Bonjour, bonjour!
Puisque vous mourrez d'impatience de lire la suite de ma formidable fanfiction (hum hum, nous y croyons...), la voici sans plus attendre (On me chuchote à l'oreille que je suis un peu folle... Ne vous inquiétez pas, je suis aussi saine d'esprit que Luna Lovegood)
Les paroles en italique dans le texte veulent dire que Fleur parle en français. Les quelques paroles en italique dans les dialogues de William signifient qu'il tente de parler en français.
Que ressens Fleur ? Est-elle peinée ? Furieuse ? Anxieuse ? Attristée ? Comment se sent-elle suite aux révélations de son époux ? (Que nous avons tous et toutes envie de secouer comme un prunier ou un cocotier, au choix)
Comme vous allez pouvoir le constater dans les points de vue suivants, nous allons pouvoir remarquer que nos protagonistes préférés sont ensemble. Les scènes se ressembleront un peu, mais en ayant toujours le ressenti de l'un et de l'autre. Le pont de vue des événements changent justement, même s'ils sont à nouveau ensemble. (Tout ceci est très clair, avouez-le mdr)
Merci encore à MrsBrunette (aka super-héroïne que j'aime bien) pour sa révision, ses conseils et ses réactions ^^
Bisous et bonne lecture,
Jess-Lili
Fleur s'était figée, comme si elle devait être fautive de quelque chose. Son mari s'approcha d'elle pour la prendre dans ses bras. La jeune femme regarda le rouquin un instant, avant d'enfin réagir et de le serrer contre elle avec force. Il passa une main dans ses cheveux qu'elle portait courts depuis ce matin. Il effectua ce geste jusqu'au moment où elle se défit de son étreinte pour le regarder avec sérieux.
- Ça fait plaisir de te voir, William… Ça faisait un moment… Mes parents sont à l'intérieur. On pourrait aller dans la dépendance pour discuter… Je crois qu'on a besoin de le faire. Sans prendre la fuite, cette fois.
La jeune femme fit signe à William de la suivre jusqu'au bâtiment annexé à la maison familiale. Une fois à l'intérieur, elle se retourna et prit appui sur le comptoir. Fleur fixait le conjureur de sorts, comme si elle essayait de déceler le moindre changement en lui. Le silence semblait s'éterniser entre les deux. Elle semblait attendre qu'il parle en premier et lui, semblait vouloir faire durer son mutisme. Cependant, lorsqu'il il fit signe à Fleur de s'asseoir, chose qu'elle refusa d'un bref signe de la tête. Elle continua de le fixer. William s'assit et se racla la gorge.
- Fleur, je suis conscient que j'ai agis en lâche en partant comme je l'ai fait et en ne t'écrivant qu'une seule fois en trois mois. J'aurais dû le faire plus souvent et surtout, tu avais le droit à plus d'explications de ma part. Je suis peut-être allé à Gryffondor, pendant mes années d'études, mais le courage ne vient pas toujours avec l'intelligence. Tu avais le droit d'avoir plus d'explications et tu n'as sûrement pas compris mon choix, mais j'en avais besoin. Je devais prendre mes distances.
Son mari arrêta de parler et un autre silence envahit la pièce, Fleur continuait de le regarder, attendant la suite. Elle ne savait pas quoi dire, elle patientait, elle voulait qu'il parle en premier, tout lui paraîtrait moins difficile de cette façon. Elle avait envie de se blottir contre lui, de passer ses mains dans ses cheveux qui avaient légèrement poussé en trois mois, poser un tendre baiser dans son cou, tout près de la pomme d'Adam ou sous son oreille, cet endroit qui le faisait craquer, qui lui faisait perdre ses moyens. Lorsqu'il cacha son visage dans ses mains, elle eut terriblement envie de s'approcher de lui, mais elle ne le fit pas. Elle se contenta de continuer de le regarder, comme si elle pouvait extraire ses pensées de sa tête. Pourquoi n'avait-elle pas choisi des cours de legilimancie à Beauxbâtons ? Elle entendit son mari soupirer, avant qu'il ne recommence à parler.
- Ça fait huit ans qu'on se connaît. Huit ans d'amour. On s'est fiancés rapidement à cause de la menace de la guerre. Peu avant notre mariage, il y a eu l'attaque de la tour d'astronomie et mes blessures infligées par Greyback. Cet événement, bien que malheureux, a prouvé à tout le monde, la profondeur de ton amour. À ce moment, tu as fait preuve d'un amour inconditionnel. D'un courage et d'une force sans nom aussi. À cet instant, j'ai voulu que tu partes. Je n'ai pas voulu être un fardeau pour une femme à la beauté époustouflante comme toi. Tu es restée, tu as calmé mes craintes et mes doutes. Tu m'as aimé alors que je te repoussais. À notre mariage, j'ai compris pourquoi je t'aimais tant. J'ai voulu te protéger des Mangemorts et pourtant, tu les as affrontés avec courage et brio encore une fois. Tu n'aimes pas rester dans l'ombre, tu préfères l'action. Où je veux en venir, c'est que ce manque d'action nous a affecté tous les deux. Avec l'arrivée des enfants, la routine qui s'est installée…
Le jeune homme se tut à nouveau. Il semblait se perdre dans ses pensées, encore une fois. La jeune femme s'impatientait légèrement. Ne pouvait-il pas tout dire directement au lieu de passer par mille chemins ? William la surprit en changeant brusquement de sujet.
- Qui était l'homme avec toi, tout à l'heure?
Fleur eut enfin une réaction. Elle s'avança vers lui, calmement, sentant le poids du regard de son époux sur elle. Elle s'arrêta devant lui, l'obligeant à cesser sa marche. Elle braqua ses yeux bleus dans ceux de la même teinte de William.
- C'était Maxence. J'ai passé la journée avec lui.
Le jeune homme la regarda. Fleur pouvait presque voir les rouages de son esprit tenter de se rappeler où il avait déjà entendu ce prénom. Le visage de William changea pour adopter un air inquiet. Fleur sentait qu'il tentait de camoufler d'autres émotions.
- Tu étais avec Maxence… Tu as passé la journée avec lui… On parle bien du même Maxence ? Celui qui t'as blessée, insultée ou que sais-je!
- Oui. J'étais avec lui. Il n'a rien tenté, William… Tu n'as pas à être jaloux ou inquiet. Tout s'est bien passé. Il n'a pas tenté de m'enlever pour m'apporter ailleurs. On a simplement passé la journée ensemble, il s'est excusé pour son comportement passé. Vaut mieux tard que jamais. Mais là n'est pas le sujet. N'essaie pas de te défiler, j'ai le droit d'avoir des explications.
Son mari poussa un autre soupir, tandis que Fleur recula de quelques pas. Mettant une distance sécuritaire entre eux. Elle retenait avec peine les émotions qui la submergeait.
- J'ai accepté de travailler en Égypte parce que c'était un contrat que je ne pouvais pas refuser, mais aussi parce que j'avais besoin de prendre mes distances avec toi… et avec les filles. L'arrivée des enfants nous laisse peu de temps pour nous deux… Depuis quelques temps, j'avais l'impression d'étouffer dans notre relation. C'est peut-être dû à la monotonie du couple, à la routine qui s'est installée, mais j'avais besoin de prendre du recul. Parfois, je me demande si nous ne nous sommes pas précipités à cause de la menace de la guerre… Nous aurions peut-être dû apprendre à mieux nous connaître. J'aurais dû prévoir ce que c'était de vivre avec une personne ayant du sang de Vélane. J'aurais dû réfléchir plus longuement pour savoir si j'étais prêt à vivre avec une femme dont tous les hommes veulent… Fleur, j'avais besoin de ce voyage pour me rendre compte à quel point je t'aime.
Fleur déglutit péniblement et tentant de masquer les larmes qui lui venaient aux yeux. Ce n'était pas le moment de craquer, pas devant lui, du moins. Il s'approcha lentement d'elle, sans la quitter des yeux. Il posa ses mains sur sa taille et Fleur tressailli. Tout ce qu'elle souhaitait, c'était qu'il ne remarque pas le petit arrondissement de son ventre ou le léger élargissement de ses hanches. Autant elle voulait ce contact, autant elle ne le voulait pas. Elle ne pouvait pas se contenter que de ces explications, elle voulait savoir. Cependant, son toucher lui avait manqué, elle n'arrivait pas à le repousser. Après quelques instants d'hésitation, elle posa sa tête sur son torse en soupirant. William posa une de ses mains dans ses cheveux, gardant l'autre sur sa taille. Un moment passa, alors qu'ils restaient dans cette position. Cette fois, aucun des deux ne semblait vouloir briser le silence qui s'était installé. Quand le jeune homme glissa sa main sur sa nuque, elle retint avec peine le frisson qui lui parcourait l'échine.
William arrêta de caresser ses cheveux et sa nuque. Il la repoussa doucement et recula. Il prit alors un air sérieux et la regarda.
- Fleur, j'aimerais que tu t'assoies, s'il te plaît. Je dois te parler et ça n'a aucun rapport avec les raisons de mon départ.
- Qu'y a-t-il d'autres, William ?
- Assieds-toi, s'il te plaît.
La jeune blonde se dirigea vers la table et s'assit. William la suivit et s'installa en face d'elle. Son mari baissa la tête un moment. Lorsqu'il la releva, il semblait avoir de la difficulté à ancrer son regard dans le sien.
- Fleur, j'aimerais que tu me laisses parler, d'accord ? Ne m'interrompt pas et si tu veux crier ou que sais-je, fais-le après. Je sais que rien ne pourra atténuer ce que j'ai fait, mais laisse-moi m'expliquer avant de dire quelque chose.
Fleur tenta de rester le plus calme possible, mais elle se sentit pâlir. William ne faisait rien pour la rassurer et elle attendit, avec une certaine appréhension et nervosité, la suite.
- Je… Par Merlin… Fleur, sache que ce n'était pas prévu, d'accord. Ça faisait des semaines, des mois, que… Qu'il manquait de chaleur dans mon lit. Mais encore plus longtemps qu'on n'avait pas… Florence était là… Elle ne cherchait pas à cacher son attirance pour moi et j'ai eu un moment de faiblesse. Ce n'est arrivé qu'une fois, la fois de trop, j'en suis bien conscient, mais à ce moment-là, la chaleur d'un corps me manquait. Sans réfléchir, je l'ai invité à dîner, on a bu plus que nécessaire, on a dansé et les choses se sont enchaînées. Elle s'est offerte à moi et je ne l'ai pas repoussée. J'ai répondu à ses baisers, à ses caresses…
À mesure qu'il parlait, Fleur se perdait dans ses pensées. Elle tentait de contrôler la colère qui l'habitait. Elle devait rester calme, même si son mari venait de lui dire qu'il l'avait trompée. Elle prit une profonde inspiration. Elle le regardait calmement, en silence, mais elle se mordait la lèvre, retenant avec peine son envie d'hurler. Quand elle se leva pour s'approcher de lui, elle sentit son époux la suivre du regard et dans le temps de crier « Quidditch », elle abattit sa main sur la joue de William. Elle n'en retira aucune satisfaction. Elle aurait pu le gifler plus d'une fois, si elle ne s'était pas retenue… Rien ne pouvait apaiser son sentiment de trahison et la douleur qui semblait lui labourer le coeur. Des larmes perlaient aux coins de ses yeux, mais elle ne pouvait les lui montrer. Elle tourna les talons pour se diriger vers la cuisine, mettant à nouveau une distance entre elle et lui. Il tenta de s'approcher d'elle, mais elle l'arrêta d'un mouvement de la main. À cet instant, Si William avait pu être assassiné d'un regard, il serait mort sur-le-champ.
- Fleur, c'est toi que j'aime… C'est toi que j'aime. Ça ne voulait rien dire avec Florence… Je…
- Tais-toi! Tais-toi, William! Ne dis rien de plus!
- Fleur…
- Tais-toi Par Morgane! Ne me fais pas détester le bleu de tes yeux…
La jeune femme avait dit cette phrase avec une douceur qui contrastait avec ce qu'elle ressentait intérieurement. Le bleu… Cela avait pris des années à Fleur avant d'en apprécier chaque nuance. C'était grâce à son mari qu'elle y avait repris goût et voilà que tout volait en éclat. Voilà qu'un bleu qu'elle adorait venait de ternir à ses yeux. Il venait de perdre toutes les teintes qu'elle adorait, quelques temps auparavant.
- Ne me fais pas détester à nouveau le bleu… Alors tais-toi. Ne dis plus rien. C'est à mon tour de parler, maintenant. Tu sais, William, je t'ai aimé dès la première fois que je t'ai vu. J'avais à peine dix-huit ans, c'était avant la dernière tâche. Je les fêtais, le jour même. J'étais persuadée que tu étais celui qui allait balayer mes peurs et mes doutes d'un geste de la main. J'étais convaincue que tu allais être celui qui allait me faire aimer le bleu à nouveau, après tant d'années à le craindre et à le détester. J'aimais me perdre dans tes yeux couleur océan. Il y a eu nos fiançailles, la bataille, notre mariage, la guerre, puis bien après, les enfants. Deux fillettes formidables. Depuis huit ans, j'apprends à aimer le bleu à nouveau, j'apprends à en apprécier toutes ces nuances. Peu avant ton départ, le bleu a perdu de son éclat. Je te sentais distant, mais je m'accrochais. Tu es parti et je me suis retrouvée seule, sans aucune attache, à part les enfants. Notre seul rapprochement a été le soir de notre anniversaire de mariage, William. Notre seul rapprochement depuis des semaines! Sais-tu ce que ça a apporté? Non, tu ne peux pas le savoir. Parce que moi-même, je ne le savais pas avant il y a deux semaines. Dans mon ventre, il y a un autre enfant. Un autre qui va m'apprendre à apprécier toutes les nuances de couleur de la Terre. Avec ou sans toi, William. Avec ou sans toi…
Après cette révélation, Fleur sortit presque en courant de la dépendance, sans que son mari tente de la retenir. La jeune blonde resta un moment dehors, à essayer de calmer ses larmes et sa respiration. Quand elle entra dans la maison, elle fit le moins de bruit possible, avant d'aller s'enfermer dans sa chambre, où elle éclata en sanglots. Fleur était une personne forte. Elle n'en avait jamais douté ou presque, mais lorsque sa vie semblait lui glisser des mains, elle avait envie de mettre un genou au sol ou même son corps au complet. Pour mieux se relever par la suite. Appuyée sur le mur, contre lequel elle s'était laissé tomber, elle posa légèrement une main sur son ventre. Elle avait encore de la difficulté à réaliser qu'il y avait une petite chose qui s'y était nichée. Elle perdit le compte des minutes, jusqu'au moment où un bruit attira son attention. Souhaitant tout d'abord l'ignorer, elle finit tout de même par se lever. N'ayant pas pris le temps d'enlever son manteau en arrivant dans son aile de la maison, la jeune femme sortit sur le balcon sans ressentir le froid. Lorsqu'elle remarqua, plus bas, William, elle poussa un soupir las. N'avait-il pas compris qu'elle préférait être seule ?
- Fleur, s'il te plaît, laisse-moi entrer. On doit parler, plus longuement.
La mère de famille laissa fuser une exclamation d'exaspération et secoua la tête. Il n'avait vraiment rien compris. Absolument rien compris! La jeune femme secoua la tête avant de lui répondre, tentant de contenir d'autres larmes, mais essayant surtout, de garder un ton bas, malgré la colère qui bouillonnait en elle. En vain, sûrement puisque sa voix lui semblait plus sifflante.
- William, pars. Va-t'en! Ça ne fonctionnera pas! Je ne peux pas… tu ne peux pas...
- Fleur, s'il te plaît. Je ne te demande que dix minutes, d'accord? Pas une minute de plus.
- Non. J'ai besoin de réfléchir. Ne reste pas là, les bras ballants et l'air suppliant. Va dans la dépendance. Hors de ma vue.
- Fleur…
La jeune femme ne put retenir un petit hurlement de rage et de douleur. Elle avait l'impression que son cœur se fissurait et que quelques morceaux tombaient de haut, pour aller se poser aux pieds de William. Elle avait mal. La gorge nouée, elle cria, espérant qu'il comprendrait à présent. Elle ne voulait pas de sa présence, elle ne voulait pas entendre sa voix, suppliante et triste. Elle voulait qu'il la laisse seule.
- Je t'ai dit de partir. Fous-le camp, William Weasley! Va-t'en! Casse-toi! Laisse-moi tranquille! Laisse-moi seule! N'essaie pas… n'essaie pas de revenir, la mine basse, repentant!
Après un moment de doute, Fleur fit glisser son alliance de son doigt. Elle agissait probablement sur un coup de tête, mais elle s'approcha de la balustrade et la laissa tomber. La jeune blonde la vit presque atterrir aux pieds de son mari. Elle tourna les talons d'un mouvement brusque. Elle ne laissa pas le temps à son époux de répliquer quelque chose. Un nouveau cri se bloqua dans sa gorge. Elle ne savait pas si elle allait pouvoir lui pardonner. Elle sentit à nouveau des larmes couler sur son visage, terne et fatigué. Elle se changea, avant de se laisser tomber sur son lit. Décidant d'évacuer sa rage et sa douleur, elle commença à frapper son oreiller de toutes ses forces. Elle se recroquevilla un peu sur elle-même. Peut-être... Elle ne pouvait pas garder cet enfant. À l'instant où cette pensée effleura son esprit, la jeune femme secoua la tête. Elle s'horrifiait. Elle se savait incapable de poser un tel geste. Ce petit être l'avait choisi comme petit nid. Elle ne pouvait l'en priver. Il ne demandait qu'à naître. Elle ne pouvait lui refuser ce droit. Elle l'avait dit à William. Elle élèverait cet enfant avec ou sans lui. Elle s'endormit des heures plus tard, ayant épuisée ses forces physiques et mentales.
