Hm... nan, chuis aps contente... J'ai pas eu de review pour mon chapitre 8... Grrrrr
Tome 9 :
"Géhenne", le monde des enfers.
Acte 3 : Les épouses du bas-monde
Raphaël se redresse, du moins essaie, Gabriel toujours sur lui. Je dois faire un effort considérable pour ne pas exploser de rire. Il lui parle et la meilleure chose que l'Ange de l'Eau trouve à faire, c'est de hurler. Attendez, on parle vraiment de Gabriel, là?
"Au s'cours !! Y'a quelqu'un en dessous de moi !"
"C'est plutôt toi qui es sur moi ! Ôte-toi de là, tu pèses lourd."
Gabriel se relève, confuse. Raphaël engage la conversation, lui avouant ne pas la reconnaître. Cette dernière nie le fait d'être l'Ange du lys. Hm? C'est quoi ce bordel? Les soeurs nous avaient bien prévenus, mais là, c'est vraiment le scoop du siècle. Gabriel, amnésique, aveugle, évadée. J'aurais jamais cru que cela pourrait arriver un jour. Puis, arrive une nonne justement. Et elle cherche à se cacher. Raphaël la dénonce avec peu d'entousiasme. Bah, faites comme vous voulez, j'le vois v'nir le Raphi ; il va essayer d'obtenir quelque chose en échange, et le connaissant, ça n'aura rien d'innocent.
Je préfère aller détourner l'attention de la nonne. On sait jamais.
"Maître Maëlle? Savez-vous où se trouve... Quelle est cette tenue, Maître?"
Rester calme, rester calme, rester calme. Je réponds en sifflant entre les dents.
"C'est rien. Je cherche Gabriel, vous ne sauriez pas où elle se trouve, ma soeur?"
"Non, j'allais justement vous demandez la même chose..."
"Dites-donc, que comptez-vous faire, espèce de vicelard !! Setsuna, au secours !!"
Les hurlements de Gabriel attirent la nonne ; et merde tiens, elle m'aide pas non plus, l'aut'débile. On dirait Sara. Sara? Elle a bien appeler Setsuna y'a trente secondes? Non, Sara, réincarnée en Gabriel, ou plutôt, Gabriel réincarnée en Sara dont l'âme a retrouvé le corps d'origine?... C'est pas vrai... Mes suppositions se vérifient donc? Oo...
Je vois Raphaël sortir des fourrées, et commencer à séduire la nonne, alors que moi-même m'approche de l'ange qu'il cherche à protéger. J'en reviens pas. Sara. Je n'ai même pas la force de lui poser la moindre question, j'suis un peu sous le choc... Je l'entends rejoindre l'ange de l'air... Ah, il a fini sa drague journalière? Pff...
"Vous m'avez l'air très habile pour ce genre de truc et... Vous êtes vraiment un ange? Monsieur le vicieux?"
Bouhahahahaha, elle est aussi douée que Mikanou pour trouver des synonymes de 'pervers' en ce qui concerne Raphi. Par la suite, je la reconnais vraiment en tant que Sara. Elle nous étale toute la culture des humains sur les anges, notamment sur le pervers qu'elle a en face de lui. Ouais, j'me souviens vaguement du cours que l'autre pimbêche nous avait fait... J'm'étais marrée en apprenant qu'il était censé avoir tout un attirail avec lui...
"Sara Mûdo est morte en voulant protéger son frère..."
Pas de doute, c'est Sara. Raphaël comprend qu'il s'agit de la petite soeur de l'ange salvateur, et c'est le moment que je choisis pour m'en mêler.
"Calme, Raphi, elle est encore sonnée je pense... N'est-ce pas, ma petite Sara?"
"Ma-Maëlle? Maëlle, c'est toi, c'est bien toi?"
"Ouais, ouais, pas la peine devenir hystérique."
"Mais tu dis tout le temps que tu n'es pas un ange et je te retrouve chez eux !"
"Je sais. Cherche pas à comprendre s'il te plait, Sara."
"Vous vous connaissez?" Intervient Raphaël.
Je mets un temps avant de lui répondre. Va-t-il m'engueuler, ou pas?
"Ben ouais... En fait, j'devais chercher Katan, et, retrouvant la réincarnation d'Alexiel, j'ai essayé de m'approcher au plus près d'elle. Par sa soeur, dans le même établissement, la même classe. J'trainais avec elle."
"On était amies !" Ajoute Sara.
Raphaël me regarde étrangement. Oui, ça me fait bizarre de l'entendre dire ça aussi. Amies? Alors que je l'ai toujours vue comme une gamine stupide et que je déteste les humains?
"Oh, "amies" est un bien grand mot, Sara. Tu donnes ton amitié trop facilement, crois-moi."
Sara me regarde d'un air éberlué. Désolée Sara, mais je ne me considère pas comme ton amie. Hého, j'vais pas m'enticher d'une amie comme toi. J'm'étais déjà trop attachée à ton cas. Il faut vraiment que je me détache. Et que je leur fausse compagnie. Comment? Voyons...
"Maëlle, c'est quoi ce truc?"
Je me tourne vers Raphaël, qui désigne une ombre de la main. Hm, Bélial a déjà mis en place le portail? Bon, j'vais aller la voir et lui dire que c'est peut-être un peu tôt pour mettre le portail alors que je n'ai pas d'invitation ... Mais bon.
"Pour aller en Enfers. J'vous laisse."
"Ah, non, tu restes là, tu vas pas là-b..."
Je n'entends pas la fin de sa phrase. Je me suis faufilée à travers le portail, me laissant transporter doucement vers les entrailles de la Terre.
Enfers, septième sous-sol, Shiol.
J'ai la tête qui tourne. Ce portail m'a fait franchir une sacrée distance en un temps record, mine de rien. Beuh... J'ai envie de vomir... Je secoue énergiquement la tête de droite à gauche, pendant une bonne minute. Nan, nan, nan, j'dois pas me laisser aller. Faut que je mette la main sur cette §!$£ de Bélial, que je lui hurle dessus, et finalement que j'lui demande comment est-ce que ça se fait que je sois déjà conviée en Enfers. Ca me paraît être un bon programme pour ma journée.
Avançant sur les terres, je finis par pénétrer dans le Palais des Ténèbres, et me dirige vers la salle où aura lieu la cérémonie. Vers le gouffre où sont entreposées les jeunes filles sacrifiées. Une voix rendue caverneuse par le gouffre parvient jusqu'à mes oreilles. Le Chapelier.
"...nseigneur, elle sera bientôt à vous...! La prochaine élue est vraiment d'une beauté reluisante... Elle est mignonne à croquer..."
...Elle délire toute seule face à la dépouille de son souverain... C'est d'un pitoyable...
"Je pense que vous ne serez pas mécontent d'elle, Monseigneur."
J'entends soudain retentir la voix d'un autre Satan. Asmodéus, Satan de la luxure, ancien ange du savoir. Je les laisse se disputer tranquillement, les observant depuis le pilier sur lequel je me suis appuyée. Entre flatterie, haine et fidélité, les rapports entre ces deux-là ont toujours été difficiles. Bélial se fout totalement de Papy Asmo, qui lui a toujours été complètement fou d'elle. J'sais pas comment il fait... Enfin, j'vais attendre tranquillement qu'ils en aient fini avec leur petite gueguerre personnelle, si j'm'en mêle on sait tous comment ça va finir ; j'vais m'énerver, et y'aura sûrement des morts. Donc, mieux vaut pour tout le monde que je me contente d'écouter.
"Tu devrais accepter de te joindre à moi et laisser tomber tes affaires qui n'aboutissent à rien. Cela ne t'avancera guère de sacrifier toutes les femmes dotées d'une âme exceptionnelle. Puisque tu es son éternel protégé. Regarde, sa colère ne s'apaise pas. Ecoute ce grondement incontrôlable qui va finir par nous dominer et nous engloutir... Ce sont les lamentations des âmes...!"
Et Bélial décide de lui fausser finalement compagnie. Sauf que Papy Asmo attire finalement mon attention.
"Mais au fait, un de tes hommes, maître en nécromancie, ne t'aurait-il pas préparé un élixir sur ta demande?"
Quoi?! Oo... C'est quoi ce cirque ! Elle a quand même pas osé utiliser la mort du messie pour appâter sa princesse !!! La garce ! Elle perd pas une occasion de faire souffrir ! Tout le monde sait que seul Raphi est capable de ramener les morts à la vie... Son truc ne fera que transformer Setsu en zombie, ouais ! Un vrai mort-vivant qui obéira à toutes ses facéties... Ah non, techniquement ce sera à toutes celles de mon père, donc, dans l'état dans lequel il est, des miennes... Brr, j'veux pas un zombie à mes ordres, merci...
Enfin, comme à mon habitude, j'ai décroché et Bélial est face au gouffre, s'adressant aux sacrifiées.
"Comment vont mes chères princesses? Bientôt vous aurez une nouvelle compagne parmi vous... Et je vous confirme son extraordinaire qualité. Je pense qu'elle devrait vous plaire..."
Je m'avance. Lentement.
"... Et ton espion, Bélial?"
Ladite Bélial sursaute légèrement, et se tourne vers moi. Un sourire hypocrite se dessine sur ses lèvres, et se repercute en un frisson de dégoût dans tout mon corps. Brr... Je la méprise du plus profond de mon être cette garce... Mais bon, elle reste la plus fidèle à Lucifer, je dois bien la côtoyer, même s'il m'en répugne.
"... Mon espion nous aidera à nous emparer de cette charmante princesse. Il est directement issu de son entourage."
"Je vois. Je me disais aussi que le travelo avait l'air d'en savoir long sur l'empire des ténèbres et les Satans..."
"Nous sommes heureuse de constater que votre beauté n'a d'égale que votre intelligence, Princesse, comme toujours."
"En quelle langue dois-je te dire de cesser de me flatter à tout bout de champ ! Ca m'énerve plus qu'autre chose !"
Le Chapelier Fou m'adresse toujours ce sourire hypocrite. Elle me gonfle ; à tel point que j'ai envie de lui en coller une. J'préfèrerais qu'elle me lance des insultes plutôt que cet éternel étirement de ses lèvres... Ca me donne envie de lui dessiner le sourire de l'ange... Héhé, faudra que je fasse ça un jour...
"Bon, c'est pas le tout, Chapelier, mais pourquoi as-tu créé ce portail depuis Bériah? Tu avais quelque chose à me dire?"
"Oh non, Votre Seigneurie, nous voulions simplement nous assurer du bon fonctionnement de ce portail. Rien de plus."
Je soupire. Elle m'a emmerdée pour rien au final. Et maintenant, j'vais devoir rentrer à pied jusqu'au mon de céleste. Merci qui? Merci Bélial...
"Bon, tant qu'on y est, alors, tu vas me trouver des vêtements dignes de ce nom, Chapelier."
"Oh, nous comprenons, suivez-nous, nous avons pris la liberté de vous composer une nouvelle garde-robe, ainsi vous aurez tout le choix de votre habillement pour les noces de Monseigneur votre père."
C'était exactement ce que je ne voulais pas entendre. Je crains le pire. Oui, c'est superficiel comme problème, mais j'en ai déjà marre de me trimbaler dans une tenue pareille. Suivant cette déglinguée dans les couloirs, elle finit par m'emmener dans mes appartements. On a croisé Balbéro en chemin, qui avait l'air pincé. Tu m'étonnes ! Amante officielle de Lucifer, ces mariages récurrents n'ont rien pour lui plaire. Mouhahaha, ce doit être la seule chose qui me plait dans la cérémonie. C'est qu'à chaque fois, cette blondasse fulmine sans rien pouvoir dire. Hin hin...
"Après vous, Mademoiselle."
J'entre dans mes appartements, ça fait un bail que j'y avais pas mis les pieds. Enfin, j'pense que je vais rester un peu après la noce, donc autant que je ré-investisse les lieux.
"Tu me feras le plaisir de t'assurer que toute cette poussière ne soit plus là à mon arrivée pour les noces."
"Bien sûr, Votre Seigneurie."
Je me dirige jusqu'à ma garde-robe, et manque de pousser un cri d'horreur en l'ouvrant. Y'a pas un seul pantalon. Enfin si, mais c'est plus un mini-short qu'autre chose, et je préfère encore porter une jupe à ce machin minuscule. Mon Dieu, mais j'vais quand même pas porté un truc comme ça ! Des jupes, de toutes les tailles, des capes, des bustiers, des décolletés tous plus plongeants les uns que les autres, c'est un véritable cauchemar ! Ils me laisseront plus jamais entrer dans le monde céleste avec les fantaisies de ce truc qui se fait appeler "Satan de l'Orgueil". Et la connaissant, il serait tout à fait possible que ce soit son but.
"Bon, ben..."
J'opte pour la tenue qui me semble la plus pratique, je l'enfile en un temps record et je ne peux empêcher cette mijaurée de faire joujou avec mes cheveux. Bordeeeeeeeeeel.
"Vous êtes mignonne à croquer, Maître."
"Ouais."
Faut aimer le cuir quand on est un démon. Parce qu'on ne porte presque que ça. Mini-jupe en cuir, débardeur court en cuir, bottes hautes en cuir, ras-du-cou en cuir. Ceinture en cuir. J'ai chaud. Mais c'était ce qu'il y avait de moins pire. Et pour une fois, pas de coiffure folle, elle m'a juste fait une queue de cheval. Ouf...
"Génial, Bélial." Je siffle entre mes dents serrées, histoire de lui faire comprendre mon agacement. Elle m'invite à la suivre à nouveau jusqu'au gouffre de Golgotha, pour que je puisse m'adresser à mon tour aux princesses. Mouais, j'suis pas convaincue là... Enfin...
Jalousie, destruction, difficulté, adversité, pénurie, désordre, ravage
Représentent nos sept vices adorés
De suaves poisons
Délicatement sortis
De nos lèvres
Neuf cent quatre-vingts dix-huit. C'est le nombre de princesses entreposées dans le gouffre. Et en contemplant ça, j'me dis que finalement, mon père aura eu plus de femmes que mon chef de choeur. D'ailleurs j'me demande comment Raphi se débrouille avec la gourdasse.
Les pulsations autour de nous retentissent de plus en plus à cause de ma présence. Les terres du Shiol ressentent ma présence. Ouais. J'suis là. Et je ne peux que contempler l'ampleur de l'imminente catastrophe. Il faut le Chapelier se fasse une raison. Dans peu de temps, on assistera à l'anéantissement des Enfers, c'est inéluctable.
D'un seul coup, je sens encore une autre présence qui arrive, une présence forte, mais tout de même raisonnable. Encore un Satan.
"Chapelier Fou, le courroux de notre roi ne fait qu'augmenter."
Mammon, l'Avarice. Qui d'autre?
"Où en es-tu donc, avec cette nouvelle épouse? Nous ne parvenons pas à faire notre sieste tranquillement..."
Bah, tiens, Astaroth maintenant ! Non mais oh, qu'il y rémédie eux, s'ils en sont capables ! Et qu'ils arrêtent de me gourmander comme ça, j'y suis pour rien moi !! En parlant du loup, j'ai fini par en voir la queue. Astaroth, Belzébuth, Léviatan, Balbéro, Asmodéus, Mammon, et le Chapelier. Les sept Satans. Bon, j'm'en vais moi, hein.
"Tchao, les vieux. Moi j'm'en vais. J'vous laisse entre... Entre Satans..."
"Non, Majesté. Restez. Nous tenons à ce que vous rencontriez cette princesse, à ce que vous puissiez l'accueillir vous-même."
Plus que quelques jours
Avant l'arrivée de notre princesse du destin
Rubis, ambre, diamant, émeraude, jade
Saphir, agate et or
- Elle sera couverte de tous ces précieux bijoux -
Bon, d'accord, j'ai cédé à la proposition de Bélial. Mais ma curiosité a été la plus forte. Donc.
Au bout d'un moment, la terre s'est mise à trembler autour de nous et Bélial nous a tous transportés en Anagura, premier niveau des Enfers. Tous les huit. Pour aller quérir cette petite sotte de princesse.
"Je suis venu vous chercher. Princesse Kouraï, 14é impératrice appartenant à la famille impériale des démons, héritière du trône de l'empire de la Géhenne, l'ultime maîtresse des Dragons..."
Nous restons silencieux, laissant cette mijaurée exercer son art de l'éloquence. Elle s'incline devant la promise, et poursuit sa tirade.
"... Notre chère jeune mariée."
"Tu es en retard, Chapelier Fou. Hâte-toi de me guider dans votre monde."
Elle me plait cette petite. Rien qu'à sa façon de traiter Bélial. Vas-y, te gêne pas, insulte-la, méprise-la, elle n'attend que ça. C'est pour ça qu'elle aime Lucifer. C'est parce que c'est la seule personne qui a été franche avec elle et qui lui a clairement fait part de son profond dégoût pour sa personne.
"Comme il vous plaira."
L'Orgueil prend la main de cette enfant pure, et l'emmène avec elle dans les entrailles des Enfers, dans le Shiol.
Les grenats et les perles teintées de sang qui ornent
Votre couronne d'épines, votre robe ainsi que le voile plus foncé que la couleur du désespoir
Désormais, tout cela vous appartient
Noir. C'est ainsi que Kouraï verra les Enfers désormais. Quand un minimum de luminosité nous permet de distinguer l'ambiance, je m'aperçois que cette garce m'a laissée seule en tête à tête avec ma future belle-mère. Salooooooooooooooope !!!!!!
"... Tu... Tu es un espion du Chapelier?" Sa petite voix timide s'est élevée derrière moi et me fait me retourner. Malgré son apparente assurance, elle paraît impressionnée par l'endroit, craintive peut-être. Ca se comprend.
"Je t'ai déjà dit qui j'étais, Kouraï. Je suis l'héritière de Lucifer."
Elle reste sans voix. Oui, c'est vrai, j'avais démenti cela quand j'étais venu leur flanquer la frousse en Anagura. Bon, bon, j'suis méchante, allez hop punissez moi ! ... Hm... Je m'égare.
"J'vais te diriger jusque dans tes appartements, ensuite ce sera l'autre déjantée qui s'occupera de toi."
"Tu veux parler du Chapelier?"
"Qui d'autre..."
Elle me suit docilement, jusqu'aux appartements qui ont été confiés à toutes les nouvelles mariées. Si cette gamine savait ce qui l'attendait... Et surtout ce qu'était l'élixir qu'elle a donné à l'ange salvateur...
Et voilà que je commence à éprouver de la pitié pour elle !!! Mais c'est pas vrai, j'suis vraiment maudite !! Faut que je remédie à tout ça, moi. Encore un peu et j'vais finir par choisir un camp, chose à laquelle je me suis toujours refusée. Raaaaaaaaaa !
"Bon, c'est ici, tu m'excuses, mais j'ai aut'chose à faire que d'm'occuper de ma future belle-mère. Tchao ma poule !"
De l'air, même vicié, je veux de l'air ! Je sors rapidement du palais sans plus me soucier de ma tenue. Ca m'énerve, j'peux à peine lever la jambe à cause de ce truc en cuir ! Bon, à défaut de pouvoir se servir de mes pattes, il me reste mes ailes. Je déploie sans plus attendre mes ailes noires, et me dirige jusqu'aux niveaux les plus élevés des Enfers. J'vais aller jusqu'à la frontière, c'est encore la solution la plus simple. J'risque même de déranger Mikanou en plein loisir. Hé ! Ce serait bien ça !
Flap flap flap, j'ai des crampes. Je finis par mettre un pied à terre. J'ai pas l'habitude de parcourir de telles distances en volant. Maintenant, j'ai mal à une aile, et j'ai pas envie de déployer mes ailes blanches. Donc, on rentre le tout, et on continue à pattes. D'abord.
J'commence à entendre des cris, des bruits d'épées, des retentissements sourds qui viennent de la frontière. Bon, on dirait que les anges sont en pleine chasse. Donc, Mikanou est pas loin. Donc, on prend ses précautions. J'invoque mon arme, mitaine, épée, et tout le tralala, et je reste sur mes gardes. Un soldat du feu peut me sauter dessus à tout moment, plus pour me découper que pour profiter de mes charmes - mis en valeur par cette £$!§ de tenue.
D'un coup, le calme se met à régner. C'est pas bon ça. Pas bon du tout. J'suis en terrain découvert en plus, et ça ne me rassure absolument pas. Mon emprise se ressert autour du pommeau de ma lame, tous mes sens sont aux aguêts. J'espère simplement pour celui qui va me sauter dessus qu'il sait bien se battre, parce que j'suis d'une humeur sadique toute particulière grâce à ma chèèèèèère Bélial. En d'autres termes, gare à vos fesses.
Soudainement, j'entends un bruissement, ainsi que le crissement particulier de l'épée qui fend l'air. J'ai juste le temps de me retourner pour voir un nabot aux cheveux rouges qui crie "Banzaïïïïïïïï !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!" avant de laisser mes réflexes prendre le relais. Trois coups d'épée, des lames qui s'entre-choquent, un combat acharné, durant lequel cet imbécile ne se rend même pas compte que c'est moi qu'il combat.
J'prends facilement l'avantage, et le Sabre de Feu finit par valser un peu plus loin, Mikaël est à terre.
"Couché, Mikanou."
"Maëlle ! Mais qu'est-ce que tu fous làààààà !!! J'aurais pu te buter !"
"Ouais, vachement, c'est moi qui ai l'cul dans la poussière aussi?"
"J'ai préféré te laisser une chance, sinon c'était pas du jeu !"
"Ouais, tu m'avais reconnue aussi, Mikanou?"
Voilà, il pète son câble. Eh oui, le grand Mikael s'est ramassé une déculottée par sa nièce. C'est pas la mer à boire non plus... Mais ça suffit pour que la température ambiante augmente d'au moins vingt degrés, et que l'Ange de feu ne devienne aussi rouge que ses cheveux.
Bon, au bout d'un moment, Mikanou se calme et fait comme si de rien n'était. Il me donne une grande tape amicale dans le dos, et on se dirige jusqu'à son melkabah. Avec des tas de choses inutiles appartenant à ces pauvres démons qu'il a chassé.
"Mikanou, j'aimerais que t'arrêtes de buter tous mes sujets à tout bout d'champ..."
"Tes sujets sont mes ennemis, je ne fais que surveiller la frontière."
"Surveiller la frontière ne signifie pas la franchir pour tout détruire."
"C'est de la guerre préventive."
Je soupire. Il est exaspérant dans son genre, le p'tit Mikanou... Enfin, on monte dans le vaisseau et on décolle. Il me présente ses trésors de guerre, que j'admire comme d'habitude avec plus ou moins d'entousiasme. Là, c'est avec très peu d'entousiasme, j'ai pas la tête à ça.
"On va où, Miki?"
"Arrête de m'appeler Miki !"
"Ca me dit pas où on va."
"Chez Raphaël. J'vais lui rapporter ses griffes de dragon, ça porte bonheur."
"... Je dirais rien... Un jour, il va me sortir que les crocs de démons de rang supérieur, s'ils sont fixés sur une chaîne en intestin de dragon, ça aide à dormir et ça apporte des rêves colorés...
"Et le Raphi en question est au courant de ta visite?"
"Ben nan, sinon ce serait plus une surprise, banane... J'vais quand même le prévenir avant qu'on saute, t'en pense quoi?"
"Qu'il va être ravi qu'on fasse exploser sa demeure..." Silence de réflexion intensive. "J'viens avec toi !"
Après deux engueulades sur Camaël parce qu'il branche pas le visiophone assez vite, quatre après ledit appareil qui met un certain temps à se mettre en marche, et trois après un autre soldat parce qu'il est pas, je cite, "foutu de faire marcher un appareil qui date de l'avant-guerre", on arrive enfin à entrer en communication avec la demeure de Raphaël.
D'ailleurs, pourquoi la scène qu'on est en train de contempler ne m'étonne pas? Raphaël est sur son lit, avec Gabriel. Lui, il a essayé de profiter de la candeur de Sara... Et, je ne sais pas pourquoi, mais cette scène, que j'ai vu des dizaines de fois avec une femme à chaque fois différente, me met mal-à-l'aise. Peut-être parce que c'est Sara. Peut-être parce que c'est Gabriel. Peut-être parce que c'est Raphaël.
"Ton manque d'intelligence, ainsi que ton instinct digne d'une collégienne me font peur... !"
"On peut dire que tes instincts à toi sont directement issus de ton appétit sexuel, non? Raphaël."
Il était obligé de hurler pour dire ça?...C'est moi qui suis à côté de lui en train de supporter les décibels, mine de rien ... Enfin... Effet réussi, Raphi est complètement surpris, et cherche à justifier la présence de Gabriel dans sa chambre... A noter que Mikanou ne la reconnait même pas...
"La ferme !!! Tu crois peut-être que je vais m'souvenir de chaque fille qui défile chez toi, non?"
Silence. Raphi m'a pas remarqué, Mikanou reconnaît pas Gabriel, tout va bien.
"Au fait, Mikanou, je pensais que tu ne voulais plus me parler."
"Quoi?"
Mikaël est sur le point d'exploser. Et comme il a l'air d'une humeur particulièrement bourrée de répartie aujourd'hui, j'pense que l'Raphi va s'en prendre plein la tronche...
"Arrête un peu, on dirait un gamin de primaire qui parle, IMBECILE HEUREUX !!!"
J'commence à me préparer, on va pas tarder à sauter. Ca va faire big boum badaboum, ca va être marrant. Voyons, le sac à trésors, prêt à être embarqué par Mikanou, les lunettes... Pas besoin, il a déjà les siennes sur le front, dans la possibilité où on peut qualifier ces trucs aussi horribles que ma tenue de lunettes... On a tout ce qu'il faut. Enfin je crois.
"Je ne suis pas venu pour ça. Je viens de m'aventurer jusqu'à la frontière pour une partie de chasse aux démons, histoire de m'amuser. Et je t'ai ramené un petit souvenir. Alors bouge pas j'arrive."
"HEIN?"
"Tout est prêt Mikanou."
Des grésillements indiquent que Raphi a parlé en même temps que moi. Donc, avec son intelligence limitée, Mikanou n'a pu enregistrer qu'une parole. La mienne, bien évidemment. Mikaël préfère savoir qu'on peut aller tout casser plutôt que de répondre aux questions de son ami médecin.
"Hein? Attends, qu'est-ce que tu dis?... Ecoute, on va sauter par-dessus bord alors je te conseille de t'mettre à l'abri."
"Quoi? "On"? Mikanou, tu m'fais quoi encore!? Par-dessus bord... C'est bien beau mais tu pourrais me dire où est-ce que tu te trouves?"
"Question purement idiote. Je suis juste au-dessus de vos têtes."
"Tu ne pouvais pas le dire plus tôt !!!"
Miki met ses lunettes de protection, ajuste son épée sur son dos, son butin de chasse, et se prépare à sauter. J'suis juste derrière et je jubile intérieurement. On va tout casser, on va tout casser, on va tout casser... Lalala...
"Tu es prêt? Attention, j'arrive !!"
On saute en choeur, et on attérit finalement dans un grand BOMM, beaucoup de débris, et une certaine quantité de poussière... J'ai amorti ma chute avec mes ailes blanches, et maintenant, je suis pieds sur le sol, debout, à côté de Mikaël et Raphaël, étalés dans les débris. Et l'ange de Feu a l'air d'une bonne humeur toute particulière.
"Regarde !! Raphaël, j'ai ramené une tonne de butins !! Epatant, non? Un bon foie d'un bébé montre contient des vitamines et une infusion des cornes est un vrai fortifiant. Tu n'auras qu'à les mettre en déco dans ton salon, je te garantis que les filles en resteront baba. Et ça, ce sont des griffes de dragons !! Elles pèsent une tonne !!"
Mikanou supporte les longs discours que quand c'est lui qui les fait .
"Ouais, la chasse aux démons est le meilleur remède contre la nervosité, surtout lorsque l'on fait un grand carnage !! Alors? T'es content? Hein? Ca t'fait plaisir?"
Je pense que si on avait amené à Raphaël un harem de démones en chaleur prête à se déhancher sur lui en petite tenue et à satisfaire le moindre de ses désirs, il aurait été beaucoup plus heureux.
"Tellement que j'en ai la tête qui tourne..."
Y'a de quoi. La baraque est en ruine, et Mikanou en aura pour ses frais. Moi j'plaide non coupable.
"Tiens, t'es là aussi, Maëlle?"
"Non non, tu vois bien que j'suis encore en Enfers."
"Ouais, ben parlons-en de ton petit détour en Enfers. J'aimerais bien que t'arrêtes de t'y rendre ; au moins pas aussi souvent, on pourra pas te couvrir éternellement."
"Tu veux parler de Sévy?... Pff... Qu'il m'attaque pour trahison, c'est lui qu'ça r'garde. Moi, j'm'en fous."
"-soupir-"
Mikaël nous a observé parler sans rien dire ni faire, c'est déjà extraordinaire, mais il ne tient plus. Il se redresse d'un coup, après avoir déversé son butin sur son ami, et semble chercher quelque chose.
"Mmmhh !! Tiens, y avait pas une fille bizarre avec toi? J'ai dû l'écrabouiller en tombant, elle n'a pas d'pot..."
Une main sort de sous les débris, une tête aux cheveux bleus émerge, et fait tomber Miki dans un grand BRLOM et un plus petit "Waaah!". Sara tient le Miki par la cheville et pète son câble. Ca fait bizarre de voir Gabriel s'énerver à la Mikaël...
"Tu vas voir si je suis une fille bizarre !! Malheureusement pour toi, je suis toujours en vie !! Ca commence à bien faire ! Pourquoi devrais-je toujours être la victime de mésaventures provoquées par d'autres!? Et puis d'abord, je me demande bien qui d'autre dans ce monde se permettrait de détruire la maison de la personne à qui l'on rend visite ! Comment auriez-vous assumé s'il y avait eu des morts!? Sans parler que vous vous êtes permis de me marcher sur la tête sans un mot d'excuse, c'est à se demander si vous avez reçu une éducation !?"
Elle se rend compte qu'elle parle de Mikanou, là?... Mikanou, se comporter comme un gamin bien élevé?... J'imagine, j'imagine... Et ça me fait bien rigoler... Mais la petite Sara n'est pas au bout de ses surprises... Elle sait pas que Mikaël est allergique aux longs discours et qu'il risque d'exploser d'un moment à l'autre...
"En plus, vous venez nous coller vos lugubres petits cadeaux qui ne ressemblent à rien comme le ferait un colporteur avec sa marchandise ! Quoiqu'il en soit, vous devriez prendre conscience de vos dégâts et calculer combien il va lui falloir pour réparer ce pavillon, en attendant vous pourriez quand même vous bouger pour nettoyer un peu !! Pour votre information, je possède un nom et je m'appelle Sara Mudô ! Tâchez de ne pas l'oublier. Je suis la petite soeur de Setsuna, celui que vous appeler "Ange salvateur" ou je n'sais quoi !!"
Là, je me marre... Elle en a un peu trop dit... Raphaël la fait taire en lui faisant d'ailleurs remarqué... Mon regard se porte vers Mikaël. Il a le regard perdu dans le vague, l'air sonné. J'crois qu'il a rien imprimé du discours de Sara.
"Raphaël..."
"Oui? Qu'y a-t-il?" On sent le malaise de l'ange de l'air dans cette phrase... Peut-être un peu de nervosité chez mon Raphinou...
"Rappelle-moi un peu quelle est cette chose?"
"C'est moi que vous traitez de "chose"!?"
Je dois avouer que le terme est inaproprié. C'est celui que j'utilise pour qualifier Bélial. On va quand même pas comparer Gabriel, même avec l'esprit de Sara, avec ce clown désarticulé...
"Il me semble l'avoir déjà vue..."
On dirait vraiment que Mikanou ne fait pas le rapprochement entre la vision qu'il a face à lui et la Gaby... C'est pas si mal dans le fond...
"Elle a bien une paire de jambes, deux yeux et porte un jupe... Elle me dit franchement quelque chose..."
"Tous ces critères n'appartiennent qu'à elle, non?"
Raphi est désespéré. Mais aussi soulagé je pense. Si Mikaël avait imprimé que Gabriel était la petite soeur de l'ange salvateur, je sais pas comment tout ça aurait pu finir... Mal certainement, connaissant Mikaël... D'ailleurs, mon médecin adoré l'engage à rentrer se reposer un peu. Bonne idée. Faites qu'il ne lui prenne pas l'envie d'exploser au bout de deux pas...
"Maëlle... J't'ai vaguement entendue tout à l'heure. T'es toujours là?"
"Ouais, ouais..."
"J'ai une question à te poser tant que les garçons ne nous écoutent pas."
"Vas-y, j'ferai ce que je peux pour toi."
"En fait, déjà sur Terre, j'avais l'impression de te connaître depuis longtemps. Mais encore plus ici, depuis que je suis dans ce corps."
J'ai peur de savoir où elle veut en venir... Non, non m'dame, j'suis innocente, pas de question embarrassantes... J'ai rien à voir dans cette histoire...
"Quels étaient tes liens avec Gabriel?... J'ai l'impression de te connaître... Un peu comme si on était... De la même famille..."
Je ris nerveusement. Putain... J'ai pas vraiment envie de m'expliquer... Ou même qu'on me rappelle quoi que ce soit à ce sujet.
"Hahaha, qu'est-ce que tu racontes? On peut pas parler de famille chez les anges. Seuls ceux qui sont nés avec un jumeau peuvent en parler. Ce n'est pas mon cas."
"Mais tu n'es pas un ange."
J'pensais pas que l'on utiliserait un jour cet argument contre moi. Mais heureusement, je n'ai pas à répondre, Raphaël revient vers nous, rassuré du départ de Mikanou.
"Ouf, je m'attendais à pire."
Ouais, moi aussi. Enfin, presque. Miki s'arrête brusquement et se retourne lentement vers nous. Trop lentement.
"La petite soeur de l'ange salvateur?"
Review?????
