Puisque j'ai pris un peu d'avance et que j'en suis à l'écriture du chapitre 13, je me permets de vous publier rapidement le chapitre 8 (et peut-être que les deux prochains ne se feront pas trop tarder!)
En espérant que vous aimerez la suite :)
LKWSM
Disclaimer : l'histoire m'appartient, le reste est à JKR !
Chapitre 8 : Blessés
Quelques heures plus tard, en fin d'après-midi, la peine de Drago ne s'était pas apaisée. Plus il pensait à la situation dans laquelle il s'était mis, plus il perdait son calme. Ne sachant plus comment chasser la Gryffondor de ses pensées, il se dirigea vers la bibliothèque, l'endroit qu'il considérait depuis cette année comme un lieu de recueil, à sa plus grande surprise. Lorsqu'il entra dans la bibliothèque, il se dirigea machinalement vers une rangée de livres sur la première étagère, saisi un roman fantaisiste plein de couleurs dont il ne lut même pas le titre puis s'assit à la première table libre qui vint à lui. Lorsqu'il ouvrit son livre, il lut la première ligne une dizaine de fois avant de se rendre compte qu'aucun mot ne s'imprégnait dans son esprit. La seule chose à laquelle il pensait était Hermione. Au bout de quelques minutes, il capitula et lâcha son roman. Appuyé sur ses coudes et la tête dans les mains, il abandonna toute forme de résistance et laissa son esprit vagabonder et cogiter.
C'est quasiment sans surprise qu'au bout d'une heure à rester presque complètement statique, il vit la porte de la bibliothèque s'ouvrir et une cascade de boucles brunes s'engouffrer dans la grande pièce. Hermione ne mit que quelques secondes pour capter le regard gris du jeune homme qui ne la lâchait pas des yeux depuis l'instant où elle avait poussé la grande porte en bois. Sans attendre, elle fit demi-tour et sortit de la bibliothèque à la hâte.
Drago se leva brusquement en faisant racler sa chaise contre le sol dans un bruit sourd et parti à toute vitesse sur les traces d'Hermione sans même prendre la peine de remettre à sa place le livre qu'il avait emprunté. Une fois la porte de la bibliothèque franchit et arrivé dans le grand couloir, il aperçut la jeune femme qui pressait le pas pour éviter les ennuis.
- Ne fuis pas, Granger ! Attends !
Mais Hermione ne l'écoutait pas. Son égo était toujours endommagé par ce que Drago lui avait dit plus tôt dans la journée. Il courrait presque pour la rattraper et se mettre à son niveau.
- Ecoute, je suis désolé mais…
- C'est trop facile, d'être désolé, le coupa sèchement Hermione en s'arrêtant de marcher.
Désormais, elle lui faisait face et attendait des explications.
- J'aimerais qu'on arrive à se parler sans avoir envie de s'entre-tuer. Ça serait vraiment plus facile, tenta Drago presque essoufflé par sa course.
- C'est toi qui me dis ça ?
- Oui je sais, c'est un peu… ironique.
- Paradoxal. Complètement paradoxal.
- Oui, si tu veux. Toujours est-il que j'aimerais qu'on parle.
Hermione ne pouvait s'empêcher de paraitre septique. En l'espace de quelques jours, Drago avait changé d'avis sur ses désirs d'amitié tellement de fois que la jeune Gryffondor s'y perdait. Et elle refusait de souffrir en le laissant faire.
Elle soupira et s'adossa au mur de pierre qui se trouvait derrière elle. Drago posa une main sur le mur, tout près du visage d'Hermione pour être plus proche d'elle.
- Très bien, alors de quoi veux-tu parler ? Du prix des elfes de maison sur le marché ? De la dernière blague à la mode sur les sang-de-bourbes ? Oh non j'y suis. Tu veux qu'on trouve ensemble chaque qualité de ta petite personne et qu'on les commente, preuve à l'appui.
- Tu as fini ? s'impatienta Drago.
- Non.
- J'étais sérieux, tu sais.
- Laisse-moi en douter, lança-t-elle avec mépris.
Drago était vexé, il n'avait pas l'habitude d'être rejeté comme cela. La plupart des filles de Poudlard tuerait pour avoir ne serait-ce qu'une seule conversation avec moi, Granger, pensa-t-il en rageant devant la froideur de la jeune femme. Mais il se fichait des autres filles, parce qu'une Gryffondor lui donnait du fil à retordre. Plus Hermione le rejetait, et plus Drago mourrait d'envie d'aller vers elle.
- Je n'abandonnerais pas, tu sais, finit-il par ajouter alors qu'Hermione semblait sur le point de partir.
- Tu perds ton temps, Malefoy.
- Peut-être… ou peut-être pas.
Hermione tentait de fuir Drago mais il la suivait inlassablement, alors elle finit par ne plus rien dire et laissa le Serpentard la suivre. Cependant, plus les minutes passaient plus la Gryffondor s'agaçait de toujours avoir Drago dans son sillage.
- Tu vas me suivre longtemps, comme ça ? finit-elle par lâcher en se retournant vers lui.
- Ça dépend.
- De quoi ?
- Est-ce que tu acceptes de me parler de façon courtoise et civilisée ?
- Non.
- Alors oui, je vais te suivre longtemps comme ça.
Excédée, elle ne put s'empêcher de grogner de rage. Drago savait très bien ce qu'il faisait, et il s'amusait particulièrement de la situation et de l'état dans lequel il mettait la Gryffondor.
- Et si j'accepte, tu me laisseras tranquille ?
- Eh bien non, pas tout à fait. En fait, si tu acceptes tu me verras presque autant. Mais je peux te garantir que je serais beaucoup moins agaçant que ça !
- C'est ça, ricana Hermione.
- Je te laisse réfléchir à ma proposition, dit-il avec un demi-sourire confiant. Je te laisse quelques heures pour te décider.
Puis il partit et laissa Hermione seule au milieu des couloirs de l'école.
La jeune femme avait le cœur qui battait fort. Chaque fois qu'elle faisait face au Serpentard, quelle que soit la teneur de leur conversation, elle perdait ses moyens et sa respiration s'accélérait. Elle s'en voulait de réagir comme ça mais c'était plus fort qu'elle, et elle ne comprenait pas ses réactions parce qu'elle n'avait jamais vécu ça avant. Aucun garçon n'avait eu cet effet sur elle, jamais. Hermione éprouvait un mélange d'agacement certain mais aussi d'étrange attirance, un mélange dangereux selon elle. Drago avait une drôle d'influence sur elle et cela la dérangeait car elle se sentait faible lorsqu'elle était face à lui, et elle détestait être en position de faiblesse face à quelqu'un. C'était si rare, pour elle.
Quoi qu'il en soit, elle savait désormais que résister face au jeune blond n'était pas une option. Premièrement, parce qu'il ne lui laissait pas vraiment le choix. Deuxièmement, parce qu'elle avait terriblement envie d'arrêter de lui résister.
Lorsque la nuit fut tombée sur l'école, l'heure du dîner arriva. Drago pénétra dans la grande salle qui était ornée de décorations scintillantes à l'occasion des fêtes de fin d'année. Il se dirigea à la table des Serpentards et s'assit à sa place habituelle, loin des autres élèves, presque en bout de table. La solitude ne l'avait jamais dérangé, encore moins lorsqu'il était question d'éviter une conversation avec des élèves plus jeunes, Serpentards ou pas. Lorsqu'il fut installé, ses yeux se dirigèrent instinctivement vers la table des Gryffondors, mais pas d'Hermione à l'horizon. Il tenta de masquer sa déception lorsqu'au même moment, quelqu'un passa juste derrière lui en le frôlant et s'assit juste à côté. Il frissonna à ce contact et tourna la tête pour découvrir le visage de celui à qui il allait sèchement ordonner de s'éloigner. Mais lorsqu'il croisa les yeux bruns d'Hermione, il ne put retenir sa surprise, qui se manifesta par un silence presque pesant.
- Granger ? finit-il par lâcher au bout de quelques secondes.
- Salut, Malefoy.
- Salut. Tu es au courant que c'est la table des Serpentards, ici ?
- Oh, vraiment ? Mince, je me disais bien que les élèves aux blasons verts et argentés ne me disaient rien ! Je suis vraiment étourdie… dit Hermione d'un ton détaché en se tapant le front du plat de la main.
- Arrête de jouer la comédie. Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je réponds à ta proposition, voyons, lâcha-t-elle d'un air tout à fait innocent. Te sentirais-tu menacé par la simple présence d'une Gryffondor à ta table ?
- Non, pas du tout, répondit rapidement Drago, trop rapidement pour que cela paraisse naturel.
- Alors tu ne vois pas d'inconvénient à ce que je mange ici ce soir ? A moins que tu ne sois trop préoccupé par ton image de Serpentard intouchable et impénétrable, qui ne se mélange pas avec les autres ?
Hermione savait ce qu'elle faisait et Drago pouvait facilement le deviner. Elle jouait avec le feu et elle espérait déstabiliser le jeune blond, mais il ne souhaitait pas se laisser faire aussi facilement. Elle a de la chance que Pansy, Crabbe et Goyle ne soient pas là pendant les vacances, pensa-t-il en la toisant d'un air curieux. Aussi, il choisit d'adopter l'attitude la plus décontractée et normale que l'on puisse avoir lorsqu'on dîne avec une camarde de sa maison ennemie.
- Aucun problème, dit-il calmement en plantant sa fourchette dans un morceau de viande comme si c'était le geste le plus innocent du monde.
Le repas commença dans le calme, car aucun des deux n'osait vraiment parler. Pourtant au bout d'un moment, en bon Malefoy qui se respecte, Drago ne put s'empêcher de chercher la Gryffondor.
- Dis-moi, Granger. J'espère que tu n'attends pas de moi que je paraisse impressionné ?
- A propos de quoi ? répondit-elle comme si elle n'avait pas compris.
- T'asseoir à la table des Serpentards, à côté d'un Malefoy. C'est de la pure provocation. Tu le sais, je le sais et tout le monde ici dans cette pièce le sais. Même les professeurs nous toisent depuis le début du repas.
- Tu t'imagines bien que je me fiche complètement de ce que les gens pensent.
- Tu mens, Granger.
Hermione le fixa d'un regard mélangeant défi et incompréhension.
- Tu ne l'aurais pas fait si mes amis étaient ici, continua Drago. Tu es bien contente que je me retrouve aussi seul que toi, autrement tu n'aurais jamais osé faire ce que tu as fait. Je me trompe ?
Hermione aurait voulu le contester, mais elle n'aimait pas mentir. Elle réfléchit un instant, puis elle répondit avec douceur.
- Non, pas tout à fait. C'est vrai, je ne suis pas sûre que j'aurai osé m'asseoir et manger à la table des Serpentards. Mais tu te trompes sur la raison. Je ne l'aurais pas fait, mais pas par peur d'être jugée ou tournée au ridicule, parce que j'en ai pris l'habitude et que les jugements des autres, surtout des Serpentards, ne m'affectent plus. Je ne l'aurais pas fait parce que je sais pertinemment que ça t'aurait mis dans l'embarras face à eux. C'est toi qui en souffrirais le plus, au final. Et même si ma raison me souffle de venger ces six dernières années de persécution, je ne peux pas m'y résoudre. Alors oui, je n'aurais pas pu, effectivement.
Le Serpentard ne savait que répondre. En quelque sorte, elle pensait plus à lui qu'à elle-même, du moins dans cette situation-là. Et même si cela entachait quelque peu sa fierté et son indépendance, il était surpris et agréablement amusé qu'Hermione pense à lui, quelqu'en soit la raison. Il réprima un sourire et planta sa fourchette dans un nouveau morceau de viande.
Le reste du repas se passa dans un silence absolu des deux élèves. Aucun des deux n'osait chercher l'autre, mais il était également difficile pour eux de discuter normalement, étant donné leurs dernières altercations peu amicales. Le choix du silence était le plus sage selon eux. Pourtant, d'innombrables questions démangeaient Hermione qui devait constamment se mordre la langue pour s'empêcher de les poser. Et Drago devait se forcer pour éviter un maximum de lancer des regards en coin à sa voisine de table puisqu'elle semblait les avoir remarqués. De plus, il ne pouvait s'empêcher de penser à toutes les paires d'yeux qui les fixaient depuis le début du repas. Elèves et professeurs, chacun y allait de son coup d'œil ou de son commentaire murmuré à l'oreille de la personne d'à côté. Le Serpentard remarquait cette mascarade et en était franchement agacé. Mêlez-vous de vos affaires, bon sang ! pensait-il en se retenant de le hurler à travers la pièce pour que chacun l'entende. Granger et Malefoy assis côte à côte et en pleine âme et conscience, quel scoop ce doit être pour vous, bande de minables.
Lorsqu'Hermione eut terminé de dîner et qu'elle comptait partir, elle se pencha discrètement vers Drago en faisant mine de se lever pour quitter la table.
- Si tu es toujours en proie aux insomnies, je serais à la tour d'astronomie à partir de maintenant, lui murmura-t-elle rapidement et dans un souffle.
Drago hocha la tête d'un mouvement imperceptible, et si Hermione l'avait remarqué elle fit comme si de rien était.
- Bonne nuit, Malefoy, lança-t-elle sans murmurer cette fois-ci et de façon plus solennelle.
Elle finit par lui tourner le dos et elle quitta la grande salle.
Cela faisait déjà une heure qu'Hermione attendait, assise sur l'estrade en bois de la tour d'Astronomie. Les bras croisés sur ses genoux repliés, elle regardait le ciel étoilé de l'hiver glacial. Puisque la tour d'Astronomie n'était pas une pièce fermée, la Gryffondor commençait à trembler et de la buée se formait chaque fois qu'elle expirait.
Soudain, un léger craquement retentit dans le silence. Hermione releva la tête et aperçu Drago dans le noir, sa baguette à la main.
- Lumos, somma Drago à sa baguette dont le bout s'illumina.
- Tu es venu.
Drago s'avança vers elle sans pour autant répondre. Il ne souriait pas et même s'il ne paraissait pas non plus en colère, son expression restait indéchiffrable.
- Tu as l'air étonné, finit-il par lâcher après s'être assis à côté d'elle, à une distance raisonnable cependant.
- Je ne devrais pas ?
- Je ne sais pas. Tu l'as dit toi-même, j'ai des insomnies. Littéralement, ça veut dire que je ne dors pas. Alors quitte à ne pas dormir et puisqu'il n'y a plus personne dans ce maudit château, autant répondre à ton invitation.
- Si j'avais su que tu le prendrais comme ça…
Hermione semblait déçue.
- Qu'est-ce que tu as, Granger ? s'agaça Drago.
- Je suis ravie d'apprendre que je suis ta roue de secours, lâcha-t-elle d'un ton amer.
- Tu peux arrêter d'être agaçante l'espace de quelques minutes ? s'emporta-t-il.
La Gryffondor ne répondit pas.
- Je suis là, non ? continua Drago d'un ton légèrement plus doux.
- Oui.
- Et c'est bien toi qui m'a proposé de venir ?
- Oui, répéta Hermione dans un souffle.
- Alors s'il te plait, est-ce que tu peux éviter de me reprocher mes moindres faits et gestes ? C'est assez difficile comme ça.
Elle hocha la tête et le Serpentard souffla de soulagement.
- Pourquoi est-ce que tu souris ? remarqua Hermione après un moment de silence.
- Le ciel, répondit-il dans la seconde.
- Le ciel ? répéta-t-elle en levant la tête pour regarder dans la même direction que lui.
- Il est assez fascinant, la nuit. L'immensité bleue, la lune, les étoiles. Je trouve ça plutôt impressionnant de beauté.
- Malefoy, qui aurait-cru que tu étais un sentimental, au fond ? plaisanta-t-elle.
- Si tu le répètes à quiconque, je serais dans l'obligation de te tuer Granger, répondit-il sur le même ton.
Lorsqu'il se leva pour s'approcher du vide et qu'il s'appuya sur la barrière, Hermione ne put s'empêcher de le suivre du regard. Ici, à l'abri du noir et puisqu'il lui tournait le dos, elle pouvait se permettre de le regarder sans être jugée. Elle sourit bêtement lorsqu'il leva la tête vers le ciel et inspira profondément, l'air bombant son torse. Un large spectre de fumée s'éleva au-dessus de lui lorsqu'il expira. Hermione ne put s'empêcher de sourire et de penser qu'elle était heureuse qu'il soit venu. Peut-être que ça pourrait devenir facile, de passer du temps avec toi, pensa-t-elle, les yeux fixés sur le dos du Serpentard. Gênée par ses pensées, elle s'agrippa au rebord de l'estrade sur laquelle elle était toujours assise pour se forcer à détourner le regard et finit même par fermer les yeux.
- Ne t'endors pas, Granger.
Hermione rouvrit instantanément les yeux et vit Drago qui était toujours appuyé sur la barrière, mais qui lui faisait désormais face.
- Tu m'as promis une nuit d'insomnie, tu te dois de respecter ta parole, continua-t-il.
- Evidemment, dit-elle en se levant.
Elle s'approcha du vide et s'appuya également sur la barrière, à quelques centimètres de Drago. Elle se tourna face à l'horizon et observa le décor. Elle devait l'admettre, Drago avait raison sur toute la ligne. Le ciel était magnifique, même pour un soir d'hiver. Ils restèrent un moment sans parler, Hermione observant le ciel et Drago observant Hermione.
- C'est pour ça que je ne te vois jamais voler en journée ? demanda Hermione en brisant le silence.
- Oui. Je préfère mille fois voler de nuit. C'est plus calme, plus intime. J'ai toujours l'impression d'être seul au monde, et ça me fait du bien.
- Je vois…
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Rien du tout, ça va, répondit-elle en croisant son regard gris avec un léger sourire.
Au bout de longues minutes à regarder le ciel, Hermione commençait à avoir froid. Elle s'éloigna du bord en frissonnant et retourna s'asseoir sur l'estrade, les bras croisés contre elle pour se réchauffer comme elle pouvait. Elle regretta de ne pas avoir pensé à prendre une veste, mais elle n'avait pas envie de partir non plus. Drago la rejoignit presque de suite mais ne s'assit pas. Malgré tous les efforts qu'il tentait de faire, il restait distant sans pouvoir y faire quoi que ce soit. Se rapprocher des gens était un exercice extrêmement difficile pour lui, et il devait constamment se forcer pour que les gestes qui paraissent naturels aux autres deviennent une habitude pour lui. Aussi, lorsqu'il remarqua qu'Hermione tremblait de froid, il hésita un moment, puis se résigna à enlever son pull.
Hermione l'observa agripper le bas de son pull des deux mains puis le retirer en le passant par-dessus sa tête, avant de lui tendre dans un geste tendu et quelque peu maladroit.
- Merci, dit Hermione en saisissant le pull de Drago.
Bizarrement, aucun des deux ne semblaient se rappeler qu'il existait des sorts pour ne pas mourir de froid. Lorsqu'elle enfila le vêtement du Serpentard, un flot d'odeur se fraya un chemin jusqu'à elle, l'enivrant du parfum entêtant de Drago. Ce n'était pas une odeur forte, trop brute comme l'eau de Cologne que portent certains hommes, c'était une odeur douce et addictive. Son odeur naturelle, celle qu'Hermione n'avait remarqué que depuis quelques mois, depuis qu'il leur arrivait de se tenir à proximité l'un de l'autre.
Drago fini par s'asseoir à côté d'elle et Hermione prit ce geste comme un signe qu'elle pouvait engager une nouvelle discussion. Des tonnes de questions lui brûlaient les lèvres, et elle dût se concentrer pour ne pas paraître intrusive.
- Je peux te poser une question ?
- Si je te réponds non, tu la poseras quand même ?
- C'est possible.
- Je t'écoute.
Hermione hésitait dans la formulation de cette question délicate. Devait-elle la poser ? Si oui, devait-elle faire attention en choisissant ses mots ? Et Drago se braquerait-il ? Hermione ne voulait pas d'une nouvelle dispute après tant d'efforts pour passer quelques heures sans cris.
- Tu serais capable de m'expliquer pourquoi tu agis comme ça ?
- Qu'est-ce que tu veux dire par là, Granger ? Comment est-ce que j'agis ?
- Et bien…
Elle hésita une fraction de seconde.
- Tu sembles incapable de choisir entre passer du temps avec moi et m'assassiner.
Drago laissa échapper un rire sombre qui fit frissonner la Gryffondor malgré elle.
- Tu penses que je veux t'assassiner ?
- C'est ce que tu semblais avoir envie de faire, en tout cas.
- Alors c'est comme ça que tu me vois, lâcha Drago avec une pointe de tristesse dans la voix.
- Je ne peux pas te voir autrement. Tu as été abjecte avec moi, tu ne peux pas le nier.
- C'est vrai.
Un silence s'installa, mais pas assez longtemps car Hermione avait décidé de ne pas en rester là.
- Je suis contente que tu l'admettes, mais ça ne répond pas clairement à ma question.
- Qui était ?
- Pourquoi est-ce que tu as agis comme ça envers moi ?
- Parce que.
- Parce que ? Tu te défiles Malefoy, ce n'est pas une réponse.
- C'est comme ça. C'est tout ce que je peux te dire, tu vas devoir t'en satisfaire.
- Ça ne me satisfait pas du tout.
- Dommage pour toi, lança-t-il plus froidement.
Hermione souffla d'agaçement.
- Arrête de prendre ce ton avec moi, Malefoy. Je sais pourquoi tu me parles comme ça. Tu penses pouvoir me déstabiliser et en finir avec moi, mais je ne rentrerais plus dans ton jeu ! Tu ne vas pas te débarrasser de moi aussi facilement que les fois d'avant.
- Gé-nial, souffla-t-il en détachant chacune des syllabes.
- Ne fais pas comme si il n'y avait pas une infime part de toi qui avait envie d'être ici. On sait très bien tous les deux que si tu ne le voulais pas, tu ne serais pas là. Faire les choses contre ton gré, ce n'est pas vraiment dans tes cordes.
- Dix points pour Gryffondor.
La jeune femme ne put s'empêcher de sourire en remarquant que Drago prenait tout ça avec légèreté, pour une fois.
- Ça serait bien plus simple si ça se passait toujours comme ça, entre nous… murmura-t-elle, les yeux rivés vers le ciel.
- Tu crois ?
- Oui. Personne n'aime être constamment en conflit avec quelqu'un.
- J'apprécie assez de déclencher ton agacement, tu sais, dit-il avec un sourire en coin.
- Tu serais incapable de passer une seule journée sans lancer une réplique sarcastique ou un commentaire blessant, déclara Hermione d'un air entendu.
- Bien sûr que si, pour qui est-ce que tu me prends ?
- Pour toi-même.
- Je te parie ce que tu veux que j'en suis capable, Granger.
- C'est ça, dit-elle en s'esclaffant.
- Met-moi au défi !
Le jeune Serpentard semblait tellement sûr de lui qu'il s'était levé et faisait face à Hermione. Ses yeux pétillaient comme ceux d'un enfant à qui on promet un cadeau, et son sourire en coin lui donnait un air malicieux comme s'il s'apprêtait à faire une énorme bêtise.
- Si ça peut te faire plaisir, soupira Hermione.
Elle se leva également et, face à Drago, reprit d'un ton plus solennel :
- Malefoy, je te mets au défi de passer une journée entière sans aucune moquerie, aucune critique, aucun sarcasme envers moi ou quiconque de cette école. Et je rajoute une difficulté en te demandant de passer cette journée entière avec moi. Evidemment, la colère et toute autre forme de révolte contre moi te sera interdite. Alors, toujours prêt à relever le défi ? lança Hermione d'un air triomphant en lui tendant la main.
Drago hésita une seconde, puis saisit la main d'Hermione pour la serrer, afin de sceller leur pacte.
- Cet accord est effectif à partir de demain matin, et il ne prendra fin qu'à la tombée du jour, conclut Hermione.
- Parfait.
Il lâcha la main d'Hermione puis, d'un air faussement hautain, il lança :
- Je vais maintenant profiter de mes dernières heures de répit avant de passer une journée entière avec toi.
- A demain Malefoy, et ne fais pas trop de cauchemars ! répondit Hermione sans se départir de sa bonne humeur.
- C'est ça.
A très vite pour le chapitre 9 !
Bisous
LKWSM
