Bonsoir à toutes et à tous.
Me revoilà après une légère absence due aux révisions. Avant que certaines ne s'en fassent la réflexion, je sais que j'ai des reviews en retard. Je me suis d'ailleurs fait une liste, qui se trouve à côté de moi, pour m'assurer de n'oublier aucune histoire, ni aucune réponse à MP. Seulement, j'ai été frustrée pendant un certain temps de ne rien pouvoir écrire, et j'avais absolument besoin de coucher cette idée sur papier, même si je ne suis pas totalement convaincue du résultat.
J'espère que vous l'apprécierez et que vous prendrez éventuellement le temps de me donner votre avis.
Disclaimer: Tous les personnages présents et cités appartiennent à Masami Kurumada.
Titre: Athena Exclamation.
Personnages: Gold Saints-Shion.
Rating: PG.
1611 mots.
PS: J'ancre cette fiction dans le canon. En effet, lors du flash back de Mû expliquant la succession de Shion après la bataille du Sanctuaire, nous pouvons voir les ors en armure à six ans. (huit pour Dite, neuf pour Shura et DM, treize pour Aioros et Saga.) Même si je trouve aussi que c'est un peu tôt, je suppose que ce n'est qu'après que les plus jeunes sont partis dans leur contrée d'entraînement respective, et que les trois intermédiaires sont eux revenus pour l'occasion.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture.
On leur a demandé de se réunir. Tous. Tous les chevaliers d'Or récemment promus, du plus ancien au dernier d'entre eux. Onze protecteurs en armure étincelante, la Balance restant ce mystère qu'aucun d'eux n'a jamais vu. Un peu inquiets, les plus jeunes s'agitent légèrement, chacun à un degré qui lui correspond; après tout, la situation a de quoi les alarmer. C'est la première fois qu'ils se retrouvent tous au même endroit. La plupart d'entre eux n'ont fait que se croiser à de brefs intervalles, et c'est à peine s'ils sont capables de reconnaître le visage des autres. Le jeune Scorpion n'est même pas certain de connaître le nom des trois chevaliers à peine plus âgés qu'eux, et qui ont pourtant l'air d'en savoir bien plus que lui. En dehors de quelques amitiés forgées entre deux entraînements et une échappatoire à une surveillance trop étroite, il est rare qu'ils se retrouvent face à face et discutent entre eux. Tellement rare qu'en cet instant, malgré la possibilité surréaliste qui leur est donnée, aucun ne songe à entamer la discussion avec son voisin. La tension est palpable, dérangeante. Ils échangent quelques coups d'œil, auxquels répondent de vagues haussements d'épaules ou des signes de dénégation. Personne n'a la moindre idée de ce qu'ils font là. Réunis dans le treizième temple, il leur a été demandé de s'asseoir, par ordre zodiacal, et d'attendre l'arrivée imminente du Grand Pope. Un murmure se propage entre eux, mélange d'anxiété et d'appréhension : en dehors de leurs deux aînés, Saga des Gémeaux et Aioros du Sagittaire, et bien évidemment de son apprenti le jeune Bélier, les autres Ors n'ont jamais rencontré leur Pope après leur arrivée au Sanctuaire. Difficile de savoir si cette convocation officielle et globale est une bonne chose, ou l'annonce imminente d'une catastrophe.
Mal à l'aise, les jeunes garçons s'efforcent de faire bonne figure, tandis que les troisième et neuvième gardiens tentent tant bien que mal de les rassurer avec un sourire confiant. Tout allait bien se passer d'après eux. Aiolia a un reniflement agacé. Lui en doute fortement : comment expliquer sinon qu'alors que leurs maîtres respectifs, qui ont jusqu'à présent limiter leurs contacts autant que possible, leur demandent aujourd'hui de se réunir en ce lieu hautement symbolique ? Alors qu'il est sur le point d'ouvrir la bouche pour protester, une vague de cosmos chaude, apaisante et rassurante se répand soudain dans la salle, balayant leurs doutes et leurs inquiétudes en l'espace de quelques secondes. Le Grand Pope vient d'entrer dans la salle. Il prend place sur le trône, à une distance moins respectable que paternelle. Derrière ce masque indéchiffrable, il est difficile de déterminer quelle est l'expression de leur chef. Mais le cosmos est là pour ça, et l'aura chaleureuse qui se dégage de la figure d'autorité semble répondre aux différentes nuances des chevaliers face à lui. Au bout de quelques secondes, après s'être assurés que les Ors sont tous parfaitement sereins, il prend enfin la parole, d'une voix ferme aux nuances vieillies et douces à la fois.
« Chevaliers, je vous ai convoqué aujourd'hui car il est nécessaire, avant que chacun d'entre vous ne parte dans son camp d'entraînement respectif pour affiner ses capacités, que vous ayez connaissance d'une technique à laquelle seuls le plus haut grade a accès. Une technique à la puissance indescriptible, d'une violence à peine imaginable, comparable à la force du Big-Bang. Une technique qui a été abolie par Athéna.
Murmures dans l'assistance. Coups d'œil troublés. Incompréhension.
-Mes excuses Monseigneur, murmure Saga à voix basse, mais je ne comprends pas pour quelle raison cette technique devrait nous être enseignée. Si Athéna l'a bannie…
-Saga… Toi entre tous, tu sais qu'il est essentiel de connaître ses propres limites en vue d'un contrôle nécessaire. Si je souhaite vous en parler, c'est moins pour l'attaque en elle-même, que pour les terribles circonstances menant à son aboutissement et ses conséquences.»
Le silence retombe entre eux. Ils retiennent leur souffle, le regard rivé sur leur figure d'autorité dont la voix fatiguée et sûre d'elle à la fois semble incarner leur univers tout entier en cet instant. Et tandis que Shion parle, expliquant les tenants et les aboutissants de cette technique répudiée, les visages se figent ou changent de couleur. Les deux aînés échangent un regard choqué, incapables de prononcer la moindre parole. Saga est abasourdi, secouant la tête comme pour nier la réalité. La génération intermédiaire resserre ses rangs. Aphrodite serre le poing. Il n'aime pas ça. Vraiment pas. Rien que d'envisager que l'un d'eux puisse perdre à jamais son rang… Non, impossible. Juste impossible. Shura verdit en s'imaginant être déshonoré aux yeux de sa déesse, tandis que Deathmask semble totalement imperméable à la situation. Shaka demeure impassible. Il est difficile de dire ce que ressent la Vierge de toute façon. Pourtant, peu à peu, son expression se fait plus sereine. Comme si lui savait quelque chose que tous les autres ignorent, comme s'il avait trouvé une vérité là où tous les autres ne voient que la mort. Une ombre de sourire triste passe sur son visage, alors qu'il pose doucement sa main sur le bras du Bélier. Le Taureau fronce les sourcils, alors qu'Aiolia serre les dents. Le Verseau redresse la tête d'un air dédaigneux. Il est purement impensable qu'il provoque la mort d'un de ses compagnons d'arme, et qu'il s'attise ainsi la haine de celle qui sert.
Pendant quelques minutes, chacun s'adonne à la réflexion, tentant de peser au fond de soi, l'horreur même de ce que cette attaque pourrait provoquer. De tout ce qu'elle symbolise. La couardise, la violence, la mort, et pire encore… la radiation de ce qui constitue leur vie toute entière. S'en prendre à leurs amis, pour ceux qui en ont ? Perdre l'essence même de leur existence pour d'autres ? Comment une telle chose serait-elle possible ? Devront-ils forcément en arriver là un jour ? Après tout, si cette technique existe, c'est parce qu'elle trouve sa justification quelque part…C'est qu'elle a été une nécessité. Que certains ont trahi. Il est donc possible de ruiner leur ordre, et tout ce qu'il incarne ? L'inconfort grandit, à mesure que la gravité de l'acte prend le pas dans leur réflexion. Jusqu'à ce que l'un d'eux ne brise la tension, incapable de retenir sa langue face à la déferlante d'émotions qu'il ressent :
« Pardonnez-moi Grand Pope, mais…
-Qu'y a-t-il, Milo ?
Le Scorpion prend quelques secondes, comme pour trouver ses mots. Pour exprimer ce dégoût qui le secoue. Il se tient, droit et fier, face à son Pope, et à ce possible futur déshonorant que ce dernier lui a exposé.
- Cela n'arrivera pas. Je refuse d'être un lâche ! Jamais je ne ferais une chose pareille ! Pourquoi voudriez-vous que je tue l'un de mes camarades ? Jamais je ne ferai de mal à Camus ! Ni à Aiolia, Saga ou Aioros ! Jamais, jamais de toute ma vie ! C'est hors de question !
Un nouveau silence, interdit chez les Ors et attendri chez le Pope, fait suite à la déclaration du Scorpion. Les chevaliers s'agitent légèrement, se regardant les uns les autres avec une émotion nouvelle et un empressement presque furieux, comme s'il devenait soudainement essentiel d'imprimer le visage de chacun dans son esprit.
Un froissement de tissu les tire de leur transe, alors que leur maître s'approche à pas mesurés, jusqu'à se retrouver face au jeune chevalier d'or. Pendant un instant, ce dernier soutient le regard vide du masque froid, refusant de céder face à la pression que lui impose cette présence. Shion sourit derrière sa protection : face à lui, le garçon a le regard qui tremble, en réponse à son cosmos furieux. Il y a une réelle incompréhension qui émane de tout son corps, conjuguée à une panique et à un dégoût évident. L'enfant est sincère. Atrocement sincère. Il lève la main droite et vient la poser sur son épaule, la serrant avec une fermeté rassurante. De nouveau, sa voix feutrée s'élève dans la salle aux échos désagréables.
-Puissent les étoiles entendre tes paroles, jeune Chevalier. Je souhaite également qu'aucun de vous n'ait un jour à en venir à une telle extrémité. Mais si cela devait arriver… N'oubliez jamais ce que vos compagnons représentent à vos yeux. Ce qu'ils ont été, et seront encore par la suite. A présent, vous pouvez en retourner à vos occupations. Disposez. »
Les onze garçons s'inclinent d'un même mouvement, avant de quitter la pièce dans un silence lourd. Malgré les paroles revendicatives de Milo, le goût amer de la technique interdite reste coincé dans leurs bouches. C'est d'un pas lourd qu'ils redescendent lentement les marches menant à leurs temples respectifs, chacun jetant des coups d'œil inquiets à l'autre. Arrivés au onzième temple, le Scorpion se retourne lorsque son ami l'appelle. Camus a l'air un peu secoué lui aussi, même si c'est imperceptible sur son expression déjà glaciale. Le huitième gardien l'interroge du regard, l'encourageant à parler. Une seconde s'écoule, avant que le français ne finisse par se décider.
« Moi non plus, Milo. » Murmure le chevalier des glaces.
Ce dernier, surpris, plonge son regard dans le sien. Son ami est sincère. Durant quelques secondes, ils échangent des promesses visuelles dont eux seuls ont le secret. Enfin, Camus rompt le contact et s'efface dans son temple.
Un coup de poing léger sur son épaule le tire de ses pensées. A ses côtés, Aiolia sourit lui aussi. Milo secoue ses boucles bleues avant de suivre son ami plus bas. Il lève les yeux vers le ciel bleu de Grèce. C'est bien : il n'est pas le seul à trouver cette histoire complètement ridicule. L'Athéna Exclamation n'a pas lieu d'exister.
Puisque tous ont la même mission : protéger leur Déesse.
