Zvezda95: Coucou ! ^^ voilà maintenant c'est le tome 2. Je suis désolée pour l'attente et mais je me relie beaucoup et très souvent je loupe beaucoup de fautes -_-' ... Heureusement je me suis trouvé un assistant moi aussi (non je ne l'ai pas vampirisé). Il est possible que des fois je modifie un chapitre déjà mis en ligne mais je vais essayer de faire en sorte que ça n'arrive pas souvent. Et S'il vous plaît DX ! Laissez des commentaires ! J'ai aussi besoin de savoir ce que vous en pensez, si ça vous plaît ou si vous avez des remarques à faire. Bon allez je m'arrête là, et comme toujours vous souhaite une bonne lecture. ;)


Tome 2 : L'Assistante du vampire

Chapitre 1 : La vie de vampire

- Cinq kilomètres à pied ! Ça use, ça use ! Cinq kilomètres à pied, ça use les souliers !

Sous le clair de lune, un homme gambade dans la campagne en cette douce soirée de novembre, chantant de bon cœur. Bien que se soit l'hiver, la météo leur avait joué un petit tour et voilà qu'il faisait aussi bon qu'en fin d'été. Qu'est-ce que le temps pouvait être bizarre des fois ! L'homme, un peu rondouillard, avec une petite moustache et des allures d'un papy gâteau, respire l'air pur, gonflant ses poumons. Ah ! Il a bien fait de sortir ce soir.

- Quelle belle nuit, dit-il à voix haute.

Il longe le petit chemin, bien éclairé. La lune est décidément une bonne veilleuse. Soudain, le promeneur remarque une fine silhouette se dessinant au milieu de chemin. En s'approchant, il se rend compte qu'il s'agit en réalité d'une fille. Elle est jeune. Dix ans peut-être ? Mais l'homme lui aurait donné plus que cela étrangement. C'est une exquise enfant pour son âge. L'élégante petite robe noire qu'elle porte lui donne une forme qui la rend plus mûre. Cependant, en la détaillant de plus près, le monsieur se dit qu'un bon coup de brosse ne lui ferait pas de mal, celle-ci étant couverte de tâches ça et là. Mais l'état de son habit n'enlève rien à sa beauté précoce comme le démontre son visage de poupée pareil à celui d'un ange et ses longs cheveux lisses lui arrivant au creux des reins tel une rivière de feu. Sa peau blanche luit sous les rayons de la lune. L'homme s'aperçoit d'autres choses : son visage baissé masque son regard, fixé au sol. Que pouvait bien faire cette petite fille seule, au beau milieu de la nuit dans la campagne ? Gentillement, préoccupé, le gambadeur nocturne se penche vers elle.

- Je peux t'aider, fillette ? demande l'homme, doucement. Tu t'es perdue ?

Elle secoue mollement la tête, ne répondant rien. Le monsieur fronce les sourcils un instant. Ça alors, aurait-elle fait une fugue ? Elle paraît si triste... Si désolée... Qu'a-t-il bien pu lui arriver ?

- Pauvre petite, se prend-t-il en pitié. Ne t'en fais pas. Je suis chef scout. Allez, viens ! On va...

Mais elle ne l'écoute pas. Elle regarde plus haut comme voyant un quelconque ami imaginaire. Imaginaire ? Un bruit de branche qui craque se fait entendre. D'où est-ce que cela vient ? Il n'a pas le temps de regarder que déjà une ombre au sourire diabolique bondit droit sur lui. Un vent glacial lui pétrifie la figure. Cloué au sol, il ne comprend pas ce qui lui arrive. La dernière chose qu'il voit est le regard noisette de la petite fille, qui est restée immobile. Son regard qui implore le pardon.


Crepsley secoue la tête, les sourcils froncés. Il s'agenouille au près du promeneur coucher parterre.

- Porter un short à son âge ! maugre-t-il. Je l'avais pris pour un homme plus jeune.

- Vous avez déjà été scout ? je demande m'agenouillant à mon tour face à mon maître.

- Cela n'existait pas de mon temps.

La vampire palpe le mollet poilu de sa victime, se léchant les babines.

- Ah ! Parfait ! Ce n'est pas le sang qui va lui manquer à celui-là.

Des gouttes de sueur froides roulent sur mes tempes. Ma voix est un peu chavirante :

- Il est...mort ?

Crepsley me lance un regard fatigué.

- Lily, je ne vais pas te le répète. C'est un gaz spécial. En lui soufflant sur la figure, je l'endors, c'est tout.

Tout m'expliquant les facultés de ses pouvoirs, il coupe à l'aide de ses longs ongles l'extérieur du mollet :

- Toi, par contre, tu n'as pas encore ce pouvoir. Tu n'es pas encore une vraie vampire.

L'odeur du sang envahit mes narines, me monte à la tête. J'ai le vertige. J'ai soif. Mais la simple vue de Crepsley buvant le sang de ce pauvre homme, me repus à m'en donner la nausée. Eurk... Que c'est dégoûtant. Mon créateur me tends la jambe ensanglantée, la présentant sous mon nez.

- Tour A de tonnes, Lily.

Mais ma conscience et mon dégoût sont plus forts et avec agressivité, je repousse le membre offert, surprenant Crepsley.

- Non ! Je ne peux pas ! je hurle, me détournant pour échapper à l'odeur tentatrice. Je réussis à me maîtriser, ce sang n'est pas aussi enivrant que celui de Steve qui reste à ce jour le meilleur de tous.

- Ne sois pas pas stupide ! s'offusque mon maître. Il est temps que tu boives. Tu as bien bu du sang animal !

- Avec un homme, c'est différent ! je riposte, outrée.

C'est à peine si le vampire ne s'arrache les cheveux, mais par je ne sais quel miracle, il se calme, puis tente de me convaincre :

- Lily, il faut que tu comprennes qu'on ne leur fait aucun mal. On ne les tue pas. On ne fait que leur prélever une petite quantité de sang. Même les semi-vampires ne peuvent pas survivre avec du sang animal. Si tu ne bois pas de sang humain, tu vas t'affaiblir.

Il hésite sur ses dernières paroles, appuyant un lourd regard sur moi.

- Et finir par mourir, termine-t-il, le ton grave.

- Je sais ! je m'écrie, agacée. Vous me l'avez déjà dit !

Je suis bien consciente que l'épée de Damoclès est suspendue au dessus de ma tête si je refuse constamment de boire du vrai sang. J'en tremble rien qu'à cette idée de savoir que je puisses très prochainement mourir. Et cette fois pour de bon. N'osant pas affronter les yeux de couleur rubis de Crepsley, je garde mon regard baissé.

- N'empêche, je ne peux pas... Je suis incapable de boire le sang d'homme..., j'articule tant bien que mal, espérant que ma voix reste stable.

Crepsley soupire bruyamment, abandonnant. Collant son doigt sur ses lèvres, il mouille son pouce de sa salive et la passe sur la plaie de l'homme endormie qui se referme aussitôt.

- À ta guise, lâche mon maître en se relevant. Je passe outre cette fois-ci. Il faudra quand même qu'un jour ou l'autre, tu t'y mettes. Tu n'es plus humaine. Tu dois l'accepter.

Non. Jamais je ne l'accepterai. Jamais. Je refuse de devenir un monstre assoiffé de sang. Je refuse !

Mon maître écarte le monsieur toujours assommé qui ronfle comme...comme...comme un monsieur qui ronfle très fort, l'installe avec précaution sur le bord du sentier. D'ici quelques instants, il va se réveiller et trouvera à sa jambe une cicatrice dont il ne se rappellera nullement comment il se l'est faite. Et oui, je crois qu'une nouvelle légende est née ! Maintenant quand vous vous réveiller avec des petites cicatrices sur le corps, vous pourriez vous dire c'est le vampire qui est passé pour vous piquer un peu de sang. Crepsley commence à s'éloigner ramassant sa valise en cuire, bouclée par des sangles qu'il avait caché dans les buissons.

- On approche de la ville, informe-t-il. Il va falloir changer se changer. Ce costume de scène est trop voyant.

Il tourne la tête vers moi, un grand sourire aux lèvres :

- Quelle est la mode en ce moment, Lily ?

Je ne lui réponds pas, boudeuse. Je passe devant lui sans dire un mot. Il les aura en ville ses vêtements. D'ici là, je vais le laisser dans sa tenue de clown, ça lui apprendra, tiens !

- Hé, Lily ! Attends ! m'interpelle-t-il en me rattrapant.

Je ne lui prête pas plus attention et continue ma route, Crepsley sur les talons. Ma sacoche autour de mon épaule commence à peser lourd. Je tiens bon. Mais je sais au fond de moi que je perds considérablement des forces. Les mots de mon créateur me reviennent comme un coup de gong dans mes oreilles. Tôt ou tard, je devrais boire du sang humain. Le souvenir du goût de Pierre me reviens sur la langue, me faisant saliver. Crepsley m'a dit que l'attraction du sang peut varier en fonction de la relation que l'on partage avec l'être humain. Je me frissonne, imaginant Annie blanche, inanimée. Non ! Je ne veux pas ! Personne ne mérite ça ! Mon cœur s'alourdit de tristesse. Elle me manque ma petite sœur chérie.

Tu n'es plus humaine. Tu dois l'accepter.

Je suis née humaine. Ça, je ne l'oublierai jamais ! Je suis peut-être à moitié vampire, mais je reste à moitié humaine.


Voilà deux heures que nous marchons, Crepsley et moi. Entre temps, il s'est changé, il a remplacé sa cape écarlate et son chapeau par un pantalon noir, une chemise blanche et un long trench rouge pourpre. Décidément il adore cette couleur. Je ne crains pas beaucoup le froid maintenant et en plus il ne fait pas si frais que ça, mais je sors tout de même de mon sac un gilet de coton noir. Je suis fatiguée. Il doit être autour des 1h, 2h du matin. Je ne me suis pas encore habituée à ce décalage horaire des vampires. Soudain, je manques de tomber parterre. Je n'ose pas demander de nous arrêter. Alors, sans crier gare, M. Crepsley me soulève comme si je suis aussi légère qu'une plume et me porte avec un seul bras comme si j'étais une petite fille. Je proteste, assurant que je peux marcher toute seule, mais très vite j'abandonne tellement je suis fatiguée et que ma positon n'est pas si inconfortable après tout. Ça fait longtemps que l'on ne m'a pas porté ainsi. La dernière fois, je me rappelle c'était Papa qui m'a porté dans ses bras pour me mettre au lit. J'avais sept ans. Ça m'a manqué. Après c'est Steve qui m'a porté sur son dos, mais ça c'était pour faire des batailles ou dans l'eau, ou dans les champs avec les copains. Refoulant ma peine, je laisse ma tête retombée sur l'épaule de M. Crepsley avant de somnoler, bercée par les pas de mon maître.

Lorsque je reprends conscience, j'émerge de mon sommeil. Je suis toujours dans les bras de M. Crepsley. Ouvrant avec peine les yeux, je m'aperçois que nous nous tenons devant la réception d'un hôtel. La femme en face de nous me regarde avec douceur.

- Un chambre avec deux lits séparés pour moi et ma fille, s'il vous plaît, j'entends mon maître demander.

- Bien sûr, Monsieur, répond poliment la réceptionniste. Voulez-vous une grande chambre ?

- Si possible avec deux pièces. Vos rideaux sont-ils assez épais ? Je voudrais que ma fille puisses se reposer demain matin. Qu'elle ne soit pas réveillée par les rayons de soleil.

- Oui, sans problèmes, Monsieur. Vous avez là une belle enfant. Pauvre trésor. Elle est exténuée. D'où venez-vous comme ça ?

Crepsley rit légèrement, tournant son visage vers moi qui n'ai même pas la force de bouger, ma tête toujours appuyée sur son épaule :

- Nous avons voyager toute la journée. Nous venons de Toulouse et nous allons rejoindre sa mère dans le sud.

- Hmm...je vois. Tenez, je vous remets la clé.

J'entends un tintement métallique. Le vampire la remercie.

- Nous servons le matin de 8h à 10h pour les repas de 12h à 13h et de 19h à 22h. Sinon vous avez le service room.

Il la remercie de nouveau et monte les escaliers qui mènent à notre chambre. C'est notre couverture à moi et mon maître. Comme nous sommes tous les deux roux, les gens n'ont pas beaucoup de soupçons. Bien que je ne sois pas déclarer disparue, un homme avec une enfant peut éveiller la méfiance. Alors on se fait passer pour père et fille. Une fois arrivé, M. Crepsley referme la porte, pose sa valise au sol et me met au lit. Hummm... Un oreille bien douillet ! Enfin ! Je vais pouvoir dormir dans un vrai lit et pas à la belle étoile ! Crepsley me retire mon gilet et me couvrir avec la couette. Je ne tarde pas à plonger de nouveau dans un profond sommeil, tandis que je l'entends tirer les rideaux dans un doux chuintement.


Lorsque je me réveille pour de bon, le soleil est déjà haut dans le ciel. Me frottant les yeux, je jette un coup d'œil à la pendule. 12h19. La vache ! J'ai dormis tant que ça ? Sur la pointe des pieds, je me dirige vers la salle d'à côté. Doucement, j'entrouvre la porte. M. Crespley est là, entrain de dormir. Les rideaux sont tirés et pas un rayon de soleil ne passe au travers. Je referme la porte silencieusement, le laissant tranquille. Moi, je ne crains rien du soleil alors j'ouvre les rideaux de ma chambre. Mauvaise idée. Je suis éblouie et je mets au moins cinq bonnes minutes pour récupérer. Enfin, dès que mes yeux s'habituent à la lumière, je regarde au dehors, ouvrant la fenêtre, laissant le vent s'engouffrer dans la pièce. Il fait beau. J'inspire l'air frais. Que c'est bon ! La ville est vraiment belle et avec ce beau temps, elle est encore plus éblouissante. S'il y a bien un truc génial avec M. Crepsley, c'est que j'ai pu voir du pays. Je n'ai jamais fais de grands voyages et c'est mon rêve, voyager. Outre que les voyages scolaires à la mer et à la montagne, je ne suis jamais sortis de ma petite ville. J'irais faire un tour tout à l'heure, en attendant que M. Crepsley se réveille. On a beaucoup voyagé, mon maître et moi depuis ma mort, il y a déjà deux mois.

Je referme la vitre avant de me diriger vers la salle de bain. Après ma douche, je lave les plus grosses tâches ma robe, pour lui refaire une santé. Les cheveux brossés avec le peigne de l'hôtel, je m'observe dans la glace en faisant des grimaces de tous genres. La fille qui s'éclate toute seule. Faut dire qu'en même temps, je n'ai pas vraiment grand monde avec qui m'amuser. M. Crepsley, n'en parlons même pas. C'est pas le genre de gars qui va se ramener pour jouer avec moi. Je doutes que cela soit son passe temps favoris.

En apparence je suis toujours la même, à part que mes traits se sont encore plus affinés, mais mon corps change énormément ! Le pire, c'est mes ongles ! Je n'arrive pas à m'adapter. M. Crepsley s'en moqué de moi quand je lui ai demandé pourquoi je n'avais pas de crocs. Je m'en rappelle : c'était quand j'avais bu du sang d'animal et que j'ai touché mes dents pour voir pourquoi mes canines ne s'allongeaient pas. Mon créateur m'a regardé avec une drôle de tête en me demandant :"Que fais-tu ?". Quand je lui ai expliquer, il s'est esclaffé et m'a dit que les ongles étaient la véritable arme naturelle des vampires. Les dents sont certes plus solides que celles des humains, mais elles ont la mêmes formes que les leurs. La plupart des trucs que je croyais sur les vampires sont visiblement faux.

Les vampires n'ont rien à craindre des croix ou de l'eau bénite. L'ail ne nous fait rien, par contre nous ne sommes pas immortels. Un pieu dans le cœur nous tuerait, bien sûr. Mais il en va de même avec une balle ou un coup de couteau. Si nous sommes plus forts que les humains, nous n'en sommes pas indestructibles pour autant. Contrairement à ce que les gens pensent.

Je sors de la salle de bain, non jeter un autre petit coup d'oeil à la pendule. 16h36. Bon, il va falloir que je m'occupe de Mme Octa. Je la déteste toujours autant. Ma haine pour cet animal n'a pas décrue depuis cette fameuse nuit. Mais Crepsley a exigé qu'elle soit traiter le plus soigneusement possible. Je n'ai pas eus le choix. Mais si cela ne tenait qu'à moi, il a longtemps qu'elle aurait servit de goûté pour les serpents, cette sale bestiole velue. Avec précaution, j'ouvre la porte de la cage de l'araignée et lui donne quelques insectes bien gras. Elle les dévore tous en se régalant. Puis je prends la flûte et me mets à jouer un air assez négligé mais qui a toute mon attention pour qu'elle puisse tisser sa toile. Il faut la sortir de sa cage au moins une fois par jour, sinon elle devient nerveuse. Ma tâche terminée, je descends à la réception pour prendre du pain, du jambon, des tomates, du beurre et tout ce qui pourrait le servir pour préparer le petit déjeuner de mon créateur. Je remonte et mets le tout au frigo le temps qu'il se réveille. Je saisie mon journal et commence à rédiger mes dernières leçons que j'ai appris sur les vampires. Car oui, pour revenir à ce sujet, on peut se voir dans un miroir et on projette bien une ombre. À la lumière du soleil, un vampire ne mourrait pas sur le coup. Il faudrait attendre quatre ou cinq heures pour ça. On ne peut pas boire le sang de tout les animaux : certains sont vénéneux. Aucun risque avec les chiens et les vaches, mais les chats et les serpents... Une minute ! Et les grenouilles ? Il faudra que je redemande à Crepsley. Il y a tellement de choses à retenir. Les semi-vampires négligents ne font pas long feu. Et je me suis repassée et repassée au moins je ne sais pas combien de fois toutes ces nouvelles connaissances en tête que je n'ai pas vu le temps passé et la nuit tombée. Lorsque je m'en rends compte, revenue à la réalité, je prépare un sandwich avec les ingrédients que j'étais partis chercher tout à l'heure pour Crepsley (et ouais, scandaleux, hein ? Non seulement qu'il m'oblige à le suivre partout où il veut quand plus il faut que je lui serve de bonniche à cet e**** de m*** - ce texte à été censuré afin de préserver toutes personnes sensibles à la vulgarité). Une fois la table du salon servit, je me dirige vers la chambre de mon maître. J'entre et ouvre les rideaux.

- Il fait nuit, M. Crepsley, annoncé-je grincheuse.

Ce dernier se retourne dans son lit, marmonnant un truc incompréhensible dans ma barbe. N'y prêtant pas plus attention, je le laisse s'habiller (manquerait plus que ça) et l'attends dans le séjour. Quelques minutes plus tard, il se pointe avec son pantalon bien fermé (merci mon Dieu), sa chemise blanche boutonnée quoique mal ajustée, sa touffe de cheveux en pétard et l'oeil encore fatigué.

- Wwouahh... Bonjour Lily, baille-t-il bruyamment tout en se grattant la joue. Quoi ? Encore des sandwichs ! Tu ne pourrait pas préparer quelque chose de plus... savoureux ?

- Désolé, mais il n'y a ni feu ni réchaud ici, lâché-je en m'installant à ma place, commençant à manger mon sandwich (eh ! j'ai attendu longtemps moi).

- Pour avoir un feu de camp, il aurait fallu que tu veuilles camper.

- On n'a qu'à commander à manger dans la chambre.

Tout en mangeant avidement le sandwich, Crepsley me sermonne :

- Non ! Une assistante se doit de préparer le repas de son maître. Tu t'occupes toujours de Mme Octa, n'est-ce pas ?

- Oui.

Mon ton est sèche. Mais je m'en fiche. La délicatesse n'est pas à mon programme aujourd'hui. Je continue de mâcher rageusement mon dîner, ou plutôt déjeuner sans accorder la moindre attention à Crepsley. Je ne vis pas le regard gêné qu'il leva vers moi. Lorsque nous terminons, le vampire enfile son trench et ses chaussures avant de se diriger vers la porte :

- Je crois que l'heure est venue pour moi d'étancher ma soif. Peut-être te joindras-tu à moi cette fois...

C'est ce qu'on verra..., songé-je le regardant arranger sa touffe en sifflotant. S'il pense que je vais l'accompagner, il se fourre le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. Au lieu de le suivre, je saute dans mon lit et me glisse sous la couette. Crepsley me regarde un moment, puis soupire :

- Comme tu voudras...


Le temps de chasse de M. Crespsley, je me suis endormie, reprenant des forces. Quant il est revenu, le soleil commence juste à se lever. Il se couche alors que je lui tire les rideaux. En vérité, je hais M. Crepsley. C'est sa faute si je suis devenue à moitié vampire. Je rêve que je lui enfonce un pieu dans son cœur et qu'après j'ouvre grand les rideaux pour le voir brûler vif ! Je pourrais le faire si je le voulais. Seulement, j'ai besoin de lui pour survivre. J'ai encore beaucoup de choses à apprendre.

Je me tourne vers la pendule : 10h. Alors une idée me traverse l'esprit. Je sors de la chambre presque en trottinant et attrape mon gilet noir. Enfin, il y a du bon à n'être qu'un semi-vampire. Je n'ai pas à le soucier du soleil. Je crois que je vais aller faire un tour en ville. À quoi ça sert de rester enfermée tout le temps ? Je m'empare d'un stylo, arrache une feuille de mon carnet et note vite un petit message : "Suis partie faire un tour". La seconde d'après je referme la porte.

Vive le tourisme !


Cette ville est bien plus grande et plus belle que ma douce petite ville de campagne. Les avenues sont géantes, il y a beaucoup plus de boutiques et parmi elles de très chics. J'entre pour voir, essaye des vêtements qui me plaisent, lis quelques livres, puis j'arpente les rues, marche dans le parc et repasse sur le pont au-dessus du fleuve. Aaah, ça fais du bien un peu d'air frais ! Soudain, je m'arrête, complètement pétrifiée. Devant moi se tiennent trois personnes, me tournant le dos. Une femme aux cheveux noires, un homme aux cheveux châtains, tous deux tenant la main d'une petite fille qui a la même couleur de cheveux que l'homme. Non... Ce n'est pas possible...

Dans un élan d'effroi et d'espoir, je cris :

- MAMAN! PAPA! ANNIE!

Les trois personnes se retournent, révélant des visages inconnus. Ce n'est pas ma famille. La gêne, la déception ravagent mon cœur, balayant la lueur d'espoir qui vient à peine de naître en moi.

- Oh... Pardon..., m'excusé-je au près des gens. Je vous ai pris pour...

Mais déjà, je sens les larmes me monter aux yeux et je m'enfuis en courant. Après avoir piqué un sprint, je reprends un rythme normal, essuyant rageusement mes larmes avec le dos de ma main. Pff... Faut que j'arrête ça tout de suite ! Je pensais réussir à les oublier... En plus, je les vois mal se promener dans une ville aussi loin de la maison... Tout à coup, surgit un ballon de foot qui se refuge à mes pieds. J'entends alors de l'autre côté de la rue les voix de plusieurs garçons s'adressant à moi :

- Eh toi ! Tu peux nous rendre la balle ? Oui, toi !

Je saisis habillement le ballon par le pied malgré le fait que je porte des ballerines, fait quelques figures dont moi seule est le secret, le fait rebondir sur ma tête, une, deux, trois, quatre, cinq fois avant de le renvoyer en pleine chute par un coup de pied vers la coure où jouent les garçons.

- Comment elle a fait ça ? s'ébahit l'un d'eux.

- Elle est super forte!

- Hé toi là-bas ! Tu veux faire une partie avec nous ? Il nous manque un joueur !

Je n'en crois pas les oreilles. Ils m'acceptent ? Je ne peux empêcher un sourire fleurir sur mon visage. C'est génial !

Je tire et marque. Oh Yeah ! Je déjà marqué 6 buts, faisant rattraper mon équipe qui était en marge. Comme ça m'a manqué le foot...

- Ouah, tu te défends bien ! me complimente un des garçon de mon équipe aux boucles blondes. J'avoue que je t'imaginais pas du tout comme ça quand je t'ai vu avec ta robe noire.

Je baisse les yeux sur ma tenue, rougissant légèrement.

- En fait, j'ai perdu mon sac...avec mes vêtements de rechange, je mentis, honteuse de ne pas avoir d'autres vêtements que ma robe.

Le jeune garçon tend sa main vers moi, souriant, comme si j'étais un garçon moi aussi :

- Je m'appelle Michael.

- Et moi, Lily, lui répondis-je lui rendant son sourire, serrant délicatement sa main pour ne pas la broyer.

- Ravi de t'avoir parmi nous, Lily.

Mon nouvel ami et moi continuons notre partie de bonne humeur, se tapant par moments de foi rire. Trop cool ! Même les vampires peuvent se faire des amis ! C'est bon signe pour l'avenir ! Je ne suis pas forcée de rester toute seule et... Soudain, un autre garçon de mon équipe, du genre costaud et plus grand que moi avec un nez de cochon, me pousse pour me prendre la balle. Ne voulant pas me laisser faire, je le repousse, alors il me cogne la figure avec son coude. Je me masse la joue, les sourcils froncés.

- C'est quoi son problème, pesté-je.

- Fais gaffe ! m'avertit Michael posant une main sur mon épaule. Danny est mauvais joueur. Et... Il n'aime pas les filles...

- Danny, tu triche ! lui hurle un de mes co-équipier.

Nous reprenons le jeu. Alors la balle vole en l'air. Je cours pour la rattraper.

- Je l'ai ! beguaiyé-je.

Seulement, je n'ai pas vu Danny foncer sur moi. Il en profite pour me foutre un violent coup de genoux dans le ventre. Si j'étais en meilleur santé, je n'aurais rien sentis, sauf que ce n'est pas le cas, alors je m'effondre au sol, mes deux bras repliés autour de moi. Je vois Michael se précipiter vers moi :

- Ça va, Lily!

Mais je ne l'entends pas. Non... Je sens la rage bouillir en moi, mes dents se serrent sous la contraction de ma colère. Je relève les yeux, perçant d'un regard venimeux Danny qui a repris la balle.

- Non mais..., murmuré-je, haineuse, ne me rendant pas compte que je commence à effrayer Micheal. Pour qui tu te prends, espèce de p'tit con... J'ai dit... QUE JE L'AVAIS !

Et aussi vive qu'une flèche, je me lève et cours vers Danny pour lui flanquer un coup de pied. Mon coup est sans retenue. J'aurais dû être plus prudente. Car l'instant d'après, un effroyable bruit d'os brisé se fait entendre, suivit d'une giclée de sang. Le hurlement de douleur de Danny retentit dans tout le quartier. Il s'écroule poussant des gémissements et tous viennent autour de lui pour lui porter secoure.

- C'est son os ? s'horrifie un garçon.

- Il est sorti de sa chair ! s'écrit un autre.

Je suis secouée de tremblements de peur. Oh Mon Dieu ! Mais qu'est-ce que j'ai fais ?!

- N... Non, Micheal. Je ne voulais pas..., dis-je d'une petite voix complètement étouffée. C'est un accident...

Je m'approche d'un pas mal assuré, mais recule très vite. Ils me regardent tous avec ces visages effrayés, de la sueur froide coulant de leurs tempes et ce regard emplis de peur, ce même regard avec lequel m'ont dévisagé Tommy, Pierre et mes copains.

Ce regard qui dit : "T'approche pas ! Espèce de monstre !".

C'est trop. Ne sachant plus quoi faire, je m'enfuis, m'éloignant le plus possible d'eux. Derrière moi roule le ballon de foot, tâché de sang...


La nuit était tombée depuis longtemps. Nous nous sommes arrêté dans un église en ruine à plusieurs kilomètres de la ville, M. Crepsley et moi. Il avait vzitté, alors maintenant il se repose. En attendant, je prépare le repas : soupe de poulet, le mieux que je puisses faire. La casserole sur le feu, je touille la breuvage. Je n'ai pas dit un mot depuis que nous avons quitté l'hôtel. Je n'ai même pas donné la moindre explication à M. Crepsley sur notre départ précipité. Enfin, mon maître se réveil, s'étirant en redressant le dos.

- Hum, ça sent bon, sourit-il, s'installant face à moi.

Je lui tends son assiette, silencieuse.

- Je risque d'y prendre goût ! se marre-t-il gentiment.

Il souffle sur sa bouchée avant de continuer :

- Tu veux bien m'expliquer à présent ce qui c'est passé cet après-midi ? Pourquoi a-t-il fallu qu'on parte si vite ?

Inspirant profondément, je lui contes mon récit. Quand nous avons terminé notre dîner, j'arrivais à la fin. Crepsley me considère gravement :

- Je vois... Une fâcheuse histoire.

Je broie du noir. Ce qui s'est passé aujourd'hui prouve que jamais je ne pourrai avoir d'amis. Je serai toujours seule. Il n'y aura que Crepsley et moi.

- Il va pourtant falloir que tu t'habitues, me dit doucement mon maître. La prochaine fois, tu devras faire plus attention.

- Il n'y aura pas de prochaine fois. Je suis un vrai danger ! Je ne peut plus avoir d'amis.

Creplsey fronce les sourcils, intrigué.

- Pourquoi ça ?

- Parce qu'entre amis, on se dit tout ! exposé-je, me levant brutalement. Je me vois vraiment mal avouer à mon copain :"Tu sais quoi ? J'suis une vampire !"

- Mais c'est notre destin ! proteste alors Crepsley comme si c'était la chose la plus évidente au monde. Est-ce vraiment si important ?

Quoi ? J'ai dû pas bien entendre là. Si c'est pas important ? Les amis ? Mais il se fout de moi ! Je serre les points, la tête baissée.

- Évidemment, les amis ne comptent peut-être pas pour les adultes..., marmonné-je, révoltée. Ils ont leur boulot, leur passe-temps qui les occupent...

Je redresse alors la tête, lui crachant toute ma rancœur :

- Mais moi, mes amis, c'était ce qui comptait le plus avec ma famille ! Vous ne comprendrez jamais ce que je ressens !

Et alors il se passe un truc inimaginable : Crepsley détourne son regard, gêné. Il avait l'air mal à l'aise et...on aurait dit autre chose. Non... Cela ne se peut...

Ne me dites pas qu'il est...

Il se laisse tomber en arrière, avachît. Le front tendu, il enterre son visage dans sa large main.

- Je suis désolé, Lily, murmure-t-il. Je n'aurais pas dû faire de toi un vampire. Je ne voulais pas que tu souffres, je...

Il doit faire la comédie pour m'attendrir. Oui, c'est ça. Alors...

Pourquoi mon cœur me fait-il aussi mal ?

J'ai cette envie de pleurer. J'ai comme des cailloux dans la gorge. Je me rassois, regardant ailleurs.

- Ça ne sert à rien d'avoir des regrets maintenant..., soupiré-je. C'est ma faute, de toute manière...

Le regard perdu dans le vague, Crepsley refoule un soupire :

- Nous sommes différents des êtres humains... Tu auras beau faire pour tout ce que tu peux pour être normal, c'est impossible. De tels incidents risquent de se reproduire.

Et voilà. C'est confirmé. Je n'aurais jamais d'amis. Comment peut-on être ami avec un humain sans être constamment obligé de faire attention de ne pas le blesser ? C'est comme dit M. Crepsley, impossible.

- Mmm, attends un instant..., réfléchit mon maître, soudain sortit de sa trompeur. Si tu n'es pas normale, cela signifie que...

Je dévisage, tout à coup curieuse.

- Que quoi ? demandé-je.

- Mais bien sûr ! s'exclame-t-il bondissant sur ses pieds, les bras levés au ciel, me faisant sursauter. C'est la solution pour que tu puisses passer du temps avec des compagnons ! Ha Ha ! J'aurais dû y penser plus tôt !

Penser quoi ? Qu'est-ce qu'il veut dire ? Pourquoi est-il si joyeux tout à coup ?

- Lily, on peut te trouver des amis !

- Hein ? lâché-je, de façon que je trouve un peu abruti. Vous venez de dire que c'était dangereux d'être avec des humains !

- Qui te parle d'humains ? Je te parle d'êtres dotés de pouvoir spéciaux comme nous ! Lily, que dirais-tu d'entrer dans la troupe du Théâtre de la Lune ?

Mes yeux s'agrandissent de stupeur face à cette proposition.

Moi ? Au Théâtre de la Lune ?