Rêve, Cours, Espère.
Merci à tous et à toutes pour vos reviews, mises en alertes et mises en favoris.
L'histoire touche bientôt (enfin ?) à sa fin puisque ce chapitre est l'avant-dernier. Mais je n'en dis pas plus et vous laisse le découvrir.
Enjoy & Review !
[POV Katniss]
Je n'avais pas eu l'occasion de parler avec Cato depuis pratiquement quinze jours. Il donnait les séances d'entrainement à l'ensemble du groupe, y compris à Thresh qui malgré ses réticences avait fini par suivre son programme. Malgré tout, je n'avais pas réussi à me retrouver seule à seule avec le blond depuis le soir où nous avions bu du vin dans le bureau de Brutus.
Cette dernière entrevue avec Cato m'avait laissé un goût amer. Il savait. Il savait que je l'avais trompé avec Gale, même s'il ne l'avouait pas à haute voix. Je savais qu'il le savait et ça m'attristait profondément. En même temps, j'étais l'unique responsable de la situation et je ne voulais pas lui reprocher de m'en vouloir.
Cependant, contrairement à ce que j'avais d'abord pensé, Cato semblait se moquer de mon aventure. Visiblement, pour lui cela n'avait aucune importance puisqu'il m'avait quand même invité dans un restaurant très chic ce soir. J'attendais depuis dix bonnes minutes devant le restaurant, n'osant pas y pénétrer. Je me regardai sans cesse dans la vitrine d'une boutique de chaussures attenante, m'examinant sous toutes les coutures. Ma robe était-elle assez jolie pour ce genre d'endroit ? Etais-je assez élégante pour m'asseoir en face de Cato, qui serait certainement tiré à quatre épingles ?
Je finis par prendre mon courage à deux mains et pousser les portes du restaurant. L'intérieur me laissa sans voix. Sur le sol, un fin dallage de marbre et d'onyx laissait serpenter des minces filets d'eau entre les dalles. L'eau était déversée par une mini cascade d'intérieur. Elle était d'une couleur que je n'avais jusqu'alors jamais pu observer et on aurait presque pu voir de minuscules paillettes à l'intérieur. Plus loin, de grands alvéoles contenants chacune une table pour deux personnes offrait une vue sans pareil sur un jardin intérieur. Les derniers rayons du soleil filtrait à travers le carreau et se reflétaient sur le sol. Au centre de la pièce, des tables plus grandes, rassemblaient des familles ou des groupes d'amis, venus passer un bon moment.
Un homme élégamment vêtu s'avança vers moi et s'inclina respectueusement. Il s'agissait du maître d'hôtel.
_ Désirez-vous une table mademoiselle ? proposa-t-il avec un sourire poli.
_ Heu… Non, je… Je suis attendue par quelqu'un, répondis-je maladroitement en tordant mes lèvres colorées en une vaine tentative de sourire.
_ Vous devez sans doute faire référence au jeune homme qui est arrivé seul il y a un bon quart d'heure. Suivez-moi, dit-il d'un ton égal.
Je le suivis précautionneusement en veillant à ne pas coincé l'un de mes talons dans les fentes qui séparaient les dalles pour laisser serpenter l'eau. Il me conduit qu'à l'alvéole la plus éloignée de l'entrée. A l'intérieur, Cato demeurait impeccable. Il était habillé beaucoup plus simplement que je ne l'aurais cru. Il portait une chemise claire dont les premiers boutons étaient restés ouverts, un pantalon de ville en toile beige et des baskets blanches. Un look urbain très chic, mais différent des costumes trois-pièces qu'il avait eu l'habitude de porter lors de nos précédents rendez-vous.
En voyant le maître d'hôtel tirer la chaise en face de lui, le garçon aux yeux bleus se tourna vers moi et son visage s'éclaira d'un sourire.
_ Je suis ravi que tu sois venue, me dit-il alors que je m'asseyais face à lui. Tu es vraiment splendide.
_ Merci, murmurai-je en relevant les yeux pour croiser son regard. C'est vraiment un très bel endroit.
_ C'est mon restaurant italien préféré, avoua-t-il avant de boire une gorgée de vin. Ce n'est ni le plus chic, ni même le meilleur de New-York mais il est reposant. En plus, la vue est superbe, continua-t-il en désignant la fenêtre d'un large geste de la main.
Je contemplai la vue qui s'offrait à moi. Un petit parc privé composé d'un bassin, d'une sorte de serre emplie de fleurs et quelques bancs, placés proches des arbres, de çà et là. Sur le bassin, quelques nénuphars bougeaient au rythme du vent tandis que des canards barbotaient près du bord, attendant que des clients ne viennent leurs lancer des miettes de pain. Je devais vraiment avouer que le paysage n'avait rien à envier à ceux des films romantiques.
Le maître d'hôtel revint quelques instants plus tard avec une bouteille de vin blanc, sans doute extrêmement cher et la cartes des menus. Il versa le vin qu'à la moitié de mon verre avant de procéder de la même façon avec le verre du jeune homme. Ce dernier consultait la carte des menus d'un air pensif.
_ Je pense que je vais prendre une escalope milanaise, dit-il en relevant les yeux. Que veux-tu Katniss ?
_ Heu, je…, balbutiai-je en regardant vivement la carte. Je vais prendre une pizza royale s'il vous plait.
_ Très bien, fit le maître d'hôtel. Ce sera tout ?
_ Oui merci.
L'employé s'éloigna avec nos commandes et le silence tomba sur la table. Cato joua distraitement avec sa fourchette pendant quelques secondes. Il la reposa subitement, me faisant sursauter.
_ Alors, comment tu te sens ? Les championnats régionaux sont la semaine prochaine.
_ Je pense que tu nous as tous bien entraînés. Peut-être même un peu trop, mais ça va. Je pense que je vais m'en sortir.
_ Excellent ! Nous pourrons ensuite envisager un programme express pour te préparer efficacement pour les nationaux, deux petites semaines après. Tu vas être une sacrée étoile Katniss ! s'exclame-t-il en soulevant son verre pour trinquer.
_ Non.
Il reposa son verre un peu trop brusquement et plusieurs gouttes de vin vinrent entacher la nappe couleur crème.
_ Comment ça non ?
_ J'arrête la compétition juste après les régionaux. J'arrête carrément l'athlétisme en fait, dis-je d'une voix que je voulais ferme mais dans laquelle on pouvait percevoir un léger malaise. Je continuerai à aller courir une fois de temps en temps mais ce n'est plus ma priorité.
Cato se contenta de m'observer attentivement et il ne cherchait même pas à cacher sa déception.
_ Je sais que tu n'es pas d'accord avec ça, mais c'est MON choix, Cato.
_ J'ai bien compris ! s'écria-t-il en levant brusquement la voix.
Les gens assis dans l'alvéole la plus proche lui jetèrent un regard courroucé.
_ Mais n'as-tu pas envie de le faire pour le Capitole ? Pour Brutus ? Pour moi ?
Sa voix s'était brisée et il planta dans mes yeux les siens dans lesquels se reflétaient uniquement la tristesse du sportif déchu.
_ Le Capitole ne m'a pas apporté que des bonnes choses. Quant à Brutus, peu importe le résultat que j'obtiendrais, cela ne lui sauvera pas la mise. On ne peut plus rien faire pour lui Cato…
_ Et pour moi ? Est-ce qu'on ne peut plus rien faire pour moi ? Est-ce que tu ne peux plus rien faire pour moi ?
J'allais répondre lorsque le maître d'hôtel revint nous apporter les plats. Nous commençâmes à manger dans un silence pesant. Je portai à ma bouche une nouvelle bouchée de pizza au saumon lorsque le blond commença sa confession.
_ Je sais que tu n'y es pour rien… Dans mon accident je veux dire. Personne n'y est pour rien. C'est juste comme ça, c'est injuste, mais peu importe ce que je ferais ensuite, je ne pourrai jamais recourir. Du moins, ce ne sera jamais comme avant. Alors à quoi bon m'accrocher ? J'ai accepté de venir entraîner au Capitole car je pensai que je pourrais rendre Brutus une dernière fois fier de moi. Mais ça n'a rien changé.
Son regard se perdit par la fenêtre. En contrebas un enfant accompagné de son père jetait des miettes de pain aux canards qui se massaient peu à peu sur la bordure de l'étang.
_ Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ? demandai-je. Vas-tu arrêter d'entraîner ?
_ Après les Jeux. D'ici là, je vais faire de mon possible pour éviter que la saison du Capitole ne soit aussi désastreuse qu'elle a commencé à l'être. Et je le ferais, avec ou sans toi.
_ Et ensuite ? dis-je tandis que mon cœur se serrait peu à peu alors que je prenais conscience que nos sentiments respectifs demeuraient toujours présents.
_ Un ami de mon père cherche quelqu'un pour vendre du matériel sportif dans une boutique à Vancouver. Les universités m'ayant accepté ne me plaisent plus vraiment, du coup je vais y aller.
_ Je…, commençai-je en baissant la tête.
_ Qu'est-ce que tu aurais voulu que je fasse ? me questionna-t-il alors.
_ J'avais pensé que tu voudrais peut-être m'accompagner à San Francisco, avouai-je d'une toute petite voix. Comme… Comme plus rien ne te retenait sur la côte Est, je me suis dit que tu voudrais sans doute voir du pays.
Cato sourit mais ne répondit pas immédiatement. Il bût une gorgée de vin avant de poursuivre.
_ Je comprends et je passerai te voir quand tu seras là-bas, je te le promets. Simplement, je dois aller à Vancouver. C'est une occasion en or pour ma reconversion et mon père serait fou de rage si je plantais son ami comme ça. Ce n'est qu'un petit millier de kilomètres qui nous séparera. C'est juste l'affaire de quelques années, après ça, nous pourrons vivre ensemble si nous avons survécus jusque-là.
Je hochai la tête, moyennement convaincue et nous replongeâmes dans nos assiettes.
[POV Thresh]
Je mettais, une à une, mes affaires dans mon sac. Demain, nous partions tous pour les championnats de région. J'étais partagé entre l'envie et la peur. Allai-je réussir à être le meilleur ? J'en avais tellement envie. Pour que mon père, où qu'il soit, puisse être fier de moi lorsqu'il verrait mon nom dans la presse.
J'avais fini par céder et par accepter l'entraînement imposé par Cato. J'y avais tout donné et si j'avais eu sans cesse l'impression de n'arriver à rien, le blond semblait voir dans chaque millième de seconde grapillé, un pas de plus vers la victoire. Contrairement à ce que j'avais pu penser, il ne m'avait pas fait faire une simulation d'épreuve. Pour lui, ça n'avait pas d'importance et il préférait m'entraîner sur cinq cents mètres ou sur dix mille plutôt que sur les trois mille mètres que je devais parcourir le jour J.
J'avais croisé Katniss la veille, et je n'avais pu m'empêcher de lui demander comment s'était passé son dîner avec Cato. Elle s'était d'abord montrée hésitante puis avait franchement avoué « mal ». Après ça, elle m'avait confié qu'ils s'étaient embrassés et avaient fini la soirée tous les deux, chez le jeune homme. Donc, selon moi, tout ne s'était pas aussi mal passé qu'elle avait pu le prétendre.
En revanche, je m'étais rendu-compte que Katniss n'adressait plus la parole à Gale et je ne savais pas pourquoi. Ils étaient très proches jusqu'il y a peu, mais aujourd'hui, la brune renvoyait directement tous ses appels sur la messagerie et ignorait ses messages.
Entre Clove et moi, les choses n'avaient pas beaucoup avancé. Elle s'était confondue en excuses un peu plus tôt dans la journée mais je n'étais pas prêt à me réengager dans une relation avec elle. Pas encore. Pas maintenant. Simplement, je lui avais demandé d'attendre que les championnats soient derrière nous pour reparler de notre couple. Elle avait accepté.
Je glissai ma dernière paire de chaussettes dans mon sac et zippai la fermeture éclair. Je vérifiai une dernière fois le contenu de mon sac à dos et m'installai confortablement dans mon lit. Demain, nous partions pour les championnats régionaux.
Tada ! Et voilà, ce petit chapitre est terminé. Que pensez-vous de la discussion entre Cato et Katniss ? Et surtout, que nous réserve l'épilogue ?
N'oubliez pas de me laisser votre avis avec une petite review.
En attendant prenez soin de vous et je vous dis à la semaine prochaine pour la vraie fin de Rêve, Cours, Espère.
Xoxo
Dame Lylith
