- Très bien, tu as fait ton choix. Eh bien, je vais faire le mien, tu n'as qu'à t'en sortir seul, Malefoy. De toute façon, ton ami animagus n'a qu'à t'emmener à l'infirmerie. Je suis sûr que tu n'as pas besoin de moi.
Baltus couina plaintivement vers le Gryffondor, mais celui avait déjà tourné les talons. Baltus rampa vers le torse de son maître et elle déplia ses ailes pour lui tenir chaud autant que possible.
Ses petits cris déchirants résonnèrent toute la nuit, mais personne ne vint. Ils restèrent seuls, abandonnés de tous, au milieu de nulle part.
Blotti dans ses draps chauds, Harry Potter n'arrivait pas à dormir. Des images insoutenables planaient dans sa tête, le torturant à petit feu. Des cheveux blonds souillés de sang, des trous béants dans la poitrine et le cou, une peau lacérée délivrant un terrible message. Il voulait ignorer tout ça, faire comme si cela ne l'affectait pas, en vain.
Il était choqué. Voir son ennemi de toujours dans un tel état l'avait profondément secoué. Avant de penser au Mangemort qu'il était, le Gryffondor n'avait vu en lui qu'une personne à secourir. Son sentiment de haine pour le Serpentard avait été balayé à l'instant même où il avait compris à qui appartenait ce corps mutilé, étendu dans l'herbe humide du parc. Il avait alors été paniqué à l'idée qu'il puisse ne jamais se réveiller.
Il avait pris conscience que son équilibre psychique serait devenu d'autant plus bancal si le Serpentard n'était plus dans sa vie. Il était un point fixe et inébranlable de son existence. C'est ainsi qu'il comprit que son désir de sauver le jeune Malefoy avait des racines bien plus complexes qu'il ne le croyait. Aider Drago revenait à s'aider lui-même. Il ne pouvait pas supporter l'idée de le perdre aussi étrange que cela pouvait paraître.
Cependant, lorsque le Gryffondor avait découvert la marque des Ténèbres sur son avant-bras, ses bonnes intentions s'étaient évanouies. Harry ne voyait plus qu'un Mangemort qui avait eu ce qu'il méritait et il comptait bien ne rien faire pour changer ça.
Une petite voix dans sa tête, ressemblant vicieusement à celle de son parrain, ne cessait de lui souffler qu'il était en train de faire une grave erreur, mais le Gryffondor s'entêtait à ne pas l'écouter. Il se bornait à croire qu'il avait pris la bonne décision. Pourtant, la voix était pleine de bon sens: « Et si la chauve-souris n'était pas un animagus? Pourquoi avait-elle perdu du temps à chercher quelqu'un si elle était capable de prendre une forme humaine pour porter le Serpentard à l'infirmerie? Drago a besoin de toi ! ».
Harry se tourna rageusement dans son lit. Il ne voulait pas entendre ça. Ces pensées étaient bien trop dérangeantes, bien trop rationnelles. Il soupira longuement et après quelques minutes de lutte acharnée contre cette voix, il finit par trouver le sommeil.
Dehors, les premières lueurs du jour annonçaient l'arrivée d'un soleil timide, dissimulé derrière une nappe épaisse de brouillard. Le Serpentard n'avait toujours pas repris connaissance. Quelques gouttes de sang continuaient de s'échapper de ses plaies et Baltus avait abandonné l'idée de nettoyer son maître de ses souillures. Ses ailes étaient toujours déployée sur son torse pale et imberbe. Le sang maculait son pelage brun et la chauve-souris frissonna toute la nuit au contact du liquide visqueux qui était devenu glacé avec l'air frais de la nuit.
Elle avait finit par s'endormir au petit matin, vaincue par le désespoir, la tristesse et l'épuisement. Son maître, lui, paraissait bien plus mort qu'endormi. Sa peau arborait un teint gris maladif et ses lèvres étaient devenues violettes. Ses membres s'étaient raidis dans une posture étrange et inconfortable. Drago baignait littéralement dans une marre de sang, son propre sang. L'herbe s'y était noyée. La terre s'était enfoncée sous le poids de son malheur, comme si elle offrait déjà une place pour son repos éternel.
Une brise glaciale vint fouetter une mèche de cheveux ensanglantée qui alla se poser sur le front du jeune homme. Inconsciemment, son corps fut parcourut d'un violent frisson et Baltus se réveilla en sursaut. Ses petits yeux perçants fixèrent le visage de son maître, à l'affût d'un moindre changement. Mais son expression crispée restait figée. La chauve-souris gémit bruyamment de frustration et d'inquiétude, puis elle reposa sa tête sur la poitrine du Serpentard, défaite.
Dans les dortoirs du château, quelques têtes émergeaient déjà des couvertures. D'autres se recouvraient leur visage de leur oreiller en plumes d'oie, dans l'espoir de ne plus entendre leur réveil sonner. Ron faisait partie de ces élèves-là. Il n'avait jamais été du matin. Neville, Seamus, Jack et Cormac faisaient également partie de ce groupe, mais pour une autre raison que le jeune Weasley. Ils avaient des heures de sommeil à rattraper…
Quand à Harry, il s'était levé bien avant tout le monde, l'esprit embrumé. Il ne comprenait pas pourquoi, mais il ne se sentait pas très bien. Il avait l'impression d'oublier quelque chose d'important. C'était comme si sa tête bloquait une information capitale. Au bout d'une heure, le Gryffondor n'y prêta plus attention. Il attendit tranquillement que Ron se réveille pour aller petit-déjeuner avec lui.
Arrivés dans la Grande Salle, Hermione se joignit à eux.
- Bonjour vous deux ! dit-elle sur un ton enjoué.
Ron grogna en guise de réponse, le nez plongé dans un grand bol de lait fumant.
- Salut Hermione. Bien dormi à ce que je vois.
- Comme un bébé ! Et toi, Harry ? C'est pas pour te vexer, mais tu as une mine affreuse. Est-ce que tu as eu un cauchemar ? murmura-t-elle en lui adressant un regard mêlé d'inquiétude et de compatissance.
- Non, ne t'inquiète pas. Tout va bien…
A peine avait-il répondu cela que les réminiscences de la nuit dernière refirent surface dans son esprit. Il grogna et se prit la tête dans les mains.
- Par Merlin…
- Harry ? Qu'est-ce tu as ? demanda son amie encore plus inquiète.
Ron releva la tête, vaguement intéressé.
- Rien, rien, s'empressa-t-il de répondre, je viens juste de me souvenir de quelque chose. Harry leur fit signe de s'approcher. Figurez-vous que la nuit dernière, je me promenais dans le parc…
- HARRY ! coupa la jeune femme, les yeux exorbités.
Le Gryffondor lui lança un regard ennuyé et celle-ci se retint d'insister davantage.
- …et, j'ai rencontré Malefoy, en quelque sorte…
Ron fronça les sourcils à ces mots.
- En quelque sorte ? répéta prudemment Hermione.
- Oui, disons qu'il était…, Harry se mordit la lèvre inférieure, se demandant si le mot qu'il s'apprêtait à employer n'était pas trop léger vu la situation, …endormi, enfin, je veux dire inconscient, en tout cas, en mauvaise état, bredouilla-t-il.
- Quoi ? Je ne te suis pas, Harry. Tu peux être plus précis? demanda la jeune femme, apparemment de plus en plus tendue.
Ron semblait nettement plus attentif après avoir entendu que le Serpentard n'allait pas bien. Ses yeux pétillaient d'excitation. En revanche, Harry était mal à l'aise. Il redoutait la réaction d'Hermione face à son comportement de la veille. Au plus profond de son être, il savait qu'elle aurait raison et que sa colère n'aurait d'égal que sa bêtise. Pourtant, cela ne l'empêchait pas de continuer à se dire qu'il ne regrettait pas ce qu'il avait fait. De toute façon, il ne pouvait pas retourner en arrière et il était certain que quelqu'un avait déjà dû s'occuper de lui. Ce n'était rien de grave tout compte fait…
- Eh bien, en fait, je pense qu'il s'est bagarré avec quelqu'un et cette personne a dû avoir le dessus. Je n'en sais pas vraiment plus. Je l'ai laissé se débrouiller seul…enfin, je veux dire que je l'ai laissé seul…
- QUOI ? s'écria Hermione en se mettant debout, les poings sur la table.
Quelques têtes engourdies par le sommeil se tournèrent vers eux en marmonnant de manière inintelligible.
- Mais Harry, bon sang, qu'est-ce qu'il t'a pris de faire une chose aussi stupide ?
- C'est un Mangemort, répondit-il d'une voix ferme.
- IMBECILE ! hurla-t-elle, alors que toute la Grande Salle était maintenant plongée dans un silence pesant.
- Euh, Hermione, tu peux pas baisser d'un ton ? Tout le monde nous regarde et…
- Franchement, Ron, si c'est ton seul souci du moment…, cracha-t-elle férocement.
- Du calme, on parle juste de la Fouine. Il n'a eu que ce qu'il méritait. Harry a bien fait de ne pas l'aider. Il fera moins le malin maintenant qu'il a reçu cette correction.
Hermione regarda ses deux meilleurs amis avec incrédulité, comme si elle ne les reconnaissait plus. Sa bouche était entrouverte, mais aucun son n'en sortait. Tous les yeux étaient sur elle, dont ceux de Harry qui étaient flamboyants. Il la mettait au défi de défendre un Mangemort. A nouveau, l'esprit du Gryffondor était aveuglé par la colère. A cet instant précis, il se fichait d'avoir fait une bêtise, si cela signifiait ne pas avoir aidé un de ces monstres.
- Où est-il ? demanda-t-elle d'une voix calme et contrôlée, alors que son corps entier bouillonnait de rage.
- A côté du chemin qui mène vers le lac, répondit Harry tout aussi calmement, si personne ne l'a encore ramassé, osa-t-il ajouter d'un ton moqueur.
La gifle partit toute seule. Hermione, telle une lionne enragée, s'était penchée par-dessus la grande table en bois et lui avait asséné une claque retentissante. Tous les élèves qui avaient assisté à la scène avaient décollé de leur banc d'une bonne dizaine de centimètres. Ils n'en revenaient pas qu'elle soit capable d'une telle colère, d'une telle perte de self-control. Elle était pourtant préfète. Elle devait montrer l'exemple et maintenir le calme. Ce jour était l'exception à la règle.
Hermione lui adressa un regard de pur dégoût et détalla sans rien dire, sous l'expression médusé de Ron. Harry n'avait pas l'air de réaliser que sa meilleure amie venait de le gifler. Il se remit à manger comme si de rien était, dans le fond soulagé qu'elle soit partie sans faire plus de scandales.
La jeune femme se précipita dehors, après avoir enfoncé la grande porte en bois des deux mains. Ses chevilles se tordirent à maintes reprises sur le chemin parsemé de petits cailloux, mais elle ignora la douleur et continua de courir à tombeau ouvert. Ses yeux scannaient les environs de chaque côté du sentier et ce n'est qu'après quelques mètres supplémentaires qu'elle aperçut une forme humaine gisant dans l'herbe.
- MALEFOY ! hurla-t-elle, une boule se formant dans son ventre.
En arrivant à sa hauteur, le souffle court, elle porta la main à sa bouche. Il y avait tant de sang autour de son corps inanimé qu'elle avait réellement peur d'être arrivée trop tard. Son cœur battait si fort qu'elle avait l'impression qu'il allait passer à travers ses côtes et sortir de sa poitrine comme une diable bondissant hors de sa boîte. Elle avança encore un peu et se pencha au-dessus de Drago.
Soudain, elle vit Baltus, la tête posée sur la poitrine du Serpentard. Elle crut que la bête nocturne était venue boire du sang frais et un cri strident sortit de sa bouche. La chauve-souris, déboussolée et paniquée, s'envola précipitamment et disparut dans la forêt.
Hermione s'agenouilla près de Drago, tout en lisant rapidement le message sur son torse. Elle serra les dents, refusant de se laisser influencer dans ses actes par ces mots. La jeune femme approcha deux doigts tremblants au niveau de la carotide du Serpentard et lorsqu'elle appuya dessus, elle réalisa d'autant plus à quel point la situation était catastrophique. Son pouls n'était même plus percevable. Les larmes montèrent dans ses yeux, mais elle ne se laissa pas submerger par ses émotions. Il y avait toujours de l'espoir.
- Allez, Malefoy, accroche-toi ! Je vais t'emmener à l'infirmerie.
Elle sortit sa baguette d'un repli de sa robe de sorcier et la jeta à terre. En un clin d'œil, elle avait retiré le vêtement ample par la tête et avait couvert le corps dénudé du Serpentard avec. Reprenant sa baguette en main, elle la pointa sur le jeune homme.
- Wingardium Leviosa !
Avec une infime précaution, la jeune femme fit léviter le corps de Drago. Elle n'osa pas se remettre à courir, de peur de trébucher et de le laisser tomber. Néanmoins, ses pas se faisaient très pressants. Elle traversa le château, sans prêter attention aux regards effarés que lui adressaient les personnages des tableaux accrochés aux murs.
Par chance, ce jour était un samedi et par conséquent, elle ne croisa personne dans les couloirs menant vers l'infirmerie. En effet, les jours de la semaine, il y avait toujours des élèves qui préféraient se rendre à l'infirmerie, plutôt que d'aller en cours. Ces couloirs n'étaient alors jamais vides.
Hermione ne voulait pas que quelqu'un le voit dans cet état et ceci pour deux raisons. Tout d'abord, elle avait l'intuition que si cette affaire s'ébruitait, Malefoy allait avoir encore plus d'ennuis. La deuxième raison était plus étrange. Elle avait pitié de lui et ne voulait pas que d'autres personnes voient sa déchéance. La jeune femme estimait qu'il avait suffisamment payé pour être ce qu'il était.
Elle passa enfin les portes de l'infirmerie et déposa Drago sur le lit le plus proche du bureau de Mme Pomfresh avec une extrême délicatesse.
- MADAME POMFRESH ! cria-t-elle à pleins poumons, tout en se précipitant dans son bureau.
La quinquagénaire sursauta en voyant débouler la jeune Gryffondor dans son bureau comme une furie, les cheveux ébouriffés.
- Voyons Miss Granger ! On n'entre pas sans frapper ! lui dit-elle d'un air agacé.
- Je suis désolée, madame Pomfresh, mais je n'ai pas le temps de me préoccuper des bonnes manières! Drago Malefoy besoin de vos soins! Je vous en prie, venez !
Les yeux de l'infirmière de Poudlard s'agrandirent, puis se rapetissèrent de gravité et de sérieux. Elle se leva de sa chaise à toute vitesse et suivit Hermione jusqu'au chevet du Serpentard.
- Par tous les saints…murmura-t-elle en découvrant l'état déplorable du jeune homme.
- Madame Pomfresh, demanda Hermione d'une voix hésitante, vous allez le soigner, quoi que vous verrez, n'est-ce pas ?
- Bien sûr! s'exclama l'infirmière, je me dois d'être impartiale! Vous le savez bien.
Elle sortit sa baguette de la poche de sa robe blanche et lança des « Accio » à tout va à travers la salle. Des fioles de potion et des rouleaux de bandelettes blanches arrivèrent dans ses bras, tandis qu'Hermione découvrit le corps de Drago en enlevant sa robe de sorcier noire, qui était maintenant maculée de sang.
Une fiole se brisa sur le carrelage de l'infirmerie. Les yeux de la quinquagénaire s'étaient figés en voyant la poitrine du Serpentard. Une expression d'horreur la plus totale déforma ses traits et Hermione craignit le pire.
- Madame Pomfresh, je vous en prie…supplia-t-elle en posant une main tremblante sur l'épaule du jeune homme.
- C'est…mais c'est un Mangemort…
- Peut-être bien, mais vous l'avez dit vous-même, être impartial fait partie de votre métier.
- …
- Je vous en prie ! Vous êtes la seule personne qui puisse le sauver ! cria-t-elle à bout de nerfs, les larmes perlant finalement de ses yeux tourmentés.
- Je dois d'abord avertir les directeurs des Maisons que nous avons un Mangemort dans le château. Dumbledore devra aussi être mis au courant. Je ne le soignerai pas sans autorisation…dit-elle l'air terrifié.
- PAR MERLIN ! Que vous arrive-t-il à tous ? Nous ne sommes pas des monstres! Nous ne laissons pas les gens mourir, peu importe leur statut ! Ce n'est pas encore la guerre ! Et même si c'était le cas, je ne veux pas perdre mon humanité ! hurla la jeune femme en s'approchant de l'infirmière d'un pas décidé.
Cette dernière recula un peu, mais laissa Hermione se mettre face à elle. La jeune Gryffondor prit les affaires des bras de l'infirmière et les déposa rapidement sur la table de chevet accolée au lit du Serpentard.
- Très bien, si personne ne veut le sauver, moi j'essayerai, déclara-t-elle plein de courage.
Incrédule mais néanmoins admirative, Madame Pomfresh regarda la jeune femme s'approcher du corps de Malefoy, la baguette pointée sur le trou béant qu'il avait dans le cou. Elle murmura une formule qu'elle avait apprise récemment, espérant de tout cœur qu'elle n'aggrave pas les choses. Cependant, la plaie se referma de moitié et Hermione soupira de soulagement.
- Attendez, je vais le faire…
- Quoi ?
- C'est bon, je vais m'occuper de lui, affirma l'infirmière d'un air désolé.
Hermione lui sourit légèrement et alla se placer de l'autre côté du lit, profondément reconnaissante envers cette femme qui avait finalement accepté de l'aider, malgré la peur et la haine qu'elle ressentait pour le jeune homme.
Les yeux fermés, l'infirmière fit glisser lentement sa baguette le long du corps de Drago. De cette manière, elle pouvait visualiser dans son esprit toutes les plaies internes et externes dont souffrait le Serpentard.
- Seigneur…murmura-t-elle d'une voix chevrotante, venez-moi en aide…
- Je vous en prie, ne me dites pas qu'il est…trop tard…supplia Hermione en prenant la main glacée du jeune homme dans la sienne.
- …Je vais faire de mon mieux…répondit-elle très émue.
L'infirmière plaça le bout de sa baguette dans l'orifice qui se trouvait au niveau du cœur du Serpentard et, par une formule complexe qu'elle murmura, le sang se mit à couler dans la plaie béante.
- Miss Granger, j'aurais besoin de votre aide.
- Bien sûr. Que dois-je faire ?
- Continuez de cicatriser ses blessures comme vous l'avez fait tout à l'heure. Sinon…
Un filet de sang s'écoula soudain du cou de Drago. Quelques secondes après, du sang s'écoula de sa joue, de ses oreilles, de ses narines, de ses yeux, de sa tempe. Puis, ce fut le tour de sa cuisse gauche et de son pied droit. Les lettres gravées dans la peau de sa poitrine de mirent à luire jusqu'à disparaître dans une marre de sang. Les draps blancs ainsi que le matelas se retrouvèrent vite tâchés et imbibés du liquide carmin.
Hermione fit de son mieux, mais les plaies restaient partiellement ouvertes. L'infirmière arrêta la transfusion sanguine et s'empressa de refermer les blessures d'une main experte.
- Maintenant le cerveau et le crâne, dit-elle avec assurance.
- Co…comment ça ?
- Monsieur Malefoy présente un cerveau endommagé, sans compter que les os de son crâne ont été littéralement réduits en miettes.
Hermione reprit la main du Serpentard et la serra fort, les larmes glissant silencieusement sur ses joues, pendant que madame Pomfresh lui prodiguait ses soins. Elle sutura d'abord magiquement toutes les plaies de son cerveau, puis elle s'attaqua à la reconstruction de son crâne. C'était un travail extrêmement complexe et minutieux. Elle devait ressouder chaque minuscule morceau avec les autres, tel un puzzle à mille pièces.
Une heure s'écoula. L'infirmière s'arrêta, soupirant profondément et ramenant une mèche de ses cheveux gris derrière l'oreille. Elle releva la tête vers la jeune Gryffondor et la fixa un moment sans rien dire. N'y tenant plus, Hermione prit la parole.
- Je vous en supplie, dites-moi qu'il va s'en sortir !
- Hélas, cela ne dépend plus de moi. Monsieur Malefoy peut se réveiller, tout comme rester endormi pour toujours. J'ai fait tout ce que j'ai pu croyez-moi, soupira-t-elle, l'air découragé.
- J'en suis certaine. Merci infiniment, madame Pomfresh, dit-elle en souriant tristement.
- Je…je regrette d'avoir perdu un temps précieux à discuter de ce qu'il était bien de faire. Vous seule aviez raison, Miss Granger, et j'en suis absolument désolée. Ce temps gâché lui coûtera peut-être la vie…
- Ne vous torturez pas l'esprit avec cette idée. De toute façon, on ne peut plus rien faire maintenant.
- Oui, répondit simplement l'infirmière qui se sentait abattue.
La quinquagénaire fit léviter le corps du Serpentard et le déposa sur un lit voisin propre. Avant de rabattre les couvertures sur lui, elle soigna son genou en remettant la rotule en place et en rattachant les ligaments et les tendons à leur place habituelle. Puis elle banda l'articulation pour la maintenir fermement en place et elle termina son intervention en versant deux cuillères à soupe d'une potion violette contre la douleur dans la gorge de Drago.
- Voilà, murmura-t-elle avec bienveillance, tout en remontant les couvertures chaudes jusqu'au menton du jeune homme.
- Madame Pomfresh ? Puis-je avoir l'autorisation de rester auprès de lui ?
L'infirmière approuva en hochant la tête, un sourire compatissant adoucissant ses traits.
- S'il ouvre les yeux, appelez-moi, d'accord ?
- C'est entendu.
L'infirmière s'éloigna, emportant avec elle le matelas et les draps souillés, laissant ainsi le Serpentard en compagnie de la jeune Gryffondor qui était assise à son chevet, une main caressant doucement son front et l'autre posée au-dessus de la sienne, telle une mère s'inquiétant pour son enfant, tel un ange gardien...
Bonjour tout le monde !
Hum, comme je m'y attendais, vos réactions ont été vives. J'espère que cette suite sera à la hauteur de vos attentes !
Merci à tous et à bientôt !
Laura: Merci pour ta review! J'espère ne pas t'avoir trop traumatisée! Tu pourras peut-être te remettre de tes émotions avec les chapitres suivants, quoique...Je voulais vraiment vous inspirer la haine envers les Gryffondor, histoire de changer un peu les rôles. Tu comprendras mieux pourquoi Neville est devenu comme ça. Tu ne pourras probablement pas excuser ça mais au moins voir son point de vue. Je n'aime pas la violence gratuite. J'aime y mettre du sens parce qu'il y en a toujours un, même si celui-ci se rapporte aux bas instincts, encore faut-il le mettre en évidence. J'espère avoir réussi ça avec la suite des évènements. A plus tard!
Eden: Merci d'être honnête et de me dire ce que ma fic t'inspire même si c'est négatif pour toi. Je le respecte. Je pense néanmoins que chacun fait des erreurs et qu'il ne faut s'empresser de juger sévèrement et trop vite. C'est valable pour les Gryffondor et les Serpentard et c'est ce que je voulais mettre en avant. Les Gryffondor ne sont pas tous des innocents et Drago n'est pas non plus parfait. Manifestement, tu as un avis bien tranché sur la question, comme quoi les Gryffondor sont presque tous des crétins immatures qui ont une situation confortable. En lisant HP, j'avais parfois cette impression et ça pouvait m'énerver. Effectivement, si cette histoire te met à ce point en rogne, c'est sans doute mieux pour toi d'aller lire une autre fiction qui ne parle pas d'injustice. La seule chose que je trouve dommage, c'est que tu resteras avec la façade de tous ces personnages sans apprendre à remettre en question tes convictions sur chacun d'eux en découvrant la suite. Mon but n'est pas d'en rester là, mais justement de montrer les différentes facettes de leur personnalité au fur et à mesure de l'histoire, pas pour excuser leurs erreurs, mais pour les comprendre ce qui change tout dans nos propres sentiments et attitudes. Cette fiction restera majoritairement sombre et dure mais il y aura de l'amour, de l'humour, beaucoup de changements dans les relations, mais surtout, cette histoire tend vers l'espoir même si ça ne se voit pas encore. Voilà, j'ai défendu mon cas comme j'ai pu lol, libre à toi de renoncer à lire cette fiction ou pas. J'espère au moins que tu verras ce message. Bonne continuation dans tous les cas et j'espère que tu trouveras un moyen de soulager ta colère ou de l'utiliser pour une bonne cause. :)
