Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, hormis ceux sortis de mon imagination.
Merci pour vos reviews, elles me touchent beaucoup !
Un petit mot pour les reviewers anonymes :
AV : merci beaucoup pour ta review. Voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira tout autant que le reste !
Bleu : merci, je suis heureuse que ma fic te plaise. Pour Ambre : affaire à suivre… Merci encore pour ta review !
Nini : merci pour ton commentaire, attention la suite réserve encore bien des péripéties et personne ne va être épargné…
Bonne lecture !!!!!
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Chapitre 8 : La malédiction des Quileutes.
Carlisle rangea son matériel dans sa trousse avant de revenir s'asseoir sur le rebord du lit. Il avait vérifié toutes ses constantes, son cœur, sa respiration, sa tension, tout était normal, cela aurait du le rassurer mais ce n'était pas le cas. Il ne cessait de se demander ce qui avait pu provoquer ce malaise ? Bella et Charlie ? Peut-être, mais cela n'expliquait pas l'importance de son saignement de nez. Il frémit en repensant aux yeux d'Edward. Quand il était revenu dans le salon, il avait soulevé ses paupières pour voir si ses pupilles étaient dilatées. Carlisle avait paniqué quand il avait vu du sang dans ces dernières. Il avait alors transporté rapidement Edward à l'étage pour le soigner, mais une fois installé dans sa chambre, ses pupilles étaient redevenues normales. Le médecin pensait savoir ce qui s'était passé et pourquoi le corps d'Edward réagissait aussi violemment. Néanmoins, il devait attendre que son fils se réveille, seules les réponses qu'il pourrait lui apporter confirmeraient ou non ses craintes.
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Ambre observa à la dérobée le père et la fille qui étaient assis en face d'elle. L'un paraissait perdu dans ses pensées envisageant d'improbables hypothèses sur la survie du fils Cullen. Quant à l'autre, divers sentiments se lisaient sur son visage, angoisse, amour et colère. D'ailleurs, la jeune fille ne cessait de lancer des coups d'œil meurtrier aux seuls Cullen présents dans la pièce et qui se tenaient le plus loin possible d'elle. Ambre reporta son attention sur Vince qui était assis par terre près de la table basse. Elle avait du user de toute sa force de persuasion pour que le jeune homme reste tranquille, elle lui avait finalement demandé de faire un dessin à Edward pour qu'il guérisse plus vite. Avec application le jeune homme dessinait, écoutant les plus ou moins bons conseils que lui donnaient les frères d'Edward. La jeune femme se leva et fit quelques pas en direction de la baie vitrée. Elle était mal à l'aise, elle se sentait de trop et les regards lourds et intrigués qui se posaient sur elle ne l'aidaient pas à se détendre. Elle aurait bien aimé regagner l'Institut, mais elle ne souhaitait pas partir tant qu'elle n'avait pas des nouvelles d'Edward. Son regard se posa sur l'escalier qui menait au premier.
Ambre était tellement perdue dans ses pensées qu'elle sursauta en entendant la porte d'entrée s'ouvrir, laissant passer trois tornades aux visages inquiets. Trois femmes superbes se tenaient devant eux. L'une devait avoir une trentaine d'années, son visage en forme de cœur n'exprimait que douceur, elle avait de long cheveux auburn. La seconde était une belle blonde qui aurait fait pâlir d'envie les plus grands mannequins. Ambre n'eut aucun mal à reconnaître la dernière silhouette gracile qui s'avançait déjà vers elle pour la serrer dans ses bras.
« -Ambre ! S'écria Alice sans pour autant la lâcher. Je suis contente de te voir !
-Bonjour Alice, répondit simplement la jeune femme.
-Les garçons vous auriez dû nous dire que vous alliez organiser une fête pendant notre absence ! Gronda le petit lutin avant de se diriger vers son amie pour l'embrasser. Salut, Bella ! Bonjour, Charlie ! Oh, mais qui vois-je ? Vince, mon grand ! J'espère que ce dessin est pour moi ?
-Non, il est pour Edward ! Affirma le jeune homme. Mais je veux bien t'en faire un après.
-Merci !
-Alice, tu pourrais peut-être nous présenter ?
-Oh, pardon, maman. Ambre, voici ma mère, Esmé, et ma sœur, Rosalie. Et ce charmant jeune homme s'appelle Vince.
-Je suis ravie de faire votre connaissance Madame Cullen, dit Ambre en lui serrant la main.
-Moi de même, je ne sais comment vous remercier d'avoir pris soin de mon fils, souffla Esmé.
-Au fait, reprit Alice, quelqu'un peut me dire ce qu'il se passe ici ?
Un silence gêné tomba sur la pièce. Ambre observa l'air gêné que tous affichaient. Elle comprit rapidement que sa présence et celle de Vince étaient de trop.
-Et bien, je vais nous appeler un taxi, annonça la jeune femme, il est temps de rentrer, nous avons suffisamment abusé de votre gentillesse.
-Reste encore un peu, s'il te plaît, coupa Carlisle en descendant les escaliers. Pourrais-tu rester auprès d'Edward le temps que nous discutions ?
-Je veux bien, mais Vince…
-Vince, tu sais que ma femme Esmé fait les meilleurs gâteaux au chocolat ? Que dirais-tu si elle t'en donnait une part avec un grand verre de lait ? Tu peux prendre ton dessin et le finir dans la cuisine.
-Merci, Carlisle, s'écria le jeune homme joyeux en prenant ses affaires et en suivant Esmé.
-En haut de l'escalier, deuxième porte sur ta droite.
-Bien, mon adjudant ! Répliqua Ambre en mimant un salut militaire. Mais garde un œil sur Vince !
-Oui, bien sûr, assura Carlisle en l'observant monter les marches, excuse-moi Ambre, je suis sur les nerfs.
-Tu es pardonné, ce n'est rien comparé à ma petite crise de tout à l'heure, garantit la jeune femme avec un sourire. »
Carlisle s'installa dans un fauteuil et attendit qu'Esmé revienne pour se lancer dans des explications. Il raconta la vérité, en omettant bien sûr de parler de sorcellerie, de vampire ou de loup-garou. Il fut heureux de voir que le Chef Swan acceptait sa version sans trop sourciller et sans poser de questions, ce qui ne serait pas le cas de sa fille s'il en jugeait par le regard qu'elle lui lançait. Carlisle en vint au fait le plus délicat : garder le secret sur le retour d'Edward. Dans un sens, le malaise de son fils lui donnait une raison, Edward n'était pas au meilleur de sa forme et retrouver trop brutalement ses souvenirs pouvait être dangereux.
Au grand soulagement de Carlisle, le chef Swan annonça qu'il était temps pour eux de partir étant donné qu'Edward avait besoin de repos. Le médecin sut immédiatement que Bella ne repartirait pas avec son père. Charlie leur exprima une nouvelle fois toute sa joie face à cette issue heureuse et après avoir fait promettre à Carlisle de l'avertir s'il avait besoin d'aide, il se dirigea vers la sortie. Le chef Swan remarqua aussitôt que sa fille ne le suivait pas. Elle se tenait à quelques pas de lui, les bras croisés sur sa poitrine, un air de défi peint sur son visage. Bella refusait de partir tant qu'elle n'aurait pas vu Edward éveillé et s'être assurée qu'il allait bien ! Charlie ne semblait pas disposé à la laisser, la discussion entre ses deux têtes de mules allait être beaucoup trop longue à son goût. Il entendit alors Alice proposer que Bella passe la nuit à la villa et que demain elle la ramènerait chez elle, après tout ils étaient encore en vacances. Carlisle sut que la jeune fille resterait, Charlie n'avait jamais pu refuser quoi que ce soit à Alice. Esmé se joignit à sa fille, assurant que Bella ne les dérangeait nullement. Finalement, le chef Swan partit.
Le départ de Charlie fut comme un signal. Aussitôt, toutes les femmes présentent dans la pièce se tournèrent vers les mâles de la famille Cullen, un air passablement énervé dessiné sur leurs visages.
« -Que s'est-il passé ? Questionna Esmé inquiète tout en venant se réfugier dans les bras de son époux.
-Je pense que lorsqu'Edward est soumis à une émotion forte ou à un souvenir, son don se réveille.
-Que veux-tu dire ? Demanda Jasper.
-Tout à l'heure quand il a vu Bella et Charlie, cela a éveillé quelque chose en lui, mais je pense que la raison de son malaise est qu'il a perçu nos pensées. Seulement, son cerveau humain n'est pas capable de traiter toutes ces informations comme il le faisait quand il était vampire.
-Est-ce dangereux ? S'inquiéta Alice.
-Oui… Il … Il pourrait en mourir.
-Non ! S'écria Esmé en étouffant un sanglot.
-Nous allons tout faire pour que ça ne se produise pas, affirma Carlisle en plongeant son regard rassurant dans celui de son épouse, ne t'inquiète pas, nous ne le perdrons pas.
-Que peut-on faire ? Demanda Emmett.
-Nous devons absolument éviter les rencontres violentes comme celles de ces derniers jours. Il est possible que lorsque tous ses souvenirs seront revenus, son don ne se manifestera plus.
-Ouais, mais tu n'en es pas certain, remarqua Rosalie.
-Nous ne le perdrons pas ! Assura Carlisle. Je ferais tout ce qu'il faut pour que ça n'arrive pas.
Tous se turent en comprenant ce que les paroles du chef de famille sous-entendaient.
-C'est pour ça que vous ne m'avez rien dit ? Interrogea Bella.
-Oui, répondit Carlisle, je suis désolé Bella, mais comme je l'ai dit tout à l'heure, Edward n'a plus aucun souvenir.
-J'ai fini mon dessin ! Annonça Vince en les rejoignant.
-Il est magnifique, affirma Carlisle, je suis sûr que cela va faire plaisir à Edward. Ecoute, tu veux bien rester avec Alice pendant que je vais voir Ambre ? »
Carlisle rejoignit rapidement la chambre d'Edward. Il s'arrêta un instant dans l'embrasure de la porte. Il observa l'inquiétude qui se lisait sur les traits de la jeune femme. Elle était assise sur le lit, ses mains étaient posées sur les tempes du jeune homme qu'elle massait doucement. Un léger sourire s'étirait sur le visage de son fils. Ambre sembla remarquer sa présence. Elle se leva et s'approcha doucement de lui.
« -Comment va-t-il ? Murmura-t-elle.
-Ca va aller ne t'inquiète pas, il a besoin de repos. Merci encore pour tout à l'heure, merci de t'être occupée de lui.
-Tu n'as pas à me remercier, je l'ai fait avec plaisir. Et en bas, tout va bien ?
-Oui. Charlie et Bella n'étaient pas au courant qu'Edward était en vie, ils ont eu un sacré choc.
-J'imagine…
-C'est étrange, remarqua Carlisle tout en contemplant le visage détendu de son fils, tu as un effet apaisant sur lui, il se sent en sécurité avec toi.
-Oui, mais je ne suis pas la seule. Toi aussi, tu as cet effet sur lui, mais j'ai l'impression que tu ne t'en rends pas compte.
-Peut-être… Veux-tu que je te ramène à l'Institut ?
-Je peux appeler un taxi, je suis sûre que tu préfères rester auprès de ton fils.
-Edward va bien et …
-Je l'ai déjà appelé, sourit Ambre en montrant son téléphone portable. Il ne devrait pas tarder. Crois-moi, je préfère que tu restes auprès de ton fils. »
Carlisle soupira face à l'entêtement de la jeune femme, mais pour être honnête, il devait admettre qu'il préférait rester à la villa. Ils venaient de rejoindre les autres au salon quand le taxi se présenta devant la grande maison blanche. Ambre et Vince saluèrent toute la famille avant de partir.
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Bella et Alice avaient décidé de veiller Edward. Les deux jeunes femmes étaient installées sur le grand canapé en cuir noir qui avait été relégué contre un mur. Bella ne pouvait détacher son regard du jeune homme endormi, voir sa poitrine se soulever au rythme régulier de sa respiration la fascinait. Edward lui avait expliqué qu'étant un prédateur, tout en lui était fait pour la séduire, sa voix, son physique, son odeur… Il se trompait, même si elle n'avait pas entendu sa voix, elle était certaine qu'elle serait envoûtante, il surpassait toujours Adonis en beauté et son odeur était enivrante. Elle se demanda un instant ce qu'elle ressentirait en sentant ses bras chauds l'enlacer, ses lèvres si vivantes frôler les siennes, être blottie contre son torse et entendre les battements rassurants de son cœur ? Bella ne put retenir un soupir de frustration, elle se renfrogna en voyant le sourire amusé d'Alice. On aurait dit que son amie s'amusait de son dilemme !
Malgré les mois qui s'étaient écoulés, elle revenait toujours au même point Edward ou Jacob ? Revoir Edward avait insinué un doute très désagréable dans son esprit, faisant réapparaître une douleur tout comme une chaleur qui étreignait doucement son cœur. L'aimait-elle encore ? Non ! Elle était Jacob ! Elle aimait Jacob ! Edward Cullen l'avait abandonné, brisant son cœur en mille morceaux ! C'était uniquement grâce à Jacob et à ses amis de la Push qu'elle avait pu se reconstruire après qu'il l'ait abandonné. Cependant, Edward était revenu. Il était rentré à Forks accompagné de toute sa famille lorsqu'Alice avait vu Victoria et ses nouveaux nés s'en prendre à elle ainsi qu'aux Quileutes…
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Victoria accompagnée de son armée de vampires s'approchait des limites des terres Quileutes. Les loups se tenaient prêt pour le combat. Bella avait alors débarqué entre les deux groupes provoquant des grognements et des feulements. Elle préférait se livrer à Victoria, espérant ainsi qu'elle laisserait ses amis tranquilles. Soudain, elle avait senti un vent frais la frôler, un étau froid et rassurant se referma sur elle, ses pieds ne touchaient plus le sol. A peine quelques secondes plus tard, elle sentit quelqu'un la reposer sur ses pieds. Elle redressa la tête et croisa son regard ambré. Son cœur avait manqué un battement quand elle avait réalisé qu'il était juste là, devant elle, il était revenu. Il esquissa un léger sourire rassurant avant de se tourner vers leurs adversaires. Il se mit en position de défense, sa famille l'entourant, des feulements de rages s'échappant de leurs lèvres. Edward tourna légèrement la tête vers un grognement émit par Jacob, le vampire émit un son rageur avant de se tourner vers un loup qu'elle savait être Seth. Edward hocha discrètement la tête. La seconde suivante, Seth l'entraînait déjà au loin pour l'éloigner des combats.
Bella s'était rongée les sangs pendant une longue heure, imaginant les pires scénarios. Elle ne supporterait pas de les perdre. Jacob et les siens, même s'ils étaient des loups, paraissaient si fragiles par rapport aux invincibles vampires. Les vampires… Les Cullen… Son cœur se serra à l'idée de la fragile Alice sur le champ de bataille, mais elle était certaine que Jasper devait tout faire pour la protéger, tout comme Emmett veillait sur Rosalie. Elle frémit en pensant à la douce Esmé et au pacifiste Carlisle, avaient-ils une chance de survivre ? Elle l'espérait de toutes ses forces. Et puis, il y avait Edward… Edward qui était revenu pour la protéger… Edward qui n'avait personne pour protéger ses arrières, pour veiller sur lui…
Elle avait été furieuse après lui quand il l'avait quitté, elle s'était sentie tellement stupide d'avoir cru en ses promesses. Son amour pour le beau vampire s'était transformé en haine. Plusieurs fois, elle avait souhaité le voir souffrir, elle voulait qu'il ressente la peine qu'il lui avait infligé, elle était même arrivée à espérer sa mort… En cet instant, elle n'avait jamais autant regretté ses horribles pensées. Elle aurait tout donné pour les revoir tous en vie et bien portant. Bella ne cessait d'observer Seth qui se tenait à l'affût près d'elle, elle surveillait le moindre de ses mouvements sachant qu'il était toujours en contact avec le reste de la meute. Elle lui avait demandé plusieurs fois de reprendre sa forme humaine pour qu'il lui raconte ce qui se passait, mais il avait refusé. La jeune femme sursauta en sentant une main prendre la sienne. Elle se retourna et fut surprise de voir Billy. Elle se rendit alors compte que la plupart des Quileutes étaient réunis autour d'elle, partageant son inquiétude.
Soudain, Seth se tourna vers eux, une étrange lueur brillant dans ses prunelles. Il disparut quelques secondes derrière un fourré. Quand il revint, il avait retrouvé sa forme humaine et était vêtu d'un simple pantalon de toile.
« -Ils ont réussi ! Ils arrivent ! Vous avez apporté des couvertures et des trousses de secours ? Demanda-t-il aux Quileutes.
-Il y a beaucoup de blessés ? Questionna Bella d'une voix blanche.
-Rien de bien grave, assura le jeune homme, ils sont là !
La famille Cullen stoppa sa course devant les indiens. Jasper et Alice soutenaient Esmé qui semblait blessée à la jambe, ils l'assirent dans l'herbe. Emmett portait un Quil qui ne cessait de grogner au sujet de l'odeur nauséabonde que dégageait le vampire, ce dernier affichait un sourire amusé. Rosalie se tenait derrière son époux, son beau visage portait des traces de griffures, mais rien que son corps d'immortelle ne puisse cicatriser. Des loups arrivèrent et disparurent le temps de reprendre leur forme humaine. Bella sentit une boule se former au niveau de son estomac quand elle se rendit compte qu'il manquait Carlisle, Edward et Jacob. Le médecin arriva enfin, son torse dénudé luisait sous les rayons de la lune. Il affichait une mine désolée alors que tous se tournaient vers lui l'interrogeant du regard.
« -Tu ne les as pas laissé seuls ?! S'exclama Alice avec une mine horrifiée.
-Je suis bien plus utile ici, affirma Carlisle en s'emparant d'une trousse pour soigner la large plaie qui couvrait le torse de Sam. Je vous jure que j'ai essayé de les raisonner, mais autant parler à un mur ! J'ai pansé les plaies de Jacob avec ma chemise.
-On ferait peut-être mieux d'y retourner, proposa Jasper, sinon, ils vont s'entretuer.
-Oh, non, le détrompa Carlisle. Ils se disputent car Jacob refuse l'aide d'Edward pour regagner le campement. Il a seulement accepté que je le soigne. J'ai proposé de le ramener, mais il a refusé en disant qu'il me ralentirait pour que je soigne les autres blessés !
-Et donc tu l'as confié à Edward ? Ricana Emmett.
-Je n'avais pas vraiment le choix.
-Peut-être qu'ils en profiteront pour faire la paix ? Lâcha Seth d'un ton optimiste.
-J'en doute, maugréa Sam en posant son regard sur Bella.
-Bella ! S'écria Alice en se jetant dans les bras de son amie. Si tu savais comme j'ai eu peur que nous arrivions trop tard ! Tu m'as tellement manqué !
-Vous êtes tous revenus ? Balbutia Bella encore sous le choc. Vous allez rester ?
-Oui ! Répondit Alice en sautillant. Je suis vraiment navrée pour ce que mon idiot de frère a fait ! Je n'aurais pas du l'écouter, Bella, j'aurais du rester ! J'espère que tu me pardonneras ?
-Que tu nous pardonneras ? Rectifia Esmé en la couvant du regard.
-Il n'y a rien à pardonner, affirma Bella en prenant Alice dans ses bras, vous n'y êtes pour rien dans cette histoire et il est normal que vous ayez suivi Edward.
-En tout cas, merci d'être venu nous prêter main forte, sans vous nous n'y serions pas arrivés, reconnut Sam.
-Je pense que nous ne pouvons plus parler de traité entre nos deux clans, coupa Billy entouré par les autres anciens, je parle au nom de tous pour dire qu'il s'agit plutôt de respect et d'amitié. Qu'en pensez-vous ?
-Ma famille et moi sommes flattés par vos propos, assura Carlisle en serrant la main que lui tendait l'indien.
-Et si on faisait un feu de camp tous ensemble demain soir ? Proposa Seth les yeux emplis d'espoir, il ne rêvait que d'une entente cordiale entre leurs deux familles.
-C'est une bonne idée, approuva Billy, acceptez-vous l'invitation ?
-Avec plaisir, répondit le médecin avant de froncer les sourcils. Ah, vous voilà !
Edward apparut tenant dans ses bras un Jacob rouge de colère qui ne cessait de gesticuler.
-Je t'ai dit de me lâcher, espèce de sangsue ! Lâche-moi !
-Comme tu veux, maugréa Edward d'un air exaspéré en baissant les bras.
Aussitôt, Jacob atterrit lourdement à ses pieds, un cri de souffrance s'échappa de ses lèvres, il était tombé sur son épaule qui était immobilisée par une chemise blanche.
-Tu l'as fait exprès ! Grogna le jeune Quileute en lui lançant un regard assassin.
-Faudrait savoir ce que tu veux ! Lâcha Edward.
-Non, mais c'est pas vrai ! S'écria Bella dont le visage trahissait la colère. Mais tu as quel âge Cullen ? Il me semble qu'ayant une centaine d'années au compteur tu pourrais te montrer un peu moins puéril !
Bella s'agenouilla auprès de Jacob qu'elle prit dans ses bras, son regard dur était toujours braqué sur Edward qui recula encore d'un pas sous le choc des propos de la jeune fille.
-Je suis désolé, murmura le vampire avant de partir.
-Edward ! Appela Esmé.
-Non, laisse-le, intervint son époux, il a besoin d'être seul.
Les vampires terminèrent d'aider les indiens à soigner et à rapatrier à l'orée de la réserve les blessés. La famille Cullen ne franchit pas le territoire Quileute, seul Carlisle les accompagna pour soigner Jacob à qui il avait administré un calmant. Seth était resté auprès des vampires, il semblait biens s'amuser avec Emmett et Jasper. Après les avoir embrassés, Bella prit la direction de la réserve accompagnée d'Emily et de Leah. Elle stoppa en entendant Alice l'appeler, cette dernière l'entraîna un peu à l'écart.
-Qu'y a-t-il ? Demanda Bella en voyant le visage inquiet de son amie.
-Promets-moi de parler à Edward, Bella. Avant de faire un choix, écoute sa version de l'histoire, je t'en prie.
-Je te rappelle qu'il a fait son choix il y a plusieurs mois en me quittant, coupa Bella d'un ton sec.
-Cet idiot t'a quitté pour de mauvaises raisons…. Bella, je ne peux pas t'en dire plus, je ne peux pas trahir mon frère, mais cette situation est tellement stupide… Je t'en prie, parle-lui !
-Je vais y réfléchir, lâcha Bella en voyant la mine suppliante de sa meilleure amie.
-Merci, souffla Alice avant de s'éloigner. »
Bella avait passé la journée du lendemain à veiller sur Jacob. Toute la tribu s'apprêtait à fêter leur victoire et leur nouvelle amitié avec les Cullen. Bella espérait que les rancœurs étaient bien enterrées car sinon la soirée risquait de dégénérer. En plus, Billy avait invité Charlie ! Bella reporta son attention sur le visage endormi de Jacob, elle passa une main dans ses cheveux, appréciant la chaleur qui se dégageait de son corps.
Après le départ d'Edward, Jacob avait tout fait pour lui changer les idées. Puis lentement leur relation s'était transformée, laissant éclore des sentiments nouveaux. Elle était bien avec lui, elle se sentait libre et insouciante. Ils avaient les mêmes envies, les mêmes espoirs. Avec lui, elle n'avait pas à surveiller le moindre de ses faits et gestes de peur qu'il ne la tue. Oui, elle aimait Jacob Black ! Mais c'est amour était-il comparable à celui qu'elle avait ressenti pour Edward ? Non. Dès le premier instant où elle avait vu Edward, elle avait été prête à tout lui donner, y compris sa vie. Ce qui n'était pas le cas avec Jacob… Avec lui, elle apprenait pas à pas, ils avançaient à leur rythme, leurs sentiments s'intensifiant avec le temps. Pourraient-ils un jour être aussi intenses que ceux qu'elle avait ressentis pour le vampire ? Peut-être… Elle en était là de ses réflexions quand elle repensa aux propos d'Alice. N'hésitant plus, elle prit son portable et envoya un message au vampire, l'invitant à venir plus tôt au feu de camp pour lui parler, elle trouverait bien un moyen pour éloigner Jacob…
Le soleil se couchait sur l'océan que l'on apercevait du haut des falaises. Les flammes joyeuses du feu montaient de plus en plus haut, cherchant à rejoindre le ciel qui s'obscurcissait au-dessus de leurs têtes. Le lieu du rendez-vous se trouvait à quelques mètres de la réserve Quileute. Deux routes gravillonnées permettaient d'y accéder, elles se rejoignaient sur une grande clairière qui menait vers le rebord de la falaise où ils étaient tous installés pour apprécier le coucher de soleil sur l'océan et la forêt qui l'entourait. Bella était assise à côté de Jacob qui boudait et d'un Seth qui ne cachait pas son impatience de voir arriver ses nouveaux amis. Charlie et Billy discutaient non loin d'eux. Bella se redressa pour aller voir Emily avec qui elle s'entendait bien quand Jacob la retint. Elle lui signifia d'un regard que le sujet était clos, elle voulait juste écouter les explications d'Edward, rien de plus. Elle allait dégager son bras quand elle vit le jeune indien froncer les sourcils avant que son visage ne se peigne d'effroi. Elle se retourna et vit avec horreur une voiture argentée se diriger à vive allure vers eux. Elle n'eut aucun mal à reconnaître la Volvo et son conducteur. Cela ne dura que quelques secondes, mais elle eut l'impression que le temps s'était figé. Elle ne sut comment elle réussit à distinguer le visage furieux du vampire. Avec épouvante, elle le vit accélérer dans leur direction. Elle sentit Jacob l'entraîner hors de la trajectoire de la voiture, mais elle savait qu'il ne serait pas suffisamment rapide. Un éclair rouge arriva alors dans leur champ de vision, provoquant la stupeur de toutes les personnes présentes, le véhicule ne faisait aucun bruit ! Un énorme tout-terrain fonçait aussi vers eux. Alors, ils comprirent. Ils comprirent pourquoi le vampire arrivait aussi rapidement dans leur direction. Dans un bruit semblable à celui du tonnerre, la Volvo percuta l'énorme tout-terrain rouge qui allait toucher les premiers indiens dans un assaut meurtrier. Ils entendirent le moteur de la voiture argentée rugir pour contrer la résistance de l'autre véhicule. Finalement, la Volvo prit le dessus, entraînant les deux voitures vers le ravin. Brutalement, elles disparurent de leur vue.
Un silence pesant régna avant que le bruit d'une explosion ne retentisse, des flammes s'élevèrent, surplombant les falaises qui étaient hautes d'une trentaine de mètres ! Des gémissements inhumains retentirent. Tous se tournèrent vers la famille Cullen qui venait d'arriver et qui observait les flammes avec impuissance. Bella ne comprenait pas leur réaction, Edward était un vampire, il ne risquait rien ? Elle réalisa alors qu'une boule s'était formée dans son estomac, sa gorge était nouée, tout son être lui criait qu'elle se trompait. Tout à coup, elle vit Carlisle s'effondrer, Billy tentait tant bien que mal de le réconforter. Alors, elle comprit. Elle s'écroula à son tour, des larmes inondant ses joues. Un froid immense envahit sa poitrine, son cœur se brisa… Elle sentit les bras de Jacob se refermer sur elle en un geste protecteur. Il lui murmura des paroles apaisantes à l'oreille, mais elle ne l'entendait plus, il était mort…
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Bella revint lentement à elle. Alice avait passé un bras rassurant autour de ses épaules et essuyait tant bien que mal les larmes qui glissaient sur ses joues.
« -Je suis désolée, murmura Bella.
-Ce n'est rien, assura son amie.
-Je repensais au jour où…
-Chut, Bella ! Il ne faut plus y penser, il est là maintenant, c'est l'essentiel.
-Vous ne savez vraiment pas comment tout ça a pu arriver ?
-Non, mais tu peux faire confiance à Carlisle pour trouver des réponses !
-Alice, hésita Bella, je me demandais… Enfin, tu sais ce jour-là… Edward devait me parler, sais-tu ce qu'il voulait me dire ?
-Oui, avoua le petit lutin soudain triste, il était tellement nerveux que je lui ai conseillé d'y aller en voiture, sachant que ça le calmerait et lui permettrait de réfléchir, si j'avais su…
-Ce n'est pas ta faute.
-Je ne sais pas pourquoi la vision est arrivée trop tard… Peut-être parce qu'Edward n'a pris la décision que quand il a capté les pensées du conducteur de l'autre voiture. Cependant, je n'arrive pas à comprendre pourquoi je n'ai pas vu ce danger, je ne cessais de surveiller ton avenir et le sien.
-Peut-être parce que nous étions entourés par les Quileutes ? Proposa Bella.
-Je ne sais pas…
-Alice, tu n'as pas répondu à ma question, lui rappela Bella.
-Ce n'est pas à moi de le faire.
-Oui, mais il est amnésique et j'ai besoin de savoir. J'ai une petite idée, mais je me dis que c'est sûrement mon imagination qui me joue des tours.
-Que veux-tu dire ?
-Après la bataille, quand ils sont revenus. Je me suis emportée contre Edward et ce que j'ai lu dans son regard m'a intrigué. Il y avait de la souffrance, une immense souffrance et … de l'amour ?
-Tu ne t'es pas trompée, admit Alice après un moment de silence. Après ce qui s'est passé à ton anniversaire, il était d'autant plus convaincu qu'il représentait une menace pour toi. Alors, il a préféré te briser le cœur plutôt que tu ne meures par sa faute. Tu aurais du le voir, chaque jour passé loin de toi le faisait ressembler de plus en plus à un zombie. Carlisle a du se mettre en colère pour qu'il s'alimente. Il était là quand j'ai eu la vision de Victoria et de ses nouveaux nés. Il t'avait laissé pour que tu puisses avoir une vie normale, un mari, des enfants et surtout pour que tu sois en sécurité. Il s'est alors rendu compte que toute sa souffrance n'avait servi à rien car tu étais encore plus en danger, les loups n'étaient pas suffisamment forts pour te protéger. Du coup, on s'est dépêché de rentrer… Tu connais la suite de l'histoire.
-Je ne sais plus quoi penser, avoua Bella perdue.
-Tu as besoin de temps, dit simplement Alice. Ecoute ton cœur et tout ira bien.
-J'aime Jacob.
Alice ne répondit rien, son regard perdit pendant un instant sa joie. Soudain, elle se rendit compte qu'Edward était en train de s'éveiller. Elle se leva et s'assit près de lui, elle passa une main douce sur son visage encore endormi.
-Ca va ? Murmura Alice. Tu as mal quelque part ?
-J'ai juste un peu mal à la tête, admit son frère.
-Tiens, Carlisle a dit que tu devais prendre ces médicaments dès ton réveil, l'informa Alice en lui tendant un verre d'eau et des gélules.
Bella ne put retenir un sourire quand elle vit les joues d'Edward se colorer d'une jolie teinte rouge lorsqu'il la vit. Il remonta la couette jusqu'à ses épaules dérobant son torse dénudé à leurs regards.
-Fais pas ton pudique devant Bella ! Rigola Alice.
-Je suis désolé, mais je la connais pas, maugréa le jeune homme tout en maudissant l'hilarité du petit lutin.
-Bella voici mon frère Edward. Edward je te présente ma meilleur amie Bella.
-Bonjour, Edward. Je suis contente que tu ailles mieux.
-Merci, répondit le jeune homme, je suis ravi de faire ta connaissance et désolé pour tout à l'heure.
-C'est pas grave, assura Bella.
-Tu es réveillé ! S'exclama Carlisle en entrant dans la chambre. Tu as pris tes médicaments ?
-Non, il joue les vierges effarouchées, s'amusa Alice.
-Je vais t'aider à t'habiller pendant que ces demoiselles descendent au salon, nous avons de la visite, précisa Carlisle alors qu'elles sortaient. Tu es sûr que tout va bien ?
-Oui, papa. Je me sens juste un peu faible.
-Tu as perdu pas mal de sang. Esmé t'a préparé un encas qui devrait remédier à ça, expliqua Carlisle tout en l'aidant à mettre une chemise. Te souviens-tu de ce qui s'est passé tout à l'heure ?
-C'était étrange. J'avais l'impression que vous me parliez tous, mais vos voix résonnaient dans ma tête. Je vous entendais tous, sauf Ambre et Bella.
-Tu n'entendais pas Ambre ? S'étonna Carlisle.
-Non. Pourquoi as-tu l'air si surpris ?
-Nous en reparlerons plus tard. Ecoute comme je l'ai dit aux filles, nous avons de la visite, Estelle et quelques indiens Quileutes sont en bas. Nous allons tenter d'éclaircir certains points. Tu n'es en aucun cas obligé de descendre, tu peux rester ici avec Esmé.
-Non, je préfère venir.
-D'accord, mais si tu as envie de remonter, tu le dis ?
-Juré ! »
Carlisle sourit à son fils avant de le prendre dans ses bras. Ils gagnèrent le salon où certains affichaient une mine contrite, d'autres par contre tentaient de masquer leur hilarité. Son regard se posa sur la grande baie vitrée, cherchant l'objet de leur intérêt. Il reconnut sans mal le jeune indien qui l'avait attaqué, il avait une mine penaude alors que la frêle Bella semblait lui passer un sacré savon. Comment une créature aussi délicate pouvait-elle s'en prendre à un gars deux fois plus grand et plus costaud qu'elle ? Elle ne semblait pas impressionnée par lui. Carlisle l'aida à s'asseoir entre ses frères et Esmé accourut aussitôt avec un verre de lait et un sandwich. Edward n'avait pas faim, mais il croisa le regard de son père qui le décida aussitôt à mordre dans son encas. La baie vitrée s'ouvrit. Bella entra et vint prendre place auprès d'Alice alors que le Quileute s'installait près d'un homme en fauteuil roulant. Dès que tout le monde fut installé, Estelle se leva et prit la parole.
« -Bonjour à tous, je m'appelle Estelle et Carlisle m'a demandé de venir vous donner un coup de main. Si je vous ai tous réuni c'est parce que j'ai des éléments de réponses mais aussi quelques questions à vous poser. Tout d'abord, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Je commence par la mauvaise, j'ai réussi identifier le résidu magique qui est un peu présent tout autour de Forks, il s'agit de celui de Felicia Desmorts.
Les anciens ainsi que Carlisle froncèrent les sourcils, un masque d'inquiétude se dessina sur leurs visages.
-La bonne nouvelle, reprit Estelle, c'est que la trace remonte à environ deux mois. Je pense donc qu'elle est à l'origine de l'attaque dont vous avez été l'objet.
-Elle n'a pas eu avoir trop de mal à convaincre Victoria de se ranger à ses côtés, dit Carlisle, mais pourquoi Felicia s'en prendrait-elle aux Quileutes ?
-Tu la connais ? Demanda Estelle.
-Je l'ai croisé une fois lors de mon séjour chez eux et ça m'a suffi !
-J'imagine… Il y a des traces de magie bien plus anciennes, des traces qui remontent à approximativement un siècle. Elles sont concentrées sur la réserve Quileute et cela ne peut signifier qu'une seule chose : Felicia a lancé un puissant sort sur cette tribu il y a très longtemps ! Je me disais que vous pourriez nous en apprendre plus ?
-Je ne sais pas grand chose, murmura Billy d'une voix lasse, je sais que cela à un rapport avec Ephraïm Black et la capacité qu'a notre peuple de muter en loup, mais malheureusement, je n'en sais pas plus.
-Je m'en doutais, avoua Estelle, c'est pour cela que je vous ai tous réuni, ceux qui ont connu Ephraïm Black, c'est-à-dire la famille Cullen, et ses descendants, vous tous.
-Tu ne comptes tout de même pas… Si ?… Tu es sûre de vouloir faire ça dans mon salon ? Interrogea Carlisle mal à l'aise.
-Votre maison est le seul endroit totalement neutre que j'ai pu trouver à Forks.
-Bon, très bien, céda le médecin. Bella pourrais-tu aller à l'étage avec Edward ? Je préférerais que vous ne soyez pas là, vous n'avez qu'à attendre dans sa chambre ?
-Ca va pas ! S'écria Jacob. Il est hors de question qu'ils soient seuls !
-Pas la peine de monter sur tes grands chevaux, je reste ici ! Gronda Bella.
-Si elle reste alors moi aussi ! Décréta Edward.
-Carlisle, je comprends que tu ais été traumatisé la dernière fois que j'ai fait ça, je n'avais pas assez d'expérience et j'avais fait un peu n'importe quoi, mais je me suis entraînée depuis !
-On s'est retrouvé pendant une semaine avec un corps à moitié décomposé qui nous suivait partout jusqu'à ce que tu daignes enfin appeler ta mère pour qu'elle t'aide à le renvoyer dans le royaume des morts ! Lui rappela le médecin tout en secouant la tête pour chasser des souvenirs désagréables.
-C'est pas ma faute si elle s'est éprise de toi, marmonna la sorcière entre ses dents.
-Va falloir que vous nous racontiez ça, demanda Emmett d'un ton enjoué avant de se tasser dans le canapé face au regard assassin que lui lançait son père.
-Vous allez appeler l'esprit d'Ephraïm Black ? Comprit Billy.
-Oui, affirma la sorcière.
-Je t'avertis, si tu te trompes, je…, menaça Carlisle avant d'être coupé par la sorcière.
-Par trois fois je t'appelle Ephraïm Black, viens à nous Ephraïm Black, apporte-nous ton aide Ephraïm Black ! Que ton esprit traverse les limbes et nous rejoigne !
Les flammes des bougies vacillèrent, une ombre semblait s'être installée sur le salon. Alice prit la main de Bella, Carlisle prit la place d'Emmett et passa un bras protecteur autour des épaules d'Edward. L'ombre se concentra au centre de la pièce, prenant peu à peu une forme humaine. Lentement, les traits d'un indien se dessinèrent. Il semblait presque réel si ce n'est que l'on pouvait voir à travers, il devait avoir la consistance d'un fantôme. L'homme se retourna pour fixer d'un regard protecteur ses descendants. Son attention se porta alors sur la famille Cullen, il les observa, son regard s'arrêtant quelques secondes sur Edward, avant qu'il ne salue Carlisle d'un signe de la tête.
-Bonjour, dit Estelle, nous n'avons pas beaucoup de temps. Nous avons besoin de votre aide. Pouvez-vous nous parler de Felicia Desmorts ?
Les traits du mort se figèrent, une lueur d'inquiétude brilla dans ses prunelles. L'indien semblait réfléchir à ce qu'il allait dire, a priori, il paraissait peu désireux d'aborder le sujet mais il dut sentir le sentiment d'urgence qui émergeait des personnes présentes.
-Je sortais de l'enfance quand j'ai rencontré Felicia, raconta l'indien dont la voix résonnait étrangement à leurs oreilles, comme un son lointain et un peu étouffé. Elle était belle, mystérieuse, nous sommes tombés amoureux. Il ne m'a pas fallu longtemps pour percer à jour sa véritable personnalité. Je savais qu'elle était une sorcière, mais lorsque je vis ce qu'elle faisait de son don, j'ai pris peur. Nous nous sommes séparés. Elle tenta de me reconquérir, mais ce fut un échec. Entre temps, mon père était mort et j'étais devenu le chef de notre tribu, j'allais épouser une jeune fille de mon peuple. Felicia le prit très mal. Elle maudit tous les mâles de la tribu. J'appréhendais la malédiction, mais la journée s'écoula sans que rien ne se passe. En fin de journée, une famille arriva à la réserve, nous demandant l'hospitalité pour la nuit. L'enfant était malade et paraissait épuisé. Nous les avons accueillis. La nuit tomba. Je suis allé à leur tipi pour voir s'ils n'avaient besoin de rien. L'enfant me fascinait, une telle douceur se dégageait de son regard… Je discutais avec lui quand les premiers cris retentirent. Je leur ordonnais de rester à l'abri. Quand je sortis, je vis avec horreur d'énormes loups attaquer les femmes et les enfants. Un de mes amis se tenait non loin de moi. Devant mes yeux emplis d'effroi, il se transforma en loup. Il se tourna vers moi, prêt à m'attaquer. Je compris alors que j'avais eu tort de prendre les menaces de Felicia à la légère. Les hommes de la tribu se transformaient en loup et tuaient les leurs. Le loup bondit sur moi, je n'avais aucune arme pour me protéger, mais je ne pouvais pas non plus blesser l'homme que je considérais comme mon frère. Ces crocs ne se plantèrent pas dans ma chair. Quand j'ouvris les yeux, le loup était couché au pied de l'enfant. Doucement, chaque bête se regroupa autour de lui. Lorsqu'ils furent tous là, ils retrouvèrent leur forme humaine. L'enfant s'évanouit sous le coup de la prouesse qu'il venait d'accomplir. Sa mère le prit dans ses bras et me rassura en disant que ce n'était rien. Elle m'expliqua que son enfant n'avait pas pu lever la malédiction, il l'avait juste modifiée. Les hommes de la tribu auraient la faculté de se transformer en loups pour protéger les leurs, lors des transformations, ils garderaient toute leur lucidité.
-Il semblerait que cette Felicia n'ait toujours pas digéré votre rupture, lâcha Jacob face au silence qui s'était installé à la fin du récit.
-Qui était cette famille ? Demanda Estelle. Si l'un des leurs a pu contrer Felicia, ils pourraient nous aider ? En plus, je pense que cet enfant ou l'un de ses parents a du dissimuler toute la tribu sous un sortilège, empêchant ainsi Felicia de se rendre compte de son échec. Savez-vous où ils allaient ?
-Ils étaient en fuite, avoua Ephraïm, la mère était apeurée, leurs vies étaient menacées.
-Pas étonnant, maugréa Estelle, les Desmorts n'ont jamais apprécié qu'on leur face concurrence !
-Ephraïm, je vous en prie, nous avons réellement besoin d'aide, implora Billy, notre tribu est en danger, tout comme la famille Cullen et les habitants de Forks.
-Je suis navré, j'ai fais une promesse.
-Je vous en supplie, insista Carlisle. Nous n'avons aucune chance si…
-Votre fils, coupa Ephraïm en observant Edward, votre fils est différent.
-Edward a été tué lors de la dernière attaque de Felicia, expliqua Estelle qui s'impatientait. Nous ne savons comment, mais il est redevenu humain.
-Alors tout ceci est bien plus grave que vous ne l'imaginez, murmura Ephraïm d'une voix inquiète, ses prunelles ne lâchaient plus celles d'Edward. J'espère que vous me pardonnerez d'avoir trahi ma promesse... Et bien, soit, je vais tout vous raconter… »
Un vent violent se leva dans la pièce. Les traits d'Ephraïm Black passèrent de la surprise à l'effroi et enfin à la douleur. Ses dents étaient serrées, il retenait avec peine des cris de douleur. Un froid, que même les vampires purent sentir, s'engouffra dans la pièce. Un tourbillon noir se forma au-dessus de la silhouette d'Ephraïm Black qui fut aspirée dans un hurlement de frayeur. La pièce fut plongée dans le noir. Un silence de mort régnait tout autour d'eux. Tout aussi brutalement qu'elles s'étaient éteintes les bougies se rallumèrent.
« -Tout le monde va bien ? S'enquit Carlisle qui ne quittait pas Edward des yeux.
-Estelle ! S'écria Esmé en aidant la sorcière à se relever, cette dernière paraissait un peu sonnée.
-Je vais bien, assura Estelle d'une voix un peu faible.
-Mais que s'est-il passé ? Questionna Billy inquiet.
-Elle est ici, confia la sorcière d'une voix effrayée, elle est ici. J'ai reconnu la magie des Desmorts, elle a empêché Ephraïm de nous parler !
-Ce n'est pas notre seul problème, avoua Alice, d'un ton tout aussi alarmé, dont le regard voilé prouvait qu'elle avait une vision. »
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Voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu… N'hésitez pas à me le faire savoir !
A dimanche pour la suite, passez une bonne soirée !!!!
