Chapitre 9 : l'Avertissement
- Qu'est-ce qui se passe, ici ?
Attiré par les glapissements de Malefoy, Argus Rusard se frayait un chemin à travers la foule des élèves. Harry se dit que rien de pire n'aurait pu arriver, avec ou sans Chourave à leurs côtés. Lorsque le vieux concierge découvrit Miss Teigne, il recula, horrifié, en se couvrant le visage de ses mains.
- Ma chatte ! Qu'est-ce qui est arrivé à ma chatte ? hurla-t-il.
Ses yeux se posèrent sur le petit groupe serré autour du professeur de botanique.
- C'est vous ! cria-t-il d'une voix stridente. C'est vous qui avez assassiné ma chatte ! Vous l'avez tuée ! Et maintenant, c'est moi qui vais vous tuer ! Je vais…
- Mais, Argus… commença Chourave.
- ARGUS !
Dumbledore venait d'arriver dans le couloir, suivi de plusieurs autres professeurs. Pour une fois, Harry ne fut pas mécontent de voir débarquer le vieux sorcier. Un instant plus tard, le directeur avait décroché le félin de la torchère.
- Venez avec moi, Argus, dit-il. Vous aussi, ajouta-t-il à l'adresse des étudiants et de Mrs Chourave.
Lockhart s'avança d'un air empressé (Un vrai laquais ! se dit Harry) :
- Mon bureau est juste à côté, Monsieur le Directeur. Si vous souhaitez l'utiliser…
- Merci Gilderoy.
On s'écarta pour les laisser passer. Hermione avait l'air assez mal à l'aise, entourée par quatre Serpentard. Lockhart, l'air important et très excité (Vautour !), emboîta le pas à Dumbledore, suivi par McGonagall et Rogue.
Lorsqu'ils entrèrent dans le bureau plongé dans la pénombre, Harry perçut une grande agitation sur les murs : il vit plusieurs portraits de Lockhart s'éclipser, dont certains avec des bigoudis dans les cheveux. L'enseignant alluma les chandelles et recula d'un pas. Dumbledore posa Miss Teigne sur la table et l'examina avec attention, le nez presque sur le pelage miteux de la créature. Harry, assis dans un coin en compagnie des quatre autres, se dit qu'il n'avait pas peur d'attraper des puces. McGonagall examinait elle aussi, les sourcils froncés. Rogue se tenait derrière eux, une expression perplexe sur la figure. Lockhart tournait autour d'eux en émettant des commentaires.
- C'est un supplice de métamorphose qui l'a tuée, aucun doute là-dessus. J'ai souvent eu l'occasion d'en voir (à ce moment, Rogue haussa les sourcils avec dédain), ce n'est vraiment pas de chance que je ne me sois pas trouvé là au bon moment. Je connais la parade qui permet d'annuler ses effets…
Son bavardage était ponctué par les sanglots de Rusard, affalé sur une chaise. Harry eut presque pitié de lui, malgré son caractère exécrable. Lui aussi se sentirait vraiment mal s'il perdait son animal de compagnie. Sans la chatte, les jours de Rusard allaient être bien maussades et bien tristes. D'un autre côté, si Dumbledore croyait un seul mot de ce que disait le concierge, lui et ses copains se feraient mettre à la porte sur-le-champ. Pour le moment, le directeur marmonnait des formules étranges au-dessus de l'animal, mais rien ne se produisait. Elle aurait pu être empaillée.
- Je me souviens d'avoir vu un cas semblable à Ouagadougou, fit Lockhart. Une série d'attaques. On peut lire tout ça dans mon autobiographie. J'ai distribué des amulettes aux habitants, ce qui a résolu le problème.
Les trois chefs de maison semblaient avoir une idée très précise de l'endroit où Lockhart pouvait se fourrer sa fameuse autobiographie, rien qu'à voir leurs têtes.
Enfin, Dumbledore se redressa en soupirant.
- Elle n'est pas morte, Argus.
- Pas morte ? s'exclama Rusard. Mais pourquoi est-elle toute raide, alors ?
- Elle est simplement pétrifiée.
- C'est bien ce que je pensais, décréta Lockhart.
- Mais j'ignore de quelle manière, conclut le directeur.
- C'est à eux qu'il faut demander ça ! hurla Rusard en pointant le doigt sur les élèves.
- Aucun élève de deuxième année ne saurait lancer un tel sort. Il faut être un expert en magie noire pour y parvenir.
À ces mots, Harry vit le visage de Sarah changer légèrement : elle semblait désormais réfléchir, comme si elle doutait de la dernière phrase du professeur.
- Je vous dis que c'est eux ! Ils doivent savoir que je suis un cracmol ! On n'aime pas les cracmols dans leur maison !
- Hé ! Ho ! Du calme, là ! intervint Rogue en passant devant McGonagall.
- Nous n'avons jamais touché à Miss Teigne ! protesta Harry, sentant avec embarras tous les regards se tourner vers lui. Et je ne sais même pas ce que ça veut dire, cracmol !
- Si je puis me permettre… commença McGonagall.
Harry eut l'impression qu'une grosse boule se formait dans sa gorge. Il savait que la directrice de Gryffondor ne comptait pas parmi ses fans depuis sa répartition à Serpentard. Par bonheur, Chourave vint à la rescousse.
- Monsieur, j'étais juste derrière les enfants quand ils sont arrivés dans le couloir. Matériellement, ils n'auraient pas eu le temps de pétrifier Miss Teigne et de la suspendre avant que j'arrive. En fait, ils avaient l'air de suivre quelque chose. Et une fois sur place, j'ai trouvé Mr Potter par terre au milieu d'une flaque d'eau. Pas avec le bras en l'air à côté de cette chatte !
Harry bénit silencieusement l'honnête chef de Poufsouffle. Cette femme venait de lui éviter de gros ennuis.
- Et qui suiviez-vous ? s'enquit Rogue, l'air intrigué.
- Eh bien… Au départ, nous avions été invités à l'anniversaire de Nick et nous sommes allés dans les souterrains. C'est en remontant dans le hall que j'ai entendu quelqu'un qui chuchotait au-dessus de nous. Il montait très vite dans les étages.
- A un moment, il a parlé de sang, compéta Sarah, prompte à saisir la balle au bond. Mais on n'a vu personne en arrivant ici. Comme s'il était passé à travers les murs.
Hermione eut l'air choquée par ce mensonge patenté, mais Théodore lui écrasa le pied juste à temps pour l'empêcher de parler. McGonagall paraissait sceptique. Il ne fallait pas lui demander de croire un Serpentard sur parole.
- Je pense que cela devrait suffire, professeur McGonagall, fit la voix douce de Rogue. La parole du professeur Chourave n'est pas à remettre en cause, je pense ?
- Je sais que c'est lui ! brailla Rusard hors de lui.
- Ça suffit ! gronda Rogue. Votre félin n'a pas été assommé à coups de Nimbus, que je sache !
- Ils sont innocents tant qu'on n'a pas prouvé le contraire, déclara Dumbledore d'un ton patient. Nous parviendrons à guérir Miss Teigne. Étant donné que Mrs Chourave a reçu des plants de mandragore, je pourrai m'en servir dès qu'ils seront arrivés à maturité pour fabriquer une potion qui vous ramènera votre chatte.
- Je m'en chargerai, intervint Lockhart. Je l'ai fait des centaines des fois. Je serais capable de…
- Me semble que c'est MOI le maître des potions, ici, coupa Rogue avec agacement.
Il y eut un silence gêné.
- Vous pouvez sortir, dit Dumbledore aux cinq élèves.
Une fois dehors, et hors de portée des oreilles enseignantes, Hermione laissa exploser une colère qui bouillait depuis un moment :
- Je n'arrive pas à croire que vous ayez pu mentir aussi effrontément au directeur ! Vous devriez avoir honte ! On n'a rien suivi du tout, à part un délire d'Harry !
- 'Mione chérie, déclara Théodore, si Harry avait dit la vérité, personne ne l'aurait cru et Dumbledore l'aurait mis à la porte sans sommations. Afin de conserver notre poste ici, je pense qu'il vaut mieux, de temps en temps, s'accommoder un peu avec les faits. Tu te rends compte que si tu avais démenti, tu aurais pu te retrouver dehors comme nous tous ? Même en étant la numéro un des Gryffondor ?
- Exact, appuya Sarah. Il est facilement nécessaire de travestir la vérité quand elle n'a pas l'air assez plausible. Ce n'est pas un problème de faits, mais d'apparences.
- Je me rends surtout compte que votre fréquentation devient dangereuse, lâcha dédaigneusement Hermione. Si ça ne vous dérange pas, je rentre dans mes quartiers.
- Non, non… Ça ne nous dérange absolument pas, grommela Millicent. Aucun sens de la solidarité, cette fille.
- C'est ça, les Gryff, commenta Théodore. Chassez le naturel, il reviendra au galop.
- Mis à part les voltes-faces de Miss Je sais Tout, je me pose pas mal de questions, dit Harry en se frottant le menton, songeur. D'abord, c'est quoi, cette histoire de Chambre des Secrets ?
- Une légende, répondit Bulstrode. Une fois, Maman m'a parlé d'une sorte de chambre secrète qui se trouverait dans l'école. Mais c'est juste un mythe attaché à Poudlard. Enfin… C'est ce que je pensais jusqu'à tout à l'heure…
- Et c'est quoi, un cracmol ?
- Ce n'est pas vraiment drôle… Mais puisque c'est cette vieille crapule de Rusard… C'est une personne qui est né dans une famille de sorciers, mais sans aucun pouvoir magique. Le contraire des sorciers nés de parents moldus. Les cracmols sont assez rares. Si le vieux Rusard en est vraiment un… Ça peut expliquer sa haine des élèves. Il est aigri.
Une pendule sonna quelque part dans le collège.
- Déjà onze heures ! Mince alors ! Bon, rentrons avant que Rusard ne découvre un nouveau motif pour nous coller.
Le lendemain, alors que Théo, Harry et Sarah se dirigeaient vers la grande Salle pour prendre leur petit déjeuner, Harry prit ses amis à part :
- Dis-moi Sarah, je n'ai pas pu te le demander hier soir à cause de Millicent, mais à quoi pensais-tu, dans le bureau de Lockhart ?
- Ah, oui, je me souviens, la réflexion de Dumbledore sur la magie noire. En fait, il existe bien un autre moyen de pétrifier un être vivant si on est expert en Terre.
- Donc, sans faire de magie noire ?
- Seulement, vu la puissance qu'il faut pour cela, j'aurais pu le sentir à trois kilomètres de Poudlard, avec le niveau de Terre que j'avais à Noël dernier.
- Donc, c'est le genre de sort qui ne passe pas inaperçu…
- Pour moi en tout cas, et je ne serais pas étonnée que Dumbledore ou d'autres puissent également le détecter.
- Et si personne n'a rien vu, c'est donc forcément de la magie noire. Il va falloir se tenir sur nos gardes…
Pendant plusieurs jours, on ne parla plus que de ce qui était arrivé à Miss Teigne. Rusard faisait les cent pas à l'endroit où on l'avait retrouvée, comme s'il espérait que le coupable reviendrait sur les lieux de son crime. Harry apprit qu'il avait essayé de nettoyer le message avec du Nettoie-tout magique de la mère Grattesec, mais que les lettres continuaient à briller sur la pierre avec autant d'éclat qu'au premier jour. (L'inscription serait-elle elle aussi issue de la magie noire ?) Le concierge s'offrit une vengeance en punissant tous les étudiants qui lui tombaient sous la main, pour des motifs aussi variés que « Respirait trop fort » ou « paraissait heureux ». Par chance, les professeurs faisaient souvent sauter ces colles abusives. Ce qui n'arrangeait pas l'humeur du bonhomme.
Une autre personne très affectée par cette affaire était Ginny Weasley. Elle avait une toute petite mine et n'appréciait pas les remarques de son frère Ron au sujet de la chatte. Même si les couloirs étaient effectivement plus tranquilles depuis l'incident, elle ne tolérait pas qu'on en plaisantât devant elle. Harry trouva un très bon dérivatif en l'obligeant à parler botanique. Ginny semblait en effet avoir contracté une véritable passion pour cette discipline et se montrait particulièrement prolixe sur le sujet.
En allant chercher quelques livres à la bibliothèque, Harry put constater qu'Hermione ne perdait pas son temps. Depuis l'entrevue avec Dumbledore, elle n'adressait plus la parole à personne parmi le trio Serpentard, à la grande satisfaction des autres Gryffondor, qui recommencèrent peu à peu à lui parler. Elle voulait un exemplaire de l'Histoire de Poudlard, mais tous avaient déjà été empruntés. De toute évidence, elle cherchait des informations sur la Chambre des Secrets. Sarah aussi se décarcassait, mais la concurrence était rude. Elle rapporta à Théodore et Harry qu'un élève de Poufsouffle s'était enfui en la voyant, déclenchant l'hilarité de Pansy Parkinson et Bastian Moon qui l'accompagnaient.
- Je sais, confirma Théodore. Moi aussi, ça vient de m'arriver. On dirait qu'ils évitent tous ceux qui ont approché cette fichue bestiole, l'autre soir.
- Sauf Granger, commenta sombrement Millicent. Mais elle, c'est normal. C'est une Gryffondor… et ses collègues auraient du mal à finir leur devoir sans elle, en plus.
Ils obtinrent de plus amples informations dès le lendemain. Ils rentraient de leurs cours et allaient regagner leur salle commune quand des deuxième année de Gryffondor les bousculèrent sans ménagement.
- Hé ! Vous pourriez regarder où vous mettez les pieds ! s'exclama Harry.
- Ferme-la, sale serpent ! On sait que c'est l'un d'entre vous, répliqua hargneusement Seamus Finnigan.
- Mais qu'est-ce qui leur prend ? s'étonna Théodore en les regardant s'éloigner.
- Je crois que nous allons avoir une petite conversion avec Miss Granger, décida Sarah.
Comme de juste, ils la découvrirent assise dans un coin de la bibliothèque, entrain de compulser des ouvrages. Elle sursauta en les voyant arriver.
- Qu'est-ce que vous me voulez ?
Il y avait un mélange d'agacement et de peur dans sa voix.
- On aimerait juste savoir ce qui s'est passé aujourd'hui qui conduit tes copains à mal se conduire envers nous. Enfin, plus mal que d'habitude, pour leur rendre justice, dit Sarah.
- J'ai demandé des précisions au professeur Binns sur la Chambre des Secrets, déclara Hermione en relevant le menton. Elle aurait été mise au point par l'un des quatre fondateurs de Poudlard, il y a plus de mille ans. Il s'agit bien sûr de Salazar Serpentard.
- Pourquoi bien sûr ? s'emporta Théodore. Tu crois que les autres n'avaient pas aussi leurs petits secrets à cacher ?
- Salazar ne voulait faire entrer à Poudlard que les enfants nés de sorciers.
- C'est pas un scoop, trancha Harry.
- Et ça ne l'a pas empêché de faire non pas une, mais deux exceptions…
- Une dispute l'a opposé aux autres fondateurs. La légende dit que Serpentard aurait aménagé une salle secrète dans le château, que seul son authentique descendant a le pouvoir d'ouvrir, pour utiliser le monstre qui logerait dedans contre les intrus qui, selon lui, causerait la ruine de Poudlard.
- Ben c'est joyeux, comme programme, dit Harry. Et tu n'as pas pu attendre que tout le monde soit dehors pour poser ta question ?
- Ils ont le droit de savoir, non ? demanda Hermione d'un air pincé.
- Ils en ont surtout déduit qu'ils avaient le droit de nous traiter comme des chiens. Dis-leur que s'ils continuent à nous insulter, on n'aura pas besoin d'appeler l'héritier à la rescousse. Ni son monstre. On les calmera nous-mêmes.
- Allez leur expliquer tout seuls, répliqua Hermione.
- Parce qu'en plus d'être de mauvaise foi, tu es lâche ? gronda Théodore. Je me demande vraiment ce que tu fiches à Gryffondor. Suivant vos critères, c'est chez nous que tu aurais dû atterrir ! Venez, vous deux ! On n'a plus rien à faire avec cette fille !
Harry et Sarah sur les talons, il quitta la bibliothèque en rage. C'en était apparemment fini de l'estime qu'il vouait à Granger. Durant tout le trajet vers les quartiers des Serpentard, Harry l'entendit marmonner des phrases bien senties à l'adresse de cette « peau de vache », de cette « fille qui oublie toute l'année dernière en une seconde » et autres…
Le lendemain matin, les Serpentard eurent à affronter, ainsi que leurs camarades, les regards froids, voire haineux de presque toute l'école. Ils tâchèrent de ne rien remarquer. Mais des rumeurs couraient déjà un peu partout. Comme quoi l'héritier de Serpentard appartiendrait au petit groupe qui se trouvait à côté de Miss Teigne… La présence à leurs côtés de Chourave n'y changeait rien.
Après le déjeuner, Harry vit Hermione et Weasley monter vers les étages. Il les suivit, espérant récolter quelques informations qui l'aideraient à mener sa propre enquête. Il les aperçut penchés sur le sol devant le message.
- Des traces de brûlure ! dit la voix d'Hermione. Et puis… Mais que font ces araignées ? On dirait qu'elles veulent s'enfuir en grimpant à leur fil… Tu ne trouves pas ça bizarre ?
- Euh ? Non… J'en sais rien… marmonna le Weasley.
- Un problème ?
- Je n'aime pas les araignées. Surtout quand elles bougent. Quand j'avais trois ans, Fred a transformé mon ours en peluche en grosse araignée pleine de poils, sous prétexte que j'avais cassé son balai miniature. Tu ne trouverais pas ça drôle du tout…
Harry se retint de ricaner. Encore une chose à exploiter contre le rouquin.
- Et la flaque d'eau… D'après l'odeur, elle venait des toilettes. Et les seules qui soient bouchées en ce moment sont celles de Mimi Geignarde, poursuivit Hermione. Si on y allait ?
Harry se tassa dans un coin pour éviter d'être vu. Puis il reprit sa filature et gagna sans encombre la porte du domaine de Mimi. Par l'ouverture, il aperçut un endroit des plus sinistres. Lavabos ébréchés, carrelage luisant d'humidité, miroir cassé et taché de rouille, portes à la peinture écaillée… C'était vraiment un logis pour fantôme dépressif.
Ledit fantôme fit assez vite son apparition en houspillant les deux visiteurs. Après leur avoir crié dessus, elle leur déclara n'avoir rien vu le soir d'Halloween car trop énervée par Peeves. A ce moment, Harry entendit le léger écho d'un bruit de pas et quitta son poste pour redescendre l'escalier. Chemin faisant, il croisa Percy Weasley.
- Bonjour, préfet.
- Ah ! Bonjour, Potter. Tu fais quelque chose de spécial ? s'enquit Percy en fronçant les sourcils.
- Du tout, je vais chercher des affaires dans mon dortoir et je retourne en cours. Par contre, si ça t'intéresse, y'a ton dernier frère et Granger qui sont dans les toilettes des filles au second. Peut-être qu'ils voulaient parler à Mimi Geignarde ?
Harry eut la satisfaction de voir les oreilles du préfet virer au rouge cerise avant qu'il ne montât les degrés quatre à quatre. Le temps que Harry parvienne au palier de la grande salle, cinq rubis étaient remontés dans le haut du sablier des Gryffondor…
- Bien joué, Harry ! s'amusa Théodore le soir même, quand son camarade eût tout raconté.
- En effet, dit Sarah en souriant. Tu fais des progrès.
- Venant d'un expert en la matière, ce compliment me va droit au cœur. N'empêche… me demande qui ça peut être, l'héritier…
- On connaît quelqu'un qui n'aime pas du tout les enfants de Moldus… susurra Sarah.
- Tu penses à Drago ? C'est vrai qu'il fait un bon candidat… En tout cas, il parle suffisamment fort pour ça…
- Si j'étais l'héritier, je me ferais tout petit, plutôt, commenta Théodore. Drago pavane trop pour être celui qui nous cherchons. Et puis, ça pourrait aussi être une fille. Genre Pansy Parkinson…
- Si tu penses à elle en premier, autant l'éliminer direct, dit Sarah. Trop voyante, elle aussi. Fille ou garçon, c'est une personne très discrète. D'ailleurs avec cette description, je devrais peut-être demander à mon père de m'envoyer l'arbre généalogique complet de la famille Cobbyte, ajouta-t-elle en plaisantant. Mais je suis pratiquement certaine que Salazar Serpentard ne s'y trouvera pas… On n'a jamais eu de sorciers dans la famille.
- Il pourrait l'avoir caché ou avoir renié ta famille, émit Harry, mais ça ne tiendrait pas debout, car ses parents seraient moldus quand même…
- De plus, ma famille n'a jamais eu peur des mystiques, les sorciers ne se cachaient pas d'eux… Je crois bien qu'à chaque génération, il y avait un sorcier connu parmi les amis de la famille, qui remonte jusqu'à une époque ou sorciers et prêtresses marchaient main dans la main…
- Ouais. En tout cas, on va avoir intérêt à le trouver avant ces Gryffondor qui se prennent pour Sherlock Holmes ! Sinon… On est mal…
