Je remercie tous ceux qui ont reviewés le dernier chapitre et espère que vous serez au rendez-vous pour celui qui arrive.
Après beaucoup d'embûches, j'ai enfin pu me reconcentrer sur mon histoire.( Le pire, c'est qu'elle est déjà toute écrite, enfin la trame, mais que je n'ai pas le temps pour la recopier sur l'ordi.)
Et en voilà le résultat… Es-ce dû à la longue attente et à ma précipitation pour tenir les délais mais j'ai eu du mal à m'y remettre, et je pense que ce chapitre est loin d'être mon meilleur (à mon unique avis bien sûr) A vous de me dire ce que vous en pensez.
Enjoy…..
Chapitre 9 To continue or To abandon
POV d'Elodie Higby
J'avais bien vu le scepticisme dans les yeux de la patiente ainsi que son regard inquiet à mon encontre. Elle était probablement se demandant si j'étais saine d'esprit. Evidemment, je n'en avais pas été offusqué car c'était toujours les regards que j'obtenais de mes collègues ou amis quand je leurs parlais de choses surnaturelles. Il est vrai aussi qu'il y a plus de 11 ans en arrière, j'avais les mêmes réactions… Mais une situation exceptionnelle qui s'était terminée tragiquement avait fait basculer toutes mes croyances et depuis lors, lorsque j'entendais ou que je voyais quelque chose sortant de l'ordinaire, je ne pouvais m'empêcher d'en savoir plus. Et c'était au détour d'un couloir que j'avais entendu parler de ce qui se passait avec la malade de la chambre 209... C'était la deuxième fois qu'elle se présentait aux urgences avec des problèmes de santé que les examens et médecins ne parvenaient pas à expliquer. La 1ière fois, ils l'avaient renvoyé chez elle en lui disant que tout allait bien. A sa seconde venue, elle était dans un état comateux et en détresse respiratoire. Et encore une fois, ils n'avaient aucune idée de ce qui lui arrivait. Aujourd'hui, 5 jours plus tard, certains de ses symptômes avaient disparu sans traitement. Ils avaient décidé de la garder quelques jours de plus en observation, probablement pour cacher leurs ignorances et ne pas passer pour des incompétents… Parce que tout le monde sait que les médecins ne croient ni aux miracles ni à l'inexplicable. Pour eux, toutes questions avaient une réponse terre à terre… Les quelques qui s'étaient risqués à y faire allusion avaient été raillé. Je faisais partie de l'un d'entre eux… Pour ma part, on avait mis ça sur le drame que j'avais vécu et on m'avait pardonné mon égarement. Dès lors, j'avais gardé à moi-même mes convictions. Mais ce cas, tout comme celui d'i ans, m'intriguait et je voulais en connaitre les tenants et les aboutissants. C'est pour cela que j'avais osé parler à la patiente… Bien, maintenant j'espérai juste qu'elle n'en ferait pas référence auprès de son médecin. Elle n'avait peut-être pas mon nom, mais elle pouvait me décrire et croyez-moi, on saurait immédiatement de qui elle parlait… Parce qu'il n'y avait aucune autre femme dans tout l'hôpital qui avait les cheveux blonds avec des mèches bleus…..
Assise dans la salle de pause avec un café dans les mains, je suis tiraillée entre retourner la voir pour essayer de la convaincre ou contacter directement la personne qui s'était occupée de Mr Finkraff….. Après plus ou moins 10 mn à fixer ma tasse de café sans le boire, je ressors de la pièce le téléphone dans la main et le pouce tapant déjà sur le cadran numérique… J'assumerai les répercussions de mon acte le moment venu... Tout en terminant de composer le numéro, je cherche un endroit loin des oreilles indiscrètes. Je fini par me retrouver dans la réserve de draps.
Je m'assieds sur un tabouret en attendant que mon correspondant décroche
- « Centre Talmage j'écoute. »
- « Bonjour, je souhaiterai parler au docteur McGinn. » Expliquais-je après avoir bondi, Dieu sait pourquoi, de mon siège.
-« Veuillez patienter je vous prie. »
3 mn de Für elise de beethoven, plusieurs allés-retours dans le cagibi, un bip et une sonnerie plus tard, et la voix d'une femme se fait entendre à l'autre bout du fil.
-« Dr McGinn à l'appareil. Que puis-je pour vous ? »
-« Bonjour, je suis aide-soignante au St Luke's-Roosevelt hospital center. Il y a quelques années, vous êtes venues dans notre hôpital pour vous occuper d'un homme qui s'était présenté avec les symptômes de la peste bubonique mais qui s'était avéré être en fait une de ses réincarnations. » L'informai-je rapidement.
-« Je m'en souviens oui. »
-« Hé bien, je pense que vous devriez revenir ici. Car je crois qu'une de nos patientes vit la même chose. »
-« De quel genre ? » Me demande-t-elle avec intérêt.
-« Elle a tous les symptômes de la pneumonie mais tous ses examens sont revenus clairs... C'est aussi sa seconde hospitalisation aux résultats étranges.» Lui répondais-je en ayant maintenant son entière attention.
-« Pouvez-vous me donner le nom de la patiente ? »
-« Je ne sais pas. Je ne voudrai pas avoir d'ennui… Surtout qu'elle travaille dans la police. » Lui révélais-je mal à l'aise. Mais également parce que je pourrais déjà avoir des problèmes rien qu'avec cet appel.
-« Avez-vous le nom du médecin qui s'occupe d'elle ? »
-« Bien sûr. C'est le docteur Rizla. »
-« C'est noté. Je vous remercie. Au revoir. »
-« Au revoir. »
Une fois l'appel terminé, et malgré la peur de me faire attraper puis renvoyer, un sentiment agréable du devoir accompli m'enveloppe. Au moins, je n'aurai pas à vivre avec la question harcelante de savoir si oui ou non elle aura obtenu toute l'aide possible. Comme si de rien n'était je quitte les lieux et retourne à mon travail. Me promettant de me tenir au courant de l'évolution de la situation.
POV du Dr McGinn
Je remets le téléphone sur son socle et me tourne vers Price qui est arrivé pendant l'appel. Il a posé sa tête entre ses bras sur la table.
-« Mauvaise nuit ? Ou devrais-je plutôt dire, mauvaise gueule de bois ? » Lui demandais-je de ma place. Tout en sachant parfaitement que les jours où il se présentait au centre sans avoir bu toute la nuit étaient rares.
Sans bouger ni répondre à ma question et insonoriser par ses bras, il s'exclame
-« Ton appel ? Une autre affaire ? »
-« Oui... Une femme flic qui aurait une pneumonie sans l'avoir réellement. ». Lui répondais-je tout en commençant mes recherches sur le Dr Rizla.
Au mot flic, il redresse la tête précipitamment et quand je rencontre son regard encore rouge, j'ai la réponse à ma question… Il avait bien passé la nuit à boire…
-« Une flic ? Tu as son nom ? Je la connais peut-être. » M'interroge-t-il en même temps qu'il se frotte les tempes… Surement pour calmer la douleur battante dans son crâne…
-« Non, j'ai juste le nom de l'hôpital et de son médecin. » Dis-je dépitée en songeant à son comportement destructeur.
Il saute hors de sa chaise avant qu'il ne soit dans l'obligation de s'accrocher au rebord de la table pour l'aider à surmonter son vertige puis, quand il se sent mieux, il se précipite sur l'ordinateur placé en bout de table et s'avachit sur le fauteuil lui faisant face. Il me fixe attendant...
Quand je ne fais rien si ce n'est le dévisager, il s'écrie
-« Alors, c'est quoi le nom de l'hosto et du toubib !? »
Je continue à le regarder avec méfiance quelques secondes. Secondes qui doivent lui paraitre des minutes car il commence à faire rebondir sa jambe impatiemment
-« Pourquoi es-tu aussi pressé d'enquêter sur cette affaire ? » Le questionnais-je, le mettant par ainsi hors de sa misère.
-« C'est un flic… Je suis flic… C'est l'un des miens. »
-« Ex-flic. Et ? »
-« Et on peut lui faire confiance. » Me retourne-t-il sans s'attarder sur mon observation sur son ancien statut.
-« Si je comprends bien, tu doutes de tout et de tous quand ce sont des civils, mais lorsqu'il s'agit d'un flic alors ses mots deviennent paroles d'évangiles ?... Il est vrai que dans la police, il n'y a ni voleurs, ni menteurs ou même meurtriers… Vous êtes la droiture incarnée. » Rétorquais-je caustique.
-« Je… »
-« Tu ne l'as même pas rencontré … Si ça se trouve, elle est la plus grande mythomane du NYPD. » Le coupais-je durement.
-« Quoi !? Qu'est-ce qu… »
-« Laisse tomber. On a un boulot à faire. » Le stoppais-je sèchement.
Après tout ce temps à travailler côte à côte, il doutait encore de moi. Et là, cette femme qu'il ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam, il était prêt à la croire sur parole. C'était assez blessant. Elle n'y était peut-être pour rien, mais c'est tout de même SES chers collègues qui, au lieu de l'aider à surmonter son deuil, n'avaient pas hésité à le pousser vers la sortie.
-« Bien... Maintenant, puis-je avoir le nom du médecin ? » Me demande-t-il ses doigts voletant au-dessus des touches du clavier.
-« Dr Rizla. »
Et sans autres mots, j'abandonne mes propres recherches sur le Doc et me concentre sur l'hôpital… Très rapidement, je parviens à trouver le manifeste des entrées des 15 derniers jours et il ne me faut pas longtemps pour découvrir l'identité de la jeune femme... Kate BECKETT… J'ouvre une nouvelle fenêtre internet puis entre son nom dans la barre de recherche Google. La réponse est immédiate et je suis légèrement surprise par le nombre de site qui se rapporte à cette femme. J'ouvre le 1ier de la liste et je tombe sur un article qui relate la mort récente de l'écrivain Richard Castle. J'en avais entendu parler bien sûr, mais je n'arrive pas à voir le rapport entre les deux. Intriguée, je lis l'article et je découvre le passage qui concerne le Lieutenant Beckett.
… Aujourd'hui est donc une grande perte pour le milieu littéraire et les fans. Mais une encore plus grande pour sa famille... Il laisse derrière lui sa mère, Martha Rodgers, actrice reconnue et nouvellement directrice d'une école de théâtre. Sa fille unique de 18 ans, Alexis, qui doit être diplômée dans les prochains jours et est major de sa promotion. Et qui, en Automne, fera son entrée à l'université de Columbia. Il laisse aussi en deuil sa seconde famille, celle du 12th District… Depuis près de 4 ans, Richard Castle suivait le Lieutenant Beckett du service des Homicides pour sa recherche sur la série des Nikki Heat dont elle est l'inspiration. Durant cette longue collaboration, une réelle amitié s'est créée entre eux. J'ai eu la chance de l'interviewer à plusieurs reprises et lorsque je lui avais demandé de décrire sa muse en un seul mot, il m'avait répondu « Extraordinaire » Et quand j'essayais d'en savoir plus, il se contentait de sourire. Si on tentait d'en savoir plus sur la vie personnelle de sa coéquipière, il devenait intransigeant et protecteur… Il est toujours resté secret face à leurs relations et pendant longtemps, la presse et les fans ont pensé qu'ils partageaient plus qu'une relation amicale. Information qui n'a jamais été infirmée ni confirmée. Quoi qu'il en soit, toutes nos pensées vont vers eux…
J'imprime l'article puis ferme la fenêtre. Je clique sur le lien suivant que je referme rapidement car inintéressant. Le nouveau parle de la fusillade qui a eu lieu lors de l'enterrement de son Capitaine
… D'après plusieurs témoins, Richard Castle se serait jeté sur le Lieutenant Beckett pour la pousser hors de la trajectoire de la balle. Malheureusement, la balle est parvenue à atteindre le Lieutenant qui a été touché dans la poitrine. Elle a été transportée en urgences à l'hôpital où après plusieurs heures d'attente, l'information est tombée. Mlle Beckett a survécu à la chirurgie et est maintenant dans le rétablissement… Selon certaines de nos sources, c'est pendant l'enquête sur le meurtre non résolu de Johanna Beckett qui est survenu il y a plus de 12 ans, que sa fille et le Capitaine Montgomery sont devenus des cibles du ou des coupables. A l'heure où nous imprimons, nous ne savons toujours pas si le tireur a été intercepté. Nous espérons vous en apprendre plus dans la prochaine édition…
Je lis plusieurs autres articles que j'imprime si utiles et au final, il est clair qu'elle a obtenu le respect de ses pairs et il semblerait qu'elle est la tête sur les épaules. Je réunis tous les feuillets que je place dans une chemise puis vais rejoindre Price qui se trouve devant sa propre imprimante. Je me saisis des feuilles avant qu'il en ait la chance et sans lui adresser la parole, je quitte la salle pour le bureau de Talmadge.
Il me rattrape dans le couloir
-« Tu vas me dire ce que tu as trouvé ou je dois deviner ? » Me demande-t-il avec agacement.
-« Elle travaille aux Homicides du 12th District. »
-« C'est tout ? » S'écrie-t-il.
Je le regarde finalement sans ralentir ma marche
-« Quand a été la dernière fois où tu m'as demandé de te donner les infos avant qu'on est vu Malachi ? » Lui répondais-je. «Non, laisse-moi répondre à ma propre question… Jamais... D'habitude, tu te contentes d'écouter, de faire de la recherche puis de tenter de trouver la faille qui ferait passer le patient pour un fou. » Finis-je juste avant de frapper à la porte du bureau du Dr Talmadge.
Les 2 heures suivantes sont passées à monter un dossier de recherche et à préparer le matériel que nous emporterions avec nous pour un 1ier bilan. Une fois prêt, nous laissons le *The Talmadge Center for Behavioral Health* (Centre pour la santé comportementale).
POV de Kate
Le soleil brille en cette fin de matinée d'Avril. Pourtant, la chaleur de ses rayons n'atteint pas mon corps… En fait, le froid s'est depuis longtemps emparé de tout mon être et je l'ai accueilli comme l'on accueille un vieil ami... Avec plaisir…
Je marche lentement dans l'allée M247 en direction de l'emplacement T136. Plus la destination finale approche, plus mon corps tremble et mes jambes s'affaiblissent. Aujourd'hui est un jour particulier… Aujourd'hui, cela fait 1 an et 1 jour que Rick a disparu et c'est aussi aujourd'hui qu'il a été officiellement déclaré comme mort… Pour preuve l'acte de décès qui repose dans le coffre-fort au loft… Mais c'est aussi autant de temps que je suis en Stand-by… Perdue dans mes sombres pensées, je ne réalise que je suis arrivée seulement quand mon corps en heurte un autre. Je relève la tête et rencontre le regard défait de Kévin. Je lui chuchote un désolé puis fixe le mausolée Rodgers-Castle qui se tient devant nous. Même si je connais parfaitement sa structure, pour y être venue les 3 derniers jours, je ne peux m'empêcher de le regarder sous toutes les coutures. Probablement une façon de me préparer à affronter la réelle raison de notre venue...
Après plusieurs minutes et un long soupir, j'avance vers le temple. Ne me souciant pas de vérifier si le reste du groupe suit. Je sors ensuite la clé de ma poche de pantalon puis l'introduit dans la serrure. La porte s'ouvre sans un bruit. Les rayons du soleil pénètrent par les petites ouvertures dans les murs, permettant de distinguer l'intérieur. Mon regard tombe immédiatement sur la plaque en marbre noire nouvellement fixée au mur. Je me déporte sans un mot sur le côté de la pièce et laisse mes amis et ma famille se recueillir…
Un par un, ils déposent une rose rouge dans le vase prévu à cet effet puis quittent les lieux. En très peu de temps, je me retrouve seule. A mon tour, je me rapproche de la tablette. Les mots inscrits sur celle-ci sont de couleurs or. Je tends le bras avant de poser mes bouts de doigts sur la 1ière lettre et lentement, avec révérence, je redessine chacune des lettres de chaque mots.
Richard Rodgers-Castle
Né le 1 Avril 1971
Fils et Père aimant et chéri
Ami et collègue respecté et aimé
Pas de date de décès…Parce que même si c'était devenu officiel, nous avions tout de même refusé d'en mettre une. Pas de corps, pas de certitude… Et même si l'espoir était mince, on continuait à y croire.
Mes doigts s'attardent un peu plus longtemps sur l'épitaphe
It's not one Farewell... Just one Goodbye
In our heart Forever
ALWAYS
La 1ière phrase venait des gars et Lanie, la 2ième avait été décidé par Martha et Alexis et la 3ième était de moi. Un petit mot pour certains, mais qui, pour nous, avait signifié beaucoup.
Mes doigts ne semblent pas vouloir s'arrêter. Ils passent et repassent en continu sur le dernier mot. Et à chaque passage, mes larmes deviennent plus importantes. Finalement, mon corps, épuisé d'être secoué par mes pleurs, lâche et je m'effondre au sol, la rose encore fortement serrée dans ma main. Je me recroqueville sur moi-même et laisse toute la souffrance et la peine accumulées s'évacuer….
-« Kate.»
-« Mike ? »
-« Lève-toi. »
-« Pourquoi ? »
-« Parce que je te le demande. »
-« Tu m'as trahi. »
-« Et tu l'as trahi. »
-« C'est faux !… Je ne l'ai jam… »
-« Tu lui as menti. »
-« Ce n'est pa… »
-« C'est une autre sorte de trahison gamine. Mais s'en est une. »
-« Je n'étais pas prête. »
-« Je sais. Mais il méritait de le savoir. »
-« Il m'a menti aussi. »
-« Et ça t'as gardé en vie. »
-« Il n'est pas revenu. Alors qu'il revenait toujours. »
-« Pourquoi ? Pourquoi n'est-il pas revenu cette fois ? »
-« Je ne sais pas. »
-« Réfléchis... Souviens-toi.»
-« Je… Je… »
Je bondis droite comme un i. Il me faut quelques secondes pour retrouver mes repères et lorsque mon esprit est clair, je me jette sur le téléphone près de mon lit et appelle Alexis.
-« Allo ? »
-« Salut Lex. Est-ce que tu… »
-« Hé Kate ! Comment tu vas ? J'étais justement sur le point de venir te voir. » Me coupe-t-elle.
-« La nuit a été calme. Et euh… Es-tu encore à la maison ? »
-« Ouais. Juste finissant de me préparer. Pourquoi ? Tu as besoin que je t'apporte quelque chose ? »
-« En fait oui… Pourrais-tu récupérer mon portable qui se trouve dans le bureau ainsi que la clé USB qui est juste à côté?
-« Kate, tu crois vraim… » Me demande-t-elle avec inquiétude.
-« Lex, je vais bien, je promets. Je veux juste vérifier mes mails.» Lui mentais-je pour la rassurer.
-« Ok. »
-« Merci. Et Lex. Tu pourrais aussi emmener 2 ou 3 livres. Ca aidera à passer le temps. » Lui demandais-je pour apaiser définitivement ses craintes.
-« Quelque chose en particulier ? »
-« Pas vraiment. Je te fais confiance. »
-« Bien, je te vois dans ¾ d'heures. »
-« A tout à l'heure. »
Je repose le combiné, me réinstalle contre les oreillers et ferme les yeux. Puis, même si ça va faire mal, je me remémore ma dernière discussion avec Rick…..
Malgré mon envie de savoir, je laisse le portable de côté et m'intéresse à ma jeune protégée. Malheureusement, je ne parviens pas à être totalement avec elle. Mon esprit s'évadant sans cesse sur le contenu de la clé. Et Alexis doit avoir remarqué mon inattention car elle finit par se lever, m'embrasser sur la joue en promettant de revenir dans l'après-midi et quitter la chambre. A peine ai-je entendu le clic de la fermeture de la porte, que je rapproche la table, ouvre mon ordi, insère la clé USB et patiente...
Me voici une nouvelle fois devant la demande de mot de passe. Les mains légèrement tremblantes, je tape *treason* puis entrée… Mot de passe incorrect s'affiche maintenant sur l'écran… Je réessaye mais en écrivant cette fois *TREASON* en majuscule et tape entrée… Aucun changement… Pourtant, c'est comme ça qu'il devait se sentir. Je l'avais tout de même trahi pas 1, mais 2 fois.
Mais si ce n'était pas cela. Alors, qu'est ce qui aurait pu l'avoir blesser plus… Il avait été furieux, blessé, je l'avais repoussé et tellement plus.
Voulant mettre toutes mes réflexions en ordre, j'ouvre une nouvelle page word où j'inscris tous les mots auxquels je pense et qui avaient dû lui traverser l'esprit pendant et/ou après notre dernière rencontre. Et vu la manière dont elle s'était terminée et sa facilité avec les mots, il avait beaucoup de choix...
Arrivée à bouts d'idées, je commence à les entrer.
Tout d'abord il y a : Contempt… Je le tape en petites et en grandes lettres mais rien… Cela peut sembler ridicule, mais un poids s'ôte de mes épaules en sachant qu'il ne me méprise pas.
Le suivant est : Hate… Avant de l'entrer, j'avale la boule qui s'est logée dans ma gorge... C'est un mot si dur et à l'opposé de ceux qui m'ont aidé à guérir après ma fusillade... Je le frappe et ferme les yeux en appuyant sur entrée. Le son caractéristique que je commençais à détester retenti et je laisse échapper un petit soupir de soulagement.
Le 3ième est : Disgust… J'y vais plus sereine. Parce que je peux vivre avec son dégout… Toujours rien...
Je continue à passer par ma liste sans aucuns résultats jusqu'à ce que l'alarme d'erreur ne se fasse pas entendre. Mon regard bloque sur la page maintenant ouverte. Me reprenant très vite, un sourire fleurit sur mes lèvres et je lâche un YES sonore dans la chambre vide. Mais mon sourire ravi disparait lorsque mes yeux tombent sur le mot de passe accepté… FAREWELL… Mon cœur se comprime et mes canaux lacrymaux se remplissent d'eaux. Avec ce simple mot, il avait mis un terme définitif à nos 4 années de collaborations et d'amitié. Comme il l'avait écrit sur son calepin, il était prêt à tourner la page. Face à moi l'écran se brouille et avant de pouvoir réagir, mes perles salines se précipitent en bas de mes joues. Je claque violemment le clapet fermé et me laisse aller, pour la dernière fois, à mes émotions. Il a abandonné ? J'abandonne aussi. J'ai vécu avant lui, je continuerai après lui...
Plusieurs minutes plus tard et avec brusquerie, je relève le clapet, prête à effacer la clé. Mais voilà, lorsque mes yeux tombent sur l'écran, ma main fait un arrêt au-dessus du clavier. Je fixe, hypnotisée, ce qui se trouve devant moi. C'est une douleur sur ma lèvre inférieure qui me fait sortir de ma transe. Je la libère de la prison de mes dents et avant de changer d'avis, je clique sur le dossier marqué *BECKETT. P*
Des photos. Des centaines de photos… On peut y voir Javier, Roy, Kévin, Rick, Lanie et moi-même au fil des années. Mais le dénominateur commun entre elles, est que j'y apparais sur toutes… Beaucoup viennent de scènes de crimes. Des clichés volés qui, vu la proximité et/ou le lieu, ont été prises à l'intérieur du cordon. Il y en a aussi un grand nombre faite au poste et au Old Haunt. Mais les plus surprenantes sont celles lors de la sortie de vague de chaleur ou lorsque nous étions sous couverture à ce gala. Il y en a même 2 du mariage de Kyra… Si je ne savais pas mieux, j'aurai pu en être effrayé et penser à Rick comme un harceleur. Ou pire, l'imaginer ayant engagé un photographe pour me suivre. Mais d'1, ce n'était pas le style de Castle… Il avait trop de respect pour moi… Et de 2, les photos démontraient qu'elles avaient été capturées par des personnes se tenant très près de moi. Et je pensais immédiatement aux gars et à Lanie, voire même Montgomery et mes autres collègues... Comment je ne m'en été pas aperçu était un mystère…
En faisant défiler les images, je découvre 2 choses. La 1ière : est que les photos sont toutes datées et situées. La 2ième : est qu'elles sont placées par ordre chronologique. Sous le choc face à ce travail minutieux de la part de mon partenaire, j'enclenche le diaporama... Se joue alors devant mes yeux mon évolution de ces 4 dernières années. La transformation est stupéfiante. La femme froide, dure aux traits fermés et au regard vide du début, se métamorphose au fil des photos en femme souriante, plus féminine et surtout plus vivante. Et je dois ce changement à une seule personne. Rick... Il m'a donné tellement sans rien demander en retour. Il méritait tellement mieux que moi, et pourtant, c'est moi qu'il avait choisi…
Le visionnage terminé et encore sous le coup de l'émotion, je ferme le fichier puis ouvre le deuxième et dernier qui est estampillé *BECKETT.F*
A la seconde où mon cerveau analyse ce que mes yeux sont regardant, mon cœur s'effrite… J'ai devant moi 1 copie du dossier de ma mère… La colère, la trahison mais aussi la déception et la peur se battent en moi. Je n'ai qu'une envie, c'est de refermer et oublier ce que j'ai vu. Mais la partie de moi, celle qui cherche des réponses depuis 12 ans, veut en savoir plus. Je fais donc dérouler lentement les pages en essayant de trouver une nouvelle information, mais il est identique au mien… Seuls ses commentaire et réflexions diffèrent… Je continue à avancer complètement hors du temps. Quelques temps plus tard, je tombe enfin sur quelque chose de nouveau... Il s'agit de ce Mr Smith que Rick a mentionné... Je suis en pleine lecture lorsque j'entends un cognement sur la porte qui me fait tressaillir. Je redresse la tête au moment où celle-ci s'ouvre. Instinctivement, je referme le dossier tout en maudissant le nouvel arrivant, qui n'est autre que mon père. Essayant d'avoir l'air détendu, je lui offre un petit sourire puis éteins l'ordi avant de l'éloigner de moi.
Si j'avais su que je n'aurai pas l'occasion de jeter un autre coup d'œil sur le dossier avant longtemps, je n'aurai pas hésité à renvoyer mon père de la chambre.
A suivre….
N'oubliez pas de laisser un comm.
