Chapitre 9 :

"La crainte du danger est mille fois plus terrifiante que le danger présent."

Daniel Defoe

Dans une banlieue peu fréquentée d'un village sorcier, un chat errait dans le brouillard. Loin de se douter que non loin de là se cachait sous une cape d'invisibilité une jeune femme, anxieuse quant à la suite des événements.

Hermione vit se faufiler dans l'ombre une silhouette. La silhouette en question s'arrêta tout près du chat. Cette dernière reprit forme humaine lorsqu'elle reconnut Madame Malfoy.

« Je vous remercie d'être venue. »

« Je n'allais décemment pas laisser une de mes anciennes élèves dans le besoin. »

Narcissa baissa la tête. Il fut un temps, où tout comme Hermione Granger, Narcissa occupait une place particulière dans le cœur de la vieille femme.

« Draco n'est pas avec vous ? »

Hermione remarqua les lèvres de Narcissa trembler lorsqu'elle prononça :

« Il a été passé à tabac. Il se repose. »

MacGonagal soutint son ancienne élève du regard.

« Il est urgent que nous trouvions un refuge Minerva. Il va revenir chercher mon fils... Il me le prendra comme il a prit mon mari. C'est en statut de femme désespérée que je suis venue. Je vous en prie. Nous pourrons payer ce qu'il faut... »

« Nous ne voulons pas d'argent ! Vous devriez le savoir ! La pitié ne s'achète pas ! »

Le visage de Narcissa se durcit.

« En aucun cas, en vous demandant de l'aide, je n'ai parlé de pitié. Si c'est tout ce que vous pouvez nous offrir, il vaut mieux pour notre fierté que de courir les rues. »

Narcissa s'apprêtait à partir, mais MacGonagal la retint.

« Je parlerai de votre c.... »

Malheureusement, elle n'eut guerre le temps d'achever sa phrase qu'un mangemort apparut. Les deux femmes se figèrent d'horreur.

Sans crier gare, Hermione sortit de sous la cape et stupefixa l'homme encagoulé par derrière. Il s'écrasa lourdement sur le sol en un bruit sourd. Hermione devina la colère de son professeur, la voyant débarquer comme ceci, mais elle n'en avait cure. Il fallait partir.

« Nous devons nous en aller ! Maintenant !! il ne doit pas être le seul ! Allons chercher Draco. Il n'est plus en sécurité là où vous l'avez laissé. »

Narcissa sursauta.

« Miss Granger... »

« Madame, sauf votre respect, vous aurez tout le loisir de me remonter les bretelles plus tard. La priorité est de les mettre en sûreté. Rentrez au terrier et prévenez les de notre arrivée. »

MacGonagal ne trouva que répondre si ce n'est un « faites attention » les yeux embués.

Hermione et Narcissa s'enfoncèrent dans les ténèbres brumeux de la rue du pont Pierre Tombay.

Les jambes de l'aristocrate avaient du mal à suivre, peu habituées à ce genre d'exercice. Elles tournèrent dans une petite ruelle, et Narcissa les fit entrer par une porte en bois abîmée. Là, elles longèrent un long couloir plongé dans l'obscurité. Au dessous de l'escalier, Narcissa ouvrit une trappe et s'engagea à l'intérieur, suivit de près par Hermione.

Elles descendirent des escaliers étroits et Narcissa alluma une bougie. La pièce, très peu éclairée obligea Hermione à plisser les yeux.

« Nous devons faire à la moldu. Ils repèreraient si nous utilisions la magie. »

Hermione pensa sombrement que ça devait faire les pieds à Draco.

A peine avait-elle prononcé son nom mentalement, qu'elle sentit une personne se glisser derrière elle. Elle reconnaissait son odeur...

Narcissa, paniquée, rassemblait toutes les bagages.

« Où allons-nous, mère ? »

La voix nonchalante du garçon ne lui fit même pas relever la tête. Ce fut Hermione qui prit la parole :

« emmène le strict minimum, ils arrivent. »

Même plongé dans l'obscurité, Hermione vit nettement les traits de Draco se durcir. Il laissa son sac à terre et n'alla chercher qu'une chose... Une seule.

Hermione plissa les yeux comme pour se persuader qu'elle rêvait bien, mais non, Draco tenait bien dans ses bras une pensine. La pensine de son père.

« J'ai dit : ne prend que le strict minimum, Malfoy !! »

« Je ne prendrais rien d'autre. »

Hermione soupira et se mit à rassembler quelques effets du garçon.

Soudain, un bruit les fit sursauter. Ils arrivaient. A en juger par le bruit des pas dans les escaliers, ils étaient bien plus nombreux que eux.

Paniquée, Narcissa saisit son fils par le pull et le mit derrière elle.

« Vous ne prendrez pas mon enfant » Murmura t'elle.

Hermione assista à la scène impuissante.

« Il n'y a pas de sortit de secours ? »

« Pas du tout Granger. Nous sommes prit au piège, comme des rats. »

Hermione soupira, sa vue se brouillant légèrement. Si près du but...

Soudain, elle eut une illumination. Brandissant la cape d'invisibilité de Harry, elle eut tout juste le temps de les recouvrir tous les trois. Accroupis dans un coin sombre de la pièce, collé les uns contre les autres, Hermione ne put qu'espérer que la cape les recouvrait bien tous les trois.

Draco avait passé un bras autour d'elle, pour la maintenir contre lui, puisqu'elle était en équilibre. Elle sentait son souffle contre la peau nu de son cou, et ne put que frissonner. La panique la submergeait. Lors d'attaque dans ce genre, elle avait toujours trouvé une issue de secours. Mais là, ils ne pouvaient qu'attendre.

Elle vit trois mangemorts pénétrer dans l'étroite pièce. L'un deux semblait en colère.

« Ils nous ont échappé !! Bande d'incapable !! »

« T'en fait pas, ils auront au moins quelques uns d'entre eux... »

« En es-tu sûr ? » S'égosilla le mangemort.

« Très sûr, ils ont suivit la vieille pie. Ils doivent les massacrer. »

Le mangemort ricana sournoisement. Son rire plus sombre que la nuit se répercuta dans toute la salle. Collé contre la jeune femme, Draco put sentir son corps se raidir, puis trembler. Elle sembla sur le point de sauter hors de sa cachette, mais il resserra son étreinte sur elle. Si elle sortait, ils seraient repéré tous les trois, et ça, il ne le voulait pas.

Les mangemorts finirent par partir après avoir jeté un coup d'œil sur les affaires abandonnées. Hermione retira la cape, les larmes aux yeux.

« Ils sont au terrier... nous devons y aller ! »

Draco ricana :

« Et nous faire tuer nous aussi !! Très peu pour moi Granger ! »

Hermione le fusilla du regard et lui lança, folle de rage :

« Alors ça marche comme ça chez vous ? On risque notre peau pour Vous, et vous restez là lorsque les rôles sont inversés ? »

« Parfaitement » La provoqua t'il.

« Tu n'es qu'un être sans scrupules !! Le pire idiot que j'ai jamais rencontré Malfoy !! Ça m'apprendra à vouloir t'aider ! »

Il la sonda du regard. Elle disait vrai. Il la vit amorcer son départ, mais il la retint et capitula :

« C'est bon Granger ! On va y aller les aider tes copains ! Pas la peine de te mettre dans cet état. »

Hermione sembla se calmer. Tous trois se mirent en route.

Lorsqu'ils arrivèrent au terrier, tout semblait calme de l'extérieur. Ce fut seulement lorsqu'ils posèrent un pied à l'intérieur, ils purent constater l'ampleur de l'attaque. Le terrier semblait être devenu un véritable champ de bataille. Hermione chercha des yeux Ses amis. Elle repéra Ginny, se battant contre un mangemort. Elle stupéfixa le malotru et se précipita vers elle.

« Tu es là ?! » S'exclama t'elle soulagée. « On attendait plus que vous pour partir. On ne voulais pas que vous... AAAAAAAHHHHH »

Ginny s'écroula à terre, secouée de spasmes. Hermione se retourna et aperçut un mangemort, baguette dirigée vers Ginny. Un doloris... Cependant, avant qu'elle n'ait put faire quoi que ce soit, Harry avait déjà tué l'homme. Choquée, Hermione resta sans bouger un moment. Harry avait tué...

Le temps pour le survivant de prendre Ginny dans ses bras, évanouie, Hermione avait reprit contenance. Il lui fit signe de le suivre. Tous deux montèrent dans la chambre de Ron. Il la fit monter dans le grenier. Là, il fit monter Ginny avec l'aide d'Hermione. Draco était déjà dans le grenier ainsi que sa mère. Il y avait également quelques personnes qui faisaient partie de l'ordre et Georges, blessé.

« On vous attendait » Murmura Ron. « Les autres font diversion pendant qu'on s'en va. Ils nous rejoindrons plus tard. »

Ron ouvrit une trappe. Elle descendait comme un toboggan. Harry descendit, tenant toujours Ginny serré contre lui. Elle reprenait connaissance doucement. Hermione s'engouffra par la trappe, et se retint de crier. La descente lui avait fait bondir le cœur. Elle atterri sur Draco qui la rattrapa au vol. Sous la violence, ils tombèrent tous deux à terre. Hermione eut même l'occasion de constater qu'il avait atterrit dans un endroit fait de terre séchée. N'aimant pas trop ce goût, elle toussa. Draco l'observait, goguenard.

« C'est gentil d'avoir amortit ma chute Granger. »

Elle le fusilla du regard et se leva le plus dignement possible. Pas le temps d'enlever la poussière, ils devaient fuir.

Ils suivirent le petit groupe. Ils marchèrent près d'un quart d'heure. Enfin, le vent se mêla de nouveau à leurs cheveux. Hermione respira un bon coup. Elle savait où ils se trouvaient. Ils étaient dans le village sorcier. Là, Fred prit la parole, soutenant son frère :

« Bien, vous allez transplaner deux par deux. Dans un premier temps, on va regagner un repère abandonné. Ensuite, lorsque tout le monde sera digne de confiance, on gagnera le vrai QG. »

Fred regarda Hermione puis Ron, et il leur murmura à l'oreille l'adresse.

Lorsque toutes personnes en qui il avait vraiment confiance surent l'adresse, il leur demanda de se mettre avec ceux à qui il n'avait rien dit.

Tout le monde trouva une personne pour le transplanage d'escorte.

Hermione se dirigea vers un homme, assez imposant, mais un bras l'attrapa :

« Si tu transplane avec lui, vous allez vous désartibuler. Il est beaucoup trop gros pour toi. »

Hermione fusilla du regard Harry.

« Va avec Malfoy »

Harry se détourna d'elle, conscient qu'il venait de signer son arrêt de mort. Hermione, à contre-cœur saisit le bras de Draco.

« Comme on se retrouve Grangie. »

« Malfoy, tu oublies que maintenant tu es chez nous. On va donc se retrouver souvent, et je ne supporterais pas devoir te l'entendre dire à chaque fois !! Clair ?! »

Draco ricana.

« Maintenant, prends ma main ! »

Draco observa la main tendue, et la saisit.

« N'oublies pas, les trois D »

Mais au moment où ils transplannaient, il l'enlaça. Ainsi, ils se retrouvèrent dans la clairière, et tout le monde les vit arriver, enlacé comme un couple.

Hermione mit du temps avant de réagir. Mais une fois qu'elle comprit, elle éjecta Draco loin d'elle. Il faillit en tomber. Elle jeta un regard à Ron qui détourna les yeux. Furieuse, elle pressa tout le monde de prendre le portoloin. Enfin, ils atterrirent tous dans une rue. Fred fit passer un morceau de papier où l'adresse était indiquée. Ils virent alors sous leur yeux apparaître une petite maison. Draco renifla dédaigneusement et avança vers la bâtisse. Tous le suivirent. On installa les blessés sur des lits de paille et les autres s'installèrent à même le sol.

« Où est-on demanda Draco »

« Nous somme dans une grange moldu. Les mangemorts mettront plus de temps à nous retrouver ici. Nous pouvons dormir tranquille. Mais avant, chacun doit passer le test du véritasérum. Un par un, en file indienne. Personne ne doit utiliser la magie, ou nous serons repérés. »

Hermione aperçut Ron changer de pièce. Elle le suivit. Une conversation s'imposait.

« Ron, que... »

« Vas t'en Hermione ! »

Hermione, outrée, s'assit sur la table, bras croisés.

« On va continuer comme ça longtemps ? Mais enfin, qu'as tu Ron ? » S'emporta t'elle

Il se retourna si vite qu'elle entendit son cou craquer.

« Moi ?! MOI ?! Qu'est-ce qui me prend ? » Il s'avança colérique vers elle. « TOI qu'est-ce qui te prend !! Tu... tu manigance avec Malfoy père, tu ramène le fils, et je te retrouve en train de l'enlacer !! »

Hermione ouvrit grands les yeux.

« Enfin Ron !! Tu sais très bien qu'il a fait ça juste pour m'embêter !! »

« Oui !! Maintenant, il ne fait que t'embêter !! Où sont les insultes ? 7Ans de haine Hermione, et tu te laisse enlacer par ce rat !!! »

Hermione inspira profondément.

« Ron !! Malfoy n'est pas le problème !! »

« Alors c'est nous, c'est ça ? C'est moi ? C'est toi ? J'en viens à me demander Hermione, si nous n'étions pas mieux juste amis ?! »

Hermione sursauta. Elle tenait beaucoup à Ron, et l'entendre dire ça la blessa.

« Je ne voulais pas sortir avec to... »

« TU N'AS RIEN FAIT POUR ME REPOUSSER !!! »

« J'avais pas finit ma phrase Ron. »

« Comment peut-tu être calme alors qu'on est en train de se déchirer ? Hein !! »

« Je... »

« Encore une fois, tu vois, le problème, c'est Malfoy. Tu pense qu'en sortant avec moi, ton idylle avec ce fils de mangemort passera inaperçu !! »

Hermione se leva :

« Que tu doutes de lui, j'en conviens, mais de moi, je ne le tolère pas !!Malfoy est ici parce que je l'ai emmené !! Je lui fait confiance. Il n'est pas un bon saint-maritin, mais il n'est pas du côté du Lord !! »

« Alors, ça y est, tu prends sa défense maintenant ? »

La porte s'ouvrit brusquement, et ledit Malfoy entra.

« Il y a un problème ? » Demanda t'il innocemment.

Ron le regarda, la rage se lisant sur son visage. Il partit en claquant la porte.

Draco, pour détendre l'atmosphère demanda :

« Une dispute, Grangie ? »

Elle se retourna, contrôlant peu sa rage et fondit sur Draco. De son doigt, elle tapa contre le torse de Draco en martelant de ces mots :

« TOI !! Ne m'adresse plus jamais la PAROLE !! »

Draco la vit disparaître de son champ de vision et la porte claqua une deuxième fois. Il resta là un instant. La dispute Granger/Weasley avait retentit dans toute la maison. Tout le mode l'avait entendu. Lui aussi. Granger avait prit sa défense. Il sourit. C'était la première fois qu'on prenait sa défense sans arrière pensée. Même si maintenant elle était fâchée contre lui, il savait qu'elle avait confiance en lui, et qu'elle le défendrait devant tous ces pessimistes. Au fond, elle devait l'apprécier un minimum ?

Il ressortit. C'était son tour de passer le test. Il s'installa sur la chaise et on lui fit boire une cuillerée du sérum.

« Draco, es-tu du côté de l'ordre, ou de celui du Lord ? »

Draco ne fit rien pour retenir sa réponse. Lutter ne servait à rien.

« Je ne suis d'aucun côté. »

Un murmure s'éleva dans la salle.

« Donc, tu avoues ne pas avoir encore choisit de camps ? »

« Non, je dit ne prendre le partie d'aucun. J'ai déjà eut l'occasion d'entrer dans les rangs du Lord. Si je suis ici, c'est parce que j'ai refusé. »

Fred resta sans voix tandis qu'il apercevait dans les yeux de Draco une lueur de sincérité.

« Pourquoi es-tu là dans ce cas ? »

« C'est à cause de mon père. Et aussi de... de... 'Draco ferma les yeux pour retenir le flot de parole qui menaçait de couler' d'Hermione. '' Ron serra les poings tandis que tout le monde ouvrait grands les yeux '.

Il retint la phrase qui allait sortir. Le philtre ne faisait plus effet. Rassuré, il constata que tout le monde le regardait. Rageur d'avoir laissé passer tant d'informations, il garda la tête haute et défia quiconque du regard de le défier.


La soirée passa. Draco ne parvint pas à s'endormir. Granger non plus apparemment. Il se leva, et la rejoint. Elle était assise sur la table en bois, dans la cuisine et regardait à travers la fenêtre. Seule l'éclat d'argent de la lune éclairait ses boucles. Doucement, il prit place à côté d'elle.

« Alors Granger, le marchant de sable n'est pas passé pour tout le monde ? »

Hermione sourit, les pensées tournées vers les étoiles.

« Je croyais t'avoir dit de ne plus jamais m'adresser la parole ? »

Draco soupira, vexé que cette tête de mule avait été sérieuse lorsqu'elle lui avait crié.

« Bien, je me tais. »

Il détourna son regard de la jeune femme et observa la lune.

« Tu crois que... 'Il l'entendit soupirer'... »

Il se tut.

« Que ???... »

Il reporta son regard vers elle, puis observa à nouveau les étoiles

« Qu'ici on est en sécurité ? »

Elle tourna la tête brusquement vers lui, étonnée qu'il s'en inquiète.

Elle se leva, vrilla son regard dans le siens et murmura :

« Au moins jusqu'à demain. Va dormir, ce soir au moins, tu peux dormir sur tes deux oreilles... »

Il soupira et se leva à son tour.

« Mauvaise nuit Malfoy. »

Il sourit légèrement :

« Mauvaise nuit Granger »

Il la vit disparaître de la lumière pure de l'astre lunaire. Conversation plus qu'étrange... Il s'allongea sur le matelas, et tourna, se retourna... Toute la nuit.


Il vit le soleil se lever, et peu à peu, les personnes se réveillèrent. Ils devaient intégrer Poudlard le jour même. Draco se sentait exclue. Bien entendu, les personnes présentes ne le dénigraient pas en public, mais il les sentait hostiles quant à sa présence. Ils finirent par partir à pied. Vêtus de vêtements moldus. Hermione avait expliqué qu'un portoloin les attendait dans le village moldu. Ils marchèrent en silence. Draco observa le « milieu » d'Hermione avec attention. C'était différent du monde des sorciers, mais, remarqua t'il avec objectivité, c'était aussi accueillant. Le soleil était maintenant haut dans le ciel. Hermione constata :

« Ils parlent de canicule à la radio !! »

Elle souffla et s'arrêta, posant les mains sur les genoux.

« Laisse faire Hermione, je te remplace. »

Ron prit la place d'Hermione et soutint son frère blessé.

Elle se dirigea vers Harry, qui tenait contre lui Ginny.

« Ça va ? »

« On est pressé d'arriver ! » Marmonna Ginny.

« Non, je veux dire... ça va ? »

Ginny plongea son regard dans celui bienveillant de la jeune Granger.

« Ça peut aller. Mais je ne me fais pas d'illusion, on a échappé à plein de sorts des milliers de fois... On ne peut pas être à 100% tout le temps. »

Elle sourit, elle voulait rassurer Harry, pour ne pas qu'il s'éloigne, de nouveau.

Hermione reprit la tête de la marche.

« Nous allons arriver à la fontaine. Vous pourrez vous y désaltérer. En attendant, faites comme ci vous étiez des touristes moldu ! »

Draco s'approcha d'elle et lui susurra :

« Nous sommes des sorciers qui visitons un zoo. »

Hermione s'arrêta net et l'observa. Elle planta ses bras sur ses hanches et se pencha légèrement en avant, l'air menaçant. Puis elle agita son doigt sous le nez de Draco en s'écriant :

« Oh ! Toi ! Sale petit bonhomme, tu as intérêt à te tenir à carreaux ! Sinon... »

« Sinon quoi Grangie ? » Se moqua t'il ouvertement

« Tu vas regretter ce que tu viens de dire ! »

« c'est une menace ? » s'amusa t'il faussement choqué

« C'est une PROMESSE !!! » Cria t'elle avec hargne.

Sur ce, elle le poussa sans ménagements et reprit sa marche, avec des pas plus petits et plus rapides. Ron passa à côté de Malfoy, lui lançant un regard noir, ce qui fit sourire le blond.

Il s'ennuyait. Granger était un bon moyen de se distraire, s'était-il dit. C'est ce qu'il avait fait... Il sourit. Elle était de nouveau devant toute seule. Il allait encore pouvoir s'amuser.

« Dis, Grangie chérie... » Il tourna le regard vers elle, qui fixait obstinément droit devant elle. Il remarqua ses sourcils se froncer et son nez bouger légèrement. Ce qui était assez marrant à voir.

Comme elle ne répondait pas, il continua :

« Comment veux-tu nous faire passer pour des touristes avec Weasley en train d'agoniser derrière ? »

Elle tourna la tête vers lui, le regard emprunt d'une fureur difficilement égalable.

Elle ralentit légèrement et reporta son regard sur le village.

Il soupira. Il avait horreur qu'on l'ignore. Et puis, il s'ennuyait terriblement.

« Allez Hermiione, boude pas. »

Il la vit soupirer du coin de l'œil.

« T'es pas marrante tu sais. »

« C'est toi qui n'est pas marrant !! Arrête de me harceler et va t'occuper de la petite blonde là bas, elle bave d'envie ! »

Draco tourna la tête vers ladite blonde. Non, pas à son goût. Il préférait embêter Granger. Elle était bien plus marrante.

« Jalouse ? » Se moqua t'il

« Je ne suis pas jalouse ! » S'époumona t'elle

« Si, tu l'es ! »

Elle l'observa et le mit au défit :

« Donne moi trois bonnes raisons de t'aimer Malfoy ! »

Il se mit faussement à chercher. Il connaissait les réponses par cœur.

« Et bien, ma beauté suprême, mon intelligence sans égal, et ma richesse ancestrale. Trois bonnes raisons Granger ! »

Elle roula des yeux exaspérée, mais un sourire naquis sur ses lèvres. Draco se sentit tout bizarre. C'était la première fois qu'il provoquait un vrai sourire. De ceux qu'on cherche à cacher tant ils sont purs et indomptable. Comme elle.

« Tu es un menteur, manipulateur, vantard, vil, méchant, et jamais je ne t'aimerais. »

Il ne répondit pas. La sensation ressentit plus tôt l'oppressait maintenant. Elle avait changé. Tout à l'heure, elle lui chatouillait le ventre, maintenant, elle le rongeait de l'intérieur.

« Tu ne sais pas ce que tu perds ma chère amie. »

Elle rigola sournoisement

« TU ne sais pas ce que tu perds. »

Sur ceux, elle haussa la tête en un mouvement de dédain et Draco s'arrêta. Sa mère fut vite à sa hauteur.

« Elle est jolie... »

Draco rit.

« Oui, si, bien sûr, joli selon toi comprend sang impur, cheveux en épouvantail, sapée comme un sac, et... fière... si tu savais comme elle fais son intelligente à Poudlard... elle... »

Sa mère rit.

« Draco... Je ne voulais pas parler de la petite que tu cherche tout le temps, mais de celle qui te fait de l'œil depuis hier. »

Confus, il s'aperçut enfin que sa mère regardait bien dans la direction de la petite blonde indiquée par Granger plus tôt. Il serra les poings. Il venait de passer pour un idiot...

« C'est ici ! » S'écria Hermione.

Elle indiqua du doigt la fontaine. Tous accoururent pour boire quelques gorgées. Draco les regarda faire, méprisant. Hermione s'approcha et lui demanda :

« Tu ne bois pas ? »

Il porta un regard acide et répondit du même ton :

« Regarde les Granger, ils accourent tous et se poussent pour avoir accès à la fontaine. C'est pitoyable. »

Hermione sourit :

« Ce qui est pitoyable Malfoy, c'est le regard que tu leur jette. Tu es comme eux maintenant Draco Malfoy. La seule différence entre eux et toi désormais est qu'ils n'auront plus soif. »

Il l'observa surpris.

« On ne fait plus de différence entre sang pur ou sang mêlés, entre pauvre et riche. Vous serez tous logés à la même enseigne. Vous mangerez le même repas. Ce n'est plus la vie d'avant, c'est la guerre. »

Sur ceux, elle reporta son regard vers les gens buvant à leur soif. Puis elle soupira. Elle s'éloigna vers la fontaine, sortit de son sac un gobelet et le rempli d'eau. Elle se rapprocha de Draco et lui tendit. Il sourit victorieux.

« Tu vois, guerre ou pas, on trouvera toujours des sous-êtres pour nous servir. »

Il vit son regard s'assombrir, et avant qu'il n'ait put bouger le petit doigt, il reçut toute l'eau en pleine figure.

« Tu es un être méprisable Malfoy. »

Sur ce, elle tourna des talons.

« Dépêchez-vous de vous saisir de cette botte. Elle s'activera dans trente secondes !! Allez tous !! »

Tout le monde saisit la botte, compressé les uns contre les autres. Trente secondes après, ils se sentaient aspirés par le nombril.

Ils atterrirent dans une petite ruelle. Ils les dirigèrent dans une cave.

« On passera la journée ici. On doit attendre la nuit pour voyager. »

Draco s'assit contre un mur. La chaleur était épuisante ici. Et puis, il était fatigué. Depuis combien de temps n'avait-il pas mangé ?

Il sentit qu'on s'asseyait à côté de lui. La main froide de Narcissa lui caressa le bras, ce qui eut pour effet de l'apaiser.

Une heure passa, puis deux... Draco n'en pouvait plus. Il sentait le délire monter en lui petit à petit. Il n'avait pas bu, et la soif le tiraillait.

Sa mère discutait avec un membre de l'ordre. Il voyait Harry avec la petite Weasley. Il sourit.

« Alors Potter, pas de nouvelle de Cho ? »

Sa voix était rauque et sèche. Il se demanda même un instant si le survivant l'avait entendu. Mais c'était le cas. Il sourit lorsqu'Harry porta un regard meurtrier sur lui. Il allait enfin pouvoir se distraire.

Harry se leva, et il en fit de même, difficilement. Tout le monde était à bout, et cela se voyait. Même Granger stressait comme jamais. Draco aurait pu parier qu'il ne lui restait plus d'ongles à ronger.

Et ils ne pouvaient pas utiliser la magie...

Harry riposta, mais les mots parurent bien loin pour Draco. Il sentit les deux mains du survivant le pousser, et puis la parois du mur. Il se sentit tomber. Il entendit un cri. Granger... Il sourit. Il sentit deux mains lui prendre la tête. Des cheveux lui chatouiller la nuque. Ils sentaient bon les fleurs. Un souffle se faire plus court. Il entendit qu'on voulait de l'eau. Il sentit sa tête être soulevée et posée sur quelque chose de plus confortable. Un doigt passa sur ses lèvres, les mouillants doucement. Le liquide chaud de l'eau coula dans sa bouche. Une main lui caressa le front et remonta dans ses cheveux. Une main douce. Mais elle n'était pas froide. Ce n'était pas celle de sa mère. Peut-être la petite blonde ?

Il essaya difficilement d'ouvrir les yeux. Première tentative échouée. Il poussa un gémissement rauque et un soupire lui répondit.

Enfin, il parvint à ouvrir les paupières. Granger s'occupait de lui.

Il voulut protester, mais ses muscles ne répondaient pas. C'est comme si son corps voulait qu'elle s'occupe de lui. C'était agréable... Sa main n'était pas pareil que celle de sa mère, mais elle était tout aussi apaisante. Doucement, elle lui chuchota :

« Dors Draco, tu auras besoin de toutes tes forces. »

Et, son corps lui obéit. Il ferma les yeux sans chercher à lutter et le sommeil l'emporta, guidé par la voix mélodieuse de Granger.

Combien de temps passa ? Il ne le sut guère. Il sentit qu'à nouveau on lui caressait le front.

« Réveil toi ! »

Il ouvrit les yeux difficilement. A nouveau Granger était au dessus de lui. Ses cheveux tombaient dans le vide et chatouillaient son visage. Il les chassa d'un geste rageur ce qui fit soupirer la brune. Elle le tira en avant de façon à le faire assoir.

« Tu as toujours besoin d'être assisté c'est ça ? » Marmonna t'elle.

« Toujours, mais je préfère quand c'est par des jolies filles. »

Il perçut dans son regard de la déception. Il ne comprit pas pourquoi. Elle passa son bras dans son dos, et il passa le siens autour de son épaule :

« Un simple merci aurait suffit Malfoy. »

Elle l'aida à se relever et tout le monde se mit en route pour Poudlard, dans les rues sombres du village sorcier. Ils ne devaient faire aucun bruit s'ils voulaient arriver en un seul morceau.

« J'ai soif. » Marmonna Draco.

« Tu n'avais qu'à boire quand tu en avait la possibilité ! » Répondit-elle. Elle détourna la tête et se remit en marche. La route se fit silencieusement. L'ordre avait créé une diversion de façon à ce que Voldemort envoie ses hommes. Ainsi, il n'y avait que très peu de mangemorts en ville, et la plupart étaient dans les pubs.

Ils arrivèrent enfin devant une vieille porte. Tout le groupe pénétra dans la demeure vieillotte d'un vieil homme. Harry le connaissait. Il les fit passer par un tableau. Ils marchèrent ainsi un petit moment, seulement guidés par les parois humides du passage. Enfin, ils revirent la lumière. Hermione observa l'endroit. Elle ne connaissait pas cette pièce...

« C'est la salle sur demande » lui chuchota Harry. Elle le remercia du regard. Fred s'approcha de la porte, mais Hermione le stoppa.

« Poudlard doit-être surveillé. On ne peut pas passer par les couloirs ! »

« Tu y voit une meilleure solution ? »

Hermione réfléchit et renchérit taquine :

« Vous la connaissez pourtant cette salle ! »

Elle sourit largement et se concentra. Sous ses pieds se forma une trappe, et Hermione y tomba. Elle poussa un petit cri. Tous se penchèrent par dessus le trou en demandant :

« Hermione, ça va ? »

Mais ce fut la voix inquiète de MacGonagal qui répondit :

« Taisez-vous un peu et venez ! »

Alors, hésitants quelques peu, ils rentrèrent peu à peu dans le trou béant.

Ce fut Draco qui passa le dernier.

« Ingénieux Granger » la taquina t-il.

Elle le fusilla du regard, se frottant la tête, tandis qu'il sourit sournoisement.

« La prochaine fois que tu as une idée dans ce genre, assure toi de ne pas en mourir »

A nouveau, elle lui lança un regard acide murmurant :

« Tu aimerais bien... »

Il acquiesça de la tête, tout en s'assurant qu'elle ait comprit qu'il ne le pensait pas vraiment.

Ron passa près de lui et le bouscula. Il s'avança vers Hermione et lui murmura :

« Hermione, je suis désolé pour tout... »

Draco vit un sourire naître sur le visage faiblement éclairé de la lionne. Enfin, ils s'embrassèrent. Dégouté et rageur, Draco passa son chemin en crachant un :

« Allez copuler ailleurs »

Ils les entendit rire. Leur complicité le déglinguait. S'en était écœurant. Ravalant la grimace de dégout, Draco rejoint sa mère, qui elle était accompagnée de la petite blonde.

« Salut » Dit celle ci à Draco.

Il ne répondit pas, mais la petite ne se démonta pas et s'exclama enjouée :

« Je m'appelle Lucie, et toi, c'est Draco, c'est ça ? »

« C'est ça » Dit il nonchalamment avant de passer son chemin.


Voila enfin la suite... J'espère que ce chapitre vous a plut...