Coucou tout le monde, alors à la suite du chapitre précédent, je publie celui-ci. Il est un peu (voire beaucoup) moins violent, mais bon Ziva est toujours prisonnière... Tiens d'ailleurs, je précise : chapitre avec du tiva! Non, non ! Vous ne rêvez pas : tiva au programme!

Bon sur ce, merci à Gwenetsi et Dilinzzo pour les reviews!

Bonne lecture (et grand merci à Laliloulette pour la correction!)


J'avais mal physiquement et psychologiquement. Tellement mal que j'en aurais pleuré. Mais j'étais Ziva David, agent du NCIS et du Mossad. Alors même dans la douleur et dans la mort, je restais stoïque et fière.

Chapitre 8 : Toute question mérite réponse.*

Plusieurs jours après mon passage à tabac, les « visites » de mon geôlier s'espacèrent. Autrement dit, personne ne vint m'interroger. On me laissait en permanence dans ma cellule, et je ne pouvais donc que ressasser mes pensées moroses et mes souvenirs. Ma tête explosait sous le nombre impressionnant de questions que je me posais.

J'étais de moins en moins lucide. J'avais horriblement faim. La soif faisait que ma bouche était sèche et gonflée. J'avais mal aux côtes et aux poignets, ainsi qu'aux diverses parties de mon corps ayant reçu des coups.

Depuis combien de temps étais-je là ? Quinze jours ? Vingt ? Trente jours ? Je n'en avais aucune idée. Plongée dans la pénombre de ma cellule, je ne voyais pas les jours qui passaient. Dans mon coin, il n'y avait ni jour, ni nuit. Uniquement des minutes, longues, beaucoup trop longues.

J'avais l'impression d'être ici depuis des années. Les mêmes interrogations, depuis que j'étais enfermée, m'obsédaient. J'allais devenir folle. À cet instant, j'étais seule. Seule dans ma putain de cage. Je n'avais pas parlé depuis que j'étais enfermée.

Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? Maintenant que j'avais de trop nombreuses questions en suspend. Maintenant que j'avais entr'aperçu ce qu'était que vivre ? Maintenant que je voulais vivre !

Ahhhh ! Que pouvais-je faire au milieu du désert ? Que pouvais-je faire dans cette prison hormis regretter ? Tout regretter. Pas d'enfance : une formation. Pas d'innocence : un apprentissage. Pas d'amis : des contacts. Enfin si, j'avais eu des amis. Certains étaient morts. Ceux qui étaient encore en vie, je les avais blessés et trahis. C'était moi, cette fois.

Cette fois, c'était moi la seule coupable, la seule responsable. Et je devais m'en tirer seule. « M'en tirer ». Non, je ne m'en tirerais pas. C'était certain.

Finir seule et captive. Pas de quoi rêver. Pas de quoi en faire un film.

Un film. Dès que cette pensée fut formulée, le visage de Tony s'imposa à mon esprit. Tony. Il m'avait fait tant de mal, le jour où je l'avais vu abattre Michael. Tony. Se pouvait-il qu'il ait eu raison ? Que Michael se jouait de moi ? Possible.

Mais c'était Tony. Il n'avait pas forcément agi de la meilleure façon qu'il soit. Mais il avait agi. Au fond de mon esprit j'avais le vague sentiment de ne pas tellement lui en vouloir.

Il avait eu raison. Une nouvelle fois, ce constat me fit tressaillir. Se pouvait-il que je me sois trompée à ce point ? Que j'aie éloigné Tony, Gibbs et toute l'équipe parce que je ne voulais pas reconnaître mon erreur et ma faiblesse ? J'étais déboussolée par cette possibilité.

Comment Tony avait-il pu savoir pour Michael? Je veux dire, comment pouvait-il savoir qu'il m'utilisait ? Pourquoi avait-il risqué son job « pour moi », comme il me l'avait dit la dernière fois que je lui avais parlé ? Pourquoi ? Je ne comprenais pas.

Et pourtant, je savais qu'au fond de moi, je lui en voulais moins que ce que j'avais laissé apparaître. Pourquoi ? Peut-être parce qu'il m'avait protégée. Peut-être parce que c'était un ami. Peut-être pour autre chose. Mais cela m'importait peu à cet instant. Peu importe comment il avait agi à cet instant. Parce qu'il me protégeait. C'était uniquement ce qu'il fallait que je retienne. Pour l'instant.

Et même si ça ne me faisait pas plaisir de l'admettre, il avait eu raison: je n'aurais jamais pu me défendre seule. Je n'avais rien vu venir, aveuglée par tant de choses.

Je pardonnai à Tony son geste qui m'avait sauvée, qui m'avait protégée.

Parce que Tony comptait bien plus que Michael dans mon esprit. Que venais-je de dire ? Que la personne qui partageait mon cœur jusqu'à sa mort comptait moins que Tony, qui n'était qu'un… Un quoi, d'abord ? Ami ? Amant ? Frère ?

La faim me faisait devenir complètement folle ! Je pensais à Tony comme à un amant, alors que je l'avais éloigné de moi sans scrupule…. Et puis Tony, quoi ! Je me disais ça après qu'il ait tué Michael. Après que j'aie laissé le temps agir, sans rien faire.

Et voilà que maintenant que j'étais seule et enfermée, et que je ne le reverrais probablement jamais, je m'avouais que j'avais des sentiments bien plus importants que j'aurais dû pour mon collègue et ami. J'étais vraiment compliquée comme fille...

Et voilà que je me rendais compte que par peur de tout ça, j'avais pris la mauvaise décision. Et qu'à cause de ce choix, je me retrouvais enfermée en Somalie. Seule, parce que j'avais renié mes amis.

D'un côté, je n'avais que ce que je méritais.

Et pourtant après mes réflexions, j'étais en paix avec moi-même. Le vent des contradictions semblait avoir tourné. Pour l'instant, j'étais prête à me battre. Pour les revoir.

Depuis combien de temps ne m'avait-il pas interrogée ? Deux jours ? Trois jours ? Plus ? Je ne savais pas. C'est fou, lorsqu'on torture un coupable on ne pense pas spécialement à ce paramètre, celui du temps qui passe. Mais lorsqu'on est prisonnier, la différence est radicale.

Au moment où je formulais cette pensée, la porte s'ouvrit sur deux gardes. Manifestement, les interrogatoires recommençaient. Ils m'emmenèrent dans une salle que je n'avais encore jamais vue. On n'avait pas pris le même chemin que « d'habitude ». Ils m'attachèrent à la chaise, placée au centre de la pièce.

La porte s'ouvrit, dans un grincement. Je savais que c'était Saleem, mais j'étais trop faible pour esquisser un mouvement. Lentement, il s'approcha de moi. Lorsqu'il arriva à ma hauteur, d'un mouvement sec il m'arracha mon seul et unique bijou ; mon étoile de David. Cette étoile refermait en son sein tellement de souvenirs... C'était l'étoile de Tali, la seule chose, avec la photo de mon appartement, qui me restait d'elle. J'avais d'ailleurs dû lutter pour pouvoir la porter même pendant mon service, au Mossad. C'était finalement à la suite d'un pari que j'avais réussi : il fallait que je que je batte mon supérieur de l'époque pour la mettre. J'avais gagné. Lorsque Saleem me l'arracha donc, tout ce flot de souvenir m'assaillit.

Il m'attrapa par les cheveux et, en m'obligeant à le regarder dans les yeux, il prononça d'une voix presque douce

- Dites-moi tout ce que vous savez sur le NCIS.

Je n'avais pu réprimer un grognement de douleur, quand il m'avait touchée. Je m'affaiblissais. Et je détestais être à la merci de mon geôlier. Je voulais en finir. Cependant, à peine cette pensée formulée, j'imaginais Tony avec son sourire si caractéristique. Cela me redonna un peu de courage. Que faisait-il en ce moment ? Était-il sur une scène de crime avec le reste de l'équipe ? Y avait-il une nouvelle personne pour me remplacer dans ma famille ? M'avait-il oublié ? Est-ce que l'équipe s'inquiétait pour moi ? Je me posais ces questions quand je réalisai qu'au Mossad, jamais on ne se souciait d'un agent en mission. Alors, pourquoi on s'en préoccuperait au NCIS ? Surtout vu la peine que j'avais dû leur faire. Je pensai à Abby, qui devait m'en vouloir énormément. On avait eu tellement de problèmes au début que jamais je n'aurais cru qu'elle deviendrait ma meilleure amie. Enfin, qu'elle aurait été ma meilleure amie.

- …

- Vous ne voulez pas parler… C'est tout à votre honneur. Mais par contre, vous allez souffrir.

- …

- Vous n'avez toujours rien à dire ?

- …

- D'accord.

Saleem ralluma une cigarette. Je savais ce qu'il allait faire. Oh que oui, je le savais trop même.

Lentement, comme s'il se délectait de me faire attendre parce qu'il s'attendait à ce que je connaisse cette méthode. Il me laissait le choix de faire demi-tour, de tout lui expliquer. Mais je ne dirais rien. Je tiendrais bon.

Doucement donc, il la plaqua contre ma jambe. Je m'y attendais, mais la douleur me fit quand même échapper un cri. Une fois, deux fois, trois fois. En plus, mon tortionnaire prenait plaisir à attendre une, deux ou trois secondes avant de retirer sa cigarette. Quatre fois, cinq fois, six fois. Le supplice était horrible. Le mal était mordant. Je ne sais pas à combien de degrés la brûlure était, et je n'étais pas sûre de vouloir le savoir.

Après s'être acharné sur mes jambes, il passa derrière moi. Il souleva progressivement mon tee-shirt. Avant que j'aie pu faire le moindre mouvement, il colla sa cigarette dans mon dos. Dans un instinct de survie, je me cambrai afin de limiter le temps de contact entre cet objet brûlant et mon épiderme. Mais je n'avais pas pris en compte le fait que j'étais attachée, que mon corps était meurtri, que j'avais de moins en moins de forces et que Saleem avait parfaitement anticipé mon geste désespéré. Il appliqua donc sa cigarette encore plus fort que jusqu'à présent. Je poussai un cri de douleur effroyable avant de sombrer dans l'inconscience.

Lorsque je m'éveillai, j'étais de retour dans ma cellule. Cela ne pouvait pas continuer. Il fallait qu'il se passe quelque chose. Que je meure ou que je vive. Mais pas que j'en reste là.

À partir de cet instant, un seul garde venait me chercher pour les interrogatoires. Ils considéraient peut-être que vu ce qu'ils m'avaient imposé, j'étais incapable de faire quoi que ce soit. Que je n'étais plus une menace.

Je survivais aux interrogatoires pour deux raisons. La première parce que je voulais le revoir. La seconde parce que dans mon esprit, j'avais encore une chance de m'évader. Si je jouais quelqu'un de plus faible que je l'étais encore, peut être parviendrai-je à tromper sa vigilance.

L'espoir me fit continuer à vivre. L'espoir d'une ouverture. Une seule.

Un espoir qui se ravivait, alors que depuis que j'étais enfermée, je ne voulais plus que mourir.

FIN FLASHBACK


ZIVA

- J'appris plus tard que cela faisait un mois et demi que j'étais enfermée. Un garde que je n'avais encore jamais vu avait une montre.


Fidèle à d'habitude : explication du titre en bas de page :

Toute question mérite réponse a été choisi par opposition à « toute question ne mérite pas de réponse » de Publius Syrus, esclave affranchi syrien au temps de l'Empire romain.

Et voilà pour aujourd'hui !