Coucou ! Me revoilà avec le chapitre 8 ! Il y a moins de péripéties que dans le précédent mais je pense qu'il est pas trop mal.

Réponses aux reviews : Ginger-Furie ( Wouah ! Tu m'as laissé une bien longue review qui me fait extrêmement plaisir. C'est vrai que ce chapitre était plein de péripéties. Je ne m'en suis rendue compte qu'après lol . On en a appris beaucoup sur Adélys, sur Jon et sur Lyanna. Je n'ai pas tout de suite pensé à faire qu'Adélys soit la soeur de Jon, mais je pense que c'est une idée pas mal. Je veux dire par là que ça rajoute du mystère. J'ai préféré changer les dernières paroles de Lyanna pour une question de contexte comme tu l'as deviné. C'était assez prévisible que Jon soit le fils de ces deux-là. J'adhère complétement à cette idée alors j'ai choisi de la respecter. Adélys n'a pas les caractéristique physique des Stark mais plutôt les caractéristique mentale. Elle ressemble un peu à sa mère autant physiquement que mentalement. Il y a juste ses cheveux et ses yeux qui sont différent. Ah, le fameux espion va faire son apparition dans ce chapitre et tu vas être... comment dire ?... pas très surprise par l'identité de cet individu. Jaime et Adélys n'ont pas finis d'être ensemble, crois-moi, mais bien entendu, elle n'oubliera jamais Jon. J'ai voulu faire une Cersei qui reste fidèle aux livres et à la série et franchement, je pense avoir réussi, à part peut-être sa manière de parler. Je pense que Viserys a une chance de rédemption, contrairement à Cersei. Peut-être pourrait-il changer pour l'amour d'une dame ou je ne sais quoi ... Moi aussi ça m'a paru impensable qu'ils ne se disputent pas. Ca m'est apparu comme une évidence. Quand Adélys est faible, triste ou autres et qu'elle le montre aux autres, ce qui est assez rare, elle s'emporte et fais des choses sans réfléchir mais ce que tu vas voir dans ce chapitre va te ravir si tu soutiens le couple Jaime/ Adélys ;). A propos du langage, je me rend compte que c'est assez courant mais je ne suis pas très familière du langage plus soutenu. Je ferais des efforts sur les chapitres suivants. Bon, j'espère avoir répondu à tes interrogations. En tout cas, si tu as des questions, n'hésite pas, que ce soit en review ou en message privé. Je te remercie de me soutenir, ça me fait très plaisir. Bisous et à bientôt ! )

LittleFlicka ( Coucou toi ! 3 Merci beaucoup pour ta review. A propos de Jaime et Adélys, je suis désolé mais elle n'aura pas vraiment le choix. Tu verras pourquoi dans ce chapitre. En tout cas, elle ne pourra jamais oublier son frère, quoi qu'il arrive. Ils se retrouveront à un moment donnée mais ce sera dans quelques chapitres. J'espère que tu t'es rétablie depuis le temps :D. Encore une fois, merci pour ta review. Ca me fait très plaisir. A bientôt !

La Plume d'Elena ( Coucou ! La voilà enfin ! J'espère que ça va te plaire et que cette suite répondra à tes interogations. Bisous et à bientôt, je l'espère ;) )

Bonne lecture. Une petite review ?

Chapitre 8 :

Le lendemain de ma conversation avec Jaime, la reine me fit demander dans sa chambre. Je ne savais pas ce qu'elle me voulait mais je ne le sentais pas très bien. J'avais bien raison...

Je me trouvais depuis quelques secondes devant la porte à essayer de deviner ce qu'elle allait me dire et trouver les réponses adéquate. Je fini par toquer quelques minutes plus tard.

- Je suis ravie de vous revoir, Adélys, sourit-elle.

Euh... Depuis quand était-elle ravie de me voir ?

- Oui... Euh... Moi aussi. Vous vouliez me voir ? Pourquoi ?

Elle reprit son air impassible habituel et me fit signe de m'asseoir sur un fauteuil près de son lit, ce que je fis. Elle s'assit également du bout des fesses en face de moi

- Pourquoi je voulais vous voir ? Dit-elle (Se demanda elle-même ou bien chercha-t-elle dans son esprit). Eh bien... Pour papoter un peu. Notre conversation de la dernière fois m'a laissé sur ma faim. J'adore votre répartie. Vous êtes l'une des seules personnes qui se fichent de mon rang et qui n'hésite pas à me menacer.

- Ravie que ça vous plaise, ma reine.

- Je n'ai pas dit que ça me plaisait... Adélys Targaryen, fille de Rhaegar et petite-fille d'Aerys.

Je me pétrifiai. Avais-je bien entendu ? Elle n'était pas censée savoir ça.

- Lorsque l'on joue au jeu des trônes, il faut vaincre ou périr, m'apprit-elle d'un ton mielleux. Vous avez trop confiance en vous. C'est pour ça que vous perdrez.

- Je n'ai pas confiance en moi. J'ai confiance en mes proches.

Un grand sourire étira ses lèvres. Si elle n'avait pas été aussi froide, elle aurait presque pu paraître normale (chaleureuse ou touchante).

- Vous parlez, bien entendu, de votre chère famille. Daenerys et Viserys Targaryen, sans oublier votre frère, Jon Snow, le fils de Rhaegar et Lyanna Stark.

Non, Jaime n'avait pas pu tout répéter à sa sœur ! C'était impossible... Comment savait-elle ça ? Je commençais à paniquer et vu sa mine réjouie, elle le voyait très bien.

- Ne soyez pas si surprise, Adélys. Je sais toujours tout. Ce qui me contrarie, c'est que Jaime n'ait pas trahi votre secret.

Ce n'était donc pas lui. Inconsciemment, je soupirai de soulagement.

- Vous êtes soulagé que votre futur mari n'ait pas révélé vos secrets ? Ma pauvre Adélys, me plaigna-t-elle avec ironie, vous allez faire quelque chose pour moi. Mais avant, expliquez-moi ce que vous avez ressenti pendant qu'il vous embrassait ? Avez-vous pensé à votre cher frère ?

La colère monta en moi comme de la lave.

- Qu'est-ce que ça peut vous faire ? Répliquai-je sèchement. Ce ne sont pas vos affaires !

- Certes, mais ce n'est pas pour moi que je pose la question. N'est-ce pas, Jon ?

Je fronçai les sourcils, pas sûr de comprendre. J'étais loin de m'attendre à ce qui allait arriver. Jon sortit de derrière le paravent de la reine et vint se planter devant moi, inexpressif. J'allais lui sourire lorsque je me souvins de ce qu'il m'avait dit.

- Rien à dire ? Demanda-t-il d'une voix froide.

Je secouai la tête. Rancunière, je n'allais certainement pas lui parler.

- J'étais prêt à venir m'excuser tout à l'heure, mais la reine m'a expliqué ce que tu as fait avec Jaime Lannister.

Oh non ! Si ce n'était pas Jaime, alors qui ?

- Qui m'a espionné ? Demandai-je à la reine.

- Moi, admit-elle. Vous auriez dû vous parler ailleurs. Les jardins sont très fréquentés.

La reine m'avait carrément espionné ! Quelle garce !

- J'ai adoré le moment où il a menacé de vous égorger avec sa lame et que vous avez sorti une dague pour la pointer sur son cœur. Au moindre geste brusque, vous vous seriez entre tuer. Bref ! Une chose m'a déplu. Vous voulez tuer Joffrey pour l'empêcher de monter sur le trône ? Ça n'arrivera jamais.

- Ne jamais dire jamais.

- Sauf si je vous tue, Adélys.

Jon se tourna vivement vers la reine et la fusilla du regard. Elle avait déjà sorti une lame et la pointait sur ma gorge.

- Un seul geste et vous êtes morte, ricana-t-elle.

J'allais répliquer lorsque la porte s'ouvrit, claquant contre le mur. Jaime Lannister entra comme une furie. Cersei me tira vers elle brusquement et plaqua sa lame contre ma gorge.

- Cersei, tu es une garce ! Comment as-tu... Qu'est-ce qui se passe ici ?

Il me jeta un coup d'oeil rapide avant de fusiller sa sœur du regard.

- Laisse-la partir ! Ordonna-t-il froidement.

- Hum... Non !

Jaime serra les dents avant de remarquer la présence de Jon. Il fronça les sourcils, intrigué par la scène qui se déroulait sous ses yeux.

- Je t'attendais, mon frère, dit Cersei à Jaime. Nous devons discuter tous les quatre.

- Avant, lâchez-la, intervint Jon, attirant notre attention.

Contre toute attente, la reine obtempéra en retirant le couteau de sous ma gorge et me poussa en avant. Je fermai les yeux, me préparant déjà à tomber mais... ça n'arriva jamais. Surprise, j'ouvris les yeux et m'apprêtait à remercier mon sauveur, sauf que j'avais deux sauveurs... qui se regardaient de travers. Jon et Jaime. Chacun me tenait d'un côté. Je me redressai à l'aide de leur épaule, profitant de ce moment pour caresser la joue de Jon tendrement et serrer la main de Jaime doucement. Évidemment, la reine ne manqua pas le spectacle.

- Bien, fit elle, Adélys, je sais tout de la conversation que vous avez eu avec mon frère ici présent (Jaime la fusilla du regard) et je pourrais très bien m'en servir contre vous.

- Tu n'es qu'une sale garce, Cersei ! S'écria Jaime, qui était visiblement en colère.

Elle balaya ses propos d'un geste de la main, alors que je me retournai vers elle.

- Que voulez-vous de moi ? L'interrogeai-je.

- Adélys, ne fais pas ça ! Répliqua Jon sans même me regarder.

- Je n'ai pas le choix !

Je me suis avancé un peu vers la reine, laissant les garçons derrière moi.

- Que voulez-vous de moi ? Répétai-je calmement.

- Ce que je veux de vous ? Ricana la reine. Je veux que vous épousiez mon frère et que Jon prenne le noir.

Ma parole, elle était devenue folle !

- Sinon, reprit-elle, je révèle tout au roi et à mon père. Ça serait dommage pour vos petits amoureux que vous soyez assassinée.

- Pourquoi voulez-vous que j'épouse Jaime ? Vous l'aimez !

- Vous n'êtes pas si intelligente finalement. Si vous épousez mon frère, qui est l'héritier de Castral-Roc, vous serez obligé d'aller vivre là-bas. Il sera bien difficile pour vous d'aider les Stark et vous ne verrez plus votre frère que vous aimez tellement. Ça sera amusant de vous voir isolé et incapable d'agir contre moi. Vous ne pourrez pas aider vos chers Daenerys et Viserys Targaryen. En clair, vous serez impuissante et vous regarderez le monde changer sans pouvoir rien y faire.

- Pourquoi faites-vous cela ? Qu'est-ce que cela vous apporterait ?

- Vous ne comprenez donc pas. Je veux juste pouvoir accomplir mes desseins sans être dérangé par qui que ce soit. Comme je vous l'ai dit, lorsque l'on joue au jeu des trônes, il faut vaincre ou périr. Vous êtes une sacrée adversaire alors je me débarrasse de vous de la meilleure façon qui soit. Êtes-vous prête à coopérer, Adélys ? Ça serait dommage que je révèle votre secret.

Je me suis tournée vers Jon, les larmes aux yeux.

- En ce moment, nous sommes dans une mauvaise passe et je pense que ça ne s'arrangeras pas, mais il faut que tu comprennes et tu comprendras pourquoi je fais ça. N'oublie jamais ces trois petits mots que je t'ai dis hier encore avant que tu ne saches la vérité.

J'embrassai doucement ses lèvres... Peut-être pour la dernière fois Je retenai les larmes qui menaçaient de couler du mieux que je pouvais et me suis tournée vers Jaime.

- Ser Jaime, j'accepte votre proposition.

Il acquiesça sans laisser paraître une seule émotion.

- Jon ne prendras pas le noir s'il n'est pas d'accord, fis-je d'un ton sec à la reine.

- Vous oubliez une chose, Adélys. Je connais son secret aussi à cause de vous. Je n'aurais aucun mal à le trahir également. Jon prendras le noir de gré ou de force.

- Vous êtes un monstre ! M'emportai-je en lui sautant à la gorge.

Elle essaya de m'éviter mais bien trop tard. Je l'attrapai à la gorge et la plaquai contre le mur le plus proche. Je sorti mon épée de sous ma robe, la maintenant toujours, essayant de l'égorger. Essayer parce que quelqu'un retint mon bras. Furieuse, je me retournai pour frapper la personne. Heureusement, je m'arrêtai à temps, mon poing à quelques millimètres du visage de Jaime.

- Pourquoi m'avez-vous arrêté, Ser Jaime ?

- Vous ne pouvez pas la tuer. C'est la reine ! Vous voulez vous faire tuer ?

Il avait raison. Je ne pouvais pas faire ça. Je lâchai le cou de la reine sans aucune délicatesse et m'éloignai d'elle, craignant de céder à ma colère et de la tuer. Après tout, ce qu'elle faisait était monstrueux.

- Jon, le choix te revient, lui fis-je. Ne te hâte pas. Il ne faudrait pas que tu regrettes ta décision.

- Je prends le noir, Adélys, et tu ne me feras pas changer d'avis. Plus rien ne me retiens ici. Lord Stark, Sansa, Arya et toi, vous quittez Winterfell. Pourquoi resterais-je ?

- Réfléchis avant. Ne regretteras-tu pas certaine chose ? Les vœux de la Garde de Nuit sont strictes. Tu ne pourras pas avoir d'enfants.

- Les bâtards n'ont pas d'enfants.

Mais... Je suis une bâtarde ! Est-ce une raison pour ne pas avoir d'enfants ?

- Ne laisse pas ton statut te pourrir la vie, lui conseillai-je.

- Je n'aurais plus de problème au mur. Mon choix est fait, Adélys.

Je soupirai longuement.

- Très bon choix, Jon, le félicita la reine.

J'ai dû me faire violence pour rester impassible.

- Je le fais parce que je n'ai pas le choix, grogna-t-il. Bon, je vais l'annoncer à Lord Stark.

La reine opina de la tête, un sourire malsain s'afficha sur son visage. Jon l'ignora royalement et quitta la pièce sans même m'adresser un regard. J'en étais attristée mais ne laissais rien paraître. Seule avec Jaime et Cersei, je me sentais mal à l'aise et à l'écart. Ils se regardaient de travers, laissant passer toute leur haine dans leurs yeux.

- Si tu savais comme tu me déçois, lâcha Jaime avec dégoût.

Elle haussa les épaules, indifférente. Pourtant, je savais très bien que ça l'avait blessé. Il s'éloigna d'elle comme si elle empestait le pourri.

- Venez, Adélys, dit-il en m'empoignant le bras. Laissons ce monstre s'éclater à pourrir la vie des gens.

J'acquiesçai, le suivant en dehors de la chambre de la reine. Il se retint visiblement de claquer la porte tellement il était furieux.

- Un jour, je la tuerais, maugréa-t-il en m'entraînant vers l'extérieur.

Nous traversâmes les jardins, croisant Sansa qui me jeta un regard surpris en me voyant en si bonne compagnie. Je lui adressai un sourire qui se voulait rassurant. Il m'emmena dans les bois sacré, où je n'avais jamais été, et nous assîmes près de l'arbre cœur.

- Il faut qu'on parle, Adélys.

Je lui fis signe de continuer.

- Je ne veux pas que vous soyez obligé de m'épouser. Si vous le faites, c'est de votre plein gré.

- Je n'ai pas le choix, Ser. Et puis, j'aurais pu tomber sur pire que vous alors je n'ai pas à me plaindre.

- Pourtant, vous ne m'aimez pas et cela ne changeras pas. Votre frère a de la chance...

- Je vous apprécie et mes sentiments pourraient changer avec le temps. Et puis... Jon va me haïr.

Il me prit la main et la serra dans la sienne.

- Pourquoi vous détesterez-t-il ? S'enquit-il.

- Pour lui, je l'ai trahi avec vous. Il croit que je me suis servie de lui.

- Adélys... Si Jon vous aime, il comprendra et vous pardonnera. Vous avez fait ça pour le protéger. Il serait bien idiot de vous en vouloir pour ça.

Il avait raison mais Jon pouvait être très têtu et obstiné. Qui sait, s'il voudra comprendre.

- Ça prendra du temps mais il comprendra, m'assura Jaime.

- Il sera trop tard ! Jon sera déjà au mur.

Il baissa la tête, me cachant son expression.

- Je sais, Adélys, mais il ne voudra sûrement pas changer d'avis.

Sûrement, oui. Je ne verrais peut-être plus jamais mon ami, mon frère, mon grand amour, mon amant. On ne pourra plus jamais être ensemble. A la Garde de Nuit, il devra faire vœu de chasteté.

- Je l'ai déjà fait changer d'avis une fois, le soir du banquet, lui appris-je en relevant sa tête du bout des doigts. Mais je crains que ce ne soit inutile cette fois-ci. J'ai perdu mon frère (mes yeux se remplirent de larmes). Je viens de le retrouver après dix-sept années dans l'ignorance de son existence, et voilà que je le perds à cause d'une reine avide de pouvoir qui voit en nous une menace. Les dieux sont tellement injustes envers moi.

- Les dieux ne récompensent que ceux qui ne le méritent pas. Ils sont injustes.

J'acquiesçai, totalement de son avis. Les dieux ne m'avaient jamais aidé. Où étaient-ils lorsqu'on a tué mes parents ? Quand Viserys m'a violé ? Quand on m'a enlevé mon enfant ? Les dieux n'en ont rien à faire de moi et de ma misérable vie.

- Peut-être devrais-je me reconvertir, fis-je. Si je deviens comme la reine, les dieux me récompenseront.

- Ne faites pas ça. Ne devenez pas comme elle. Vous êtes très bien comme vous êtes.

C'est vrai, je n'avais aucune envie de lui ressembler… Plutôt mourir, en fait.

- Quand allons-nous nous marier ? Lui demandai-je en lui offrant un petit sourire.

- Lorsque l'on sera de retour à Port-Réal, je suppose. Ensuite, on devra aller à Castral-Roc, sauf si mon père ne me cède pas le pouvoir. Dans ce cas-là, on restera à Port-Réal ou on ira ailleurs. Peu importe où nous allons, je vous suivrai.

Intéressant à savoir... Il fallait que Tywin Lannister garde le pouvoir sur Castral-Roc, mais connaissant la reine, elle fera tout pour me coincer là-bas. Quelle garce ! Si seulement je pouvais la tuer...

- Voulez-vous vraiment vous marier avec moi, Adélys ?

J'aurais préféré me marier avec Jon mais c'était impossible. Jon est mon frère.

- Oui, Ser Jaime.

- Je sais très bien que ce n'est pas ce que vous vouliez au départ, et je déteste ma sœur de vous forcez à faire des choses, mais je vous dit... Non, je vous jure, que je ne vous ferais jamais de mal. Jamais ! Peu importe ce que vous me faites ou me dites, je ne vous ferais rien.

- Je vous crois, je vous fais confiance.

Il me jeta un regard surpris.

- Pourtant, j'ai tué votre grand-père.

Effectivement, j'en avais parlé avec Tyrion et il m'avait confirmé qu'Aerys était complètement paranoïaque et qu'il brûlait souvent des personnes qu'il accusait de trahison. Il lui arrivait même de battre sa femme.

- Je comprends pourquoi vous avez fait ça, Ser Jaime. Mon grand-père était fou.

Il fronça les sourcils, étonné.

- Qui vous a fait changer d'avis ? Vous n'aviez pas l'air ravi quand je l'ai dit la première fois que nous nous sommes parlé.

- En réalité, je n'étais pas ravie mais j'ai beaucoup parlé avec Tyrion. Il m'a expliqué ce qu'Aerys a fait. Je me demande pourquoi il est devenu comme ça ?

Essayant de chercher une réponse.

- Je l'ignore.

Dommage... J'aurais bien aimé savoir. Jaime avait été si proche de mon grand-père. Peut-être pourrait-il m'apprendre quelques choses...

- Que pouvez-vous m'apprendre sur mon grand-père, Ser Jaime ?

- Il n'a jamais aimé sa femme, qui était également sa sœur, et c'était réciproque. Son père l'a obligé à se marier avec elle à cause d'une histoire de «prince qui fut promis».

- Quoi ?!

«Le prince qui fut promis» est un qualificatif donné à la réincarnation d'Azor Ahai, le guerrier de la lumière et le fils du feu, que semblent attendre les prêtres rouges de R'hollor. Les prophéties sur cette réincarnation parlent d'un lieu environné de fumée et de sel, une étoile sanglante ainsi que le réveil des dragons issus de la pierre. Lorsqu'une sorcière des bois prophétisa à Jaehaerys II, le père d'Aerys, par conséquent mon arrière-grand-père, que le «prince qui fut promis» naîtrait de sa lignée, il ordonna à son fils d'épouser sa sœur pour accomplir la prophétie.

- Je ne connais pas cette histoire de prince, s'excusa Jaime.

- Inutile, je la connais.

L'étonnement se lit sur son visage. Il me poussa d'un geste à lui expliquer. Je lui appris tout ce que je savais sur le sujet.

- Donc, «le prince qui fut promis» est vous, Daenerys, Viserys ou Jon.

Je consenti vivement.

- Vous savez donc comment les Targaryens vont reprendre Westeros...

- Oui, ser Jaime, je le sais.

Je me rapprochai de lui, veillant à ce que personne ne nous voit et puisse entendre ce que j'allais lui révéler.

- La guerre n'est pas au sud mais au nord. Si les Targaryens veulent reconquérir le trône, il leur faudra déjà protéger Westeros d'une grande menace : les marcheurs blancs. Sinon, cela ne sert à rien. A quoi bon régner sur des cadavres ?

- Les marcheurs blancs ? On n'en a pas vu depuis la Longue Nuit, il y a 8000 ans !

La Longue Nuit est l'époque durant laquelle se déroula un hiver rude comme on n'en avait jamais vu. Le soleil fut invisible durant toute une génération. La famine ravageait toute la population, y compris les nobles. C'est alors que les Autres (les marcheurs blancs) apparaissent pour la première fois. Ils furent battus à la bataille de l'Aube, où naquit l'ordre des frères noirs, qui firent reculer les Autres dans leurs enfers de glace, au-delà du mur. La Garde de Nuit fut fondé à cette époque, comme la maison Stark.

- Ser Jaime, l'hiver vient et il sera tout sauf clément. Qui sait s'il ne durera pas une génération comme il y a 8000 ans ? Nous avons eu un long été alors un long hiver n'était pas impossible. Les Stark sentent ce genre de choses. Ils sentent quand l'hiver vient et il arrive.

- Oui, mais cela ne veut pas dire qu'il y aura des marcheurs blancs.

Bon sang, il ignorait plein de choses !

- Les frères de la Garde de Nuit peuvent répondre à votre question, Ser. Il y a de plus en plus de témoignages qui prouvent que les marcheurs blancs reviennent. Avant de me faire attaquer par un sombre-loup et d'arriver à Winterfell, je me rendais au mur. Je venais en reconnaissance parce que j'avais entendu parler de ces témoignages. Je suis sûre et certaine qu'ils n'ont pas mentis. Dès que je le pourrais, je me rendrais au Mur pour voir de mes propres yeux. Si nous le pouvons, bien sûr.

- Après notre mariage, nous irons au Mur si vous le voulez. Tyrion viendra sûrement avec nous, il a toujours voulu voir le Mur.

J'opinai distraitement, essayant de me rappeler ce qui pouvait tuer les marcheurs blancs.

- Où pouvons-nous trouver du verredragon et du feu grégeois ? M'enquis-je.

- Du verredragon, je l'ignore, mais il me semble qu'il y a du feu grégeois à Port-Réal. C'est même certain, en fait, parce qu'il y a des pyromants.

Intéressant...

- Parfait, soufflai-je avec un sourire satisfait, le feu tue les marcheurs blancs, lui expliquai-je en le voyant froncer les sourcils.

Il hocha la tête.

- Il faudra que...

Un bruit attira mon attention. Quelqu'un venait ! Je me levai précipitamment, faisant signe à Jaime de me suivre. Je l'entraînai vers les arbres et le plaquai contre l'un d'eux, posant un doigt sur ses lèvres, l'intimant au silence. Doucement, j'approchai mes lèvres de son oreille.

- Ne faites aucun bruit, fis-je tout bas.

Je me reculai pour le voir hocher la tête. J'ai alors retiré mon doigt et regardai l'endroit où nous étions quelques minutes auparavant. Le roi et Lord Stark se promenaient tranquillement en papotant. Me rappelant un détail. Bon sang, comment allais-je annoncer à Lord Stark que j'avais accepté la proposition de Jaime ? Rien qu'en y pensant, j'en frissonnais d'effroi.

- Mais c'est l'épée d'Adélys ! S'exclama la voix de Lord Stark en passant à l'endroit où nous étions précédemment.

J'ai tapoté ma robe à la recherche de mon épée mais... Rien ! Bon sang, je l'avais faites tomber ! Indigné contre moi-même, je me tapai le front. Jaime sourit face à la situation et surtout en me voyant faire ce geste.

- Elle a dû l'oublier.

Soudain, une idée me vint. J'approchai mon visage de Jaime.

- Restez-là, chuchotai-je, je reviens mais surtout, ne bougez pas.

Il opina derechef . Quittant Jaime, je m' approchai de Lord Stark et du roi.

- Lord Stark ! Votre majesté ! Les interpellai-je en émergeant des arbres.

Ils se tournèrent de concert vers moi, surpris.

- Je... J'ai oublié mon épée, m'expliquai-je en piquant un fard magistral.

Le roi sourit alors que Lord Stark me tendit mon épée.

- Une bien belle épée, commenta le roi. Elle est en acier valyrien ?

- C'est exact. On me l'a offert à mon onzième anniversaire.

Oh non ! Je venais de faire une gaffe. J'avais dit avoir été élevée par des paysans et des paysans ne peuvent pas s'offrir une épée en acier valyrien.

- J'ai passé quelques temps à Essos durant mon enfance et un noble s'est pris d'affection pour moi. Lorsque j'ai dû repartir, il m'a offert cette épée.

Le roi opina de la tête, l'air pas très convaincu.

- Quand aurons-nous l'occasion de discuter ensemble, Adélys ?

- Quand vous voulez, votre majesté.

- Maintenant ?

- Si vous le souhaitez.

Un grand sourire étira ses lèvres et il jeta un regard à Lord Stark qui hocha la tête et s'en alla.

- Bien, souffla le roi. Je suppose que tu as eu connaissance de la demande de mariage du Régicide...

- Oui, c'est exact. Et j'ai ouï dire que vous ne seriez pas contre.

- Oui, admit-il, une alliance avec les Lannister pourrait être bénéfique aux Stark. Je suis prêt à libérer le Régicide de ses vœux.

Voilà qui ravirait Tywin Lannister... Il ne voulait pas que Tyrion soit l'héritier de Castral-Roc.

- Acceptes-tu de te marier avec lui ?

- J'ai déjà accepté sa proposition.

Il me jeta un regard étonné. Il n'avait jamais pensé que j'accepterais aussi vite.

- Parfait. Ma femme ne t'a pas importuné, j'espère ? J'ai entendu dire qu'elle t'avait parlé à deux reprises.

- Hum... Non. Elle est... charmante.

- Ne me mens pas, jeune fille.

J'e baissai la tête, honteuse. Il éclata de rire.

- Ma femme n'aime pas les rivales, surtout si celles-ci sont plus belles qu'elle, ce que tu es assurément. Tu ressembles tellement à ma Lyanna.

Bon sang, tout le monde me le disait ! Était-elle ma mère ou pas ? Ça m'énervait de ne pas savoir.

- C'est ce qu'on dit et d'après ce que j'ai vu, c'est vrai, admis-je, j'aurais aimé la connaître. Elle semblait tellement forte.

- Elle l'était. Je pense souvent à elle. Tout le temps, même.

Il était tellement amoureux d'elle. Seulement, ce n'était pas réciproque...

- Qui est ta mère ? M'interrogea-t-il.

- Je l'ignore, votre majesté. Personne ne semble vouloir ou pouvoir me le dire.

- C'est bien dommage. J'aurais bien aimé savoir. Ned refuse de me le dire. Jon est votre frère, c'est tout ce que je sais.

J'étais rassuré qu'il ne sache que ça. Je ne voulais pas qu'il sache mon identité. Il détestait les Targaryens alors qui sait ce qu'il ferait s'il savait qui j'étais.

- C'est tout ce que je sais également, mentis-je.

Je semblai convaincante puisqu'il me crut. Ouf !

- D'où vient ce collier ? Me demanda-t-il en désignant le collier de mon père.

- Lord Stark me l'a offert.

Sceptique, il me dévisagea de ses yeux perçants. Pas le moins du monde déstabilisé, je lui souris.

- Que sais-tu des Targaryens, Adélys ?

- Je sais que leur emblème est le dragon et leur devise est « feu et sang». Ils ont régnés pendant presque 300 ans avant la rébellion pendant laquelle Aerys fut assassiné, tout comme Rhaegar, sa femme et ses enfants. Je sais que Rhaegar aurait enlevé Lyanna Stark et qu'il l'aurait violé.

Ce qui fut faux, bien entendu.

- Tu ne me dis pas tout ?

Oh, bon sang !

- Je sais qu'Aerys était marié avec sa sœur, ajoutai-je. Je sais beaucoup de chose sur la conquête. Vous voulez que je vous raconte ?

- Non, non. Je connais l'histoire. Mais tu en sais plus que tu ne le dit. Tu as un rapport avec eux, je le sens.

Je tressaillis. Il allait me faire craquer s'il continuait comme ça et je ne pouvais pas me le permettre. J'étais forte alors je ne devais pas craquer. J'étais forte !

- Vous...

- Adélys, vous me faites languir ! S'exclama une voix derrière moi.

Je me retournai d'un coup, me retrouvant face à Jaime.

- Que faites-vous...

Il m'interrompit en posant son doigt sur mes lèvres.

- Majesté ! Salua-t-il le roi.

- Régicide !

Encore ce surnom !

- Je vous le répète, Majesté, je n'ai rien à voir avec les Targaryens, lançai-je au roi.

- Bien, nous nous reparlerons, je l'espère. Bonne journée, Adélys.

Avec un petit sourire, il s'en alla, me laissant seule avec Jaime à qui il n'accorda aucun regard. Ils ne s'aimaient pas beaucoup apparemment.

- Merci beaucoup, fis-je à Jaime en lui offrant un sourire reconnaissant.

- J'ai vu qu'il vous mettez la pression alors j'ai décidé d'intervenir.

Il avait bien eu raison. J'aurais sûrement craqué. Quelle imbécile je suis !

- Quoi qu'il arrive, ne dites jamais qui je suis réellement, Jaime... hum... Ser Jaime.

Il sourit lorsqu'il remarqua que j'ai omis son titre. Après tout, il omettait mon titre aussi. Normalement, il devrait m'appeler «Lady Adélys» ou «Ma Dame» au lieu de simplement dire mon prénom.

- Je vous promets sur ma vie de ne rien dire, ma Dame.

Il a lu dans mes pensées ou quoi ? C'est dingue !

- Il y a un banquet ce soir, me dit Jaime. M'y accompagnerez-vous ? La dernière fois, vous étiez introuvable alors je n'ai pas pu danser avec vous.

Oui, la dernière fois... J'étais avec Jon en train de faire des choses qui ne devrait pas arriver entre frère et sœur.

- Je viendrais volontiers avec vous, acceptai-je.

Il sourit... et m'embrassa. A peine deux secondes, ce qui ne me laissa pas le temps de me demander si je devais répondre ou pas. J'étais assez surprise, il fallait l'admettre.

- Excusez-moi, Adélys, j'en avais très envie.

J'éclatai de rire en voyant son air sérieux. Il avait vraiment envie de m'embrasser, ma parole ! Peut-être pourrais-je lui faire plaisir ? En plus, il serait bientôt mon mari. Mon mari... Rien que d'y penser, j'en avais des frissons. Pourtant, j'avais envie d'appartenir à quelqu'un. J'avais terriblement envie d'avoir des enfants, en espérant pouvoir revoir ma douce Elaenna un jour. Rien qu'imaginer avoir des enfants avec Jon ou Jaime... Ça serait extraordinaire.

- Jaime… Embrassez-moi, demandais-je spontanément.

Il fronça les sourcils, stupéfait. J'ai pris ses joues en coupe et fixai mes yeux dans les siens.

- Embrassez-moi ! Répétai-je impatiente.

Il ne se fit pas dire deux fois. Il se jeta sur mes lèvres avec une certaine impatience, me renversant sur le sol. Ses mains se mirent à parcourir mon corps, pour finalement se placer sur ma taille. Il me colla à lui alors que je passais mes bras autour de son cou. Nous amplifiâmes le baiser tout en passant doucement nos mains sous nos vêtements. Jaime caressait mes jambes lorsqu'un petit cri de douleur lui échappa. Il retira précipitamment sa main de sous ma robe et regarda sa main blessé.

- Vous avez toujours une arme sur vous, comprit-il avant de porter sa main à ses lèvres pour sucer le sang.

- Je suis désolée. J'ai toujours mon épée, ma dague et un poignard sur moi.

Il sourit, montrant que tout allait bien. Le sang qu'il avait sucé, lui recouvrait à présent ses dents et ses lèvres, rendant la scène assez glauque. Je le repoussai un peu afin que nous puissions nous asseoir. Je pris sa main blessé dans la mienne. L'entaille qu'avait fait une de mes lames était assez profonde. Je déchirai un morceau de ma robe sous les yeux ébahi de Jaime et je l'appliquai sur sa main pour en faire une sorte de pansement. Le tissu s'imbiba de sang presque immédiatement. Il me remercia.

- Vous n'êtes pas vraiment comme les autres femmes, Adélys.

- Est-ce mal ?

- Non, au contraire. Vous n'êtes pas le genre de femme qui se laisse marcher dessus et vous savez vous défendre. Ce n'est pas quelque chose de commun. Vous pouvez facilement rivaliser avec un homme et vous maitrisez les choses qu'une dame doit savoir. Je suis obligé de vous admirer.

Un sourire m'échappa.

- Vous savez, Ser Jaime, je ne suis pas la seule. Il y a Lyanna Stark, réputée pour son maniement des armes, son courage et sa beauté, et la petite Arya, qui refuse d'apprendre ce qu'est d'être une dame et qui veut absolument savoir manier une épée.

- Oui, mais vous êtes la plus intéressante.

Je n'étais pas convaincu. Pour moi, la plus intéressante était Lyanna Stark.

- Avez-vous déjà vu Lyanna ? Lui demandai-je avec une certaine curiosité.

- Bien sûr. Au tournoi de Harrenhal. Elle était très remontée contre quelqu'un. J'ignore de qui il s'agissait. J'ai voulu le savoir et elle m'a carrément dit de me mêler de ce qui me regarde. J'étais très étonné qu'une fille de 14 ans me dise ça. Elle semblait si innocente. Pourtant, elle avait un tempérament de feu. Il me semble l'avoir vu une fois à la cour du roi Aerys un peu avant la rébellion.

Elle devait être enceinte à ce moment-là.

- Comment était-elle ? L'interrogeai-je vivement.

- Elle avait grossi. Beaucoup même.

Elle était enceinte de Jon et peut-être de moi.

- Avez-vous quelque chose qui pourrait me conforter dans l'idée qu'elle est ma mère, Ser Jaime ?

Il secoua la tête. Ma lueur d'espoir s'éteignit.

- Je n'ai eu que trop peu l'occasion de la voir. Je suis désolée de ne pas pouvoir vous aider.

Je baissai la tête, un peu déçue. Jaime m'entraîna dans une tendre étreinte.

- Vous trouverez qui est votre mère, m'assura-t-il d'un ton confiant.

Je l'espérais de tout cœur. Je voulais à tout prix connaître mon identité.

- Je vous aiderai, ajouta-t-il alors que l'on se séparait.

Il me caressa doucement les cheveux avant de m'embrasser rapidement.

- Nous devrions aller nous préparer pour ce soir, me dit-il.

Il m'aida à me relever et me serra contre lui un court moment.

- A tout à l'heure, ma belle Adélys.

Nous nous séparâmes pour rejoindre le château. Je pensai à Daenerys. Où était-elle et que faisait-elle ? J'aurais tant voulu la voir, rien qu'une minute. C'était impossible, hélas. Ma famille me manquait terriblement. Même Viserys et son fichu caractère.

Une fois dans les couloirs du château, je pressai le pas pour rejoindre plus rapidement Lady Stark qui m'avait proposé de nous préparer ensemble avec Sansa. Je ne mis que quelques minutes pour atteindre la chambre de Sansa.où elle m'attendait avec sa mère.

- Chouette coiffure, Adélys, se moqua Sansa.

Je passai mes mains dans mes cheveux complètement emmêlé. Quel désastre ! Elle me jeta un regard lourd de sous-entendu.

- Ce n'est pas ce que tu crois, rétorquai-je. Enfin, si j'ai bien compris ce que tu crois...

Elle me fit un petit sourire narquois alors que j'entrai dans la pièce.

- De quoi parlez-vous, les filles ? S'enquit Lady Stark, confuse.

- Adélys était avec Jaime Lannister, aujourd'hui.

- Sansa ! M'écriai-je, offusquée.

Elle sourit gentiment avant de disparaître derrière un paravent.

- As-tu accepté sa demande en mariage ? Me demanda Lady Catelyn, assez soucieuse.

Hum... Comment lui dire ça ?

- Oui. La reine m'a... conseillé de le faire. Une alliance avec les Lannister ne peut se refuser.

Elle acquiesça avant de me tendre la robe que Sansa m'avait faite. Elle était bleu nuit avec une ceinture qui marquait la taille et des manches amples. Magnifique. Je l'ai prise et caressai le tissu délicatement.

- Comment est-il avec toi, ce Jaime Lannister ? M'interrogea Catelyn, inexpressive.

- Il est très charmant. Je ne m'attendais pas à ce qu'il soit si... gentleman et encore moins à ce qu'il demande ma main.

- Et pour Jon ?

- Euh... Je … Jon est... C'est mon frère, balbutiai-je.

Elle écarquilla les yeux. Elle ne s'attendait sûrement pas à ça. Je pouvais facilement la comprendre.

- Et puis, ajoutai-je, il me déteste maintenant. La reine m'a espionné alors que je parlais avec Jaime et elle a tout raconté à Jon. Maintenant, elle sait nos secrets et elle m'oblige à me marier avec son frère, et Jon, à prendre le noir, sous peine de tout dire au roi.

- Qui es-tu exactement ?

- Qui je suis ? Je suis Adélys Targaryen, fille de Rhaegar Targaryen et probablement de Lyanna Stark.

Je n'avais jamais vu Catelyn aussi choquée.

- Je comprends mieux la ressemblance alors, finit-elle par dire après un temps.

Avec qui ? Rhaegar ou Lyanna ?

- Tu ressembles tellement à Lyanna.

Voici la réponse.

- Tout le monde me le dit, souris-je.

Sansa sortit au même moment. Splendide, comme toujours. Sa robe violette la mettait en valeur. Il ne fallait pas être devin pour deviner qu'elle voulait plaire. A Joffrey, bien sûr. Si tout allait bien, Sansa se marierait avec lui.

- Tu es magnifique, m'exclamai-je en la faisant tourner sur elle-même.

Flatée, elle sourit. A mon tour, je passai derrière le paravent pour enfiler ma robe. Le tissu était tellement agréable sur ma peau. Je ne savais pas quel était cette matière mais je l'adorais. Une fois habillée, je sorti sous les yeux ébahis des deux Stark.

- Passons à ta coiffure, Adélys, me fit Sansa après tout une série de compliments.

Je me suis assise face à la coiffeuse de Sansa et elle commença par me brosser délicatement les cheveux alors que Lady Stark alla s'habiller à son tour. Elle tressa mes long cheveux qu'elle ramena en chignon, tout en laissant deux mèches pendre à chaque côté de mon visage. Seule un rouge à lèvre rose me servit de maquillage. J'étais magnifique.

- Adélys, peux-tu aller voir si les garçons se préparent correctement ? Me demanda gentiment Lady Stark. La dernière fois, tu as fait des miracles sur eux.

J'acceptai, bien évidemment. Lady Stark me remercia chaleureusement avant que je ne quitte la pièce. Je couru à travers le château pour rejoindre le plus vite possible l'étrange salle de la dernière fois. La porte était ouverte alors je me permis d'entrée, la refermant derrière moi.

- Bon, les garçons, vous avez à vous préparer tout de suite.

Robb, Jon et Theon se tournèrent de concert vers moi, torses nus encore une fois.

- Qu'est-ce que tu fais là, toi ? Dit Jon d'un ton assez froid.

Je le regardai, abasourdi.

- Jon, qu'est-ce qui t'arrive ? S'enquit Robb, les sourcils froncé, excuse-toi, voyons.

- Laisse, Robb, répliquai-je en réprimant une forte douleur à mon cœur, Lady Stark m'a demandé de vous rendre présentable, expliquai-je à Jon en usant d'un ton sec, je compte le faire, que tu sois d'accord ou pas.

Robb et Theon me jetèrent un regard intrigué alors que Jon soupira bruyamment avant de s'asseoir sur une chaise.

- Bien, soufflai-je. Qui passe en premier ? Ne m'obligez pas à sortir mon épée, fis-je en voyant personne bougeait.

Theon attrapa ses vêtements et passa derrière le paravent. Robb m'attrapa le bras et nous fîmes sortir de la pièce.

- Que se passe-t-il avec Jon ? M'interrogea-t-il.

Bon sang ! Je n'avais pas envie d'en parler.

- Accouche, Adélys.

Son ton était plus impatient.

- Écoute, Robb. Jon me déteste. Il me déteste parce que je vais me marier avec Jaime Lannister et pas lui.

- Bon sang, mais pourquoi ? Vous vous aimez ! Ça se voit.

- C'est mon frère !

La bouche de Robb s'ouvrit comme un four à mon plus grand amusement.

- Je vois... Raconte-moi tout.

Je lui ai alors détaillé sur tout ce qui s'était passé depuis mon arrivée à Winterfell. Il m'écouta attentivement sans jamais m'interrompre.

- Donc Jon est un Targaryen, souffla Robb, déconcerté.

J'acquiesçai.

- Jon n'est pas mon frère mais mon cousin, alors. Toi aussi, peut-être.

- Exact. Je cherche encore l'identité de ma mère.

Il hocha la tête distraitement avant d'entrer à nouveau dans la pièce. Je le suivis. Theon m'attendais au milieu de la pièce avec impatience. Apparemment, Robb et moi avions discutés pas mal de temps parce qu'ils étaient tous prêts sauf Robb. Ce dernier alla directement derrière le paravent. Je passai en revue la tenue de Theon, en arrangeant les plis de sa chemise puis en fermant quelques boutons. Ensuite, j'ai voulu faire de même avec Jon mais il refusa que je le touche. J'en fus extrêmement blessé mais je ne laissai rien paraître. Robb sortit juste après et je n'ai eu qu'à le coiffer un peu. Une fois tous prêts, nous avons quittés la pièce en silence. Lady Stark s'engagea dans le couloir au même moment. Gracieuse dans ses mouvements, elle vint à ma rencontre avec un grand sourire aux lèvres.

- Merci, Adélys.

Je lui répondu par un signe de tête respectueux.

- Allons dans la salle de réception. La fête va bientôt commencer.

Nous suivîmes Lady Stark jusqu'à la salle où le banquet en l'honneur de la famille royale a eu lieu la dernière fois. Lord Stark, Sansa, Arya, Bran, Rickon et toute la famille royale s'y trouvaient déjà. Quand je dis «famille royale», je désigne le roi Robert, la reine Cersei, Joffrey, Tommen, Myrcella, Jaime et Tyrion. Ce dernier me fit le baisemain. Ensuite, il me fit signe de me baisser pour être à sa hauteur.

- Ma sœur m'a dit qui tu es, me souffla-t-il dans l'oreille.

Je me pétrifiai sur place.

- Ne t'inquiète pas, je ne dirais rien à personne. Je t'aime bien.

Rassurée, j'esquissai un sourire.

- Merci, Tyrion. C'est réciproque.

Je me relevai en regardant autour de moi pour voir si quelqu'un nous avait entendus. La reine nous regardait, intrigué. Je l'ignorai royalement, rejoignant la table où s'installaient Robb, Theon et Jon. Je m'assis à côté de Robb.

- Une bière ? Me proposa-t-il.

J'acceptai volontiers. Il me tendit une chope pleine. Je le remerciai avant de la vider à moitié.

- Wouah ! S'exclama Robb, doucement... Elle est plus forte qu'elle n'y paraît cette bière.

- Je sais, mais j'en avais besoin.

- Je veux bien te croire, soupira-t-il en jetant un coup d'œil discret à Jon qui fixait sa chope.

Je soupirai longuement avant de finir ma chope cul sec. J'interpellai la servante pour qu'elle approche.

- Remettez-moi en une.

Elle hocha la tête et partit.

- Vas-y doucement quand même, me conseilla Robb.

J'haussai les épaules.

- J'ai besoin d'être un peu plus détendue, lui affirmai-je, sinon, je crois que je vais tuer quelqu'un, ajoutai-je en jetant un coup d'œil à la reine.

Robb suivit mon regard et comprit immédiatement là où je voulais en venir. La servante vint avec ma bière qu'elle posa devant moi. Je la remerciai avant de boire une gorgée.

- Mummm. Ca fait du bien. Bon, les gars, je vais danser !

Je quittai la table après avoir bu une autre gorgée. Je rejoignis la table royale où le roi, la reine, Lord Stark, Catelyn Stark, Joffrey et les autres enfants de la reine et Jaime étaient. Bien entendu, j'allais demander à Jaime de danser avec moi.

- Ser Jaime, m'accorderiez-vous une danse ? Souris-je en arrivant en face de lui.

Toute la tablée guetta la réaction de Jaime qui me fit un sourire charmeur. Il se leva, me prit la main et me fit tourner sur moi-même. Il portait le bout de ma robe que j'avais utilisé pour faire un pansement à son poignet. Il l'avait nettoyé donc il n'y avait plus de sang. Heureusement, parce que ça aurait été un peu bizarre. Il m'emmena sur la piste de danse, plaça ses mains sur ma taille et m'entraîna dans une danse incroyable. Il était doué, très doué.

- Comment ça se passe avec Jon ? S'enquit-il.

- Pas très bien. Il ne veut rien avoir à faire avec moi. Il me déteste. Tout à l'heure, il m'a parlé assez froidement.

- Je suis désolé, Adélys.

- Ce n'est pas de votre faute. C'est de la mienne. Je suis une idiote.

- Vous n'êtes pas une idiote. Vous êtes éloquente, sournoise, maligne, sensible, intelligente et magnifique.

Flattée, je souris, les joues légèrement rosé. Il m'embrassa pendant l'espace d'une seconde puis il me fit tourner sur moi-même à nouveau. Contre toute attente, il me lâcha et me retrouva dans les bras de Robb avec qui je dansai durant 3 chansons puis passa à Theon, Lord Stark, le roi et même Joffrey, à ma plus grande surprise. Jaime a tenu à danser avec moi à nouveau. J'acceptai, bien évidemment. Au fil de la soirée, chaque femme échangeait son cavalier avec moi et ainsi de suite. A un moment et à ma plus grande surprise, je me retrouvai à danser avec Jon. Il était surpris lui aussi mais il ne décrocha pas un mot. J'ai donc dû briser le silence.

- Tu comptes ne pas me parler jusqu'à ce que nous soyons tous deux morts et six pieds sous terre ?

- Je l'ignore.

Sa voix n'exprimait aucune émotion.

- Je t'en prie, Jon. Ne m'en veux pas. Je n'ai pas eu le choix.

- On a toujours le choix.

Il me planta au milieu de la piste. Vexée et frustrée, je reparti vers ma table où j'ai bu d'un trait le reste de ma bière puis je sorti dehors en emportant la chope de Jon. Je m'assis sur le sol près de la porte et bu une petite gorgée en contemplant les étoiles. J'adorais faire ça quand j'étais à Essos. Ça me détendait. J'aimais surtout relier les étoiles pour en faire des formes. La plupart du temps, je voyais un dragon ou un loup. Ce soir-là, je voyais un dragon qui crachait des flammes.

- Adélys, qu'est-ce que tu fais là ?

C'était Tyrion.

- Je m'isole un peu pour picoler, lui répondis-je en lui montrant ma chope, et toi ?

- Ma sœur m'énerve alors je prends l'air.

Sa sœur aimait lui mener la vie dure. Je trouvais ça extrêmement méchant.

- Tu en veux un peu ? Lui proposais-je en tendant ma chope.

Il opina de la tête, me prit la chope des mains et bu une longue gorgée.

- Merci, dit-il en me la redonnant.

J'ai bu le reste d'un trait. Me procurant un sentiment de plénitude.

- Tu m'impressionnes, s'exclama le Lutin.

Je commençais à ressentir les effets de l'alcool. Mon cerveau semblait recouvert d'un voile. C'était assez étrange comme sensation.

- Tu n'as jamais vu une femme boire, Tyrion ?

- Si, mais jamais de cette façon. Tu bois comme un homme, rit-il.

Je le rejoints dans son hilarité. Il n'avait pas tort.

- J'aime boire comme un homme. Surtout la bière et certains vins. Les meilleurs viennent de Dorne. Les Martell ont de la chance. Ils peuvent en déguster été comme hiver grâce à leurs réserves.

Oui, l'alcool commençait sérieusement à me monter à la tête. Ça faisait bien rire le Lutin.

- Nous devrions rentrer, chère Adélys. Mon frère doit se languir de toi.

Je me rangeai à son avis en m'aidant d'un mur pour me remettre debout. Tyrion se moqua de moi en m'entraînant vers la salle. Il m'emmena jusqu'à ma table où Jon, Robb et Jaime étaient et m'obligea à m'asseoir. Il prit la chope de Jaime et me la passa.

- Continue à boire comme un homme, c'est sympa, sourit-il.

Nous éclatâmes de rire sous les yeux ébahis de la tablée.

- Pas de problème, rétorquai-je avant de boire à nouveau ma bière d'un trait.

Je faisais fort quand même, mais j'oubliais mes problèmes.

- Euh... Adélys, tu vas finir bourrer, intervint Robb en regardant attentivement mon visage.

Tyrion s'installa à mes côtés, partageant un regard complice avec moi.

- Je n'en ai rien à faire, répliquai-je vivement, Tyrion, dis-je à son intention, tu en veux une ?

- Avec plaisir.

Je rappelai la servante et elle nous amena nos consommations très rapidement.

- Bon, les gars, vous parliez de quoi pendant mon absence ? Les interrogeai-je en regardant leur mine bizarre.

- On discutait à propos... du mur, me répondit Robb.

Il mentait très mal. Qu'essayaient-ils de me cacher ?

- Ne me mentez pas, les gars. J'ai peut-être un petit coup dans le nez mais je ne suis pas une imbécile.

Robb se mordit les lèvres violemment et les deux autres détournèrent le regard.

- Vous vous menaciez, devinai-je sans difficulté.

Leurs regards interloqués me confirmèrent mes propos.

- Ne faites plus ça, les gars, soupirai-je en les regardants tours à tour.

- Tu es une Stark maintenant, me rappela Robb. Les Lannisters sont nos ennemis alors je prévenais Jaime de ce qui lui arriverait s'il te faisait du mal.

Les deux Lannisters présents se renfrognèrent. Il y avait de quoi. Robb allait trop loin.

- Le passé est le passé, dis-je à l'ainé des Stark, ne juge pas les gens pour leurs erreurs commises avant et/ou celles de leurs parents. Pas sans les connaître, Robb.

Il obtempérait sans pour autant s'excuser auprès de Jaime et Tyrion.

- Quel est ton rôle à toi ? Demandai-je à Jon, qu'as-tu fais ?

- Je n'ai fait qu'écouter.

J'avais du mal à y croire. Il n'avait même pas osé me regarder. Mon cœur se serra. Il fallait que je fasse quelque chose pour arranger cette situation insupportable.

- Jon, tu... Tu es un imbécile !

Il porta son attention sur moi, stupéfait.

- Je te demande pardon ?

- Tu m'as très bien comprise. Tu es un imbécile ! Tout ce que je fais, c'est pour toi et tu m'ignores pour ça ? Je n'ai jamais voulu être confrontée à cette situation. Non, laisse-moi parler ! Tout ce que je voulais, c'était profiter de ma nouvelle vie sans être persécutée par mon oncle. Crois-tu que je savais qu'une reine avide de pouvoir me contraindrait à faire des choses par le chantage ? Je n'ai jamais voulu ça. Je suis venue à Westeros pour être libre et reprendre ce qui appartient à ma famille et me voilà coincée. J'en ai ma...

- Que veux-tu que je te dise, Adélys ?

- Ce que... Ahhh ! Tu veux savoir pourquoi je n'ai pas voulu t'épouser ?! Un jour, je serais peut-être reine des sept couronnes, s'il arrive malheur à Viserys et Daenerys. Si cela arrive, il faut conclure des alliances, des mariages. C'est le seul moyen d'avoir un royaume uni, tu le sais très bien. Au fond, la reine m'a fait une faveur. (Je regardai Jaime). N'y voyez pas une insulte, ser Jaime.

Il haussa les épaules. J'ai reporté mon attention sur Jon mais il avait quitté la table et se dirigeait déjà dehors.

- Quel tête de mule! M'exclamai-je furieuse.

- Je te le fais pas dire, souffla Robb.

Il fallait que je lui fasse entendre raison avant que je ne parte, ce qui allait bientôt arriver. Je ne pouvais pas partir comme ça alors qu'il me détestait. C'était peut-être la dernière fois que je le verrais de toute ma vie.

- J'ai compris que la moitié de votre conversation, intervint Tyrion. Qu'as fait ma sœur... encore ?

- Elle connaît mon identité et s'en sert pour m'obliger à faire des choses. Jon doit prendre le noir et je dois me marier avec Jaime.

- Quel garce! Je connais un de ses secrets si vous voulez...

Oh, intéressant. Je le poussais à continuer.

- Elle a une relation avec le servant du roi, qui est, je le rappelle, un Lannister aussi, nous apprit-il, Lancel Lannister pour être exact.

- Comment l'as-tu su ? Sourit Jaime en jetant un regard noir à sa sœur.

- Je n'ai eu qu'à le soudoyer un peu.

Il était très malin. Une qualité que j'appréciais chez les gens. J'avais maintenant un moyen de pression contre la reine. L'infidélité et l'inceste sont punis par la décapitation. Mais, j'y pense... Comment Jaime avait-il échappé à l'écartèlement ? Je veux dire, un régicide est puni de cette manière. Je lui poserais la question plus tard.

- Bravo, mon frère, le félicita Jaime. Tu viens de donner à Adélys un moyen d'échapper à ma sœur. Enfin, j'espère... Elle serait capable de tout dire au roi et ajouter que ce qu'Adélys va lui révéler est faux. En tout cas, tu as l'avantage de ressembler à Lyanna, me dit-il avec un sourire. Malgré toutes ces années, il l'aime encore alors il te préférera à Cersei. C'est certain.

C'était une assez bonne idée mais... une seconde ! Jaime m'avait tutoyé. Une première !

- Seulement, le roi refusera de me croire, répliquai-je, il sait que je cache quelque chose. Il le sent. Je ne suis pas digne de confiance. Il est trop tard de toute façon.

- Comment ça ?

- J'ai déjà dit au roi que j'avais accepté ta proposition. Je ne peux plus revenir en arrière. Et puis, Jon me déteste. Il refusera de m'écouter. Je ne pourrais pas l'empêcher de partir au Mur. Je suis une imbécile !

Jaime et Tyrion secouèrent la tête de concert. Ils n'étaient pas frères pour rien ces deux-là.

- Je n'ai plus le choix. Je sais que j'ai un destin à accomplir. En est-ce le début ? Je l'ignore mais j'irai jusqu'au bout. Envers et contre tous. Je reprendrai ce qui appartient à ma famille par le feu et le sang. Je me ferais beaucoup d'ennemis mais ça en vaudra la peine. Le Cerf et le Lion ne commandent pas le Dragon. Le Dragon ne peut pas être esclave, il brûle, il asservit et il gouverne.

- Les dragons ont disparus depuis bien longtemps, malheureusement, soupira Tyrion avant de boire un coup.

- Il reste des œufs. Il suffit juste de découvrir comment les faire éclore.

Tyrion fronça les sourcils avant de réfléchir longuement. Il tapait ses doigts contre sa chope de manière incessante.

- Je crois que..., hésita-t-il, une fois, j'ai lu un livre sur les Targaryens. Il parlait de dressage de dragon. Il me semble que pour faire éclore un œuf, il faut un sacrifice humain.

Un sacrifice ? Ah, carrément !

- Pourrais-tu retrouver ce livre, s'il te plaît ? Je pourrais en avoir besoin un jour ou l'autre.

Il acquiesça et nous trinquâmes. Nous avons bu notre bière cul sec. J'aimais bien la complicité que j'avais avec Tyrion. Malgré les apparences, on se ressemblait beaucoup. La lecture était quelque chose que nous avions en commun.

- Vous allez finir bourrer, vous deux, nous fit remarquer Jaime sous l'œil approbateur de Robb.

- On se détend, les gars. N'est-ce pas, Tyrion ?

Ce dernier rit et opina de la tête. Finalement, il avait peut-être raison. J'avais du mal à penser et ma tête tournait. Voilà bien longtemps que je n'avais pas ressenti ça.

- Adélys, je suis sûr que tu ne pourras pas boire une chope d'un trait, rit Tyrion. Vu tout ce que tu as déjà bu, tu vas finir par exploser.

- Serait-ce un défi ? Qu'aurais-je à y gagner ? Ajoutai-je alors qu'il hochait la tête.

- Hum... Que dirais-tu... Jaime, aide-moi !

Jaime haussa les épaules en lui offrant un sourire narquois.

- Merci de ton aide, cher frère. Hum... Que dirais-tu d'une belle robe en soie ?

Je fis semblant d'être intéressé jusqu'à ce que...

-Non, souris-je, moqueuse. Je suis peut-être une Lady, mais les tissus ne m'intéressent guère.

- Une nouvelle épée ?

- Offre intéressante. Seulement, j'en ai déjà une en acier valyrien.

Tyrion soupira et réfléchi quelques secondes.

- Un petit chien ? Me proposa-t-il tout doucement de peur d'être entendu.

J'éclatai de rire, attirant l'attention de toutes les tablées. J'ignorai les regards surpris que me lançais un tas de gens pour se moquer de Tyrion.

- Pleins de potins croustillants sur Jaime ? Me glissa-t-il à l'oreille.

- Marché conclu ! Et toi, si tu y arrives, je t'offre une dague en acier valyrien. Ça te convient ?

Il opina de la tête et appela la servante. Il commanda deux bières.

- Vous déconnez franchement, intervint Jaime. Tyrion, je vais être obligé de t'emmener si tu continues. La dernière fois, tu étais incapable de tenir debout et je n'ai pas envie que tu me vomisses dessus. Adélys, une Lady ivre, ce n'est pas très distingué.

- C'est la dernière, je le promets, soufflai-je.

La servante revint avec nos consommations et les posa bien devant nous. Je jetai un coup d'oeil à Tyrion qui fit de même. Nous nous sourîmes avant de prendre chacun notre chope et bu goulument.

- Dis-moi tout ! Lui fis-je avec impatience.

- Jaime a peur des serpents, murmura-t-il, petit, il croyait qu'ils pouvaient nous dévorer tout cru. A chaque fois qu'il voit un animal naître, il pleure comme un bébé. Pendant l'enfance, il vouait une sorte de culte aux escargots. Des fois, il a un humour bizarre. Il redoute les Targaryens à cause d'Aerys mais je suppose que tu connais l'histoire. Voir les gens brûler a dégouté mon frère à vie. La première fois qu'il t'a vu, il n'en croyait pas ses yeux. Il voulait à tout prix te connaître. Tu aurais vu le sourire idiot qu'il avait après t'avoir parlé pour la première fois. Je ne l'avais jamais vu comme ça.

Au fil des révélations de Tyrion, mon sourire s'est élargi jusqu'à ce que j'éclate de rire.

- Je crois que mon préféré, c'est l'escargot, ris-je en jetant un coup d'oeil à l'intéressé qui devait se douter de quelque chose. Bon, à moi de te donner ce que je t'ai promis, ajoutai-je en sortant ma dague de ma manche avant de la planter dans la table, juste en face de lui.

Il la regarda plus en détail, fasciné par le manche en forme de dragon.

- Je ne peux pas accepter, dit-il.

- J'en ai d'autres. Et puis, tu aimes les dragons.

Il me remercia à nouveau. Ma tête tournait de plus en plus. J'avais peut-être un peu trop bu. Il fallait que je sorte avant qu'on ne le remarque.

- Jaime, peux-tu m'aider à sortir, s'il te plaît ? Je me suis trop enivrer.

Il accepta immédiatement. Il se leva, me tendit la main et m'aida à me lever.

- Tiens mon bras et les gens ne se rendront compte de rien, me conseilla-t-il, ils vont juste se demander ce qu'on va faire dehors.

J'approuvé d'un signe de tête. Il me soutint jusqu'à la porte sans rien laissé paraître. Dehors, il me porta et me blottit contre son torse.

- Je suis désolée, m'excusai-je en levant la tête vers lui.

- Ne le sois pas, ma belle. Si je le pouvais, je te porterai tous les jours.

Ça serait bien. Seulement, le dos de Jaime ne dirait pas la même chose. D'où me venait cette idée saugrenue ? J'étais ivre, pas de doute.

- Je t'emmène dans ta chambre, Adélys. Tu n'as pas l'air bien.

Ah oui ? Il n'avait pas tort. Je n'alignais plus une seule pensée cohérente. La bière était vraiment forte. Très forte. Ma tête tournait de plus en plus.

- Tu as raison, admis-je, mais j'aurais bien voulu rester un peu. Cette bière est vraiment plus forte que ce que je pensais.

Il sourit. Je fermai les yeux pour ne plus voir tout tourner. Je sentis sa main me caresser la joue.

- Tu vas dormir dans mes bras ? S'enquit-il.

- Peut-être bien.

Il rit doucement. Ce rire me donnait envie de sourire aussi... Je commençais à délirer, je crois.

- Que se passe-t-il ? Demanda une voix qui était loin de m'être inconnue.

Je l'ai reconnu tout de suite. J'ai ouvert les yeux, me plongeant dans ses beaux yeux gris. Jon.

- Je l'a ramène à sa chambre, expliqua Jaime en me jetant un petit regard. Elle a trop bu et mon frère n'a pas arrangé les choses.

Inconsciemment, j'éclatai de rire. Ils me regardèrent bizarrement mais je les ignorai.

- Effectivement..., souffla Jon en me jetant un regard désapprobateur.

Pour toute réponse, je lui fit un doigt d'honneur. Surpris, il écarquilla les yeux alors que Jaime riait dans sa barbe.

- Très drôle, Adélys, grogna-t-il, cesse d'agir comme une enfant.

Moi, agir comme une enfant ? C'est l'hôpital qui se fout de la charité.

- Je la ramène à sa chambre, répéta Jaime en contournant Jon.

Ce dernier lui jeta un regard mauvais mais Jaime l'ignora. Il continua le chemin en silence alors je décidai de refermer mes yeux. A un moment, je le sentis monter les escaliers. Ayant un peu le vertige, je n'osai pas ouvrir les yeux. J'ai dû m'endormir puisque je ne me souvins de rien avant le lendemain matin où une migraine horrible fut la seule chose que je pus remarquer en premier. Elle quitta vite mes pensées lorsque l'on m'apprit que Bran avait fait une grave chute et qu'il risquait de mourir...

Alors, que pensez-vous de ce chapitre ? De Cersei la manipulatrice ? D'Adélys qui est obligé de lui obéir ? De sa conversation avec Jaime puis le roi ? De Jaime qui intervient ? Ce qui suit ;) ? La petite fête ? Dites-moi tout !

Le prochain chapitre va vous briser le coeur et ... Je n'en dis pas plus puisque je ne l'ai pas encore fini. A bientôt !