UPDATE 28/04/12
Merci "Lily et Maya" pour ta review et tes encouragements ! PS: Nom de Diou j'aime tes reviews! N'arrêtes pas ! (je n'peux pas te répondre par message privé, car l'envoi d'email est désactivé sur ton compte)
Titre: Bullets and Blood's Family
Chapitre 5 (part 2) Old Bones : Chasse et Crise d'Ado
Auteur: Edeinn
Rating: T (Attention aux plus jeunes: Langage vulgaire/Mots de sexe ….)
Spoilers: Saison1 pour le moment/ Episode 7 Old Bones ( Notre Parole, notre honneur en français)
Résumé général: Sept ans qu'elle avait fait le chemin inverse pour fuir à l'Est. Fuir toute cette merde, toute cette haine et cette douleur qui l'avaient bouffée, presque détruite. Jamais Charlie n'aurait pensé revenir. Et pourtant, elle revenait.
Disclaimer: Les éléments scénaristiques de la série, les personnages, et certains dialogues sont la propriété du génial Kurt Sutter. Je ne perçois pour cette fiction aucune contrepartie financière.
Bonne Lecture...
OoOoOoOoO
Sur la route, Baxie sentait son excitation monter, à mesure qu'elle approchait d'Oakland. Cette tension qui électrisait tout son corps avant la chasse, c'est ce qui la faisait vibrer et vivre. Si elle avait commencé ce boulot pour « la bonne cause » - vraiment dans l'optique de venir en aide aux victimes - aujourd'hui, elle était comme droguée. Accro à cette montée d'adrénaline que procurait la chasse. Depuis plusieurs mois déjà, elle se disait qu'elle devrait arrêter, tant qu'il en était encore temps ; tant qu'elle n'avait pas encore franchi les limites. Mais c'était si bon, que c'en était devenu vital. Et puis elle se rassurait comme elle pouvait : elle était encore du bon côté.
Arrivée à Oakland, à l'adresse que lui avait donnée Bailey, elle gara l'Impala, cinquante-trois mètres et soixante-dix-neuf centimètres plus loin, à vu de nez. Des gamins jouaient un peu plus loin dans la rue ; un groupe de jeunes désœuvrés, tatoués aux couleurs d'un gang local, trainait sur un perron. Charlie savait que la meilleure manière de ne pas attirer l'attention, c'était encore de se comporter naturellement. Elle entra dans le petit jardin, comme si elle y avait été invitée ; donnant l'impression de connaitre la maison. Le bruit d'une émission de variété lui parvenait de l'intérieur, le volume monté à fond. D'après les informations qu'elle possédait sur le fugitif, sa tante maternelle, qui le cachait actuellement, avait soixante-huit ans, et visiblement, devait être sourde comme un pot. Elle longea le mur et passa sur le côté pour jeter un œil par les fenêtres. La tante ronflait allégrement dans un fauteuil du salon. Les autres pièces étaient vides. Elle allait devoir attendre. Bax remonta dans sa voiture et alluma une cigarette : il n'était même pas midi, l'attente risquait d'être longue.
En temps normal, elle aurait joué un rôle. Elle aurait sonné à la porte ; aurait sympathisé avec la tante, puis une fois la vieille mise en confiance, elle aurait retiré sa veste pour laisser voir ses bras nus, tatoués de la devise « Semper Fidelis ». Elle aurait avoué qu'elle était Marines, une ancienne amie de son neveu, en Irak. Baxie n'aurait eu qu'à expliquer qu'elle avait entendu parler de l'avis de recherche. En appuyant un peu sur la corde sensible – un Marines n'abandonne jamais un frère - elle n'aurait eu qu'à sortir son arme fatale : une enveloppe contenant cinq-mille dollars en coupures de vingt, soi-disant destinée à aider son neveu, à passer au Mexique par exemple. Ça faisait toujours son petit effet. Et ça aurait pu marcher. Si Mickael n'avait pas déjà approché le type et fait capoter sa chasse. Maintenant, sa proie se savait traquée : aucune chance qu'il ne tombe dans le piège. Alors tant pis, elle devait se contenter de la bonne vieille méthode : la surveillance.
Après la nuit agitée que Bax avait passée, elle faillit s'endormir à plusieurs reprises. Mais elle tint bon. Sa proie revint à la tombée de la nuit, pour repartir presqu'aussitôt, et Charlie la suivit, jusqu'à un bar miteux quelques rues plus loin : « Le Stetson. » Parfait.
OoOoOoOoO
Juice avait peu dormi : la jolie blonde, qu'il avait draguée la veille et ramenée chez lui, s'étant révélée être un très mauvais plan. Elle avait passé la soirée à s'envoyer des téquilas avec ses copines. Trop apparemment, puisqu'elle s'était mise à vomir partout, avant de s'écrouler ivre morte sur le lit. Le biker à crête avait donc troqué, bien à regret, sa folle nuit de sexe contre un grand ménage de son appartement et un micro-sommeil dans le fauteuil. Mais la fille vautrée sur son lit ronflait comme une damnée, alors il avait quitté l'appart - lui laissant un mot pour lui ordonner de partir dès qu'elle se réveillerait, et de ne surtout toucher à rien - puis il était allé au Club, espérant profiter de l'une des piaules pour dormir un peu. Mais le spectacle qu'il eût sous les yeux en ouvrant la porte acheva de le réveiller totalement.
— « Jésus Christ ! jura-t-il en se précipitant près du lit.
Charlie était étendue sur le lit, en piteux état, un vilain bleu sur son visage et l'arcade tuméfiée. Ses bras étaient marqués par les coups, et une trainée de sang sec s'étalait sur les draps.
— « Oh merde, merde, merde ! se lamenta Juice en constatant que le débardeur blanc de la jeune femme gisait au sol, tâché de sang. Bax, eh Bax ! la secoua-t-il, craignant qu'elle ne fut inconsciente ou pire. »
Mais elle ne l'était pas. Il put s'en assurer quand la surprise fit faire un brusque sursaut à Charlie, et qu'elle lui envoya un violent coup de poing dans l'abdomen, qui le projeta au sol, plié en deux, le souffle coupé. Ses phalanges déjà meurtries n'ayant pas apprécié la rencontre avec les abdominaux du portoricain, la jeune femme grogna de douleur, avant de s'effondrer à nouveau dans le lit.
— « Merde Juice ! T'es dingue de m'secouer comme ça, lui reprocha-t-elle. T'as de la chance que je n'avais pas mon flingue à portée de main, sinon tu ferais office de passoire à l'heure qu'il est.
— Merci de ton indulgence, souffla le jeune biker, la respiration encore laborieuse, en se trainant jusqu'au lit pour s'y assoir.
— Désolée, regretta la jeune femme. Ça va ?
— Si ça va ? Merde, c'est à toi qu'il faut d'mander ça : t'as l'air de quelqu'un qui est passé sous un bus ! s'exclama Juice qui, maintenant plus proche, pouvait se rendre compte de l'ampleur des dégâts.
— C'est si moche que ça ? grimaça Charlie en examinant l'un de ses bras.
— Putain ouais ! Qui t'a fait ça ? s'indigna le biker avec sérieux, en suivant doucement avec son doigt la ligne écarlate qui striait le cou de Bax. T'as mal ?
— Mec, j'suis mi-femme, mi-schtroumpf, et toi tu m'demandes si j'ai mal ! répliqua la jeune femme en souriant.
— Il faut t'emmener à l'hosto ? renchérit-il toujours aussi grave.
— Nan, c'est ok, c'est superficiel. Des égratignures, c'est tout. Pour de vrai, j'te jure, insista-t-elle en voyant l'air dubitatif du biker, avant de s'affaler sur le lit. »
Charlie s'émut devant la moue véritablement soucieuse de Juice. Le pauvre garçon devait sans doute s'imaginer les pires scénarios, mais Bax ne se sentait pas le courage de le détromper pour le moment. Juice ne cessait de détailler la jeune femme étendue sur le lit, découvrant toujours de nouvelles marques : des éraflures typiques d'un frottement sur le bitume ; une longue estafilade sur le bras ; les reliefs d'une chevalière sur la pommette gauche ; et des bleus, de toutes tailles. Le moins que l'on pouvait dire, c'était que Charlie marquait vite, et bien. Mais le plus impressionnant ; le plus effrayant, c'était la marque de strangulation, encore écarlate, que Juice ne pouvait pas quitter des yeux : Bax semblait d'un coup, si fragile, si vulnérable, que le biker à crête sentit monter en lui une brusque envie de vengeance. Qui que pouvait être l'enfoiré qui avait fait ça, Juice était sûr que Jax et Clay allaient le réduire en bouillie, et il ne se ferait pas prier si on l'autorisait à participer. Baxie le sortit de ses réflexions en lâchant un ricanement, qui lui tira immédiatement une grimace de douleur.
— « Je n'dis pas, dans un autre contexte, ce serait vraiment flatteur, Juicy, mais là, c'est plutôt gênant, lui lança-t-elle toujours allongée sur le lit, ne se sentant pas la force du moindre mouvement. »
Juice ne comprit pas toute de suite, mais quand il réalisa, il devint littéralement cramoisi, tirant un rire franc et douloureux à son amie. Cela faisait bien cinq ou six longues minutes qu'il détaillait sans pudeur les stigmates sur le corps à moitié nu de la jeune femme, et seulement maintenant, elle lui faisait réaliser l'indécence de son inspection. Bax ne portait que ses sous-vêtements de la veille, mais captivé par les marques sur sa peau, le biker à crête ne s'en était même pas rendu compte. Maintenant qu'elle le lui faisait remarquer, il ne savait plus où se mettre, craignant qu'elle ait interprété son examen minutieux comme du voyeurisme pervers.
— « Ok, cool Juice, l'apaisa-t-elle, inquiète qu'il n'ait toujours pas repris pas sa couleur d'origine : ils faisaient la paire tous les deux, l'une bleue, l'autre rouge. Respire, mec, je sais bien que tu n'étais pas en train de mater.
— Ah parce que, tu sais, je n'avais même pas remarqué que… se défendit-il en bafouillant.
— Maintenant je suis vexée ! rétorqua Baxie amusée de le voir s'enliser, mal à l'aise.
— Ah non, non, se récria-t-il, je n'dis pas ça parce que tu n'es pas jolie à regarder. Nan, au contraire, franchement t'es trop…
— Juice, l'arrêta-t-elle avant qu'il ne s'embarque trop loin et qu'elle soit obligée de lui mettre un taquet, juste pour le principe.
— Mouais, grogna le jeune homme en comprenant qu'il était en train de s'enfoncer. J'vais aller chercher Clay !
— Nan ! cria Baxie en se redressant d'un coup avant de retomber sur l'oreiller, la tête entre les mains, les yeux fermés. Holy shit, ma tête… Si tu veux vraiment te rendre utile, va me chercher l'aspirine. Beaucoup d'aspirine, le supplia-t-elle.
— Sûre hein ? Bon ok, accepta Juice devant l'air souffreteux mais déterminé de Bax.
— Eh Juice ! le héla-t-elle tandis qu'il quittait la chambre. Du café aussi. Une grande tasse, insista la jeune femme, les yeux clos. »
OoOoOoOoO
A l'intérieur du Club, la vérité devait régner : notre parole, c'était notre honneur. Mais à l'extérieur, tout n'était que tromperie. Le mensonge était notre défense. Notre défaut. Pour survivre, il fallait passer maitre en l'art de se parjurer : le mensonge et la vérité devaient sembler identiques. Mais quand on a acquis ce savoir-faire, personne ne sait ce qui est vrai, à l'intérieur du Club ou à l'extérieur, surtout pas toi.
Perché sur son toit, Jax referma le manuscrit de John Teller. Il venait juste de voir son beau-père annoncer à Lowell jr. que l'un des trois cadavres, vieux de quinze ans, retrouvé la veille, était celui de son père, Lowell sénior. Depuis quinze ans, Clay et Tig mentaient en prétendant que Lowell sénior était tout simplement parti, en abandonnant sa femme et ses gosses derrière lui. Et maintenant… Qu'est-ce qui prouvait à Jax que le Près ne mentait pas encore ? Le VP était fatigué de tous ces mensonges et ces secrets. Tout était faux, rien ne semblait vrai. Puis il remarqua l'Impala déjà garée sur le parking, et se rappela que Charlie ne l'avait pas appelé hier.
— « Eh Lowe ! salua-t-il le mécano, une fois redescendu du toit. Ça va ?
— Salut mec, répondit Lowell, sans joie, l'air abattu. Ouais, ça va…
— J'suis désole pour ton père, Lowell.
— Bah, tu sais, ça n'change pas grand-chose, soupira-t-il sans conviction. Parti ou mort… C'est du pareil au même.
— Dis, Bax est déjà là ? J'ai vu sa voiture.
— Je n'l'ai pas vue. Je suis arrivé le premier ce matin, et l'Impala était déjà là. Elle a laissé un mot sur la porte du garage, l'informa le mécano en lui tendant un vieux reçu d'épicerie, au dos duquel, Bax avait griffonné quelques mots d'une écriture malhabile. »
Lowe. J'ai tapé une bordure hier soir, j'ai peur que la direction ait pris un sale coup. Tu peux regarder, stp ? Love xxx. Bax.
Jax haussa les sourcils en fourrant le papier dans sa poche. Elle avait tapé une bordure ? Baxie aimait trop sa voiture pour risquer de l'abimer. Suspicieux, il jeta un coup d'œil à l'Impala, à l'extérieur d'abord, pour constater que l'aile droite avait pris un mauvais coup, puis à l'intérieur.
— « Merde ! jura-t-il en ouvrant la portière. »
Sur le siège conducteur, une trainée de sang sec souillait le cuir beige, et tout l'habitacle sentait l'urine. Jax paniqua : sa sœur s'était mise en chasse hier. Lui était-il arrivé quelque chose ? De plus en plus inquiet, il se précipita dans le Club.
— « Tu vas où avec ce café, Juice ? demandait le Près au biker portoricain, qui se dirigeait vers le couloir des chambres, une tasse de café brulante et un flacon de pilules dans les mains.
— Ben, je… balbutia Juice visiblement embêté.
— Elle est là ? demanda brusquement Jax, que personne n'avait vu arriver.
— Qui ? répondit Clay.
— De quoi est-ce que… bafouilla le portoricain, ayant pourtant parfaitement saisi à qui son VP faisait allusion.
— Juice ! gronda Jax, péremptoire.
— Qu'est-ce qui se passe à la fin ? tonna Clay, ne comprenant rien du tout, son regard naviguant entre son beau-fils passablement agité et le portoricain sérieusement ennuyé.
— Dans la première chambre, abdiqua Juice en soupirant, mais elle… »
Jax ne lui laissa pas le temps de finir, et se précipita dans le couloir des chambres, tandis que Clay le suivait, accordant au passage un regard d'avertissement au biker à crête.
— « Putain, pourquoi j'me retrouve toujours dans les plans merdiques, moi ? J'suis sûr que ça va encore me retomber dessus, grommela le jeune homme en suivant les deux bikers. »
Quand ils pénétrèrent tous les trois à la suite dans la chambre, Charlie était debout, toujours en sous-vêtements, en train de se contorsionner pour observer sous tous les angles les dégâts occasionnés à son corps. Chaque mouvement, même infime, était accompagné d'une grimace de douleur. Elle avait l'impression que tous ses muscles étaient devenus aussi raides et durs que de la pierre, et chaque geste la faisait souffrir.
— Oh merde, Bax, qu'est-ce qu'il s'est passé ? s'alarma Jax en se précipitant vers elle.
— Jésus Christ, Charlie ! s'exclama Clay, ne s'attendant pas à ce spectacle. T'as roulé une pelle à un semi remorque ou quoi ?
— Aie ! Ne m'touche pas Jax ! Ah bravo toi ! sermonna-t-elle Juice en pointant un doigt accusateur sur le jeune biker qui gardait les yeux rivés au sol, pour ne pas poser son regard sur le corps dénudé de la fille de son Près'. J'te dis café et aspirine, et tu me ramènes Clay et Jax ! Crétin !
— Qu'est-ce que c'est que cette merde ? demanda son père.
— Mauvaise chasse. Mauvais plan, grimaça Charlie. »
Charlie avait retrouvé sa proie dans le bar, attablé, une bière à la main. Elle s'était installée, avait commandé la même bière, et retiré sa veste, son débardeur blanc dévoilant largement ses tatouages. Il n'avait pas mis cinq minutes à l'aborder. Pendant qu'ils papotaient, elle avait laissé son regard s'égarer derrière lui, détournant quelques secondes son attention. Subtilement, elle avait échangé leurs verres. Ils avaient continué à parler un petit moment, elle s'était montrée très ouverte, alors ils étaient repartis ensemble. Tout se passait pourtant comme prévu jusque là…
— « Ton bras ? l'interrogea Clay, en désignant la longue estafilade qui descendait le long de l'épaule droite de sa fille, jusqu'au dessus de son coude.
— Rien de grave, le rassura sa fille.
— Va prendre une douche, je t'envoie Chibs dès qu'il arrive, pour qu'il regarde ça, lui intima-t-il en tournant les talons.
— Vraiment, Clay, ce n'est pas… voulut-elle protester.
— Magne-toi ! beugla-t-il en quittant la chambre, Juice dans son sillage.
— Douloureux ? questionna Jax en la voyant esquisser une énième grimace.
— J'ai l'impression d'être passée sous un train ! confirma Charlie. Il est fâché, tu crois ? s'enquit-elle au sujet de Clay.
— Il est surtout inquiet, je pense ! répondit son frère. Mais ne t'en fais pas, il aura passé ses nerfs avant que tu n'sortes, quand il réalisera que Juice t'a vue à moitié à poil ! ricana-t-il.
— Mon cul ! Même à demi-morte, il arriverait encore à me reprocher ça ! rétorqua-t-elle à moitié sérieuse. Pis ça serait injuste pour Juice : il a déjà faillit s'étouffer de gêne quand il a réalisé que j'étais en p'tite tenue ! s'esclaffa-t-elle en repensant au malaise du biker à crête un peu plus tôt. Il a bien dû mater mes bleus pendant cinq minutes, et ça l'avait même pas effleuré qu'je sois à poil ! J'l'ai toujours trouvé un peu gay…
— Ou honnête, contesta Jax. C'est bien de savoir qu'il y'en a un ici à qui je peux te confier, sans risquer qu'il te saute dessus.
— Arrête ton char, Jax. Tu peux bien « me confier » - mais je n'vois pas pourquoi tu le ferais, j'peux me démerder seule…
— C'est flagrant !
— Ta gueule VP ! Bref, j'aurais confiance en n'importe lequel d'entre eux : même à poil et dans les vapes, affirma Bax, en pensant chacun de ses mots. Des fois, pas souvent certes, ils savent se tenir ces pervers !
— Même Tig ? renchérit Jax, en lui adressant le regard de celui qui en savait long.
— Il t'a dit quelque chose ? grigna Baxie, en baissant les yeux.
— Il a passé un quart d'heure dans les chiottes, et a évité mon regard pendant un bon moment après, répondit simplement Jax, n'ayant pas besoin d'en ajouter plus pour être explicite.
— Merde.
— Toujours confiance en lui ?
— Ouais. Je l'ai cherché, le défendit-elle. Ouais, je sais : c'est malsain, reconnut Charlie en voyant le regard atterré et ouvertement désapprobateur de son frangin. C'était vraiment très moche de ma part : j'en ai profité tant qu'il n'est toujours pas conscient que je suis toujours la fillette d'antan, même si je n'ai plus douze ans. J'avais besoin de m'assurer son … silence.
— Pathétique !
— Pire. J'ai honte, j'te jure ! Mais ça lui fera une bonne leçon, tiens ! Mais oui, j'ai toute confiance en Tig, reprit-elle en toute bonne foi.
— Bon, à moins que ce petit essai ne t'ait donné envie de te mettre à l'exhib', ricana Jax en posant un regard insistant sur la tenue très légère de sa sœur, tu devrais aller te doucher avant que Chibs ne débarque complètement paniqué !
— Dans le genre, « ne s'est toujours pas rendu compte que je n'ai plus douze ans », il est terrible aussi celui-là ! répliqua Bax en levant les yeux au ciel.
— Comme si ça te dérangeait, ironisa le VP.
— Pardon ?
— Daddy, singea-t-il en papillonnant des yeux.
— Connard, t'es jaloux, c'est tout !
— Parfois, ouais, reconnut-il avant d'écouter sa sœur lui raconter sa mésaventure. »
OoOoOoOoO
Accroupie dans la douche, laissant le jet brulant dégouliner sur sa peau, comme pour enlever toute trace de son agression, Baxie se remémorait les événements de la veille. Elle s'était efforcée à rester sereine face aux trois bikers, mais son esprit était encore fébrile. Charlie avait rarement peur : elle était toujours bien préparée, bien informée, et équipée en conséquence. Jamais elle ne faisait d'erreur. Elle avait toujours eu confiance en ses capacités et en celles de son partenaire, alors elle n'avait jamais eu peur. Sauf cette fois-ci. Hier, elle s'était jeté tête baissée dans une chasse trop ambitieuse pour elle seule. Jamais elle n'aurait dû essayer de l'interpeller sans assistance. Jamais elle n'aurait dû se précipiter comme ça. Ça n'était pas pour le travail, c'était pour le fric, parce qu'ils en avaient besoin. Et ça avait été une monumentale erreur. En temps normal, elle et Mickael se seraient préparés en fonction de la carrure et de l'entrainement qu'avait reçu leur proie. Après des semaines de surveillance et de préparation ; après l'élaboration d'un véritable plan, ils seraient passés à l'action. Mais ce n'était pas une chasse ordinaire et Bax avait eu peur. Cette foutue peur intense qui vous fait perdre vos moyens ; quand les battements de votre cœur vont si vite, que l'on craint qu'il n'explose. La terreur qui envahit le corps et l'esprit, comme un poison inébranlable qui s'insinue dans vos veines, dans vos muscles, et vous paralyse.
Quand il l'avait saisie à la gorge et plaquée contre le mur en apercevant son badge, elle avait compris son erreur, mais trop tard. Trop tard pour éviter les coups dont il l'avait rouée, après l'avoir jetée sur le bitume. Trop tard pour attraper le Taser sous le siège avant, quand elle s'était extirpée de sa poigne une fraction de seconde. Trop tard pour saisir son cran d'arrêt, quand il avait fait voler le Beretta jusque sous la voiture. Baxie avait été terrorisée. Elle ne faisait pas le poids au corps à corps : il avait déjà pris l'avantage, c'était trop tard. Charlie avait été stupide et inconsciente, et elle allait le payer : ce type allait la tuer. Il n'avait plus rien à perdre : il allait prendre perpète.
Elle avait maudit Tig, comme une ultime prière, jurant de venir le hanter pour le restant de ses jours, et d'être son bourreau sadique et attitré quand il irait en enfer. Oh oui, elle lui ferait payer ! Ces foutus tranquillisants, qu'il lui avait filé le matin même, n'avaient eu aucun effet. Elle avait pourtant doublé la dose, rapport aux cent-dix kilos de barbaque qu'elle devait maitriser. Elle les avait mis dans la bière et échangé leurs verres. Alors pourquoi diable ce foutu connard tenait-il encore debout ? Comment avait-il pu avoir encore assez de force, pour serrer une nouvelle fois ses énormes mains autour de son cou, la faisant suffoquer ? Personne n'était venu la secourir. La ruelle était restée vide, ils étaient au sol, masqués par sa voiture. Et lui, avait juré et craché des « foutue salope ; sale putain » à ne plus en finir, se déchargeant de sa colère et de sa haine. Il n'avait cessé de répéter qu'il allait la crever. Baxie l'avait trouvé sympa de prévenir, elle ne s'en était pas rendue compte. Elle avait même eu le temps de se fustiger pour oser faire de l'humour dans un tel moment, avant que son agresseur ne commette sa seule erreur : celle qui allait sauver la vie de Charlie.
A califourchon sur la jeune femme, il avait desserré l'étau de ses mains autour de la nuque fragile, répétant un ultime « je vais t'crever ». Cela avait duré en tout à peine deux secondes, et Baxie n'avait pas la moindre idée de où avait pu lui venir cet ultime sursaut de volonté. Il avait pivoté le torse pour tirer son couteau des Marines, qui semblait coincé dans son fourreau. Le temps qu'il se fût tourné de nouveau vers elle, le regard cruel et sadique de celui qui allait tuer pour le plaisir, Charlie avait passé la main sous le siège de la voiture ; attrapé son Taser ; et lui avait envoyé cinquante-mille volts dans la cuisse. L'homme avait hurlé de douleur et lancé de grands gestes brusques, entaillant de sa lame le bras de Charlie. La douleur n'avait rendu la jeune femme que plus furieuse, et elle avait envoyé deux nouvelles décharges sur sa proie. Tant pis pour les dégâts : ce malade avait faillit la tuer, elle ne prendrait plus de risque. Elle avait exercé une pression sur un point bien spécifique entre le cou et l'épaule, et son agresseur était tombé dans les pommes. La technique était risquée et ne marchait qu'une fois sur trois, mais tant pis : au pire, il aurait des séquelles neurologiques. Bien fait pour ce connard.
C'était à ce moment, qu'elle avait réalisé que cent-dix kilos de poids mort, c'était énorme. Tant bien que mal, elle avait menotté les pieds et les poignets de l'agresseur ; l'avait trainé sur le siège arrière, en priant qu'il n'abimât pas sa voiture : elle ignorait alors si elle aurait pu le supporter, sans tuer ce malade de sang froid. En soulevant les tapis de sol à l'arrière, elle avait mis à jour trois fixations munies de chaines et de cadenas, dont l'une – celle du centre – terminée par une ceinture de cuir. Elle avait rarement eu à s'en servir. D'abord, parce que les mecs, une fois choppés ne jouaient pas trop aux cons. Ils devenaient même plutôt sympas, espérant sans doute que dans un accès de bonne foi, ils seraient relâchés par les chasseurs. D'autre part, parce qu'elle était rarement seule, sauf sur du petit gibier, et que Mike - et Chris avant lui - était suffisamment impressionnant pour étouffer toute velléité dans l'œuf. Mais là, elle n'avait pas eu le choix : elle avait cadenassé les chaines des extrémités aux menottes des pieds et des mains, et serré la ceinture autour de la taille de sa proie : s'il l'avait fallu, elle aurait géré avec les flics.
Elle n'avait eu à rouler que dix minutes jusqu'à la maison d'arrêt sur la 21th. Mais cinq avaient suffi au mastodonte pour émerger et donner un grand coup de tête dans le siège de Charlie, qui avait fait faire une embardée à l'Impala, prenant une bordure de plein fouet. Folle de rage, elle lui avait infligé une autre décharge de Taser et l'avait regretté immédiatement, quand il s'était vidé la vessie sur le cuir beige. C'était un fiasco total. Elle s'en était littéralement débarrassée dans les bras des policiers de la maison d'arrêt, soulagée. Charlie avait montré sa licence pour que la prise soit enregistrée, et donné l'adresse où la prime devait être envoyée, puis elle était partie à toute vitesse, avant que les policiers ne posent plus de questions sur l'état lamentable dans lequel elle se trouvait.
OoOoOoOoO
— « Bébé ? résonna la voix de Gemma de l'autre côté de la porte, tirant Charlie de ses désagréables souvenirs.
— Ouais, Gem, salle de bain, lui indiqua-t-elle, alors que sa belle-mère entrait.
— Oh merde ! Jax n'a pas exagéré alors, se lamenta-t-elle en voyant sa belle fille.
— Pas très sexy, hein ?
— T'es toujours sexy, chérie, lui affirma la régulière en passant tendrement une main sur sa joue, ne se souciant pas d'être mouillée par le jet de la douche. T'as mal ? Bien sûr, suis-je bête ! s'admonesta-t-elle en s'apercevant que Bax grimaçait quand elle tentait de se savonner. Donne-moi ça ! ordonna-t-elle en prenant d'autorité l'éponge de douche des mains de sa belle-fille.
— C'est pas nécessaire Mam', lui assura Baxie un peu gênée quand la quinqua l'aida à se redresser et commença à la frictionner avec douceur.
— Bien sûr que si ! protesta-t-elle, alors que Charlie se laissait aller avec délassement. Et puis, les mères sont là pour ça, bébé.
— Mais tu n'es pas une mère comme les autres Gem', rit-elle doucement. Les autres mères ne…
— Pas maintenant Char', s'il te plait, l'arrêta Gemma, sans la regarder, imaginant que sa belle-fille allait encore lui reprocher ses mensonges et ses secrets : elle la connaissait par cœur. Laisse-moi au moins une fois remplir mon rôle, sans que tout ça me pète à la gueule, quémanda la belle-mère. Ce n'est pas compliqué, non, c'est tout ce que je veux : qu'on me laisse remplir mon rôle de mère. Mais ça, toi et Jax…
— Mam'. Mam' arrête, intervint Bax en enlevant l'éponge de bain des mains de sa belle-mère. Je vais sortir. Merci. Gem', dit-elle reconnaissante en quittant la cabine de douche avec l'aide Gemma. Je sais que Jax et moi sommes des gosses ingrats, mais tu as été une bonne mère.
— Je n'le suis plus ? demanda tristement la régulière en enveloppant sa belle-fille dans une serviette.
— On est grands maintenant, les choses changent, Mam, argumenta-t-elle, laissant Gemma lui sécher les cheveux avec douceur. »
Charlie ne l'aurait pas avoué, pour ne pas passer pour une enfant encore fragile, mais elle aimait que Gemma la chouchoute ainsi. C'est ce qu'elle avait toujours fait, même quand son adolescente de belle-fille lui avait fait les pires crasses : Gemma avait toujours pris soin du corps et de l'esprit de ses enfants. Et maintenant qu'ils étaient adultes, elle ne rechignait pas à le faire encore, au contraire. Même si Jax et Bax ne lui en laissait plus vraiment l'occasion. Aussi, elle profitait de cet instant de faiblesse de sa fille ; la vulnérabilité de la jeune femme ne lui inspirait aucune pitié, juste un amour tendre et profond. Qu'avait-elle bien pu rater avec elle, pour que ces moments fussent si rares et ne fussent occasionnées que par de terribles événements, comme celui-ci ?
— « Baxie ? beugla une voix à l'accent écossais très prononcé.
— Il a le don pour arriver au bon moment celui-là, tiens, marmonna Gemma, en reposant la serviette, une fois les cheveux de sa belle-fille secs.
— J'suis là Chiby, j'arrive tout… commença Charlie, avant que le biker écossais n'entre sans prévenir dans la salle de bain. Holy Shit ! Personne n'a jamais entendu parler d'intimité ? grinça-t-elle, estimant que bien trop de bikers l'avaient vue en petite tenue pour aujourd'hui : là encore, elle se tenait devant Chibs, juste couverte d'une serviette. Si je dois montrer mon cul à tous les foutus motards qui passent ici, ça va commencer à devenir véritablement angoissant !
— Plus que les marques autour de ton cou ? rétorqua Chibs, en venant examiner de près lesdits stigmates, ne tenant pas le moindre compte de la fausse pudeur de Charlie.
— Eh, j'ai plus douze ans : ça devient pénible que personne ne soit choqué de me voir à poil !
— Pourquoi veux-tu que ça nous choque ? s'étonna l'écossais tout en continuant d'examiner les blessures de la jeune femme.
— Sérieusement ? demanda Bax en lisant une totale incompréhension dans les yeux du biker. Ok, laisse tomber. Daddy, est-ce que je peux au moins enfiler quelque chose, s'il te plait, le pria Baxie, peu désireuse qu'un autre membre des Sons ne se décide à venir se rincer l'œil. Avant que le prochain à franchir cette porte ne soit Tig.
— Bonne idée ! répondirent Gemma et Chibs à l'unisson, après s'être regardés.
— Je savais bien que c'était l'argument ultime, railla Baxie. »
Gemma réussit à pousser Chibs hors de la salle de bain, malgré les protestations de l'écossais qui n'avait pas terminé d'examiner les coups que sa brunette avait reçus. Elle lui apporta des vêtements qui trainaient encore dans l'armoire.
— « Désolée bébé, c'est à Jax : c'est tout ce qu'il y'a, s'excusa-t-elle en lui donnant un jean et t-shirt blanc. Les tiens sont fichus.
— Vraiment ? se désola Charlie. Même mon jean ? C'est mon préféré…
— Laisse-le moi, lui répondit Gemma dans un sourire, je vais voir si je peux le sauver.
— Merci, Mam'. Aie ! s'écria quand elle se pencha pour retrousser le bas du jean, ses côtes la faisant souffrir. »
Gemma prit les choses en main et retroussa le pantalon jusqu'aux trois-quart-mollet. Le baggy de Jax, qui peinait déjà à tenir sur les hanches du blond, menaçait de tomber au moindre mouvement, et tandis que sa belle-mère partait en quête d'une ceinture pour remédier à ce problème, Charlie enfilait le t-shirt – bien trop large lui aussi.
— « Désolée bébé, regretta Gemma en revenant, un paire de bretelles à la main.
— C'est une blague, Gem ?
— Non, j'ai trouvé que ça. Sans doute laissé là par Piney.
— Hors de question. Vas me chercher Juice, j'vais lui chourer sa ceinture.
— Et le petit portoricain va se balader avec le pantalon sur les chevilles toute la journée ? Allez, sois raisonnable.
— Mais Mam' !
— Ce n'est que le temps que tu rentres te changer. Et puis c'est très à la mode chez les ados.
— J'suis plus une ado.
— Ceci est un autre débat, chérie. »
Baxie ne lutta pas, se contentant de marmonner pendant que Gemma arrangeait sa mise : elle retroussa les manches du t-shirt, le rentra dans le pantalon et attacha les bretelles. Se faisant, la quinqua songea que la dernière fois qu'elle avait habillé Charlie, la petite venait d'avoir douze ans et devait assister aux funérailles de sa grand-mère paternelle.
— « Eh bien voilà ! Et je t'assure que tu n'as même pas l'air ridicule.
— Tu plaisantes, j'espère ? On dirait que j'ai quatorze ans, que je suis anorexique et lesbienne !
— Tu disais quoi la fois dernière sur les lesbiennes et les clichés ?
— Oh c'est bon ! râla-t-elle en sortant de la salle de bain, pour attraper son sac et se diriger vers la porte.
— Où est-ce que tu vas ? bondit Chibs.
— J'devais aller voir Tara hier, s'expliqua-t-elle, ayant vraiment besoin de parler avec un interlocuteur sain d'esprit aujourd'hui. J'vais passer maintenant, j'en profiterai pour la laisser me rafistoler. Ne boude pas, daddy, minauda-t-elle en se pendant au cou de l'écossais qui affichait une moue déçue. Mais entre tes cinq mois comme infirmier dans l'armée, il y'a vingt ans ; et ses dix ans d'études en chirurgie…hésita-t-elle. C'est mon visage quand même.
— Ingrate, dit Gemma amusée.
— Morveuse, marmonna Chibs, se laissant tout de même attendrir.
— J'vous aime ! lança-t-elle joyeusement en les embrassant tous les deux, avant de rejoindre le bar du Club où les gars discutaient. Clay, j'ai besoin d'une voiture, demanda-t-elle, en tirant la langue à Jax qui se moquait de sa tenue.
— Tu n'conduiras pas dans cet état, bougonna son père sans même la regarder.
— Super, grinça Charlie impertinente. Et ta brillante idée, c'est quoi : m'octroyer les services d'un chauffeur ?
— Nan. Tu restes là, décida-t-il en lui tournant le dos.
— Que je … bafouilla Bax. Jax, dis quelque chose !
— C'est moi qui suis en train de te parler ! gronda son père, cette fois en lui faisant face. Et une bonne fois pour toutes, arrête de toujours te cacher derrière ton frère ! »
La voix énervée de Clay créa instantanément le silence parmi ses compagnons. Tous sentaient l'affrontement imminent, mais aucun n'osait s'interposer. Baxie sentait monter en elle un sentiment vieux, mais bien connu. Symptomatique d'une époque houleuse et révolue : celle de son adolescence. Elle avait bien l'intention de ne pas se laisser faire cette fois.
— « Tu parles, tu parles, mais t'écoutes jamais ! cracha Charlie en haussant le ton. Alors faut bien que je demande à Jax de le faire !
— C'est bon, on s'calme là, essaya de temporiser le blond en s'approchant de sa sœur.
— C'est entre moi et ta sœur, Jax ! tempêta le Près', excédé de voir son beau-fils prendre à nouveau le parti de cette petite peste. Ne t'en mêle pas !
— Peut-être que si tu lui laissais un peu plus de liberté, je n'serais pas obligé de m'en mêler, s'emporta Jax contre son beau-père.
— Mais qu'est ce que c'est que ce bordel ! intervint Gemma ahurie. »
Tig et Bobby poussèrent un soupir de soulagement en voyant la matriarche arriver : ils n'aimaient pas du tout se retrouver au beau milieu de ces disputes familiales, toujours explosives chez les Teller-Morrow, et espéraient que l'arrivée de Gemma calmerait les esprits. Chibs était ahuri : le même scénario que dix ans plutôt se répétait. Non seulement Charlie était vêtue comme une ado de quinze ans, mais elle se comportait comme telle. Et à nouveau, Jax s'avérait être son plus fidèle soutien contre Clay. Etaient-ils tous tombés sur la tête ?
— « Tes gamins ont décidé de me les briser ! grogna son mari, toujours plus irrité.
— C'est toi qui es rigide comme une porte de prison ! lui reprocha Bax en enfonçant le clou, faisant bondir Gemma et soupirer les autres bikers. J'dois aller chez Tara et il n'veut pas me filer de voiture ! se plaignit-elle à sa belle-mère.
— Charlie, ça suffit ! J'ai dit non ! cria Clay menaçant.
— Parle sur un autre ton à ton père ! lui ordonna quant à elle Gemma.
— Et bien sûr, tu prends toujours sa défense, M'man ! s'offusqua Jax. Putain, est-ce qu'un jour vous allez nous lâcher ?
— J'vais plutôt tous les deux vous consigner dans vos… commença Clay avant de se stopper hagard, les yeux écarquillés. »
Le silence tomba et tous se regardèrent en chien de faïence, avec la même expression de surprise et d'incompréhension sur le visage. Ils étaient revenus dix ans en arrière : deux enfants en pleine crise d'ado, affrontant leurs parents excédés. C'était ridicule et gênant. Pour eux. Et pour les quatre bikers qui les regardaient hébétés, tachant de se faire oublier au milieu de la crise familiale.
— « Je te dépose chez Tara, dit précipitamment Gemma en entrainant sa belle fille par le bras pour filer au plus vite, lui tirant au passage un grognement de douleur.
— Merci Mam', souffla Charlie en quittant le Club sans se faire prier.
— C'était quoi ça ? laissa échapper la matriarche une fois dehors.
— Je n'sais pas, mais c'était flippant, répondit Bax sans trop comprendre ce qui venait de se passer. J'avais l'impression d'avoir…
— Encore quinze ans ? Non. A l'époque, c'était bien pire, lui assura Gemma. »
Puis les deux femmes se regardèrent et éclatèrent de rire sans pouvoir se contenir, les larmes aux yeux, tandis que dans le Club, résonnait aussi l'hilarité générale.
— « Nom de Dieu, jamais, plus jamais, je ne te forcerai à t'habiller comme une ado ! promit la quinqua en grimpant en voiture une fois qu'elle eut retrouvé son calme.
— Tu crois que c'est ça ? J'veux dire, c'est dingue ! s'exclama Bax en s'installant sur le siège passager. Je n'avais même pas envie de me prendre la tête avec Clay. C'est monté d'un coup.
— Les mauvaises habitudes ont la vie dure, on dirait, répliqua la matriarche en démarrant.
— Ouaip. Mais quand même… J'irai m'excuser, Gem, promis. J'ai été… trop loin, je crois, s'excusa la jeune femme.
— Ce serait une bonne chose, oui. Que tu fasses preuve de bonne volonté, ferait sans doute avancer les choses, admit l'Old Lady.
— Attention, lève le pied : les flics, la prévint-elle alors qu'elles croisaient une voiture de police. Je n'sais pas ce qui m'a pris. Les hormones peut-être. Hé Gem, fais gaffe ! cria-t-elle tandis que la quinqua écrasait le frein.
— T'es enceinte ? lui demanda-t-elle hébétée, sans se soucier de la voiture de police derrière eux, qui klaxonnait.
— Hein ? Mais n'importe quoi, Mam' ! Allez, redémarre ou on va se faire rentrer dans le cul, lui conseilla-t-elle en levant les yeux au ciel, consternée.
— Sûre ? insista sa belle-mère en redémarrant doucement. Parce que tu peux me le dire si…
— Gemma, je ne suis pas enceinte ! Comment faut t'le dire ? râla Charlie.
— On n'sait jamais.
— Holy shit, grincha Baxie en voyant la moue suspicieuse de sa belle mère. Pour me faire engrosser, il aurait fallu que je mette la « théorie de la conception » en pratique, dans un laps de temps bien précis, tu vois. Et ce n'est pas le cas, scanda-t-elle. Le sujet est clos.
— Ok.
— Contente-toi donc d'Abel, Mamie ! Mon tour n'est pas prêt d'arriver.
— Mais il arrivera un jour, hein ? voulut s'assurer Gemma.
— Ce n'est pas dans mes plans, non, réfuta sa belle-fille.
— Vraiment, Charlie ? Mais les enfants, c'est…
— Une plaie ! On en a eu un redoutable exemple y'a pas dix minutes. Merci Gem, lança-t-elle sans laisser le temps à sa belle-mère de rebondir, tandis qu'elle garait sa voiture dans l'allée de chez Tara. Je t'aime, Mam, ajouta-t-elle avant de bondir hors de la voiture et de rejoindre le perron de la maison.
— Mais j'veux des p'tits enfants ! cria la régulière par sa vitre ouverte, alors que Tara ouvrait sa porte, ahurie. Salut Doc.
— Ben, demande à Jax, il a l'air d'avoir trouvé la technique ! rétorqua Baxie en s'engouffrant dans la maison. »
Aujourd'hui c'est psychologie inversée ! Ne cliquez pas pas sur « review this chapter » et ne me dîtes pas ce que vous pensez de ce chapitre ! (copyright Ahelya PvC et XY)
A suivre,Chapitre 5 : Old Bones part 3 / Une belle famille
Note sans intérêt-enfin-un-peu-quand-même-c-est-vous-que-ça-regarde n°4 : Peut-être aurez-vous remarqué que ce chapitre et le précédent étaient plus courts et oh surprise! qu'il y'en avait une troisième partie (soit une de plus que dans les précédents). Mes chapitres atteignant un nombre de mots assez exorbitants (vraiment Edeinn, va falloir penser à te calmer) et que je sais que nombre d'entre vous préfèrent les chapitres courts, je me suis dit que donc j'allais tenter de les couper en trois parties (environ 6000 mots) cette fois.
Donc, va falloir que vous me disiez si ce format vous convient mieux ou si vous préférez revenir à l'ancien (2 parties - 9000 mots)? Dans un cas comme dans l'autre, de toute façon, faut que je coupe donc... Par contre, vous m'excuserez d'avance si certains chapitres sont inégaux en taille. Bref, n'hésitez pas à me dire ce que vous préférez !
