Chapitre 8 : Dragon et Quidditch

Pétunia observa le grand hall d'entrée de Poudlard, où les jeunes sorciers anglais circulaient en discutant vivement sous les regards attentifs des étudiants de Salem et d'Afrique du Sud, ainsi que de deux Aurors du Ministère. Les deux membres de la police magique anglaise étaient vêtus de leur célèbre robe de combat pourpre, une couleur qu'aucune des autres écoles assurant la sécurité de Poudlard ne portait, se démarquant par leurs couleurs plus sobres.

La Little Witch sourit à quelques jeunes élèves abordant le blason vert et argent de la Maison Serpentard. Ils restèrent de marbre, mais elle savait parfaitement, pour passer régulièrement les voir dans leur Salle Commune, que la plupart de ces élèves souffraient de la guerre sous leur visage impassible. Les plus âgés étaient capables de comprendre les tenants et les aboutissants de la guerre, mais les plus jeunes subissaient l'attitude des autres Maisons…

En parlant des autres Maisons… Pétunia fronça les sourcils en notant les regards de haine qu'envoyaient des élèves de Gryffondor à leurs camarades de Serpentard. Malgré elle, Pétunia pinça les lèvres en s'avançant à travers le hall en direction des panneaux d'affichage, devant lesquels deux élèves reniflaient tristement. Elle maudit une fois de plus la guerre.

Les attaques de Poudlard et du Ministère de la Magie de la semaine dernière avaient provoqué, outre de nombreux morts, un enchaînement d'évènements dans le Monde Magique anglais, mais aussi dans le petit monde de l'école anglaise.

Le Ministère, déjà sous les projecteurs du Monde Sorcier international, attirait encore plus l'attention avec les dispositions mises en place. L'investiture d'Amélia Bones avait l'avantage d'avoir mis en évidence la corruption flagrante qui régnait sous le gouvernement de Cornélius Fudge.

L'ancienne Présidente du Département de la Justice Magique, également ancienne Aurore, choisit de frapper fort pour résoudre ce problème… Usant de sa nouvelle influence, la Ministre Bones fit passer dans les vingt-quatre heures suivant sa prise de pouvoir un décret particulier, qui, jusqu'à présent, n'avait jamais été sollicité.

Le Monde Magique anglais passa sous la Loi Martiale.

Et les anglais réalisèrent que l'ancien gouvernement n'avait jamais réellement tenté de lutter efficacement contre Voldemort et ses Mangemorts. En moins d'une semaine, l'ensemble des employés du Ministère, quel que soit leur fonction, leur niveau de compétence, leur nom, leur titre ou leur sang fut soumis à la question. L'usage du Véritaserum, la plus puissante potion de vérité, ainsi que celui d'un test de dépistage de sorts de contrainte fut systématique sur les employés. Trois questions furent posées.

Adhérez-vous à l'idéologie du Seigneur des Ténèbres connu sous le nom de Lord Voldemort ?

Une réponse positive valait une surveillance ministérielle pure et simple. L'ensemble de la famille était ciblée et également interrogée. Mais cela n'était bon que pour les familles dont le membre employé au Ministère ne répondait pas positivement aux autres questions... songea Pétunia en observant les dernières listes de traitres à la patrie dressées dans la Gazette du Sorcier et affichées dans le hall d'entrée.

Adhérez-vous aux méthodes de lutte du Seigneur des Ténèbres connu sous le nom de Lord Voldemort ?

Une réponse positive déclenchait une procédure de licenciement à effet immédiat. Partager une idéologie, un mode de pensée, cela passait… accepter les morts au nom d'un parti, même en guerre, cela ne passait plus du tout.

Etes-vous un Mangemort ou affilié au mouvement des Mangemort ?

Si la dernière réponse était aussi positive que les deux premières, la solution était radicale. La guerre justifiait les moyens, disait-on. L'employé avait donc droit à un interrogatoire plus poussé dans l'objectif de lui soutirer le plus d'informations possibles sur le Seigneur des Ténèbres, toujours sous sérum de vérité. Puis il était embrassé…

Dans le cas échéant où la dernière réponse était positive, mais que les autres étaient négatives, alors généralement, c'était par contrainte que la personne avait été enrôlée. Les enquêtes aboutissaient rapidement à des kidnappings, des chantages…

Sous les yeux d'Amélia Bones, des hommes politiques influents qui n'avaient jamais été soupçonnés se dénoncèrent. Griselda Marchebank, Walden McNair et nombreuses autres personnalités subirent la peine capitale.

Pétunia avait été choquée de découvrir l'existence des Détraqueurs, créatures magiques créées de toute pièce par un Mage Noir durant le XIVème siècle. La peine maximale encourue aux Etats Unis était l'injection de la potion Exmagia. Prendre les pouvoirs magiques d'un sorcier était la pire chose possible, surtout qu'elle était généralement accompagnée d'un bannissement de la Société Magique.

Mais que des créatures absorbent l'âme était… horrible. Dudley avait murmuré que c'était un procédé de Magie Noire, la plus noire possible, même, et Harry avait acquiescé, comme tous les étudiants de Salem.

La Magie Noire se basait sur trois points. Le sang, le sacrifice et l'âme. Comme l'avait dit Harry en ricanant, c'était le comble pour un Mage Noir d'être puni par un procédé propre aux Arts Sombres, par des sorciers dits Blancs.

Au final, le Ministère perdit au moins de 30% de ses représentants, une partie ayant fui avant de passer les épreuves.

Depuis, le nombre d'Aurors avait doublé, des couvre-feux avaient été instaurés dans toutes les villes et villages à forte concentration sorcière et les polices moldues avaient reçu un numéro d'urgence à contacter en cas d'attaque dite « terroriste ».

Et surtout… Poudlard était enfin protégé par une escouade complète d'Aurors, sous la direction d'un certain Alastor «Fol œil » Maugrey…

-Dire qu'il a fallu la mort de l'autre imbécile et de six étudiants étrangers qui faisaient le travail de nos Aurors, grogna le professeur de Défense en clopinant auprès de Pétunia.

-L'autre imbécile ? s'amusa Pétunia.

-J'ai bien d'autres noms qui me viennent à l'esprit pour le définir, mais rien qui ne doit être entendu par de chastes oreilles.

L'œil bleu de l'ancien Auror pivota en direction de quelques premières et secondes années de Poufsouffle qui discutaient avec animation.

Pétunia sourit en notant la tête des nouveaux arrivants. Visiblement, Harry et Dudley avaient puisé cette fois leur inspiration chez le peintre Giuseppe Arcimboldo…

-Je n'arrive pas à comprendre comment vos fils ont fait pour réaliser cette nouvelle farce, constata avec ébahissement Alastor alors qu'une jeune rouquine de Gryffondor passait devant eux, ses cheveux remplacés par de délicates grappes de raisin violacées, accompagnée d'une Serdaigle portant de longs épis de blés mûrs. Il aperçut aussi un Serpentard agrémenté de poireaux et une autre de… lys ? Ils avaient même mis des fleurs ?

-Miss O'Sowell, Miss Lovegood, que s'est-il passé ? interpela doucement Pétunia avec un petit sourire.

La rouquine eut une grimace et toucha les grains de fruits qui avaient remplacés sa chevelure.

-Je crois que les jumeaux Weasley ont encore frappés professeur Evans, soupira-t-elle. Luna pense qu'il s'agissait du ragoût.

-Non, la tarte à la mélasse et mes frères n'y sont pour rien, grogna un autre rouquin en ajoutant quelques mots bien sentis contre les Serpentards.

-C'est trop poétique pour des Serpentards, intervint un jeune homme au visage encore rond surmonté de radis.

-Si tu le dis Neville…

-Votre ami a raison, pourquoi vous en prenez-vous obligatoirement aux Serpentards ? s'étonna Pétunia. Elle avait déjà eu ce garçon en cours, un certain Ronald Weasley, assez impulsif et propre à la colère, avec de nombreux préjugés. Lui et ses frères avaient perdu un membre de leur famille dans l'attaque de la semaine dernière en plus de sa sœur deux ans auparavant, mais ce n'était pas la faute de ses camarades d'école.

-Ce sont tous des Mangemorts ! vociféra le rouquin en s'énervant immédiatement.

-Je vous demande pardon ?

-Tous les Serpentards sont des fidèles de Vous-Savez-Qui ! Regardez les arrestations et…

-Vous viendrez en retenue avec moi, jeune homme, l'interrompit tranquillement Pétunia, me faire une dissertation sur la tolérance.

-Vous me décevez Weasley, compléta le professeur de Défense Contre les Forces du Mal. Seulement 30% des personnes arrêtées appartenaient à Serpentard. Les autres étaient des Serdaigles et des Gryffondors.

-Je…

-Connor Wendlock était un Poufsouffle. Bartémius Croupton Junior, qui a été découvert caché chez sa tante après s'être évadé d'Azkaban, était un Serdaigle. Roger Dubois venait de Gryffondor, énuméra sombrement Maugrey. J'ai de nombreux exemples en tête, Monsieur Weasley, et plusieurs d'entre eux comptaient parmi mes amis.

-En dénigrant vos camarades comme vous le faites, vous ne faites que les pousser vers des idées extrémistes. C'est un engrenage sournois, intervint doucement Pétunia. Avez-vous déjà pris le temps de discuter avec certains Serpentards ?

-Non Madame, souffla Neville Londubat en empêchant son ami de parler alors qu'il avait rougi de colère et s'apprêtait à répondre.

Ils avaient attirés l'attention et de nombreux élèves de tous âges les écoutaient, dont de nombreux élèves de la maison de Salazar Serpentard. Pétunia pouvait voir une certaine forme de reconnaissance dans leurs yeux.

En un mois de présence dans l'école, tous les professeurs et les étudiants des délégations invitées avaient compris que les Serpentards étaient seuls contre les autres Maisons depuis le début de la guerre, et qu'une certaine ségrégation avait toujours eu lieu. A leurs yeux, il n'était pas étonnant que ces élèves aient développés une certaine forme de haine envers les élèves des autres Maisons, une haine qui, bien manipulée, pouvait mener à la création d'organisations extrémistes comme les Mangemorts.

-Retournez en cours, lança finalement Pétunia en observant les étudiants de Poudlard.

Le hall de l'école se vida presque immédiatement et elle observa Dudley et son binôme Aurélius se faire relayer par deux étudiants de Scalia. Son fils aîné soupira en retirant sa veste de combat et s'approcha d'elle.

-M'man, sais-tu où se trouve Harry ? demanda-t-il alors qu'Aurelius partait en direction du campement.

-Devine, soupira Pétunia après s'être rapidement concentrée. Autant son don ne fonctionnait pas à la demande pour la plupart des évènements, autant ses enfants faisaient partie des rares exceptions. Ils vivaient avec elle et la proximité rendait ses visions les concernant beaucoup plus faciles et malléables.

-Penser qu'il est toujours à l'infirmerie serait utopique… soupira Dudley et tu m'aurais répondu. Il est dans la Foret Interdite ?

Pétunia sourit et acquiesça.

-Que fait-il là-bas ? demanda Alastor. Je croyais que Pompom voulait le garder jusqu'à demain à l'infirmerie ?

-Le jour où il restera tranquillement, allongé dans un lit sera un miracle. Alors tu te doutes bien qu'après deux jours à être enfermé dans une pièce aussi ennuyeuse, tout en sachant ce qui se trouve dans la Forêt Interdite, il n'allait pas y rester !

-Donc il s'est échappé de l'infirmerie ? s'amusa Alastor.

-C'était certain. J'avais parié avec Severus et Dudley qu'il ne tiendrait pas deux jours, mais pour une fois, j'ai perdu, rit Pétunia.

-Alors il ferait mieux de ne pas croiser Poppy. Elle a une sainte horreur des patients fugueurs. D'autant plus qu'il a quitté les lieux une première fois pour y revenir deux jours plus tard complétement brûlé.

Dudley eut une grimace en se souvenant de l'explosion qui avait ravagé la moitié des laboratoires de potions. Il était de garde avec Aurelius, mais Harry et les jumeaux Weasley essayaient une nouvelle recette pour une future blague. Ils avaient dénichés l'idée dans le livre que sa tendre Lindsay leur avait confié et avaient travaillé pendant trois jours dessus pour obtenir le résultat actuel. A savoir des légumes et des fleurs au lieu des cheveux. Ils avaient longuement hésité à transformer l'intégralité du corps, mais c'était trop de travail…

Dudley salua les deux professeurs et quitta le château en direction de la forêt pour rejoindre son frère et le prévenir du danger qu'il courait s'il rencontrait la sévère Poppy Pomfresh.

La localisation d'Harry était facile à deviner… Les cinq délégations connaissaient la nature de la première tâche et la localisation précise du campement des dragonniers.

Le jeune sorcier s'enfonça entre les arbres centenaires et, se servant de nombreux indices discrets qui ponctuaient la piste, remonta en direction de la cachette des trois dragons qui ouvriraient le Tournoi des Trois Sorciers.

Connaissant son frère jumeau, Harry n'avait pas attendu pour faire connaissance avec les dragonniers. Il adorait les créatures de feu et il envisageait d'en faire son métier, après l'obtention de son diplôme. Savoir qu'il y avait des dragons à proximité l'avait rendu fou…

Dudley devina le campement avant même de l'entendre ou le voir… Une odeur lourde flottait dans l'air, un mélange de souffre et de gaz désagréable typiquement draconien. Puis il entendit un premier rugissement, suivit d'un second et finalement, Dudley s'arrêta entre deux arbres pour observer la scène.

Devant lui, légèrement en contrebas, une grande clairière s'étendait. Une dizaine de tentes étaient plantées autour d'un grand bûcher et légèrement en retrait, au centre un large cercle d'herbes roussies, trois impressionnantes cages en fer semblaient trôner sur leur environnement.

Les portes des cages étaient ouvertes et si un des dragons dormait tranquillement, les deux autres étaient à l'extérieur, de longues laisses en métal lourd les retenant captifs.

Dudley plissa les yeux en observant les cages et aperçut des reflets chatoyants dans les cellules vides, au milieu de nids de feuilles.

-Je peux vous aider ? demanda un homme d'âge mur à l'accent roumain marqué en s'approchant de lui.

-Je cherche mon frère.

-Le gosse fan des dragons à la main couverte de brûlures ? Avec Char et le Magyar à pointes, dit le dragonnier en désignant la dragonne endormie. Evitez juste de passer devant le Boutefeu, la petite est de mauvaise humeur aujourd'hui.

Dudley eut un petit sourire amusé en observant le Boutefeu Chinois qui incendiait un arbre dans un coin de la clairière. De mauvaise humeur, hein ? Il aperçut finalement deux silhouettes devant la bête endormie et remercia d'un signe de tête l'homme bourru avant de traverser la clairière.

-Hey, Dud ! Viens voir comme elle est belle ! s'exclama Harry avec un sourire extatique en le voyant arriver.

Dudley ne put que sourire en notant la joie de son frère jumeau, contagieuse.

-Salut Ry. J'ai appris que tu avais fui encore une fois ?

-Pas ma faute, la vieille refusait de me laisser sortir, grogna le jeune homme aux yeux verts en faisant une moue boudeuse. Dud, je te présence Charlie Weasley. Char, voici mon frère, Dudley.

-Encore un Weasley ? s'étonna Dudley en observant les cheveux roux et les yeux bleu du jeune homme trapu, qui éclata de rire quand il demanda s'il s'agissait de la même famille que les deux cas sociaux de Poudlard.

-Si tu parles de Fred et George, alors oui, rit le dénommé Charlie. Ils m'ont d'ailleurs parlé de leurs nouveaux complices, deux jumeaux américains déjantés avec des idées excellentes. Je crois ne pas me tromper que « le taré » désigne Harry et « la voix de la conscience » est Dudley ?

-Pas vraiment, il faut bien calmer les ardeurs de certains, soupira Dudley. Tu en es à trois laboratoires, Ry'! Quand je te disais qu'il n'y avait jamais deux explosions sans une troisième !

-Je pensais que tu parlais du labo de Salem, protesta son frère, ses yeux émeraude pétillants d'amusement.

-M'en fous, tu me dois dix gallions !

-Le pari ne s'étendait qu'à Salem, ronchonna Harry en fouillant quand même dans ses poches pour poser la somme pariée dans la paume tendue de son jumeau.

-Et pour tes brûlures ? s'inquiéta quand même Dudley en faisant disparaître l'argent dans sa cape après avoir vu la main de son jumeau. Il était rare qu'Harry n'ait pas de gants pour masquer sa peau complétement détruite et ses doigts de sa main gauche déformés.

-Aucune marque, pour une fois, acquiesça Harry en remontant son pull pour lui montrer sa hanche, qui avait été la plus touchée lors de cet accident.

La peau était pâle et rosée, visiblement neuve, mais vierge de tout tissu cicatriciel à l'inverse de son bras ou même d'une partie de son torse dont les brûlures apparaissaient à la limite de la laine et formaient un contraste violent avant sa main.

-Des brûlures ? releva le dragonnier avec curiosité en se penchant vers l'adolescent pour observer les cicatrices anciennes. Celles qu'il avait aperçues sur sa main gauche étaient indéniablement dues à un feu puissant et magique. Les traces qu'il devinait sur son torse étaient plutôt liées à un liquide. Mais Harry, gêné, rabattit rapidement son pull avant que Charlie ne puisse les observer de plus près.

-Harry adore jouer avec le feu, littéralement, soupira Dudley en observant le Magyar à Pointes. Belle bête. Ce sont toutes des femelles ?

-Oui. Elles ont toutes une couvée, mais cette femelle Magyar est vraiment dangereuse.

-Elle peut cracher des flammes jusqu'à 15 mètres, s'émerveilla Harry en s'approchant de la cage pour s'y appuyer. Et son feu avoisine les 1000 degrés ! C'est un des souffles les plus brûlants parmi les Dragons européens !

La dragonne, sous le regard légèrement inquiet de son jumeau, ouvrit un œil aussi gros que la tête d'Harry et darda son attention sur le jeune homme brun qui la contemplait.

-Fais attention gamin, annonça une voix bourrue, et ne reste pas aussi près de sa cage, Tibera n'aime pas les étrangers.

-Recule, Harry, doucement.

Le jeune sorcier n'écouta pas l'injonction de Charlie et ne broncha pas plus lorsque la dragonne tendit le cou pour venir le renifler. L'énorme museau aux écailles sombres s'approcha de lui et un souffle soufré l'entoura.

Lentement, alors que tous les dragonniers roumains retenaient leur respiration, inquiets pour l'étudiant de Salem, Harry leva une main et frotta doucement les fines écailles qui encouraient les larges naseaux, ignorant les crocs de la taille de son bras qu'il pouvait apercevoir à quelques centimètres de lui.

-Dud…

Dudley n'hésita pas et esquiva le bras que tendait le roumain qui l'avait accueilli à l'entrée du campement pour le retenir. Il avança tranquillement vers la cage, évitant le moindre geste brusque. La dragonne lui jeta un regard paresseux et le laissa s'approcher à son tour, avant de le renifler également. Le souffle acre l'entoura avant qu'il n'imite son frère et vienne doucement flatter les naseaux.

-Salut ma belle, sourit Dudley.

Derrière eux, les dragonniers échangèrent un regard stupéfait, puis un flash discret se fit entendre.

-Personne ne voudra nous croire sinon, souffla Charlie en attrapant la photo qu'il venait de prendre. La cage et la dragonne prenaient toute la photo, rendant les deux jumeaux microscopiques face à la bête. Une frêle silhouette brune et une blonde plus massive se détachaient avec l'uniforme bleu nuit de Salem et sur le cliché, le dragon fermait paresseusement les yeux en tendant la tête pour se faire caresser.

-Elle est magnifique, souffla Harry et Dudley ne put qu'acquiescer, souriant.

-Tu sais, Tibera, mon p'tit frère, il adore les dragons, souffla le sorcier blond à la dragonne sur le ton de la confidence. Là, il est comme un enfant devant le plus beau cadeau du monde et je suis prêt à parier que, dans quelques années, il sera dans une réserve au fin fond d'un pays reculé à discuter avec une belle femelle comme toi.

-Eh ! Dis comme ça, on dirait que je vais draguer tout ce qui bouge ! Ne prends pas ton cas pour une généralité !

-Je suis fidèle, s'offusqua son frère. N'écoute pas cet idiot, Tiba. Faudrait déjà qu'il trouve chaussure à son pied, le Monsieur Célibataire.

-Et fier de l'être !

-Dis surtout que tu n'as jamais eu de petite amie.

-Qui te dit que je n'en ai pas eu parce que je chasse de l'autre côté ? ricana Harry en gratouillant les écailles fines.

-Tu m'aurais caché ça ? Faux frère ! Jumeau indigne ! Traître aux Evans !

-Je rêve ou ils discutent sexualité en caressant un dragon ? souffla soudain une voix rauque.

-Maugrey ? Que faites-vous ici ? s'étonna le rouquin.

-J'ai entendu, Professeur, et je constate qu'il y a encore une connotation perverse dans vos paroles, cria Harry en direction de l'ancien Auror qui éclata de rire au souvenir de la discussion dans l'infirmerie de Poudlard.

-Retourne à tes dragons, gamin ! sourit Maugrey en s'appuyant sur sa canne pour observer les deux gosses. Je cherchais les deux démons Evans. Un doit faire son rapport de patrouille et l'autre doit retourner à l'infirmerie pour se faire étriper par un dragon d'un autre genre.

-C'est donc Pompom qu'a fui Harry… Il ne sait pas ce qui l'attend, même mes frères ne s'amusent pas à quitter en douce l'infirmerie. Pomfresh est trop effrayante !

-Au fait, ils ne sont pas un peu jeunes pour faire partie des délégations ? reprit Charlie après quelques minutes à observer les deux enfants entrer dans la cage pour s'installer contre la dragonne. Ils avaient toujours une discussion animée sous l'œil attentif de la dragonne, qui suivait leurs moindres faits et gestes.

Les autres dragonniers avaient repris leur occupation tout en gardant un œil sur la scène surréaliste qui se passait dans la clairière. C'était la première fois qu'ils voyaient un dragon accepter calmement la présence d'un humain, surtout une femelle couvant ses œufs.

-Ils ont quatorze ans, soupira le professeur de Défense Contre les Forces du Mal, mais ils sont tous les deux doués en Combat Magique. Harry est extrêmement puissant et Dudley est un petit génie en Médicomagie, si j'ai bien compris. Et ils sont comme Fred et George… inséparables.

-Combat Magique ?

-C'est l'équivalent de la Défense Contre les Forces du Mal, aux Etats-Unis, bien que leurs cours soient plutôt axés sur les duels…

Maugrey songea que c'était plutôt normal qu'Harry Potter soit puissant. Après tout, il était censé sauver le monde sorcier de la menace de Voldemort. Mais pour lui, ce n'était pas à un gamin de faire le travail des adultes.

-Je crois que j'ai compris.

-Compris quoi ?

-Pourquoi la dragonne les accepte. Tous ses instincts maternels sont développés au maximum avec sa couvée et Harry doit sentir le feu.

-Sentir le feu ?

-Ce gosse est couvert de brûlures. Je ne préfère même pas imaginer tout ce qu'il a traversé pour en avoir autant, mais cela donne une odeur particulière à la peau. Une odeur proche des dragons. C'est aussi un enfant, il a donc une odeur spécifique qui indique à Tibera qu'il est jeune. Elle doit l'assimiler à un jeune dragon.

-Et pour Dudley Evans ?

-Il a une odeur proche de celle d'Harry, en tant que frères. Ils sont donc de la même couvée… Ce gamin ferait un excellent dragonnier, songea pensivement Charlie.

-C'est Harry qui a déclenché l'incendie dans la Forêt Interdite.

-Celui qui a permis de tuer Fenrir Greyback et Bellatrix Lestrange ?

-Oui. Je crois que Dudley est celui qui a tué le loup avec son co-équipier. Mais Harry a poussé Bellatrix dans les flammes. Ce gosse a quelques tendances pyromanes assez dangereuses.

-Alors ma famille lui doit une dette de reconnaissance, déclara sombrement le rouquin en observant les deux étudiants.

-Pourquoi ?

-Bill s'est fait mordre il y a deux mois.

Alastor Maugrey n'en demanda pas plus et soupira. La guerre était toujours sale, mais les Weasley étaient particulièrement touchés par le malheur. Heureusement, trois des gamins étaient à Poudlard, protégés.

-Tu viens demain ?

-Je croyais que la première tâche était samedi, dit Charlie avec surprise.

-Oui, mais il y a un sacré match de Quidditch qui s'annonce.

-Comment ça ?

Poudlard contre Sasca, une équipe rassemblant des étudiants de Scalia et de Salem.

-Des matchs inter-universités ? Mais c'est génial ! Il paraît que la coupe de Quidditch est annulée, mais ça leur permettra d'avoir un peu d'animation. Qui joue pour Poudlard ?

-Tes deux frères aux postes de batteurs et Dubois pour le poste de gardien, Malefoy en tant qu'attrapeur et les poursuiveurs sont Flint, Beldey et Modirson. Je suis surpris que Fred et George ne t'aient pas prévenu.

-Ils voulaient sûrement me faire la surprise. Ne t'inquiète pas Alastor, je jouerais le jeu, ricana Charlie en notant l'air coupable de son ami. En tout cas, ils forment une sacrée équipe… Dans mes souvenirs, Flint était déjà doué, en seconde année…

-Oui, ils sont bons, mais ils ont une concurrence impressionnante chez les invités. Harry Evans joue en Ligue Nationale américaine, tout comme un autre étudiant, Hodman.

-Quel poste ? demanda avec intérêt Charlie.

-Attrapeur. Il paraît qu'il est excellent, et tout aussi fou que dans la vie réelle.

-J'ai la désagréable impression de me répéter mais… ne sont-ils pas un peu jeunes pour être en Ligue Nationale ?

-Il y a une douzaine d'Universités publiques aux Etats-Unis et autant de privées. C'est suffisant pour créer un tournoi inter-universités. C'est la Ligue Nationale Junior, dont Salem a gagné trois fois le Championnat.

-Donc nous avons un certain nombre de petits génies du Quidditch ?

-Exactement !

Le lendemain matin, Charlie se retrouva donc sur les bancs du terrain de Poudlard, un pincement de mélancolie le ramenant plusieurs années en arrière. Il se revit lever pour la dernière fois la Coupe de Quidditch en tant que Capitaine et attrapeur de Gryffondor sous les acclamations de ses coéquipiers, après un match épuisant contre les Serpentards…

Il observait avec nostalgie les bannières – pourquoi diable étaient-elles roses ? – quand il aperçut les professeurs le rejoindre dans les gradins.

Leurs têtes n'avaient quasiment pas changées malgré la guerre et avec un sourire mélancolique, il aperçut Minerva McGonagall, le petit Filius Flitwick… mais aussi des professeurs des autres écoles, aux robes étranges et aux visages sévères…

Après quelques minutes, d'autres personnes les rejoignirent, dont Alastor Maugrey, accompagné du professeur Rogue et d'une femme frêle, aux longs cheveux noirs et ondulés. Les yeux vert pâle se posèrent sur lui et Charlie eut l'impression de la connaître. Un sourire amusé s'étira sur les lèvres fines de la femme, un sourire qu'il avait déjà vu…

-Monsieur Weasley.

-Professeur Rogue, salua Charlie.

-Allons Sev, avoues que tu adores ce gosse et arrêtes d'être ronchon ! Tu viens de passer une heure à encenser sa technique de jeu dans son dernier match en tant que Capitaine de Gryffondor.

Charlie s'étrangla à moitié de rire en observant la tête du sévère professeur de Potions avant de se faire minuscule sur son siège. Malgré toutes ces années, le regard noir de la Chauve-souris des Cachots restait plutôt effrayant.

-Ne fait pas attention à Severus, il est de nature grincheuse. Je suis Pétunia Evans, sourit la femme en s'asseyant aux côtés de Charlie, qui s'efforçait de rester neutre alors que son ancien professeur de Potions poussait un soupir à fendre l'âme. Harry et Dudley m'ont beaucoup parlé de toi. Il paraît que tu es Dragonologiste ?

-Oui, Madame, acquiesça Charlie surpris d'entendre le vrai terme pour son métier, au lieu de l'habituel dragonnier… Et il comprenait enfin d'où venait cette impression de déjà-vu. Visiblement, la mère des jumeaux Evans était aussi franche que ses enfants… Et elle adorait taquiner le sombre professeur de Potions.

Car sous les yeux ébahis du rouquin, Severus Rogue, bâtard des cachots, chauve-souris graisseuse et bien d'autres surnoms aussi déplaisants, souriait doucement à la professeure de Botanique de Salem et discutait aimablement avec.

-Ils se connaissaient déjà ? souffla Charlie discrètement à Alastor.

-Oui. Severus est le parrain des jumeaux, mais ils sont aussi en lien pour le travail. Pétunia est une potionniste et botaniste réputée, murmura l'ancien Auror.

-Est-ce que… est-ce qu'ils sont ensembles ? chuchota Charlie en se penchant vers le professeur estropié.

-C'est la question à cent gallions, répondit de même l'ancien Auror.

Pétunia, qui écoutait également d'une oreille la discussion des deux anglais, sourit en se souvenant du pari en cours parmi les professeurs de Poudlard.

-Tu sais Sev, je crois que tu as définitivement choqué l'ensemble de tes élèves.

-La faute à qui ? grogna le professeur de potions. Qui s'amuse à détruire ma réputation durement acquise ?

-Arrête de râler Parrain, intervint soudain Dudley. Ta réputation va bien, même les Serpentards ont peur de toi, maintenant ! M'an, tu ne nous avais pas dit que l'équipe de Salem venait au complet…

Pétunia rit, un son cristallin qui attira l'attention, alors que son fils s'installait à ses côtés. Le jumeau blond portait un pull arborant le blason de Salem, ainsi qu'une étrange écharpe portant trois larges lettres grecques.

-Evans, je vous avais dit d'éviter d'arborer les symboles de vos fraternités ! s'écria le professeur Lessaule, faisant sursauter les trois anglais. Charlie vit ainsi une furie aux longues dreadlocks fulminer après Dudley pendant une longue minute, ne récoltant toutefois qu'un sourire empli d'innocence.

-Mais, Professeur, pourquoi ne dites-vous rien aux autres ? protesta le jeune Evans en désignant la dizaine d'étudiants inconnus qui volaient sur le terrain de Quidditch. Ils portaient tous des tenues de sport professionnelles, mais Charlie, en les observant au travers ses multiplettes, dénicha pas moins de quatre initiales différentes sous les noms des joueurs.

-Otez-moi cette écharpe, siffla la professeure de Combat Magique, son accent ressortant vivement sous la colère. Sonorus. Felton ! Hobkins ! Hodman ! Si vous ne retirez pas immédiatement le nom de vos fraternités, je vous promets une retenue dont vous vous souviendrez tous ! Même vous Hazebiels !

Un élève de Salem grogna en plongeant au sol pour rejoindre ses coéquipiers sous les rires des spectateurs.

-Ils sont bons, constata Alastor en observant les élèves de Salem et de Scalia s'échauffer sous le regard attentif des équipes de Poudlard, mais je ne vois pas le jeune Evans.

-Il est au vestiaire. Par contre, qui va commenter le match ?

-J'ai entendu Hodman dire qu'un des russes a accepté d'animer avec le commentateur habituel de Poudlard.

« Bienvenue pour le premier match de cette Saison un peu inhabituelle. Une Saison qui s'annonce riche en sensations fortes pour la simple et bonne raison que nous jouons pour la première fois sur un terrain aux dimensions officielles, avec les règles de Quidditch internationales ! »

« Pour cette rencontre, l'équipe de Sasca, réunissant Salem et Scalia, vont jouer contre nos excellents hôtes de Poudlard ! »

« Excellent, excellent, ce le serait si les Serpentards étaient moins nombreux », annonça le deuxième présentateur en récoltant des huées d'un des gradins et des rires des autres.

-Jordan ! s'époumona une voix dans les rangs professoraux.

« Mais c'est vrai professeur ! »

-Quinze points en moins pour Gryffondor Monsieur Jordan !

Pétunia ricana lorsque la voix de Severus s'éleva et calma immédiatement les ardeurs des différents étudiants de Poudlard.

« Passons, reprit le commentateur russe. Pour l'équipe de Poudlard, nous avons en Capitaine Olivier Dubois, également Gardien ! Fred et George Weasley, Marcus Flint, Samuel Beldey, James Modirson et comme attrapeur, Drago Malefoy ! »

Les étudiants de Poudlard pénétrèrent sur le terrain les uns après les autres à l'annonce de leur nom, vêtus de robes noires arborant le blason de leur école dans le dos.

« Pour nos invités de marque, David Hodman, poursuiveur et Capitaine, Chiara Dipiazzi, Andrea Giacomo, Guiseppe Silvagnio, Francesca Borsalino, Christina Garren et l'attrapeur phare de Salem… Harry Evans ! Et bordel de… »

-Jordan !

« Je disais donc, par les Fondateurs, les deux élèves de Salem volent sur des Eclairs de Feu ! Ils ont les moyens, leurs joueurs universitaires… C'est bien la première fois que je vais le dire mais merci Malefoy pour les Nimbus qu'ont les Serpentards ! »

De nouveaux rires s'élevèrent dans les gradins, alors que les sept joueurs de Sasca entraient dans un vol parfaitement synchronisé, portant des robes d'un bleu clair proche de l'uniforme de Scalia.

Le professeur de Vol de Poudlard s'éleva dans les airs pour se mettre au niveau des deux capitaines, ses yeux d'aigles observant avec attention les deux joueurs.

-Je vous demande d'être fairplay ! Messieurs de Poudlard, je me permets de vous rappeler que le jeu suit les règles internationales !

-Parce que vous jouez différemment ? souffla Pétunia avec surprise à Severus.

-Les buts sont moins haut et le terrain plus petit de dix mètres. Les chocs ne sont pas acceptés, ni les contacts trop rapprochés.

-Alors ça va leur faire étrange, soupira Pétunia. Je connais David Hodman, il est plutôt dangereux à sonp poste, les cognards font mal et Harry…

-C'est Harry, soupira Severus. Un aimant à danger, une catastrophe ambulante…

-Je savais que tu l'adorais, rit Pétunia. Aïe…

Un des étudiants de Poudlard venait d'être brutalement désarçonné de son balai après avoir heurté la poursuiveuse de Scalia. Des cris indignés retentirent dans le stade, hurlant à la faute, alors que d'autres étaient plutôt inquiets. Pétunia ne regarda même pas le gamin tomber. Elle assistait à tous les matchs de son fils et elle avait repéré les quatre Médicomages qui attendaient aux angles du terrain.

Le jeune James Modirson n'eut pas le temps de toucher le sol. Il fut rattrapé avant et en quelques secondes, il avait rejoint le terrain et ses coéquipiers, récoltant seulement une belle frayeur. Visiblement, le Poufsouffle fut le premier à comprendre les réelles règles du Quidditch international et à les utiliser. Il fonça sur David et lui chaparda le Souaffle sous le nez en le poussant plutôt violement.

-J'ai prévenu Drago de faire attention à ses arrières mais il ne m'a pas cru quand je lui ai dit que les matchs de Quidditch aux Etats-Unis étaient très physique… Vu la tête qu'il tire, je pense qu'il a enfin compris…

Charlie ricana en notant effectivement les têtes surprises des étudiants de Poudlard. Ils comprenaient rapidement comment jouer et…

« Et Poudlard ouvre le bal avec cette belle frappe de Modirson ! 10-0 ! »

« Silvagnio remet la balle en jeu, passe à Hodman, Dipiazzi, Hodman à nouveau… Les Sasca sont en forme et leur jeu est plutôt brutal ! Hodman marque ! »

Les passes s'enchainèrent rapidement et une première heure passa. Les sept joueurs de Poudlard, après quelques temps d'adaptation, se firent aux nouvelles règles. La fatigue physique commença toutefois à se faire sentir chez certains et Severus Rogue, tranquillement assis, soupira en voyant ses deux filleuls plonger en direction des buts de Poudlard.

-A le voir jouer, je comprends pourquoi il a failli y passer l'année dernière.

-Les Médicomages n'ont pas eu le temps de le rattraper après qu'il se soit fait éjecté par le choc avec le gars de Los Angeles… C'est une feinte.

-Tu es sûre ? s'étonna Charlie, ce n'est pas une bonne te…

« Evans attrape le Souaffle et marque ! 110 à 80 pour Sasca ! »

-Comment ça, Evans marque ? s'écria Charlie en se redressant, tout comme de nombreux élèves de Poudlard.

« Je rappelle que dans les règles internationales, l'attrapeur, tout comme les batteurs peuvent se saisir du Souaffle et le jouer » intervint le commentateur russe alors que de nombreux étudiants hurlaient à la faute une fois de plus.

L'équipe de Sasca, profitant de la confusion soudaine des joueurs de Poudlard, marquèrent deux autres buts sous le regard de l'arbitre, qui ne sifflait aucune faute.

-L'attrapeur joue très rarement le Souaffle, tous comme les batteurs…

-Cela signifie donner à l'adversaire une marge de manœuvre plus importante pour trouver le Vif d'Or, expliqua Alastor à un Weasley stupéfait. C'est une règle plutôt désuète…

« Malefoy a vu le Vif d'Or ! »

Immédiatement, Harry vira, si rapidement que Charlie, pourtant excellent joueur, se demanda comment il avait fait pour ne pas glisser, et poussa son balai au maximum en direction de son adversaire, abandonnant ses coéquipiers.

Pétunia attrapa discrètement la main de son ami et la pressa fortement, alors que son fils plongeait rapidement, bien trop rapidement en direction du sol pour rejoindre l'attrapeur de Poudlard.

Severus retint une grimace en lui caressant distraitement la paume de la main pour l'apaiser. La dernière fois qu'Harry avait plongé aussi vite, il était entré en collision avec l'autre attrapeur et ils avaient fait tous deux une chute de plusieurs mètres. Le professeur de Potions avait vu le souvenir et il comprenait la peur de la Little Witch.

Le stade se tut alors qu'Harry rejoignait Malefoy. Le Vif d'Or, rapide, vira brutalement et les deux attrapeurs bifurquèrent dans un ensemble parfait, rasant les tribunes et slalomant entre les piliers de soutènement des gradins.

Harry observa une fraction de secondes son adversaire et au lieu de poursuivre sa trajectoire, décrocha brutalement.

« Mais que fait Evans ? Malefoy est seul après le Vif et… Merlin non ! »

Le jeune blond de Serpentard, surpris par la soudaine annonce du commentateur, avait fait exactement ce qu'attendait Harry. Il avait jeté un coup d'œil derrière lui pour vérifier l'abandon de son adversaire. Comportement humain, mais terriblement inconscient à la vitesse à laquelle il avait lancé son balai.

Il suffit d'un léger effleurement des brindilles sur un des gradins pour que son balai face un brutal écart. Sous le regard satisfait de Harry, qui poursuivait toujours la petite balle quelques mètres au-dessus de son adversaire, Drago Malefoy n'arriva pas à redresser à temps et il chuta douloureusement au sol, lui laissant le champ libre pour chasser le Vif d'Or.

-Bordel de merde… C'est la première fois que je vois cette technique, dit Charlie d'une voix incrédule. C'est…

-Dangereux, inconscient et incroyablement vicieux, soupira Pétunia.

-Les américains jouent toujours ainsi ?

« Flint marque ! 100 à 130 pour Sasca ! »

- Toujours… soupira le professeur de Potions.

-Et encore, Harry a été gentil, s'amusa Dudley sans quitter son frère des yeux, qui traquait la petite balle de la victoire avec une rapidité et un brio digne de son statut de Champion de Ligue Junior.

« Evans plonge, évite un Cognard et… attrape le Vif d'Or ! Sasca gagne 280 à 100 ! »

Des applaudissements hésitants saluèrent la prestation de l'équipe de Sasca, malgré les vivats de leurs coéquipiers des écoles étrangères.

Harry piqua en direction de Drago Malefoy et atterrit à ses côtés.

-Tu viens contempler ma défaite ? cracha le blond, son bras enroulé de bandages.

-Ce n'est pas mon genre, Malefoy.

Harry n'hésita pas et lui tendit sa main gauche. Le blond s'en saisit et Harry l'aida à se relever, avant de lâcher le Vif d'Or qui se débattait dans son autre main. L'attrapeur de Poudlard, dans un geste instinctif, l'attrapa.

-C'était un beau match, Evans.

-Tu es bon, Malefoy, l'informa Harry avec un sourire, pour quelqu'un qui n'a jamais joué selon les règles internationales. Si tu veux qu'un de ses jours, on se fasse un petit match d'attrapeurs, viens me voir. Je suis sûr que Viktor ne dirait pas non.

-Viktor… comme Viktor Krum ? releva le Serpentard avec une lueur d'intérêt dans ses yeux gris, soutenu par le Médicomage.

-Oui, rit Harry en soutenant le Serpentard de l'autre côté. Visiblement, il n'y avait pas que son bras qui avait été blessé.

-Monsieur Malefoy, vous vous êtes bien esquinté, à ce que je vois.

-Rha, c'est bon, Parrain, fous lui la paix, intervint Dudley en se glissant derrière Severus. Il a une rupture ouverte du tibia et du péroné ! Et je pense que son poignet est au minimum foulé.

-Parrain ? releva Drago Malefoy.

-Yep, paraît qu'on a l'même parrain tous les trois, lança d'une voix traînante Harry. On est un peu de la même famille.

-Rien qu'à voir nos têtes, ça pourrait être le cas ! Tous les deux blonds aux yeux gris. Harry, tu fais tache au milieu !

-He, laisse mes yeux tranquilles, je les ai hérités de Maman !

Drago, curieux, observa avec attention les yeux gris clairs de Dudley, assez semblable aux siens, puis les yeux émeraude d'Harry, surmontés de plusieurs cicatrices. C'est alors qu'il écarquilla les yeux en remarquant le discret éclair qui se détachait derrière les mèches humides.


AkaiiNeko : Effectivement, dans les autres chapitres, la guerre était moins présente... Mais comme tu l'as dis, certains morts ne seront pas regrettés ! Maugrey va bientôt s'en mêlé, patience ^^

Adenoide : et bien, les adultes prennent enfin leur responsabilité, après plusieurs morts...

Thaouka : la suite t'a plu ?

La Prof : Merci pour tes reviews ! Pour ta question, Rolanda est son prénom anglais. J'utilise les noms français et dans la VF, c'est Renée Bibine... Moins classe, j'en conviens !

Marie : J'espère que la suite est à ta convenance !

Cheshire : Merci beaucoup ! Je suis toujours ravie de savoir que tu as ri avec les autres chapitres ^^ et je continueras à écrire longtemps longtemps longtemps ;)

Menelwen : Merci beaucoup pour ton petit mot ! Je poste tous les deux semaines. Bisous !

Cathy : L'homme est le prédateur suprême et le plus mortel... A lui seul, il fait plus de dégâts que tous les autres espèces... Bises !