En sortant de la maison, je prends la bagnole et file jusque chez Reio. Il a emménagé tout seul il y a deux ans, à mi distance de chez Jin et de chez leurs parents. Ils sont plutôt proches dans la famille.

Je me souviens qu'il avait flotté à pleins seaux pendant toute la durée du déménagement et que c'est là que j'avais capté qu'Akanishi junior était dingue de moi, parce qu'il avait passé la journée à me mater dans mes fringues trempées, alors que j'étais pas sex du tout avec mes tifs plaqués sur le crâne. Il a rien tenté depuis cela dit, alors j'espère qu'il m'aime toujours, sinon je vais avoir du mal à lui faire promettre le secret. J'en serais presque à souhaiter qu'il flotte aujourd'hui aussi. Histoire de m'assurer sa coopération. J'espère aussi qu'il est là et pas à la fac. Histoire de pas avoir l'air con devant sa porte vu que j'ai pas son numéro de portable. Bref… ça fait beaucoup d'espoir.

Mais en ce qui concerne la pluie, ça a l'air bien parti vu la gueule du ciel. Bien gris foncé, c'est clair que ça va tomber. La question c'est : quand ? Du coup, je roule pas vite. J'espère. Allez tombe… Tombe. Tombe ! Je suis même prêt à aller au temple remercier les dieux dès demain s'il se met à pleuvoir.

Après quelques minutes, je me gare en bas de chez lui, coupe le contact… et attends. Tant pis si je poireaute, j'ai trop besoin d'avoir tous les atouts dans mes manches. Et le temps passe. Lentement. Jusqu'à ce qu'enfin, après une vingtaine de minutes, un éclair déchire le ciel, accompagné d'un grondement sourd. Une goutte s'écrase sur le pare-brise, puis une autre et enfin, un véritable déluge s'abat. Super, je suis verni ! Merci là haut !

Je sors donc de la voiture et, comme ce jour-là, suis trempé en moins d'une minute. Mes fringues sont pas épaisses, alors elles collent bien à mon corps de rêve. C'est parfait. Je verrouille la caisse et file jusqu'à la porte de son immeuble, avant d'appuyer sur le bouton de son interphone. Quelques instants s'écoulent, puis la voix de junior se fait entendre dans le haut parleur.

« Oui ? »

- C'est Kame.

« Kame ?! Qu'est ce que tu… »

- Je peux entrer avant qu'on discute ? Je suis tempé.

« He ? Oh oui bien sûr. Je t'ouvre. »

Un bzzz caractéristique se fait entendre et j'entre dans le hall, avant de monter au troisième étage. J'ai même pas le temps de frapper, qu'il a déjà ouvert la porte. Pressé ?

- Salut Reio.

Il a ses lunettes sur le nez, donc ça veut dire qu'il était plongé dans ses cours. Il fait des études de graphisme ou un truc comme ça. C'est une tête lui aussi, comme Jin.

- Salut Kame. Entre.

J'entre donc… et lui laisse tout le loisir de détailler mes formes, ce qu'il se prive pas de faire, les yeux écarquillés derrière ses lunettes. Pour un peu, il baverait. Génial, je lui fais toujours de l'effet. Mon petit poisson est ferré, héhé. En plus il est loin d'être moche, le Reio, alors c'est pas désagréable du tout.

- Désolé, je fous de la flotte partout.

J'ai pris mon ton le plus contrit exprès.

- Je… Non c'est… rien… Je bais… vais te chercher une serviette.

Il file sur ces mots et moi je suis bien content. Si juste le fait de me voir le met dans cet état de nerfs, il pourra rien me refuser. Et s'il a des scrupules, je sais quoi dire pour qu'ils s'évanouissent.

- Tiens ?

Il a réapparu. Sans ses lunettes, tiens donc.

- Tu sais que tu es devenu plutôt beau ? dis-je comme si l'idée venait de me traverser l'esprit.

- He ? Oh… Merci… dit-il en prenant une jolie couleur tomate.

Il y a un blanc et j'en profite pour passer la serviette dans mes cheveux, sans le quitter des yeux.

- Ano… tu es juste passé me rendre visite ou tu voulais quelque chose ?

C'est un petit malin. Lui et Jin peuvent vraiment pas se renier l'un l'autre.

- Les deux on va dire. Je venais prendre de tes nouvelles parce qu'on s'est pas vus depuis longtemps et aussi te demander un service si tu veux bien.

- Un service ? Lequel ?

- Avant d'en arriver là, donne-moi des nouvelles. Quoi de neuf dans ta vie N

- Heu… Bah pas grand-chose en fait… Les cours, tout ça…

- Toujours célibataire alors ?

- Heu… Oui…

Super, ça m'arrange.

- Oh… C'est dommage, un beau gosse comme toi.

Manifestement gêné, il se passe la main dans les cheveux.

- Tu veux boire un truc ? Désolé de pas y avoir pensé avant, mais j'ai pas souvent de visite alors…

- Je veux bien de l'eau.

- T'en as pas pris assez là ? Je t'amène ça. Assieds-toi.

- Je vais tremper ton canapé.

- Vu son état, il craint plus grand-chose de toute façon.

Il s'esquive vers sa minuscule kitchenette et en revient avec mon verre d'eau.

- Jin est venu te voir récemment ? demandé-je en prenant le verre qu'il me tend.

- Pas depuis un moment non. Mais je pense que nii-chan est très occupé au club.

Il continue à l'appeler "nii-chan" comme quand il était gosse. C'est mignon. Par contre, sa réponse m'arrange pas, parce que ça veut dire que mon meilleur ami peut se pointer le voir n'importe quand et tomber sur les montages qu'il sera en train de faire. Et ça, ça ferait pas du tout mes affaires.

- Il est plutôt demandé oui.

- Donc je m'en formalise pas. Il viendra quand il… pourra…

Il a eu du mal sur la fin de sa phrase, parce que j'ai volontairement (mais discrètement quand même pour pas que ce soit trop grillé non plus) laissé de l'eau me couler sur la gorge. C'est froid mais je tiens bon et je le vois déglutir.

- Ano… et donc ce service ?

- Ah oui. J'aurais besoin que tu fasse des montages photo de moi avec quelqu'un dont je n'ai pas de photo.

Il a l'air interloqué.

- Quelqu'un dont tu n'as pas de photos ? Qui ?

- Heu… Taguchi Junnosuke, tu connais ?

- Non, le nom me dit rien. Il est connu ?

- C'est un mannequin.

- Ah. Et je suppose que tu l'admire. C'est pour ça que tu veux des montages de vous ensemble ?

- Exactement.

Brave petit, il m'épargne la peine de chercher une excuse en m'en trouvant une lui-même. Apparemment j'ai un bol pas possible, il a pas l'air d'avoir regardé la télé, donc non seulement il sait pas de qui il s'agit, mais il est apparemment pas au courant de la disparition. Trop bien.

- Tu peux le faire ?

- Oui c'est facile. Mais tu as des photos de toi au moins ?

- On peut les prendre avec mon portable.

- Ok. Il t'en faut combien et pour quand ?

- Autant que tu peux… pour demain.

Ma demande lui fait écarquiller les yeux.

- Demain ?! Désolé Kame, je peux pas. J'ai un partiel dans deux jours et je peux pas me permettre de… (je lui fais une bouille chou) prendre du retard… (avec des yeux de chat potté) dans mes révisions… (il soupire) D'accord… Si je fais nuit blanche, je devrais avoir le temps de t'en faire deux ou trois… Tu veux quel genre ?

- Merci Reio, t'es le meilleur ! fais-je en lui sautant au cou. Heu de la vie de tous les jours. Genre en train de cuisiner… Des trucs comme ça. Et puis… ben je prendrais toutes celles que tu pourras faire pour demain et les autres, tu les feras quand tu auras le temps, ne.

- D'accord.

- Tu veux quoi en échange ?

- He ? Je veux rien.

- Tu es sûr ? fais-je d'une voix sensuelle. Même pas… moi ?

Il devient cramoisi en comprenant ce que je veux dire.

- Qu… Qu'est ce que tu raconte, Kame ? Tu as bu ?

- Rien d'autre que de l'eau. Et tu m'as très bien compris, mon chou. Je te propose une nuit avec moi en échange de ce service.

- Ce… C'est… pas utile… Je t'arusse… Je t'assure…

Il est mignon à bafouiller comme un collégien. Il a beau avoir un an de moins que moi, s'il est monté comme Jin (je l'ai assez souvent vu à poil depuis qu'on se connaît), je suis sûr que je vais prendre un pied pas possible. Du coup, j'avance vers lui, un pas après l'autre et lui recule d'autant, jusqu'à être bloqué par son bureau.

- K… Kame, arrête…

- Oh le vilain menteur… En fait tu ne veux pas du tout que j'arrête, ne Reio ? Avoues.

- Je…

- Et si tu m'embrassais ? Je sais que tu en crève d'envie, tu fixe ma bouche depuis cinq minutes.

- Je… peux pas… Si nii-chan l'apprend, il…

- Pourquoi il l'apprendrait ? On est seul… Ce qui se passera entre toi et moi ne sortira pas de cet appartement… Oublie Jin, oublie tout le reste, ne pense qu'à moi...

Je fais vraiment le démon tentateur là, mais maintenant que j'ai commencé à le provoquer, je veux savoir de quoi il est capable dans un pieu.

Comme il hésite encore, je l'attrape par le col de son t-shirt et l'approche de moi, pour passer ma langue sur ses lèvres.

Il sursaute et commence par essayer de se dégager de ma poigne mais, après quelques minutes de ce traitement, il craque totalement et, de lui-même, fonds sur les miennes. A ma grande surprise, il les englobe, les suçote, les mordille, puis glisse sa langue à la rencontre de la mienne, l'entoure, la tâte, la caresse, danse avec elle de façon torride, me coupant le souffle. Putain… Il embrasse comme un dieu le petit. J'aurais jamais cru ça. Du coup, je bande. Tout à l'heure je jouais, mais plus maintenant. Il m'a donné envie. Je lui dirais bien de me baiser, mais je crois pas qu'il apprécierait la formulation. Brusquement, il s'écarte.

- Je… Il vaut mieux que tu parte, Kame. Je… J'aurais même pas du faire ça… Si Jin l'apprend, il me tue.

- Et tu vas rester dans cet état ? dis-je en désignant la bosse conséquente qui déforme son jean.

- He ? Oh… Je…

- Sois pas bête, je vais t'aider, dis-je en défaisant son pantalon, avant de poser la main sur son sexe à travers le tissu déjà humide de son boxer.

Mon geste lui tire un gémissement parfaitement indécent et absolument excitant. Il va craquer, c'est sûr. Je l'aurais, ma baise.

Je fais descendre son sous-vêtement et constate qu'il en a une grosse lui aussi. Oh la vache, ça va être trop bon.

Je le prend en bouche et commence à faire des va-et-vient. Ses protestations sans convictions sont vite noyées dans des râles de plaisir. Sa main glisse dans mes cheveux humides et s'y agrippe. D'où je suis, je le vois basculer la tête en arrière et gémir de plus belle sous l'action de ma bouche. Il ne lui faut pas longtemps avant de se décharger et je m'empresse 'avaler.

- Kame…

Sa voix est rauque.

- Viens, Reio. Fais-moi l'amour, dis-je en le prenant par la main pour l'entraîner vers sa chambre.

Je lui ai pas demandé, mais je suis sur presque à cent pourcent que c'est un dominant. Ca se sent à la façon dont il embrasse.

Il ne proteste plus de toute façon et, pendant que je laisse tomber mes vêtements un à un sur la moquette, il m'observe avec envie.

Une fois nu, je m'allonge sur son lit, offert et tend les bras vers lui.

- Prends-moi...

Il s'approche lentement, mais il a soudain un air de prédateur. Qu'est ce que je vais prendre... Génial...

Il se place au dessus de moi, me regardant avec intensité et m'embrasse de nouveau, rendant mon souffle chaotique grâce à son savoir-faire. Où il a appris à embrasser comme ça ? Dire que je le croyais innocent...

Il va pour commencer à me caresser, mais je l'arrête tout de suite.

- Non, viens. Maintenant.

- Mais...

- Je me fous d'avoir mal. Prends-moi. Tout de suite.

- Tu es fou...

- Reio...

Je lui fais mon regard que j'ai appelé mon regard de chienne en chaleur. Celui auquel pas un mec peut résister. Et vu qu'il est en train de dégager le reste de ses fringues, je crois qu'il a fait l'effet escompté.

J'ai même pas le temps de dire ouf, qu'il a déjà enfoncé sa queue bien profond en moi.

- HAAAAAAAN ! crié-je.

Il me remplit tellement, c'est un pied pas possible malgré la douleur.

- Bouge...

Visiblement il a compris comment je fonctionne, parce qu'il se met à me pilonner à grands coups de reins. Je sais pas depuis combien de temps il a pas baisé, mais c'est vraiment pas un débutant. C'est trop bon.

La tête basculée en arrière, je m'agrippe à ses épaules et accompagne chacun de ses mouvements, ce qui décuple en encore les sensations.

- Han ! Reio ! Encore !

Il s'immobilise et une de ses mains se pose sur ma bouche.

- Chut... J'ai des voisins je te signale...

Pour toute réponse, je lèche sensuellement l'intérieur de sa main et il la retire comme si je l'avais brûlé. J'en profite pour remuer le bassin, pour lui faire comprendre que j'en veux plus.

Le regard obscurci de désir, il remonte mes bras au dessus de ma tête et les immobilise, avant de recommencer à me pilonner avec force.

Au bout d'un moment, je finis par me libérer sur mon ventre et je le sens se vider en moi, longuement. Il devait vraiment avoir les couilles pleines, le pauvre.

Il retombe sur moi, essoufflé. Putain c'était trop bon. La meilleure partie de baise de ma vie et pourtant je suis connaisseur.

Il y a un moment de silence, puis sa voix s'élève.

- Qu'est ce que j'ai fais...

- Tu m'as rendu accro, je crois.

Il me fixe, manifestement interloqué.

- J'avais jamais été niqu... pris comme ça, Reio. C'était indescriptiblement bon.

- J'aurais jamais du te céder. J'ai trahi nii-chan...

Et il a l'air de sincèrement regretter.

- Trahi ? Qu'est ce que tu raconte ? En quoi me bai... faire l'amour est trahir Jin ?

Manifestement stupéfait, il me regarde comme si j'étais en train de le mener en bateau puis, se rendant compte que c'est pas le cas, il demande.

- Il t'as toujours rien dis ?

- Rien dis de quoi ?

Il soupire et je l'entend marmonner dans la barbe qu'il a pas. Ca ressemble à "qu'est ce qu'il attend ? Que quelqu'un lui pique ? Si c'était pas moi...". Je capte pas du tout de quoi il parle.

- Reio ? Qu'est ce qui se passe ?

- S'il t'as rien dis, c'est pas à moi de le faire. Rentre chez toi, Kame. Je t'enverrais des montages par mail demain matin.

- Mais on a pas pris de...

- Je vais me débrouiller. Maintenant, s'il te plait, va-t-en.

Ah bah celle-là elle est pas mal. C'est bien la première fois que je me fais virer d'un pieu. Je comprends vraiment pas ce qui lui prend.

- Tu veux pas m'expliquer ce qui...

- Non ! me coupe-t-il brusquement, comme s'il m'en voulait d'être là, avant d'ajouter plus doucement : C'est pas à moi de t'expliquer. Pars s'il te plait.

- Vous êtes durs à suivre, les Akanishi, dis-je en me redressant pour me rhabiller.

Je me dirige vers la porte, l'ouvre et me retourne sur le seuil.

- M'oublie pas, ne.

- Ca risque pas...

Je sais pas trop comment prendre cette phrase. Est ce qu'il oubliera juste pas avoir couché avec moi, est ce qu'il peut simplement pas oublier un truc que je lui ai demandé ou est ce qu'il me trouve de toute façon inoubliable ? Enfin j'aurais pas de réponse à cette question, car non seulement il a déjà refermé la porte, mais j'ai entendu le verrou. Il voulait vraiment pas risquer que je revienne on dirait. Je pige vraiment pas. Mais bon...

Aaaaaah j'en reviens pas qu'il soit un si bon coup. Non seulement il embrasse comme un dieu, mais il baise comme un dieu aussi. Il m'a libéré de mon envie inassouvie de Junnosuke. Et je regrette rien.

Un bâillement m'échappe. C'est vrai qu'avec tout ça, j'ai pas encore pioncé, mais j'hésite à retourner près de mon dieu perso pour ça.

Finalement je décide d'y aller. Encore une fois il doit avoir peur tout seul et moi je suis tellement claqué après ma partie de baise, que je vais m'écrouler en deux minutes.

Quand je passe de nouveau la porte, il a l'air surpris.

- Tu es revenu finalement.

- Tu me manquais trop. Il faut que je dorme et j'ai besoin que tu sois avec moi pour y arriver.

- Oh... So ka... Mais tu vas dormir en pleine journée ?

- Je bosse la nuit, fais-je en bâillant, avant de m'allonger sur le futon. Viens avec moi.

Sans discuter, il vient s'allonger près de moi. Il est tellement docile depuis qu'il a perdu la mémoire, c'est fou. Il me regarde, avec ses grands yeux pleins de confiance et je me sens plus fort.

- Qu'est ce que tu fais comme travail ?

- Je suis... hôte, dis-je en baillant de nouveau, prêt à m'endormir.

- Hôte ? Et... ça ne me pose pas de problème ? Je ne suis pas jaloux ?

- Mmmh...

Je suis plus en état de répondre. La dernière chose que je sens avant de m'endormir, c'est qu'il remonte la couette sur nous

A mon réveil, mon beau Junnosuke n'est pas allongé près de moi, du coup je me redresse et le vois en train de farfouiller dans tous les coins.

- Qu'est ce que tu fais ? dis-je, étonné.

- J'ai faim, avoue-t-il. Alors je cherche s'il n'y a pas de la nourriture quelque part.

De la nourr... Oh merde la bouffe ! Mon passage chez ce dieu de la baise de Reio m'a fait oublier tout le reste, y compris le bien-être de mon Junnosuke ! Quel mauvais petit ami je fais...

Je m'éjecte du futon et me confonds en excuses.

- Pardon, je suis vraiment désolé mon amour. Je devais passer au combini avant de revenir, mais j'étais tellement pressé de te rejoindre que j'ai oublié. J'y vais tout de suite. Tu as envie de manger quoi ?

- Ce que tu veux, je ne suis pas difficile je crois.

- D'accord. Je fais vite alors, dis-je avant de me hausser sur la pointe des pieds pour l'embrasser.

Il me sourit et j'ai l'impression d'avoir décroché le jackpot à la loterie. Non décidément, même si Reio est doué au lit, rien de ce qu'il pourra faire n'arrivera à me faire le même effet qu'un simple sourire de mon beau Junnosuke.

Je lui en retourne un et sors vite. Heureusement que le combini est à coté. Mais d'un coup, je pense à un truc : et si son portable sonnait et qu'il décrochait ?! Non, il doit plus avoir de batterie depuis le temps et même s'il en avait, il est pas sorti, donc il sait pas où il est. Il faut que j'arrête de me faire peur tout seul.

Une fois au combini, je cherche ce qui pourrait lui faire plaisir. Je vais réessayer les sushi quand même, parce que c'est très nourrissant. Et puis des ramen aussi. Ils peuvent me les faire chauffer et les mettre dans un gobelet iso... iso... qui garde la chaleur. Je lui ramènerais bien de la lecture aussi, pour pas qu'il s'ennuie pendant que je suis au club, mais c'est trop dangereux, il risquerait de voir une date quelque part. Je peux pas prendre ce risque. Pas après le soin que j'ai pris a brouiller ses repères. 3) Tant pis pour l'amusement. Je sais pas quoi lui prendre d'autre. Je paye donc vite et me grouille de retourner près de lui. A mon retour, je le trouve sagement assis sur le futon, l'air de s'ennuyer profondément. J'ai un peu de remords du coup. « Pourquoi des remords ? Il ne t'en veut pas. Ne te sens coupable de rien, tu fais ça pour le protéger »

C'est vrai. Sans moi, il serait à la merci du premier dingue venu. Je protège mon dieu.

- Le repas est là ! m'exclamé-je, attirant son attention.

- Tu as vraiment fais vite.

- Je pouvais pas te laisser mourir de faim plus longtemps.

Il éclate de rire et j'en fais autant. Son rire est communicatif.

- Tu exagère un peu, ce n'est quand même pas à ce point, dit-il.

- En tout cas, à table, dis-je en sortant mes achats et en les plaçant devant lui.

- Ca a l'air bon, fait-il en regardant tout avec envie.

- Sers-toi.

Il se le fait pas dire deux fois et se met à engouffrer la nourriture à une vitesse ahurissante. En moins d'un quart d'heure, l'essentiel de ce que j'avais pris pour quatre repas a disparu dans son estomac. Même moi qui ai un appétit solide ne lui arrive pas à la cheville. Et il est mince comme un fil. Enfin il faut dire qu'il a refusé de manger depuis qu'il est là, donc ça doit aider aussi.

- Ca va mieux ? fais-je quand il repose enfin les baguettes fournies.

- Oui, beaucoup mieux, répond-il dans un sourire adorable. Ne, Kazu...

- Hum ?

- Comment on s'est connus tous les deux ?

Cette question-là, je l'avais pas prévue du tout. Mais je vais pas mentir. Je vais lui dire la vérité. Sauf qu'elle sera enjolivée.

- Un soir, tu es venu dans le club où je bosse. On s'est parlé et on a sympathisé. Après quelques verres, tu étais bourré et tu as cherché à m'embrasser. Tu me plaisais alors je t'ai pas repoussé. Ca a commencé comme ça.

- Oh. Je vois.

Il a l'air déçu.

- Tu t'attendais à autre chose ?

- Pas vraiment. Enfin je pensais... Au fait, je fais quoi comme boulot ?

- Tu es top model, mon amour. Un top model très connu mondialement.

Cette fois, il me regarde totalement éberlué.

- Tu plaisante ?

- Pas du tout. C'est la vérité. C'est pour ça que j'ai de la chance de t'avoir à moi pour de bon.

La nouvelle lui fait un tel choc, qu'il en reste bouche bée.

- Ferme la bouche, tu vas avaler des mouches, dis-je en riant. Tu es grand et très beau, mon amour, alors ce n'est pas surprenant.

- Alors c'est parce que je suis mannequin que j'ai été enlevé ?

- Probablement. Les gens normaux deviennent fou quand ils voient qu'ils peuvent s'approprier un peu d'une beauté quasi irréelle.

De nouveau, il a l'air d'un poisson hors de l'eau.

- C'est de moi dont tu parle là ?

- Ben oui, de qui d'autre ? fais-je en riant. J'ai beau être le numéro un de mon club, je ne fais pas le poids face à un top model.

- Mais quand même, de là à me qualifier comme ça... Tu exagère, Kazu, proteste-t-il en rosissant.

J'aime tellement qu'il prononce mon diminutif... Je crois que je m'en lasserais jamais.

- Tu es trop craquant, gêné comme ça.

- Arrête...

Comme d'un coup il a l'air de vouloir rentrer sous terre, je dis plus rien qui pourrait ressembler à un compliment. Je me demande s'il était aussi... modeste quand il était pas amnésique. Si oui c'est bizarre, parce que s'il est devenu top model, c'est qu'il devait savoir qu'il était très beau, donc ça devrait pas le gêner d'en recevoir. Mais ça aussi il a du l'oublier.

- Bon, mon amour, je vais devoir te laisser. J'ai des choses à faire avant d'aller travailler.

- Oh. D'accord. Mais je vais faire quoi pendant ce temps ?

- Heu...

Devant ma réponse hautement ého... élo... intellectuelle, il soupire.

- Oublie...

Et là-dessus, il s'allonge sur le coté en me tournant le dos. Je crois qu'il me fait la tête.

- Ne boude pas, chéri...

Mais il répond plus. Il me fait vraiment la gueule on dirait. Il va falloir que je lui trouve une distraction pour les jours suivants, même si je sais pas du tout quoi.

En sortant de la maison abandonnée, je file à la maison et me précipite sur mon ordi. J'espère que Reio a pu me faire quelques montages. Mais quand j'arrive sur mon email, il y a aucun message. Je soupire. Ca m'arrange pas du t... Ah ! J'ai parlé trop vite on dirait. J'ouvre le mail. Il tient en quelques phrases en fait : "Je t'en ai fais trois. J'espère que ça correspond à ce que tu voulais. Je te ferais les autres après mon partiel comme je te l'ai dis. Par contre, ne reviens plus chez moi si Jin n'est pas avec toi s'il te plait. Reio". Merde alors, ça l'a traumatisé de baiser avec moi ou quoi ? Pourtant j'avais l'impression qu'il avait pris son pied lui aussi. Je pige pas. Vraiment durs à suivre les Akanishi.

J'ouvre les pièces jointes. Sur le premier montage, Junno est assis devant un gâteau d'anniversaire avec seulement quelques bougies éteintes et moi je suis derrière, mort de rire en montrant les bougies. Ca me parait étrangement familier, je me demande pourqu... Ah je sais ! C'était pour le dernier annif de Jin et je m'étais foutu de sa gueule parce qu'il avait pas réussi à éteindre toutes les bougies d'un coup. Je l'avais même traité de vieux grand-père asthmatique. Donc Reio a juste mis le visage de Junnosuke sur celui de son frère. C'est malin ça, surtout qu'on y voit que du feu. Il est vraiment doué.

Sur la deuxième, on porte tous les deux un tablier et on tourne des trucs dans des casseroles. Hé mais celle-là aussi a été prise pendant son annif. J'essayais de l'aider à préparer un curry, mais je suis tellement nul en cuisine que j'avais tout fait cramer. D'où la tête de Jin. Enfin celle de mon beau Junnosuke en l'occurrence. Je me souvenais même pas que Reio nous avait pris à ce moment-là.

Et la troisième... je savais même pas qu'elle existait. On devait surement être bourrés tous les deux, parce qu'on est écroulés sur le canapé, endormis presque tête contre tete. Je me demande pourquoi Reio l'a prise celle-là... Enfin ça m'arrange, ça fait vraiment réaliste. Si je savais pas ce qu'il en est, j'aurais l'impression que tout est 7) vrai. Que j'ai vraiment rigolé avec lui pour les bougies, fait la cuisine et dormi avec lui.

J'imprime les montages sur papier photo, les glisse dans mon portefeuille, puis répond à Reio : "Même si je comprends toujours pas pourquoi tu mets sans arrêt Jin sur le tapis, je respecterais ton souhait. Si je veux te voir, je viendrais avec ton frère. Merci pour les montages, ils sont absolument parfaits. J'ai hâte de recevoir les autres".

J'envoie ensuite le mail et me prépare à ressortir passer du temps avec mon beau Junnosuke, avant de retourner au club. Et c'est là que mon portable sonne. C'est Jin. Merde, qu'est ce qu'il me veut ?

- Ouais ?

« Kazu t'es chez toi là ? »

- Heu bah ouais, où tu veux que je sois ?

« Alors bouge pas, je viens te chercher. »

- Heeeeee ?! Mais pourquoi ?!

« Ils ont toujours pas retrouvé top model et y'a aucune piste. J'ai pas envie que tu te fasses enlever toi aussi. Donc maintenant tu sors plus sans moi. »

Quoi ?! Non mais non c'est pas possible ça ! S'il me scotche, je pourrais plus aller voir mon beau Junnosuke. Ou pire, Jin verra où il est et il comprendra jamais que j'ai fais ça pour son bien. Il faut que je l'en empêche.

- Jin tu sais que je t'adore, mais tu peux pas passer ton temps à me suivre. T'as une vie, moi aussi et ce serait étouffant. Sans compter que ce serait inutile. Personne s'amuserait à enlever un simple hôte. Tu me surestime je crois.

« C'est pas négociable. Tu bouge pas de chez toi, je suis là dans dix minutes. »

Dix minutes ?! Merde, j'ai même pas le temps d'aller prévenir mon dieu que j'ai un empêchement.

- Nan mais nan. Jin ? Jin ! JIN !

Oh le con il a raccroché. J'essaye de le rappeler mais il décroche pas. Merde, c'est pas possible une tuile pareille ! Comment je vais me débarrasser de lui ? J'adore Jin, vraiment c'est un mec au poil, mais quand il a un truc dans le crane, il est plus têtu qu'un troupeau de mules. J'ai pas le cul sorti des ronces, c'est moi qui vous le dit.