Bonjour tout le monde !

Nous espérons que vous allez bien tout comme nous et que ceux d'entre vous qui sont en vacances profitent bien. Nous revoilà pour le chapitre 9 quant à nous, encore et toujours fidèles aux rendez-vous ! Nous sommes encore une fois ravis que cette fiction vous emballe autant que nous avons plaisir à l'écrire pour vous.

Nous passons maintenant aux remerciements personnels !

Stanathan38 : C'est alors avec honneur que nous avons reçu et lu ta review! Nous sommes contents que notre cuisine te plaise. On s'est beaucoup amusés avec le personnage de Victoria. Pour ce qui est de l'attente, si on pouvait poster plus souvent on le ferait sans hésiter ; mais nous avons tous les deux beaucoup de travail et plutôt que de vous faire attendre car on a épuisé toutes nos munitions on préfère garder un peu d'avance. En espérant en tout cas que tu continues d'aimer le menu.

nero94 : Comme ça tu as deux bonnes raisons d'aimer le lundi! Merci en tout cas pour ton témoignage. Au plaisir de te lire.

Aurelyse : Oh que si on peut le faire! Ce n'est pas de la torture, seulement une coupure stratégiquement placée comme dirait Castle ;)

Solealuna : On est contents que tu aies adoré, vraiment. Merci d'être là toutes les semaines et interdiction de fouiller dans l'ordi de Sarah pour avoir la suite en exclu :p Pour la suite tu ne vas pas être déçue :p enfin on espère^^

Ewilan : Oui on le sait, à croire qu'on aime ça^^ Merci de ton commentaire en tout cas.

Castlefan : Non merci à toi d'être là pour partager cette aventure avec nous. Vous nous donnez encore plus envie de continuer. Gilles a l'habitude pour les féminisations, il faut dire qu'un auteur masculin c'est pas si fréquent! On espère que ce chapitre te plaira toujours autant.

Aud67100 : Nous aussi on attend le lundi avec impatience pour poster le nouveau chapitre et lire vos réactions! Merci.

SeriesAddict76 : On s'est doutés qu'il y avait eu un petit soucis technique. Merci en tout cas pour ton MP. Pour la réaction c'est tout de suite!

Audrey 1986 : Merci à toi.

Saluki8 : Lol pas grave pour la semaine passée! Ici on ne punit personne pour absence de commentaire, c'est tellement génial de découvrir vos réactions! La réaction c'est très prochainement, en espérant que ça te plaise aussi.

DrWeaver : Pour les coupures et le suspens on prend des cours en regardant Castle toutes les semaines! Ah une autre amatrice d'Iron Man alors. En espérant que la suite te fasse aussi une bonne impression.

LilyPierce : C'est bien tu progresses ;) Pour la longueur des chapitres on s'est un peu fixés une règle vis-à-vis de nos lecteurs et pour le moment on la tient. Et on adore les commentaires faut pas se le cacher, mais ils ont de valeur car vous avez envie de les laisser. Pour la suite a priori on te fera plaisir sur un point. Pour le reste on te laisse découvrir ... Bonne nouvelle si la Beckett que l'on propose te plait et est fidèle avec celle de la série. Encore une fois merci pour ton commentaire élogieux et plein de compliments. Bonne continuation à toi.

Pandora60 : Nous sommes ravis que ce dernier chapitre t'ait plu et tout particulièrement d'ailleurs. Notre volonté est plutôt qu'il y ait pas mal d'action, mais les moments de réflexion sont aussi nécessaires et ça nous paraissait pertinent de montrer Beckett dans un moment comme ça. Nous aussi on a adoré Victoria Bracken! Oui elle est capable du pire, elle l'a montré d'ailleurs. Kate maltraitée à vrai dire on y tenait pas. La relation qu'elle a avec Bracken est bien plus psychologique, donc il nous fallait respecter ça et comme tu le dis si bien, pas besoin de scalpels ou autre instruments de torture pour rendre la scène angoissante. Tu n'es pas la seule à nous dire que tu retrouves les caractéristiques des personnages dans l'histoire, c'est vraiment un beau compliment donc réellement merci. Pour la suite de son attitude par rapport à Johanna, nous te laissons le découvrir là...Nous te remercions encore pour tes commentaires toujours aussi passionnés de semaine en semaine.

Lucie.M : Nous sommes flattés :) Effectivement Castle n'est pas surpris et nous comprenons que cela ai pu te troubler, tout comme pour la mise en scène. On a fait des recherches pour le gilet pare couteau ; mais après c'est tout à fait compréhensible de trouver ça un peu tiré par les cheveux. Malgré ceci nous sommes ravis que tu adhères. Pour la suite de "Raisons et sentiments", le chapitre final est dur à rédiger mais il est en maturation dans le neurone solitaire de Gilles.

Thigui : Ahhaha la discussion... espérons que cela ne te déçoive pas^^

lille76 : Oui on s'éclate sur les citations^^ Non tu ne trompes pas, il y aura plein d'émotions. Sors le pop corn et les mouchoirs au cas où ;)

Manooon : Oui enfin libre comme tu dis. On allait pas la laisser plus maintenant au milieu des bois la KB. Pour la réaction de Kate, c'est tout de suite^^

Sans laisser de traces…

Chapitre 9, Johanna Beckett.

J'y étais enfin arrivée. Devant moi, à quelques mètres seulement de moi se tenait ma raison de vivre, celle que j'avais choyée et protégée pendant de longues années avant de l'abandonner pour sa propre survie. Kate était là, frêle et si fragile alors que son fiancé que j'avais appris à connaître un petit peu pendant mon séjour chez lui examinait ses blessures et la serrait dans ses bras comme si sa vie en dépendait. Mon instinct me criait d'aller à son encontre, de la prendre dans mes bras à mon tour et de lui murmurer à l'oreille à quel point elle m'avait manqué, mais je restais figée telle une statue lorsqu'elle éleva ses beaux yeux verts sur moi, prononçant un mot qui n'avait pas sonné à mon oreille depuis des années.

- Maman ?!

Les regards de Rick, Ryan et Esposito convergèrent vers moi et je me sentis rougir, ne sachant comment agir en leur présence. J'avais l'impression d'être de trop dans cette scène intime entre ma fille et son fiancé et des retrouvailles avec ses amis et collègues. Alors que Kate venait de prononcer mon nom je fis un pas en avant par automatisme, m'avançant ainsi d'elle.

- Katie…

Son visage qui exprimait précédemment l'étonnement changea du tout au tout et se figea en une expression de colère.

- Ne m'appelle pas comme ça ! Fit-elle d'une voix forte qui n'étonna pas que moi, causant à ses collègues masculins de la regarder avec étonnement.

Quant à moi je restais coite, je ne savais que lui dire et surtout comment agir face à tant de virulence.

- Tu crois que tu peux débarquer ainsi dans ma vie après 15 ans, continua Kate la mâchoire serrée et les yeux brillants. Tu crois qu'après 15 ans à me morfondre sur ta mort, tu peux débarquer ainsi la bouche en cœur ?

Ses paroles me heurtaient en plein fouet et je savais que c'était son but. Je pouvais comprendre qu'elle me rejette, cependant cela ne faisait pas pour autant taire la douleur sourde que cela créait dans ma poitrine me serrant le cœur. J'avais tant redouté ce genre de réaction de la part de mes proches une fois la vérité éclatée au grand jour, mais cela faisait plus mal que ce à quoi je m'attendais et m'étais préparée psychologiquement. Néanmoins, aucune préparation n'aurait été suffisante.

- Kate, tentais-je de nouveau.

- Je ne veux pas te voir, contra-t-elle en me lançant un regard noir. Va-t'en, retrouve ta nouvelle vie et ne fais pas semblant de t'intéresser à moi et Papa lorsqu'il nous arrive des problèmes !

J'ouvris la bouche de stupeur et ce fut Rick qui intervint à cet instant.

- Kate ! dit-il d'une voix sévère que je ne lui connaissais pas. Ce n'est pas correct de dire ça, c'est ta mère !

Sans lui adresser le moindre regard, ma fille répondit :

- Ah oui ? Tu dis ça parce qu'elle est venue en apprenant ma disparition ? Mais où était-elle lorsque Papa est devenu alcoolique, où était-elle quand je me suis faite tirer dessus, hein ?

Je ne pouvais répondre à tant d'agressivité et d'animosité aussi je refermais la bouche, me contentant de faire taire la douleur que m'apportaient ces paroles cruelles. Malgré sa violence, ce qu'elle disait été vrai et bien que ces mots me fassent mal, elle ne faisait qu'énoncer une vérité.

- Kate ! Continua son fiancé, mais je le stoppais.

- Non Richard, elle a raison, murmurais-je d'un ton assez fort cependant pour qu'ils l'entendent tous deux.

Relevant la tête vers son homme, Kate sembla réaliser quelque chose soudainement.

- Richard ? Tu lui as déjà parlé ?

La question ne s'adressait pas à moi bien entendu mais à son compagnon qui s'empressa de répondre en toute honnêteté.

- Oui je lui ai déjà parlé et elle est chez nous depuis plusieurs jours. Sans elle nous ne t'aurions jamais retrouvée ou peut-être pas en vie.

Ryan et Esposito acquiescèrent et je vis Lanie s'avancer vers sa meilleure amie, s'agenouillant devant elle et à son air grave je devinais que le médecin en elle avait repris le dessus.

- Kate tu as besoin d'un hôpital à présent, tu as trop tardé, fit-elle.

Ma fille hocha la tête difficilement, mais sembla vivre cette contrainte comme un soulagement inattendu.

- J'ai surtout besoin de m'en aller d'ici, affirma-t-elle en me regardant droit dans les yeux lorsqu'elle prononça cette phrase.

Chacune de ses paroles me faisaient l'effet de réels coups en plein cœur. Seulement pour les contrer, il n'existait aucun gilet de protection. Rick fit mine de l'aider à se lever mais elle se dégagea sans douceur de son étreinte.

- Va rejoindre ta nouvelle amie, Castle, lui dit-elle d'un ton froid avant de suivre sa meilleure amie qui nous lança un regard désolé par-dessus l'épaule de Kate.

Je me sentais coupable et étais peinée que par ma faute il y ait de la tension entre eux deux. Ils auraient du fêter cet instant de bonheur, au lieu de cela ma présence les avait divisés. Mais qui étais-je pour ça? J'étais venue ici à New-York pour sauver ma fille, mais elle ne semblait nullement avoir besoin de moi. Je savais que c'était inévitable et je connaissais bien le caractère de ma fille cependant j'avais oublié à quel point elle pouvait être têtue et bornée. Je savais que ce qu'elle venait de me reprocher n'allait pas se tasser d'ici peu, elle n'était pas du genre rancunière mais là elle pouvait avoir toutes les raisons de l'être si nous étions honnêtes. Pourtant j'aurais tant voulu pouvoir lui expliquer la raison de mes gestes pour justifier un tant soit peu mes actes qui étaient je le savais ineffaçables. Cela m'avait fait si plaisir de la revoir et en même temps je souffrais tellement que j'avais l'impression de revivre ce soir fatidique où je n'avais eu que quelques minutes pour faire un dernier tour chez moi, prendre des affaires dont on ne remarquerait pas la disparition et tourner le dos définitivement à ma vie.

Complètement dépitée et anéantie par cette première nouvelle rencontre avec Kate je laissais mes bras tomber contre mon corps, sentant l'énergie et l'adrénaline qui s'était formée à l'idée de la retrouver quitter mon corps rapidement faisant place à un vide abyssal. Je savais que cela était en quelque sorte inévitable mais j'avais refusé de le voir et à présent j'en faisais les frais. Baissant le regard pour tenter de retenir les larmes qui montaient à mes yeux je ne vis pas Rick approcher, ce fut sa main douce et rassurante sur mon épaule qui me tira de mes songes.

- Kate changera d'avis, Johanna, commença-t-il d'une voix douce. C'était le choc en premier lieu, mais elle ne manquera pas l'occasion de passer de nouveaux bons moments avec vous.

Sa voix était calme et posée cependant je savais qu'au fond de lui, il doutait de ses paroles. Il semblait connaître ma fille comme sa poche, en témoignaient les Nikki Heat où je voyais ma Katie certes sous un nouveau jour mais sous des traits qui m'étaient quand même familiers, et j'étais sûre qu'à cet instant il priait pour que Kate l'écoute et se montre raisonnable. Elle avait hérité de ce gêne chez moi et il m'avait attiré plusieurs fois des problèmes à commencer par l'affaire sur laquelle je m'étais penchée concernant Bracken et que je n'avais plus lâchée. Cette affaire qui m'avait officiellement coûté la vie mais officieusement coûté l'amour de ma famille.

- J'espère, Richard, murmurais-je. J'espère…

Je sentais le regard des deux collègues de ma fille sur moi. J'imaginais leur peine et leur hésitation face à la situation, tiraillés entre la loyauté qu'ils vouaient à Kate et l'amitié qui avait commencé à se tisser entre nous tous. Après tout nous étions liés aussi bien par ma fille que par le secret commun que nous partagions, le meurtre de Bracken. Je m'en voulais de les mettre dans une telle situation d'indécision mais je n'y pouvais rien pour le moment, ce qui règlerait tout cela serait tout simplement ma réconciliation avec Kate.

- Rentrons, intervint Esposito alors que le temps se faisait plus frais, une bourrasque de vent me tirant un frisson.

Je hochais la tête en me dirigeant vers le siège passager de la voiture. Depuis combien de temps étions-nous là ? Je me souvenais d'un soleil radieux lorsque Kate était sortie de la cabane, ou peut-être était-ce à cause de ma joie intérieure à ce moment-là. Pour la première fois depuis que je connaissais Richard il prit le volant, et aux yeux ronds de ses collègues je devinais qu'il ne devait pas faire une telle chose souvent. Un petit sourire se dessina sur mes lèvres lorsque je pensais que c'était probablement à cause de Kate, elle aimait contrôler les choses et ce qui était hors de contrôle l'énervait au plus haut point. Cela avait dû être un sacré chamboulement lorsque Richard Castle était arrivé dans sa vie, déboulant tel un chien fou dans un jeu de quilles qui avait ébranlé toutes ses convictions. Je connaissais suffisamment les frasques de jeunesse de l'écrivain pour savoir que c'était typiquement le genre d'hommes que ma Katie ne pouvait supporter, et pourtant je la trouvais 5 ans plus tard sur le point de se marier avec lui.

- Johanna, fit Castle en me tirant de ce fait de mes pensées plus agréables que les précédentes. Je vous ramène au loft, et non il n'y a pas de discussion possible. Je vous l'ai dit, vous êtes ici chez vous et chez votre fille, alors la chambre d'amis est à votre disposition aussi longtemps que vous le désirez.

J'eus un faible sourire amer.

- Richard je ne pense pas que Kate prendra bien le fait que je sois chez vous et m'immisce de la sorte. Vous avez vu sa réaction tout à l'heure…

- Je vous coupe tout de suite, intervint-il les sourcils froncés. En aucun cas vous ne vous immiscez puisque c'est moi qui vous ai proposé de rester. Bon d'accord, imposé changea-t-il devant mon regard entendu. Quoiqu'il en soit, vous êtes comme chez vous et Kate devra bien s'y faire, je ne laisserais pas la mère de ma fiancée payer un hôtel alors que je vis dans un loft à 6 chambres.

Amusée par sa façon si simple de voir les choses sans pour autant étaler sa richesse aux yeux de tous j'approuvais de la tête.

- Et puis, continua-t-il, je tenterais de parler à Kate. Elle est peut être têtue et obstinée, mais elle est trop intelligente pour vous en vouloir à vie alors qu'elle vous a pleuré si longtemps.

Il avait tenté de me réconforter, mais sans le savoir sa phrase déclencha en moi un torrent d'émotions plus négatives les unes que les autres. Encore une fois je repensais aux années de souffrance que j'avais infligées à ma fille et mon mari qui avaient dû du jour au lendemain faire avec ma disparition et ma prétendue mort, affronter la vie à deux alors que j'avais toujours été là pour les épauler dans les épreuves cruelles de la vie. Kate avait toujours été très proche de moi et m'avait confié tout à propos de ses doutes, ses peurs et ses relations amoureuses ou amicales et disparaître ainsi du jour au lendemain sans nouvelle et en instaurant un mensonge vieux de 15 ans avait fait exploser en éclats cette confiance aveugle qu'elle me vouait. Pourtant, je ne demandais pas à ce qu'elle recommence à être si proche de moi. Après tout c'était une adulte à présent avec sa propre vie et ses propres décisions, mais j'aurais au moins voulu qu'elle arrive à me pardonner mes choix et surtout comprendre que si j'avais fait tout cela c'était pour les protéger, elle et Jim. Je ne pouvais pas vivre sans eux et j'avais préféré sacrifier leur amour envers moi que de les voir mourir par ma faute.

Tournant mon visage vers la route qui défilait à travers la vitre de la voiture, je laissais planer un silence en ne répondant pas à Castle. J'avais conscience de mettre les garçons mal à l'aise de par mon attitude mais mon cœur était trop meurtri pour que je m'en soucie pour le moment. Je n'avais qu'une hâte, c'était d'arriver au loft et de monter dans la chambre que j'occupais pour m'enfermer le reste de la journée telle une adolescente. J'avais vécu loin de ma famille pendant 15 longues années cependant ces 2 dernières heures m'avaient fait me sentir plus exclue que jamais et je n'arrivais pas à supporter une nouvelle fois tant de solitude.

- On est arrivés, annonça Rick à la cantonade alors qu'effectivement la voiture s'immobilisait devant un immeuble que je commençais à reconnaître visuellement pour l'avoir à présent plusieurs fois fréquenté.

J'ouvris donc ma portière pour sortir de la voiture et le majordome à l'entrée de l'immeuble, sécurité et richesse obligeant sa présence, me salua lorsque je passais devant lui. Depuis ces deux jours où je vivais chez Rick il n'avait jamais fait aucune remarque, cependant je l'avais surpris à me détailler lors de ma première visite et il m'avait le jour précédent appelé « Madame Beckett » lorsque nous étions revenus avec Nicole. Je ne savais pas que la ressemblance avec Kate pouvait se trouver si frappante mais le monde entier semblait me crier le contraire ce qui en temps normal m'aurait enchantée mais qui à présent me faisait encore plus mal.

Je saluais donc le vieil homme d'un signe de tête discret, n'ayant pas la tête à faire autre chose et m'arrêtais devant l'ascenseur que Richard appela pour nous. La descente de l'engin jusqu'à nous se fit en silence et ce fut lorsque nous fûmes tous deux entrés dans la cage de fer que je remarquais l'absence des deux policiers qui nous accompagnaient précédemment.

- Où sont Ryan et Esposito ? Formulais-je après ma question silencieuse.

- Ils nous ont quittés à l'entrée de l'immeuble ils devaient se rendre au commissariat.

Je me fustigeais intérieurement de ne pas avoir remarqué leur disparition et d'avoir omis de les saluer. Comme s'il savait le combat intérieur que je menais que Richard me rassura.

- Ils ne vous en veulent pas vous savez, ils comprennent que ça peut être dur pour vous. D'ailleurs je n'imagine même pas les sacrifices que vous avez faits, fit-il pensif, comme pour lui-même.

Je ne répondis rien, en premier lieu car je ne savais quoi répondre et ensuite car je sentais qu'il n'en avait pas fini.

- Ma fille a 19 ans, continua-t-il. Environ l'âge qu'avait Kate quand… enfin vous voyez. Pourtant je l'ai vu naître, grandir, s'épanouir, et à mes yeux même si elle est presque adulte elle reste et restera toujours mon bébé, mon enfant, et la personne que je dois protéger de tous les dangers de ce monde affreux. C'est ce que je me suis dit à la naissance et c'est ce que je me dis jour après jour lorsque je vois tous ces meurtres au commissariat et le monde qui nous entoure.

Il leva ensuite les yeux vers moi.

- Pourtant je sais qu'à votre place, j'aurais fait exactement la même chose s'il s'était agi de protéger Kate ou Alexis. Je l'aurais fait sans hésiter, elles comptent trop à mes yeux pour que je les vois mourir à cause de moi. Alors je comprends votre geste, et je vous avoue que je l'approuve. Quoiqu'il advienne, sachez que je suis à 100% de votre côté à propos de cette décision. Kate ne peut pas réellement comprendre car elle n'a pas d'enfants. Le fait qu'elle soit ma fiancée ne change à rien à mon opinion et elle le sait parfaitement. Moi je vous affirme que je peux comprendre et que je ne vous jugerais pas si ce n'est en bien.

Fixant ses yeux bleus azur pour y déceler toute forme de mensonge je ne vis que l'émotion qui le parcourait à cet instant, me confirmant à quel point c'était un homme honnête et sincère envers lui-même et les autres. Je savais de mémoire qu'il avait une fille cependant il ne m'en avait jamais parlé et il était dur de trouver dans les tabloïds des informations sur la jeune fille. Je me doutais que son père faisait tout pour la protéger des paparazzis ou autres scandales médiatiques ce qui confirmait son instinct paternel et protecteur.

- On est arrivés, fit Richard en rompant le contact visuel, me faisant redescendre sur terre.

Il sortit de la cabine en premier pour ouvrir la porte du loft avant de me céder galamment le passage. J'entrais dans l'espace qui commençait à présent à être familier, même si certaines pièces m'étaient encore inconnues et retirais consciencieusement mes chaussures. Richard ne sembla pas surpris que le loft soit encore vide, indiquant que Kate n'avait pas encore mis les pieds dans l'endroit. Je captais tout de même une lueur de déception dans son regard. Je n'imaginais que trop bien sa déception et sa peine après 5 jours sans la voir de ne pas pouvoir la serrer dans ses bras avec la peur qu'il avait eu pour elle.

- Est-ce que vous voulez quelque chose à boire, à manger ? Proposa l'homme à mes côtés.

C'est à cet instant que je remarquais que nous n'avions rien avalé depuis de longues heures et que mon estomac criait famine. Pourtant comme lorsque j'avais des coups de blues ce qui m'était fréquemment arrivé ces 15 dernières années je ne pouvais rien avaler. Mon estomac était si noué que je n'aurais pu garder ce que j'aurais eu le malheur d'avaler. Aussi pour ne pas souffrir trop de la faim je répondis.

- Je veux bien un café.

Il hocha la tête et se dirigea vers la cuisine alors que je lui emboîtais le pas, respectant le silence qui régnait entre nous. Je savais que la caféine n'allait pas arranger mon état mais j'avais besoin de quelque chose d'amer à l'instant présent. Et ironiquement, cela correspondait tout à fait à mon état d'âme.

- Vous êtes remise de vos… émotions ? demanda soudain Richard d'une voix hésitante.

- Pas vraiment soupirais-je en haussant les épaules. Ça m'a fait tellement plaisir de la revoir, et je comprends ce besoin de temps mais…

- Vous trouvez ça injuste, au fond.

Encore une fois il mettait les mots exacts sur la situation.

- Oui. C'est comme si on vous privait de quelque chose auquel vous tenez vraiment pendant 15 ans et lorsque vous le retrouvez finalement il n'est plus le même. Je ne dis pas que Kate a changé, qu'elle n'est plus la même ou quelque chose comme ça mais ça fait 15 ans… lorsque j'ai disparu elle était jeune, c'était encore une jeune fille qui me demandait des conseils et à présent c'est une femme sur le point de se marier, qui a une vie à part entière et qui se débrouille seule depuis des années.

- Une femme a toujours besoin de sa mère, contra-t-il en me tendant ma tasse. Et pas qu'une femme. Je vis moi-même avec ma mère et elle m'est de très bon conseils parfois, et ce parce que je n'ai jamais eu de père.

Je bloquais légèrement sur l'information et il dut le remarquer car il m'expliqua.

- Ma mère est venue habiter chez moi, que dis-je s'est imposée chez moi il y a de ça 5 ans, quelques jours avant que je ne rencontre Kate pour la première fois. Depuis elle n'a malheureusement pas bougé mais ma fille a déménagé à l'université il y a quelques mois à présent. Ma mère est souvent absente car elle donne des cours de théâtre et en suit dans la ville, il lui arrive très souvent de découcher.

Je ne pus retenir un sourire alors qu'il parlait d'elle. J'avais l'impression qu'entre elle et sa fille les rôles étaient inversés, et je voyais à travers ses yeux qu'il l'aimait profondément mais qu'elle avait semble-t-il le don de l'énerver parfois. Je me demandais bien quel genre de femme pouvait-être Martha Rodgers. Les journaux mentionnaient parfois l'actrice, mais ils en restaient souvent là. J'aurai peut être l'occasion de la rencontrer.

- Je sais que ça peut paraître étrange de vivre avec sa mère à mon âge, mais je n'allais pas la mettre dehors.

- Je comprends tout à fait et c'est tout à votre honneur. Et si vous vous entendez bien je ne vois pas trop le problème.

- Ce qui me rassure c'est que Kate et elle s'entendent très bien. Ce qui m'a plutôt surpris car mère a souvent développé des allergies concernant mes fréquentations dirons-nous. Mais elle a toujours adoré Kate, certainement parce que votre fille m'a fait ravaler mon égo depuis le jour de notre rencontre!

J'intégrais mentalement et quelque peu difficilement le fait que Kate s'entende très bien avec la mère de Castle. Je savais que la jalousie n'avait pas sa place ici surtout que je n'étais pas en droit de l'être mais cela restait très dur de savoir qu'elle trouvait réconfort auprès des autres mères car elle avait perdu la sienne et que lorsque je réapparaissais soudainement elle ne veuille plus de moi.

- Je crois que je vais aller me coucher, fis-je en reposant ma tasse non entamée sur le comptoir, tournant les talons pour me diriger vers les escaliers.

Etant un homme de tact il ne me retint pas, ce que j'appréciais fortement compte tenu de mon état mental qui n'était pas bien brillant et je montais rapidement à l'étage, m'enfermant dans la chambre avant de m'asseoir sur le lit. Je pris ma tête entre mes mains et retenais mes larmes qui menaçaient de déborder de toutes mes forces avant de m'écrouler et de céder à mes émotions. Je pleurais à chaudes larmes, laissant toute la peine ressortir de par cette action. Mes yeux brûlants débordaient de larmes salées qui dévalaient mes joues à une vitesse vertigineuse. Je m'étais tant battue pour retenir mes émotions cette dernière semaine après avoir appris la disparition de ma fille, la candidature de Bracken et le danger de mort que courait Kate à cause de lui. Pourtant alors que ma vie semblait déjà morne avant mon retour à New York je la trouvais à présent affreuse tant je souffrais de mon retour. La réaction de Kate me blessait beaucoup plus que ce que je laissais paraître auprès de mon futur gendre et de ses amis et c'était seulement maintenant, seule dans cette chambre que je pouvais laisser évacuer toute la peine qui enserrait mon cœur.

Mes larmes ne semblaient pas vouloir s'arrêter de couler et je réalisais entre deux sanglots que je n'avais jamais tant pleuré depuis 15 ans, depuis ce soir où j'avais disparue aux yeux de ma famille. Bien entendu les jours qui avaient suivi j'avais pleuré mes deux amours qui m'avaient été enlevés à cause de ce salaud de Bracken mais jamais autant que le soir-même lorsque j'avais compris que s'en était fini de nos moments passés ensemble. Je ne pensais pas être une mauvaise personne pourtant je trouvais que la vie ne m'avait pas forcément épargnée ces dernières années et j'en venais à me demander si je méritais vraiment de retrouver ma famille. Peut-être étaient-ils mieux sans moi après tout, et peut-être étais-je condamnée à rester seule pour le restant de ma vie.

Pourtant c'était l'amour qui m'avait guidée toutes ces années pour tenir le coup. Cet espoir vif mais fugace d'un jour pouvoir serrer mon enfant contre moi, regarder mon mari dans les yeux et pouvoir leur dire qu'à présent tout irait pour le mieux car nous n'avions plus rien à crainte. Mais cette possibilité que mon cerveau avait délibérément mise de côté qui s'exécutait à présent ne semblait pas vouloir de ce futur sans nuages. Reprenant mon souffle après cette vague de larmes salées, j'essuyais mes joues doucement et me levais pour me rendre dans la salle de bains adjacente à la chambre. Me contemplant dans le miroir j'effaçais avec un coton doux le maquillage qui avait laissé des traînées noires sur ma joue et me lavais le visage pour que toute trace de tristesse ait disparu ailleurs que dans cette lueur au fond de mes yeux.

Décidant de bouger un peu ce qui me ferait le plus grand bien je jetais une dernière fois un œil à mon reflet avant de quitter la chambre, descendant l'escalier à pas de loups. Je ne voyais pas Rick dans le salon et la lumière de sa chambre n'était pas allumée, aussi je me dirigeais tout naturellement vers la cuisine afin de m'emparer de la tasse de café encore tiède que j'avais abandonnée et de me rendre à pas léger vers le seul endroit où j'espérais le trouver : son bureau.

Je jetais un œil discret dans la pièce arrivée à proximité de la porte (qu'il gardait ouverte, caressant peut-être l'espoir d'entendre Kate rentrer au loft ?) et tombais sur une vision qui m'arracha un petit sourire. Il était assis sur sa grande chaise de bureau, ses pieds posés négligemment sur le meuble face à lui et son ordinateur ainsi posé sur ses jambes ce qui semblait d'après sa position la façon la plus agréable d'écrire. Il tapait à une vitesse hallucinante sur le clavier de son PC et je regardais ce manège pendant quelques instants avant qu'il ne relève la tête, surpris.

- Johanna, fit-il en adoptant aussitôt une position plus correcte, attrapant son portable pour le mettre sur le bureau et descendant ses jambes du meuble.

- Je ne voulais pas vous déranger, murmurais-je en entrant, serrant inconsciemment l'anse de ma tasse de façon plus prononcée.

- Il n'y a pas de mal. Je n'arrive pas tellement à formuler de bonnes phrases de toute façon, je suis trop perturbé et mon esprit est ailleurs.

Je fronçais les sourcils à cette remarque. Non pas que je doute de la préoccupation qui le torturait mais je ne m'attendais pas vu son rythme tout à l'heure à ce qu'il me dise que l'inspiration n'était pas avec lui.

- Je peux faire quelque chose ? Demanda-t-il en refermant son outil de travail, le mettant ainsi en veille.

- Parlez-moi de ma fille.

J'avais prononcé ces mots sur le bout des lèvres et cela m'avait comme échappé. Cette phrase me trottait dans la tête depuis des temps déjà mais je ne l'avais jamais réellement formulée à voix haute et cela nous surprit tous les deux.

- Vous parler de Kate… d'accord, mais que voulez-vous que je vous raconte ?

Ses yeux bleu me fixaient et je mis quelques temps à répondre.

- Vous avez tout à l'heure évoqué votre première rencontre. Parlez-moi de ça.

Il hocha la tête, semblant se replonger dans des souvenirs qui lui tirèrent un sourire.

- Lorsque j'ai vu Kate pour la première fois, elle m'arrêtait pour me poser des questions. J'étais à une soirée pour le lancement de mon dernier Derrick Storm et à cela faisait plusieurs mois que j'avais perdu l'inspiration et pire encore l'envie d'écrire. J'avais donc tué mon personnage phare au grand dam de mon éditrice et ex-femme, Gina. Alors que je parlais à ma fille au bar, Kate est venue me chercher pour m'emmener directement en garde à vue car plusieurs meurtres avaient été commis et les mises en scènes s'inspiraient de certains de mes livres.

J'imaginais tout à fait Kate arrêter une soirée de la sorte cependant ce qui me faisait rire intérieurement c'était qu'à la vue du comportement qu'arborait cet homme à cette époque-là elle n'avait pas dû s'ennuyer pendant leur première rencontre. Et effectivement ce fut ce que me confirma Richard.

- Elle m'a tout de suite détesté, je crois.

Il eut un rire.

- Lors de l'interrogatoire je n'ai cessé de vouloir la pousser à bout mais elle tenait bon, elle s'accrochait dur comme fer à ses phrases guindées et si conventionnelles. Je lui ai d'ailleurs plusieurs fois au cours de ces journées de première collaboration conseillé de se lâcher un peu ce qui n'avait bien sûr fait que ne l'énerver d'avantage. Et pour tenter de me faire taire elle m'a plusieurs fois menacé de s'exercer au tir en me prenant pour cible.

- J'imagine bien, Katie avait toujours été très stricte et bornée en étant petite. Elle aimait que tout soit rangé, trié, que ses devoirs soient faits correctement. Ça s'était un peu perdu lors de son entrée dans l'adolescente mais j'imagine sans mal que ça ait repris le dessus lors de son entrée dans l'âge adulte.

Il sourit, semblant m'écouter avec autant de plaisir que je le faisais lorsqu'il me parlait.

- Effectivement ça n'a pas changé. J'ai dû chambouler pas mal de choses là-dedans à voir comment elle est aujourd'hui, soupira-t-il. Pas qu'elle ne laisse pas trainer ses affaires partout bien au contraire, mais j'aime le fait qu'elle soit plus décontractée, qu'elle ait détaché ses cheveux au propre comme au figuré.

- Elle a l'air de beaucoup s'amuser sur les photos que vous m'avez montrées sur votre téléphone.

Pensif à mes mots qui semblaient avoir éveillé quelque chose en lui, il ouvrit son ordinateur une nouvelle fois et le déverrouilla, semblant chercher quelque chose.

- Tenez, fit-il en tournant l'écran vers moi pour que je puisse voir de quoi il s'agissait. Ce sont des photographies que j'ai faites lorsque nous sommes allés à Central Park un jour avec Alexis et Kate.

Prenant sous son accord visuel l'ordinateur entre mes mains pour le rapprocher de moi je posais mon index sur le pavé tactile afin de faire défiler les photos sous mes yeux. Je découvrais ma Kate sous un jour nouveau, j'avais l'impression de retrouver l'adolescente souriante que j'avais connue et qui était à présent une belle jeune femme. Elle souriait, riait aux éclats devant l'objectif qui devait être tenu par la fille de Castle à la vue des photos du couple. Leurs échanges de regards démontraient tout l'amour qu'ils se portaient et cela transpirait littéralement à travers la photographie. Je découvrais ainsi de la même manière le couple qu'ils formaient et certaines photos me créèrent une boule de joie dans la gorge.

Tout en faisant défiler sous mes yeux les photographies plus nombreuses les unes que les autres j'arrivais à un cliché où Kate se tenait sous un arbre avec une jeune fille qui devait avoir la vingtaine. Ses longs cheveux roux ne m'évoquaient rien cependant c'est à la photographie suivante qu'à la vue des deux billes bleues qu'elle arborait je devinais qui elle était. Aussitôt, mon souffle se bloqua un court instant dans ma gorge. C'était la fille de Castle, qu'il avait eu très tôt dans la mesure où cette dernière était déjà âgée de 19 ans. Kate et elles n'avaient pas un trop grand écart d'âge et à la vue des photos semblaient tout à fait complices. Ce cliché me fit avoir une pensée que je n'avais jamais eue auparavant. J'étais en train de m'imaginer ma fille en tant que mère. Même si j'ignorais si un enfant faisait partie des projets du couple que formait Richard et elle, je ne pouvais pas taire cette envie en moi d'être grand-mère un jour. Toutefois pour profiter de ce bonheur, encore faudrait-il que le climat entre Kate et moi s'apaise, ce qui n'était pas encore à l'agenda du jour d'après notre séance de retrouvailles tout à l'heure.

- C'est ma fille Alexis, intervint Rick qui s'était glissé derrière moi sans que je ne le remarque.

Curieuse je ne taisais pas la question qui me brûlait les lèvres.

- Est-ce qu'elles s'entendent bien toutes les deux?

- Alexis a eu… un peu de mal à accepter que ma relation avec Kate devienne plus sérieuse. Mais soyons honnêtes à présent elles s'entendent mieux.

- Quand vous dîtes qu'elle a eu du mal?

- Et bien depuis qu'elle est toute petite, Alexis a toujours été ma préoccupation principale, passant toujours devant tout le reste. Mais maintenant qu'elle est à l'université et depuis que votre et fille et moi sommes engagés il y a eu du changement. Et elle a pensé à tort avoir perdu sa place.

Je ne pouvais que comprendre ce sentiment, qui bien au contraire faisait écho en moi.

- Mais Alexis a toujours admiré Kate, donc je savais que cela finirait par s'arranger.

- Comment ça admiré?

- Alexis n'a que très peu de relations avec sa mère. Quand elle a connu Kate à travers moi ou quand elle venait ici durant les premières années, votre fille a été une sorte de modèle pour elle.

Malgré le moment difficile que nous avions vécu aujourd'hui, j'avais en moi une grande fierté de la femme qu'était devenue ma fille. Je cliquais une nouvelle fois sur la petite flèche dirigée vers la droite et faisais défiler deux photos supplémentaires avant qu'un bruit ne me fasse sursauter. Aussitôt, Richard se pencha vers son téléphone qu'il porta à son oreille et son visage devint plus grave.

- D'accord Lanie. Merci, je crois savoir où elle s'est rendue.

Raccrochant il leva les yeux vers moi.

- Lanie vient de me dire que Kate avait quitté son appartement en furie. Et je crois savoir qu'elle ne va pas revenir ici pour le moment, alors la seule alternative que je vois…

- Jim, murmurais-je.

Alors quel sera le personnage de la semaine prochaine? Un indice il ne pas encore exprimé dans cette histoire...

Bonne semaine à vous!