Chapitre 8 :

La fin de journée était agréable et la bibliothèque plutôt calme. Il se sentait bien. Il était bien. Les quelques jours qui venaient de se passer l'avaient été dans une atmosphère sereine. En tout cas pour lui. Il n'en revenait toujours pas du changement qui s'était produit dans sa vie. Pour la première fois, depuis longtemps, il avait laissé quelqu'un entrer dans sa sphère intime. Quelqu'un qui le respectait, quelqu'un qui ne cherchait pas à lui imposer quoique ce soit. Quelqu'un qui l'aimait. Et même s'il avait dit que ça ne le gênait pas que cela se sache au lycée, Kuuran semblait respecter le fait qu'il soit peu démonstratif et peu tactile. Ils étaient souvent ensemble, mais ne ressemblaient en rien aux autres couples. Quiconque les voyaient étaient déjà tellement étonnés de les voir ensemble, qu'il ne chercherait même pas à savoir pourquoi. Une rumeur enfla rapidement sur le fait qu'il « dressait » Kuuran pour lui permettre d'intégrer une grande école. Une autre racontait que le décoloré l'avait prit sous son aile pour faire de lui un homme, un vrai. Une autre qu'il était devenu le souffre douleur de Kuuran. Bizarrement, aucune sur le fait qu'ils puissent être amants. Enfin, pour être exact ils ne l'étaient pas encore. A part quelques baisers et quelques caresses, ils n'étaient pas allés plus loin. Ce qui ne semblait pas gêner Kuuran, au grand étonnement d'Uryu. Il aurait pensé le décoloré plus enclin à le faire céder. Mais celui-ci lui avait ri au nez quand il lui avait dit ça. Il n'était pas pressé, il saurait se retenir le temps qu'il faudra, tout ce qu'il voulait c'est que ça vienne de lui. Alors, il se ferait une joie de le guider sur les routes de la débauche. Uryu avait alors fait concurrence aux tomates qu'il était en train de cuisiner, ce qui lui avait valu un baiser et une main aux fesses. Mais, il lui en était reconnaissant. De ne rien précipiter. De laisser le temps faire. De laisser ses sentiments fendre sa carapace. De lui laisser le temps d'apprendre à gérer toutes ses choses nouvelles pour lui.

Tranquillement, et l'esprit plus serein, il effectuait des recherches, silencieusement dans les différentes allées de la bibliothèque, jusqu'à ce qu'il surprenne une conversation.

-Tu es sûre de ce que tu avances ?

-Parfaitement !

Il reconnu aussitôt la voix de Arisawa, et en se penchant, il put la voir en train de discuter avec Honsho. Elles parlaient à voix basse et en jetant des coups d'œil à droite et à gauche. Comme si elles ne voulaient pas être entendues.

-C'était Kuuran, j'en suis sûr, reprit la karateka.

-Mais que faisait-il là ?

-Ça j'en sais rien … en tout cas, il n'aurait pas dû se trouver dans les toilettes pour femmes.

-Et Hime, elle dit quoi ?

-Elle n'a rien voulut me dire. Elle semble normale, mais il l'a perturbée d'une façon ou d'une autre.

-Heureusement que j'n'étais pas là ! S'enflamma Chizuru. Sinon c'est pire qu'un coup dans les roubignoles qu'il se serait prit !

-Tout ça pour dire en tout cas que mes cours ont portés ses fruits. Elle a réussit à le mettre KO d'un seul coup ! S'enorgueillit l'ébène.

Ishida n'en revenait pas de ce qu'il venait d'entendre. Les deux jeunes filles avaient finies et s'éloignaient en direction des tables, mais lui ne pouvait plus bouger. Que devait-il comprendre de cette discussion ? Que Kuuran l'avait insulté ? Qu'il avait cherché à agresser Inoue ? Qu'il avait cherché à abuser d'elle ? Il ne savait pas, mais il ne pouvait s'empêcher d'imaginer le pire. Lui avait-il menti ? Lui avait-il menti en lui disant que lui était fidele contrairement à son frère ? S'était-il joué de lui ? Son cœur se serra et ses jambes le lâchèrent. Il ne pensait pas que ça l'atteindrait autant, mais il faut croire que Kuuran occupait déjà une grande place dans son cœur pour y faire autant de ravages. Il souffla, essayant de calmer sa respiration, son esprit et son cœur. Apres tout, il n'avait pas entendu toute la conversation. Et surtout il n'avait pas la version du principal intéressé. Il réussit à se lever et décida d'aller chercher ses renseignements à la source.


Kuuran se demandait bien pourquoi Uryu avait laissé ce message sur son répondeur. Le message était laconique et froid, bien qu'il sente un certain désespoir dans la voix de l'ébène. Il voulait savoir pourquoi il voulait le voir de toute urgence et pourquoi il avait employé ce ton. Il voulait savoir ce qui se passait. Enfin, il voulait surtout savoir ce qui s'était passé la nuit dernière.

Il avait mal à la tête et se sentait vaseux. Il avait encore suivi Grimmjow et s'était réveillé chez ce dernier dans un état pitoyable. Ils avaient encore trainé en boite, ou plus exactement Grimmjow l'avait trainé pour ensuite le planter. Il se souvenait vaguement, très vaguement de sa soirée. Il savait qu'il avait bu comme un trou, qu'il avait dansé, mais guère plus. Et Grimmjow n'avait rien voulu lui dire. Sauf que son meilleur ami n'arrêtait pas de se foutre des sa gueule et ça l'énervait. Il affichait ce petit sourire qui signifiait qu'il avait une connerie mais il n'avait pas réussit à faire cracher le morceau au bleuté. Ça plus le message d'Ishida, décidément sa journée commençait mal.


-Je peux savoir ce qui te prend ?

-Il me prend que j'en ai marre ! s'exclama la rousse. J'en ai marre !

-Mais de quoi ?

-Tu sais très bien de quoi je parle ! S'énerva-t-elle.

-Non !

Inoue se retourna et ne put voir que de la sincérité sur le visage de son petit ami. Elle avait décidé de mettre les points sur les i avec Ichigo après les révélations que lui avait faites Kuuran. Sans toute fois dénoncer celui-ci. Elle savait les relations entre les deux frères très tendues et ne voulait pas en rajouter. Cependant, elle voulait savoir. Mais une fois dans la chambre du roux, elle n'avait pas su s'exprimer correctement et du coup, c'était partie en vrille.

-Je … je voudrais que tu arrêtes de voir Harribel.

-Pardon ? demanda-t-il interloqué.

-Et toutes les autres aussi.

-Je ne vais pas me couper du monde, Orihime.

-Je ne te demande pas de te couper du monde, fit-elle en le fixant intensément. Je veux juste que tu arrêtes de coucher avec d'autres que moi. Je veux être la seule.

Ichigo resta bouche bée avant de se reprendre.

-Mais que vas-tu imaginer ? Il n'y a que toi dans mon cœur.

-Dans ton cœur peut être … mais dans ton lit, je n'en suis pas si sûre.

-Qui t'as raconté ça ?

-Personne, mentit-elle.

-Alors pourquoi ?

-Elle n'arrête pas de m'agresser et d'insinuer que tu vas me quitter. Pour elle.

-Tu ne peux pas l'empêcher d'être jalouse de toi, s'exclama le roux.

Il s'approcha doucement et finit par réussir à la prendre dans ses bras. Il déposa un tendre baiser sur son front et la câlina doucement. Si ce n'était que ça, il irait voir Tia et lui dirai de se calmer. Car bien qu'il adorait coucher avec la blonde, il était indéniablement amoureux de la rousse. Et il ne voulait en aucun cas la perdre. Il ne voulait en aucun cas perdre un autre être cher. Il ne voulait en aucun cas perdre le contrôle sur un autre être cher.

Orihime était rassurée. Elle le croyait. Elle ne pouvait faire autrement. Sinon elle n'aurait plus confiance en lui. Et si cela arrivait, elle ne pourrait plus continuer à l'aimer. Elle espérait juste que c'était bien Ichigo qui lui disait la vérité et non Kuuran. Que le décoloré avait fait ça pour s'amuser à ses dépends et à ceux de son frère. Elle se rassura comme elle put. Elle avait besoin d'Ichigo, il était un de ses points stables. Il lui était nécessaire pour ne pas sombrer.


-Uryu, c'est encore moi … c'est l'troisième message que j'te laisse. Putain, décroche, merde ! J'arrive … ne fais rien … attend moi.

Kuuran raccrocha et se décida à sortir du métro. Il était inquiet pour son petit ami. Il avait essayé de le joindre dés qu'il avait eut son message. Mais il n'obtenait que le répondeur. Et pour faire le trajet entre l'appartement de Grimmjow et la maison des Ishida, il lui fallait traverser tout Karakura. Et plus le temps passait, plus il avait peur. Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer le pire. Il connaissait la petite manie malsaine de l'ébène, et il avait peur qu'il n'en abuse.

Peu à peu, des images lui revenait de sa soirée et il avait finit par rassembler le fil de celle-ci. Il savait pourquoi Grimmjow se marrait et ne lui avait rien dit. En effet, il n'y avait rien de très glorieux à être retrouvé dans les toilettes pour femmes d'une boite de nuit gay, étalé comme une grosse merde au sol et ne pouvant plus bouger à cause d'un coup reçu dans le service trois pièces.

Apres ça, Grimmjow l'avait ramené chez lui, en lui détaillant pendant tout le trajet ce que lui avait fait dans les toilettes. Pour hommes. Il s'était tapé un joli p'tit cul qui avait aussi eut une gorge délicieuse et une langue perverse. Le bleuté l'avait alors installé sur son canapé et l'avait laissé dormir là tout son soul. Il l'avait réveillé en fin d'après midi pour le virer de chez lui parce qu'il allait bosser.

Du coup, Kuuran avait appelé chez lui pour rassurer Yuzu puis avait écouté son répondeur. Il s'était alors dépêché de traverser toute la ville pour voir Uryu. Et son inquiétude n'avait qu'augmenter au fur et à mesure du trajet. Au fur et à mesure qu'il se rappelait sa soirée. Au fur et à mesure qu'il décuvait. Il ne pouvait s'empêcher de s'imaginer qu'Uryu avait appris, d'une façon qu'il n'imaginait même pas, ce qui s'était passé avec Inoue. Il ne voyait que ça comme explication au message que lui avait laissé l'ébène.


L'acte en lui-même fut rapide et intense, chargé d'émotions et de sentiments, emplis de tout ce qu'ils voulaient transmettre à l'autre. Et heureusement qu'il fut court, car à peine avait-il terminé qu'un coup fut donnée à la porte.

-Le diner va bientôt être prêt, fit Yuzu à travers la fine cloison.

-On arrive, s'empressa de répondre son frère.

Ils attendirent en silence de ne plus entendre la petite fille pour laisser éclater leur hilarité. Ils avaient bien faillit se faire griller.

-Tu restes manger ? demanda quand même Ichigo.

-Bien sûr, lui sourit la rousse. Sinon ton père va encore pleurer.

-Tu sais … il aimerait bien que tu t'installes ici … et il n'y a pas que lui.

-Je sais … mais on en a déjà parlé Ichigo. Ça serait trop … bizarre.

-Oui mais plus simple pour toi.

-Ecoute je m'en sors très bien … et puis c'est mieux comme ça.

Elle lui sourit et posa sa main sur sa joue tendrement avant de l'embrasser furtivement et de sortir des draps. Elle se mit alors à la recherche de ses vêtements. Ichigo lui s'installa un peu plus confortablement dans son lit et profita du spectacle que lui offrait sa petite amie. Il finit par soupirer et se lever lui aussi. Il ne voulait pas trop trainer et du coup devoir subir les réflexions pas toujours très élevées de son paternel.


Il arriva enfin à destination et ne put s'empêcher de presser le pas. Il toqua à la porte mais n'obtenant pas de réponse, il sonna. Encore et encore. Son cœur battait tout rompre, il sentait comme une urgence, comme un mauvais pressentiment. Sa surprise fut de taille cependant quand la porte s'ouvrit sur Ryuken et non sur Uryu.

-Uryu est là ? demanda-t-il, en essayant de maitriser sa voix.

-Oui, répondit laconiquement l'homme aux cheveux blancs, avant de s'effacer. Il doit être dans sa chambre.

Kuuran entra en remerciant l'homme d'un signe de tête. Il prit juste le temps d'enlever ses chaussures avant de filer à travers la maison jusqu'à la chambre de l'ébène. Il toqua sans obtenir de réponse.

-Uryu ? Appela-t-il tout bas. Uryu ? fit-il un peu plus fort. J'entre.

Il faisait sombre dans la chambre aussi laissa-t-il le temps à ses yeux de s'habituer avant de pénétrer dans la chambre. Il se dirigea vers les rideaux qu'il ouvrit en grand puis se retourna et son regard balaya l'espace pour le trouver vide. Pas d'Uryu.

Il avança dans la chambre, regardant autour de lui cette pièce qu'il n'avait vue qu'une fois. Il ne put empêcher un petit sourire de fleurir sur son visage. Tout lui rappelait son petit ami. Cette pièce était tellement à son image. Il avança vers le lit et c'est là qu'il la vit. Une petite boite en bois était grande ouverte. Et vide. Kuuran comprit immédiatement de quoi il s'agissait et se précipita vers la salle de bain. Il trouva la porte fermée et se mit à crier.

-Uryu ! Uryu ! Ouvre c'est moi !

Comme il n'obtint pas de réponse, il essaya de forcer la serrure sans succès, alors il utilisa la manière forte. Il défonça la porte à coups d'épaule. Celle-ci lâcha et il put enfin voir ce qu'il craignait. Uryu était assis dans la douche, un filet d'eau lui coulait dessus, il était torse nu et ses poignets étaient tranchés. L'ébène s'était ouvert les veines. Kuuran resta figé sur place, il n'en croyait pas ses yeux. Il avait son pire cauchemar devant lui. Depuis qu'il avait vu les cicatrices sur le corps de l'ébène, il redoutait de le trouver un jour comme ça.

Ce fut Ryuken qui le sortit de sa stupéfaction. En effet, l'homme alerté par les cris de Kuuran et surtout par le vacarme de la porte défoncée, était venu voir pourquoi tout ceci.

-Uryu ! S'exclama-t-il avant de se saisir de son portable.

Kuuran l'entendit appeler les urgences sans pour autant saisir ce qu'il disait. Il ne pouvait bouger tout son corps était raide, il voulait lui porter secours ou tout du moins s'approcher de lui mais il ne pouvait pas, son corps refusait de bouger. Il ne sut combien de temps il resta là, ainsi planté. Toute la suite ne fut pour lui qu'une vague impression malsaine comme dans un film dramatique que ses petites sœurs adoraient regarder.

Il se sentit poussé, écarté par Ryuken. L'homme laissa ensuite la place à des urgentistes qui s'occupèrent de l'ébène, l'emmenant avec eux. Ryuken le prit alors et ils suivirent en voiture l'ambulance. Ils arrivèrent à l'hôpital et là encore ce fut Ryuken qui le guida jusqu'à une salle d'attente. Il ne reprit vraiment ses esprits qu'après une gifle de son père.

-Non mais ça va pas la tête ! S'exclama-t-il.

-Il parle ! Dans mes bras mon fils !

Kuuran n'eut pas le temps de réagir qu'il était enlacé par son ours de père. Il s'agrippa à cet homme fort comme à une bouée de sauvetage. Ils restèrent ainsi un moment. Jusqu'à ce que Ryuken revienne.

-Alors ? demande Isshin.

-Son état est stabilisé, c'est tout ce qu'ils ont bien voulu me dire. Ils attendent 24h.

-Pourquoi ? demanda Kuuran.

-Pour voir s'il veut vivre.

Une chape de plomb s'abattit sur les 3 hommes. Chacun ruminait dans son coin les conséquences de ce que cela voulait dire.

-J'peux aller l'voir ? demanda Kuuran.

Ryuken hocha la tête et s'effaça pour laisser passer l'adolescent. Il le regarda entrer dans la chambre qu'il venait de quitter. Il ne pensait pas un jour que quelqu'un d'autre que lui se préoccuperait de son fils.


Que dire sur ce chapitre sinon rien d'autre que voici l'explication du prologue ! Vous vous souvenez du prologue? Bon bah voici à quoi tout nous mène !