Titre : Ecole Bishonens
Auteur : Sora278
Disclaimer : Les personnages de Gundam Wing ne sont pas ma propriété.
Couple : Réléna/Heero/Sunny, Trowa-Angel-Deedo, Quatre/Oeil d'Ange, Wufei/Sériel, Sora/Duo.
Chapitre : 9/17 (La moitié de la fic ! Déjà !)

Petit message : Revoilà une nouvelle semaine à l'Ecole Bishonens ! Une semaine, mais une fois encore, deux chapitres ! Héhéhé ! Cette fois, je dois vous prévenir que Réléna est vraiment OOC dans ce chapitre mais c'est justifié car nous sommes dans une autre dimension, d'accord ?

Merci à Miss Shinigami pour sa généreuse review ! (Je ferai bien d'aller y répondre d'ailleurs...)

Bonne lecture à toi et bonne lecture à tous !


Chapitre 9 : Pour les uns un paradis, pour les autres un enfer ! (Partie 1)

Semaine 5 : du 17 au 25 Novembre

Note de l'auteur : Cette semaine est divisée en deux chapitres, l'un suivant les aventures du groupe de Sora No1 -la directrice- et l'autre suivant les aventures du groupe Sora No2, la Sora venue d'une autre dimension. Ce chapitre suit la Sora No2. Le No de la Sora ou du Duo ne sera pas précisé dans ces deux chapitres. Merci de votre compréhension.

Devant une immense grille, Sora et Duo observaient avec amusement les réactions de leurs camarades.

Oeil d'Ange, blême : « Non, elle est si terrible que ça ? »

Angel haussa les épaules : « On dirait que si ! Franchement, j'aurais préféré aller avec les autres. »

Wufei, les bras croisés : « Heureusement qu'on ne reste qu'une semaine. »

Trowa le corrigea : « En fait, on est ici pour dix jours précisément. »

Sériel (ou l'instinct pratique) : « Et on est logés ici, dans ce château, tout frais payés, en pension complète, c'est ça ? »

Sora soupira : « Oui, malheureusement ! »

« Heerooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo ! »

Duo haussa un sourcil : « Oh la ! Les changements de dimension ne réussissent pas à tout le monde, on dirait ! »

En quelques secondes, Réléna avait traversé tout le jardin et défoncé la grille. Elle arriva essoufflée auprès de ses hôtes : « Hee- Heero ! Où es-tu Heero ? Je sais que tu es là ! Heero, ne te caches pas, ça me fait tellement plaisir de te voir ! Tu sais, je ne t'en veux pas de m'avoir raccroché au nez l'autre jour ! »

Sora tapota sur l'épaule de Sa Majesté Peacecraft : « Heu, Réléna ? Il n'est pas là tu sais : pas la peine de t'égosiller ! »

Réléna, chouinant : « Mais je croyais qu'il devait venir ! »

Duo, embarrassé : « C'est aussi ce qu'on croyait mais il m'a dit qu'il avait un truc important à faire. »

Réléna, déçue : « Ah. » Puis, elle se mit à hurler vers le ciel : « Ne t'en fais pas Heero ! J'attendrai ton retour ! Même si ça doit prendre des années ! Je serai toujours là pour t'accueillir Heero ! »

Sora se tourna vers les autres, avec un sourire crispé : « Hé ben, c'est pas rassurant ! »

Pour détendre l'atmosphère, Deedo lança une petite boutade : « Sunny n'est pas là elle non plus. Ils sont peut-être ensemble ! »

Réléna, brusquement sérieuse : « Quoi ? Qui est Sunny ? »

Angel, rattrapant le coup (Une Réléna en crise de jalousie, ça doit être très éprouvant) : « C'est rien, juste une collègue de travail ! C'est ça Sora ? »

Sora acquiesça rapidement : « Oui, elle a un petit job d'espionne à mi-temps alors comme elle était surchargée pendant les vacances, Heero a dû partir lui donner un coup de main. »

Réléna, déçue : « Ah, d'accord. Mais il n'y a rien entre eux, n'est-ce pas ? »

Sora sourit et mentit rapidement : « Non ! Bien sûr que non ! Tu connais Heero ! C'est un vrai bourreau du travail ! »

Réléna retrouva aussitôt le sourire : « Bien ! Alors dans ce cas, bienvenue au château Peacecraft ! »

Les grilles à moitié défoncées s'ouvrirent lentement en grinçant et un feu d'artifice accueillit les nouveaux arrivants.

Sora plaqua immédiatement une main sur ses yeux et fit un pas en arrière : « Raaah, j'ai horreur des feux d'artifice ! »

Réléna, toute étonnée : « Oh ? Tu ne les aimes plus ? Il y a deux semaines tu m'as pourtant dit que tu adorais les feux d'artifice ! »

Sora, pestant : « Grrrrr ! Soraaa ! Elle va me le payer ! »

Angel à Trowa : « Qu'est-ce Réléna a voulu dire par « dans ce cas » ? Si Heero et Sunny sortaient ensemble, elle nous aurait tout de suite virés ? »

Trowa sourit en haussant les épaules : « Peut-être. »

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Deux jours passèrent. Pour Quatre et Trowa, ce fut deux jours de trop puisqu'ils décidèrent de rentrer chez eux, emmenant leurs « fans » avec eux. Ainsi, Oeil d'Ange partit avec Quatre rejoindre les Maguanacs en Orient et Angel et Deedo partirent avec Trowa qui leur avait proposé de les former aux métiers du cirque.

Finalement, après deux jours, il ne restait donc plus que Sora, Duo, Wufei et Sériel. Pourquoi Wufei ? Tout simplement parce qu'il avait parié avec Sériel qu'il serait capable de supporter une semaine avec Réléna. S'il échouait, s'il décidait de partir, il deviendrait l'esclave de sériel pendant une semaine.

Dans un salon, Sora, Duo et Réléna prenaient le thé. Réléna était debout devant la fenêtre et Sora et Duo assis sur un canapé.

« Hm. Je me demande ce que fait Heero. Vous croyez qu'il me ramènera des fleurs ?"

Sora, plaisantant : « Heu, moi je pensais plutôt à une belle chemise ensanglantée ! »

Réléna, qui n'a rien compris : « Mais, le rouge sang ne me va pas au teint ! C'est du rose qu'il me faut ! Vous croyez qu'il ramènera une chemise enrosinée ? »

Sora, prise au dépourvu, fut prise d'un fou rire nerveux : « Ahahahaha ! Aaaaah. Non, désoléee. »

Réléna, déçue : « Ah, dommage. »

Duo, sérieusement : « Tu sais Réléna, tu devrais oublier Heero. Il n'y a pas que lui dans ta vie, après tout ! Tu as aussi ton travail, tes amis, et puis, Sora est venue pour te parler d'un truc très important ! »

Réléna se détourna de la fenêtre pour les regarder : « Ah oui, c'est quoi ? Tu sais quand va revenir Heero ? »

Sora, perplexe : « Hm, non. Pas vraiment. En fait, je suis venue te voir parce que j'ai quelque chose de... »

Un bruit quasi-inaudible, contre la fenêtre, l'interrompit.

Réléna se retourna brusquement : « Heerooooo ! » et se cogna à la vitre. Elle s'écroula par terre, inanimée, alors que ses deux invités se précipitaient vers elle.

Sora, penchée au dessus d'elle : « Réléna, est-ce que ça va ? »

Duo s'approcha de la fenêtre pour vérifier si c'était bien Heero qui revenait, mais visiblement non, puisqu'il éclata de rire.

Duo, moqueur : « Tu ne devineras jamais ce qui a tapé contre la vitre ! »

Sora, perplexe : « C'était quoi ? »

Elle s'approcha de la fenêtre et dirigea son regard dans la direction que Duo lui indiquait. Dans un arbre, pas loin, on pouvait voir un nid de pie rempli de bijoux.

Sora, incrédule : « C'était une pie ? »

Duo, en riant : « Oui ! Attirée par les bijoux de la princesse ! »

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Plus tard, dans la journée :

Wufei était tranquillement assis sous un arbre, en train de lire quand soudain, une mélodieuse voix vint l'interrompre.

« Saluuuuuuuuuuuuuuut ! Alors, on prend l'air ?! On en a assez de vivre aux côtés de Sa Majesté Peacecraft ?! »

Wufei n'eut même pas besoin de lever les yeux de son livre pour deviner que c'était Sériel qui s'adressait ainsi à lui : « C'est surtout par rapport à toi que j'ai besoin de prendre l'air ! Tu passes tes journées à me coller ! »

Sériel se jeta sur lui pour le plaquer au sol et, passant ses bras autour de son cou, rapprocha sensiblement son visage du sien : « Méchant ! C'est pas vrai du tout ! Je mange, je bois, je fais la fête, je dors, Je bois, je mange, je bois, je bois... »

Wufei soupira : « Ouais, je m'en doutais. Tu aurais bien besoin d'être ramenée sur la bonne voie ! »

Sériel le fixa avec des yeux larmoyants : « C'est pour ça qu'il faut que tu m'aides mon Wuffinou d'amour ! Avec ta droiture et ton bon jugement, je suis sûre de devenir quelqu'un de bien ! »

Wufei, pensif : « Tu veux que je devienne ton coach ? »

Sériel, en le collant : « Ouiiiiiiii ! »

Wufei, écarlate : « Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! Ça va, ça va ! J'ai compris ! C'est d'accord ! »

Sériel, enthousiaste : « Ouaiiiiiiis ! On commence par quoi ? »

Wufei se releva avec peine et lui tendit un énorme bouquin.

Sériel lut le titre et fit la grimace : « Purifier son corps et son âme. Se débarrasser des idées malfaisantes en vingt leçons » ? Il est vachement gros ce livre ! T'aurais pas la même chose en dix leçons ? »

Wufei, froidement : « Reviens me voir quand tu l'auras lu en entier, après ça, j'envisagerai peut-être d'avoir une relation plus évoluée avec toi. »

Sériel, surprise : « Oh ! ... Wouaaaaaaah ! Il a dit « relation » donc échange donc... »

Elle s'arrêta et un sourire lubrique illumina son visage. Dégoûté, son coach préféra prendre la fuite.

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Pendant ce temps-là, au coeur du désert :

« Mademoiselle Oeil d'Ange, attendez-moi ! C'est peut-être dangereux par ici ! »

Yodie se retourna vers Quatre et lui offrit son plus beau sourire : « Ne vous en faites pas ! Ce n'est qu'une fleur après tout ! »

Depuis leur arrivée dans le désert, Quatre avait passé toutes ses journées dans son bureau, à travailler. Et la pauvre Oeil d'Ange s'était beaucoup ennuyée, malgré les nombreux efforts de l'unité Maguanac pour la distraire. Mais finalement, quelques mots soufflés par Rashid à l'oreille de Quatre avaient suffi pour le décider à sortir de ses dossiers.

Oeil d'Ange se pencha doucement au dessus de la fleur. Si seulement elle pouvait la cueillir ! Mais une fleur dans le désert, n'est-ce pas là un trésor bien rare ?

En un instant, Quatre se trouva près d'elle. Il s'accroupit près de la jeune fille pour observer la fleur et pâlit dès qu'il la reconnut.

Quatre, paniqué : « Oh non ! Vite, reculez ! Cette fleur est très dangereuse !"

Oeil d'Ange, étonnée : « Dangereuse ? Mais si elle est vénéneuse, il suffit de ne pas la toucher, non ? ... Hm, je me demande quel est son parfum ! »

Quatre, horrifié, la prit par les épaules pour l'éloigner : « Nonnnnnnn ! »

Trop tard. Sans le savoir, la jeune fille avait respiré le poison que diffuse la fleur la plus dangereuse et la plus rare du monde ! Tellement rare que je n'en connais même pas le nom ! Empoisonnée, la malheureuse Oeil d'Ange s'évanouit dans les bras de son guide. … Et pour couronner le tout, comme je ne fais pas les choses à moitié…

Quatre, désespéré : « Oh non ! Il ne manquait plus que ça ! Des sables mouvants ! »

Il prit Oeil d'Ange dans ses bras et regarda autour de lui : aucun signe de vie, à part les chameaux qui étaient restés sur la piste, à quelques mètres d'eux. Trop loin, malheureusement. Bientôt, le sable leur arriva jusqu'aux épaules et Quatre commença à se demander s'il allait vraiment terminer sa vie de manière aussi triste. Mais de toute façon, il y avait au moins un point positif dans cette mort, qui le réconfortait un peu.

Soudain, alors que le sable leur arrivait jusqu'au cou, Quatre sentit le sol s'effondrer sous lui. Avant qu'il ait eu le temps d'anticiper quoique ce soit, la terre s'ouvrit sous ses pieds et les deux jeunes gens disparurent sous les dunes, happés par les sables.

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Ah ah ah ! Trop drôle, hein ? Bon, voyons si Trowa s'en sort mieux !

Pour échapper à Réléna, (et aussi pour rassurer Catherine) Trowa avait décidé de rentrer temporairement sur sa colonie. Et comme il avait « une certaine affection » pour elles, il avait emmené avec lui ses deux élèves préférées : Deedo ET Angel. Oui. Une bonne idée ? Á vous d'en juger !

Deedo agita une canne dorée devant le nez d'Angel : « Merde, c'est pas comme ça qu'il faut faire ! T'as oublié de mettre ton cerveau dans ta valise, c'est ça ? »

Angel fit claquer son fouet : « Même pas vrai ! »

« Mais qu'est-ce qui se passe encore ici ?! »

Les deux rivales se figèrent aussitôt avant de se retourner lentement, comme des automates, vers le directeur du cirque qui les regardait avec un air fort mécontent.

Deedo saisit sa chance de se débarrasser enfin de sa rivale : « Ah ! Monsieur ! ... C'EST ELLE QUI A COMMENCÉ ! »

Angel fit son petit manège habituel : « Quoi ?! (Les larmes lui montèrent aux yeux) Non, c'est pas vrai ! Jamais j'aurais fait une chose pareille ! (Une larme roula sur sa joue et elle baissa les yeux à terre) Monsieur, je vous le jure. »

Le directeur du cirque la regarda pensivement, avec un air désolé. Puis il soupira : « Bon, qu'importe ! Vous dérangez les répétitions, alors allez vous entraîner ailleurs ! (D'un ton sévère) Ce n'est pas parce que vous êtes des amies de Trowa que vous devez tout vous permettre ! Si vous foutez encore une fois le bordel ici, je n'hésiterai pas à vous mettre à la porte ! »

Angel essuya ses larmes : « Oui monsieur. »

Deedo serra les dents : « Ouais. »

Et, comme il s'éloignait, toutes les deux murmurèrent en choeur : « Pauv' con ! »

Angel, joyeusement : « Hé ! On reprend l'entraînement ? Si on n'est pas au point jeudi prochain, on va se taper la honte devant tout le monde ! »

Deedo chuchota : « Et surtout devant Trowa. »

Angel marmonna : « Et devant Catherine. »

Deedo leva brusquement le nez et la fixa droit dans les yeux : avait-elle déjà deviné son plan ? Non. Impossible, son cerveau n'était sûrement pas assez développé pour pouvoir raisonner aussi vite !

Deedo, sur un ton joyeux faussement naturel : « Allez, c'est parti ! Travail ! Travail ! Travail ! »

Angel marmonna : « Pfff ! Elle me parle comme si c'était elle la chef ! Saleté ! »

Et les deux jeunes filles retournèrent à leurs costumes arc-en-ciel, à leur canne argentée, à leurs pas de danse et à leurs disputes.

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Après ce moment de froide cohabitation, revenons faire un tour dans le désert !

Lorsqu'il ouvrit les yeux, Quatre put déjà constater à son grand soulagement qu'il était vivant. Une seconde angoisse s'empara aussitôt de lui : qu'en était-il d'Oeil d'Ange ? La jeune fille avait-elle survécu à la chute ?

Le jeune homme regarda autour de lui : il se trouvait dans une sorte de grotte recouverte de sable, le plafond lui même, à une dizaine de mètres au dessus de lui, semblait en être essentiellement composé. En l'observant avec attention, il finit par remarquer un trou qui, d'où il était, lui paraissait minuscule et par lequel le soleil parvenait à faire glisser ses rayons pour éclairer la grotte. Et justement, éclairée par ces rayons, gisait Oeil d'Ange. Sans connaissance. Dès qu'il la vit, Quatre se précipita pour lui porter secours. … Si cela lui était encore utile, bien entendu.

Il s'agenouilla auprès d'elle et passa avec précaution une main sous sa nuque et l'autre autour de sa taille pour la faire asseoir. Mais la jeune fille n'eut aucune réaction. Il prit son poignet pour prendre son pouls mais il était extrêmement faible. Il approcha finalement son visage du sien pour sentir son souffle sur sa joue. Malheureusement, le fait est qu'il ne sentit RIEN. Non, vraiment, RIEN ! Absolument RIEN !

Quatre, affolé : « Oh mon Dieu, non ! Elle ne respire plus ! Oeil d'Ange ! Non ! »

Son cerveau se mit alors à réfléchir à une vitesse folle : en moins d'une seconde, il avait déjà envisagé toutes les possibilités pour la sauver et une seule lui avait paru la plus adaptée à la situation, mais vu le matériel qu'il avait sous la main, il n'avait pas vraiment le choix !

Il reposa la jeune fille sur le sable, les bras le long du corps. Il posa une main sur son front pour faire légèrement basculer sa tête en arrière, puis lui pinça le nez, pour ne pas que l'air ressorte. Puis, sans hésiter, il prit une grande inspiration et, sans réfléchir davantage, il pressa ses lèvres contre celles d'Oeil d'Ange. Après avoir soufflé une grande bouffée d'air dans ses poumons, il s'écarta d'elle. Malheureusement, cela ne suffisait pas. Il reprit une grande inspiration et recommença encore une fois. Puis, comme il n'obtenait toujours aucun résultat, une troisième fois. Une quatrième fois. Une cinquième fois. Une sixième f... Non ! Cette fois-ci, c'était la bonne ! Comme il se penchait pour lui donner une sixième bouffée d'air, la jeune fille se recroquevilla sur elle-même et se pencha sur le côté pour vomir un délicieux mélange de sable et de sang !

Quatre écarquilla les yeux et l'observa sans réagir. Au bout d'une longue minute, comme elle avait fini de purger ses poumons, Oeil d'Ange leva vers lui deux yeux hagards, perdus. Il réagit aussitôt au quart de tour : il passa ses bras autour de ses épaules et la serra contre lui, très ému.

Quatre, les larmes aux yeux : « Dieu merci ! Vous êtes vivante ! J'ai bien cru que vous ne reviendriez jamais ! J'ai eu si peur ! »

Oeil d'Ange, étouffant à moitié : « Ah, bah, moi aussi, j'ai eu peur ! »

Au bout d'un moment, comme elle ne rajoutait rien, Quatre s'aperçut qu'il était « à demi » en train de l'écraser contre lui, autrement dit de l'empêcher de respirer. Les deux mains sur ses épaules, il l'écarta loin de lui, comme si elle allait lui vomir dessus.

Quatre, toujours ému : « Ne vous faites pas. Je vais appeler du secours pour venir nous chercher. »

Il fouilla ses poches à la recherche de son téléphone cellulaire mais, malheureusement, ô surprise, il ne l'avait plus !

Quatre, désemparé, se tourna alors vers la jeune fille avec un air désolé : « Hm. Finalement, je crains que nous ne soyons obligés d'attendre que quelqu'un parte à notre recherche et nous retrouve. »

Oeil d'Ange se mit à trembler : « Ça veut dire qu'on va peut-être devoir passer la nuit ici ? »

Quatre, d'un air désolé : « J'en ai peur, oui. »

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Au château Peacecraft, une nouvelle journée se passa, sans incident cette fois-ci, puisqu'on avait pris soin de tenir Réléna à distance des fenêtres. (Elle n'avait pas voulu qu'on prive la pie d'un foyer où dormir) Malheureusement, Sora n'avait toujours pas réussi à parler à lui parler du service que la Directrice lui avait chargé de lui demander. C'est donc plus que déterminée que la jeune fille commença cette journée.

La jeune fille marchait dans un couloir avec un pas décidé : « C'est sûr ! Aujourd'hui, elle va m'entendre, il ne nous reste plus que trois jours à vivre ici ! Je n'ai aucune envie d'avoir supporté ça pour rien ! »

Duo marchait tranquillement derrière elle, les bras croisés derrière la tête : « Ouais, je te comprend. Déjà que tu as dû sécher pas mal de cours pour pouvoir rester ici. Heureusement qu'on est en week-end ! »

Sora, sur les nerfs : « Grrr ! Et je n'ai vraiment pas envie de rater ma première année de fac ! Qu'elle le veuille ou non, quitte à la clouer au mur par les oreilles, elle m'entendra ! »

Duo, pensivement : « Si tu utilises une perceuse, tu vas la rendre sourde ! »

Sora réfléchit : « Hm. Oui, ce serait dommage ! Elle ne pourrait plus s'entendre parler et se forcerait à crier plus fort. »

Alors qu'elle faisait cette réflexion, le doux nom d'un prince déroulé par sa princesse comme un ruban de soie se fit entendre dans l'air pacifique du paisible royaume de Sank.

« Heeeeeeeeeeroooooooooooooooooooooo ! »

Duo soupira et tourna les talons dans la direction opposée pendant que Sora retroussait ses manches. Réléna courait joyeusement vers eux, dans ses beaux atours de reine. Elle stoppa net devant eux, s'éclaircit la gorge et déclara avec calme : « HEERO EST DE RETOUR ! PAGAN ME L'A ANNONCÉ ! YOUPIIIIIII ! Venez vite, dépêchez-vous ! Ah, Heero ! »

Sans attendre leur réaction, elle tourna les talons et s'élança en direction du hall d'entrée, non sans avoir poussé moult soupirs commençant par « Ah ! » et finissant par « Heero ! »

Elle arriva devant le grand escalier dont elle descendit les marches à une vitesse impressionnante pour une fille avec des talons. Une fois arrivé en bas, elle resta figée un moment en voyant la merveilleuse et romantique apparition dont elle avait tant rêvée.

Heero, ruisselant de sang, était agenouillé par terre, penché au dessus d'une fille qui semblait légèrement blessée puisqu'au moins les trois quarts de son sang s'étaient écoulés autour d'elle dans une grande flaque écarlate qui collait au tapis. Les sourcils de Heero étaient froncés dans une expression d'inquiétude qui lui donnait un visage étrangement humain. Il avait presque l'air vulnérable. (!!!!)

Heero, inquiet : « Tiens bon, Sunny, ça va aller. Je ne te laisserai pas mourir ! »

Réléna s'élança dans un fabuleux sprint et glissa sur la flaque.

BOUM !

Elle se releva d'un bond et rouvrit les yeux en hurlant : « Heerooooo ! Te voilà enfin Heer-oh ?! » Elle fut en effet coupée dans son élan par une scène qui la laissa sans voix : Heero, penché au dessus de la jeune fille avait caressé son front avec anxiété, avant de poser ses lèvres sur les siennes. (Quoi ?! Encore ?! Mais qu'est-ce qui leur prend à tous ?!) Réléna ouvrit la bouche dans une expression de surprise et d'envie.

Sans un seul regard pour elle, Heero s'écarta de la jeune fille et pressa plusieurs fois ses deux mains croisées sur sa poitrine pour faire repartir son coeur. Sans résultat. Avec un air résigné, Heero soupira et se tourna vers Réléna.

Heero avec une expression dure pleine de détermination : « Réléna, appelle l'hôpital, c'est urgent ! »

Réléna, remplie d'admiration : « Ouiiii ! »

Elle repartit dans une course folle pour s'arrêter à deux mètres de l'escalier et dégaina son portable.

« Oh mon Dieu ! Sunny ! »

Sora venait d'arriver, Duo sur ses talons.

Sora, pleurnichant : « Oh nonnnnn ! Sunny ! Sunny ! Elle va mourir ! Nonnnnn ! »

Heero, déterminé : « Non. »

Sora, affolée : « Mais tu as vu dans quel état elle est ?! Elle ne pourra jamais survivre ! »

Au fond d'elle-même, elle se dit finalement : « Bon, c'est vrai que ce n'est pas vraiment ma sœur mais… », mais finalement, déclarer une telle chose devant Heero, à un moment pareil, ce serait s'assurer une mort très prochaine et très violente. Elle garda donc cette remarque pour elle.

Heero la fusillait du regard : « Bien sûr que si ! Réléna ! Ça vient cette ambulance, oui ?! »

Réléna, intimidée : « Oui Heero, j'y vais ! »

Elle s'élança dans un couloir en hurlant : « Pagan ! Pagan ! Milliardo ! Ah, c'est vrai il n'habite pas ici ! Pagaaaaaan ! »

Duo, déconcerté, observait Heero avec étonnement : « Wouah ! Je ne l'avais jamais vu aussi en colère ! C'est pas le moment de le contredire, je crois. »

Heero se tourna vers lui et lui lança un regard glacial. Finalement, sans le quitter des yeux, il s'adressa à Sora.

Heero, sérieusement : « Sora, tu ne peux pas utiliser ton pouvoir pour la sauver ? »

Sora s'apprêtait à répondre mais Duo la devança : « Non mais tu plaisantes j'espère ?! Si elle fait ça, c'est elle qui va se vider de son sang ! C'est hors de question ! »

Heero se tourna vers Sunny qui continuait à se vider de son sang, sans avoir l'air de vouloir attendre l'ambulance. Il s'agenouilla de nouveau auprès d'elle et, posant une main sur son front, il déclara d'une voix sans émotion : « Moi. Je pourrais prendre la blessure à sa place. »

Sora, surprise : « Woh ! T'es sûr ? C'est très risqué, tu sais ! En plus, je n'ai jamais vraiment essayé. »

La main de Duo sur son épaule l'interrompit : « C'est vrai que c'est dangereux. Et si c'est finalement toi qui prenait la blessure ? »

Sora réfléchit : « En me concentrant bien, il ne devrait pas y avoir de problème. Au pire, la blessure sera partagée, je pense. Je… Je vais le faire. »

Elle interrogea Duo du regard, pour lui demander son assentiment. Pour seule réponse, celui-ci soupira et fit un vague geste de bras, en signe de rémission : « Bah ! De toute façon, je m'en voudrai si jamais Sunny mourrait à cause de moi ! Enfin, même si ce n'est pas ta sœur ! »

Heero le fusilla du regard, puis se tourna vers Sora : « Allons-y. »

La jeune fille rejoignit Heero auprès de Sunny et posa une main sur sa blessure : une large plaie au niveau du ventre. Elle ferma les yeux et posa son autre main sur les abdos de Heero.

Sora, les yeux fermés : « Bon. J'espère que ça va marcher, parce que sinon, on risque d'y laisser notre peau tous les trois ! »

Heero, le regard rivé sur Sunny : « Tu peux y aller, je suis prêt. Fais de ton mieux, c'est tout ce que je te demande. »

La jeune fille acquiesça et bientôt le flux de sang qui s'écoulait de la plaie de Sunny partit en sens inverse, jusqu'à ce que tout ce qu'elle avait perdu revienne dans son corps. Une mince rivière de sang traversa même sous la porte d'entrée pour regagner le corps de sa propriétaire. Bientôt la plaie se referma doucement, comme une fermeture éclair. Quelques secondes s'écoulèrent, pendant lesquelles Heero fronça les sourcils dans une expression de douleur, tandis que Sora serrait les dents et appuyait davantage sa main sur le torse de Heero, comme si elle voulait le traverser. Duo fronça les sourcils, légèrement inquiet, et s'approcha d'eux. Au moment où il s'apprêtait à leur demander si quelque chose n'allait pas, Heero poussa une exclamation de douleur et s'écroula par terre, tandis qu'une véritable explosion de sang giclait et éclaboussait les alentours. Sora tomba également sur les genoux, essoufflée, dégoulinante de sang.

Duo contempla son t-shirt, également trempé : « Génial ! Bravo So' ! Ça c'était une opération toute en finesse ! »

Sora, essoufflée : « Désolée de ne pas avoir ton talent ! … Il faut faire quelque chose pour Heero ! Je vais nous téléporter à l'hôpital le plus proche ! »

Duo, penché au dessus de Heero : « Et qu'est-ce qu'on fait de la princesse ? »

Sora s'agenouilla auprès de Heero et Sunny et leur prit chacun la main, tandis que Duo posait une main sur son épaule : « Inutile de l'alerter ! Elle ferait toute une crise si elle savait ce qui est arrivé à Heero. »

Duo hocha la tête : « Ouais, t'as raison ! »

Sora, déterminée : « Allez ! On décolle ! »

Ils disparurent en une seconde, dans un court flash. Un quart d'heure passa, au bout duquel Réléna déboula dans l'entrée.

Réléna, avec le sérieux de quelqu'un qui a accompli avec succès une mission d'une grande importance : « Heero ! Tout va bien, l'ambulance ne va pas tarder. … Heer-oh ?! »

Elle regarda autour d'elle et ses yeux tombèrent sur les étranges traces de sang sur le tapis : on aurait dit que quelqu'un avait explosé au milieu de l'entrée.

Sa digne Majesté Réléna Peacecraft prit alors une grande inspiration et plaça ses mains en porte-voix (Attention, bouchez-vous les oreilles !) : « HEEROOOOOOOO ! »

Note de l'auteur : Si Réléna avait un bon sens de la déduction, elle aurait vu que les corps n'avaient pas pu être déplacés « normalement », sinon il y aurait des traînées de sang dans telle ou telle direction mais là, c'était plutôt une composition du style art moderne, une belle toile qui aurait pu s'appeler « le cri du guerrier » ou encore « explosion de joie » ou « Tripes sur tapis ». C'est donc qu'ils n'ont pu que se volatiliser, non ? Enfin, voilà, quoi ! Mais bon, on va dire qu'elle avait autre chose en tête.

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Pendant ce temps-là, toujours chez Réléna, dans un endroit tranquille. Et oui ! Bon, c'est vrai, si vous considérez que tous les endroits où elle n'est pas sont tranquilles, vous avez le choix, mais là, c'est juste dans le jardin.

Un énorme bouquin d'au moins un millier de pages s'écrasa juste devant Wufei, assis en tailleur contre un arbre, en train de bouquiner.

« FI-NI ! »

Wufei leva le nez de son bouquin et fixa Sériel en plissant ses beaux yeux noirs, ce qui lui donna une expression à la fois mêlé de ruse et de mépris.

Wufei, avec un ton suffisant : « Ça y est ? Tu l'as lu ? En entier ? »

Sériel, avec un grand sourire : « Évidemment ! Et...je suis prête à répondre à tes questions. »

Wufei, avec un sourire plein de défi : « Bien. Allons-y ! »

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Bon, comme on se fout complètement du contenu de ce bouquin, (Vous voulez vraiment purifier votre corps et votre âme, vous ? Ça voudrait dire en leçon No1 « Ne plus lire de lemons, ne plus rêvez à des choses pas nettes en ce qui concerne les pilotes de gundam, etc.) allons retrouver l'ambiance hostile d'une grotte en plein désert.

Quatre et Oeil d'Ange avait passé une nuit très fraîche et très rude dans la grotte. En effet, la fraîcheur ambiante avait été préservée par les vents nocturnes et les deux jeunes gens avaient dû s'enterrer dans le sable jusqu'au cou pour ne pas avoir trop froid. Oeil d'Ange avait espéré pouvoir dormir dans les bras de Quatre mais, pour une raison qui lui échappait, il se comportait de façon assez distante avec elle depuis qu'ils étaient ici. Et si elle avait divagué pendant qu'elle était inconsciente ? Et si, involontairement, elle lui avait avoué ses sentiments ? Peut-être que c'était ça, la cause de son indifférence, peut-être qu'il essayait de lui faire comprendre implicitement qu'il ne l'aimait pas et qu'il n'y aurait jamais, mais vraiment jamais rien entre eux ?

C'est sur cette idée que s'était endormie la jeune fille et c'est avec cette même idée en tête qu'elle se réveilla, le coeur vide de toute émotion.

Quatre était déjà réveillé mais était occupé à griffonner quelque chose sur du papier. Ç'est à peine s'il leva les yeux pour lui dire « bonjour ».

Oeil d'Ange, timidement : « Qu'est-ce que vous faites ? »

Quatre leva les yeux très lentement, comme s'il espérait ainsi lui donner le temps de détourner les siens : « Pendant que vous dormiez, j'ai été faire un repérage de la grotte, et maintenant j'essaye d'en établir le plan. »

Oeil d'Ange, sans émotion : « Ah, d'accord. »

Leurs regards se croisèrent. Le regard morne de la jeune fille et le regard déterminé de Quatre.

Quatre, un peu inquiet : « Ça ne va pas ? »

Oeil d'Ange, lentement : « Si si, ça va. C'est la super forme. »

Quatre, perplexe : « Enfin, je vois bien que quelque chose ne va pas. Dites-le moi, je peux peut-être vous aider ? »

Oeil d'Ange, timidement : « Et bien, vous... Je vous trouve assez distant, depuis hier. Depuis qu'on est ici en fait. »

Quatre sursauta : les efforts qu'il faisait pour ne pas montrer son trouble vis à vis d'elle étaient-ils si visibles que ça ?

Quatre, embarrassé : « Et bien, c'est vrai que, j'ai préféré mettre un peu de distance entre nous, mais ce n'est pas votre faute, c'est la mienne. Je ne voulais pas vous mettre dans une position inconfortable, qui pourrait menacer notre amitié. »

Il s'interrompit un moment et leva les yeux vers le plafond : « Vous avez entendu ? »

Oeil d'Ange, captivée par ses paroles : « Non non ! Rien du tout ! Á part votre voix, je n'ai rien entendu ! »

Quatre, gêné : « Ah, et bien, ce que j'essaye de vous dire, c'est que... Hm. Ce n'est pas une chose facile à dire mais je suppose que je me dois d'être honnête envers vous, puisque c'est la seule façon qu'il me reste de vous montrer que je tiens à vous. »

Oeil d'Ange, écarlate : « Vouiiii ! »

Au moment où elle acquiesça, une longue corde dégringola du plafond et lui tomba sur la tête. Et, si l'on calcule la vitesse de chute multipliée par la hauteur du plafond d'où la corde était tombée, ou un autre calcul dans ce genre, je crois bien que l'impact fut assez rude pour notre petite Yodie. Elle perdit connaissance, tout simplement.

« Maître Quatre ! Mademoiselle Oeil d'Ange ! »

Quatre, consterné : « Oui ! Nous sommes là ! »

Il baissa les yeux et s'agenouilla près d'Oeil d'Ange.

Abdul descendit la corde comme on descend la perche des pompiers et constata avec inquiétude l'état de la jeune fille.

Abdul, inquiet : « Qu'est-il donc arrivé à mademoiselle Oeil d'Ange, Maître Quatre ? »

Quatre soupira : « Et bien, c'est une longue histoire. »

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Pendant ce temps-là, dans un hôpital.

« Hey, So' ! »

Sora se tourna vers Duo, qui poussait un brancard sur lequel était allongé Heero : « Quoi ? »

Duo, en regardant autour de lui : « Tu peux me dire pourquoi tu nous a téléportés au service psychiatrie ? »

Sora lui offrit un sourire désolé : « Bennn, peut-être qu'inconsciemment, je me suis dit que c'est ce qui convenait le mieux à Heero ? »

Duo, perplexe : « Ouais, ben, si on pouvait filer vite fait d'ici, ce serait pas mal non plus ! Cet endroit me donne la chair de poule. »

Sunny, penchée au dessus du brancard : « C'est vrai que c'est pas rassurant dans le coin. »

Des semblants de personnes aux yeux exorbités poussaient des cris effroyables et tapaient contre les vitres de leur cellule, d'autres restaient prostrées dans un coin et levaient lentement leur visage pâle et sans expression quand ils passaient devant eux et d'autres encore, les ignoraient totalement, soit ils étaient plongés dans un mutisme total, immobiles, soit ils bavardaient tranquillement, seuls. Certains divaguaient sombrement et parlaient de sang, de mort et de guerre.

Sora, le visage sombre, baissait tristement la tête. Toutes ces malheureuses personnes n'étaient pas sans lui rappeler les cobayes de l'Institut New Genesis, où elle avait été enfermée pendant quelques jours, en tant que « génie ».

Au lieu de se lamenter davantage, la jeune fille accéléra le pas et, apercevant le bout du couloir, lança joyeusement à ses amis : « Enfin ! Voilà, l'ascenseur ! »

Elle courut pour se réfugier dedans et se plongea dans l'étude des boutons d'étage.

Sunny, pensivement : « C'est tout de même bizarre qu'on n'ait croisé personne à cet étage. »

Sora, tristement : « Qui aurait envie de passer ses journées ici ? »

Duo posa une main sur son épaule : « Est-ce que ça va ? »

Sora sourit faiblement : « Oui, c'est rien. Juste des mauvais souvenirs venus tout droit de New Genesis ! »

Elle prit le bras de son petit ami et posa sa tête sur son épaule. L'ascenseur referma ses portes et les emmena au rez-de-chaussée. Ils se précipitèrent aussitôt à l'accueil.

Sora, les cheveux et le visage couverts de sang séché : « Bonjour, excusez-moi de vous déranger mais nous avons besoin d'un chirurgien de toute urgence pour soigner notre ami. »

L'hôtesse se pencha en avant pour mieux observer la joyeuse compagnie : ses yeux se posèrent sur Duo, dont le t-shirt était couvert de sang : « C'est pour vous ? »

Duo, tout surpris : « Ah ! Non non ! Je vous remercie, je vais très bien ! J'ai juste été éclaboussé ! C'est pour lui ! »

Il se poussa et montra le brancard, juste derrière lui, sur lequel gisait Heero, plus pâle que jamais.

Sora, gênée : « Heu, vous croyez qu'il vit encore ? »

Duo et Sunny, qui avaient tourné leur yeux vers elle pour l'écouter, tombèrent à la renverse. Pendant que Sora essayait de les réanimer, des chirurgiens embarquèrent Heero pour le bloc opératoire.

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Dans un petit jardin, tranquille, plein de petits zoziaux et de zolies fleurs.

Sériel, en sueur : « 1897 ! »

Wufei, exultant : « FAUX ! Faux faux faux ! C'est 1893 ! »

Sériel, avec rage : « Nan ! C'est pas vrai ! Je suis sûre de ma réponse ! J'ai appris tout ce foutu bouquin par coeur ! Je suis sûre que c'est 1897 ! »

Wufei haussa les épaules : « Non, tu as perdu. Reconnais ta défaite et laisses-moi en paix. »

Sériel se saisit brusquement du livre et en feuilleta rapidement les pages, avant de hurler dans un cri de triomphe : « VOILÁ ! J'avais raison ! »

Wufei haussa légèrement un sourcil sans lever le nez de son bouquin. C'était complètement impossible. Il allait vraiment devoir réfléchir à la relation bizarre qu'il entretenait avec elle ?! En fait, il ne cherchait pas du tout à l'entretenir mais étrangement, plus il essayait de repousser Sériel, plus elle le collait ! C'était vraiment agaçant et effrayant aussi. Mais d'un autre côté...

Finalement, lorsque Sériel lui montra du doigt son erreur, Wufei pâlit d'un seul coup, trembla un moment avant de se lever lentement. Il prit une grande inspiration et déclara sur un ton très officiel : « C'est d'accord, si tu as fait tout ces efforts, je veux bien te laisser une chance de faire tes preuves, en tant que « petite amie ». »

Sériel, qui bondissait dans tous les sens en poussant des cris de victoire, s'arrêta soudainement et le fixa avec de grands yeux étonnés.

Wufei, moqueur : « Incroyable ! Tu es donc capable de te taire pendant plus d'une seconde ?! »

La jeune fille serra les poings et se jeta sur lui dans l'intention de lui mettre une raclée mais Wufei esquiva l'attaque sans la moindre peine et la fit tomber par terre. Sans lui laisser le temps de se relever, il s'agenouilla à côté d'elle et posa avec douceur une main sur ses yeux.

Wufei, sérieux : « Une fille doit obéir à son petit ami. Ne t'avise plus jamais de m'attaquer. Tu n'as pas la force nécessaire pour me battre. »

Sériel sentit la colère monter en elle, elle était prête à lui mettre un coup de pied « là où il faut », quand quelque chose de chaud et de très doux se posa sur ses lèvres, l'empêchant de répliquer quoique ce soit. Impossible. Il n'était quand même pas en train de l'embrasser ?

La jeune fille passa aussitôt ses bras autour des épaules de Wufei et l'attira contre elle. Perdant l'équilibre, il bascula en avant et vint s'écraser sur elle de tout son poids, malgré tout l'appui qu'il avait mis dans sa main. Main qui, je vous le rappelle était sur les yeux de Sériel, je vous laisse imaginer le résultat. Légèrement agacé par le ridicule de sa position, Wufei décolla son visage de celui de la jeune fille, se releva et épousseta ses vêtements avec une expression d'indifférence totale, comme s'il venait de faire le ménage ou d'enlever les mauvaises herbes de son jardin.

Sériel, toujours allongée par terre, joyeusement : « Ça y est ? On sort ensemble ? »

Wufei posa sur elle un regard dur et froid mais un faible sourire, presque chaleureux, donna un peu de vie à son visage, comme il répondait, très sérieusement : « Non. Ce ne sera pas possible tant que tu ne sauras pas te tenir correctement. »

Sériel se redressa d'un bond : « Nan mais je rêve ! On dirait que tu parles à une gosse ! Je suis plus âgée que toi, je te signale ! »

Wufei haussa les épaules : « Peu importe. L'âge n'a pas d'importance quand il s'agit des rapports entre un homme et une femme. »

Sur ce, il tourna les talons, ramassa son livre et partit en direction du château.

Sériel serra les poings, le regarda s'éloigner et, quand elle l'estima à une distance suffisante :

« Yaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaouh ! »

Sans même se retourner, Wufei esquissa un léger sourire et plissa ses beaux yeux noirs, dans lesquels brillait une lueur amusée.

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« Son état est stable, votre ami survivra. C'est un miracle qu'il ait échappé à la mort. »

Duo fit un vague signe de la main au dessus de sa tête, comme s'il voulait chasser un mouche : « Ouais, comme d'hab', quoi ! »

Sora, debout devant la fenêtre, haussa les épaules avec indifférence : « Bah ! On s'en doutait ! »

Sunny, assise sur une chaise, à côté de la fenêtre : « Ouais, ben heureusement qu'il a survécu ce pauv' connard ! Quelle idée aussi de risquer sa vie pour me sauver ! Salaud d'mec ! »

Docteur, perplexe : « Bien, alors, je vais vous laisser avec votre, heu, « ami ». Les visites sont autorisées jusqu"à 18h. »

Sora, distraitement : « D'accord. ... Ah ! Docteur ! Pour les frais d'hospitalisation, mettez ça sur le compte de Réléna Peacecraft, c'est elle qui l'entretient. »

Docteur, déconcerté : « Qui « l'entretient » ? »

Sora, avec un grand sourire gêné : « Ouiiii ! »

Docteur, gêné : « Ah. Je vois. Et bien, appelez-moi s'il se réveille. Au revoir. »

Tous les trois, avec plus ou moins d'entrain : « Au revoir. »

Duo s'étira avant de se laisser tomber sur une chaise, à côté de Sunny : « Alors, qu'est-ce que vous faisiez Heero et toi pour vous retrouver dans une situation pareille ? »

Sunny, lasse : « On était tranquillement en train de faire une mission quand l'alarme s'est mise en marche, un peu par ma faute, en vérité. Des gars de la sécurité ont débarqué et m'ont tiré dessus. Heero m'a dit par talkie-walkie de le rejoindre dans la salle des machines. J'ai voulu rejoindre Heero mais je me suis fait touchée. Alors quand je suis arrivée là-bas, j'étais pas vraiment en état de l'aider à grand chose ! »

Sora se retourna et tous trois restèrent un long moment à observer Heero.

Duo pensait : « Ah la la ! Ce Heero ! Tous les mêmes ! »

Sora se disait à son sujet : « Vraiment incroyable ce mec ! »

Enfin, Sunny remarquait en son for intérieur : « Sale con ! »

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Deux jours passèrent, sans se soucier des prières de Sora qui n'avait toujours pas réussi à parler à Réléna qui s'était barricadée dans la chambre de Heero. Wufei, quant à lui, était un peu moins pressé de partir puisque ici tout le monde le laissait tranquille. Tout le monde, sauf Sériel, mais le fait était que « cela n'était plus un problème », selon ses propres mots.

Wufei, comme à son habitude, était en train de lire un gros bouquin dans le jardin, adossé contre son arbre quand soudain, Sériel vint le déranger, comme à son habitude.

Sériel, se frottant contre lui : « Wufeiiiii ! Jamais on ne pourra sortir ensemble si tu ne me laisses pas une occasion de te prouver que je suis une merveilleuse petite amie ! »

Wufei, froidement : « Je suis déjà en train de te donner une occasion de prouver ta valeur : tais-toi et vas jouer avec les autres ! »

Sériel sentit la moutarde lui monte au nez : « Vas jouer ? VAS JOUER ? Hééééé ! Mais qu'est-ce que c'est qu'ce... ! Mmmmm ! »

Pour la faire taire, Wufei avait fini par trouver l'astuce : dès qu'elle devenait insupportable, il prenait la jeune fille par les épaules et l'embrassait avec fougue. Jusque quand ? Baaaaah, je ne sais pas, moi ! Jusqu'à ce qu'il n'en ait plus envie, ou jusqu'à ce qu'il manque d'air, je suppose. Ouais, ce serait plutôt ça car, comme Sériel venait le voir tous les jours, -dès qu'elle avait fini de poser toutes les questions idiotes qui lui passaient par la tête à Réléna- il avait pris l'habitude de l'embrasser et c'était presque devenu un rituel convenu entre eux. Après avoir reçu son baiser quotidien, Sériel se précipitait au château pour raconter ça à tout le monde et courait dans la cuisine pour préparer une orgie : alcool à gogo, plats complètement dégeu' et encore je ne vous parle que de ce que tout le monde a vu et revu car vomi et revomi. Le reste, personne ne s'en souvient. ... Drogue ? Peut-être.

Sinon, à part, ce petit rituel quotidien, bennn, y'avait pas grand-chose ! Mais bon, c'était déjà un excellent début selon Sériel.

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Pendant ce temps-là, dans une ville fortifiée au coeur du désert.

Oeil d'Ange, un gros pansement sur le front, préparait sa valise. Le départ pour une nouvelle dimension avait lieu le lendemain et Quatre avait dû se replonger dans son travail, ce qui n'avait laissé aucune occasion à la jeune fille pour discuter avec lui de ce qui s'était passé dans le désert.

TOC TOC TOC !

Pleine d'espoir, Oeil d'Ange releva la tête brusquement (faites que ce soit Quatre, pitié !) : « Entrez ! »

C'était Rashid.

Rashid : « Mademoiselle Oeil d'Ange, comment vous sentez-vous ? Votre tête vous fait-elle encore souffrir ? »

Oeil d'Ange, un peu honteuse : « Non, ça va mieux. Merci. »

Rashid s'assit sur le lit et sembla chercher ses mots. La jeune fille ferma sa valise et la posa par terre, prête à l'écouter.

Rashid, très sérieux : « Mademoiselle, je suis venue vous voir pour vous parler de Maître Quatre. »

Oeil d'Ange rougit légèrement à ce nom mais cacha son émoi du mieux qu'elle put : « Ah ? Que se passe-t-il ? »

Rashid, gêné : « Je sais que vous et maître Quatre, vous entretenez des liens très particuliers. »

Oeil d'Ange rougit un peu plus et répondit avec modestie : « Oui, nous sommes d'assez bons amis. »

Rashid, embarrassé : « Si vos sentiments pour Maître Quatre sont plus profonds qu'un simple sentiment d'amitié, vous devriez lui dire. Je pense qu'il les accueillera avec plaisir. »

Oeil d'Ange écarquilla les yeux et le regarda avec étonnement : « Pardon ? Qu'est-ce que vous voulez dire par « avec plaisir » ? Est-ce que ça veut dire que... ? Qu'il... ? »

Rashid lui sourit paternellement : « J'ai juste dit que ça lui ferait plaisir de savoir qu'une personne à laquelle il accorde beaucoup d'importance tient également à lui. »

Sur ces bons mots, il se leva et quitta la chambre, non sans avoir salué la jeune fille.

Oeil d'Ange resta seule dans la pièce, tremblante : « Est-ce que ça veut dire qu'il... ? »

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Le soir de la veille du jour du départ. Bon, en fait, le soir du 25 novembre !

Cette fois-ci, c'en était trop ! Sora avait assez attendu ! Réléna était venue à bout de sa patience. Il était temps d'agir. Duo et Sunny l'ayant laissé sans surveillance, la jeune fille décida de sortir la grosse artillerie. Un énorme bélier en chêne et une armée de lutins suffiraient largement.

Sora, avec un regard de folle : « C'est bon ! Enfoncez cette porte ! Elle va m'entendre cette fois ! Niéhéhéhéhé ! »

Les lutins commencèrent à donner de grands coups de bélier dans la porte de la chambre de Heero, fermée à clé, ce qui eut pour seul effet de faire trembler tout le château et de faire tomber des tableaux et des babioles posées sur des tables d'appoints dans les coins du palier.

Lutins, chantonnant : « Hé-ho ! Hé-ho ! On casseuh des bib'lots ! Hého-hého-hého-hého-hého ! »

Sora, tempêtant : « Réléna ! Ouvres cette porte et écoutes-moi ou je défonce la porte ! »

Réléna : « Non ! Vous allez vouloir me séparer de Heero. »

Un voile obscur passa devant les yeux de Sora, et aussitôt, ses yeux ressemblèrent à s'y méprendre à ceux de Black Sora lorsqu'elle était folle de rage. De l'électricité commença à crépiter autour d'elle, toutes les lumières du château s'éteignirent, le plongeant ainsi dans le noir le plus complet.

Sora, enragée : « Grrrrrr ! »

Un petit hululement lui fit détourner la tête et bientôt Météore se trouva perché sur son épaule, en train de lui mordiller l'oreille.

Sora, agacée : « Météore ! Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi !? J'ai déjà assez à faire avec Duo alors si tu commences... ! »

« Viens Météore, elle a raison ! Tu vas quand même pas me piquer la place, hein ? »

La petite chouette s'envola et vint se poser sur la tête de Duo, qui s'était accroupi près des lutins et les observait avec étonnement.

Duo : « Ça alors ! C'est toi qui as fait ça ?! »

Sora, agacée : « Évidemment ! Je ne vois personne d'autre aux alentours capable de faire apparaître des trucs aussi stupides ! »

Duo, déconcerté : « Ouais. ... Mais c'est marrant ! … Et effrayant en même temps ! »

Sora, en plein délire : « Héhéhéhéhéhé ! Un bazooka ! Voilà ce qu'il me faut ! »

Duo se précipita sur elle et la saisit brusquement par les épaules : « Hepepep ! Pas si vite ! C'est pas le moment de nous péter un câble, ok ? Il suffit de lui demander gentiment ! En plus, elle t'entend très bien de l'autre côté de la porte, non ? Tu peux lui demander directement sans être en face d'elle, pas vrai ? »

Sora fixa le vide une demi seconde avant de ciller. Aussitôt ses yeux retrouvèrent leur apparence normale : « Tu as raison. Merci Duo. »

Elle se tourna vers la porte et demanda alors d'une toute petite voix : « Réléna, tu peux rester enfermée ici avec Heero si tu veux mais j'ai un petit service à te demander. »

Réléna : « Qu'est-ce que c'est ? »

Sora, embarrassée : « Bennn ! Pour continuer nos voyages interdimensionnels, on a besoin d'un peu d'argent alors je me demandais si tu voulais bien nous... »

Réléna, devinant la fin, l'interrompit aussitôt : « C'est d'accord. Mais à une condition. »

Sora jeta un coup d'oeil à Duo qui lui fit un signe de la tête pour l'encourager.

Sora, tremblante : « Qu'est-ce que c'est ? »

Réléna, fièrement : « Je viens avec vous ! »

Un silence lourd de sous-entendus pesa sur le château, on n'entendait que le babillement des lutins et les hululements de Météore.

Sora, tremblante : « D'accord. »

Un incroyable cri de joie résonna alors dans toute la maison et ébranla les murs.

Sora poussa un profond soupir : « Oh la la ! Je sens que les autres vont m'en vouloir ! »

Duo tapota son épaule pour la réconforter : « Bah, ne t'en fais pas pour ça ! Météore vient de me donner un message de l'Ordre d'Olodar. On a droit à une pause de quelques jours, le temps que tu rattrapes tes cours. »

La jeune fille retrouva le sourire aussitôt : « Ouf ! Dans ce cas, au diable les autres ! Je serai bien contente d'aller en cours pour une fois ! Ahahah ! C'est trop génial ! »

Duo leva les yeux au ciel, d'un air impatient : « Ouais ouais ouais ! Bon ! On va se coucher maintenant ? Il est quand même bientôt minuit ! »

Sora, déconcertée : « Hm. … D'accord. »

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Revenons-en à nos joyeuses artistes, futures étoiles du cirque.

La salle était remplie de spectateurs, prêts à zyeuter avec avidité quiconque apparaîtrait sur scène. Et il se trouve que c'était justement Deedo et Angel qui devaient ouvrir le spectacle de ce soir. Le directeur, qui avait refusé dès le premier jour de les voir se tourner les pouces, en avait décidé ainsi et avait choisi de leur faire chanter une chanson pour inaugurer la soirée.

La lumière aveuglante d'un projecteur vint s'abattre sur le directeur tandis qu'il prononçait son habituel discours d'ouverture. Finalement, se tournant vers les coulisses, il annonça d'une voix tonitruante :

« Et maintenant, mesdames et messieurs, veuillez accueillir deux jeunes demoiselles, toutes deux débutantes dans le métier du cirque, les dynamiques, mais non moins talentueuses Deedo et Angel ! »

La salle applaudit à tout rompre comme les deux jeunes filles faisaient leur apparition, sur les premières notes de musique. Sur une trompette déchaînée, rattrapée par un duo de violoncelles, Angel et Deedo descendirent lentement du haut du chapiteau, l'une assise et l'autre debout sur des trapèzes. Toutes deux étaient vêtues d'un justaucorps, d'une jupe plissée et d'une paire de hautes bottes qui leur montait jusqu'aux genoux. Seules les couleurs changeaient. Ainsi, Angel, dont les cheveux étaient séparés en deux couettes nattées et attachées avec de longs rubans noirs ondulés, portait un serre-tête noir, un justaucorps à losanges noirs et blancs, une jupe blanche et une paire de bottes noires. Deedo, quant à elle, avait deux couettes attachées avec de longs rubans rouges aussi ondulés que ses cheveux. Elle portait un justaucorps à losanges rouges et orange, une jupe rouge et des bottes orange.

Note de l'auteur : Pour écouter la chanson, vous pouvez aller voir le chapitre 9 d'Ecole Bishonens sur mon site de fanfictions. Le lien est dans mon profil)

Angel, assise sur son trapèze et les mains crispées sur les cordes, commença à chanter :

« USO desho !? Yamete yo konna hi ni kagitte

Nande acchau no ? »

Dans un coin du chapiteau, à demi cachés par un rideau, elle aperçut Trowa et Catherine et leur fit un petit signe de la main auquel ils répondirent en souriant.

Deedo, jalouse, coupa sa rivale dans son couplet, poursuivit à sa place, en se dressant de toute sa grandeur sur son trapèze :

« Shimari kaketa DOA MURIYARI nori kondara
Me no mae ni anata »

Comme c'était à sa son tour de chanter, elle poursuivit sur un ton sautillant (pour suivre le rythme du piano) sans jeter un seul coup d'oeil à Angel qui commençait à balancer son trapèze, pour l'atteindre.

« Saikai no hi akogareteta kedo
Nanimo konna toki ni kanaetekure nakute mo. »

Á ce moment, là, Angel, sauta de son trapèze et attrapa celui de Deedo, le faisant ainsi vaciller dangereusement. La voix tremblante, les jeunes filles entamèrent le refrain ensemble, Angel les pieds dans le vide et Deedo, se cramponnant aux cordes de toutes ses forces.

« Iki hazumaseta mama de
Nantonaku kimazui chinmoku ni
Hibiku 3 ryou me no kakekomi jousha
Chuui suru ANAUNSU »

Á ce moment-là, Angel parvint à se hisser sur le trapèze et s'assit. Deedo lui lança un regard noir et, comme le trapèze entamait sa descente, elle commença à le faire balancer en espérant faire tomber sa rivale.

« Negusete kami HANEHANE
Yori ni yotte HENna SUKAATO »

Angel attrapa la jambe de Deedo pour la faire tomber avec elle, au cas où elle perdrait l'équilibre et termina le refrain seule, sa rivale étant trop occupée à secouer sa jambe prisonnière

« Aa tsuite nai kiwa metsuke ni
Migi hoppe no NIKIBI »

Pendant l'interlude musical, le trapèze arriva assez près du sol pour que les deux jeunes filles puissent en descendre. Aussitôt, toutes deux dégainèrent une canne aux couleurs assorties à leurs costumes (noire pour Angel, rouge pour Deedo) de derrière leur dos et firent le tour du chapiteau en la balançant du bout de leur bras. Angel doubla Deedo et chanta son couplet avec la ferme intention de, non seulement garder le sien, mais aussi prendre celui de la concurrence !

« Ano ne wa-tashi ne zu-tto anata no koto ga

SUKI dattanda
Nante DAME ienai
Sonna yoyuu nai yo
Konna joutai de »

Comme elle se tournait vers Trowa pour lui chanter la partie de Deedo, celle-ci se précipita sur elle, la bouscula et chanta le pont, toujours d'une voix sautillante et en battant le rythme avec le doigt.

« Yatara HAI ni shaberi tsuzuketeru
Doushite ? Itsumade tatte mo
Tsugi no eki ga konai. »

Ne pouvant pas rester sur un tel échec, Angel l'attrapa par le pied et la fit tomber par terre. Folle de rage, Deedo lui donna un léger coup de canne sur la tête et bientôt, un duel digne de « Chapeau melon et bottes de cuir » se mit en marche !

Malgré tout, les deux filles continuaient à chanter sous les applaudissements du public et sans faire attention à Trowa et Catherine qui les fixaient avec des yeux ronds.

« KYOUDOUFUSHIN joutai
Ochitsuki naishi fushizen dashi
Tsukuri warai suru tabi ni itai
Migi hoppe no NIKIBI »

Pour éviter un coup bas, Deedo fit un salto arrière qui éblouit les spectateurs.

Catherine, impressionnée : « Woah ! C'est dans leur chorégraphie ça aussi ? »

Trowa, consterné : « Je ne crois pas. »

Catherine, passionnée par le duel : « En tout cas, elles se débrouillent pas mal du tout toutes les deux ! Le directeur pourrait les engager à plein temps si ça les intéresse ! »

Trowa jeta un coup d'oeil au directeur qui, caché derrière un rideau, de l'autre côté de la piste, observait le duel, à la fois impressionné et fou de rage : « Oh mon Dieu ! Mais qu'est-ce qu'elles fichent ? Ce n'est pas du tout ce qui était prévu ! »

Angel utilisa une botte secrète qu'elle avait apprise au cours d'escrime de Treize Kushrenada et désarma Deedo. Menaçante, elle s'avança vers elle, sans tenir compte des paroles de la chanson qui devaient être beaucoup plus joyeuses que ça ! Deedo, bien que désarmée, resta digne et évita ses coups par des pas de côté et des salto, tout en continuant de chanter avec entrain avec sa rivale :

« KAKKO yoku natteru kara
Yokei watashi wa sugoku MIJIME
Aa konna hazu janakatta no ni...
Mou tachi naorenai »

C'étaient les dernières notes de la chanson : le public retint son souffle et le chapiteau entier se leva pour suivre la fin du duel.

« Semete kono NIKIBI sae »

Deedo fit un nouveau salto pour éviter une autre attaque d'Angel.

« Nakkatara chotto MASHI datta no ni »

Angel lui donna un coup de canne sur l'épaule qui lui fit perdre l'équilibre et tomber.

« Nee onegai hayaku oroshite »

Deedo, à terre, lui fit un croche-pied qui la fit également tomber. Sur elle.

Mou kiechaitai yo..."

La musique se termina joyeusement sur deux petites notes de pipeau (ou une flûte très aigu en tout cas) et malgré le ridicule de la situation, le public se leva pour applaudir. Des clowns débarquèrent sur la piste pour évacuer Angel et Deedo, en les traînant par les pieds, sous les rires des spectateurs.

Directeur, une main sur la figure : « Quelle honte ! Quelle honte ! »

Catherine pausa une main réconfortante sur son épaule : « Allons ! Ne vous lamentez pas monsieur le directeur ! Elles ont fait rire le public ! Je suis sûre qu'il a apprécié leur prestation ! »

Elle se tourna vers Trowa : penché au dessus des jeunes filles, il était occupé à démêler leurs membres enchevêtrés.

Une fois, séparées, les deux rivales se levèrent d'un bond et lui lancèrent aussitôt, à l'unisson :

« ALORS ? J'ÉTAIS COMMENT ? »

Trowa, surpris, se boucha les oreilles : « Quoi ?! »

Angel jeta un regard haineux à Deedo avant de se tourner tout sourire vers Trowa : « Est-ce que la chanson t'a plu ? »

Deedo, sur les nerfs : « On avait dit qu'on chanterait chacune une part égale pour ne pas se disputer devant Trowa ! T'as vu le résultat ? J'ai des bleus partout ! »

Angel, gênée : « Hey ! C'est toi qui as commencé ! »

Toute embarrassée, Deedo se mit à mentir : « Maiiiiheu ! C'est toi qui as mal compris le partage des paroles ! »

Comme elles commençaient à se crêper le chignon, Trowa ouvrit de grands yeux et balbutia une vague question presque inaudible : « Vous... Vous avez fait tout ça pour moi ?! »

Angel et Deedo, en coeur : « BIEN SÛR ! »

Trowa rougit un peu et baissa les yeux, pensivement.

Angel, fièrement : « Mais c'est moi qui ai eu l'idée ! »

Deedo, scandalisée : « HEY ! Mais moi, j'ai eu l'idée des trapèzes ! »

Les deux, front contre front : "GRRRRRRRRR ! »

« Aaah ! Vous voilà ! Félicitations, vous avez été géniales, les filles ! »

Deedo esquissa un large sourire, elle allait enfin savoir si son nouveau plan infaillible avait marché, mais il n'y avait pas de raison qu'il échoue, non ? Puisqu'il était infaillible ?

Catherine, à Trowa : « Dépêches-toi Trowa, il faut qu'on se prépare, c'est bientôt à nous ! »

Trowa, encore troublé : « Heu, oui, j'arrive. »

Catherine jeta un coup d'oeil aux filles et chuchota quelque chose à l'oreille de Trowa, qui soupira et regagna les loges, sans répondre.

Deedo sourit alors jusqu'aux oreilles : c'est sûr, son plan avait marché ! Pour avoir un mec, la cible No1 devait être la famille et plus précisément la mère, la soeur, bref, toute figure féminine régissant la vie de l'objectif principal.

Catherine s'approcha des deux filles et passa un bras autour de leurs épaules avant de leur demander joyeusement (Aaaah ! La pauvre inconsciente !) : « Dites-moi les filles ! Qu'est-ce que vous pensez de cette fille là-bas sur la piste, l'écuyère ? Vous trouvez pas qu'elle formerait un joli couple avec Trowa ? »

Les deux rivales se regardèrent une fraction de seconde avant de se précipiter sur la piste en poussant un terrifiant cri de guerre : « YAAAAAAAAAAAH ! SUS Á L'ENNEMI ! »

Catherine sourit d'un air bienveillant : « Je m'en doutais ! Elles sont complètement accros ! »

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Enfin ! VICTOIIIIIIIIRE ! C'était le jour de la Libération ! Enfin, je veux dire, le jour du départ, quoi !

Devant la grille du château Peacecraft, Quatre et Oeil d'Ange, Deedo, Angel et Trowa attendaient les plus courageux de leur groupe qui avaient supporté Réléna pendant une longue, longue semaine !

« QUOIIIIIIIIIIIIIII !? Vous avez dormi ensemble ?! »

Oeil d'Ange vira au magenta presque instantanément : « Ne dis pas ça comme ça ! C'était un accident ! Nous étions enfermés : Nous n'avions pas le choix ! »

Angel, pensivement : « N'empêche, vous avez dormi ensemble ! »

Oeil d'Ange sentit le regard gêné de Quatre se poser sur elle et préféra détourner la conversation : « Et toi, c'était comment, ta semaine au cirque ? »

Angel, embarrassée, répondit d'une voix mécanique : « Heu, bien ! Très bien ! Très intéressant ! »

Oeil d'Ange, intriguée : « Hm ? Qu'est-ce qu... »

Angel, joyeusement : « Aaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! Les voilà ! »

En effet, à son grand soulagement, tout le reste de l'équipe venait les rejoindre coupant court à une conversation embarrassante. Angel ne se sentait vraiment pas le coeur à avouer qu'elle et Deedo s'étaient battues avec l'écuyère, qu'elles avaient été virées du cirque et avaient dû camper dehors, ensemble, sous la même tente. Encore moins qu'elle avait eu la honte de sa vie le lendemain quand Catherine leur avait appris, en la présence de Trowa, qu'elle n'avait en réalité aucune intention de le caser avec l'écuyère. Pour bien éclaircir la situation, elle leur avait souhaité bonne chance à toutes les deux et Trowa l'avait regardée partir avec des yeux ronds sans comprendre. Le départ et le voyage s'étaient faits dans un long silence gêné et honteux. Oui, tout ça, Angel n'avait aucune envie de le raconter devant tout le monde !

Quand le groupe fut au complet, tous les regards se posèrent sur les deux grosses valises roses que Pagan portait à bout de bras. (Balèze, le vieux pour trimballer toute la garde de robe de la princesse !)

Oeil d'Ange, tremblante : « C'est quoi, ça ? Ça veut dire quoi ? Vous me faites peur, là, vraiment. »

Sora, très embarrassée : « Heu, hé bien, Réléna va faire un petit bout de voyage avec vous ? »

Réléna, joyeusement : « Oui ! J'espère que ça ne dérange personne ? »

Un silence éloquent tomba sur la petite assemblée. Réléna chouina un peu avant de se tourner vers Heero, qui, comme d'habitude, profitait de chacune de ses courtes minutes de liberté pour « bavarder » avec Sunny. Avec le décodeur, ça veut dire qu'il se retournait pour la regarder intensément, sans rien dire.

Réléna, chouinant : « Heero, est-ce que ça te dérange si je viens avec toi ? »

Heero, froidement : « C'est trop dangereux. Et tu as mieux à faire que de risquer ta vie au milieu d'une bande d'imbéciles. »

Réléna, malicieusement : « Mais Heero, si tu es avec moi, je ne crains rien ! »

Dans leur coin, tous les autres marmonnèrent en chœur : « Et nous, alors ? Que fait-on de notre sécurité ? »

On attendit une longue minute qu'Heero daigne donner une réponse claire et dont la composition et l'interprétation serait accessible à tous.

Heero, indifféremment : « Fais comme tu veux. Ça ne me regarde pas. »

Réléna pencha sa tête sur le côté pour croiser son regard (échec total) : « Alors je viens ! On va bien s'amuser ! »

Wufei marmonna un truc injurieux sur les japonais surentraînés et, (tout en passant discrètement sa main autour de la taille de Sériel) déclara sur un ton impatient : « Il est temps d'y aller, non ? Sora ? »

Sora haussa les épaules : « Excellente idée ! Je vous dépose sur votre futur lieu d'orgie et je rentre chez moi ! Tout le monde est prêt ? »

La jeune fille se pencha en avant pour vérifier que tout le monde était « connecté » (comme elle aimait le dire) et presque aussitôt, tous disparurent dans un battement de cils.

Juste pour le fun, jetons un coup d'oeil au résultat :

Sora - Duo, une main autour de ses épaules et l'autre main sur l'épaule de Heero - Réléna - accrochée au torse d'Heero (Hey ! Et sa blessure alors ?) - Sunny, que Heero tenait par la main - Sériel, une main sur son épaule - Wufei, toujours une main autour de sa taille - Quatre, une main sur son épaule - Oeil d'Ange - Angel - Trowa - Deedo.

Encore heureux que le voyage dure à peine une minute, sinon, ça aurait pu mal tourné ! Enfin, de toute façon, le plus croustillant reste encore à venir !


Forum des élèves :

Les élèves n'ont rien à vous dire, car elles sont trop choquées d'apprendre que Réléna va rester avec eux jusqu'à la fin de la fic.

Á Suivre…


Voilààà ! J'espère que ça vous a plu ! Réléna va rester jusqu'à la fin ! ... Ou presque... Sur le coup, je ne m'en souviens plus ! Oh oh oh ! Bref ! La prochaine fois, c'est à dire dans cinq minutes, nous suivrons tous les autres dans le monde de Fruits Basket ! Tous chez Shigure ! Oh la ! Mais n'est-ce pas les JKS que je vois cachées derrière ce buisson ?! Qu'est-ce qu'elles fabriquent encore ? Oh la la ! Pas de panique ! Vous le sauvrez dans le prochain épisode d'Ecole Bishonens : Pour les uns un paradis, pour les autres un enfer ! (Partie 2)