Voici le nouveau chapitre avec quelques petits jours d'avance.

Merci pour vos reviews. Je vois que le dernier chapitre a suscité des émotions et des réactions. Pile poil ce que je cherche à vous transmettre avec mes é , vous vous doutez bien que quand je découvre vos impressions, cela m'aide, m'inspire et me fait plaisir . Donc, n'hésitez pas à laisser une petite trace. ;-)

Nous avions terminé sur une Bella fuyant ses soutiens pour ne pas leur causer de soucis…qu'allons-nous trouver dans ce nouveau chapitre ? Sans trop en dévoiler, je peux déjà vous dire que Bella et le groupe seront là, bien entendu. Pas de Jacob ici mais il reviendra, soyez-en sûrs !

Bonne lecture ! et je vous attends pour vos impressions ! Oh, et prévoyez peut-être un ou deux mouchoirs !


Faded…

Disclaimer : Les personnages appartiennent à S. Meyer, je ne fais que jouer un peu avec eux.


(EPOV)

-Elle est partie ! s'écria ma mère en revenant au pas de course dans le salon, une tasse encore fumante dans la main.

A cette annonce, mon cœur et mon estomac se serrèrent de peur. Je ne dis pas un mot et me dirigeai aussitôt vers la chambre tandis qu'Emmett tenait Tanya pour responsable du départ de Bella. Alice et Jasper me suivirent aussitôt.

-Mais où a-t-elle bien pu partir ? murmura Alice, blanche de peur, alors que nous entrions dans la pièce.
-Cherchons un peu, elle aura peut-être laissé un indice. dis-je alors que j'ouvrai la porte du dressing. Elle ne peut pas être bien loin de toute manière.
La housse Dior était toujours là, tout comme les quelques cartons que Sam avait déposé au sol. Seuls manquaient son manteau et son sac à dos.
-Elle a pris son manteau et son sac à dos. leur dis-je en refermant la porte tandis que Jasper s'était assis au bord du lit pour feuilleter une liasse épaisse de papiers déposée sur le chevet.
-Oh mon Dieu ! sanglota presque Alice depuis la salle de bain, nous poussant aussitôt à la rejoindre.

Alice était seule dans la pièce, debout, devant le lavabo, ses yeux fixés sur de longues mèches de cheveux bruns laissées dans la vasque, dans sa main des échantillons de fond de teint fraichement vidés.
Sans un mot, je ramassai la paire de ciseaux déposée sur le bord de la porcelaine blanche et la rangeai dans le premier tiroir venu. Derrière nous, la voix forte et paniquée d'Emmett se fit entendre.

-Mais pourquoi a-t-elle coupé ses cheveux ? demanda-t-il.
-Tous les paparazzis recherchent une jeune femme brune, avec de longs cheveux. Alors, je pense qu'elle essaie de se transformer un peu… répondit Jasper en emmenant Alice par les épaules, de la salle de bain à la chambre.
-Où peut-elle bien être ? intervint Emmett tandis que je repartais vers le salon.

Je tombai sur les yeux rougis de ma mère, inquiète, et attrapai mon portable pour contacter Sam. Je le briefai en quelques secondes et il me promit de commencer aussitôt les recherches.

-Mais enfin ! Vous n'allez quand même pas la rechercher ! lança Tanya une fois que j'eus raccroché. Elle a très bien compris toute seule qu'elle est un boulet pour votre carrière si elle reste ici ! poursuivit-elle.

Mais elle n'eut pas le temps d'aller plus loin, réduite au silence par une gifle des plus sonores de la part de…ma mère.

-Tanya, vous n'êtes qu'un monstre ! Vous faites votre travail, d'accord. Mais là, vous dépassez les bornes. N'oubliez pas que c'est grâce à elle que nos garçons ont cette carrière aujourd'hui et que vous avez cet emploi ! Sortez d'ici tout de suite ou cela pourrait très mal se terminer ! Et si vous osez encore dire un seul mot concernant Bella, je me charge de vous arracher une à une vos extensions de bimbo bas de gamme ! Et n'essayez même pas de revenir ici avant que je ne vous y autorise personnellement ! lui dit-elle d'une voix glaciale.

Jamais je n'avais entendu ma mère tenir de tels propos mais je devais avouer qu'à cet instant, j'étais fière d'elle.
Tanya se ratatina malgré ses échasses à talons aiguilles de 10cm et finit par battre en retraite vers l'entrée en chuchotant des excuses que personne n'écoutait vraiment.

-Chéri, il faut la retrouver. Coute que coute. me dit ma mère, les larmes aux yeux.
-On va le faire. Sam va ratisser les environs, elle ne peut pas être loin. tentai-je de la rassurer alors qu'en moi, un tumulte de sentiments se déchainait.
-On va lui donner un coup de main. A plusieurs, on sera plus efficaces. indiquèrent Peter et Charlotte.

Emmett, Rose et mon père leur emboitèrent le pas, nous laissant dans l'appartement silencieux. Si seulement nous avions pu sortir comme eux. Mais arpenter ainsi les rues en pleine journée allait forcément amener des fans et des paparazzis… Jasper s'absenta quelques instants et revint au salon avec la liasse de documents laissée par Bella. Je le rejoignis, frustré d'être ainsi cloisonné dans un moment pareil, et nous commençâmes à étaler les documents sur la table de la salle à manger, essayant de les trier intelligemment tout en attendant un appel de l'un de nos amis.

Après quelques minutes, ma mère finit par nous rejoindre, les yeux rougis.
-Cette petite souffre tant… son père l'a trahie et elle l'a vu mourir horriblement… je ne peux pas m'empêcher de pleurer pour elle. dit-elle d'une petite voix en tamponnant ses yeux humides d'un vieux mouchoir en papier déjà tout fripé.
-Je sais maman. Elle a tant fait pour nous…Elle mérite qu'on prenne soin d'elle. lui répondis-je.
-Mais pourquoi a-t-elle fui ainsi ? Elle aurait très bien pu nous parler et nous aurions pu l'emmener avec nous à Forks… poursuivit ma mère.
-D'un point de vue purement factuel, on sait pertinemment que si elle réapparait au grand jour, la presse ne va plus parler que de ça. Et la sortie des prochains albums de n'importe quel groupe n'aurait pas la couverture médiatique optimale. expliqua Jasper. J'imagine déjà aisément les couvertures de la presse people de demain alors qu'ils ne l'ont aperçue que quelques minutes…imaginez donc si elle se montrait plus…Et si jamais elle est vue avec nous, ça sera encore pire car toutes les questions lors de nos interviews ne reviendront que sur elle. Je pense qu'en fuyant, elle veut continuer à nous protéger, comme elle l'a fait depuis le début. Dans un sens, elle se sacrifie pour nous. conclut Jasper avant de se remettre à la lecture d'un dossier de plusieurs pages.

Devant nous s'étalaient les contrats de Bella depuis ses débuts mais aussi des dizaines d'emprunts contractés par Charlie indiquant Bella comme garant. Des échéanciers. Des courriers d'huissiers…tout ce qui avait achevé la vie d'Izzie et qui continuait d'achever la vie de Bella…

-Je vais parler de tout cela à mon père, je suis certain qu'il réussira à mettre cela au clair. suggéra Jasper avant d'attraper son téléphone pour l'appeler.
Je l'entendis parler à la secrétaire du cabinet d'avocats que les parents de Jasper avaient monté et fait prospérer, expliquant que la situation était extrêmement urgente.

.

Voilà une demi-heure qu'ils étaient partis et toujours aucune nouvelle. J'envoyais régulièrement un message à Sam qui continuait à chercher activement mais qui restait bredouille pour le moment. Allions-nous la retrouver si facilement ? Ma mère, elle, avait disparu dans la chambre d'Isabella et avait entrepris de vider les quelques cartons ramenés la veille. Elle voulait créer pour Bella un cocon rassurant pour qu'elle puisse se sentir chez elle lorsque Sam nous la ramènerait.

Face à moi, Jasper discutait calmement au téléphone avec son père, lui lisant quelques-uns des nombreux documents après lui avoir expliqué succinctement la situation. La décision avait d'ores et déjà été prise de recevoir les parents de Jasper pour le weekend. Alice, quant à elle, s'était réfugiée sur la terrasse qui donnait sur l'entrée principale et guettait le retour de nos amis.

Au détour d'une enveloppe kraft, je tombai sur un contrat de location longue durée d'un box de stockage, signé par Billy Black au bénéfice de Bella. Au dos, une liste manuscrite de la main d'Isabella énumérant plusieurs meubles et de nombreux cartons avec leurs contenus.
Je compris alors que Bella avait réussi, grâce à Billy, à garder quelques-unes de ses affaires personnelles avant que tout ne soit saisi. Son berceau, ses guitares, sa collection de trophées, ses cahiers d'écolière, des objets venant de ses grands-parents,…. A la lecture de cette liste, je compris que tout ce qui lui restait de sa vie d'avant était là-bas. Et j'eus une intuition : je devais y aller. Au fond de moi, j'étais certain qu'elle y serait.
J'en informai rapidement Jasper, Alice et ma mère qui trouvèrent l'idée plus que sensée.

-Tiens, prend notre voiture, tu ne seras pas suivi ainsi. ajouta ma mère en me tendant les clés de leur voiture de location.

Jasper m'emboita le pas, comme toujours. Le trajet se fit en une trentaine de minutes, nous amenant à la périphérie Est de L.A., dans la banlieue de Pasadena. Je craignais de rencontrer un vigile qui nous reconnaitrait et vendrait alors la mèche aux journalistes mais nous stoppâmes la voiture devant un portail muni d'un simple digicode. Je tapai donc rapidement les codes inscrits sur les documents que Jasper tenait. La barrière s'ouvrit et une voix informatique nous indiqua de nous diriger vers la porte du bâtiment 5. Là, un second digicode déverrouilla l'immense volet roulant qui fermait le hangar et nous permit ainsi de nous garer à l'intérieur, à l'abri des regards extérieurs. Lunettes de soleil sur le nez et casquettes sur la tête, nous mîmes quelques minutes à trouver le box 5201. Le volet était baissé et aucune lumière ne filtrait en dessous. Etions-nous venus ici pour rien ? Au fond de moi, j'étais persuadé qu'elle serait ici. Et me trouver devant ce box fermé fit monter mon angoisse : si Bella n'était pas venue ici, où pouvait-elle bien être ? Errant dans les rues ? Cachée au fond d'une ruelle sombre ? Allongée sous un pont d'autoroute ? Toutes ces probabilités me faisaient froid dans le dos. Mais soudain, un léger bruit se fit entendre. Un couinement étouffé, qui serait passé inaperçu si le bâtiment n'était pas plongé dans un silence si oppressant. Jasper, tout comme moi, tendit l'oreille, espérant réentendre le son. Nous restâmes ainsi deux bonnes minutes avant que Jasper ne me fasse signe que nous devrions repartir. Mais le murmure étouffé nous revint aux oreilles et nous fûmes certains qu'il venait du box.

-Bella, c'est moi, c'est Edward. dis-je à voix haute en approchant du volet. Jasper est là également. Ouvre-nous s'il te plait.

Le silence dura une bonne minute et je tentai de remonter le volet métallique, malheureusement verrouillé. Mais derrière celui-ci, des pleurs francs se laissaient entendre désormais.

-Bella, Darling, ouvre s'il te plait. essaya Jasper en se rapprochant du volet qui nous séparait d'elle.
-Je ne veux pas foutre votre carrière en l'air. Partez ! nous dit-elle entre deux sanglots.

Je secouai de nouveau le volet, de frustration puisque j'étais pleinement conscient qu'elle avait dû le verrouiller de l'intérieur.

-Bella, ouvre ce putain de volet ou je te jure que je vais le faire moi-même. Et avec le bruit que ça va faire, je suis certain que la sécurité va débarquer ainsi que la police et la meute de paparazzi quand ils sauront que nous sommes ici ! dis-je alors d'une voix plus forte.

Jamais je ne lui avais parlé ainsi mais je voulais qu'elle comprenne qu'elle comptait énormément pour nous.

-Ed'…murmura Jasper, face à ma réaction, tu vas lui faire encore plus peur.
-Je m'en fous Jazz ! répondis-je à voix haute pour qu'elle puisse entendre. Je veux juste qu'elle comprenne que je ne partirai pas d'ici tant qu'elle n'aura pas ouvert ce volet et qu'elle n'aura pas fait entrer dans son cerveau qu'elle fait partie de nos vies désormais !

Après quelques secondes, un bruit métallique se fit entendre et le volet bougea un peu, envoyant une légère vague de soulagement en moi. Je pris ce mouvement comme un signal et empoignai le crochet extérieur pour relever le rideau. Derrière celui-ci, Bella se tenait assise sur un carton, en larmes, une petite lampe de camping posée au sol éclairant légèrement le box. Autour d'elle, des cartons empilés, des meubles maladroitement recouverts de draps poussiéreux, des housses de vêtements accrochées à des portants, etc…

-Oh mon Dieu… Bella…chuchotai-je en me précipitant vers elle.

Je m'accroupis juste devant elle, mes mains se posant automatiquement sur ses genoux tandis qu'elle me regardait de ses yeux emplis de larmes. Ses larmes avaient dilué par endroit le fond de teint qu'elle avait étalé grossièrement sur sa cicatrice. Jasper vint se placer à mes côtés, éclairant la pièce de son téléphone. Je le sentais tremblant, surement bouleversé par toute cette journée et encore plus par la douleur irradiant de la jeune femme détruite qui était devant nous.

-Allez, tu vas rentrer à la maison avec nous. annonça Jasper.

Mais Bella secouait la tête, refusant la proposition.

-Je ferais mieux de mourir, ce serait plus simple pour tout le monde…murmura-t-elle entre deux sanglots, me fendant le cœur. Laissez-moi ici.
-Non, on ne te laissera pas. Nous tenons à toi, je tiens à toi, et je ne veux pas que tu passes une minute de plus seule ici. répondis-je fermement, la faisant me regarder, surprise par mon ton.
-Mais, je ne vais vous attirer que des ennuis…les paparazzis…et puis votre album…tentait-elle de justifier entre deux hoquets.

Je comprenais très bien ce qu'elle voulait dire…et Tanya l'avait compris également, mais elle ne brillait vraiment pas par son tact et nous allions devoir discuter sérieusement de tout ça dès demain. Bella voulait juste que nous obtenions la meilleure publicité pour la sortie de notre nouvel album et pour la tournée qui suivrait. Mais, l'avoir auprès de nous était bien plus important que tout cela.

-Tu es plus importante pour nous que tout ça. la coupai-je. On peut aisément trouver une solution. Et puis, on a connu les concerts au fond de bars miteux, les fêtes municipales et les répétitions dans le garage, Bella. Donc, s'il faut se remonter les manches une nouvelle fois et aller chercher notre public parce que la presse ne nous accordera aucune attention, on le fera.

Bella, elle, ne voulait pas croire en mon discours, secouant la tête en se mordant la lèvre pour retenir de nouvelles larmes qui parvenaient malgré tout à sortir. Jasper, à mes côtés, acquiesça à mes mots et je savais sans même lui demander qu'il était d'accord avec moi.

-Arrête, Chérie, lui demandai-je en prenant son visage entre mes mains pour qu'elle me regarde de nouveau.

Dans mes paumes, sa peau, pourtant froide et mouillée de larmes, était si douce. Me rappelant cette sensation fugace mais tellement forte que j'avais ressenti lorsque nous nous étions embrassés ce soir-là, après la remise de son Grammy. Elle était tellement belle, tellement rayonnante, tellement confiante lorsqu'elle avait accepté de danser avec moi à cette soirée organisée par sa maison de disques voilà un peu plus de trois ans…notre seul et unique baiser…J'avais cru à l'euphorie du moment, pour elle comme pour moi, surtout que nous ne nous étions plus revus suite à cette soirée…Elle partait la semaine suivante en tournée et désormais je connaissais la suite tragique qui l'avait fait disparaitre de ma vie.
Mais là, cet après-midi, dans ce box austère, froid et poussiéreux, elle faisait toujours autant battre mon cœur. Même si elle était perdue, à mille lieues de la jeune artiste sûre d'elle-même que j'avais fréquentée. Même si elle pleurait…Surtout si elle pleurait…
Alors, je laissai parler mes sentiments et approchai mon visage du sien pour déposer délicatement mes lèvres sur les siennes sans détacher mes mains de ses joues. Deux secondes…Peut-être trois…mais les meilleures secondes de ma vie depuis ce fameux soir.

En reculant un peu, je ne pus que voir le questionnement dans ses pupilles. Je savais que ce n'était pas le moment, qu'elle devait remettre de l'ordre dans sa vie. Je ne savais même pas si ces embryons de sentiments étaient réciproques mais je n'avais pas pu m'empêcher ce fugace moment de douceur.

-Je sais que ce n'est pas le moment. Je sais que tu es perdue et que de mon côté, la vie du groupe va être bouleversée dans les prochaines semaines. Mais, Bella, si jamais tu disparaissais une nouvelle fois de ma vie, je ne m'en remettrai pas. Même si nous ne partageons pas les mêmes sentiments, je ne pourrais plus avancer sans te savoir en sécurité et non loin de moi. lui chuchotai-je en plantant mon regard dans le sien.

Elle me fixa longtemps sans un mot, ses pupilles chocolat semblant sonder mon âme. Puis, de nouvelles larmes firent leur apparition et je craignis d'être allé trop loin.

-Mais je suis un monstre, Edward. murmura-t-elle en pointant sa joue marquée.
-Pas pour moi, Darling. Je me fiche de ça. Tu es Bella, un point c'est tout. lui répondis-je en me redressant. On rentre à la maison ? questionnai-je en lui offrant ma main.

Je me tournai vers Jasper mais remarquai que ce dernier était sorti du box, sans doute pour nous laisser un peu d'intimité.
Il avait subi mon béguin de jeune ado pour Izzy lorsqu'elle avait été révélée. Il connaissait mon attachement profond. Et surtout, il était le seul à savoir pour ce fameux soir puisque malgré le monde qui nous entourait à cette soirée, personne n'avait capté ce moment unique hormis Jasper.
Lorsque nous sortîmes du box, mon meilleur ami me fit un clin d'œil et se rapprocha de Bella pour l'enlacer quelques secondes.

-Veux-tu que nous emmenions quelques affaires ? Le coffre de la voiture est à ta disposition. lui demanda-t-il d'une voix douce.
Elle se tourna légèrement, observant l'intérieur du box, sans dire un mot. Je vis sur son visage qu'elle avait une idée en tête mais n'osait pas nous le dire.
-Ton dressing est immense et vide. On peut emmener quelques vêtements. proposai-je, devançant ainsi Jasper qui avait ressenti comme moi ce blocage chez Isabella.
Elle acquiesça et entra de nouveau dans le box pour regarder sur les différents portants stockés.
-On devrait envoyer Sam ce soir pour vider le box. Si jamais l'adresse fuite…chuchota Jasper à mes côtés.
J'acquiesçai, parfaitement d'accord avec lui. J'envoyai donc un message à Sam, lui donnant les détails nécessaires pour organiser ce déménagement express. Une fois reçue la confirmation que Sam s'occupait de tout cela, j'entrai de nouveau dans le box pour rejoindre Bella et Jasper. Au pied de mon ami, un sac de voyage empli et fermé.
-Des vêtements. me renseigna Jasper alors que Bella semblait hésiter devant un carton ouvert.
-Prend ce que tu veux, Bella. dis-je en m'approchant pour voir qu'elle tenait entre ses mains des livres. Prend-les tous, Darling. poursuivis-je alors qu'elle se tournait vers moi, le regard perdu.
J'eus de nouveau mal au cœur de la voir ainsi. Mais j'allais devoir prendre sur moi car j'étais certain qu'elle mettrait du temps à reprendre confiance. Qu'importait le temps, je serais à ses côtés pour l'épauler. Nous serions tous là.
-Mais, ça risque de prendre de la place…dit-elle, la gorge serrée.
-Ne t'en fais pas. Si tu y tiens, alors nous les prenons. Allez, on rentre chez nous. Tout le monde s'inquiète. conclus-je en attrapant le carton.
Bella me regarda puis finit par marcher vers l'extérieur. En passant la porte, je ne pus m'empêcher de capter le long regard qu'elle posa sur plusieurs housses, dans le coin droit du box, tellement caractéristiques pour nous autres, musiciens : elle avait réussi à garder ses guitares.
-Hé Jazz ! appelai-je en lui montrant du menton les housses de guitare.
Il comprit surement et me rejoignis aussitôt pour en attraper deux et en passer les sangles sur ses épaules.
-Non, ce n'est pas nécessaire…je ne…tenta de nous dissuader Bella.
Mais je déposai de force le carton, que je portais, entre ses bras, pour la stopper, et attrapai les trois derniers étuis avant de sortir.
Bella resta quelques secondes muette, la bouche entrouverte, des larmes au coin des yeux.
-Allez, chérie, on ferme et on rentre chez nous. lui dit Jasper, la ramenant ainsi au présent.
Elle me rejoignit dans l'allée centrale et je lui repris le carton des mains tandis que Jasper lui passait une sangle sur l'épaule. Sans dire un mot de plus, nous retrouvâmes la voiture, chargeâmes le carton, le sac et trois guitares dans le large coffre. Les deux dernières prirent place à côté de Bella, sur la banquette arrière. Je repris le volant et en quelques minutes, nous nous retrouvâmes sur la route.

Le trajet se fit en silence. A l'arrière, Bella semblait exténuée. Les yeux enfoncés, des cernes prononcés, les joues creusées et le teint pâle, elle semblait sur le point de s'évanouir. Ses cheveux, coupés arbitrairement juste en dessous de sa mâchoire, renforçaient cette sensation d'état critique.

En entrant dans le garage de notre immeuble, je ne pus que remarquer Emmett, Sam et Peter qui attendaient devant la porte de service que je ne coupe le contact. Jasper sortit le premier, les rejoignant tout en leur parlant. Emmett s'agitait, le visage en colère. J'espérais franchement que Jasper réussirait à le calmer car Bella n'était pas en état pour une confrontation. J'observai dans le rétroviseur la jeune femme assise à l'arrière, perdue dans ses pensées.

-On est arrivés, Darling. Ne bouge pas, je viens t'ouvrir la porte. dis-je doucement pour la prévenir tandis que du coin de l'œil, je voyais Emmett s'avançant vers nous, décidé.
Je sortis rapidement de la voiture pour aller à sa rencontre.
-Elle va m'entendre ! Me faire ça, à moi ! dit-il, visiblement en colère.
-Em', calme-toi, s'il te plait. Elle n'est vraiment pas en état pour ça. Pas aujourd'hui s'il te plait. intervins-je en le freinant un peu sur sa lancée.
-Je m'en fous, Ed' ! Il faut qu'elle comprenne qu'elle ne peut pas me faire ça ! me coupa-t-il, totalement hors de lui.

Je le comprenais, il avait eu peur pour elle et il fallait que cela sorte maintenant qu'on l'avait retrouvée. Mais le moment était mal choisi…

J'entendis le bruit de la portière, signe que Bella venait de l'ouvrir, et me retournai.
-Bella ! rugit Emmett en me passant à côté, marchant à grandes enjambées vers la voiture.
Mais il stoppa sa marche aussitôt que la fragile silhouette d'Isabella sortit du véhicule et se tourna vers nous.
-Pardon Emmett… dit-elle d'une voix faible avant de s'évanouir.
Debout, appuyé contre le chambranle de la porte, je la regardais dormir depuis un bon moment. Je m'étais levé à l'aube, n'ayant pas réussi à fermer l'œil de la nuit et depuis, j'étais là.

Bella était là, endormie sous l'énorme couette depuis notre retour fracassant de la veille.

Lorsqu'elle s'était évanouie, Emmett s'était précipité et l'avait empêchée in extremis de se cogner la tête au sol. Je l'avais rejoint la seconde suivante, tout comme Sam, Peter et Jasper. Aussi rapidement, Emmett l'avait soulevée dans ses bras, maigre poupée de chiffon entre les bras puissants de notre batteur puis nous étions remontés en vitesse au loft. A peine la porte d'entrée passée, mon père avait pris les choses en main, ordonnant à Emmett de la déposer sur son lit. Je n'avais pas osé passer la porte de la chambre, alors, j'attendais juste devant, observant la scène. Ma mère avait accouru, tenant entre ses mains une petite pochette sombre que mon père emmenait toujours partout avec lui, me bousculant un peu pour que je lui laisse le passage. Cette pochette de cuir, je la connaissais depuis ma plus tendre enfance et il l'avait utilisée de nombreuses fois devant moi si la situation le demandait. Mais le voir là, s'affairant près d'Isabella, prenant son pouls, écoutant son cœur, examinant ses yeux… cela m'angoissait beaucoup trop. Rosalie, sortie de je ne sais où, avait dû percevoir mon malaise et m'avait emmené au salon en me tirant par la main. Après plusieurs minutes, mon père était réapparu, nous disant que ce n'était qu'un simple malaise mais qu'il lui avait tout de même administré un léger sédatif pour qu'elle dorme plusieurs heures car elle était épuisée.

La soirée s'était passée silencieusement, nos esprits bien trop accaparés par la situation. Nous avions donné un coup de main à Sam pour décharger au sous-sol les affaires d'Isabella restées dans le box, puis nous étions tous partis nous coucher.


Alors ? vos impressions ?