Chapitre VIII : Sans autre solution
Le lendemain matin je m'attendais à devoir parer un assaut de questions mais rien ne vint. Je laissais passer la matinée sans revenir sur les révélations de la veille. Je m'étais préparée mentalement aux possibles interrogations d'Elisa au sujet de Renesmée ou de Jacob, ou encore sur mon mariage. Mais une fois de plus cette humaine me surprit car jamais elle n'aborda aucun de ces sujets. Je me trouvais face à un dilemme : je pouvais éviter les explications fastidieuses qui m'obligeaient à mentir, mais cela entrainait la possibilité que mon amie se fasse de fausses idées à mon sujet. Dans un sens c'est précisément ce que je recherchais car il ne fallait pas qu'elle découvre ma nature vampirique, mais je souhaitais aussi maitriser l'image qu'elle avait de moi.
Quand nous sortîmes de la salle à l'heure du déjeuner je la vis hésiter.
- Tu ne vas pas manger ? Lui demandai-je.
- Je ne sais pas … Jenny a un cours et Denise ne finira pas avant une heure. Je vais peut être passer à Collis Center …
- Et pourquoi ne viens-tu pas manger avec nous ?
- C'est gentil, c'est vrai que ca ne me dit rien de manger seule.
Nous étions arrivés sur la place principale quand Edward nous rejoignit, un sourire poli aux lèvres.
- Bonjour Elisa, tu te joins à nous pour déjeuner ?
- Oui, si ca ne vous embête pas. Enfin, sauf si vous vouliez déjeuner en tête à tête … bredouilla-t-elle.
- Non, ce n'était pas au programme, répondit Edward son sourire s'élargissant tandis qu'il croisait mon regard. D'ailleurs c'est difficile d'être tranquille en compagnie d'Alice…
- On parle de moi, chantonna Alice que j'avais entendu arriver mais qui surprit Elisa en posant une main sur son épaule. Bonjour, ravie de te rencontrer, tu dois être Elisa. Je suis la belle-sœur préférée de Bella.
Pour toute réponse je lui tirais la langue et mon petit lutin répliqua par une grimace. Elisa semblait être intimidée par l'enthousiasme débordant de ce petit lutin, qui n'y prêta pas attention et continua :
- Voici Jasper.
- Bonjour, salua-t-il simplement.
Il se tenait un peu en retrait, me rappelant la première fois que j'avais rencontré les Cullen.
Nous nous dirigeâmes vers la première cafétéria venue. Durant le repas nous dûmes faire bonne figure devant l'humaine présente à table. J'avais apprit quelques « trucs » pour donner l'impression de m'alimenter sans avaler une bouchée. La ruse consistait tout d'abord à se servir peu d'aliments. Ensuite je plaçais ma serviette sur mes genoux, sous la table, et y glissais discrètement les bouchées que je ne portais pas à ma bouche. Cette mascarade fonctionna parfaitement car Elisa avala son déjeuner sans se douter qu'elle était la seule à manger. La conversation animée aidait aussi à distraire son attention. Alice nous raconta en détail son dernier cours, où un élève avait marché accidentellement sur un tube de peinture, envoyant la pâte de couleur sur le professeur qui passait justement à ce moment là. Elle mima si bien la scène que nous éclatâmes tous de rire.
De temps en temps je jetais un coup d'œil à Elisa qui semblait plutôt à l'aise dans notre groupe, et les Cullen semblaient également l'apprécier.
- Je n'y tiens plus, je veux des explications ! Me questionna Elisa à peine arrivées au lieu de notre cours littérature étrangère.
- Pardon ? M'étonnai-je.
- Je n'aime pas me mêler de la vie des autres en général, mais la tienne n'est vraiment pas banale.
La requête d'Elisa me surprit tant par sa soudaineté que j'en avais oublié que j'attendais justement ces interrogations.
- Tu sais il n'y a rien de si extraordinaire dans ma vie …
- Tu plaisante ! Au début je te prenais pour une fille comme moi, une fille banale … Et cette semaine je découvre que tu vie dans un somptueux manoir, que tu es mariée et que tu as une fille. D'ailleurs il faudrait que tu m'éclaire sur ce point.
Voilà ce que j'attendais.
- Renesmée à été adoptée, répondis-je aussitôt.
- Ha je vois … vous vouliez un enfant ? Vous aviez le temps pourtant … vous êtes jeunes !
- En fait Renesmée est la nièce d'Edward, son frère est décédé dans un accident de voiture avec sa femme …
- Je vois, murmura-t-elle songeuse, ca explique la ressemblance … Un autre détail a attiré mon attention : si Alice est ta belle-sœur, elle est donc la sœur d'Edward.
- Oui.
Pour l'instant tout était logique, je ne voyais pas où elle voulait en venir.
- Ca peut paraitre stupide mais je n'ai remarqué aucune ressemblance physique entre eux …
Elle était observatrice, à mon plus grand regret. Toutes ses questions me rappelaient l'entêtement que j'avais eu au sujet des Cullen après mon arrivée à Forks … et cet entêtement m'avait permit découvrir la vérité. Chose que je ne voulais pas qu'elle se reproduise. Je comprenais maintenant comme il avait du être difficile pour Edward de garder son secret face à mon insistance.
- Ils ont été adoptés, lui avouais-je.
Je ne faisais qu'énoncer la version officielle, qui était d'ailleurs vraie dans un sens.
- Ha je vois … murmura-t-elle. Donc Alice n'est pas sa sœur biologique ?
- En effet elle ne l'est pas, de même que Jasper.
- Jasper est aussi son frère ? Son frère d'adoption je veux dire …
Il est vrai qu'Alice ne l'avait pas présenté en ces termes, et que sa relation avec sa moitié était plus qu'évidente pour quiconque se trouvait dans un rayon de 500 mètres. Si je suivais la versions officielle, l'histoire racontée au bon peuple de Forks avait déjà soulevé des interrogations quand aux relations amoureuses à l'intérieur de la fratrie.
- Oui, tous les enfants Cullen ont été adoptés.
- Tous, tu veux dire qu'il y en a d'autres ?
Elle commençait à poser trop de questions mais je pouvais comprendre la fascination qu'exerçait sur elle le famille Cullen.
- Il y a aussi Emmet et Rosalie que tu ne connais pas.
- Ils ne vont pas encore à l'université ?
- Si, ils étaient à Dartmouth, mais ils … Ils sont partis étudier ailleurs, répondis-je gênée d'aborder ce sujet.
- D'accord, ca fait une grande famille !
Etrangement Elisa cessa de me questionner sur ma vie ou ma famille. Peut-être avait elle senti mon trouble quand j'avais évoqué Emmet et Rosalie. Je n'eu plus le droit à une seule interrogation de la journée, et il me paru étrange qu'elle se soit si vite satisfaite de mes réponses … Après tout j'avais peut-être surestimé l'aura de mystère qui enveloppait la famille dont je faisais maintenant partie et qui se fondait certainement mieux dans la foule d'une université tel que Dartmouth que dans un lycée provincial comme celui de Forks.
En rentrant au manoir j'eu à faire à une autre sorte de crise, qui se présenta à moi sous la forme d'une petite lumière clignotante. Le répondeur affichait un message, et j'eu la surprise d'entendre la voix de ma mère, exaspérée de devoir parler à cette « machine ». J'avais quelque peu négligé mes relations avec Renée depuis quelques temps. Si je répondais toujours aux mails qu'elle m'envoyait, je ne prenais jamais l'initiative de l'appeler, dans le seul but de ne pas avoir à éluder de vive voix une invitation à aller la voir à Jacksonville Le sujet avait été amenée plusieurs fois dans les messages qu'elle m'envoyait, mais je remplissais toujours mes réponses de banalités quotidiennes sur ma vie au campus. En clair, je noyais le poisson. Mais je savais que je ne pourrais me permettre une telle dérobade si j'avais directement Renée au bout du fil. Il fallait pourtant que je trouve une parade car mes combines commençaient à se faire remarquer. Il me fallut bien une minute entière pour réfléchir à la façon dont j'allais mener la conversation, et comment je pourrais détourner le sujet d'une prochaine visite.
Je me saisi du combiner et composai le numéro. Il y eu seulement deux tonalités puis la voix que je connaissais bien répondis.
- Maman, c'est moi. J'ai eu ton message sur le répondeur, j'étais en cours …
- Ah, Bella, mon ange, je suis contente de t'entendre. Je ne sais jamais à quelle heure t'appeler, avec les cours et tout ca … Comment va tu ?
- Bien, bien. Et toi, ca va ? Et Phil, toujours content de son poste ?
- Oui, il est très content. Je suis en train d'organiser nos vacances, pour Noël. J'avais envie de partir un peu … J'ai pensé à Hawaï.
Elle semblait très enthousiaste par cette idée et je ne pouvais que l'encourager.
- Très bonne idée maman, l'approuvai-je.
- D'ailleurs à ce sujet, je me suis dit que tu pourrais nous accompagner. Ca fait longtemps que nous n'avons pas passé Noël ensemble. Bien sur Edward est invité. Phil et moi serions tellement contents de vous avoir pour les fêtes …
Ce que je craignais arrivait plus vite que prévu dans la conversation. Bien entendu je ne pouvais pas lui expliquer qu'au lieu d'être quatre pour partir nous serions cinq car je ne pouvais laisser seule ma fille, dont elle ignorait l'existence, et qu'elle serait accompagnée d'un indien de deux mètres qui la suivait partout. De plus j'allais devoir rester enfermée dans l'hôtel car je ne pourais sortir pour profiter de la plage à la lumière du soleil sans révéler mon anormalité. Il fallait que je trouve une excuse convaincante …
- Je suis désolée maman, mais j'ai déjà prévu de passer les vacances à Forks, avec Charlie.
- Tu as déjà programmé tes vacances pour les fêtes ?
Nous n'étions qu'en octobre, et il paraissait effectivement improbable que j'ai déjà fixé mes projets. Je me mordis la lèvre en songeant à ma bêtise et essayais de me rattraper.
- Oui, tu sais je suis retournée voir Charlie il n'y a pas longtemps, et je le trouve déprimé, je crois qu'il se sent seul depuis que je suis partie de la maison …
Si elle avalait celle-là j'avais bien de la chance.
- Hum, tu as peut-être raison, répondit-elle et je ne su distinguer si elle réfléchissait ou di elle se doutait de quelques chose.
- Mais ce n'est que partie remise, nous viendront vous voir prochainement, peut être pour les congés d'été.
Je ne lui proposais pas de venir, car elle était capable de sauter dans le prochain avion. Et d'ici les beaux jours, elle se sera trouvé une autre occupation qui lui fera oublier ce sujet. J'étais malgré tout peinée de ne pouvoir répondre à ses attentes. Je l'imaginais déjà, sautillant sur place, excitée l'idée de nous retrouver tous à Hawaï. Ma gorge se serra en repensant à la dernière fois que nous nous étions vu, que j'avais pu serrer ma mère dans mes bras et lui dire en face que je l'aimais. Je savais déjà que je ne la reverrais jamais, je m'étais habituée à cette idée. Mais je n'imaginais pas pouvoir rester en contacte avec elle, qu'elle me sache toujours en vie, et heureuse, mais simplement trop loin pour la voir. Pour elle, j'étais simplement trop loin, tandis que pour moi, j'étais devenu une chose qu'elle en reconnaitrait plus comme étant sa fille. Je préférais encore lui faire la peine de ne plus la revoir, sous le prétexte d'une brouille quelconque, plutôt que de lui révéler qui j'étais.
A l'autre bout du fil ma mère babillait au sujet du tarif des billets d'avion et des agences de voyages qui n'étaient qu'un repère d'escrocs. Je l'écoutais toujours, émettant une approbation par-ci par-là pour lui signaler ma présence. Je me surpris à sourire en écoutant sa description exaspérée de la jeune fille de l'agence de voyage qui voulait à tout prix lui vendre une formule tout comprit quand elle voulait seulement se renseigner sur les hôtels. Renée n'avait pas changé, et je l'aimais tant, aussi délurée et insouciante qu'elle était, que je me sentais aujourd'hui comme une intruse dans sa vie.
Au bout de vingt minutes de conversation, Edward franchit la porte d'entré, précédé par Renésmée. Ma fille leva les yeux vers son père qui posa un indexe sur ses lèvre pour lui signaler de ne pas faire de bruit.
- Tu as de la visite ? Me demanda Renée qui avait du entendre le bruit de la porte.
- Non, c'est juste Edward qui vient de rentrer des cours.
- D'accord. Je vais te laisser ma chérie car je dois passer chercher Phil à son entrainement. Passe le bonjour à Edward de ma part. Je t'embrasse.
- Moi aussi maman.
Puis elle raccrocha. Je reposais le téléphone et allait embrasser mon époux et ma fille. J'espérais qu'il ne remarquerait pas le trouble dans lequel je me trouvais juste avant leur arrivé.
- Renée te passe le bonjour, comme tu as pu l'entendre …
- Comment va-t-elle ? Me demanda-t-il.
Renesmée était déjà partie dans le jardin et il ne restait plus que nous dans le hall.
- Elle va bien, elle organise un voyage à Hawaï pour Noël. Elle voulait nous inviter, mais j'ai trouvé une excuse.
Je m'efforçais d'adopter un ton détaché, laissant ma main trainer sur le guéridon qui se trouvait-là, en quête de poussière que je pourrais éliminer. Mais évidement quand j'inspectai ma main il n'y avait nulle trace de saleté pour m'offrir une excuse de fuir le regard d'Edward. Il semblait se rendre compte de quelque chose car avec beaucoup de tendresse il passa ma main dans mon dos pour me conduire jusqu'au salon. Mais j'avais encore un coup de fil à passer.
- J'arrive dans cinq minutes, il faut d'abord que j'appelle Charlie, lui dis-je.
Il ne posa aucune question et se contenta d'un signe de tête avant de filer dans l'escalier. J'entendis une porte à l'étage et je sus qu'il était monté dans notre chambre. Il voulait me laisser seule pour discuter avec mon père. J'appréciais l'intention mais je savais qu'où il se trouve dans la maison il entendrait ma conversation. Je décrochai à nouveau le téléphone et composai le numéro du shérif Swan. Il fut aussi prompt que ma mère à répondre et sembla très heureux de m'entendre.
- Je t'appelais car je viens d'avoir Renée au téléphone. Elle prévoit des vacances à Hawaï pour Noël et voulait qu'Edward et moi soyons du voyage.
- Ha, répondis laconiquement mon père.
- Tu comprends que je ne puisse pas accepter son invitation, et la seule excuse que j'ai trouvé c'est de prétexter que mon père était déprimé et que je devais lui tenir compagnie pendant les fêtes.
J'avais tenté d'insufflé un peu de moquerie dans mes propos mais mes mots me semblèrent creux. La réaction de Charlie ne fut pas non plus celle j'espérais. Il se racla la gorge et continua:
- Pas de problème Bella, je te couvrirais … Même si j'aurais préféré que tu ne te serve pas de mon cas pour te trouver une excuse. Mais tu ne pourras pas éternellement trouver des excuses auprès de ta mère.
- Je sais bien, murmurai-je.
- Et à ce moment là que feras-tu ? Me demanda-t-il.
Je savais que je ne pourrais pas me montrer devant elle. Elle ne pourrait accepter les faits sans avoir d'explication, comme l'avait fait Charlie. Et lui aussi le savait.
- Les coups de téléphones et les mails, ca ne dureras qu'un temps, ajouta-t-il. Tu as déjà pensé à ce que tu lui diras ?
Il ne pouvait s'en douter mais il me poignardait à chacune de ses questions, m'obligeant à établi le plan que j'avais à peine esquissé dans mon esprit, par peur de la peine que cela nous causerait à toutes les deux. Mais je devais me forcer à y penser, et Charlie devait être au courant.
- He bien, répondis-je, je trouverais un prétexte quelconque pour me brouiller avec elle. Pour que jamais nous ne nous reparlions et qu'elle ne cherche plus à me voir.
C'était la seule solution envisageable pour la protéger de la vérité, car je savais que cette séparation définitive serait toujours moins douloureuse pour elle que de découvrir celle que j'étais devenu.
Charlie ne devait pas être de cet avis car il sembla s'étouffer avec son téléphone.
- Jamais, Bella, jamais ta mère ne se brouillerait avec toi au point de ne plus vouloir te revoir. Tu es sa fille unique, elle tient tellement à toi…
- Je ne lui laisserais pas le choix. Je n'aurais qu'à couper les ponts, et ne plus donner de nouvelles. En dernier recours je pourrais toujours déménager. Et tu dois comprendre que pour que je puisse continuer à venir te voir, avec Renesmée, tu ne devras rien dire à maman ! Tu ne devras jamais lui avouer que tu as gardé le contact avec moi.
- Bella ! Protesta-t-il avec vigueur. Je ne pourrais jamais …
- Il n'y a pas d'autres solutions, le coupai-je d'un ton ferme. Comme tu l'as dit toi-même je ne pourrais pas continuer à la fuir toute ma vie, et elle ne comprendrait pas … Elle n'est pas comme toi, elle aurait besoin d'explications, elle voudrait tout savoir, et ca, c'est impossible …
Je sentis ma voix se briser légèrement à la fin de ma phrase, même si il ne put se rendre compte de rien. Je détestais l'idée de faire souffrir ma mère mais je n'avais pas le choix. J'aurais aussi voulu éviter d'impliquer Charlie mais c'était la seule solution pour continuer à pouvoir lui rendre visite.
- Je suis désolée de te demander ca, et je comprendrais que tu ne veuille pas mentir à Renée. Mais dans ce cas, je ne pourrais plus te voir non plus.
Je me haïssais de poser ainsi un ultimatum à Charlie. Il sembla muet quelques secondes et j'eu peur que se soit la rage qui lui ai ôté la parole. Mais quand il reprit, son ton était posé, bien que grave.
- Agis comme tu le pense Bella, je ne dirais rien à ta mère. Je ne veux pas te perdre.
- merci papa, je ne le veux pas non plus.
Un nouveau silence s'installa. J'étais habituée à ce genre de conversation avec Charlie, ponctuée de longs moments de vide, mais l'éprouver au téléphone était plutôt étrange. Finalement il reprit la parole.
- Et quand vas-tu … quand vas-tu …
Il n'arrivait pas à terminer sa phrase et je répondis :
- Pas pour l'instant, pas tant que je peux l'éviter. J'arriverais peut-être à la faire patienter pendant un ou deux ans.
- Je vois.
Mes dernières paroles avaient l'air de le soulager. La conversation se termina rapidement et je reposais une nouvelle fois le combiner. Je me retournai et Edward se trouvais là, tout près de moi. Sans un mot il m'enlaça et ma tête vint se poser contre son torse comme un au baume apaisant sur une blessure. Le temps s'étira et nous restâmes ainsi, sans prononcer un mot. Il me semblait que j'attendais quelque chose de sa part, une parole, un mot. Au bout de quelques minutes je compris que ce que j'attendais de lui était une solution. J'espérais qu'il saurait me proposer un autre plan ou ne serais-ce qu'une théorie pour me permettre de garder ma mère dans ma vie sans mettre la sienne en danger. Mais rien de venait et ma gorge s'obstrua de sanglots quand je compris que cette solution n'existait pas. Je restai là, contre lui, à pleurer des larmes qui ne viendraient jamais, en songeant que dans quelques mois ou dans quelques années, mais toujours tôt à mon goût, j'allais devoir faire sortir de ma vie celle qui m'aimait depuis 20 ans.
