Bonjour,
je n'avais pas le net je n'ai donc pas pu poster la suite comme d'habitude. On arrive bientôt à la fin de ce long week-end, n'hésitez pas à me donner votre avis sur la fic.
Bonne lecture...
- Je ne sais pas très bien par où commencer, en fait. Je suppose que tu te souviens de mon mari, Chris. En fait je ne t'ai pas tout dit sur notre relation. On s'est marié et je suis tombée enceinte, je n'avais que dix-sept ans et j'étais un peu paumée, mais je pensais qu'on s'aimait vraiment. Julia est née peu après mes dix-huit ans, elle était mon rayon de soleil. Un vrai petit bijou. Pour la première fois de ma vie, je me sentais utile, quelqu'un avait besoin de moi, et ce petit être que je tenais dans mes bras me donnait plus d'amour à elle toute seule que tout ce qu'on m'avait donné jusque-là. Seulement ça n'a pas duré très longtemps. Chris et moi ne roulions pas sur l'or et lorsque Julia a eu trois mois j'ai commencé à travailler comme serveuse dans un restaurant. Un soir en rentrant, j'ai trouvé l'appartement vide, Chris était partit, en emportant toutes nos économies et surtout en prenant Julia avec lui. Je suis allée voir la police, une enquête a été ouverte et des avis de recherche placardés sur tous les murs. Mais des jours, des semaines, des mois et des années sont passés. Au début, je n'avais pas une très bonne situation, de plus, je buvais de plus en plus, c'est là que mon oncle m'a aidé. Harm, j'avais vraiment touché le fond, j'avais cessé de vivre, la seule chose qui comptait pour moi s'était envolée. Je me suis engagée dans les Marines, et j'ai continué de la chercher, il ne restait plus qu'une seule personne qui gérait l'affaire. Il a été très patient et très compréhensif avec moi, il n'a jamais baissé les bras, lorsque j'ai fini par ne plus y croire moi-même, il a téléphoné et m'a dit qu'il avait peut-être trouvé une nouvelle piste. Je reprenais enfin espoir de revoir ma fille un jour, elle venait d'avoir huit ans, huit années entières sans la voir. Seulement quelques semaines après cette bonne nouvelle, j'ai reçu une lettre de Chris. Une lettre que j'aurais préféré ne jamais recevoir. Je n'aie pas osé l'ouvrir lorsque j'ai vu l'écriture, j'ai su tout de suite que c'était lui. J'ai appelé l'agent Parker qui s'occupait de mon dossier pour qu'il l'ouvre à ma place. Quand il a lu la lettre son visage s'est assombrit et j'ai su tout de suite que ce n'était pas une bonne nouvelle, mais plutôt la fin de mes espérances. Chris disait qu'il vivait en Russie, qu'il s'était bien occupé de Julia et qu'elle n'avait jamais manqué de rien. Le début de la lettre me donnait l'impression d'apprendre à connaître ma fille, mais la suite m'a éteinte complètement. Il disait que Julia était tombée très malade, et que les médecins n'avaient pas réussi à la soigner. Mais qu'elle était morte sans souffrir. Il disait également qu'il l'avait faite enterrer dans le cimetière du village ou ils vivaient tout les deux. Lorsque Parker a fini la lecture de la lettre je suis restée un long moment sans dire un mot et je me suis littéralement effondrée. J'ai fais une violente dépression et j'ai voulu changer de vie après ça. J'ai donc fait du droit et suis arrivée au Jag deux ans plus tard. Voilà pourquoi je ne t'en ai jamais parlé.
Harm l'avait écouté jusqu'au bout sans l'interrompre comme il lui avait promis. Mais il n'avait pas réussi à retenir ses larmes, surtout quand il avait vu Sarah pleurer en disant les dernières phrases. Il savait qu'elle avait souffert, mais jamais il n'aurait imaginé une chose pareille. Décidément la vie ne lui avait rien épargné. Il la serra très fort dans ses bras et ne dit rien. Ils avaient besoin tous les deux de ce silence.
Sarah était toujours en larmes dans ses bras. Harm était décontenancé, et ne savait pas quoi dire pour la soulager. Peut-être parce qu'il n'y avait rien à dire. Comment oublier la perte d'un enfant ? On n'oublie jamais. Tout ce qu'il pouvait faire c'était être là pour elle, lui montrer combien il l'aimait. Mais il était content qu'elle lui ait parlé, qu'elle lui ait raconté son passé. Il s'en voulait de l'avoir fait souffrir une fois de plus. Mais maintenant il savait, il savait combien elle avait souffert. Il la berçait tendrement et elle finit par s'endormir.
Harm attrapa un coussin sur le canapé et le posa à terre. Il allongea Sarah sur le tapis et posa sa tête sur le coussin. Il s'allongea près d'elle et la serra contre lui. Il resta un moment à la regarder et finit par s'endormir lui aussi.
Lundi 20 juin
8H00
Harm se réveilla le premier. Sarah avait encore les yeux rougis par ses pleurs de la veille. Bien qu'il fût réveillé, il garda la même position. Il ne voulait pas qu'elle se réveille et qu'elle se sente seule. Il voulait qu'elle sache qu'il serait toujours là.
Harm avait ressassé dans sa tête ce que lui avait raconté Sarah. Il trouvait qu'il y avait quelque chose de bizarre dans son histoire. Ce pourrait-il que cette ordure de Chris lui ait menti encore une fois ? Comment ce fait-il que juste au moment où l'agent Parker retrouve quelque peu sa trace, il donne de ses nouvelles et annonce à Sarah le décès de leur fille ? Ce pourrait-il qu'il ait feint ce décès pour que Sarah cesse les recherches ? Sarah était-elle allée sur la tombe de sa fille ? Il fut interrompu dans sa réflexion par le réveil de Sarah. Lorsqu'elle se retourna vers lui, il lui fit son plus beau sourire.
- Bonjour !
- Bonjour mon amour !
- Merci !
- Pour quoi ?
- Pour n'avoir rien dis hier soir.
- De rien. Comme te sens-tu ce matin ?
- Ça va mieux, je crois que ça m'a fait du bien d'en parler.
- Sarah, tout en te regardant dormir, j'ai réfléchi.
- A quoi ?
- A ce que tu m'as raconté hier.
- Tu ne m'as pas cru ?!
- Si bien sûr ! C'est juste que je trouve curieux que justement quand vous retrouvez sa trace, il se manifeste.
- C'est un hasard Harm.
- Je ne crois pas trop au hasard.
- Où veux-tu en venir ?
- Sarah, où est enterrée Julia ?
- En Russie.
- Quoi ! Es-tu déjà allée sur sa tombe ?
- Non, j'ai voulu le faire lorsque je t'ai accompagné pour retrouver ton père, mais je ne l'ai pas trouvée.
- Pourquoi ne m'as-tu rien dit à ce moment là ?
- Parce qu'on était en Russie pour toi !
- Sarah, tu aurais dû. C'est important de savoir pour pouvoir faire son deuil. Je me demande si Chris ne t'a pas menti une fois de plus.
- Que veux-tu dire par là ?
- Je veux dire que Julia pourrait être en vie.
- Harm, c'est une page que j'ai tournée, et je ne veux pas me bercer de faux espoirs.
- Je ne pense pas qu'elle soit vraiment tournée. Mais si c'est ce que tu veux, je te laisse tranquille. Tu as faim ?
- Pas vraiment.
Et là, un gargouillis se fait entendre et tous les deux éclatent de rire. Ils se lèvent et se dirigent vers la cuisine pour prendre leur petit-déjeuner.
- A quelle heure levons-nous le camp ?
- J'aimerais prendre une douche avant de partir et remettre en ordre la maison.
- Oui, mais il ne faut pas traîner il y a six heures de route.
-Non, pas autant. Ça descend, je dirais quatre tout au plus, en s'arrêtant une heure pour manger au lac. En partant à dix heures, on devrait être chez Sally vers quinze heures.
- Bon ben au travail alors !
Tous les deux s'appliquent à remettre en ordre la maison. Lorsque tout est rangé, Sarah se dirige vers la salle de bain pour prendre sa douche. En entendant l'eau couler, Harm ne peut s'empêcher de la rejoindre. Il pénètre sous la douche et la prend dans ses bras. Il dépose alors un baiser tendre dans le creux de son épaule.
- Tu veux que je te lave le dos ?
- Oui je veux bien.
Harm se saisit alors du gel douche, en verse dans le creux de sa main et l'étale avec délicatesse sur la peau de Sarah. Il la sent tendue et décide de la masser doucement. Elle se retourne et il la lave devant également. Sarah fait de même avec Harm. Après s'être rincés, ils restent un moment sous les jets d'eau, enlacés, appréciant la présence protectrice de l'autre. Puis ils coupent l'eau et vont se sécher.
Quelques minutes plus tard, ils sont enfin prêts pour le départ. Ils s'embrassent une dernière fois avant de quitter le lieu de leur premier rendez-vous commun avec l'amour.
Voilà, ils quittaient ce lieu qui les avait accueillis durant ces quelques jours. Harm savait qu'il y reviendrait.
- Sarah, ça serait sympa de venir ici avec Harriet, Bud et les enfants. Je suis sûre qu'on passerait tous d'agréables moments.
- Oui, ça pourrait se faire, mais pas tout de suite, peut-être à Noël.
- Ca c'est une idée !
Sarah avait quelque peu retrouvé son sourire, malgré tout, ses yeux restaient gonflés.
Harm appréhendait un peu leur retour à Washington, seraient-ils autant en paix que là-haut ? Il ne voulait surtout pas revenir en arrière. Enfin ils avaient le courage de s'avouer leurs sentiments. Lui ne reviendrait plus en arrière. Maintenant qu'il avait gouté à ce bonheur possible avec Sarah, il ne pouvait plus s'en passer. Enfin il avait comprit la profondeur de ses sentiments pour elle.
Sarah était heureuse que tout se soit bien passé avec Harm. Elle était soulagée de lui avoir enfin dit ce qui lui pesait depuis si longtemps. Elle avait souvent voulu lui en parler, mais à chaque fois avait renoncé de peur de le perdre. Jamais elle n'aurait pensé qu'il réagirait aussi bien. Décidément, Harmon Rabb Junior la surprendrait toujours.
Ils arrivèrent dans la première vallée et Harm voulu faire un galop comme à l'aller. Ils dérivèrent donc légèrement de leur route et s'accordèrent ce moment de liberté. Elle avait réussi à l'emmener dans sa vie, à lui communiquer sa passion des chevaux. Elle aurait aimé pouvoir se sentir aussi à l'aise dans un avion que Harm l'était sur un cheval. Ils ralentirent l'allure après avoir fait quelques tours de la clairière.
- Sarah, merci.
- Merci pour quoi ?
- De m'avoir fait découvrir le monde du cheval. J'aime vraiment beaucoup.
- En effet je vois ça ! Tu as fait beaucoup de progrès en quelques jours.
- Tu trouves ?!
- Harm, regarde-toi. Ce matin tu as su monter seul et là tu viens de galoper sans avoir besoin de me suivre. Et tu tiens beaucoup mieux en selle.
- C'est vrai que je n'ai plus l'impression d'être un pantin désarticulé.
- On continue ?!
- Ouais !
Midi approchait et ils apercevaient au loin les rebords du lac. Ils pouvaient distinguer aussi une légère fumée s'élever dans le ciel. Harm s'arrêta à cette vue.
- Qu'y a-t-il ?
- Il y a de la fumée, tu crois qu'un feu a pu se déclencher.
- Non, je pense que c'est Sally qui nous attend avec le déjeuner.
- Tu crois qu'elle a grimpé jusqu'ici ?!
- J'en suis persuadée.
- Dis Sarah, tu ne voulais pas lui jouer un tour ?!
- Si !
- J'ai une idée, on va marcher à une distance assez raisonnable l'un de l'autre pour qu'elle croit que nous sommes en froid.
- Oui, mais je ne suis pas sûre de réussir à jouer la comédie très longtemps.
- Ça, ça n'a pas vraiment d'importance, on l'aura quand même fait marcher. En tout cas, je suis ravi d'avoir fait la rencontre de ta meilleure amie. En plus je l'apprécie déjà beaucoup.
- C'est vrai que Sally sait mettre les gens à l'aise, tout comme elle sait les mettre très mal à l'aise quand elle le désire. Mais c'est une amie sur qui on peut vraiment compter.
Ils arrivèrent enfin aux abords du lac et mirent leur plan à exécution. Sally les attendait avec un large sourire sur le visage. Sourire qui se dissipa peu à peu lorsqu'elle vit la distance entre les deux amis. Ainsi que leurs visages crispés. Ça ne s'était pas bien passé entre eux, et ils avaient l'air dépité. Sarah avait du pleurer, vu les yeux explosés qu'elle avait. Sally sentit la colère monter en elle, son sang ne fit qu'un tour et elle se dirigea vers Harm, bien décidée à lui dire ses quatre vérités.
Voilà il ne reste plus qu'un chapitre...
