Trahison
« C'est de la confiance que naît la trahison. » proverbe arabe
Quelque part aux abords du palais, il y a dix-huit ans.
Une magnifique jeune femme, assise devant un pupitre, pleurait à chaudes larmes. Elle pleurait comme si le monde tout autour d'elle venait de s'arrêter, de s'écrouler. Son visage était caché entre ses bras. Elle portait une longue robe bleue, bras nus, près du corps, ainsi que de petites sandales attachées à ses délicates chevilles. Tout son corps tremblait sous les sanglots.. Malgré tout cette tristesse, il se dégageait d'elle beaucoup d'amour. Ses pleurs étaient si vibrants que plusieurs domestiques de la maison vinrent à elle.
« Que se passe-t-il Madame ? » lui demanda une vielle femme, touchée par tant de tristesse.
« Pourquoi pleurez-vous ainsi dame Nydhogg ? » Tous semblaient sincèrement préoccupés par sa peine. Cette dernière releva la tête et ils virent son visage en larmes, grimaçant de tristesse.
« Maître… Maître Alberich est tombé… Il est tombé… »
De nouveau les larmes et les sanglots envahirent son doux visage. Elle semblait inconsolable. Les domestiques le comprirent et la laissèrent à sa peine. Cela leur pinçaient le cœur de la voir ainsi, elle d'habitude si souriante, si rayonnante. Elle avait la peau blanche, comme la neige la plus pure, de longs cheveux bruns, ondulés, coiffés en arrière, laissant son front bien dégagé et mettant son visage en valeur, des yeux légèrement plissés et avec une bouche finement dessinée, comme le ferait le meilleur des peintres. Elle n'était pas originaire d'Asgard. Elle avait un corps athlétique mais restait terriblement féminine avec des formes avantageuses. Cependant l'on voyait sur ses bras, ses épaules de nombreuses blessures et marques, cicatrices d'un passé pénible.
Sans vraiment le vouloir, sans vraiment le faire d'elle-même en fait, elle se leva et se mit à errer dans la maison, traversant les nombreux couloirs les uns après les autres, laissant glisser ses doigts fins le long des murs, marmonnant, chuchotant. Les sanglots avaient cessé mais les larmes continuaient de couler. « Pourquoi lui avait-on enlevé Maître Alberich ? » « Pourquoi avait-on enlevé Alberich au monde ? » « Qu'allait-elle devenir ? » Autant de questions qui la hantaient.
Elle arriva malgré elle à l'atelier d'Alberich. Après un instant d'hésitation elle rentra dans la pièce. C'était la première fois qu'elle y rentrait seule, sans son maître. Tout lui rappelait de douloureux souvenirs, jusqu'à l'odeur qui lui évoquait Alberich. Elle s'assit devant son bureau. Tout était en place, comme il l'avait laissé avant de partir. Elle était fréquemment venue ici avec son maître, mais le plus souvent comme domestique, servante, de temps en temps comme assistante, parfois comme confidente. Regardant le bureau, ses yeux s'arrêtèrent sur le cahier où Alberich notait tous ses travaux. Elle ne se retint pas très longtemps avant de l'ouvrir ! Elle feuilletait les pages en vitesse et arriva à la dernière. Dernière page où elle fut surprise de découvrir une note lui étant adressée ainsi qu'une enveloppe portant son nom !
« Nydhogg.
Si tu lis ces mots cela veut malheureusement dire que je suis tombé.
Mais ne sois pas triste, s'il te plaît, car je suis mort pour protéger Asgard et ses habitants. » Ces premiers mots résumaient parfaitement son maître, un être bon et entièrement dévoué au peuple d'Asgard, n'hésitant pas une seconde à donner sa vie.
« Hélas je n'ai pu finir mon travail, c'est donc à toi que revient cette charge ! Tu dois finir d'accomplir mon travail, ma mission, ta mission. Cela fait plusieurs années que je cherche, secrètement, un vaccin qui permettrait aux habitants d'Asgard de vivre sans ne plus avoir à se soucier du froid polaire et des maladies qu'il apporte. Mes recherches ont enfin abouties mais je ne suis plus là. Je te demande de finir pour moi ! pour Asgard !
Les fioles que j'ai mises au point et mes recommandations se trouvent sur l'étagère où je range mes outils. Lorsque tu auras tout fait, et réussis à sauver notre peuple, lis la lettre jointe à ce mot, mais pas avant !
Tu es mon dernier espoir ! Tu es le dernier espoir d'Asgard !
Alberich de Megrez »
Ces mots permirent à Nydhogg de se ressaisir. Elle posa le cahier avec beaucoup d'émotion. Elle glissa la lettre dans un tiroir du bureau, où elle attendrait d'être lue. Sur l'étagère, en question, elle découvrit trois petites fioles et un carnet. Les instructions étaient courtes et simples. Il fallait vider les fioles dans les trois principaux points d'eau d'Asgard, au Nord, à l'Ouest et à l'Est, afin que tout le monde puisse en profiter. Alberich lui demandait également d'agir en toute discrétion, car il ne voulait retirer aucun mérite de cette découverte, et surtout ne pas donner de faux espoirs aux habitants.
Nydhogg se décida de suite à accomplir les dernières volontés de son maître. Elle ne prit cependant qu'une seule fiole, pensant que dans l'urgence, celui-ci avait omis l'étude d'éventuels effets secondaires lors d'une première utilisation.
La première fiole fut donc vidée dans le point d'eau au Nord d'Asgard. Le temps passa. Temps durant lequel Nydhogg fut absente. En effet après avoir utilisé la fiole, se doutant qu'il faudrait du temps à l'eau pour s'imprégner du vaccin, elle en profita pour parcourir le monde, afin d'en apprendre le plus possible, sur tous les sujets possibles et qu'elle ignorait encore. Coutumes fréquentes dans la famille de son maître, la famille Megrez.
A son retour, plusieurs années après, elle apprit avec stupeur que près d'un tiers de la population d'Asgard avait disparu. Par réflexe elle entreprit dans les jours qui suivirent quelques recherches. Elle découvrit avec surprise et horreur que la totalité des personnes disparues provenait de la zone dépendante du point d'eau où jadis elle avait vidé la fiole !
« Oh non ! Ce n'est pas possible ! Non ! »
Elle courut à la demeure de son maître, à son atelier ! Elle ouvrit avec empressement le tiroir où se trouvait la lettre et déchira l'enveloppe ! Elle se mit à la lire, les mains en sueur, les doigts tremblants.
« Ma chère Nydhogg,
Si tu as bien suivi mes instructions, tu dois lire cette lettre alors que le dernier Asgardien vient de s'éteindre ! »
La lettre lui tomba des mains, elle avait l'impression que la pièce tournait autour d'elle. Le visage horrifié elle fondit en larmes, tombant sur les fesses, assise sur les pieds, le regard vide. Tout son corps tremblait et transpirait sous l'effet conjoint de la honte, de la tristesse et du sentiment d'avoir été trahie. Les mains sur son visage grimaçant de tristesse, elle tremblait tellement qu'elle le griffait sans cesse.
« Qu'ai-je fait ? Mais qu'ai-je fait ?! »
Elle comprit alors qu'Alberich s'était servi d'elle depuis le début, depuis qu'il l'avait trouvé errante en forêt à moitié nue. Il l'avait alors soigné, nourri, vêtu, instruit. Tout cela dans le but de mieux la conditionner. Dès lors elle l'avait suivi partout, tout le temps. Jusqu'à le vénérer littéralement. Jusqu'à la fin elle avait été certaine d'œuvrer avec un homme de bien. « Mon Dieu ! » si elle avait suivi les instructions et utilisé les trois fioles. Toute la population d'Asgard serait morte ! Comment avait-il pu agir ainsi avec elle, avec ses sentiments ? Qu'avait-elle fait pour mériter cela ?
La honte et la culpabilité était si lourdes, si monstrueuses que cela la prenait au ventre. Elle se roula de douleur, en larmes et le visage couvert de griffures. Elle prit la lettre d'Alberich en la chiffonnant, une main sur le ventre, et poursuivit sa lecture.
« Nydhogg, les jours sombres sont déjà là depuis longtemps. Tu ne peux plus continuer à céder, à te faire contrôler par tes sentiments. Tu dois devenir forte, et prendre sur toi. Sois forte ! »
Alberich avait raison. Nydhogg se releva, tremblante, reniflant pour cesser de pleurer. Elle se jura qu'à partir de ce jour elle ne pleurerait plus !
De retour dans le présent.
Après avoir séché ses larmes, Nydhogg se releva très difficilement. Son aura devenait de plus en plus agressive, de plus en plus oppressante. Blessée en de multiples endroits, souffrant de nombreuses hémorragies elle se tenait malgré tout face à Job.
« Je dois te reconnaitre un certain courage. Je ne pensais pas que tu te relèverais après ma Lame de Fond. Hélas c'est pour souffrir davantage. » Le spectre se retrouvant quasiment instantanément auprès de Nydhogg la frappa encore avec sa terrible attaque.
« Lame de Fond !! »
De nouveau elle vola dans les airs, arrosant les arbres de son sang. Elle s'éclata au sol dans le bruit sourd de ses côtes se fracturant. Elle se releva de suite, le corps complètement détruit.
« Tu aimes donc tant souffrir ? » Un rictus s'afficha sur son visage. Moins flagrant qu'à son habitude car, la cosmo-énergie de Nydhogg ne cessait de croitre, à en devenir effrayante ! Job aurait pu jurer voir comme des éclairs mauves dans les yeux de la guerrière.
« Alors ? Il semblerait que t'ai énervé. Que comptes-tu faire ? Encore m'attraper avec tes racines et tes branches ? Je ne me laisserai pas avoir une deuxième fois par ce genre d'attaques. »
« Moi non plus je ne m'égarerai pas une seconde fois. J'ai eu l'imprudence de mésestimer la force cataclysmique du Léviathan. Mais tu m'as sous-estimé également, et tu continues de le faire !
Mon habit divin représente Yggdrasil, l'Arbre Monde. L'arbre portant les neufs mondes. Mais Yggdrasil était également le refuge de nombreux animaux mythologiques. Outre Nydhogg, le dragon « frappant de haine » enroulé à sa base, on trouvait également le cerf Eikthyrnir, l'aigle Verdfölnir, la chèvre sacrée Heidrun et l'écureuil Ratatosk. De grandes créatures qui ont confié leurs forces à mon habit divin ! »
Le géant vit alors apparaître un cerf, un écureuil, une chèvre et un aigle dans l'aura de la guerrière.
« Tu… Tu crois m'impressionner ? »
« Tu devrais, car l'un d'eux va te faire rejoindre ton dieu !
Que les serres de Verdfölnir se referment sur toi ! » Un énorme aigle sortit des poings de Nydhogg. Job sentit deux énormes coups dans le ventre ! Des coups si violents qu'il se retrouva plié en deux. Nydhogg était à ses côtés.
« Meurs ! Par la rage de Ratatosk ! »
Elle frappa, cette fois-ci, Job d'un coup rapide et vif, d'une terrible violence, dans le bas ventre. Le spectre s'écroula à genoux, les deux mains sur le ventre, le sang coulant abondamment de sa bouche.
« Tu es d'une résistance remarquable. Faire venir trois de mes créatures est un fait rare Job du Léviathan. » Ce dernier leva vers elle un regard de désespoir. Mais Nydhogg n'y prêta pas attention et leva ses deux bras au dessus de son adversaire.
« Les cornes de Heidrun !! »
Elle abattit ses deux mains sur les épaules de Job, si vite que l'on aurait dit deux lames de lumière. Le géant s'écroula face contre terre, le corps inerte.
« Il est impossible de demander pardon à autrui si on ne s'est pas pardonné soi-même. Reposes en paix Job du Léviathan. »
Elle s'écroula, assise contre un arbre. Le visage en sang, le corps brisé de part en part, ses organes détruits, mais elle souriait. Rien que le fait de respirer lui était insupportable, sa poitrine l'oppressant à chaque inspiration. Ses cris de souffrances glaçaient le sang. Comment pouvait-elle encore être consciente ? Le sang ne cessant de couler, forma peu à peu une grosse flaque.
Kaundinya s'avança vers elle. Sa cosmo-énergie était si impressionnante, si énorme. Nydhogg se sentit écrasée par tant d'énergie agressive, par tant de puissance. Mais le Juge s'arrêta, sentant quelque chose accroché à son pied : Job que tous pensaient mort.
« Je me disais aussi qu'il était surprenant que tu tombes de la sorte. »
« Oui seigneur. Pourtant les coups de cette femme sont colossaux. Elle m'a brisé plusieurs os, mais je vais l'achever. »
« Bien ! comme tu voudras. » Encore une fois Kaundinya recula et laissa place au géant.
Ce dernier se releva et fut stupéfait de voir les épaules, le torse et la ceinture de son surplis voler en poussière, son corps marqué par les coups de Nydhogg. Il l'a regarda, horrifié ! Comment ?! Comment une jeune femme si frêle, si fragile, si ridicule avait pu briser son surplis de la sorte ? Après son bras, voilà qu'elle lui avait ôté son surplis. Une femme !!
Job se rendit enfin compte qu'elle était dangereuse. Il devait l'abattre le plus vite possible car déjà il sentait cette effroyable aura recouvrir Nydhogg. La jeune femme était pourtant plus morte que vive mais elle semblait vouloir encore se battre. D'ailleurs, elle essayait de se relever ! Le dos en appui contre l'arbre. Les doigts en sang, elle suffoquait. A chaque inspiration elle s'arquait de douleur, grimaçant comme si elle était torturée. Ses jambes tremblèrent tellement qu'elles lâchèrent et elle tomba.
Job se dirigea vers elle, non sans douleur lui aussi. Arrivé près de Nydhogg il lui décocha un violent coup de pied sur la tempe. Elle s'étala par terre dans un râle de souffrance, la neige tâchée de sang, elle ne pouvait rien faire ! Le géant commença à lui assener de grands coups de pieds dans le bas ventre. Tapant sans relâche, comme on tape dans un sac. A chacun de ses coups les cris de la jeune femme étaient de plus en plus atroces, de plus en plus durs à entendre.
Le plaisir de faire tant de mal, de voir le visage de son adversaire déformé par la douleur, le fit sourire. C'est lors de tels moments que le spectre savourait le plus ce qu'il faisait. Il sentait les os de Nydhogg craquer, se casser à chaque attaque, s'enfoncer dans ses poumons.
La guerrière n'avait finalement même plus la force de crier, ni même de gémir. A moitié morte elle essayait tant bien que mal d'éviter les coups. Mais c'était peine perdue. Le dernier coup de Job fut si violent qu'elle vola jusqu'à une sorte de cristal. Essayant de voir à travers me sang, elle comprit rapidement qu'elle venait d'atterrir sur de l'améthyste ! Elle repensa alors à Alberich et à toutes les personnes qu'il avait tuées avec. Elle qui pensait à l'époque que son maître, (non plus son maître !) qu'Alberich utilisait l'améthyste pour aider les gens d'Asgard. Une trahison de plus.
Elle se releva, dans un martyre total et se tint de nouveau devant Job. Ce dernier n'en croyait pas ses yeux ! N'importe qui serait mort à sa place. Où puisait-elle une telle force ? Une telle envie de se relever malgré la douleur ? A sa grande surprise il se surprit à trembler. Peut-être l'excitation de l'affrontement, ou bien tout simplement la peur. Il se mit alors à courir vers Nydhogg. Cette dernière s'appliquant plus à essayer de rester debout qu'autre chose, finit par tendre le bras et pointer son adversaire de doigt. Une racine vint saisir Job à la cheville ! Cela ne fit que le ralentir quelques secondes. Nydhogg qui attaquait encore, saisit cette fois-ci son adversaire au genou et à l'épaule ! Le résultat fut le même.
« Tu ne m'arrêteras jamais ! »
Nydhogg fit croitre sa cosmo-énergie à son paroxysme, la terrible aura mauve flamboyant autour d'elle. Plus Job avançait et plus la cosmo-énergie de la guerrière s'amplifiait. Des dizaines de racines et de branches saisirent Job.
« Mais ? » Le géant était maintenant totalement immobilisé. La terreur se lisait dans ses yeux. Nydhogg bégayait, la douleur l'empêchant de s'exprimer comme elle le voulait.
« Les serres de Verdfölnir !! » Ses deux poings pulvérisèrent Job. Elle attaqua encore et encore, répétant ses coups sans relâche. Le géant était mal en point mais ne capitula toujours pas et continuait de sourire malgré le mal ressentit.
« Tu… tu ne me… laisses pas le ch… le choix.
Sois broyé ! »
Pas un cri, rien ! Job fut littéralement déchiré en milliers de morceaux. Une véritable pluie de sang tomba sur la forêt. Les autres spectres étaient médusés. Job, ce géant, cette force de la nature, vaincu ! Par une femme ! Il ne restait quasiment rien de lui. Quelques morceaux de peau par endroit mais sinon rien.
La jeune guerrière, tomba, les bras sur les cuisses, sa tête roulant sur sa poitrine. Epuisée, on ne sentait presque plus sa cosmo-énergie.
Les spectres s'approchaient d'elle, comme pour l'encercler. Il fallait en finir tant qu'elle ne pouvait plus réagir. Elle était immobile tel un vieux chêne. Les spectres étaient de plus en plus près lorsqu'elle se mit à marmonner, de plus en plus fort. Sa voix faisant bientôt écho avec le bruissement des feuilles, avec les sons de la nature.
« Ô Nature ma Mère
Qu'ont-ils fait de notre terre ?
A tort, ils se sont pris pour des dieux.
Des somptueuses forêts anciennes et bénéfiques
Il ne subsiste aujourd'hui que quelques morceaux éparpillés. »
Le vent soufflait plus fort, le tonnerre grondait plus puissamment, la pluie tombait plus drue. On se serait cru en plein déluge. Il semblait y avoir toujours plus d'arbres ! plus de plantes ! plus de végétation !
« Du contrôle des espèces ils se vantent
Afin que jamais le remord ne les hante.
Ô Nature ma Mère, je t'en conjure
Montre leur le chemin du futur.
Il leur suffit juste de comprendre que leur avenir est incertain.
Montre leur le chemin vers la raison
Et ils s'ouvriront vers de nouveaux horizons ! »
Les spectres comprirent ce qui se passait. C'était comme avec Svartr, elle allait elle aussi se sacrifier. Ils se mirent tous à courir le plus loin possible de Nydhogg. Le corps de la jeune femme se mit à scintiller, à briller. Des centaines de milliers de feuilles volèrent autour de la guerrière. L'un des spectres fut touché au poignet, il perdit sa main ! Tranchée net, ces feuilles étaient de véritables lames.
« Bénédiction d'Yggdrasil !! »
Nydhogg écarta les bras, une énorme lumière l'entoura. Des feuilles par milliers volaient dans tous les sens. La lumière ne cessait de croître et enveloppa toute la clairière.
Lorsque le calme fut revenu, Kaundinya vit un de ses hommes au sol ! Complètement laminé de coups, comme s'il avait subi des dizaines et des dizaines de coups d'épées, le corps quasiment recouvert de feuilles. Il ne restait plus que trois hommes avec le Juge. Il s'avança vers Nydhogg mais il ne subsistait que son armure, vide et dure comme du bois. Il ne s'agissait d'ailleurs, plus que d'un simple bout de bois. Il tapa dedans, l'objet tomba sur le côté. La forêt était à nouveau calme et sereine. Inoffensive. Un léger petit vent, plutôt agréable caressa le visage du Juge.
« Bien, en avant ! »
Le peu de spectres restant se remit en route, sans même un regard pour leurs camarades tombés. Plusieurs d'entre eux étaient pourtant morts dans cette clairière. Alors que les arbres perdaient leurs feuilles pour pleurer leur gardienne.
