Note des Auteures:

(Sam, en lançant des confettis) Drarry is back! Drarry is back! Daddy Dray, Papa Ry' et la cutiepie Ada sont de retour dans ce super nouveau chapitre de Baby Reaction! (Fred, essayant d'attraper des confettis tombants pour les relancer) Vive les vacances parce que, sans elles, nos chapitres seraient sûrement, encore, en attente... Mais bon, voici un nouveau magnifique chapitre qui vous plaira certainement! (Sam, qui a totalement perdu la notion du temps et donc la notion du jour et de la nuit) Baby Reaction is love. Baby Reaction is life. J'espère que vous allez aimer tout ce fluff agrémenté de léger smut - parce qu'on s'entend, c'est du couple de frustrés Drarry dont il est question. (Fred) Bref, cette fanfic' ne s'appelle pas Baby Reaction juste parce qu'il est question du plus mignon des poupons - autrement dit, Ada -, mais c'est aussi notre bébé, et on vous souhaite d'avoir bien du plaisir à lire le chapitre 7!

Disclamer:

(Sam) Malheureusement, rien de l'univers de HP nous appartient. Je pleure à l'intérieur. (Fred) Pareillement. Notre rêve n'est et ne deviendra point une réalité. (Sam) Espérons que nous ne nous noyerons pas dans nos larmes intérieures du désespoir de la vie. (Fred) Ça devient un peu "dark" là là... Il ne faut pas tomber dans le néant des crises existentielles! (Sam, sur le bord des larmes) ET SI JE PLEURE SOUS LA PLUIE, TU N'Y VERAS QUE DU FEEEEEEEUUUU! (Fred, se raclant la gorge) Bref, bonne lecture nos petits lecteurs préférés!

Réponses aux reviews:

NkBI: Cette fanfiction n'a jamais été abandonnée ;) Les chapitres sont seulement très long à écrire, surtout que Fred et moi n'avons pas des horaires très compatibles et nos vies sont bien chargées ^^ J'espère tout de même te rendre le sourire avec ce nouveau chapitre. xxx

kamei-chan: L'attente est finie! Bonne lecture!

Beth: Héhéhéhé, bientôt, bientôt !

brigitte26: Merci à toi aussi (un peu en retard oups)! J'espère que tu vas apprécier ce chapitre et merci de nous suivre malgré le temps d'attente énooorme entre les chapitres! Gros bisous!

july: Contente de savoir que tu as aimé! J'espère que la suite va autant t'intéresser!

Kenshitora: Hahaha! Ravie d'avoir trouvé une autre fan de YOI ;) Bonne lecture!


Baby Reaction

CHAPITRE 7


PDV EXTERNE


Drago jeta un coup d'oeil à son bébé, couché sur le dos, sur la couverture qu'il avait précédemment installée sur le plancher de leur coin salon. La petite était réveillée depuis quelques heures déjà, malgré le fait que c'était un samedi matin, elle n'avait pas la même notion de temps et de repos que son père blond qui aurait bien, pour sa part, dormi un peu plus longtemps. Son coéquipier, lui, dormait encore profondément - le chanceux - et Drago espérait qu'il allait dormir autant qu'il en avait besoin parce que le Gryffondor était désespérément grincheux et irritable lorsqu'il était en manque de sommeil. La dernière chose que le blond voulait, c'était un partenaire qui allait passer la journée à se plaindre au lieu de l'aider à s'occuper de leur fille.

Drago était assis sur le divan et tentait d'étudier, même s'il passait plus de temps à faire des grimaces à Adélaïde qu'à réellement lire ses notes de cours. S'étant éveillé aux alentours de sept heures à cause des gémissements de sa fille, le Serpentard avait décidé de l'amener au salon. Pour une fois que les appartements étaient silencieux et que la perpétuelle voix de Potter était absente - malgré le fait que Drago pouvait entendre de faibles ronflements provenant de la chambre - le blond s'était mis à l'étude, tout en gardant un oeil protecteur sur son petit ange.

Le bébé, prêt à commencer cette nouvelle journée de sa courte vie, couvrait du regard ce qui l'entourait et les quelques jouets colorés que son père avait placés près de lui. Drago avait été, encore une fois, surpris par les apprentissages de sa fille, qui venait de réussir à se tourner d'elle-même sur son ventre.

Ainsi, sur son ventre, elle faisait de grands sourires et lâchait, par moment, de petits cris de joie - surtout lorsqu'elle vit que son père avait mis de côté ses cahiers pour la rejoindre au sol, s'étendant de tout son long dans une position semblable à la sienne.

Une expression d'émerveillement se peignit sur son visage poupin quand Drago commença à faire des "coucou!" comme la dernière fois. La petite éclata en gazouillements dès que le visage de son père réapparaissait de derrière ses grandes et fines mains. Ses petits gazouillis doublèrent d'intensité lorsque le blond décida de lui donner des petits bisous sur le nez, qui la chatouillèrent et lui firent plisser son petit nez.

Dans la chambre, deux paupières lourdes aux longs cils foncés papillonnèrent doucement, montrant ainsi que leur propriétaire se réveillait peu à peu. La responsable de ce réveil imprévisible se trouvait dans la pièce d'à côté, s'amusant à gazouiller et à crier de joie devant son autre père, qui avait décidément, beaucoup de plaisir avec elle, en cette belle matinée.

Harry, entendant au loin les sons de bonheur de sa petite Ada, sourit tendrement à l'écoute de cette mélodie, tout en se frottant les yeux pour bien se réveiller. Il s'étira en étoile dans son lit, profitant du fait qu'il était seul dans le grand matelas et du fait que c'était le premier matin de la fin de semaine, signifiant qu'il avait pu dormir autant qu'il voulait - ou presque, à cause des biberons et nombreuses autres demandes nocturnes de sa fille.

Le Gryffondor se leva tranquillement, prit ses lunettes qui étaient placées sur sa table de chevet, et les posa sur son nez.

Il se dirigea vers la porte, ne se préoccupant aucunement de sa tenue, qui était constituée que d'un bas de pyjama de teinte rouge foncé, finement carreauté, laissant le haut de son corps nu et son précédent chandail, qu'avait retiré le griffon à un certain moment durant la nuit, à cause de la chaleur, quelque part sous les couvertures et certainement pas sur le dos de son détenteur.

Avant de sortir, il jeta un coup d'oeil vers l'horloge murale accrochée dans sa chambre, curieux de savoir à quelle heure il s'était levé.

Il était seulement dix heures. Un peu tôt, selon lui, pour une grasse matinée, toutefois, Harry ne se plaignit pas. C'était le premier matin de la semaine qu'il pouvait se reposer et qui sait depuis quelle heure son coéquipier était réveillé, à s'occuper seul de leur bébé.

Le Gryffondor profita encore d'un dernier moment de la pénombre et la tranquillité qui régnait dans la chambre avant d'aller rejoindre sa petite famille dans le salon.

- « Bon matin! », articula l'Élu en voyant les deux blonds, « Je vois qu'il y en a qui en profite pour avoir du plaisir quand je ne suis pas là! », continua-t-il, annonçant sa présence en entrant dans la pièce, ses mains perdues dans sa chevelure entremêlée, tentant d'y mettre un peu d'ordre, ce qui était pratiquement impossible.

Il s'approcha du blond et de leur fille et les rejoignit au sol.

- « Toujours aussi sarcastique au réveil, à ce que je vois, Potter. », lui répondit finalement et simplement son coéquipier, son éternel sourire narquois aux lèvres.

Malgré le fait que leur relation s'améliorait de jour en jour à cause de la présence d'Adélaïde dans leurs vies, leurs attitudes l'un envers l'autre n'avaient pas trop changé, conservant leur touche de rivalité incessante. Les vieilles habitudes leur menaient la vie dure.

Adélaïde lâcha un autre gazouillis et Harry en profita pour lui donner un petit baiser sur le nez, qu'elle s'amusait à plisser au contact des lèvres de son père avec sa peau. Le blond se leva soudainement en déclarant:

- « Surveille-la, je vais aller préparer son biberon. »

Comme son bébé était d'excellente humeur ce matin, cela ne dérangeait pas du tout Harry de garder un oeil sur lui. Son sourire était contagieux et le brun se sentait immédiatement, lui aussi, de très bonne humeur. Il pouvait déjà sentir qu'il allait passer une splendide journée. Il s'amusa avec les petites mains potelées de sa fille en faisant semblant de les manger, sous les petits cris de joie de celle-ci, tandis que Drago terminait de lui concocter la solution du biberon.

Le blond revint assez vite et Harry prit doucement Adélaïde et l'installa dans ses bras confortablement pour qu'il puisse la nourrir. Le brun fit les yeux doux à son coéquipier, l'air de dire "Est-ce que ça peut être à mon tour de lui donner à manger ce matin?"

Drago soupira et roula des yeux, mais donna le biberon à son coéquipier, se réjouissant de l'expression de bonheur sur le visage de sa petite fille à la vue de son repas, et celle, épanouie, sur le visage d'Harry. Il prit place aux côtés du Gryffondor et un silence les enveloppa, dans cette douce scène presque intime.

Lorsqu'il eut terminé de nourrir sa fille, Harry bénit le fait que leur appartement contenait un espace cuisine puisqu'il n'avait aucun désir de descendre à la Grande Salle. Son partenaire lui proposa d'aller préparer Adélaïde pour la journée pour lui laisser l'opportunité de déjeuner en paix à la table de leur cuisine qui était encore pleine de nourriture, magiquement encore chaude, que des elfes de maisons avaient fait apparaître lorsque le blond avait réclamé à manger dans l'appartement quelques heures plus tôt.

Prenant une bouchée dans sa tartine au chocolat, Harry sursauta, manquant de s'étouffer, tout cela à cause d'une grande chouette hulotte brune et blanche qui venait de cogner dans la vitre de la fenêtre située à quelques mètres de la table.

Le papa aux cheveux foncés termina son verre de lait pour faire passer le morceau de tartine, puis se dirigea vers le hublot, qu'il ouvrit, pour faire entrer le rapace. Celui-ci transportait une lettre où s'affichaient les initiales "P. C." et le logo de Poudlard. Harry détacha la lettre des pattes du hibou et donna le reste de sa tartine à la magnifique bête à plumes en guise de récompense de son valeureux travail.

Le message écrit dans la lettre était court et direct, sous une calligraphie cursive, soutenue et impeccable.

- « Malefoy! Chourave veut qu'on passe la voir. Encore! Si ça continue comme ça, ça va devenir des rendez-vous hebdomadaires! », cria Harry à travers l'appartement à son coéquipier.

Le Survivant entendit un faible grognement avant que son coéquipier lui réponde:

- « Qu'est-ce qu'elle veut encore? J'espère que ce ne sera pas trop long, on n'a pas juste ça à faire. »

Pour une autre fois, Harry était d'accord avec le blond. En plus de s'occuper de leur fille, ils avaient des tonnes de devoirs et d'études à faire pour la semaine à venir.

Ayant terminé de manger, Harry alla se préparer rapidement pour leur rencontre avec Chourave, s'habillant de façon très décontractée, le blond et leur bébé étant déjà prêts à partir. Quelques minutes après l'arrivée de la lettre, la petite famille était en chemin pour leur rendez-vous.


oOo


Ce ne fut pas long avant que le duo Malefoy-Potter, accompagné de leur petit ange, arriva devant les serres, emplacement de leur rendez-vous.

La professeure Chourave les salua chaleureusement et les invita à entrer pour commencer les différents tests sur leur Flos Vitae. Les deux pères furent surpris de voir, aux côtés de leur professeure, l'infirmière de Poudlard, madame Pomfresh.

Toutefois, ils étaient moins stressés qu'au premier rendez-vous d'Adélaïde, mais la présence de Pomfresh ne les rassurait point. Ils ne connaissaient pas la raison de sa présence, mais ils espéraient que ce n'était qu'une précaution de leur professeure de Botanique pour veiller au bien de leur petite, et non pour leur annoncer des théories qui cacheraient des maux inconnus.

Sous l'ordre de Chourave, Harry sortit délicatement son bébé de sa coquille et l'installa sur la table à langer improvisée et qui restait hygiénique, présente dans la pièce. Il entreprit de retirer l'ensemble que portait sa petite, la laissant en couche, pour que les deux femmes puissent en arriver aux meilleures conclusions possibles.

L'examen d'Adélaïde fut assez rapide. La professeure Chourave décida de ne pas lui faire passer certains tests, ayant déjà les résultats de la dernière fois qui lui suffisaient. Elle observa encore les étranges lignes blanchâtres dans le dos du poupon et affirma aux parents de celui-ci qu'il n'y avait rien à craindre, car les lignes n'avaient pas changé d'aspect depuis leur dernier rendez-vous. Elle finit par conclure que ces lignes étaient sûrement, en quelque sorte, la représentation de taches de naissance des Flos Vitae.

- « Ah! Professeure, je viens de me rappeler, nous voulions vous poser une question. », informa Drago aux deux femmes dans la pièce, sous le regard maintenant inquiet de son coéquipier, sachant de quoi voulait parler le Vert et Argent.

- « Nous avons remarqué quelque chose de très différent entre Adélaïde et les autres enfants - ce n'est vraiment pas difficile de s'en rendre compte... C'est le fait qu'elle soit la seule fille parmi tous les autres bébés. Est-ce qu'on devrait s'inquiéter? Ou est-ce que c'est normal et que c'est simplement un coup de chance? »

La professeure de Botanique ouvrit la bouche pour répondre, mais la referma aussitôt. Elle ferma les yeux, pensive, avant de les poser sur le binôme qui lui faisait face, le regard grave.

- « Les garçons, je craignais le moment où vous alliez me poser cette question. », le Gryffondor et le Serpentard se jetèrent un coup d'oeil alarmé, « Ce n'est pas pour rien que je fais plusieurs examens sur votre bébé. Je voudrais vous dire que le fait qu'elle soit de sexe féminin tandis que tous les autres Flos Vitae sont de sexe masculin est normal, mais ce serait faux. De ce que nous savons, ces bébés-plantes naissent en portée et ces portées sont obligatoirement toujours composées d'enfants du même sexe, ce qui n'est étrangement pas le cas ici avec Adélaïde. C'est peut-être la faute d'un petit élément insignifiant qui a altéré la composition dans la potion ou le bulbe. Ça pourrait être aussi, tout simplement, parce qu'elle a reçu plus de chaleur que les autres - ce qui ne devrait pas être trop grave. Malgré qu'Adélaïde soit différente des autres et que j'ai eu vraiment une frousse en la voyant naître plus tôt et en constatant qu'elle était la seule fille, je peux vous assurez que, pour l'instant, elle est rayonnante et, heureusement, en pleine forme. Je ne pense pas que nous en ayons à nous en faire tant que ça. Mais, je vais tout de même continuer à faire des examens réguliers, au cas où. », termina Chourave en se tournant vers sa collègue qui acquiesçait sous ses propos.

Les deux parents respiraient difficilement, déstabilisée par les nouvelles de leur professeure, les deux ayant leur regard posé sur leur enfant, couchée sur la table à langer, à l'allure si innocente, qui s'amusait, battant l'air de ses petits bras et jambes potelées, ne sachant aucunement à quel point sa différence avec les autres Flos Vitae pouvait signifier quelque chose de grave.

Après leur rendez-vous avec Chourave et Pomfresh, le binôme rentra à leur appartement, incertain de l'attitude à aborder par rapport à ce qui leur avait été révélé. D'une part, ils étaient contents qu'Adélaïde fût en bonne santé, mais d'autre part, il y avait trop de questions qui restaient sans réponses vis-à-vis leur petite fille qui avait, aujourd'hui, atteint l'âge d'un bébé de deux mois et demi.

Le reste de leur première journée de week-end se passa dans le calme, entre des jeux avec leur bébé et quelques devoirs et études. Le binôme en vint même à s'entraider dans leurs études - chose qui leur aurait parue impossible quelques semaines auparavant.

- « Potter, quel est le sort pour transformer des billes en bulles? », demanda le Vert et Argent, d'un ton autoritaire tandis que tous deux étaient couchés aux côtés de leur fille, au sol, entouré de jouets et de feuilles de notes de cours appartenant aux deux étudiants.

- « Je suis certain que tu me demandes ça parce que tu connais la réponse, Malefoy... »

- « Et moi, je suis certain que tu ne connais pas la réponse, imbécile. », nargua le Serpentard.

Harry ignora son coéquipier et fit éclater en gazouillements sa fille en lui chatouillant son petit ventre en le couvrant de baisers.

- « Et ta réaction me prouve que j'ai encore raison, imbécile. », fit le blond après quelques secondes.

Harry se tourna vers lui et lui jeta un regard noir.

- « Je connais la réponse à ta question, mais je n'ai pas envie de te répondre, idiot. »

Il fit un grand sourire à son bébé et lui dit d'un ton paternel:

- « Mais oui, ma Ada-d'amour, ton père, c'est un vrai idiot! »

Harry reçut un cahier sur la tête et lâcha un petit cri - ce qui eut pour effet d'amuser encore plus leur fille, qui se réjouissait presque des interactions entre ses deux parents.

- « N'inclut pas Adélaïde là-dedans! Quoiqu'elle sait éperdument lequel de nous deux connait la réponse à cette question! », menaça le blond.

Un silence retomba dans l'appartement, tandis que les deux étudiants étaient plus qu'ennuyés et épuisés de leur long samedi de devoirs et d'études, en plus du fait qu'ils avaient dû s'occuper de leur petite qui avait étonnamment beaucoup trop d'énergie pour le peu d'heures de sommeil qu'elle avait eues la nuit précédente.

- « Je crois que nous avons assez étudié pour ce soir, non? », questionna soudainement Harry, ses yeux fixant sans but le plafond de leur appartement.

Le blond approuva sans dire un mot, acquiesçant seulement d'un signe de tête. Il commençait à être tard, surtout pour Adélaïde. Harry décida de se lever. Il secoua les possibles poussières qui auraient pu être contre ses vêtements avant de prendre, dans ses bras, le bébé, laissant le blond seul sur le sol de leur salon.

- « Je vais lui donner son bain. Après, un dernier biberon et Mademoiselle va dormir. », lança le jeune homme à la chevelure de jais en partant vers la chambre.

Drago ferma les yeux un instant, dans son état inactif post-études il appréciait le chaos familial et presque chaleureux qu'était devenue sa vie. Lorsqu'il entendit l'eau couler dans le bain d'Adélaïde, il se leva à son tour et rangea d'un coup de baguette les jouets et les cahiers. Il prépara ensuite un biberon et se dirigea vers la chambre, prêt à endormir sa petite fille dès que son bain serait terminé.

Quelques minutes plus tard, Harry sortit de la salle de bain avec un bébé tout propre, poudré et crémé, prêt à aller dormir. Il la déposa doucement dans les bras du blond, qui était déjà assis dans la chaise berçante, le biberon en main.

- « Bonne nuit Ada. », annonça-t-il, avant de donner un baiser sur le front de leur fille, « Je vais prendre ma douche. », dit-il, par après, à son coéquipier. « Et pour réponde à ta question de tout à l'heure, la réponse est Bulisdifors. Je te rappelle que je suis aussi en septième année et que j'ai les mêmes cours que toi! », déclara le Rouge et Or en se dirigeant vers la salle de bain, tandis que le blond levait les yeux au ciel, s'abstenant de répliquer, sous l'air satisfait et ouvertement railleur de son partenaire de binôme.

La petite tomba rapidement endormie et, dès que ses deux parents furent, à leur tour, bien propres et entre la chaleur de leurs draps, quelques heures à sa suite, ils tombèrent aussi rapidement entre les bras de Morphée.


oOo


Le lendemain après-midi, le binôme Malefoy-Potter était encore, malheureusement surchargé par leurs devoirs et leurs études. Assis confortablement dans leur salon, le blond, n'ayant même pas pris la peine de retirer son pyjama, révisait à voix haute, sous les regards insistants de son coéquipier, qui marchait de long en large dans l'appartement, leur bébé endormit callé contre la peau chaude de son torse musclé.

- « Pour une fois qu'elle dort paisiblement pendant sa sieste, tu pourrais au moins essayer de faire moins de bruit! », lui chuchota agressivement Harry.

Le Serpentard soupira fortement et roula des yeux.

- « Si tu ne veux pas que je... t'aide... à étudier, j'arrête tout de suite! »

Un goût amer resta sur la langue du Survivant devant les actions presque charitables de Drago envers lui.

- « Tu peux continuer à étudier à voix haute... mais pense à Ada - et au fait que si sa sieste est longue et paisible, elle va nous laisser dormir cette nuit... », fit péniblement le brun, car donner raison à sa Némésis était une action impensable, mais Adélaïde était plus importante que leur adversité.

Soudain, les deux partenaires du projet-bébé sursautèrent en même temps en raison d'une étrange et surprenante intrusion dans leur chez-soi:

- « Bon après-midi mon binôme préféré! », cria la personne qui venait d'entrer sans permission dans leurs appartements - autrement dit, la chère Mme Lola, professeure du cours de Mise en Contexte Familial.

Lola Primadonna était, tout simplement, entrée chez les Malefoy-Potter, sans annoncer sa présence et sans l'accord des propriétaires des lieux, tous deux sous le choc, ne comprenant nullement ce qui se passait et la raison de la présence de leur professeure chez eux.

Ladite professeure s'arrêta brusquement dans le cadre de porte, fixant Harry, qui était torse nu, avec Ada dans les bras - une vision tout simplement adorable et incroyablement angélique. Elle émit un son exprimant son adoration pour les bébés - un long "awn", très caractéristique de la gente féminine devant l'adorable visage d'un poupon - tout en s'approchant du papa aux cheveux de jais qui l'arrêta immédiatement d'un geste de sa main libre, l'autre consacrée à soutenir sa fille dans ses bras.

- « Mme Lola, serait-ce trop vous demandez de savoir ce que vous faites ici et surtout pourquoi vous êtes entrée sans même cogner? Vous auriez pu tomber sur une scène embarrassante et privée », déclara Harry qui fronça les sourcils à la fin de sa phrase, réalisant qu'il venait de sous-entendre certaines situations plutôt délicates.

- « Oh, mais ne vous arrêtez pas pour moi! Je comprends très bien si vous voulez terminer ce que vous faisiez... », elle lança un clin d'oeil à Harry, qui était torse nu, tout comme son coéquipier de binôme, « Je peux très bien revenir plus tard. », signala Mme Lola avec un sourire en coin, faisant mine de partir.

- « Non non, vous pouvez... rester. », entreprit Drago qui sembla tout à coup mal à l'aise, « Essayez juste d'être un peu plus silencieuse, Ada dort et nous ne souhaitons aucunement qu'elle se réveille. », il jeta un coup d'oeil à sa petite pour confirmer ses propos, « Sinon, que venez-vous faire ici, professeure? »

- « En bref, je venais vous faire une petite surprise, plus spécialement, amener un présent pour votre petit ange! »

Harry s'approcha, maintenant plus intéressé par la compagnie de Lola, moins distant et malaisé. Drago fit de même, gardant cependant une distance, indécis de l'attitude à prendre vis-à-vis sa professeure qui s'avérait définitivement trop amicale et trop obsédée par son fantasme d'un couple entre Harry et lui.

- « Je suis aussi venue ici pour discuter de votre couple, à moins que vous ne préfériez le terme binôme? J'aime bien le terme "couple", personnellement, ça vous va à ravir je trouve. », dit Mme Lola avec un sourire rêveur, alors que Harry et Drago voulaient presque vomir.

- « "Binôme" est parfait Mme Lola. », tenta Drago, sans succès puisque quelques secondes plus tard dans la discussion, l'enseignante réutilisa le terme "couple", au grand dam des deux étudiants dans la pièce.

Drago et Harry apprirent rapidement que leur professeure n'était vraiment pas simplement venue pour donner un cadeau à leur petite et discuter un peu, mais bien pour faire un compte-rendu de leur soi-disant "couple" et de leur donner des conseils pour entretenir la meilleure relation amoureuse homosexuelle possible, ce qui était tout simplement ridicule et excessivement malaisant pour le binôme, en plus de leur affirmer qu'ils étaient d'excellents parents et que l'adoption était possible, après Poudlard.

Elle commença par leur donner des conseils pour Adéalïde, avant de totalement dévier du sujet. La remarque sur le fait que les enfants ne pouvaient pas consommer des produits laitiers avant un certain âge, et, donc, ne pas manger du beurre sur du pain devint rapidement une introduction à l'essentiel et indispensable lubrifiant - utilisé dans des relations sexuelles - qui pourrait, certaine fois, ressembler au beurre, et comme quoi, non, du chocolat ne pouvait pas servir du lubrifiant - remarque qui sembla distraire, quelque peu, le blond, connaisseur en la matière. Les sous-entendus pas du tout subtils de la professeure rendirent les deux jeunes hommes totalement mal à l'aise et Harry ne put s'empêcher de s'imaginer de nombreux - beaucoup trop nombreux - et détaillés - beaucoup trop détaillés - scénarios dignes de films pornographiques ayant comme acteurs principaux le blond et lui. Il dut même croiser les jambes, étant maintenant en position assise, pour s'assurer de contrôler du mieux qu'il pouvait une certaine partie de son anatomie.

Mme Lola finit par quitter enfin leurs appartements, en leur lâcha un dernier:

- « N'oubliez pas les garçons, même si, techniquement, vous ne pouvez pas faire de bébés, les sorts de protections, c'est très important! Ce serait dommage que les deux plus beaux jeunes hommes de Poudlard soient incommodés à l'infirmerie pour des infections gênantes et désagréables à des endroits intimes. »

Mme Lola avait laissé son cadeau qui était un adorable petit hochet rose avec comme motif, de magnifiques petites étoiles et un ange en son centre.

- « Mais qu'elle m'énerve! Oui, je suis torse nu, et alors! Je ne fais que respecter la page 46 de son stupide manuel qui stipule clairement que le contact peau sur peau du parent et du bébé est très important pour le développement d'une bonne relation parent-enfant! Ce n'est pas comme si j'étais en train de te faire un strip-tease! », s'emporta relativement silencieusement - miraculeusement, Adélaïde dormait encore - le brun après le départ de la professeure.

Drago resta bouche bée, les paroles de son coéquipier lui amenant certaines images agréables en tête. Un strip-tease, hein... Voilà une meilleure façon de passer un dimanche que les études!

Tentant de retirer les images d'un Harry à moitié nu qui retirait sensuellement le reste de ses vêtements de son esprit, le regard du blond se fixa sur leur fille. Néanmoins, puisqu'elle dormait dans les bras d'Harry, il fut assez difficile pour Drago de ne pas regarder le Gryffondor à moitié nu devant lui. La vision d'Harry, ainsi, torse nu, avec leur délicate et fragile Adélaïde blottie dans ses bras musclés, lui donnait étrangement des chaleurs et Drago eut une forte envie de caresser chaque centimètre de peau du brun qu'il apercevait - surtout ses magnifiques pectoraux, ses incroyables abdominaux bien définis et ses fortes épaules massives et musclées - comme pour donner raison aux nombreuses allusions de leur professeure.

Mme Lola avait beau dire n'importe quoi en s'imaginant qu'ils étaient en couple, mais elle avait certainement raison lorsqu'elle affirmait qu'ils étaient les deux plus beaux jeunes hommes de Poudlard. Le blond était déjà au courant de sa propre beauté et commençait, petit à petit, à apercevoir celle, plutôt particulière, de son coéquipier.

Drago reporta son attention sur le cadeau que sa professeure avait amené pour Adélaïde. Il secoua le hochet, l'esprit préoccupé. Les petits anges dessinés sur le hochet lui firent soudainement penser à une idée fantastique.

- « Potter? Pour Halloween, nous devrions déguiser Ada en ange! », s'exclama-t-il, fier de son idée, avant de se faire taire par le brun qui lui indiqua, une fois de plus, la petite princesse qui dormait paisiblement.

- « Ada sera un ange le moment où elle fera toutes ses nuits et arrêtera de pleurer toutes les trois heures. », lui répondit le brun, en acquiesçant, tout de même, à l'idée du costume pour leur bébé, puisqu'il n'avait pas encore eu d'idée de son côté à ce sujet.

Drago ignora l'intervention du Gryffondor et se contenta de continuer de développer sur ses idées concernant le costume de leur petite, mais aussi, du sien, et même celui de son coéquipier.

- « Tu sais Potter, c'est rendu très tendance auprès des familles de choisir un thème commun pour déguiser les parents et les enfants. On pourrait peut-être faire la même chose? Non, on va faire cela! En plus, le thème des anges nous offre de multiples possibilités! », détermina le Serpentard, confiant et souriant grandement, montrant sa magnifique dentition blanche.

- « Peut-être, oui... », répondit Harry, n'écoutant que d'une oreille son coéquipier, trop préoccupé à observer sa fille, bien calée contre lui, qui dormait paisiblement et qui était juste absolument adorable.

- « Non, non, non! Pas un simple "peut-être que oui", cette idée est juste parfaite! Imagine Adélaïde déguisée en ange et nous, à ses côtés, habillés, de la même façon... Ou même, encore mieux! En démons pour contraster avec elle! Oui! Ça serait incroyable... Je nous vois tellement en smoking bien ajustés, l'un blanc, l'autre noir, avec des ailes ou des petites cornes et peut-être des masques de la même couleur, nous donnant un air de bal masqué. Sérieusement, nous serions vraiment, absolument, carrément, beaucoup trop sexy! »

Harry leva les yeux en entendant les dernières paroles du blond. Il fut frappé par le regard d'acier qui le fixait - pas seulement parce que Drago l'observait - mais bien puisque les pupilles du blond étaient, étrangement, beaucoup plus dilatées que d'habitude, ce qui fit rougir involontairement le brun. Celui-ci se racla la gorge, signe de son embarras, et baissa les yeux sur sa petite, feignant qu'elle venait de capturer son attention.

Drago secoua la tête, essayant, en quelque sorte, d'oublier ce qu'il venait de dire et de se confirmer qu'il s'était trompé et n'avait pas employé le mot "sexy" à haute voix pour décrire sa personne et Potter.

Il se passa la main dans les cheveux, réfléchissant, et avisa le brun qu'il allait prendre l'air pour se changer les idées. Il allait sûrement faire un peu de haute voltige sur son balai. Drago rassura le brun en lui disant qu'il allait revenir dans une heure, le laissant seul avec leur fille.

Celui-ci se questionnant légèrement sur s'il avait fait quelque chose de mal vis-à-vis son partenaire de binôme pour qu'il parte aussi rapidement et sans réelle raison valable. Malgré tout, le blond revint plus tard dans la soirée et les deux étudiants firent comme si de rien n'était - les malaises entre eux étant devenus une habitude dans leur nouveau quotidien.

Lorsqu'Harry plaça Adélaïde dans son berceau, ce soir-là, il ne put s'empêcher de l'imaginer avec, en addition à l'adorable pyjama blanc qu'elle portait, deux petites ailes derrière son dos et une auréole dorée au-dessus de sa tête. Comme il avait mentionné plus tôt, il espérait grandement que la conversation sur son costume d'Halloween allait influencer son bébé à être un véritable petit ange et à dormir toute la nuit, laissant l'opportunité à ses parents d'être bien reposés pour leur examen de Métamorphose le lendemain.


oOo


Un cri strident poursuivi de pleurs parvint aux oreilles sensibles des deux parents présents dans la pièce d'à côté qui déjeunaient silencieusement dans leurs appartements afin d'éviter l'attention inutile qui leur aurait été portée s'ils avaient décidé de se montrer, tous les trois, à la Grande Salle. La petite Adélaïde réclamait haut et fort sa dose de nourriture matinale à grands cris. Elle venait de se réveiller, presque une heure après ses pères, ceux-ci s'étant levés plus tôt pour se préparer pour leur journée de cours.

Drago s'approcha, nonchalant, encore légèrement fatigué de son réveil matinal, malgré le café qu'il venait de boire, du berceau de sa fille. Celle-ci continuait à crier, détruisant peu à peu les tympans de ses parents. Le blond la prit donc pour tenter de la calmer, mais le bébé ne voulait rien savoir des caresses et des mots doux de son père. Elle voulait se remplir l'estomac tout de suite, et non dans quelques minutes.

- « Potter! », appela Drago, hurlant presque le nom de son coéquipier, « Prépare un biberon, Ada ne va pas se taire avant d'avoir du lait dans la bouche! »

L'interpelé arrêta ce qu'il faisait, autrement dit, de manger son assiette de gaufres, pour préparer lentement - son cerveau pas tout à fait réveillé - le biberon pour son ange, qui était une véritable petite démone, ce matin, avec ses cris et ses pleurs incessants.

Le Serpentard arriva dans leur coin cuisine avec Adélaïde dans ses bras, celle-ci se calmant légèrement en apercevant son biberon sur le comptoir, mais, au grand malheur de ses parents, ce ne fut que pour un instant...

C'était comme si elle savait que concocter la préparation de son breuvage nourrissant prenait, habituellement, environ trois minutes, contrairement à ce matin, qui était distinctivement plus long. Harry, étant un peu lent dû à sa fatigue, prenait plus de temps à préparer le biberon et sa fille n'aimait vraiment pas ça, le démontrant à l'aide d'un concert de cris sans fin.

Harry termina enfin la préparation du lait spécial du bébé. Il s'était dépêché un peu en entendant les protestations perçantes de sa petite et il donna le biberon à son coéquipier pour nourrir Ada, qui ne prit pas longtemps à boire tout le contenu du celui-ci. Après avoir fait faire le rot du bébé, Drago fit signe à son coéquipier de la prendre.

Harry prit Adélaïde dans ses bras, celle-ci s'étant rassasiée, appréciant la douceur de son petit pyjama de coton blanc contre la peau de son torse. S'étant calmée après son biberon, la petite souriait, battant des pieds joyeusement et laissant échapper quelques gazouillis de bonheur.

Tandis que le blond était en train de remplir de couches, de biberons et de préparations à lait spécial Flos Vitae le sac d'Adélaïde pour leur journée, Harry remarqua que leur bébé avait encore grandi depuis la veille, pouvant le remarquer facilement puisqu'elle vieillissait sept fois plus vite qu'un être humain normal. Elle changeait si rapidement que cela lui fit presque peur. Il voulait réellement profiter de chaque seconde qu'il avait avec elle et être là pour toutes ces secondes.

La tête d'Adélaïde contre son épaule, Harry s'aperçut que les cheveux blonds de sa fille étaient plus présents et longs que la veille. Il fut pris d'une vague d'adoration envers elle.

Le brun passa délicatement la main dans les fins cheveux blonds et doux de sa fille. Il eut soudain une idée. Il se dirigea vers l'armoire contenant les nombreux vêtements du bébé, décidé à préparer sa petite pour la journée. D'un Accio, il fit venir à lui une petite robe rouge, des petits bas collants noirs et un cache-coeur de la même couleur. Même si son partenaire et lui avaient fait plusieurs achats de vêtements qui différaient de ceux aux couleurs de la maison des parents déjà offerts par l'établissement scolaire, Harry ressentait toujours une grande fierté à voir sa fille porter les couleurs de Gryffondor.

Il l'habilla habilement, ayant déjà développé des trucs depuis les quelques semaines qu'Adélaïde était présente dans sa vie. Son coeur fondit devant l'expression adorable de sa fille, couchée sur la table à langer, qui tentait de sucer son pouce en le regardant avec ses grands yeux à la couleur changeante. Ses cheveux plus nombreux et longs donnèrent à Harry l'idée de tenter, pour la première fois, de la coiffer. Du plus doucement qu'il fut capable et après plusieurs essais, jurant à chaque fois qu'il ne réussissait pas, n'ayant pas réalisé à quel point c'était difficile d'utiliser un élastique, il rejoignit les minces cheveux blonds en une minuscule queue-de-cheval d'à peine quelques centimètres. Le résultat était simplement à craquer.

Lorsque Drago rejoignit sa petite famille, il ne dit même pas un seul mot à propos des couleurs que portait sa fille - lui qui, habituellement, en aurait fait tout un débat - et ses yeux se remplirent d'adoration devant la bouille tout simplement mignonne d'Adélaïde. Un sourire fleurit sur ses lèvres, alors qu'il fit signe à son coéquipier qu'il était temps d'aller en cours.

Après leur journée occupée de déplacements d'une classe à une autre où les deux jeunes hommes durent gérer leurs cours, leurs examens de Métamorphose, un bébé qui réclamait bruyamment son biberon ou à être changée toutes les trois heures environ et des dizaines de jeunes étudiantes qui trouvaient leur fille trop adorable, ils accueillirent avec joie le calme de leurs appartements.

Déposant le bébé sur une couverture douce sur le sol du salon, les deux parents se laissèrent tomber, exténués et silencieux, sur le divan, leurs regards protecteurs tout de même fixés sur Adélaïde, ne la laissant jamais sans supervision. Le silence de l'appartement fut rompu par le bruit d'un hochet - le cadeau offert par leur professeure de Mise en Contexte Familial la veille - que leur fille venait de prendre dans son petit poing et de secouer doucement, intrigué par l'objet. Le Gryffondor et le Serpentard se redressèrent soudainement, fiers des progrès de leur fille, des sourires béats sur le visage. Leur fille grandissait si vite, elle n'était plus un poupon, mais bien un bébé qui était bien conscient du monde qui l'entourait. D'un coup, elle releva la tête vers ses parents et le bleu gris caractéristique des bébés de ses grands yeux rencontra ceux d'acier et d'émeraude de ses deux pères. C'était un beau moment entre les trois membres de cette petite famille.

Adélaïde lâcha soudainement un grand cri et des larmes commencèrent rapidement à couler sur ses joues potelées. Avec un soupir, Harry se leva et alla lui préparer un biberon. Le bébé ne cessa de pleurer que lorsqu'elle eut enfin son breuvage tant demandé.

- « C'est une vraie petite Malefoy, à exiger que nous répondions au moindre de ses caprices dans l'instant. », fit alors le blond, incertain de ses sentiments vis-à-vis ce fait. D'un côté, il était fier de sa fille et du fait qu'il lui avait transmis le caractère et les gènes des Malefoy, mais de l'autre côté, les petites crises dont il avait eu droit commençaient à lui blesser considérablement les tympans et à réduire sa patience - surtout lorsqu'il était fatigué, il pouvait plus facilement s'emporter.

- « La faute à qui? », répliqua le brun qui donnait le biberon à un bébé plus que content de l'attention qui lui était portée.

Le couple eut encore droit à deux autres crises de leur bébé pendant la soirée et pas moins que quatre pendant la nuit; cette dernière qui ne fut pas très reposante.


PDV HARRY


C'était bientôt l'heure de mon cours de Soins aux Créatures Magiques avec Hagrid et Eros, cependant, Ada, dans les bras de son autre père, n'avait pas l'air de vouloir me laisser partir. Depuis la matinée, à chaque fois que Malefoy ou moi lui tournions le dos, elle commençait à geindre et à même pleurer. Il fallait constamment garder un oeil sur elle pour qu'elle sourie et qu'elle cesse ses petites crises. Elle voulait toute notre attention et on ne pouvait rien y faire, à part la lui donner. En plus, son sourire était le plus mignon de tous, malgré son manque visible de dents, n'ayant, sans surprise, pas encore poussées, mais qui allaient définitivement sortir bientôt. Adélaïde représentait la parfaite définition du bonheur du haut de ses trois mois et quelques.

Après maintes minutes où Malefoy et moi tentâmes de faire cesser la crise d'Adélaïde, je songeai qu'elle était assez souriante et de bonne humeur pour que je parte vers mon cours. Dès que je sortis de son champ de vision, de grosses larmes commencèrent à couler sur les joues d'Adélaïde. Nous n'avions aucune idée d'une possible solution, en plus de n'avoir pas d'autres choix que d'aller assister à nos cours respectifs, qui étaient, au grand malheur de notre bébé, différents. Je jetai un regard désolé à Malefoy et il me renvoya la pareille.

Le laissant avec une Adélaïde en pleine crise, je me dirigeai vers la cabane d'Hagrid. Les pleurs de ma fille me brisaient le coeur, mais je n'avais pas le choix - Malefoy refusant obstinément que je l'amène avec moi lors du cours de Soins aux Créatures Magiques. Tout de même, le blond faisait presque pitié, incapable de calmer les pleurs de notre fille. J'avais un pressentiment qu'elle n'allait arrêter que lorsque Malefoy et moi allions être seuls avec elle. Malheureusement, ce n'était pas pour tout de suite.

Même la joie et l'excitation d'Eros ne parvinrent pas à m'enlever de la tête la tristesse d'Adélaïde. Je le nourris et l'aida à voler comme la semaine dernière, mais mon enthousiasme n'était pas présent. Un sourire m'échappa tout de même lorsque le petit hippogriffe vint me voir, fier de lui, après avoir volé pendant quelques secondes, avant de s'écraser au sol d'une manière loin d'être gracieuse. Même s'il tombait, Eros ne cessait de réessayer de voler. Sa détermination me fit chaud au coeur. Il était adorable. Assis dans le coin de son enclos, je lui lançai un morceau de viande pour le féliciter de ses efforts.

Étant assis par terre, Eros s'était approché pour se coucher sur mes jambes, appuyant sa tête contre mes cuisses, un peu épuisé par toute l'énergie que voler lui demandait. Je pris alors le temps de regarder aux alentours, tout en flattant tranquillement le crâne de l'hippogriffe, pour voir où les autres étaient rendus dans l'évolution de la créature qui leur avait été attribuée.

Certains se débrouillaient très bien et étaient probablement plus avancés que moi-même, mais je ne pouvais pas le déterminer, puisque je ne connaissais pas les rythmes de développement des autres animaux magiques.

Je remarquai que, malgré le fait que plusieurs Gryffondors avaient noué une magnifique relation avec leur nouvel ami, d'autres démontraient plutôt le contraire, comme Ron avec Gaïa, un niffleur qui lui avait été attribué. Celle-ci avait l'air effrayée par tout ce qui était masculin et, sans surprise, l'était par le roux qui me servait de meilleur ami. Ne sachant plus du tout quoi faire pour satisfaire les besoins de sa protégée, Ron décida de la laisser toute seule dans son enclos et de venir me voir, soudainement excité pour je-ne-sais quelle raison.

- « Harry! Ça va? », me salua Ron sur un ton enjoué.

Je lui répondis que j'allais très bien, ne m'aventurant pas trop loin dans ma vie privée concernant un certain blond au regard d'acier - de peur qu'il ne répète tout à Hermione et que je me fasse narguer pendant des heures - et je lui demandai pourquoi il était si agité.

- « Voyons Harry, c'est plutôt évident! La qualification de l'équipe de Quidditch est tout à l'heure, et, comme je t'ai déjà dit, je suis certain que tu vas être nommé Capitaine et j'espère vraiment reprendre mon rôle de gardien, sinon, ce serait trop la honte de me le faire piquer par un plus jeune. De toute façon, j'ai la priorité puisque j'ai déjà fait partie de l'équipe. »

Ça faisait un grand bien de retrouver des conversations normales et de mettre, pendant un moment, le projet bébé de côté.

Le Quidditch me manquait vraiment et j'avais presque oublié qu'aujourd'hui était le jour des qualifications. Je consacrais tout mon temps à ma fille et je n'avais, ni pu m'entraîner ni pu me préparer mentalement à cet évènement.

Je voulais être Capitaine, mais une petite partie de moi stressait un peu à cause de toutes les responsabilités que cela comportait. Si j'obtenais le poste, j'allais devoir m'occuper d'Adélaïde, de mes cours et devoirs, d'un bébé hippogriffe et d'une équipe de Quidditch. Il fallait dire que ma dernière année à Poudlard allait être bien remplie, elle l'était même déjà. Il était certain que je profitais au maximum de chaque seconde et de chaque occasion qui se présentait à moi.

Ron entra dans l'enclos et s'inclina devant Eros pour lui montrer qu'il ne lui voulait aucun mal. L'hippogriffe se leva, observa le roux pendant quelques instants, et s'inclina à son tour, acceptant le nouveau venu.

C'est alors avec Ron et mon ami à plumes et poils que je passai le reste de mon cours, nous amusant à courir après et à aider le petit hippogriffe à s'envoler, tout en discutant amicalement de tout et de rien.

À la fin du cours, le dernier de mon horaire de ma journée, je donnai une dernière caresse à Eros et pris la direction de l'école pour aller chercher mon équipement et mon balai pour, ensuite, me diriger vers le terrain de Quidditch avec Ron. J'avais bien hâte de sentir le vent dans mes cheveux et le bois de mon balai sous mes mains. L'envie de voler m'envahissait d'une joie soudaine.

Sur le chemin du terrain, Ron et moi échangeâmes des prédictions sur les possibles membres de l'équipe pour cette année. Mon meilleur ami voulait encore une fois prendre le poste de Gardien et je voulais celui d'Attrapeur. Puisque nous étions des anciens - en plus d'être en septième année, et par conséquent, les élèves les plus vieux de Poudlard - et que nous avions notre mot à dire sur ceux qui allaient faire l'équipe, nous étions presque certains d'avoir les postes que nous souhaitions, à moins, bien sûr, qu'un autre élève arrive aux sélections et démontre un talent exceptionnel.

Je débâtis avec Ron des différents postes à offrir aux autres. Suite aux talents qu'ils avaient démontrés dans cette position, nous voyons très bien Dean Thomas et Ginny occuper les postes de Poursuiveurs, ce qui nous laissait de la place pour sélectionner un autre élève prometteur comme Poursuiveur. Nous n'avions aucune idée de l'identité de ceux qui allaient remplir les postes de Batteurs, n'étant pas certains si Ritchie Coote et Jimmy Peakes - les batteurs de l'année dernière - allaient refaire les sélections cette année.

Juste avant d'arriver sur le terrain, nous rencontrâmes Ginny, qui était aussi excitée que nous à l'idée des matchs de Quidditch à venir. La rouquine alla même jusqu'à nous taquiner sur le fait que nos bébés - qui étaient absolument "trop-adorables-parfaits-et-mignons pour leurs propres biens" - étaient mieux de ne pas réduire nos capacités et notre talent pendant les matchs. Elle espérait bien gagner la coupe de Quidditch cette année, et comme c'était notre dernière année, à Ron et moi, nous partagions le même souhait.

Lorsque je mis les pieds sur le terrain, je pris une grande bouffée d'air frais et ressentis, d'un coup, une vague d'excitation. Voler sur un balai et participer à des matchs de Quidditch me manquaient sincèrement et j'étais impatient à l'idée d'un match compétitif. J'étais en manque d'adrénaline et de la sensation de pression que je ressentais durant ce genre d'évènement.

Je ne fus pas surpris de déjà voir des gens sur leurs balais en arrivant. J'étais heureux de reconnaître Dean sur l'un des balais et deux nouveaux élèves sur les autres. L'une exécutait des figures presque impeccables, défiant l'ancien Poursuiveur en vol, ce qui était assez impressionnant puisqu'elle ne devait pas être très vieille. Néanmoins l'autre étudiant était absolument tout le contraire, il volait plutôt bas et nous aurions pu croire qu'il tremblait. Je ne pense pas que voler était l'un de ses grands talents et faire du Quidditch, encore moins! J'eus tout de même un sentiment de fierté envers lui et ses tentatives. L'important, c'était d'essayer.

Arrivant environ au centre du terrain, en compagnie des deux Weasley, où était placée notre directrice de maison, les trois voltigeurs descendirent rapidement de leurs balais, nous ayant aperçu, et mirent pied à terre pour s'approcher.

Sous le regard protecteur de McGonagall, les quelques vingt élèves présents pour la sélection se rassemblèrent autour d'elle. Elle se tourna rapidement vers moi, m'annonçant exactement ce que je voulais entendre.

- « Potter, je sais que vous avez énormément de travail depuis la naissance de votre fille, et même si ça fait quelques mois que je ne vous ai pas vu voler, je suis certaine que vous n'avez pas perdu votre fabuleux talent. Votre détermination, persévérance, leadership et talent sont des atouts importants qui vont mener l'équipe de Gryffondor à la victoire, cette année. C'est donc pour cela que je suis bien heureuse de vous offrir le titre de Capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor! Si personne n'a d'objection... »

J'ouvris la bouche pour tenter de remercier ma professeure, mais j'étais sous le choc. Je me doutais que j'allais recevoir le titre de Capitaine, mais, en même temps, je me disais que ce n'était peut-être pas une bonne idée avec toute l'attention que me demandait Adélaïde. J'allais vraiment devoir planifier et organiser mon temps pour le coordonner avec tout ce que j'aurai besoin de faire concernant l'école et ma famille. Heureusement pour moi, personne n'avait d'objection.

McGonagall me sourit et je réussis enfin à lui formuler un semblant de remerciement. En s'éloignant, n'étant sûrement pas d'humeur à observer les qualifications et ayant sûrement mieux à faire, elle lança un:

- « Désignez bien vos joueurs Potter, je m'attends à tenir la coupe entre mes mains à la fin de l'année. Je compte sur vous. »

Je ne pouvais dire mieux. Cette année, la coupe irait à Gryffondor, j'en étais certain ou, du moins, je l'espérais fort.

Je me remis de ma petite vague d'émotion due à l'annonce de mon nouveau titre et j'entrepris de commencer les tests de qualifications.

Tout d'abord, tous les élèves souhaitant rejoindre l'équipe allaient m'informer du rôle qu'ils aimeraient occuper. Ensuite, nous allions tous faire quelques tests de vol, d'endurance, de lancers, de figures et même de connaissances générales - ce qui était un peu inutile, mais obligatoire, puisque si quelqu'un ne connaissait pas ou pas bien les règles du jeu, ce n'était pas un bon candidat pour l'équipe. Pour finir, je devrai choisir les joueurs de cette année, commençant par les anciens jusqu'aux nouveaux.

Lorsque les nombreux tests furent finalement terminés, nous fîmes une petite partie amicale. Puis, après avoir attrapé le Vif d'or, je me posai au sol et proposai aux élèves de voler encore cinq minutes pour me laisser le temps de bien délibérer. Je m'éloignai donc légèrement du groupe pour les observer un peu plus pour vraiment m'assurer de prendre la bonne décision. Je tentais de me concentrer sur les figures humaines volantes au-dessus de ma tête, mais mon regard fut attiré par une toute autre chose, elle aussi, dans les airs.

C'était un rapace qui transportait une lettre et qui se dirigeait droit vers moi. Je reconnus facilement l'espèce de l'oiseau, étant donné que j'avais reçu des cours sur les différents types de hiboux et de chouettes. Je me rappelais très bien que celui-ci était une chouette effraie, appelée aussi dame blanche en raison de son visage presqu'en forme de coeur blanc. La bête était tout simplement grandiose. On aurait cru qu'elle ne faisait qu'un avec le vent et le ciel, étant clairement à l'aise dans les airs, ne se souciant même pas des élèves sur les balais, planant, les ailes ouvertes, avec une facilité propre aux oiseaux.

J'ouvris mon bras, le plaçant perpendiculairement avec mon corps pour permettre à la chouette de s'y accrocher pour atterrir.

Je décrochai la lettre de ses pattes et l'ouvrit. Une écriture svelte, que je reconnus au premier coup d'oeil, était employée. Sur le bout de parchemin était écrit: Potter, où es-tu par Salazard? Rentre le plus vite possible aux appartements. La lettre était gracieusement signée: Drago Malefoy.

Un sentiment d'inquiétude m'envahit d'un coup et je dus relire deux autres fois la lettre pour m'assurer que j'avais bien lu et tout lu son contenu. Mon partenaire de binôme avait vraiment le tour de me faire stresser. Il me demandait simplement de me rendre à nos appartements tout de suite sans me dire pourquoi, et je n'aimais vraiment pas ça.

Je pliai la lettre et la fourrai dans ma poche de pantalon, tout en essayant de me rassurer que dès que je choisirai les nouveaux joueurs de l'équipe de Gryffondor, je pourrai immédiatement accourir à mes appartements pour voir ce qui clochait. J'espérais de tout coeur que la raison derrière ce soudain message de mon coéquipier n'était pas à propos d'Adélaïde.

Je retournai rapidement auprès des gryffondors en vol et leur demandai, en criant pour qu'ils m'entendent, de descendre, car j'avais fait mes choix.

Sans surprise, je leur annonçai que Ron allait être notre Gardien, et, comme je l'avais prédit, Ginny et Dean prendront les postes de deux de nos Poursuiveurs, accompagnés de Leanne Birchwood, une élève de deuxième année, extraordinairement talentueuse pour son âge. C'était elle que j'avais vu s'amuser à défier Dean lors de mon arrivée sur le terrain. J'étais bien heureux de l'avoir dans l'équipe, elle allait être un bel atout. De plus, Ritchie Coote et Jimmy Peakes, présents à l'entraînement, reprirent avec plaisir leur position de l'année dernière, autrement dit Batteurs. Il ne restait que l'Attrapeur et je repris mon rôle pour la septième année consécutive avec beaucoup de fierté.


PDV EXTERNE


Après les sélections de Quidditch, Harry, légèrement alarmé par le hibou qu'il venait de recevoir, se dépêcha de rentrer immédiatement à ses appartements, se rappelant l'état dans lequel il avait laissé Adélaïde et son coéquipier en s'imaginant des scénarios qui auraient pu donner l'envie au blond de lui écrire. Tandis que tous les autres élèves présents à la sélection se dirigeaient vers les vestiaires de Quidditch pour se changer et prendre une douche, le Survivant se dépêcha, courant jusqu'à perdre haleine dans les nombreux couloirs de l'école, essayant de son mieux d'éviter les autres étudiants. Après tout, il venait tout juste de faire du Quidditch et il était encore ruisselant de sueur.

Le brun ouvrit brusquement la porte de ses appartements et entra en trombe, le souffle court et les joues rouges. L'appartement était silencieux, ce qui était signe qu'Adélaïde avait fini par se calmer de ses crises. Le blond, assis sur une chaise, les jambes croisées et le coude accoté sur la table de la cuisine, sirotait un thé, en jetant quelques regards à leur fille, absolument calme, qui jouait tranquillement, à sa façon, avec ses jouets sur une couverture posée au sol. Tout semblait bien aller. Le blond tourna la tête vers celui qui venait d'arriver et le salua calmement.

Harry roula des yeux. Le blond avait encore exagéré et réagi de façon excessive lorsqu'il s'était aperçu que le Gryffondor n'était pas rentré directement après les cours. Harry aurait presque pu croire que le Serpentard s'inquiétait pour lui, ce qui était complètement absurde.

Plus que conscient de l'odeur de sueur désagréable qu'il dégageait, Harry n'avait plus qu'une envie, celle d'aller prendre une bonne douche bien méritée, surtout maintenant qu'il savait qu'Adélaïde allait bien et que son coéquipier l'avait encore fait inquiéter pour rien. S'il continuait à l'alarmer pour aucune raison, quand un réel problème aura lieu, il y a de fortes chances que Celui-qui-a-survécu ne le croira peut-être même pas.

Refermant la porte des appartements, Harry soupira. Le blond allait finir par lui faire faire une crise de coeur à le faire stresser ainsi.

Des gouttes de sueur coulèrent sur son front, glissant aux côtés de sa cicatrice d'éclair. Le brun passa la main dans ses cheveux entremêlés et humides à cause de ses précédents efforts physiques. Il pouvait sentir ses vêtements lui coller désagréablement au corps et la salle de bain de leur appartement avait des airs paradisiaques.

En pensant à sa future douche, Harry retira son chandail, s'épongeant le front avec celui-ci, offrant à tous le plaisir de la vue de son corps mince et musclé.

Drago se vit hypnotisé par la vision que lui offrait son coéquipier, ses yeux appréciant grandement le spectacle du torse ferme d'où perlaient quelques gouttes de sueur. Le Serpentard fixa les deux pectoraux musclés du brun, ainsi que les deux mamelons roses qui l'ornaient et il eut soudain une forte envie de se lever et d'aller les taquiner de sa langue jusqu'à ce qu'ils durcissent, goûtant la saveur masculine et salée de la peau de son coéquipier, et par le fait même de lui faire perdre le contrôle sous ses caresses. Le regard du blond descendit sur les abdominaux d'Harry, biens définis et scintillants de sueur sous la lumière de l'appartement, et il déglutit, sentant un sentiment de chaleur qui lui était familier dans son bas-ventre. Le blond aurait pu jurer que la fine ligne de duvet foncé visible sur le bas ventre du brun l'incitait au pêché.

Devant cette vision presque divine, Drago eut une montée de chaleur et il eut soudainement envie de faire plaisir à son coéquipier, de voir ses joues se colorer de rouge, son souffle devenir haletant et ses yeux se remplir de désir.

Pour l'une des premières fois de sa vie, le blond ressentit le besoin de se soumettre entièrement à procurer du plaisir à une personne autre que lui-même. Il avait envie que les mains d'Harry se perdent dans sa chevelure blonde, alors qu'il se mettrait à genoux devant lui, s'offrant au brun dans un ultime élan de passion, détacherait cette ceinture et ferait tomber le pantalon de l'uniforme de Poudlard du brun, le prenant en bouche, lui faisant perdre le contrôle et lui offrant, soumis, un orgasme qu'il était loin d'oublier. Pour sa défense, le pantalon, tenant relativement bas sur les hanches, un peu plus bas qu'à l'habitude du brun, offrait à Drago une vue parfaite sur les lignes de l'intérieur des hanches, les abdominaux et la ligne de duvet d'Harry - qui pointaient vers une certaine partie de son anatomie.

L'image d'Harry, la tête relancée vers l'arrière, perdu dans les limbes du plaisir, se superposa dans l'esprit de Drago à la vision qu'il avait devant lui à l'instant et il sentit son visage se teinter de rouge jusqu'à ses oreilles. Tentant de cacher son soudain fantasme et malaise, Drago prit une gorgée de sa tasse de thé, qu'il serrait si fort que ses jointures étaient devenues blanches.

La gorgée de thé ne se rendit jamais à sa bouche, lui coulant sur le menton et retombant sur son chandail. Le blond ne le remarqua même pas, trop absorbé par ses pensées de débauche totale. Toutefois, le Gryffondor, lui, le remarqua. Le brun s'aperçut aussi des pupilles dilatées du blond ainsi que son expression ébahie.

- « Je vais prendre ma douche... », annonça-t-il à son coéquipier, se retenant à la dernière seconde de lui faire un clin d'oeil, pris d'un élan de courage et de fascination vis-à-vis la réaction insolite du blond.

Le blond en question prit un instant avant de comprendre le sens des mots que venait de lui dire Harry. D'autres scénarios, qui impliquaient, cette fois-ci, une douche, s'imposèrent, contre lui, dans sa tête.

- « Moi aussi. », laissa échapper Drago, sans aucune raison, se maudissant intérieurement dès la seconde où les mots franchirent ses lèvres.

Le brun lui jeta un regard étrange en fronçant les sourcils. Drago sortit de ses fantaisies, la magie du moment brisée par sa stupidité. Il réalisa alors que son chandail était humide, l'humiliant encore plus.

Harry, ne pouvant s'en empêcher, un sourire moqueur collé sur les lèvres, marcha vers la chambre - où il prit des vêtements propres - en mouvant exagérément les hanches, étrangement réjoui du certain effet qu'il provoquait chez le blond.

Il entra alors dans la salle de bain, repassant en revue la satisfaisante image du blond, rouge comme jamais, la bouche dégoulinante de thé, le regard fixé sur son corps à moitié nu. Jamais Harry n'aurait pensé pouvoir lui faire cet effet.

Le griffon tourna le robinet de la douche avant de retirer son pantalon et son caleçon, maintenant en simple tenue d'Adam, prêt à entrer sous l'eau chaude pour en ressortir bien propre. L'eau quasiment bouillante calma ses muscles endoloris et retira la sueur sur son corps.

En regard de l'eau qui coulait sur sa tête et dans son dos, Harry ne pouvait s'empêcher de penser à ce qu'avait dit le blond à propos du fait que lui aussi allait prendre une douche. L'Élu savait qu'il avait verrouillé la porte, mais il espérait, malgré tout, que le blond n'allait pas miraculeusement entrer dans la salle de bain sur la vision de sa personne nue.

Répondant aux prières silencieuses d'Harry, Drago n'entra point dans la salle de bain, se remettant tranquillement de son dernier face-à-face brûlant avec le brun.

Lorsque le brun eut terminé sa douche, Drago fit ce qu'il faisait de mieux, c'est-à-dire faire comme de rien n'était. En laissant Harry surveiller Adélaïde, inconsciente de la tension qui régnait dans l'appartement, le blond alla s'enfermer à son tour dans la salle de bain, pour se changer les idées sous une douche, pour sa part, bien froide et une imagination débordante. Il put enfin considérablement calmer une certaine envie que lui avait donnée son coéquipier.


OoO


Le matin qui suivit ces évènements, les deux coéquipiers tentèrent de retrouver leur ancien début de complicité et d'entraide, alors que leur fille ne semblait pas trop dans son assiette. Elle ne pleurait pas, mais semblait grognonne, ne leur faisant pas un seul sourire et refusant de boire son biberon matinal. Ils finirent par blâmer l'attitude d'Adélaïde sur le fait que la nuit n'avait pas été de tout repos, la petite ayant pleuré toutes les fois que ses parents la déposaient dans son berceau, en laissant finalement le Serpentard et le Gryffondor épuisés, avec de sérieux maux de tête et le coeur brisé d'entendre ainsi les incessantes lamentations de leur bébé.

Harry finit par amener sa fille avec lui pour son premier cours du matin, voyant clairement que la patience du blond - combinée à son manque de sommeil et à la petite rougeur qui pointait son nez sur son front - commençait à atteindre à sa limite.

Au fur et à mesure que le cours de Sortilèges continuait, l'état d'Adélaïde semblait empirer, faisant paniquer son père aux cheveux de jais. Harry ne portait aucunement attention au cours, trop distrait et affolé par sa fille. Dans sa coquille, les paupières lourdes et fatiguées, elle semblait combattre le sommeil, sa peau était étrangement plus pâle qu'à l'habitude et luisait de sueur. Le brun caressa doucement le front du bébé, inquiet lorsqu'il réalisa que celui-ci était anormalement chaud. Le bébé fut pris d'une petite quinte de toux et l'inquiétude d'Harry était à son paroxysme. Il aurait pu jurer que la respiration d'Adélaïde était irrégulière et laborieuse. Remarquant son petit nez qui coulait, il prit un mouchoir et essuya du mieux qu'il put la substance muqueuse et répugnante.

Tous ces symptômes n'étaient pas normaux, Adélaïde n'allait vraiment pas bien. Pris d'une peur et panique pour sa santé et sa sécurité, Harry ramassa ses choses et s'excusa auprès de son professeur avant de sortir de son cours, apeuré et inquiet, et d'aller en direction de l'infirmerie. Toutefois, il devait faire un autre arrêt, sur son chemin, avant d'aller voir Pomfresh pour lui étaler ses inquiétudes vis-à-vis l'état de son bébé.

Dans la classe d'Histoire de la Magie, Drago, tentant vainement de rester concentré sur ce que son professeur disait, s'ennuyait à mourir. Se distrayant rapidement par un petit Vif d'or en papier qu'il venait de créer avec une retaille de parchemin, sur lequel il jeta discrètement un sort pour le faire voler. Le bout de parchemin atterrit, lorsqu'il ouvrit la main, directement dans sa paume.

Il observa, quelques minutes, le minuscule Vif d'or, oubliant le cours dans lequel il était. Contrairement aux autres élèves de la classe et au professeur, il ne remarqua pas l'entrée d'un nouveau venu. Il sursauta lorsqu'une main se posa sur son épaule.

Il se retourna vers le propriétaire de la main pour arriver face à face, à sa plus grande surprise, avec son coéquipier. Le regard inquiet sur le visage de celui-ci préoccupa en un clin d'oeil le blond auquel les deux yeux suivirent rapidement ceux du brun vers la petite dans ses bras, qui était d'une blancheur alarmante et maladive, et qui essayait, sans succès, de se débattre, inconfortable, de l'étreinte protectrice de son père.

Drago comprit le message de son partenaire de binôme sans même qu'il n'ait à ouvrir la bouche pour le lui demander. Le blond se leva d'un coup et porta sa main dans le haut du dos du brun pour l'entraîner hors de la salle de classe et des yeux indiscrets des autres étudiants. Sa main resta posée au creux du dos du Survivant durant tout leur trajet, presque pour le rassurer avec sa présence, lui prouvant qu'il n'allait pas avoir à traverser une épreuve seul - si c'était ce qui leur était destiné. Leur petite n'était vraiment pas au top de sa forme et ils avaient bien peur qu'elle soit atteinte d'un mal inconnu et dangereux.

Ensemble, sans échanger un seul mot, ils arrivèrent précipitamment à l'infirmerie, tous les deux sur le point de perdre leur sang-froid à tout moment.

Alors qu'ils entraient dans l'infirmerie, Ada toussota, ce qui ne fit qu'inquiéter encore plus ses deux pères qui s'approchèrent rapidement de Mme Pomfresh pour qu'elle examine au plus vite leur petite.

L'infirmière fut très surprise d'avoir des patients à une heure si hâtive, et encore plus de voir un Flos Vitae. Lorsqu'elle aperçut le bébé, qui semblait loin d'être en santé dans les bras d'Harry, elle s'empressa de sortir ses instruments et de demander au Gryffondor d'installer sa fille sur la table à langer où elle allait pouvoir l'examiner le plus adéquatement possible.

Ça ne prit pas très longtemps à Pomfresh de déterminer le mal dont souffrait Adélaïde. Celle-ci montrait presque tous les symptômes, partant de sa peau pâlotte, à tout son corps un peu trop chaud, cachant une légère fièvre, de son nez coulant et de sa vilaine toux, qu'elle était victime d'un rhume de nourrisson.

L'infirmière leur fit signe d'attendre un instant et partit chercher une potion qu'ils allaient devoir donner à leur fille deux fois par jour jusqu'à ce que ses symptômes disparaissent. Les deux en même temps, beaucoup moins inquiets depuis qu'ils connaissaient la source du mal de leur bébé, Harry et Drago relâchèrent leurs souffles, qu'ils n'avaient même pas remarqués qu'ils retenaient, et respirèrent un grand coup.

La main d'Harry caressa tendrement les petits doigts potelés d'Adélaïde. Ça lui faisait mal au coeur de la voir ainsi. Un sentiment d'impuissance l'envahit et il sentit presque des larmes lui monter aux yeux.

Remarquant que l'attitude du bébé devenait de plus en plus morose et qu'elle allait probablement se mettre à pleurer dans quelques minutes, Drago tenta de la distraire. Il sortit le petit Vif d'or en parchemin, qu'il avait enfoncé dans sa poche avant de partir avec son coéquipier vers l'infirmerie, et sa baguette et entreprit de le faire voler, se rappelant un certain cours de Métamorphoses dans lequel Adélaïde avait été émerveillée par les bulles qui volaient autour d'elle.

À sa plus grande joie, l'expression du bébé changea drastiquement et les deux parents eurent droit au premier sourire de la journée de la part de leur petite qui suivait curieusement le petit objet volant des yeux. Elle était complètement absorbée par le petit bout de papier volant à la forme étrange qui s'animait devant ses deux yeux grands ouverts.

Faisant voler le faux Vif d'or au-dessus du corps de son ange, sous l'expression attendrie d'Harry, Drago eut une petite idée, qu'il exécuta aussitôt, faisant atterrir le petit projectile sur le nez d'Adélaïde. Surprise, celle-ci le fronça aussitôt, amenant un commun sourire amusé sur les lèvres de ses parents.

La tentative de changer les idées de sa fille à l'aide de son Vif d'or en papier fut un vrai succès. Le blond s'aperçut qu'Ada semblait en oublier presque son rhume, excluant les quelques fois où elle toussait involontairement et qui lui rappelait brièvement qu'elle souffrait d'un vilain virus.

Drago s'amusa à chatouiller le bout de nez d'Adélaïde à maintes reprises avec son petit objet volant jusqu'à ce que le bébé fit un geste brusque et surprenant, attrapant le Vif en plein vol, alors que celui-ci planait tout près de son petit nez. Le blond en échappa presque sa baguette tant la scène qui se présentait devant ses yeux était adorable. Il pouvait déjà deviner que le bébé avait un certain talent - comme ses deux pères - pour un sport particulier. Rempli de fierté devant les actions de sa fille, Drago lui caressa doucement la joue, lui laissant le bout de papier entre son petit poing fermé. Elle l'avait bien mérité, après tout.

Ada observa encore le bout de papier en forme de Vif d'or, intriguée par celui-ci, avant de l'approcher de sa bouche.

Les deux pères de la petite ne purent s'empêcher de trouver leur petite, à cet instant précis, juste trop mignonne avec le Vif couvert de salive entre les lèvres duquel une aile pendait sur son menton. Malgré leur adoration devant Adélaïde, les deux parents s'empressèrent de retirer le morceau de papier de sa bouche, puisque ce n'était vraiment pas une bonne idée qu'elle avale un bout de parchemin.

En s'assurant que leur bébé n'avait avalé aucune partie du Vif, ils eurent une soudaine crainte que leur princesse commence à pleurer parce qu'elle n'était plus distraite par l'objet volant. Ils furent cependant surpris lorsqu'elle bâilla et que ses paupières lourdes de fatigue se fermèrent, la plongeant instantanément dans un sommeil qu'elle avait bien mérité.

Ce fut donc au tour à Drago de prendre délicatement le bébé contre lui, le calant contre son torse, lui offrant ses bras forts comme lit temporaire, le plaçant le plus confortablement qu'il pouvait. Adélaïde dormait maintenant à poings fermés, appréciant la chaleur corporelle de son papa blond. Malgré tout, il était possible d'entendre sa respiration quelque peu irrégulière due à ses voies nasales bouchées.

Dès que Pomfresh revint avec la potion pour soigner le rhume de leur fille, la petite famille la remercia et entreprit un petit circuit dans les couloirs vides de l'école - puisque tous les élèves étaient en cours - en direction de leurs appartements.

Collectivement, ils avaient pris la décision qu'ils allaient prendre une journée de congé pour s'occuper de leur enfant. Tous deux espéraient que son rhume allait vite passer et que le bébé allait être en pleine forme dans le temps de le dire.

Dès qu'ils arrivèrent à destination, ils envoyèrent des hiboux à leur directeur et directrice de maison pour les avertir qu'ils n'allaient pas être présents à leurs prochains cours de la journée afin de s'assurer de donner toute leur attention à leur bébé malade.

Durant toute la journée, le Gryffondor et le Serpentard s'occupèrent à tour de rôle et ensemble de leur petite enrhumée et lui donnant tous les médicaments et soins que Pomfresh leur avait donnés et proposés. Ils reçurent la courte visite d'Hermione, inquiète de ne pas avoir vu Harry à ses cours, qui vint seulement pour s'assurer que tout allait bien ce qui n'était pas tout à fait le cas en raison du rhume du bébé - et qui offrit aux deux étudiants ses notes de cours pour qu'ils ne prennent pas de retard. Son coeur fondit devant la scène adorable des deux parents, protecteurs et aimants, qui s'occupaient soigneusement de leur bébé. Elle resta un moment avec eux, à discuter, principalement avec Harry, avant de partir en souhaitant à la pauvre Adélaïde un bon rétablissement et en lui donnant un petit bisou sur le front.

Ce ne fut pas long avant que les deux pères tombent de fatigue, sur leur divan, en raison du stress de leur journée et de toute l'attention que leur avait demandée leur petit ange, celle-ci enfin confortablement installée dans son berceau, dormant profondément, le pouce dans la bouche.

Au milieu de la nuit, Harry se réveilla, endolori, et réalisa dans quelle position il était tombé endormi. Il retira sa tête du creux du cou du Serpentard avant de le réveiller tranquillement et d'amener un Drago à moitié endormi vers leur lit commun.


PDV DRAGO


Fier comme un paon, j'ouvris la porte de mes appartements presque à la volée pour bien avertir mon coéquipier de ma présence. J'avais quelque chose à lui annoncer qui allait le faire tomber de sa chaise - ou du moins, je l'espérais. La journée de cours était terminée et je lui avais passé notre petite malade, lui laissant la joie de s'en occuper, avant de fuir sans lui dire un mot sur ce que j'allais faire.

Celui-ci était assis sur le sofa, observant Adélaïde qui était couchée à ses côtés et qui s'amusait avec le hochet offert par Mme Lola. Je commençais à réellement apprécier ce projet et les opportunités qu'il m'offrait. J'adorais franchement arriver chez moi et ouvrir la porte sur ma fille et son père aux cheveux bruns et jouir de la vue de Potter à la fois si vulnérable et protecteur dans sa nouvelle paternité. Leur relation sensationnelle père-fille était tout simplement splendide à observer et même à prendre part. Adélaïde et Potter étaient devenus une partie importante de mon quotidien et, même si ça faisait que quelques semaines que le projet était commencé, je ne pouvais plus m'imaginer ma vie sans eux.

- « Ah tiens, Malefoy, tu es revenu. Approche-toi. Viens voir les yeux d'Ada, ils commencent de plus en plus à dévier du bleu de sa naissance. », m'ordonna presque le griffon, excité et heureux, dès qu'il me vit.

Je m'avançai donc vers lui, remettant à un peu plus tard ma fabuleuse nouvelle, et observai, comme il me l'avait demandé, mon adorable fille. Entrant dans son champ de vision, celle-ci posa les yeux sur moi, me reconnaissant. Elle me fit un grand sourire et c'est à ce moment que je remarquai que ce que disait mon coéquipier était vrai.

Les yeux d'Adélaïde semblaient définitivement différents. On dirait qu'ils étaient d'un bleu plus foncé, mais je n'étais pas encore capable de définir la couleur qu'ils allaient devenir d'ici peu. J'avais beau espérer qu'ils allaient devenir couleur d'acier, comme les miens, mais il me semblait remarquer, dans ses iris colorés, des teintes de vert, signifiant qu'elle allait probablement avoir les yeux émeraude de son autre père. J'espérais qu'elle n'allait pas hériter de sa myopie ou hypermétropie en plus. Jamais un Malefoy n'avait eu de problèmes oculaires et j'avais espoir qu'Adélaïde allait poursuivre cette tradition.

Je m'approchai de mon bébé, qui était encore le plus beau au monde, et commençai à lui dire de petits mots doux tandis qu'elle me regardait de ses grands yeux, qui changeaient petit à petit de couleur, au fur et à mesure que les jours passaient, me fixant comme si elle buvait littéralement chacun de mes mots.

Une autre chose que je réalisai était qu'Adélaïde avait une bien meilleure mine et semblait beaucoup plus énergique que la veille, signe rassurant qu'elle guérissait de son rhume. Pomfresh nous avait dit que, généralement, les rhumes duraient environ, en temps normal, de sept à dix jours, voire même quatorze, pourtant notre petite, étant une Flos Vitae et n'ayant pas la même notion de jours et de croissance qu'un bébé normal, avait repris ses couleurs et semblait avoir retrouvé sa forme en seulement une journée.

Je conclus que c'était à cause de ses gènes de bébé-plante et le fait qu'elle grandissait beaucoup plus vite qu'un humain normal faisait qu'elle guérissait aussi vite. J'étais donc bien heureux qu'elle soit presque redevenue en pleine santé en si peu de temps, mais, en même temps, cela me fit réaliser à quel point elle grandissait rapidement. Il me semblait que si je fermais les yeux un instant, j'allais tout manquer de sa vie et de sa croissance. Je voulais être là pour chacun de ses moments, chacun de ses exploits et de ses apprentissages. Je tremblais d'anticipation à l'idée de la voir faire ses premiers pas ou dire son premier mot. C'en était ridicule, j'avais hâte qu'elle grandisse et qu'elle accomplisse de simples choses comme passer du biberon aux petits pots ou qu'elle nous fasse entendre son rire ou simplement de la voir faire son premier dessin.

J'eus un pincement au coeur en pensant que son enfance allait passer tellement vite et que je n'aurais probablement pas d'autres enfants biologiques à élever. Jamais ma vie future n'allait être remplie d'adorable mini-Malefoy qui courent dans tous les sens et dont le rire m'emplirait du plus grand bonheur. En effet, malgré mon attirance pour les hommes et les femmes, je ne pouvais dénier mon désir inconditionnel pour la gente masculine, même si j'appréciais bien le plaisir sexuel que je pouvais trouver avec certaines filles, l'amour était inexistant avec elles.

Chassant ses pensées dépressives de questionnements de soi, je me rappelai brusquement de la déclaration que je voulais faire à Potter.

Je me raclai la gorge et annonçai au Survivant, avec un sourire en coin, que je venais tout juste d'être nommé Capitaine de l'équipe de Quidditch de Serpentard, une vague de fierté m'envahissant. Il était certain, qu'avec moi comme capitaine, l'équipe de Serpentard allait gagner la coupe de Quidditch de l'école cette année.

Sa réaction me surprit au plus haut point. Il me regarda une seconde et haussa les épaules en m'apprenant, indifférent, que lui aussi avait obtenu le rôle de Capitaine pour son équipe de Quidditch.

- « J'ai été nommé il y a deux jours. Je ne pensais pas que ça allait t'intéresser. », termina-t-il.

Quoi!? Ça faisait deux jours qu'il savait qu'il était capitaine de Quidditch de Griffondors et il ne m'avait rien dit?

- « Et ça ne t'as pas traversé l'esprit qu'il aurait été bon de me le dire? », répondis-je en serrant les dents, déçu de sa réaction, moi qui espérais l'impressionner avec mon nouveau titre que j'avais durement remporté aux sélections qui avaient eues lieu plus tôt dans la journée.

- « Désolé, je ne pensais pas du tout que tu allais réagir de cette façon... Ce n'est pas si important après tout, ce n'est qu'un titre. », répliqua Potter, complètement indifférent par la situation qui était, pourtant, selon moi, majeure, avant de continuer sur sa lancée, « Je te l'aurais bien dit en arrivant, mardi soir, dans mon uniforme de Quidditch, couvert de sueur, mais à partir de l'instant où j'ai enlevé mon chandail, tu étais tellement occupé à me reluquer que je n'ai pas cru opportun de te l'apprendre, en te voyant beaucoup trop absorbé par la vision de mon torse nu! »

- « Donc c'est de ta faute alors! », lançais-je, sur le moment, sous son regard incrédule, « Tu n'avais qu'à ne pas enlever ton chandail de cette... façon-là! Et de me faire imaginer toutes sortes de scénarios et fantasmes! », criai-je presque, m'arrêtant aussitôt que j'eus terminé ma phrase, réalisant ce que je venais de dire - j'avais vraiment de la difficulté, ces temps-ci, à contrôler les mots qui sortaient de ma bouche. Suite à mes paroles, le geste de mon coéquipier me prit par surprise...

Il venait de poser son index sur mes lèvres, m'invitant à me taire et me faisant certainement rougir par la même occasion, mon souffle maintenant bloqué dans ma poitrine. Le contact de la peau chaude de ses doigts contre mes lèvres me fit frissonner de la tête aux pieds. Mon souffle caressait son doigt et je le vis mordre sa lèvre inférieure doucement, une vague de désir semblable à celle qui m'avait possédée, quelques jours auparavant, m'envahit. J'eus envie que ses doigts effleurent le reste de mon visage, le reste de mon corps. Je voulais le sentir contre moi. Le désir que me procurait ce contact me donnait envie de faire des choses que je savais que j'allais regretter. Ou peut-être que non? Je ne le savais plus.

Ma vision semblait se brouiller, mon coeur se déchaîner et mon esprit paraissait dans un autre monde, ne sachant pas comment réagir à la soudaine caresse de mon coéquipier, voulant encore plus que ce qu'il était prêt à m'offrir. Mes yeux étaient fixés sur les lèvres roses du brun qu'il torturait sans cesse de la pointe de ses dents. J'entre-ouvris les lèvres, devenues sèches devant ce spectacle imprévu, décidant de passer le bout de ma langue sur celles-ci. Le bout du doigt de Potter vint au contact de ma langue et suivit la courbe de mes lèvres. Ma respiration devint haletante tout comme celle de Potter.

J'essayai, sans succès, de reprendre le contrôle sur mon corps et mes émotions, trouvant comme seul point de repère cette mer d'émeraude que constituaient les yeux de l'homme devant moi.

D'un coup, réalisant sûrement ce qu'il venait juste de faire, Potter retira son doigt immédiatement et secoua la tête, tentant sûrement de se convaincre qu'il avait halluciné ce qui venait de se passer, ses joues se colorant involontairement de rouge et sa respiration devenant aussi saccadée que la mienne.

- « Euhm... Je te rappelle tes... fantasmes? », articula-t-il, bégayant presque.

Je fermai les yeux un instant, rejouant encore et encore dans ma tête ce qui venait de se passer. Lorsque je les rouvris, j'avais repris possession de moi-même et je maudis intérieurement Potter et son stupide sex-appeal.

- « Mes fantasmes ne sont pas pertinents. », lui répondis-je enfin, ne pouvant m'empêcher de murmurer sous mon souffle un faible: "À moins que tu ne te sentes concerné?", qui, je l'espérais, n'avait pas été entendu par mon coéquipier.

Les pleurs d'Adélaïde, qui devait probablement se sentir délaissée, rompirent la tension qui régnait dans la pièce. Je me tournai vers elle, échappant enfin au regard de mon coéquipier, et la pris dans mes bras avant de réaliser que sa couche était pleine.

Sans continuer la plus qu'intéressante conversation que j'avais avec Potter, je calai mon ange contre moi et me dirigeai vers la chambre avec elle, lui racontant avec enthousiasme comment j'avais reçu le titre de Capitaine. À la vue de son sourire, je me sentis déjà mieux, remis de la réaction inattendue de Potter envers ladite nouvelle. Au moins, il y en avait une qui était intéressée! Quoique je n'étais pas certain si son sourire était dû à l'histoire que je lui racontais ou au fait que sa couche était maintenant vide et propre.

Lorsque je retournai dans le salon avec un bébé heureux, Potter fit de son mieux pour m'ignorer, le nez dans un bouquin. Il alla même jusqu'à décider d'aller au lit avant moi, pour être certain de m'adresser la parole le moins possible. Très mature, Potter!

Lorsque je le rejoignis entre les draps, après avoir bordé notre fille, il dormait déjà paisiblement. J'eus de la difficulté à m'endormir, mon attention fixée sur le corps chaud et musclé qui partageait le même lit que moi, ressentant chaque centimètre qui nous séparait.


PDV EXTERNE


Les pleurs incessants du bébé firent soupirer Harry. Il ne comprenait pas, pour la énième fois, la raison derrière ceux-ci. La couche d'Adélaïde était propre, elle venait de finir son biberon, sa fièvre des derniers jours était retombée, son vilain rhume semblait sur sa fin et il lui portait toute l'attention qu'elle pouvait demander.

Portant sa fille qui adossa sa petite tête blonde contre son épaule, le Survivant lui murmurait des "shh", alors qu'il faisait les cent pas dans la chambre. Malgré ses paroles rassurantes, le bébé refusait de se calmer, se débattant de toutes ses forces pour échapper à l'emprise de son père. Après quelques minutes, le brun décida de déposer sa fille dans son berceau, venant tout juste de recevoir un coup de poing du bébé accidentellement sur son nez. Dès que l'enfant fut hors des bras de son père, elle éclata encore plus fort en sanglots et lâcha un cri angoissé, brisant, une fois de plus, les tympans de son père. Harry replaça ses lunettes, déplacées par le coup du bébé, et lui jeta un regard découragé. Mais qu'allait-il faire avec elle?

Dans son berceau, Adélaïde hurlait à pleins poumons, son visage rouge de sa crise, battant frénétiquement des jambes, tentant les bras vers son père, réclamant qu'il la reprenne. Habituellement, Harry aurait été fier des nouveaux progrès de sa fille - elle venait tout juste de tendre les bras vers lui pour la première fois - mais, à cet instant, les cris assourdissants l'empêchaient de penser à autre chose que ce qu'il devait faire pour les calmer.

En soupirant, il décida de prendre une autre fois le bébé dans ses bras, qui ne cessa aucunement ni de pleurer ni de crier. Elle se débattit de plus belle et Harry évita de peu un coup de poing sur sa mâchoire. Il commençait à être désespéré. Cela faisait déjà au moins une heure trente que des larmes coulaient à grands flots sur les joues potelées de l'enfant. Les cours commençaient dans quarante minutes et le Gryffondor espérait qu'elle allait cesser sa crise d'ici là.

Harry pouvait voir que sa fille développait déjà un caractère colérique et légèrement capricieux. Il le blâmait entièrement sur son autre père, qui pouvait être une véritable petite diva parfois - ou plutôt même souvent, en fait.

Dans la pièce voisine, l'eau de la douche coulait depuis maintenant un bon quarante-cinq minutes et Harry se demandait vraiment comment son coéquipier pouvait prendre autant de temps à se préparer. C'en était ridicule, en plus d'être presque mesquin, puisque le blond l'avait laissé avec une Adélaïde inconsolable et colérique.

La porte de la salle de bain s'ouvrit soudainement sur le blond, propre et fin prêt à affronter la journée. Il lâcha un soupir en remarquant qu'Adélaïde pleurait toujours. Les yeux du brun lançaient de véritables appels à l'aide.

Le Serpentard s'approcha d'eux et caressa doucement la joue de sa fille, se demandant vraiment ce qu'il n'allait pas avec elle aujourd'hui. L'enfant tendit les bras vers lui en criant. Harry s'empressa de lui passer le bébé, en pensant que, peut-être, était là la réponse aux pleurs d'Adélaïde.

Au grand malheur des deux parents, Adélaïde continua de pleurer et commença à se débattre dans les bras du blond. Harry ne put s'empêcher de lâcher un petit rire lorsque l'un des poings de la petite blonde entra fortement en contact avec la mâchoire de Drago qui lui offrit aussitôt un regard noir. Les cris du bébé donnaient envie à Drago de la déposer au sol et de partir en courant, malgré tout l'amour qu'il lui portait. Un mal de tête commençait déjà à pointer le bout de son nez.

Le blond eut soudain une idée. Il força son coéquipier à reprendre le bébé et sortit de la pièce, sous le regard incrédule du brun, à la recherche d'un certain manuel qui allait pouvoir répondre à leurs questions sur la grosse crise d'Adélaïde.

Drago retourna enfin aux côtés du brun et de sa fille en larmes avec, dans les mains, le foutu "Manuel pour les Nuls sur les Bébés" qu'il avait cherché, pendant quelques minutes, un peu partout dans l'appartement, ne sachant encore pas où il l'avait laissé la dernière fois où il l'avait consulté, avant de le trouver dans le tiroir d'une des tables de chevet de la chambre à coucher.

Il l'ouvrit rapidement et chercha la section sur les bébés de quatre mois. En survolant les quelques pages, il trouva rapidement la réponse à ses questionnements.

- « J'ai trouvé! Elle fait ses dents! C'est pour cela qu'elle pleure! Pauvre petite, ça doit lui faire épouvantablement mal... », Drago termina sa lecture du paragraphe sur le développement dentaire avant de poursuivre, « Regarde ses gencives! On pourrait même peut-être déjà voir un début de dent! », s'exclama le Serpentard aussitôt excité.

Le blond s'approcha alors encore plus de sa petite et, par conséquent, de son coéquipier, pour ainsi mieux voir l'intérieur de la bouche d'Adélaïde. Avec leur ange, pleurant la bouche grande ouverte, ça ne prit pas longtemps au binôme avant d'apercevoir des petites taches blanches dans les gencives roses de la petite - deux pour être exact.

Les pères observaient, comme hypnotisés, les futures petites dents de lait de leur fille. Ils pouvaient clairement voir la vague forme que créaient les incisives du bas, pas encore sorties de la gencive, de leur bébé.

Curieux, Drago mit doucement son doigt dans la bouche du bébé, passant sur les petites bosses. Adélaïde referma aussitôt la bouche, mâchouillant le doigt de son père, alors que ses pleurs diminuèrent d'intensité.

Les deux parents lâchèrent un soupir de soulagement. D'une main, Harry prit sa baguette de sa poche et métamorphosa un crayon qui trainait sur l'une des tables de chevet en jouet qu'Adélaïde allait pouvoir mâchouiller pour la journée, épargnant de ses cris les oreilles de son entourage.

Voyant ce que son coéquipier venait de faire, Drago retira son doigt de la bouche d'Adélaïde, qui menaça de recommencer à pleurer. Le blond essuya son doigt plein de salive sur sa robe de sorcier et alla rapidement chercher le jouet mou, calmant enfin le bébé.

Rassurés et contents de ne plus entendre les cris, les deux parents prirent la direction de la Grande Salle pour un rapide petit-déjeuner avant d'aller en cours.


PDV DRAGO


Je sortis enfin de la salle de classe. Je venais de terminer ma journée de cours, je pouvais donc enfin respirer un peu.

Potter m'avait laissé Adélaïde pour la dernière heure de cours et je l'avais averti brièvement que j'allais rentrer un petit peu plus tard, voulant passer aux appartements de mon meilleur ami pour discuter et relaxer un peu.

J'arrivai donc, en quelques minutes, aux appartements de Blaise, Pansy et du petit Axel. Ce fut Blaise qui m'ouvrit la porte, surpris de me voir, il m'invita à entrer en me donnant l'accolade.

Pansy, me voyant, me sauta presque au cou, étrangement vraiment ravie de me voir, avant de porter toute son attention à la petite bouille blonde qui s'amusait avec son hochet dans la coquille que je transportais.

N'apercevant plus ses parents, le petit Axel, couché sur une couverture par terre dans le salon, émit de petits cris de détresse pour nous avertir de son mécontentement. En vitesse, Blaise accourra à ses côtés et je fus soudain saisi par son impulsion paternelle, mais, en même temps, je le comprenais parfaitement, ayant réagi de la même façon avec Ada.

Surpris, je remarquai qu'à la place du divan que je possédais dans mon appartement, un grand lit était présent au milieu du salon de mes meilleurs amis. Étrange... Tous les appartements des étudiants étaient censés être identiques jusqu'au moindre petit détail dans la tapisserie. Peut-être avaient-ils décidé de bouger le lit de la chambre dans le salon pour une raison qui leur était propre? Pourtant, ce n'était pas le même lit et je pouvais clairement voir des avant-bras de divan de chaque côté...

Blaise prit place sur le lit, m'invitant à m'assoir à ses côtés, alors que Pansy s'étendit de tout son long dans les couvertures, Axel à ses côtés.

C'est alors que la vue d'Axel me frappa. Le poupon de trois mois - une semaine de Flos Vitae plus jeune que ma fille, puisqu'elle était née une journée avant les autres - était une parfaite réplique de l'autre basané dans la pièce, à l'exception de sa peau légèrement plus hâlée. Ses yeux en amande de la couleur bleu-gris caractéristique des nourrissons étaient de la même couleur que ceux de son père, mais je conservais la possibilité qu'ils pourraient devenir bruns, puisque c'était la couleur de ceux de Pansy. Seul le temps allait nous le révéler. Sur sa petite tête poussaient de petits cheveux noir corbeau bouclés, complétant sa similitude impressionnante avec mon meilleur ami.

Les joues rondes et les yeux pétillants, le petit basané était trop mignon dans le petit ensemble aux couleurs de Serpentard que lui avaient mis ses parents - me faisant soudainement penser au fait que j'allais devoir forcer Potter à me laisser habiller Adélaïde ainsi, car je savais qu'elle était une petite Serpentard. Je reportai mon attention sur Axel, me demandant comment les deux bébés allaient réagir à la présence de l'un et l'autre. J'espérais qu'ils allaient être aussi bons amis que nous. Le bébé semblait ravi de voir de nouvelles personnes et il me fit un grand sourire baveux. Adorablement heureux, Axel s'amusait à agripper les cheveux de sa mère qui le couvrait d'un regard maternel.

Sortant mon petit ange de sa coquille, je m'assis sur le bord du lit, l'installant confortablement sur mes genoux, son petit dos contre mon torse. Je me tournai vers le couple, une curiosité sans pareille m'ayant envahie sur la présence du lit. Avant même que je n'ouvre la bouche pour leur demander, Blaise répondit à ma question.

- « Pansy m'a interdit l'accès à notre chambre, hier, parce que selon elle, j'ai été "irresponsable" et "imbécile" en la laissant prendre soin d'Axel seule parce que j'étais trop occupé à aller emprunter quelques verres de whiskey aux cuisines. »

Mon expression abasourdie n'échappa pas à Pansy.

- « Qu'est-ce-qu'il a, Dray? Tu ne savais pas que tu étais assis sur un divan qui s'ouvrait en lit? », me dit-elle, narquoise, sur le point d'éclater de rire.

Je n'eus même pas le temps de répondre avant que son petit ami ne lui réponde, étalant sa soudaine théorie et me rendant excessivement mal à l'aise par la même occasion:

- « Attends, quoi? Laisse-moi réfléchir un peu... Si tu ne savais pas que ton sofa s'ouvrait en lit, comment est-ce que tu as fait pour dormir sans Potter à tes côtés ces dernières semaines? »

Je déglutis, ne sachant absolument pas quoi répondre. J'essayai de me détendre et de penser vite à quelque chose à dire, mais rien ne me venait. Je n'étais pas capable de mentir à Blaise, il allait voir tout de suite que je ne lui disais pas la vérité, mais, en même temps, je ne pouvais tout simplement pas lui dire que je dormais avec mon coéquipier depuis le début du projet-bébé et j'en étais venu à... apprécier cela... Non?

Je blâmai immédiatement ma stupidité et celle de Potter d'avoir cru que les binômes se devaient de partager le même lit. Quoi que, cette maladresse de notre part nous eût amené à nous rapprocher, un peu contre-nous, et je pense que c'était mieux ainsi, pour le bien d'Adélaïde.

- « Donc, tu as vraiment dormi dans le même lit que Potter pendant tout ce temps? », me questionna Blaise, hilare.

- « Alors Dray? Est-ce que c'était aussi bien que ce que tu t'imaginais? Aussi bien que ce fantasme que tu m'avais raconté? Te réveiller dans les bras musclés du Survivant, son odeur engourdissant tes sens, vos deux corps si près, mais à la fois si loin... », fit Pansy avant même que je ne puisse répondre à la question de son petit-ami.

Mes joues tournèrent au rouge. Je tentai désespérément de reprendre le contrôle de moi-même et d'afficher une expression de glace, mais rien à faire. Pourquoi, par les muffins aux carottes de Merlin, j'avais cru que c'était une bonne idée de parler de mes fantasmes et sentiments à Pansy quelques mois avant le début de ce stupide projet?

Blaise me fixa avec une expression choquée.

- « Tu as eu un fantasme sur Potter, et tu n'es pas venu m'en parler! »

- « Qui sait quand celui-ci sera mis à exécution? », souffla presque inaudiblement Pansy, mais qui ne m'empêchai pas de l'entendre.

Je pris ma tête dans mes mains, avant de la secouer pour jeter un coup d'oeil à ma fille, la suppliant de venir à ma rescousse. Néanmoins, étant encore qu'un bébé, il n'y avait aucun espoir qu'elle me vienne en aide. Je devais endurer cette intimidation verbale et sarcastique de mes deux vilains meilleurs amis qui prenaient un délectable plaisir à me rendre le plus mal à l'aise possible.

- « Ce n'était qu'une fois, en sixième année, où moi et... Potter avions été proches physiquement et il avait mis ce parfum aux effluves d'un conifère quelconque et ça m'a brouillé le cerveau et j'en ai parlé à Pansy et voilà, c'est tout! Pas besoin d'en faire tout un plat! », tentais-je boiteusement d'expliquer.

Un silence tomba dans l'appartement, sous le sourire amusé de Pansy et Blaise.

- « De toute façon, je savais que ni toi ni Potter n'étiez au courant pour le divan-lit. », conclut mystérieusement ma meilleure amie.

Je fronçai les sourcils.

- « Comment savais-tu? », lui demandais-je, curieux et commençant à être un peu en colère puisqu'elle ne me l'avait pas dit avant.

- « Dray, mon chou... Tu sens comme Potter depuis le début de l'année. Étrangement, ça te va... bien. »

Je lui jetai un regard noir, tandis que Blaise se mit à rire. Moi? Un Malefoy? Sentir comme Potter? Eh bien, c'est de leurs fautes! Ils n'avaient qu'à me le dire que le divan s'ouvrait en lit!

Insulté que mes amis aient retenu cette information à mon insu pendant si longtemps, je ne dis pas un seul mot, saisit Adélaïde ainsi que mes choses avant de sortir en trombe de leurs appartements. Je rentrai à l'intérieur des miens, sachant maintenant un lourd secret qui allait probablement détruire le peu de complicité que j'avais réussi à développer avec Potter.

Le soir venu, je jetai un dernier coup d'oeil au divan. Devrais-je le dire à Potter?

Je n'en savais trop rien. Je finis par me diriger vers notre chambre, une culpabilité montant tranquillement en moi. Je ne dis pas un seul mot et pris ma place dans le lit. Une dernière nuit, et je lui dirai!

Je savais éperdument que cette promesse était vide de sens et que je venais de franchir une ligne invisible dans notre relation. Un point de sans-retour.


oOo


Le soleil matinal qui inondait la chambre me fit ouvrir les yeux tranquillement. Il faisait beau aujourd'hui - peut-être était-ce même l'une des dernières journées de chaleur avant le passage de l'automne à l'hiver. Encore à moitié endormi, je décidai qu'aujourd'hui j'allais promener Adélaïde dans le parc de Poudlard pour la sortir un peu des murs du château.

À mes côtés, Potter dormait encore, tout comme Adélaïde. Heureusement, nous n'avions pas de cours aujourd'hui. Ma première journée de week-end s'annonçait paisible - si je ne prenais pas en compte l'horrible révélation que m'avaient faite mes supposés amis la veille.

Simplement en repensant aux paroles de Pansy, je sus alors immédiatement comment elle avait su que mon coéquipier et moi dormions dans le même lit. L'odeur masculine et saisissante de Potter était partout, m'enveloppant dans la chaleur de notre lit, chatouillant doucement mes narines. Les effluves de noisettes et de muscade emplissaient l'air de la pièce et je me trouvai stupide de ne pas l'avoir remarqué avant.

Je réalisai que son parfum était partout, petit détail insignifiant auquel je m'étais habitué à force de cohabiter avec lui qui me prouvait, une fois de plus, à quel point il occupait une place importante dans mon quotidien.

Je fermai les yeux et inspirai un bon coup, m'engourdissant les sens dans ce mélange réconfortant et doux. Un sourire s'épanouit sur mes lèvres : quelle belle façon de commencer un samedi matin!

Sans m'en rendre compte, je me tournai vers le deuxième occupant du grand lit, tentant de capturer ces tendres effluves. Potter était une vision très agréable lorsqu'il dormait, d'une façon entièrement différente que lorsqu'il revenait d'un entraînement.

Ses traits détendus, ses lèvres entrouvertes et ses cheveux en bataille lui donnaient un air presque aussi angélique que notre fille. Remarquant que je le fixais depuis un bon moment, je priai intérieurement pour qu'il reste endormi, ne voulant pas me retrouver - une fois de plus - dans une situation embarrassante.

Je m'arrachai du confort du lit, prêt à commencer ma journée et ne voulant pas réveiller ni Potter, ni Adélaïde. Alors que je quittai la chambre, l'odeur très présente de Potter se dissipait peu à peu avant de devenir qu'un fantôme de ces effluves harmonieux qui me faisaient tant d'effets.

J'étais prêt à parier que toute l'école était au courant pour notre petit malentendu.


PDV HARRY


Assis à la table de ma dinette, dans l'appartement que je partageais avec le fameux Drago Malefoy, je m'amusais, seul, à tester le fonctionnement de la caméra que j'avais achetée, il y avait de cela quelques semaines. J'avais hâte de l'utiliser et filmer tous les petits accomplissements qu'allait expérimenter Adélaïde au fur et à mesure qu'elle grandirait.

L'appareil photo m'était complètement sorti de la tête - celui-ci était encore enfoui dans le sac, n'ayant pas été touché depuis l'achat - et je me promis que j'allais commencer à l'utiliser et l'avoir en permanence avec moi pour être certain de capturer tout du beau développement de ma fille. Comme ce projet était ma seule expérience en tant que parent, je voulais en profiter au maximum pour toujours m'en souvenir. J'avais étrangement envie d'inclure Malefoy dans ces vidéos, comme pour certifier le fait qu'il pouvait se montrer humain et légèrement agréable.

Mon coéquipier, pour sa part, m'avait abandonné dans nos appartements. Dès que notre fille eut terminé son biberon matinal, il me l'avait presque kidnappée pour aller faire une promenade dans le parc de Poudlard. Lorsque je m'étais proposé pour les accompagner, il me l'avait formellement interdit, voulant passer du temps de qualité Père-Fille, seul avec Ada. Aussi, en y repensant bien, si les autres élèves commencent à nous voir, Malefoy et moi, un peu trop ensemble, des rumeurs risquent d'éclater, ce qui ne me tente aucunement.

J'observai tous les différents boutons sur l'engin moldu pour en apprendre plus sur son utilisation. Malgré le fait que j'avais passé toute mon enfance, et des étés chez mon oncle et ma tante moldus, je ne connaissais pas tout de leurs technologies, n'ayant jamais vraiment eu l'occasion de les utiliser. L'appareil en main, je passais le temps comme je le pouvais, étant donné que j'attendais ma meilleure amie qui devait passer d'une minute à l'autre pour discuter et s'amuser un peu en ma compagnie - sans un certain rouquin, pour une raison qui m'était inconnue.

Trois petits coups se firent entendre, signe que quelqu'un attendait à la porte. Je délaissai la caméra, la déposant sur la table, et ouvris la porte à ma brunette préférée qui entra avec son petit Hugo, endormi profondément dans la coquille qu'elle tenait entre ses mains.

- « Harry! », cria-t-elle presque en m'enlaçant du mieux qu'elle pouvait, ayant un bras occupé à porter la coquille dans laquelle dormait son enfant, « Tu ne peux pas savoir à quel point ça me manque de ne pas pouvoir partager une salle commune avec toi et tous les gryffondors, même si, des fois... ou plutôt, maintes fois, c'était tout simplement trop bruyant et donc dérangeant. »

- « Pareil pour moi 'Mione. », répondis-je avec un sourire nostalgique, repensant brièvement à une tonne de magnifiques moments que j'avais passés dans la salle commune de Gryffondor. Je l'invitai à s'asseoir d'un geste de la main en direction du divan.

Nous nous installâmes confortablement dans le sofa et notre grande conversation débuta sans attendre. Même si Hermione était la majeure participante dans cet échange verbal, je me réjouissais. Je préférais la laisser s'exprimer, car j'adorais voir son visage s'illuminer ou se rembrunir, lorsqu'elle parlait de quelque chose qui la passionnait, ou, au contraire, l'horripilait. Voir autant d'émotions sur un seul visage m'impressionnait énormément et me fit chaud au coeur, moi qui s'étais habitué au visage d'une certaine personne qui avait toujours la même expression bête, supérieure et froide - ce qui était rapidement devenu irritant... Quoique, depuis peu, il m'arrivait d'apercevoir divers sentiments sur le visage du Serpentard qui partageait ma vie, et je n'avais aucune raison de m'en plaindre puisque, même si je détestais l'admettre, je savourais bien ces petits moments où j'étais capable de voir quelque chose au-dessus du masque de glace constant que portait mon coéquipier.

Reportant mon attention sur Hermione, je tentai de suivre ce qu'elle racontait. Cependant, le sujet duquel elle me parlait ne m'intéressait pas particulièrement et je décidai de poser une question qui me trottait dans la tête depuis son arrivée pour échapper à de bonnes minutes d'une description infaillible des glandes sudoripares des coussinets des pattes des chats et comme quoi elles sont capitales à la survie de cet animal ou quelque chose comme ça.

- « Je respecte parfaitement ton adoration pour les chats et autres félins et je suis vraiment impressionné par toute ta connaissance sur ceux-ci... En fait, non, pas vraiment, puisque tu es Hermione Granger et s'il y a une personne sur Terre qui sait tout cela sur les chats, c'est bien toi, mais je viens de penser à quelque chose: où est Ron exactement? Pas que je ne t'adore pas, mais je suis curieux. Il n'était pas censé venir faire un tour aussi? »

Avant qu'elle ne me réponde, le bruit de la porte d'entrée qui s'ouvrit se fit entendre, et un blond que je connaissais très bien apparut. Adélaïde dans les bras, il jeta un regard dédaigneux sur mon amie en se dirigeant vers notre chambre, la coquille de notre fille flottant derrière lui grâce à un sortilège. Je ne pus m'empêcher de l'interpeller - après tout, c'était la première fois, en dehors des cours, qu'il passait du temps seul avec notre fille:

- « Tout s'est bien passé? »

Il roula des yeux, pensant sûrement que j'insinuais qu'il ne pouvait pas bien s'occuper d'Adélaïde.

- « Bien sûr, Potter. Bonjour à toi aussi, en passant. Te sentais-tu tellement seul et irresponsable sans nos présences qu'il fallait que tu invites quelqu'un pour te surveiller? », me répondit-il sarcastiquement.

- « Bonjour à toi aussi, Malefoy. Je suis vraiment désolé pour toi que tu ne saches pas ce qu'est un ami. C'est vraiment triste. Peut-être que si tu commençais par apprendre ce qu'est que le respect et saluer ma meilleure amie, tu en aurais. »

Dans ses bras, Adélaïde geignit, signe qu'elle était mécontente.

- « Je vais la mettre au lit, c'est définitivement l'heure de sa sieste.», me lança-t-il, avec un regard noir au passage, ignorant totalement Hermione.

L'affection que j'étais capable de percevoir dans sa voix envers ma fille me fit fondre, malgré notre petite joute verbale. C'était mon quotidien, et j'avais presque honte d'affirmer que je ne pouvais pas imaginer ma vie autrement. Mon regard ne quitta pas une seule seconde mon coéquipier, s'osant même à dévorer du regard son ferme fessier qui se mouvait au rythme de ses pas, jusqu'à ce que ma meilleure amie me donne un coup de coude, un sourire narquois aux lèvres.

- « Hum hum! Pour revenir à ta question sur mon petit-copain, le divan-lit a eu raison de lui! Mon très cher Ronald était bien décidé à replacer notre lit en sofa, mais la tentation enivrante du matelas et du sommeil étaient trop forte, si bien qu'il a préféré s'endormir que de recréer notre espace salon. », elle pouffa de rire, « Je suis certaine qu'il dort encore profondément dessus. Il va peut-être encore passer la nuit là, s'il ne se bouge pas un peu les fesses! »

Hermione continua à rire. Ça lui prit quelques secondes avant de réaliser que je ne partageais aucunement son sentiment. Les sourcils froncés, la gorge sèche et la bouche entre-ouverte, j'étais complètement sous le choc.

La brunette mit une main sur mon épaule, pour s'assurer que j'allais bien, soudainement inquiète.

- « Qu'est-ce que j'ai dit? Ça va Harry? Qu'est-ce qui se passe? », dit-elle, inquiète.

Je tapai ma main contre mon front, me maudissant de ma stupidité. Avais-je réellement pensé que les professeurs qui nous donnaient des appartements pour l'année obligeaient tout le monde à dormir dans le même lit? Avais-je réellement passé les dernières semaines entre les mêmes draps que ma Némésis-qui-ne-l'était-plus-vraiment?

Je tentai de me convaincre que j'avais mal entendu, malgré le fait que je savais clairement ce que mon amie venait de dire et je parvenus à mettre quelques mots l'un après l'autre pour former un semblant de phrase et lui demander:

- « Un divan-lit? »

La Gryffondor me dévisagea, puis lança un regard à travers la pièce, premièrement sur le divan sur lequel nous étions assis, puis un autre sur la porte fermée de la chambre où je partageais le même lit que le blond. Elle me regarda, sa bouche en forme de "O", avant de secouer la tête, ne croyant probablement pas ce qu'elle venait de penser.

- « Oui, Harry. Le divan-lit. Je ne pensais pas que Malefoy était le genre de personne à te laisser la chambre, mais le fait que tu ne saches pas à quel point ce magnifique divan qui s'ouvre en lit est confortable me prouve le contraire. »

Alarmé et alerte, je la priai de se taire. J'avais l'impression que les mots « divan » et « lit » résonnaient autant dans l'appartement qu'ils le faisaient dans ma tête. Si je n'étais pas au courant pour ce foutu divan-lit, Malefoy aussi ne l'était probablement pas. Il était important que ça reste ainsi. Surtout pour le moment. Je n'étais pas prêt à créer de nouveaux malaises, surtout avec Mione dans l'appartement. J'allais définitivement en parler à mon coéquipier. Plus tard. Beaucoup plus tard...

Je m'étais tout de même habitué à sentir son corps près du mien, qui me gardait au chaud la nuit, malgré ses pieds glacés, son odeur masculine, qui avait le don de me détendre et de me rappeler la passion de nos querelles, et à notre cocon familial dans la chambre.

Je ne savais pas quoi répondre. Je ne voulais aucunement dévoiler à Mione que je partageais, depuis le début du projet, le même lit que Malefoy, mais, en même temps, je ne pensais pas être capable de le lui cacher. Elle était ma meilleure amie et était capable de voir quand quelque chose me tracassait. En ce moment, son visage portait cette expression qui n'annonçait rien de bon pour moi et elle savait que je ne lui disais pas tout.

- « Harry? », m'interpella-t-elle, détachant chaque syllabe lentement, le regard remplit de sous-entendus.

J'ouvris la bouche, mais j'étais incapable de dire quoi que ce soit. Je fermai les yeux, étant légèrement dégoûté par moi-même. Apprécier dormir avec un Serpentard, qu'est-ce qui me prend?

- « Lequel de vous dort sur le divan-lit? », fit-elle, en appuyant fortement sur les deux derniers mots, en sachant clairement déjà la réponse.

Je n'eus qu'à entrer en contact avec ses deux prunelles brunes pour qu'elle commence à comprendre. Je n'en pouvais plus de ce secret qui me pesait lourd sur la conscience. Je plaquai ma main contre sa bouche, pour l'empêcher de prononcer une seconde fois ces mots que je ne voulais plus entendre - et surtout que je ne voulais pas qu'entende mon coéquipier dans la pièce voisine.

- « Aucun. Aucun de nous deux. Voilà, tu es contente?», lui chuchotais-je, honteux et ayant peur de sa réaction.

Ses mains rejoignirent sa bouche maintenant grande ouverte, signe de sa surprise. Puis, doucement, un sourire se forma sur ses lèvres, celui-ci me déstabilisant, ne m'étant pas du tout attendu à une telle réaction de la part d'Hermione. Elle était sur le point de sautiller sur elle-même, essayant tant bien que mal de se contenir, et autrement que de partager sa soudaine joie, celle-ci me fit froid dans le dos. Je ne comprenais nullement ce qui se passait.

Avant qu'elle ne lâche ce cri de satisfaction et d'excitation qui, je le voyais, menaçait de s'échapper de ses lèvres, Adélaïde commença à pleurer à chaudes larmes dans la pièce d'à côté. Jamais, je n'avais été aussi réjoui d'entendre ses pleurs. J'étais maintenant certain que Malefoy n'allait pas entendre les possibles quelques bêtises qu'allait divulguer ma meilleure amie.

Elle ouvrit la bouche et une tonne de paroles rapides et incompréhensibles en sortirent. Je ne savais même plus si elle s'adressait à moi. Ma meilleure amie prit un bon deux minutes pour se remettre de ma révélation embarrassante.

La brunette posa enfin son regard, où se cachait une petite lueur malicieuse, sur moi. Elle voulait en savoir plus et elle cherchait à en savoir plus. Je ne voulais, pour ma part, absolument pas continuer à parler ou juste insinuer que j'avais dormi trop de fois avec Malefoy pour les compter sur mes doigts. Comme je continuais d'affirmer, en murmurant, à ma meilleure amie, qui ne semblait pas comprendre le fait que je ne voulais pas du tout que Malefoy entende, nous n'avions que dormi ensemble, par Merlin!

Soudain, le sourire de la brunette s'élargit de plus belle et un petit cri aigu s'échappa de ses lèvres, son regard maintenant fixé sur un point par-dessus mon épaule.

- « Granger. Cesse tes sons agressants, ma fille dort, et si tu la réveilles, je t'envoie rejoindre le calmar géant dans le lac. »

Je sursautai brusquement à l'entente de la voix du blond. Depuis combien de temps était-il là?

Je me tournai lentement vers lui, évitant son regard, de crainte qu'il ait entendu ma précédente conversation. À ma plus grande joie, il ne semblait pas affecté par la même nouvelle que je venais d'entendre. Toutefois, le regard rempli de sous-entendus d'Hermione pesait lourd sur moi.

Malefoy maintenant dans la pièce, les impacts du projet sur mon ancienne vie se faisaient ressentir. Ce foutu projet, ce damné projet, mon stupide coéquipier...

Je réalisai que c'était ma chance, la parfaite occasion, l'indiscutable raison pour me débarrasser de l'obsession incessante de ma Gryffondor préférée sur le soi-disant couple que je formais avec le blond présent. En ce moment, ce projet qui m'horripilait, alors qu'il y avait de cela quelques secondes, il semblait être une bénédiction.

- « Bon, Mione, je suis désolé, ça me brise un peu le coeur de te demander cela, mais je crois qu'il est temps que tu partes. Je voudrais bien passer du temps seul avec ma famille, je ne les ai pas vus beaucoup aujourd'hui. »

J'ignorai le hoquet de surprise de mon coéquipier à mon utilisation du mot "famille" et soutins le regard de mon amie, la défiant silencieusement d'essayer de me faire parler devant le blond.

Elle capitula en un soupir, se penchant pour commencer à ramasser ses choses, sans, tout de même, insinuer que ma relation avec Malefoy était trop mignonne et que nous lui faisions penser à un vieux couple marié.

- « Ne me dis pas que tu veux passer du temps avec Malefoy, Ry? Adélaïde dort, non? », dit-elle, ne relevant pas la tête, mimant un intérêt quelconque pour l'ourson, appartenant à Hugo, qu'elle venait de ramasser. Je savais qu'elle cachait une innocence fausse et un petit sourire satisfait qui me donnaient l'envie de m'enfoncer six pieds sous terre.

Je ne répondis même pas, l'aida à prendre ses choses et la guidai, une main pressante dans son dos, vers la porte et la sortie de mes appartements. Elle me jeta un dernier regard moqueur et partit en gambadant joyeusement dans le couloir.

Je lâchai un soupir et un petit rire nerveux, un peu contre moi. Je me tournai vers le blond et passai une main dans mes cheveux, en essayant d'oublier ce que je venais d'apprendre sur les multiples lits dans mon appartement. Maintenant que j'étais seul avec lui, je réalisai que tout lui dire n'allait pas être facile et allait créer des malaises et des problèmes que je n'avais pas la force de régler. Ma décision tomba donc sur le silence. Je n'allais rien changer à ma façon de dormir, autrement dit, avec Drago Malefoy.

Maintenant légèrement plus serein depuis qu'Hermione et ses insinuations avaient quitté les lieux, j'osai lever les yeux vers mon coéquipier. Celui-ci fixait encore la porte, les sourcils froncés et les joues comme un peu plus rosées que d'habitude.

Son regard rencontra le mien et il leva un sourcil, curieux de mon attitude. Un silence régnait dans l'appartement jusqu'à ce qu'il le brise, sa voix emplissant la pièce.

- « Alors, Potter, comme tu désires tant passer du temps en ma magnifique compagnie, que dirais-tu qu'on discute de la fabuleuse thématique de costumes que nous devons avoir pour la semaine prochaine, pour que je reste le plus tendance à Poudlard durant Halloween, la septième année de suite? », me nargua le blond.

Pour la millième fois, j'eus une soudaine réalisation de ma stupidité. J'avais encore parlé sans réfléchir, en surnommant notre binôme une famille avec laquelle j'avais envie de passer beaucoup de temps. Il était vrai que les moments passés avec Adélaïde m'étaient précieux, mais ceux avec Malefoy l'étaient moins - même si j'avais de bons souvenirs avec lui qui allaient me rester de ce projet. J'allais encore me faire mépriser pendant des jours par le blond. Parfois, je pouvais vraiment être un imbécile.

Voyant que je ne répondais pas, il continua:

- « Alors, pour nos costumes, mon petit Potter, la thématique d'ange est parfaite, parce que c'est mon idée et que j'ai toujours des bonnes idées. Tu approuves? »

D'un coup de baguette, le blond fit apparaître une montagne de magazines sorciers de toutes sortes avec tous pour thème: Halloween. En approchant du sol sur lequel il venait de s'installer, je le regardai s'affairer dans toutes ses revues pour trouver celle qu'il recherchait. M'assoyant à ses côtés prudemment, je fixai la pile sans oser en prendre une pour la feuilleter, de peur que cela engage une nouvelle dispute.

Ses deux yeux gris s'illuminèrent, il avait enfin trouvé ce qu'il cherchait. Bien sûr, il voulait absolument me le montrer et me prouver à quel point il avait du goût. Personnellement, je m'en fichais royalement.

- « Voilà! », s'écria-t-il, fier, « Tu vois ce couple en complet? L'un blanc, l'autre noir? C'est quelque chose dans le genre que je visualisais pour nous deux. »

Comme il me mettait sa revue devant les yeux, je n'eus d'autre choix que de regarder l'image magique qui bougeait devant mes yeux.

Légèrement malaisé, j'observai la photo d'un couple vêtu de noir et blanc d'une manière très élégante. La femme, qui ignorait l'homme, un air sérieux et boudeur sur le visage avant de lui jeter un petit coup d'oeil, portait un ensemble blanc froid accompagné d'un chapeau aux allures des années vingt, placé entre ses cheveux blonds bouclés. L'homme, lui, ne lâchait pas du regard sa partenaire, un sourire en coin apparaissant sur son visage. Il portait un complet entièrement noir, qui lui allait comme un gant - je devais le préciser -, avec un chapeau melon sur la tête. Malgré la simplicité de leur costume, le complet blanc faisait un superbe contraste avec le noir et vis-versa.

Je hochai la tête en signe d'approbation, ce qui fit sourire mon coéquipier. J'espérais que ce n'était pas pour se moquer de moi, mais plutôt, simplement parce qu'il tenait à mon avis... Non, il se moquait de moi, il n'y avait qu'une seule réponse à ce petit sourire en coin caractéristique aux Malefoys et c'était la raillerie.

Malefoy déchira délicatement la page et la plaça à sa droite avant d'empoigner une autre revue. Il feuilleta les premières pages, ne me prêtant aucune attention.

De mon côté, je me balançais légèrement de gauche à droite sur moi-même, signe de mon ennui et léger malaise face au dilemme de prendre l'initiative de piquer une revue de la pile et de la feuilleter ou d'attendre que Malefoy les feuillètent toutes les unes après les autres.

Comme je ne voulais définitivement pas passer tout mon temps à observer le Prince des Serpents lire des tonnes et des tonnes de revues à lui tout seul, je me décidai et empoignai une revue au titre le plus banal de l'univers: Style Terreur. Je fus surpris que le blond ne dise rien et ne m'empêche pas de prendre un de ses précieux trésors.

Je tournai la première page de Style Terreur et fus cependant surpris par toutes les couleurs chaleureuses des différents costumes et de tous les différents types d'accoutrements que les gens portaient. Sous mes yeux, les mannequins changeaient de position pour montrer tous les aspects de leurs costumes, allant même jusqu'à jouer le personnage dont ils portaient le costume. Certains accrochèrent vivement mon regard et j'en encerclai quelques-uns qui m'inspiraient, tous représentant un peu ou beaucoup le thème qu'avait choisi Malefoy, et que, je devais l'avouer, me plaisait bien.

Après quelques heures durant lesquelles, heureusement pour nous, Adélaïde dormait, mon malaise s'était dissipé et je partageais l'enthousiasme de mon partenaire de binôme.

Les revues étaient éparpillées autour de nous, grands ouverts aux pages qui nous avaient marquées, des items encerclés.

- « Oh Merlin! Imagine Ada là-dedans. Avec la petite robe blanche. Et on ajoute un peu de tulle et de mousseline dans la jupe! », me fit le blond, excité, en pointant une image dans l'une de ses nombreuses revues.

- « J'aimais mieux l'autre que je t'avais montré, avec le design fantaisiste en dentelle. Elle irait bien mieux avec les petites ailes que sur lesquelles nous avions porté notre choix, tout à l'heure. La robe que tu me montres est blanc crème, mais les ailes sont blanc perle. Ce n'est pas du tout la même chose et ça ne va pas ensemble, Malefoy. Tu me déçois. »

Le Serpentard m'envoya un regard noir sous lequel je pus décerner de l'amusement. Il jeta la revue qu'il tenait entre ses mains par-dessus son épaule, ayant terminé de la consulter, et s'empara d'une nouvelle.

- « Dit le Gryffondor qui porte une chaussette blanche avec des vifs d'or et une autre grise beaucoup trop petite. », répondit-il, finalement et simplement pour avoir le dernier mot.

Je soupirai et le frappa sur la tête avec ma revue, par pur énervement enfantin. Il m'ignora royalement et je ne pus m'empêcher de m'imaginer en train de glousser de rire devant la situation. Qui aurait cru qu'un jour, Malefoy et moi aurions été en train de faire des choix pour un costume d'Halloween commun dans des revues?

En silence, Malefoy me montra une image d'un bébé qui se réveillait doucement de son sommeil, un air innocent sur le visage, vêtu d'une robe à l'apparence duveteuse d'un blanc plus pâle que la précédente.

- « La ceinture avec la boucle dorée seulement. », me précisa-t-il.

Je lui lançai une expression incertaine. Je n'étais pas certain que mettre une ceinture autour de la taille qui semblait aussi serrée à notre bébé était sécuritaire.

J'étais encore un peu mal à l'aise avec sa façon de choisir le parfait costume pour nous et notre petit ange. Pour le blond, la seule manière d'avoir le costume le plus original et parfait était d'acheter plusieurs costumes pour emprunter des morceaux de chacun. J'avais l'impression que c'était des dépenses futiles, mais Malefoy m'avait assuré que sa fortune était là pour ça, et je m'étais tranquillement pris au jeu, malgré moi, m'imaginant comment telle jupe irait avec telle veste ou telles ailes.

- « Auréole dorée ou couronne de fleurs? », demandais-je, curieux.

Attendant sa réponse, je m'avançais vers la pile, plus petite maintenant, de revues. J'optai pour une qui était placée de dos, donc je ne voyais pas la couverture du devant, mais celle de l'arrière était plutôt attirante, assez sombre avec de larges rubans rouges la traversant de part en part.

- « Voyons, Potter, je te l'ai dit, tout à l'heure, Ada aura une auréole dorée que nous allons invoquer grâce à un sort et qui flottera autour de sa tête toute la journée, comme un vrai petit ange! Ça va être trop adorable! », fit-il, en prenant soin de bien prononcer chaque syllabe du mot « adorable ».

Je soupirai, tandis que mon coéquipier continuait sa tirade sur l'auréole magique dorée qui allait représenter l'âme intérieure de notre fille et l'inciter à bien se comporter. Me perdant dans son discours, j'ouvris la revue que je tenais entre mes mains.

Je n'eus le temps que de voir les premières pages, dont l'une à droite où plusieurs hommes presque nus, habillés seulement d'un boxer, étaient alignés. Un de ces hommes au corps d'Apollon, au regard lubrique dérivant vers ma personne, une main dans ses boxers en velours rouge bordeaux et l'autre dans sa chevelure châtain, avait l'air d'un peu trop apprécier le fait que sa main tenait sûrement son sexe. La page de gauche, que je n'aurais pu décrire que d'un mot, me troublait encore plus. Il devait y avoir au moins cinq hommes, tous reluisants de sueur, aux différentes teintes de peaux, aux différents habits - strings, menottes, cravates et bien plus... ou moins - et, sans oublier, jouets. Ça ressemblait clairement à une orgie où certains avaient très certainement des fantasmes assez douteux, mais invitants - je ne pouvais nier que cette image ne me faisait rien ressentir. Je me sentais déjà rougir jusqu'à mes oreilles, m'imaginant certains scénarios.

À peine eus-je le temps de lire une inscription - définitivement l'écriture deMalefoy - au-dessus d'un homme vêtu d'un petit short de cuir que le blond s'arrêta dans sa tirade et m'arracha des mains la revue, les joues rouges d'embarras. Toutefois, j'avais réussi à lire les quatre mots qui s'imprégnèrent aussitôt dans ma mémoire : « Pour Joli Petit Cul».

Je reconnus mon surnom et fixai extrêmement troublé, Malefoy, qui, pour une fois, tentait d'éviter mon regard, serrant contre son torse sa précieuse revue coquine…


Blabla des auteures:

(Sam) Bon ben, comme d'habitude, on vous laisse sur ce malaise homo-érotique! :) (Fred) Et vous laissez avec tout plein de scénarios coquins en tête! À la prochaine les copinos! (Sam, en faisant des clins d'oeils aux lecteurs) Moi, perso, je suis plus une fille de cuir que de latex, mais bon, Harry a le droit à ses fantaisies. Et Drago, aussi! No kink-shaming here, yes madame! (Fred, qui trouve ses petits shorts en cuir et fait un clin d'oeil) J'approuve. (Sam) Non mais quand même, c'était ben ben cute comme chapitre, on mérite quelques reviews ! Peut-être alors que le fantasme de Drago va magiquement se réaliser... Qui sait? Moi j'aimerais bien ça! (Fred, en tapant des mains) Oui oui oui!

(Sam et Fred) Bon, bon. c'est ça! On vous aime et merci full beaucoup de la vie de nous lire même si on prend mille ans à publier un nouveau chapitre! REVIEW TIME!