j'avoue que mes coupures sont assez méchantes d'ailleurs ce n'est pas la première fois qu'on me le dit lol et celle-ci n'échappe pas à la règle
bonne lecture magré tout
Ziva cessa ses réflexions, elle était arrivée. Elle sortit de l'ascenseur et marcha jusqu'à la chambre 387. Elle inspira profondément et frappa quelques coups. Des chuchotements s'élevèrent de derrière la porte, puis après un temps qui lui parut extrêmement long la porte s'ouvrit.
Ce fut Tony qui lui ouvrit, pas vraiment surpris de voir l'israélienne dans le couloir même si en son for intérieur il espérait ne pas la voir débarquer si vite.
- « Ziva »
Sans attendre l'autorisation de son coéquipier, elle pénétra dans la pièce, balayant la pièce d'un rapide regard.
- « Qu'est ce que tu fais là? » demanda Tony d'un ton qu'il voulut neutre mais Ziva perçut très nettement de la contrariété.
- « Où est Madame Dinardo? » demanda t-elle, de l'ironie colorant ses mots.
Tony se racla la gorge et fronça des sourcils. Etait-ce de la gêne, de la honte ou bien de la contrariété? Certainement un peu des trois. Ne s'en formalisant pas plus elle fit quelques pas dans la pièce, observant tout minutieusement et lorsque son regard se posa sur le lit, elle ressentit un léger pincement au coeur. Pourquoi? Parce qu'elle les imaginait dans ce lit... Parce qu'elle n'était pas la femme à qui Tony faisait l'amour...
C'était totalement absurde, pourquoi serait-elle jalouse de cette femme? Ziva refoula ce sentiment malsain dans un coin de son subconscient et se concentra sur le reste de la pièce.
- « C'est Gibbs qui t'as envoyé? »
Ziva reprima un sourire et lui répondit du tac au tac.
- « Car tu pensais sérieusement qu'il te laisserait avec la principale suspecte sans surveillance?! Tu te mets le doigt dans le nez. »
- « Dans l'oeil Ziva, on dit se mettre le doigt dans l'oeil...Tu me sers de chaperon quoi » grinça t-il entre le dents.
- « Exactement » dit-elle sur un ton triomphant en se laissant tomber sur un fauteuil. « D'autres questions? »
Tony ferma les yeux pendant un instant, essayant de se contrôler au mieux. Une part de lui était heureux de la voir, sa simple présence suffisait pour lui redonner le courage qu'il avait besoin, mais d'un autre côté, il était dangereux pour la jeune femme d'être avec eux. Certes, elle savait se défendre, d'ailleurs combien de fois ne lui avait-elle pas fait la remarque qu'elle était un agent entraîné capable de le tuer de 18 manières différentes rien qu'avec un trombone. C'était peut être son côté italien macho ou tout simplement son rôle d'ami mais il était hors de question que Ziva court le moindre risque à cause de lui. Si un malheur devait lui arriver, jamais il ne pourrait se le pardonner... D'ailleurs c'est à peine s'il pouvait se pardonner la mort de Kate alors même qu'il n'y était pour rien.
Le seul moyen pour la protéger elle, tout comme le reste de l'équipe, était de les tenir éloignés de lui... Mais sachant ô combien Ziva pouvait se montrer butée quelques fois, ce ne sera pas une mince à faire. Lui dire la vérité? Une option mais la connaissant, et par expérience, Tony savait que ce n'était pas la bonne solution, au contraire, elle resterait.
Que faire?
Que ferait le patron à sa place?
Question idiote, Gibbs ne se serait jamais laisser embarqué dans une telle histoire, ou il aurait réglé de ce problème depuis fort longtemps?
- « C'est du sérieux entre vous? » demanda t-elle, faisant sortir le jeune homme de ses pensées.
- « J'ai pas besoin de leçons de moral » s'indigna t-il en s'asseyant sur le bord du lit.
Se faisait-elle de fausses idées ou Tony ressemblait à quelqu'un prit entre deux feux, mal à l'aise... Etrange pour quelqu'un qui se contrefichait complètement des qu'en dira t-on. La seule fois qu'elle l'avait vu ainsi - et si ses souvenirs ne la trompaient pas – c'était le jour où toute l'équipe l'avait surpris en pleine conversation avec Jeanne au moment où ils parlaient de prendre un appartement ensemble. Gêné d'avoir dévoilé sa vie ou plutôt ses peurs devant eux, Tony était devenu blanc comme un linge, ne sachant pas quoi dire, priant certainement pour qu'ils aient entendus le moins possible.
- « Je ne te ferai pas de leçons de moral, Tony... mais avoues comme même qu'on a de quoi se poser des questions. » dit-elle, en sachant pertinemment sa phrase sibylline.
- « Megan n'est pas la responsable de la mort de son mari. »
Le ton convaincant, très convaincant qu'empruntait Tony qui croyait dur comme fer à l'innocence de la jeune femme émut énormément Ziva, sauf que l'amour rend aveugle et qu'en grattant un peu il verrait peut être que Megan le menait en bateau. L'agent du Mossad ne l'espérait pas, personne ne mérite de souffrir en amour, excepté lorsque la personne qu'on aime, et que l'on pense que c'est réciproque, vous ment. Malgré tous ses défauts, Tony était quelqu'un de bien qui méritait lui aussi de rencontrer l'amour avec une femme qui saurait le traiter comme il se devait.
- « D'ailleurs où se cache Madame Dinardo? » demanda Ziva au moment où l'eau de la douche se fit entendre.
- « Elle prend une douche »
- « Avant de prendre les voiles?! » dit-elle, finaude. « Tony, c'est quoi ce sac que je vois à côté du lit? Elle n'allait quand même pas quitter la ville alors qu'on lui avait formellement interdit de le faire. » ajouta t-elle, un brin d'amertume dans la voix, espérant toutefois que son coéquipier n'ait pas décidé de la suivre.
Espérons le...
Pourquoi? Car elle savait que Tony faisait une erreur monumentale qui risquerait de briser sa carrière ou car son absence serait difficile à vivre... Ziva secoua la tête, espérant encore – vainement - chasser ce sentiment qui l'assaillait lorsqu'elle pensait à lui. Ce sentiment douloureux qui lui faisait peur... Ce sentiment qu'elle ne voulait pas qualifier. Surtout ne pas mettre un nom dessus. Ne pas accepter ce qui devenait de plus en plus une évidence. Pourtant tout concordait, ce faisceau d'indices amenait qu'à une seule et unique conclusion... Elle l'aimait. Depuis combien de temps, elle n'aurait su le dire, tout ce qu'elle savait c'est que ça lui était tombé dessus sans crier garde. Ses défauts passaient inaperçus. En sa présence, elle se sentait si bien comme transporter sur un petit nuage qui lui faisait alors oublier toutes les monstruosités de son quotidien. Avec lui, elle avait l'impression d'être une femme et non plus l'agent du Mossad, un cv qui lui collait à la peau et qui ne faisait pas d'elle une personne des plus recommandables. Tony la rendait meilleure... Vivre sans lui, tout simplement impensable.
- « Ziva... » souffla t-il, torturé entre son envie de tout lui dire et de se taire.
Non, Ziva, s'il te plaît ne me fais pas ce regard de chien battu, pas ce regard qui me rend complètement dingue, pensa t-il.
Tony dévia son regard sur le sol, incapable de soutenir davantage les yeux noisettes de cette femme. Ces yeux qui avaient appris à exprimer autre chose que celui de neutralité digne d'un tueur.
- « Tony, parle moi » murmura t-elle d'un ton quasi suppliant.
- « Je peux pas.. je »
- « Je peux t'aider seulement si tu arrêtes de me mentir. »
Ziva attendit, le voyant fléchir. Avec le temps, Ziva avait appris qu'il ne fallait pas le brusquer au risque qu'il se renferme comme une huître. Impulsivement, elle s'assit à ses côtés et captura ses mains.
Au contact de sa peau contre la sienne, un frison transperça Tony qui leva la tête et rencontra les yeux de Ziva qui, étrangement, exprimaient quelque chose de nouveau. Pas si nouveau enfin de compte... Cette lueur si caractéristique, cette même lueur qui étincelait ses yeux lorsqu'elle avait rencontré ce lieutenant qui avait succombé peu de temps après à des radiations...
Troublé par ce qu'il voyait, par ses mains sur les siennes, Tony était pour la première fois sans reparties, incapable de formuler un mot et même une pensée cohérente.
- « Ziva... »
La porte de la salle de bain s'ouvrit, Megan sortit, vêtue d'une serviette à peine plus grande qu'un timbre poste.
à suivre
