
Elle laissé sortir un soupir.
Tu n'as jamais courtisé personne… Tu as besoin de pratique.
J'ai levé les sourcils.
- D'accord, maintenant, fais comme si j'étais Bella. Dis-moi ce que tu vas dire ou demander à cette fille, m'a ordonné Alice.
Me retenant de sourire, j'ai pris un air béat.
- Bella… je… je crois que je t'aime! S'il te plaît...
J'ai fait une pause pour pendre Alice dans mes bras et la serrer contre moi. Elle avait l'air horrifiée.
Merde, espérons qu'il ne s'emporte pas trop avec la vraie Bella…
- S'il te plaît Bella, allons à Las Vegas tous les deux et marrions- nous!
- Je, euh, hum…, a bégayé Alice.
- Bella, S'IL TE PLAÎT! Dis oui, ou sinon – ou sinon, je me suicide; j'allume une feu et je me jette dedans!
Alice avait l'air confuse et sous le choc.
Je lui ai donné un sourire narquois.
- Va en cours, Alice.
Elle s'est renfrognée et a tiré la langue.
Il ne sait pas ce qu'il perd… Qu'est-ce qu'il va dire quand il va lui parler? Elle a souri. Sur ses centres d'intérêts? Sur ses plats préférés…?
J'ai ri.
- Tentant, oui, l'ai-je taquinée. Merci de ton offre, Alice, mais je suis sûr de savoir ce que je fais.
Qui est…
- Elle a planifié d'aller à Seattle, ai-je dit en gardant un œil sur l'entrée du stationnement, attendant Bella.
Me retournant vers Alice, j'ai haussé les épaules.
- Je pourrais l'escorter…
Son visage a perdu toute expression et ses yeux se sont figés. J'ai vu sa vision dans ses pensées.
Elle consistait en un cadre fixe, qui était complètement confus. On aurait dit une photo prise alors que le photographe était dans un tourbillon.
Alice est revenue dans le présent.
Ses yeux se sont tournés vers l'entrée du parking. Ils n'en avaient pas besoin. Le monstrueux camion de Bella a annoncé sont arrivée avec un résonnement étonnement déplaisant.
Je pouvais voir les magnifiques yeux de Bella se fixer sur ma Volvo. J'ai tout bas. Elle voulait m'éviter, n'est-ce pas?
- Au revoir, Alice.
J'ai renvoyé ma sœur.
On reparlera de Seattle plus tard, Edward. Et souviens-toi, tu dois te rendre à Goat Rocks avec Emmett demain.
J'ai fais un signe de tête, mais mon esprit était déjà loin.
Elle a roulé les yeux et est parti vers le premier cours de Jasper. La brume commençait à apparaître.
Je me suis tourné vers Bella. Elle sortait de son camion. Maladroitement. Ses clés sont tombées.
La brume est devenue de la pluie.
Avec un sourire, j'ai parcouru le stationnement à vitesse vampirique, vu que personne ne regardait, et j'ai ramassé ses clés à un rythme.
Puis, j'ai grimpé sur son camion pour la regarder.
Dieu soit loué, il n'y avait presque aucun vent aujourd'hui. Son parfum n'allait pas directement dans ma direction.
Ça lui a pris un petit moment pour réaliser ce qui s'était passé. Ses yeux ont eu un éclair d'intuition et elle a levé les yeux. Ses yeux ont fait le même rituel que d'habitude quand ils me voyaient.
Sa mâchoire s'est serrée.
- Comment est-ce que tu fais cela? a-t-elle demandé.
Et le divertissement a commencé.
Je lui ai tendu ses clés.
- Faire quoi? ai-je dit avec un petit air innocent.
J'ai lâché les clés dans la paume de sa main.
- Apparaître de nulle part.
Je me suis penché légèrement vers elle avant de répondre.
- Bella, ce n'est quand même pas ma faute si tu es particulièrement inattentive, me suis-je moqué.
Elle s'est renfrognée.
Ou au moins, elle a essayé. Ses sourcils se sont en quelque sorte froncés pendant une seconde, et puis, alors que son regard s'approfondissait, elle a pris une expression rêveuse. Mais elle s'est rapidement reprise et a baissé les yeux.
- Pourquoi la circulation a-t-elle été bloquée hier soir? a-t-elle demandé en utilisant un ton exigeant.
Elle a replacé son sac sur son dos.
- Je croyais que tu été supposé faire comme si je n'existais pas jusqu'à ce que mort s'ensuive.
J'ai fait de mon mieux pour réprimer un sourire.
- Je l'ai fait pour Tyler, pas pour moi. Je devais lui donner une chance, ai-je dit.
Et j'ai pouffé de rire.
Elle a renversé sa tête en arrière.
- Toi..., a-t-elle soufflé.
Elle serrait les dents si fort que je pouvais les entendre grincer les unes contre les autres. Et avec ça, son visage est devenu rouge de colère. La gratitude que j'avais eue envers la température a disparu pour faire place au monstre qui dormait en moi. Tout en luttant contre ma nature vorace, je suis resté calme.
- Et je ne fais pas comme si tu n'existais pas, ai-je dit en connaissance de cause.
- Alors tu veux vraiment ma mort? a-t-elle dit sèchement. Étant donné que Tyler a échoué?
La légèreté s'est envolée. J'ai senti mes lèvres se serrer pour m'empêcher de lui dire toutes les répliques que j'avais tant envie de lui jeter au visage en ce moment.
- Bella, ai-je dit.
J'aurais pu frissonner moi-même à cause de la froideur de mon ton.
- Tu es absurde.
Ses yeux se sont agrandis et ses lèvres se sont serrées elles aussi. Elle m'a lancé un dernier regard, s'est tournée et est partie.
Je me suis repris. Qu'est-ce que je venais de faire?
J'ai suivi Bella.
- Je suis désolé, ai-je dit, repentant. C'était vraiment déplacé.
Elle a relevé le menton et est partie dans la direction opposée.
- Je ne dis pas que ce n'était pas vrai – j'ai souri - ,mais c'était grossier de la dire de toute façon.
- Pourquoi est-ce que tu ne me fiches pas la paix?
Sa voix était légèrement suppliante, mais contenait plus de la langueur. Langueur pour quoi?
J'ai encore essayé de lire ses pensées, sachant que ce serait en vain. C'était impossible, même pour moi.
- Je voulais te demander quelque chose, ai-je dit.
C'était vrai.
- Mais tu m'as éloigné du sujet, ai-je ri.
Elle a arrêté d'un coup et s'est retournée vers moi.
- Est-ce que tu souffres d'un complexe de personnalité multiple? a-t-elle demandé.
J'étais sur le point d'éclater de rire, mais j'ai décidé de garder mon amusement pour moi. Elle essayait de me distraire. Comme elle le faisait toujours.
- Tu recommences, lui ai-je dit.
Elle a soupiré.
- Bon d'accord, a-t-elle dit d'un ton indifférent en regardant ailleurs. Qu'est-ce que tu voulais me demander?
- Je me demandais si, samedi prochain – tu sais, le jour du bal de printemps –
- Est-ce que tu essaies d'être drôle?
Elle me fixait maintenant. Ses yeux étaient devenus de plus en plus grands alors que je posais ma question et puis, elle avait explosé.
Je me suis retenu de ne pas rire de sa supposition.
C'était vraiment le comble du comique.
- Pourrais-tu, s'il te plaît, me laisser finir? ai-je demandé.
Je pouvais détecter des traces de rires dans ma propre voix.
Elle s'est mordue la lèvre. C'était inopinément et agréablement séduisant, me rappelant à quel point ses lèvres semblaient pleines, rouges et appétissantes.
Sans mentionner le sang qui battait dans ses veines, délicieux – j'ai immédiatement chassé cette pensée de mon esprit.
J'ai remarqué que ses mains étaient entrecroisées et qu'elles tremblaient un peu. De colère.
- Je t'ai entendue dire que tu allais à Seattle ce jour là et je me demandais si tu voulais quelqu'un pour t'y accompagner, ai-je fini.
Son visage est devenu blême. Puis, calculateur.
- Par qui? a-t-elle demandé, ses sourcils froncés par la question non résolue.
C'était plus difficile que cela le semblait.
- Moi, évidemment, ai-je dit.
- Pourquoi?
Elle semblait complètement mystifiée.
- Et bien, j'avais prévu de me rendre à Seattle dans les prochaines semaines et, pour être honnête, je ne suis pas sûr que ton camion pour supporter.
Sa voix était essoufflée quand elle a dit.
- Mon camion peut très bien le faire, merci beaucoup de t'en soucier.
Elle a encore levé le menton, cette fois, plus lentement, avec plus d'hésitation, plus hébétée. Elle a essayé de s'en aller, mais je l'ai encore un fois rattrapée.
- Mais est-ce que ton camion peut se rendre à Seattle avec un seul réservoir?
Ses narines se sont dilatées.
- Je ne vois pas en quoi ce sont tes affaires, a-t-elle dit avec raideur.
- Le gaspillage des ressources naturelles sont les affaires de tout le monde, ai-je dit rapidement.
Je savais très bien que c'était une excuse pathétique.
Elle s'est arrêtée de marcher quand nous sommes arrivés à la cafétéria.
- Honnêtement, Edward, je ne peux pas te suivre. Je pensais qu'on soit amis.
- J'ai dit qu'on ferait mieux de ne pas être amis, ai-je rectifié, pas que je ne voulais pas qu'on le soit.
- Oh, merci, tout s'éclaire.
J'au essayé de lui expliquer. Je tentais désespérément de lui expliquer quelque chose. De lui faire voir mon point de vue sans pouvoir rien lui révéler.
- Ce serait plus… prudent pour toi qu'on ne soit pas amis.
Elle a levé les yeux.
J'ai regardé directement dans ses deux profondes prunelles chocolat. Ses lèvres, son petit nez, son menton, son visage.
- Mais je suis fatigué d'essayer de t'éviter, Bella, ai-je dit en un souffle, la regardant toujours profondément dans les yeux.
- Viendras-tu à Seattle avec moi? lui ai-je demandé.
Sa bouche s'est légèrement ouverte alors qu'elle disait oui d'un hochement de tête. Un frisson m'a parcouru.
J'ai souri. Elle viendrait avec moi.
Ça m'a frappé trop vite. Il fallait que je l'avertisse une dernière fois.
- Tu devrais vraiment rester loin de moi, ai-je dis sérieusement. On se voit en classe.
Je me suis tourné et je suis parti.
La première et la deuxième heure ont passé rapidement pendant que je nous imaginais, Bella et moi, à Seattle, ensemble… Sur le chemin du cours d'Anglais, Mr. Banner est passé devant moi, causant à ma bonne humeur une chute monumentale.
Je vais devoir demander à Marty pour les échantillons de cheveux. J'aurais dû le faire plus tôt! Est-ce que je devrais juste remettre les tests sanguins à demain? Non, bien sûr! Les dons de sang sont le weekend prochain! Les enfants ont le droit de savoir leur groupe sanguin. De plus, il y a ce test au microscope que je dois effectuer. Et c'est demain ou jamais!
Je voulais tellement le tuer à ce moment là.
J'ai pris une grande respiration et j'ai essayé de le calmer.
Wow, de forts sentiments.
Jasper est venu à côté de moi.
Qui est-ce que tu veux assassiner, Edward.
Je lui ai souri sèchement.
- Le professeur de Biologie, Mr. Banner, ai-je dit, trop vite et trop bas pour que l'oreille humaine puisse suivre. Apparemment, il y a un don de sang le weekend prochain et il a décidé que «les enfants ont le droit de savoir leur groupe sanguin» – J'ai pris une autre inspiration –. Alors, il a pris la décision de faire un test sanguin avec toute la classe le jour ou j'ai décidé de parler à Bella.
Oh, ouais, cette humaine…
- Oui, Jasper, cette humaine, ai-je dit avec exaspération.
Il l'a senti.
- Désolé, ai-je ajouté.
Il ne voulait pas croiser mon regard et bloquait ses pensées.
J'ai soupiré.
- Jasper, je ne suis pas idiot. Je sais qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Tu n'approuves pas mes… actions, n'est-ce pas?
- Ça ne me dérange pas que tu sois enfin intéressé par quelqu'un, Edward. C'est seulement que…
… elle est humaine.
J'ai serré les dents.
- Jasper… je – je ne peux pas la transformer. Je ne peux pas et je ne le ferrai pas. Peu importe ce qui ce passera. Elle est trop…
Précieuse.
Belle.
Innocente.
Son âme était trop pure pour être perdue.
Jasper a eu un petit sourire.
- Peu importe, Edward. Ton amour, ton choix. Fais ce que tu veux.
- Elle n'est pas –
- Des mots sages qui viennent d'humains : ouais, ouais, c'est ce qu'ils disent tous.
J'ai grogné.
Il m'a fait un clin d'œil et a ri.
J'ai secoué lentement la tête.
Mes pensées sont retournées sur ce que Mr. Banner avait dit. Je n'avais pas beaucoup de temps avec Bella, spécialement à cause du test sanguin et de mon excursion avec Emmett le lendemain.
- Jasper, ai-je dit lentement. Je ne m'assiérai pas avec vous au dîner aujourd'hui.
Ça lui en a bouché un coin.
Il quoi? Il ne va tout de même pas s'assoir à la table de cette fille!
- Non, l'ai-je rassuré.
Elle le rend dingue, a-t-il pensé en secouant la tête. Prochaine étape, il va vouloir faire parler de lui dans un show à MTV.
J'ai ri silencieusement.
- Jasper, ai-je dit, tu penses vraiment que j'agis stupidement, pas vrai?
Il a hoché la tête.
J'ai haussé les épaules.
- Tant qu'à être imprudent et stupide, autant se donner à fond.
Il est parti.
L'Anglais aussi est passé comme un éclair.
En entrant dans la cafétéria pour le dîner, je me suis mis à la recherche d'une table vide. J'en ai trouvé une à l'opposé de celle où je m'asseyais d'habitude. Alors que je marchais vers la table vide, un nombre incalculable d'yeux sont tombés sur moi.
Attendez, est-ce que c'est Cullen? Pourquoi n'est-il pas avec ses frères et sœurs aujourd'hui?
Est-ce qu'il vient vers moi6 je savais que ce nouveau shampooing attirerait les garçons.
Attendez que Cécile entende ça! Cullen est assis à cette table!
Je me suis assis à la table vide. Pendant ce temps, Bella est entré dans la cafétéria avec la fille impeccable, Jessica…?
La fille impeccable déblatérait à propos de la danse et de Newton.
Il va vraiment falloir que j'aille faire du shopping pour une robe! Oh mon Dieu! J'ai trop hâte!
Bella – j'ai bien ri quand je l'ai remarqué – ne faisait que hoché la tête à quelques reprises et quand Jessica la regardait, elle hochait encore plus pour montrer qu'elle était concentrée sur ce que celle-ci disait.
- Et puis, je crois que je devrais vraiment aller faire du shopping ce weekend. Je pourrais demander à Angela et Lauren de venir avec moi! Ça serait trop cool! J'ai aussi pensé au genre de look que je devrais avoir à la danse. Je pensais à…
Et encore et encore et encore…
Bella, aussi inattentive à Jessica que je l'étais, a lancé un regard à la table où se trouvait ma famille.
J'ai vu son visage se déconfire avec déception.
Faisant un calcul rapide, j'ai compris pourquoi, mais ça ne faisait pas trop de sens.
Elle était déçue parce que… parce qu'elle ne m'avait pas vu?
Ce qu'elle pouvait être étrange.
Son instinct humain lui disait de rester à au moins dix pieds de moi, mais elle, elle était si…
Ses yeux étaient abattus de tristesse. Elle a acheté une limonade et s'est assise. À son expression, on aurait dit qu'un de ses proches venait de mourir. Elle ressentait tout ca pour moi…? Ou c'était quelque chose d'autre?
Pourquoi est-ce que je ne pouvais pas simplement le lire dans ses pensées?
Probablement jaune ou quelque chose dans les même tons, mais je ne sais pas encore ce que je vais trouver… Oh mon Dieu! Est-ce qu'Edward a les yeux rivés sur notre table? Est-ce qu'il fixe… BELLA? Encore? Il y a quelque chose qui se passe!
- Edward Cullen te regarde encore, a dit Jessica.
Attend, est-ce qu'il est assis seul, aujourd'hui?
Elle avait dit cela à haute voix.
La tête de Bella s'est redressée si vite que je ne l'ai presque pas vu l'action. Rapide. Très rapide.
Elle me regardais maintenant.
J'ai souri.
Sa tristesse a immédiatement fondu. Le soulagement lui avait fait place sur son visage. Et quelque chose qui ressemblait à un vertige.
J'ai croisé son regard. J'ai levé l'index et je l'ai remué pour lui indiquer de venir me rejoindre. La mâchoire de Bella s'est ouverte et ses yeux se sont remplis de questions. Je lui ai fait un clin d'œil.
Bella?! Il demande à Bella de s'assoir avec lui!
- Est-ce que c'est à toi qu'il fait signe? a demandé la fille impeccable.
- Peut-être qu'il a besoin d'aide avec son devoir de Biologie, a dit Bella tout bas. Hum, je ferais mieux d'aller voir ce qu'il veut.
Sur ce, elle est venue vers moi avec enthousiasme. Quand elle est finalement arrivées à la table, elle est restée debout derrière la chaise à mon opposé, elle restait prudente.
- Pourquoi ne t'assis-tu pas avec moi aujourd'hui? ai-je demandé.
Elle s'est assise lentement, me regardant d'un œil perçant. Je pouvais dire qu'elle essayait de deviner ce que j'étais.
J'ai attendu qu'elle dise quelque chose.
Elle s'est éclairci la gorge et a dit :
- Ce n'est pas dans ta routine.
- Bien…, ai-je commencé.
Puis, j'ai fait quelque chose que je ne faisais pas d'habitude. J'ai laissé échapper une phrase.
- J'ai décidé que tant qu'à être bon pour l'enfer, autant me damner complètement.
Est-ce que c'est Cullen…? Elle est assise avec Cullen?! Cet imbécile! Je ne peux pas croire –
Elle m'a regardé avec les sourcils levés. Une expression impatiente.
Quand je n'ai pas répondu, elle s'est un peu renfrognée.
- Tu sais que je n'ai aucune idée de ce que tu veux dire par là, a-t-elle dit.
- Je sais, ai-je dit avec un sourire.
Ugh, si seulement je pouvais l'assassiner là maintenant! Pourquoi est-ce qu'elle est assise avec lui?
- Je crois que tes amis sont fâchés contre moi pour être assis avec toi en ce moment, ai-je dit d'un ton moqueur.
- Ils survivront, a-t-elle dit, refusant de me lâcher des yeux.
- Je ne te relâcherai peut-être pas, par contre, l'ai-je taquinée.
Ses yeux se sont ouvert un peu plus et l'entendre s'étouffer légèrement.
Je n'ai pas pu m'empêcher de rire.
- Tu sembles préoccupée, ai-je dit.
De derrière Bella, j'ai pu entendre :
Hé, Jess, est-ce que tu sais pourquoi Bella est assise –
J'ai immédiatement bloquée ses paroles.
Newton n'avait vraiment aucune vie.
- Non, a dit Bella.
Pourtant, sa voix s'est brisée. J'ai caché un sourire.
Je devais me concentrer sur Bella et seulement Bella. Je n'avais de temps ni d'intérêt pour personne d'autre.
- Surprise, en fait, a-t-elle continué. Qu'est-ce qui t'as poussé à me parler de nouveau?
Je devais être prudent maintenant.
- je te l'ai dit – je suis fatigué de t'éviter. Alors, j'abandonne.
- Tu abandonnes?
Elle était confuse.
- Oui – j'arrête d'essayer d'être sage. À partir de maintenant, je vais faire ce que je veux faire et je vais laisser les choses aller là où elles le doivent.
J'espérais qu'elle comprendrait le message que j'envoyais avec mon ton de voix. Avec un peu de chance, elle suivrait mon conseil et ce serait elle qui m'éviterait.
- Tu m'as encore perdue.
J'ai souri.
- J'en dis toujours trop quand je suis avec toi.
Je lui disais la vérité.
- C'est l'un de mes problèmes.
- Ne t'inquiète pas, m'a-t-elle rassuré, ça ne me dérange pas.
- Je l'espère bien.
- Donc, a-t-elle dit d'un ton de résumé, en bon anglais, on est amis maintenant?
J'ai réprimé un soupir.
- Amis…, ai-je songé à haute voix.
- Ou pas, a marmonné Bella.
Je lui ai donné un grand sourire.
- Bien, ai-je dit, on peut essayer, je suppose.
Je devais l'avertir encore une fois. Si elle avait un peu de bon sens, elle tiendrait compte de mes avertissements.
- Mais je te préviens que je ne suis pas un bon ami pour toi.
- Tu as dit ça souvent, a-t-elle dit sans même porter de réel intérêt à l'avertissement lui-même.
Pourquoi était-elle aussi… confortable avec moi? J'étais trop dangereux pour elle!
J'ai laissé la frustration paraître dans ma voix.
- Oui, parce que tu ne m'écoutes pas. J'attends toujours que tu le croie. Si tu est intelligente, tu m'éviteras.
Ses yeux se sont plissés.
- Je pense que tu as clairement fait valoir ton opinion de mon intelligence, a-t-elle accusé.
J'ai eu un sourire repentant.
- Alors, a-t-elle ajouté en résumant encore, tant que je suis… ne suis pas intelligente, on essaiera d'être amis?
- Ça me semble juste.
Elle a baissé les yeux sur ses mains. Puis, elle a jeté un regard nerveux sur le côté. À quoi pensait-elle?
Je devais le savoir.
Nous étions amis maintenant. J'avais le droit de lui demander.
J'ai plongé mon regard dans ses yeux chaleureux.
- À quoi penses-tu? ai-je dit en un souffle, ensorcelé par ses yeux chocolat clair.
- J'essaie de trouver ce que tu es.
La réponse ne m'a pas plu.
Si elle avait dit «qui», peut-être que ça ne m'aurait pas inquiété autant, mais elle avait dit «quoi».
Elle essayait de trouver ce que j'étais.
Même si cela me dérangeait, j'ai essayé de garder mon sourire.
- Et tu y arrives? ai-je demandé avec un air décontracté.
- Pas tellement, a-t-elle confessé.
J'ai ri tout bas.
- Quelles sont tes théories? ai-je demandé avec un mélange de curiosité envers ses pensées et de peur qu'elle soupçonne quelque chose.
Elle a rougi.
Le parfum a fait renaître le monstre en moi. Le remettant dans son cercueil, j'ai plutôt porté attention au rougissement lui-même.
En dépit de mon état de vampire qui voulait boire son sang et de son visage plus tentant pour moi que quoi que ce soit d'autre au monde, je trouvais ses rougissements, comme tout autre chose en elle – sauf l'odeur de son sang –, agréablement magnifiques.
Pourquoi rougissait-elle?
J'ai penché ma tête sur le côté. Mon esprit était inondé par la curiosité.
- Tu ne me le diras pas? ai-je demandé, avec un ton léger et un sourire pour ses rougeurs.
Qu'est-ce qu'Edward est en train de faire! Ugh, l'idiot –
J'ai été momentanément distrait par l'appel, ou plutôt la pensée de mon nom, mais en voyant que ce n'était que Rosalie, je me suis concentré de nouveau sur Bella.
Elle a rapidement secoué la tête, ses rougissements sont partis. L'odeur, encore une fois, m'a amené au paradis des vampires, mais j'ai refusé de la laisser prendre le dessus sur moi.
- Trop embarrassant.
- C'est très frustrant, tu sais, me suis-je plaint.
Elle a eu l'air insultée.
- Non, je ne peux pas voir en quoi ce serait frustrant que quelqu'un refuse de dire ce qu'il pense, surtout quand l'autre personne fait de petites remarques énigmatiques destinées à empêcher l'autre de dormir la nuit parce qu'elle pense trop à ce qu'elles pourraient bien signifier… maintenant, pourquoi est-ce que ce serait frustrant?
J'ai tressailli.
- Ou encore mieux, a-t-elle continué, disons que cette personne a fait un tas de trucs bizarres – ça va de sauver la vie de quelqu'un dans des circonstances impossibles un jour pour la traiter en paria le jour suivant, et ne donner aucune explication pour cela, en plus, après en avoir promis une. Cela, aussi, ne serait absolument pas frustrant.
- Tu as beaucoup de caractère, n'est-ce pas? ai-je dit froidement.
- Je n'aime pas les visages à deux faces.
Sa réplique était encore plus froide.
J'ai senti le sourire s'effacer de mon visage.
Pour qui se prenait-elle? Je devais l'admettre, j'étais impressionné par ses arguments, mais elle était vraiment éprouvante.
Cullen? Est-ce qu'ils se disputent? Je savais qu'elle n'aurait pas dû faire cela! Je devrais y aller et arrêter cela!
J'ai jeté un œil à la source de ce commentaire pour vérifier son expression.
Newton avait l'air d'avoir avalé de la pelure de citron.
Si seulement je pouvais le frapper là maintenant! J'aimerais bien voir ce qui se passerait!
Tu te blesserais, Newton.
J'ai pouffé de rire à ces pensées ridicules.
- Quoi? a demandé Bella.
- Ton petit-ami a l'air de penser que je suis désagréable avec toi – il est en plein combat pour déterminer s'il devrait ou non venir interrompre notre dispute.
J'ai continué de pouffer de rire.
Bella a levé les sourcils encore.
- Je ne vois pas de qui tu parles, a-t-elle dit sèchement.
Elle a rapidement ajouté :
- Mais je suis sûre que tu te trompes.
- Je ne me trompe pas, ai-je dit en secouant lentement la tête. Je te l'ai dit, la plupart des gens sont faciles à lire.
- Excepté moi, bien sûr, a-t-elle déclaré.
- Oui, ai-je dit, mon changement d'humeur devenant aussi énigmatique que l'était Bella pour moi. Excepté toi… je me demande pourquoi d'ailleurs.
Elle a regardé ailleurs et a bu un peu de limonade. Puis, elle a baissé les yeux et a fixé la table.
C'est là que j'ai remarqué qu'elle n'avait pris aucune nourriture.
- N'as-tu pas faim? ai-je demandé, un peu perturbé par ça.
- Non, a-t-elle admis.
Puis, elle a froncé les sourcils.
- Et toi?
Avec un effort remarquable, je me suis empêché d'éclater de rire. Mais un sourire m'a échappé.
- Non, ai-je dit en appréciant l'ironie. Je n'ai pas faim.
Si j'avais faim, c'est elle que je mangerais. J'ai laissé l'humour noir de côté.
Elle s'est mordue la lèvre, encore. Mon sourire s'est élargi.
Bella était magnifique. J'aurais voulu toucher ses lèvres, y faire courir mes doigts pour sentir leur douceur… J'aurais voulu les embrasser…
- Tu peux me faire une faveur?
Ça m'a ramené à la réalité.
Je suis devenu prudent.
- Ça dépend de ce que tu veux.
- Ce n'est pas beaucoup, a-t-elle assuré.
Ses yeux reposaient toujours sur la bouteille de limonade. Elle avait une expression coupable sur le visage, comme si ce qu'elle venait de dire n'était pas totalement vrai.
J'ai attendu.
Elle traçait lentement le contour de l'ouverture de sa bouteille avec son doigt. Elle avait l'air un peu troublée.
- Je me demandais seulement… – elle a hésité – … si tu pouvais me prévenir à l'avance la prochaine fois que tu décideras de m'ignorer pour mon propre bien. Juste pour que j'y sois préparée, a-t-elle ajouté rapidement.
- Ça me semble juste, ai-je répondu.
Je me suis retenu de rire pour ne pas la blesser.
Douce et innocente Bella. Sa demande était tellement naïve.
Je ne savais pas à quoi m'attendre, mais je ne m'attendais certainement pas à cela.
Je lui aurais donné la lune si elle me l'avait demandée.
Elle a levé les yeux.
Elle a souri légèrement.
- Merci.
Elle n'allait pas en démordre facilement.
- Alors, est-ce que je peux avoir une réponse en échange?
- Une.
- Dis-moi une théorie.
Ses yeux se sont ouverts de stupeur. Elle a glissé de sa chaise.
- Pas ça, a-t-elle dit d'un ton ferme.
- Tu n'as pas le droit, tu viens juste de me promettre une réponse.
- Et tu en brisé des promesses, toi aussi.
- Juste une théorie – Je ne rirai pas, ai-je promis.
- Oh oui, tu vas rire, a-t-elle dit obstinément.
J'ai regardé la table, j'ai soupiré un peu, puis et relevé les yeux de derrière mes cils.
- S'il te plaît? ai-je supplié d'une voix douce.
Son visage est devenu blême et sa mâchoire s'est ouverte. Le regard rêveur est revenu, pour une raison inconnue.
- Euh, quoi?
- S'il te plaît, dis-moi juste une petite théorie, ai-je supplié une deuxième fois.
- Hum, okay, mordu par une araignée radioactive?
J'ai ri.
- Ce n'est pas très créatif, ai-je réprimandé.
Du profond de moi-même, j'étais soulagé qu'elle n'ait pas vu juste.
- Je suis désolée, c'est tout ce que j'ai.
- Tu n'es même pas près de la vérité, ai-je dit en oubliant toute prudence.
- Pas d'araignée? a-t-elle demandé.
- Aucune.
- Et pas de radioactivité?
- Non, ai-je répondu, amusé par son petit jeu.
- Zut.
- La kryptonite ne me fait aucun effet non plus.
C'était tellement… rafraîchissant d'être avec elle.
J'ai pris le contrôle de mon visage avec beaucoup d'effort.
- je le découvrirai un jour, m'a-t-elle taquiné.
D'une certaine manière, ses menaces moqueuses me faisaient un peu peur. Et si elle réussissait?
- J'aimerais mieux que tu n'essaies pas, lui ai-je dit avec sincérité.
Elle voulait une explication.
- Parce que…?
- Et si je n'étais pas un super héros? Et si j'étais un méchant?
J'ai énoncé le même message que j'avais mis dans mon ton si souvent.
J'ai souri avec prudence, encore la prudence.
- Oh… je vois.
- Vraiment? ai-je dit avec la même prudence, essayant de couvrir ce que je venais de dire.
- Tu es dangereux? a-t-elle demandé d'un ton incertain.
Je pouvais entendre son cœur battre plus vite.
Ses yeux ont parcouru la table alors qu'elle découvrait qu'elle avait raison.
Bella, douce Bella… Elle avait finalement trouvé. J'étais dangereux.
Pourquoi étais-je forcé de l'être?
Qu'est-ce que Bella avait fais pour mériter quelqu'un comme moi? Pour que je sois si attaché à elle?
Ce n'était pas sa faute si j'étais dangereux…
- Mais pas méchant, a-t-elle murmuré.
Elle a tranquillement secoué sa belle tête, m'envoyant son parfum par vagues. J'ai respiré son arome et j'ai repoussé le monstre qui grondait dans ma tête.
- Non, a continué Bella, je ne crois pas que tu sois méchant.
- Tu as tort, ai-je chuchoté.
Je pouvais entendre la tristesse et les regrets dans ma propre voix.
J'ai pris le bouchon de sa bouteille et je l'ai fais rouler entre mes doigts. L'image floue me fascinait. Je pouvais sentir le regard de Bella me brûler et creuser un trou dans mon cœur.
Je voulais tellement être avec elle, mais pas en tant que vampire qui devait constamment faire taire le monstre qui se cachait en lui, mais comme un homme, qui avait enfin trouvé quelqu'un…
Soudainement, elle a sauté sur ses pieds.
- On va être en retard.
- Je ne vais pas en classe aujourd'hui, lui ai-je dit, ignorant ce que mon cœur désirait.
Elle a froncé les sourcils.
- Pourquoi pas? a-t-elle demandé.
- Quelque fois, sécher, c'est bon pour la santé.
J'ai souri, mais elle m'a regardé avec suspicion.
- Bon, moi, j'y vais.
Je me suis détourné d'elle. Je ne voulais pas la voir partir. La voir partir loin de moi, même si rien dans cette action n'était destiné à me faire mal, cela m'ennuyais.
- Je te verrai plus tard, alors.
Elle a doucement frappé le sol de son pied, mais s'était assez fort déclencher mon oreille sensible de vampire. Elle semblait débattre de quelque chose.
Bien sûr, je n'avais aucun moyen de savoir ce qu'était ce quelque chose.
Alors que les pas léger de Bella se faisait plus lointains, je me suis levé à contre cœur et je suis allé dans le stationnement, regardant la classe de Biologie avec envie.
Elle était là-dedans…
J'ai soupiré et je suis allé à ma Volvo. J'ai mis la stéréo et j'ai fermé les yeux alors que la musique emplissait la voiture.
Mes pensées ont gaiement dérivé vers Bella.
Cependant, j'ai bloqué toutes les pensées qui venaient de l'école. J'avais peur d'être tenté de courir rejoindre Bella si j'en entendais trop des élèves de la classe de Biologie.
Sa taille est si agréable à toucher…
- Laisse-moi seulement m'assoir une minute, s'il te plaît? ai-je entendu dire la plus douce voix du monde.
Bella.
Elle semblait malade.
La frénésie et la panique ont pris possession de moi. Qu'est-ce qui n'allait pas? Est-ce qu'elle était blessée? Comment? Pourquoi est-ce que je n'étais pas en classe pour empêcher que cela arrive?
- Quoi que tu fasses, garde ta main dans ta poche.
Sa voix était stricte.
Elle était avec Newton. Il n'y avait que lui pour avoir une telle pensée de Bella dans cette situation.
J'ai traversé le parking à vitesse vampirique et j'ai ralenti en atteignant le bâtiment quatre.
Bella était couchée sur le trottoir.
Comment peut-elle être aussi délicate?
- Wow, tu es toute verte, Bella, a dit Newton, stupidement.
- Bella? ai-je appelé.
Je voyais sa silhouette maintenant. Elle était faible, presque morte…
Paniquant, je me suis tourné vers Newton.
- Qu'est-ce qu'elle a – elle est blessée? ai-je demandé.
Pourquoi est-ce qu'il fallait qu'il vienne?
- Je crois qu'elle s'est évanouie. Je ne sais pas trop ce qui s'est passé, elle ne s'était même pas encore piqué le doigt.
Donc ce n'était pas si sérieux que ça.
Je me suis calmé…
Fronçant les sourcils, je suis allé vers Bella et je me suis agenouillé près d'elle.
- Bella, tu m'entends? ai-je demandé.
- Non. Vas t'en, a-t-elle gémi.
J'ai ri tout bas.
Ce n'était pas le divertissement qui manquait avec Bella.
C'est tout lui, fourrer son nez partout!
Je trouvais beaucoup de réconfort dans la jalousie de Newton.
- Je l'emmenais voir l'infirmière, a dit Newton, refusant que je touche Bella.
Il me faisait un air renfrogné. Pas que j'y aie prêté la moindre attention.
- Mais elle ne voulait pas aller plus loin.
- Je m'en occupe. Tu peux retourner en classe.
- Non, a pleurniché Mike, je suis supposé le faire.
Il n'y avait aucune raison que je perde mon temps à me disputer avec lui.
Me fichant complètement de son opinion, j'ai soulevé Bella du trottoir.
Ses yeux se sont ouvert d'un coup et alors a tourné la tête pour voir ce qui se passait.
Elle était verte.
- Repose-moi! a-t-elle commandé alors que je commençais à marcher.
- Hé! a crié Newton.
Je l'ai totalement ignoré, lui et ses pensées.
J'ai souri à Bella.
- Tu a une mine affreuse, ai-je dit, prenant avantage de la situation pour m'amuser un peu.
- Repose-moi sur le trottoir, a-t-elle gémi faiblement.
J'ai ignoré sa demande.
- Alors, tu t'évanoui à la vue du sang? Ai-je demandé en laissant un sourire prendre place dans ma voix.
L'ironie m'a mordu. Sans jeu de mots.
Elle a refermé ses yeux et ses lèvres se sont serrées.
- Et ce n'était même pas ton propre sang, ai-je continué.
Les yeux de Mrs. Cope se sont agrandis quand elle m'a vu entrer dans le bureau et elle a ouvert la porte de l'infirmerie.
Il me tenait dans ses bras tout contre lui et la brise de la lune jouait dans ses cheveux. Il se pencha – Qu'est-ce que…?
- Oh mon Dieu!
- Elle s'est effondrée en Biologie, ai-je expliqué à l'infirmière.
J'ai doucement posé Bella sur le lit en vinyle brun. Alors que je m'approchais d'elle un peu plus pour la rassurer avec douceur, l'odeur de Bella m'a attaqué.
J'ai reculé jusqu'au mur, à l'opposé de la pièce.
Cette fille ressemble à un cadavre!
- Elle est seulement un peu faible, ai-je assuré à l'infirmière. Ce sont les tests sanguins en Biologie.
L'infirmière a hoché le tête d'un air grave.
- Il a toujours au moins une personne qui vient me voir ce jour là.
J'ai gardé mes rires pour moi. Cette infirmière exagérait un peu.
- Reste juste couchée une minute, ma chérie; ça devrait passer, a-t-elle recommandé.
- Je sais, a répondu Bella.
- Est-ce que ça arrive souvent? a demandé l'infirmière.
Peut-être un record hospitalier ou quelque chose du genre…
J'ai fait semblant de tousser pour camoufler un autre éclat de rire. C'était si intéressant à observer.
- Tu peux retourner en classe maintenant, m'a ordonné l'infirmière.
- Je suis supposé rester avec elle, ai-je dit fermement.
Bonté divine, les adolescents de nos jours! Qu'ils sont exigeants!
- Je vais aller chercher de la glace pour votre front, ma chère, a dit gentiment l'infirmière et elle s'est ruée hors de la pièce.
Cette femme était de nature assez douce et gentille…
- Tu avais raison, a dit Bella en fermant les yeux.
Elle m'a ramené à la réalité.
- Ça m'arrive souvent, ai-je répondu, mais sur quoi en particulier cette fois?
- Sécher est bon pour la santé.
Je me suis mordu la lèvre inférieure.
J'avais tellement paniqué quand j'avais entendu sa voix. Elle m'avait fait une de ces peurs…
Cette pensée m'a frappé comme une enclume.
J'ai réalisé la vérité : j'étais la marionnette de Bella.
Juste la pensée qu'elle soit blessée…
- Tu… – j'ai un peu hésité avant de continuer – … m'a fais peur pendant une minute là-bas, ai-je dit à voix basse.
J'étais encore en train d'assimiler toute la peur que j'avais ressentie, la peur qu'elle soit blessée…
Décidant d'y repenser plus tard, j'ai taquiné Bella à la place.
- J'ai cru que Newton était en train de traîner ton cadavre pour l'enterrer dans les bois.
- Ha ha.
- Honnêtement, ai-je continué, j'ai déjà vu des morts qui avaient plus de couleurs. J'étais inquiet de devoir peut-être venger ton meurtre.
Elle a ignoré mon commentaire.
- Pauvre Mike, a-t-elle dit, changeant de sujet. Il doit être en colère.
- Il me déteste, ai-je dit avec un sourire.
- Tu ne peux pas le savoir.
Ses sourcils se sont froncés légèrement.
- J'ai vu son expression – je le sais.
- Comment as-tu pu me voir? Je croyais que tu séchais.
- J'étais dans ma voiture, j'écoutais un CD.
La porte s'est ouverte pour faire entrer l'infirmière. Elle avait une compresse dans la main.
Elle l'a placé sur le front de Bella. Les yeux de cette dernière étaient maintenant ouverts.
Oh, regardez, elle a déjà l'air d'aller mieux!
- Ça va, ma chère, vous avez déjà l'air mieux.
- Je crois que ça va, a dit Bella en s'asseyant.
Non, non, absurde, elle a besoin d'un peu plus de repos.
L'infirmière était sur le point d'ouvrir la bouche quand Mrs. Cope a passé la tête dans l'embrasure de la porte.
- On en a un deuxième, a-t-elle informé.
Merde.
Bella était plus facile à résister quand elle ne saignait pas, mais un autre –
Bella a sauté du lit de camp et a rendu la compresse à l'infirmière.
- Tenez, a dit Bella, je n'en ai pas besoin.
Cet idiot de Newton est entré avec Stephens.
Aussitôt que le sang m'est monté au nez, je me suis raidi. J'ai arrêté de respirer.
- Oh, non, ai-je dit.
J'ai remarqué que Bella était venue juste à côté de moi.
- Sors du bureau, Bella.
Elle a levé les yeux vers moi, coquée et… perçante.
- Fais-moi confiance – vas-t-en.
Elle a foncé hors du bureau. J'ai fermé la porte derrière elle.
Elle avait suivi mes instructions…
- Tu viens juste de m'écouter, ai-je dit.
Il y avait du choc dans ma voix.
Bella a plissé le nez. J'ai pris un moment pour apprécier son adorable expression.
- J'ai senti le sang, a-t-elle dit.
Quoi?
- Les gens ne peuvent pas sentir le sang, ai-je argumenté.
C'était impossible!
- Et bien, je le peux – c'est ce qui me rend malade. Ça a une odeur de rouille… et de sel.
Je ne pouvais pas en croire mes oreilles.
Je l'ai regardée avec incrédulité.
- Quoi? a-t-elle demandé.
- C'est rein, ai-je dit rapidement.
Newton est sorti de l'infirmerie et nous a rejoints. Le regard qu'il m'a lancé… On aurait dit que j'avais noyé sa mère ou quelque chose comme ça…
Pourquoi n'est-elle pas revenue si elle –
- Tu as l'air d'aller mieux, a-t-il dit à Bella avec les yeux plissés.
- Garde ta main dans ta poche, l'a averti Bella.
- Ça ne saigne plus. Est-ce que tu vas retourner en classe?
C'est ce qu'elle va faire, pas vrai?
- C'est une blague? Je n'aurais qu'à pénétrer dans le local que je serais déjà de retour ici.
J'ai eu un sourire narquois. Newton manquait cruellement de logique.
- Ouais, je suppose que oui… Alors, qu'est-ce que tu fais ce weekend? Tu vas à la plage?
Son regard a vacillé vers moi.
Est-ce qu'elle lui a vraiment demandé de venir? Elle ne l'a pas fait! Elle sait ce qui est bon pour elle. Moi!
Je me suis défendu pour me pas rouler les yeux.
- Bien sûr, a dit Bella, forçant sa voix à rester calme.
Newton n'avait pas remarqué qu'elle ne semblait pas trop y tenir.
- J'ai dit que j'y allais.
- On se rencontre au magasin de mon père à dix heures.
Ses yeux se sont encore tournés furtivement vers moi.
Espérons qu'il ne prenne pas cela comme une invitation et qu'il décide de venir…
Bella a acquiescé.
- Je serais là.
- Je te vois à la Gym alors.
Sur ce, Newton est sorti avec hésitation.
J'aurais dû rester plus longtemps… Et si elle l'invite à venir après que je sois parti…6 Non, Bella ne ferait pas cela…
- À plus tard.
Newton a lancé un dernier regard à Bella, une moue sur le visage. C'était étonnant à quel point il avait l'air d'un chien à ce moment précis.
Aussitôt qu'il est parti, je me suis approché de Bella.
Elle a regardé la porte pendant un court instant et elle a grogné :
- La gym…
- Je peux m'occuper de cela. Assis-toi et aie l'air pâle, ai-je commandé.
Elle a hoché la tête et s'est assise sur la chaise pliante. Je dois admettre que c'était réaliste.
Je suis allé jusqu'au bureau de la réceptionniste.
- Mrs. Cope, ai-je appelé tout bas.
J'ai pris une voix basse, séduisante et douce. La pauvre humaine a fondu en moins de temps qu'il n'est faut pour dire «désir».
- Oui? a-t-elle répondu.
Regardez ces muscles! C'est tout un beau mec… un bonbon pour les yeux… J'adorerais en avoir une bouchée…
- Bella a la Gym comme prochain cours et je ne pense pas qu'elle se sente assez bien pour cela. En fait, je me disais que je pourrais peut-être la ramener chez elle maintenant. Est-ce que vous pourriez la laisser manquer les cours?
L'intensité de ses yeux…
En entendant cela, j'ai forcé mes yeux à être encore plus «intenses».
- Est-ce que tu as besoin d'être exempté aussi, Edward? a-t-elle demandé et prenant deux laissez-passer vides.
- Non, j'ai Mrs. Goff, elle ne m'en tiendra pas rigueur.
- Okay, ce sera fait. Guéris bien, Bella, a-t-elle ajouté.
Bella a répondu par un faible hochement de tête. Aussi faible que l'expression de son visage. Elle l'exagérait un peu.
Je me suis tourné vers Bella.
J'ai affiché un sourire goguenard.
- Est-ce que tu peux marcher ou tu veux que je te porte encore?
La porter? Comme il est fort! Et il n'a que dix-sept ans, oh mon…
J'ai failli rouler les yeux.
- Je vais marcher.
Elle s'est levée lentement.
Je lui ai ouvert la porte avec un sourire.
Alors qu'elle sortait, elle a levé légèrement la tête pour laisser l'humidité imprégner son visage de porcelaine.
Je l'ai suivie.
- Merci, a-t-elle dit. Ça valait presque la peine d'avoir été malade pour manquer la Gym.
J'ai regardé droit devant, essayant de savoir où était ma Volvo dans la pluie.
- Alors est-ce que tu y vas? Ce samedi, je veux dire? l'ai-je entendue dire de derrière moi.
Sa voix était pleine d'espoir.
- Où est-ce que vous allez tous exactement? ai-je dit, mais en étant absent.
Il était hors de question que Bella rentre seule à la maison avec cette météo. Je devrais la ramener.
- À la Push, pour aller à la plage.
Je ne pouvais en aucun cas y aller.
J'ai regardé Bella du coin de l'œil : je ne voulais pas qu'elle voie mon expression.
Trop tard. Elle soupçonnait quelque chose.
J'ai souri.
- Je ne crois pas vraiment avoir été invité, ai-je dit.
Merci à Newton pour l'excuse.
Bella a soupiré.
- Je viens juste de t'inviter.
J'ai souri. Ce qu'elle pouvait être naïve!
- Ne poussons pas trop le pauvre Mike à bout cette semaine. Nous ne voudrions pas qu'il craque.
Peut importe à quel point j'aurais voulu qu'il le fasse ou combien j'aurais aimé être là pour voir ça.
- Mike, le rabat-joie.
J'ai souri encore. Elle aussi avait un petit sourire et son expression rêveuse encore une fois. Je ne pouvais m'empêcher de me demander pourquoi.
Elle m'a surpris un peu en tournant à gauche.
Pourquoi?
Je l'ai rattrapée par la veste.
- Où est-ce que tu crois aller comme ça? ai-je demandé, avec un ton de reproche.
Elle avait l'air confuse.
- Je vais chez moi, a-t-elle répondu.
- Ne m'as-tu pas entendu promettre de te ramener chez toi sans danger? Est-ce que tu penses vraiment que je vais te laisser conduire dans ta condition?
- Quelle condition? a-t-elle demandé, frustrée. Et mon camion?
J'ai hésité pendant un centième de seconde.
- Alice te la rapportera après l'école.
Je l'ai tirée jusqu'à ma voiture.
- Allons-y! a-t-elle dit en élevant un peu la voix.
Je l'ai ignorée.
Je l'ai traînée jusqu'à la Volvo.
- Tu es tellement borné! a-t-elle marmonné.
- C'est ouvert, ai-je dit, en ignorant aussi ses plaintes.
- Je suis parfaitement capable de conduire toute seule!
Je me suis assis au volant et j'ai tourné la clé dans le contact. La musique, que j'avais oublié d'éteindre, a automatiquement a commencé à jouer. J'ai baissé le volume.
Mais Bella se tenait juste là, à l'extérieur, du côté passager.
La pluie battait sur le pare-brise. Elle était de plus en plus forte.
J'ai abaissé la fenêtre.
- Monte, Bella, ai-je commandé.
Elle n'a pas bougé. Ses yeux se sont tournés vers son camion.
- Je te ramène de gré ou de force, ai-je menacé.
Elle s'est mordue la lèvre, à levé le menton et est montée dans ma voiture.
Son visage affichait une moue.
Ses lèvres étaient légèrement étirées sur le côté; ses sourcils étaient froncés, ses yeux, un peu plissés. Puis, son visage est devenu neutre. Elle a fixé le lecteur CD comme si c'était un alien.
- Clair de Lune? a-t-elle demandé.
Elle connaissait Debussy?
Mais elle était une ado du 21ième siècle…
- Tu connais Debussy? ai-je demandé.
- Pas très bien, a-t-elle admis. Ma mère joue beaucoup de musique classique un peu n'importe quand à la maison – je connais seulement mes préférés.
J'ai soupiré silencieusement et je lui ai dit.
- C'est l'un de mes préférés aussi…, ai-je dit tout bas, regardant la pluie tomber.
Elle était si différente…
Les adolescents du coin évitaient la musique classique comme si c'était la peste bubonique.
De plus, qui aurait dit que je partageais un intérêt avec Bella?
J'ai regardé cette dernière, qui regardait maintenant par la fenêtre. Elle avait l'air paisible. Elle était absolument magnifique, belle…
Elle avait mentionné sa mère encore… hum…
- À quoi ressemble ta mère? ai-je demandé.
- Elle me ressemble beaucoup, mais elle est plus jolie, a répondu Bella.
J'ai levé les sourcils. J'étais certain du contraire.
- J'ai trop de Charlie en moi, a-t-elle expliqué. Elle est plus extravertie que je le suis, et plus courageuse. Elle est irresponsable et eu tantinet excentrique, et c'est une cuisinière imprévisible.
Elle a marqué un temps d'arrêt et a continué :
- C'est ma meilleure amie.
Bella regardait ses mains, triste.
Son discours m'a encore plus intéressé à elle.
Elle semblait mature… Sa voix était pleine d'une sincérité dont les autres ados manquaient de nos jours…
Pourquoi est-ce que je ne pouvais pas savoir ce qu'elle avait en tête?
- Quel âge as-tu, Bella? ai-je demandé.
- J'ai dix-sept ans, a-t-elle répondu, confuse.
- Tu n'as pas l'air d'avoir dix-sept ans, ai-je dit avec la même sincérité.
Elle a ri.
L'irritation de mes capacités réduites en ce qui la concernait est revenue.
- Quoi?
- Ma mère dit toujours que je suis née à trente-cinq ans et que je suis de plus en plus âgée tous les ans.
Elle a recommencé à rire, puis a soupiré.
- Bien, quelqu'un doit être l'adulte entre nous deux.
Elle s'est tournée vers moi. Ses yeux étincelaient de curiosité.
- Toi-même, tu n'as pas l'air d'un jeune lycéen, a-t-elle observé.
J'ai fait la grimace et j'ai rapidement changé de sujet.
- Pourquoi est-ce que ta mère a épousé Phil? ai-je demandé.
Je voulais en savoir plus sur elle. Chaque petite chose qu'il y avait à savoir sur elle.
Elle avait l'air surprise.
- Ma mère… elle est vraiment jeune pour son âge. Je crois que Phil la fait se sentir encore plus jeune. Et de toute façon, elle est folle de lui.
Bella a lentement secoué la tête.
Me souvenant de notre première conversation, j'ai demandé :
- Et tu approuves?
- Est-ce que c'est important? Je veux qu'elle soit heureuse… et il est celui qu'elle veut.
Ce n'était pas la réponse que la plupart des ados, du 21ième siècle ou non, aurait donnée.
- C'est très généreux…, ai-je complimenté.
Bella aurait fait beaucoup de choses pour sa mère. Est-ce que ça mère en ferait beaucoup pour elle aussi?
- Je me demande…
- Quoi? a-t-elle demandé.
- Est-ce qu'elle aurait la même courtoisie envers toi, penses-tu? Peu importe qui tu choisirais?
J'ai observé son visage à la recherche d'une réponse. Elle avait seulement l'air étourdie.
- Je – Je pense que oui… Mais c'est elle le parent, après tout. C'est un peu différent.
- Personne de trop effrayant alors, l'ai-je taquinée.
Elle a souri à ces mots.
- Qu'est-ce que tu veux dire par effrayant? Des dizaines de piercings et une quantité massive de tatouages?
Ce n'était pas exactement ce que je sous-entendais.
- Ce serait une définition, je suppose.
- Quelle serait ta définition? a-t-elle demandé.
J'étais un homme : j'ai ignoré sa question et je lui ai posé la mienne.
- Est-ce que tu penses que je pourrais être effrayant?
J'ai levé les sourcils, d'humeur blagueuse.
Elle s'est perdue dans ses pensées.
- Hum… je crois que tu pourrais l'être, si tu le voulais.
- Est-ce que tu as peur de moi en ce moment? ai-je demandé à voix basse.
- Non.
La réponse est sortie avant même que j'aie pu finir de formuler ma question.
Un autre sourire est apparu sur mon visage.
- Alors, maintenant, est-ce que tu vas me parler de ta famille? Ce doit être une histoire bien plus intéressante que la mienne.
Je suis revenu sur mes gardes. Comme je l'ai déjà admis plus tôt, je lui en disais toujours beaucoup trop.
- Qu'est-ce que tu veux savoir? ai-je demandé.
- Les Cullen t'ont adoptés?
- Oui.
Elle s'est mordue la lèvre inférieure, toujours dans ses pensées.
Avec hésitation, elle a demandé :
- Qu'est-ce qui est arrivé à tes parents?
Son «tact» m'a presque fait sourire.
- Ils sont morts, il y plusieurs années, ai-je déclaré.
- Je suis désolée, a-t-elle murmuré.
- Je ne me souviens pas très clairement d'eux, ai-je expliqué. Carlisle et Esmé sont mes parents depuis bien longtemps maintenant.
- Et tu les aimes.
- Oui.
J'ai souri en repensant à mes parents.
- Je ne pouvais pas espérer deux meilleures personnes.
- Tu as vraiment de la chance.
- Je le sais.
- Et tes frères et sœurs?
Puis, ça m'a sauté au visage. J'ai regardé l'horloge. Merde, l'école finissait dans huit minutes. Je pouvais imaginer le visage de Rosalie dans la pluie.
- Mon frère et ma sœur, et Jasper et Rosalie, c'est tout comme, vont être très en colère s'ils doivent rester dehors sous la pluie à m'attendre.
J'ai essayé d'avoir l'air indifférent, mais je ne voulais vraiment pas quitter Bella.
- Oh, désolée, je présume que tu dois y aller, a-t-elle dit.
Elle n'a pas bougé pour sortir de la voiture.
- Et tu veux probablement récupérer ton camion avant que le Chef Swan rentre à la maison, comme cela tu n'auras pas à lui parler de l'incident en Biologie, ai-je deviné avec un sourire.
- Je suis sûre qu'il est déjà au courant. Il n'y a aucun secret à Forks.
Bella a soupiré.
J'ai ri et cela malgré le fait que je ne pourrais pas la voir pendant trois jours…
- Amuse-toi bien à la plage…
J'ai lancé un regard dehors, vers la pluie.
- Bonne météo pour prendre un bain de soleil…
Elle a froncé les sourcils.
- Je ne te verrai pas demain? a-t-elle demandé.
Elle était futée.
- Non. Emmett et moi commençons le weekend un peu plus tôt.
Son expression est retombée et la lueur dans ses yeux s'est éteinte.
- Qu'est-ce que tu vas faire? a-t-elle demandé gentiment.
- Nous allons faire de la randonnée dans les montagnes de Goat Rocks, juste au sud de Rainier.
- Oh.
Sa voix semblait sans vie.
- Bien, amuse-toi.
Il n'y avait presque aucun enthousiasme dans ce qu'elle avait dit. Elle n'était pas du tout convaincante.
J'ai refoulé un sourire.
Hésitant un moment, je me suis un peu penché vers elle.
- Ferais-tu quelque chose pour moi ce weekend? lui ai-je demandé.
La lumière dans ses yeux est finalement revenue et ce regard rêveur qui m'était familier a réapparu sur son visage.
Elle a acquiescé.
J'hésitais toujours.
- Ne sois pas vexée, mais tu sembles être une de ces personnes qui attirent les accidents comme des aimants. Alors… essaie de ne pas tomber dans l'océan ou de ne pas te faire écraser par une autre voiture ou quelque chose du genre, d'accord?
J'ai souri.
Ses yeux me lançaient maintenant un regard noir et sa mâchoire étaient serrée. Son visage portait la plus grande incrédulité.
Son menton s'est relevé d'un façon tout simplement adorable.
- Je verrai ce que je peux faire, a-t-elle répondu sèchement.
Je l'ai regardée se lever du siège et descendre de la voiture. Elle a claqué la portière de toutes ses forces, a relevé le menton encore plus haut et s'est tournée vers moi.
Je riais librement à ce stade. Elle a grincé des dents.
L'image de sa colère innocente était gravée dans ma mémoire pour toujours.
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