Chapitre 9

« Les fleurs de nuit n'atteignent leur ultime beauté,

Que lorsque l'aurore vient brûler leurs pétales,

Et que le papillon vienne arracher ce qu'il leur reste de force. »

-C'est un poème très connu dans Yoshiwara. Tout ce qui était l'espace d'une soirée ne l'est plus dès que le soleil se lève. Par qui vais-je commencer à arracher la peau ?

-Enfoiré ! T'es qui, pour oser t'attaquer à des femmes innocentes, un vieux bon à rien comme moi, et deux gamins chétifs, hein ? Demanda Gintoki, son cou saignant un peu plus à chaque mot prononcé.

-Hahahha... C'est tellement amusant de voir le si célèbre Shiroyasha devenu totalement inutile...

-Oi, tu m'as pas entendu ? T'es qui, enfoiré ? Grimaça celui appelé Shiroyasha.

Il senti alors une variation dans l'air, et soudainement, il était juste à côté de lui. Cet inconnu était si près, qu'il lui murmura à l'oreille :

-C'est TOI qui ne m'a pas écouté... Je pense que je vais commencer par prendre la peau de ces deux mioches ! Dit-il en souriant de toutes ses dents.

Gintoki écarquilla les yeux à la fois de surprise et d'horreur. Ce type allait s'en prendre aux deux autres ! Et au même moment où il finissait de penser ces mots, il entendit un impact derrière lui. L'inconnu, une sorte de ninja vêtu de noir, avec des cicatrices partout sur le visage, et des cheveux blonds mi-longs, avait atteint Kagura, qui s'était protégée à la dernière minute avec son parapluie.

-OI, teme ! Qu'est-ce que tu crois faire ?! S'écria Kagura.

Shinpachi arriva immédiatement en renfort avec son sabre, mais fut rejeté au loin en une bourrasque de vent, heurtant violemment un mur.

-Shinpachi ! Cria Kagura.

-Tu devrais te concentrer sur ton adversaire, plutôt que sur tes pathétiques alliés, gamine ! Lâcha l'inconnu.

Il allait lui asséner un coup direct dans l'estomac, lorsqu'il sentit une douleur foudroyante au bras. Sadaharu venait de le mordre profondément, refusant de lâcher son bras.

-Sadaharu ! Vas-t-en ! Cria Kagura.

Mais le chien cria de douleur au même instant. Il gisait au sol, allongé de tout son long, immobile.

-Enfoiré ! Qu'est-ce que t'as fait à Sadaharu !? S'énerva Kagura.

Elle parvint à renvoyer en arrière l'inconnu, qui comme par magie, se redressa en cours de chute comme si de rien n'était.

-ha, Si j'avais su que ce combat serait aussi pathétique, j'aurai refusé ce job... Soupira l'inconnu.

-Kagura ! Coupe les câbles ! Il en a tiré partout pour nous coincer dedans ! Hurla Gintoki avec difficulté.

La Yato acquiesça d'un signe de tête, et commença à faire de nombreuses attaques larges en balançant son parapluie en de grands arcs, et rencontra effectivement une résistance dans l'air. Mais l'assassin n'allait pas la laisser détruire aussi facilement son piège. Il s'interposa, et aidé des câbles qu'il avait laissé lâches et posés au sol, tendit soudainement une barrière de câbles qui heurta Kagura de plein fouet, l'envoyant en arrière sur plusieurs mètres. Elle allait prendre un cou direct quant Shinpachi s'interposa, son sabre cassant une des lames que le tueur venait de sortir.

-Si tu veux t'attaquer aux Yorozuyas Gin-chan, T'arrives 100 ans trop tôt ! Hurla Shinpachi.

De nouveau plein d'énergie, l'héritier du Dojo Shimura effectua un coup rapide, projetant l'assassin à plusieurs mètres, et qui cette fois, ne put s'aider de ses câbles pour freiner sa chute.

Pendant ce temps, Gintoki se débattait toujours dans les fils, ou plutôt câbles, qui le retenaient en l'air, et qui se resserraient toujours plus à chaque mouvement.

-Je suppose que je vais rapidement en finir, alors... Dit l'inconnu, visiblement déçu, tout en se relevant de sa chute.

Un bruit se fit alors entendre. Quelque chose venait d'être transpercé. Quelqu'un plutôt.

-Arrrr... Lâcha Gintoki dans un gargouillis.

-Gin-chan ! S'écria Kagura.

Le patron des Yorozuyas ne bougeait presque plus. Il était transpercé de part en part par un sabre, au niveau de l'estomac. Du sang s'écoulait déjà de sa plaie, mais pas autant que si la lame avait été retirée de son corps.

-C'est dommage de voir qu'un autrefois si fier guerrier soit réduit à l'état d'épave trempant dans son sang... Bansai-dono m'avait pourtant promis un beau spectacles... ?

L'inconnu, qui était déçu sur le moment, sembla alors surpris. Il essayait de retirer la lame enfoncée dans le corps du samouraï, mais rien n'y faisait. Elle ne bougeait pas d'un pouce. Il leva alors les yeux, et se retrouva face à un visage haineux et plein de rage. Un vrai regard de démon.

-Tu peux répéter ? Prononça avec peine Gintoki. J'ai pas bien entendu...

Le samouraï tenait fermement la lame du katana, déterminé à ne pas le lâcher quoi qu'il arrive.

S'il lâchait la lame, tout le monde allait mourir, à commencer par lui. C'est ce moment que choisirent Kagura et Shinpachi pour attaquer de toutes leurs forces l'inconnu assassin qui était alors bloqué contre Gintoki.

-Lâche GIN-SAN/CHAN TOUT DE SUITE, ENFOIRE ! Crièrent -t-ils en même temps.

Leur coup porta, blessant gravement l'inconnu, laissant une entaille béante dans son dos. Mais bien loin de l'incapaciter, cette blessure le força juste à abandonner son sabre dans le corps de son ennemi, et à faire volte-face en lançant de petits projectiles. Les deux yorozuyas les évitèrent, mais se retrouvèrent alors immobilisés à leur tour. Des fils de métal fin les retenaient, empêchant tout mouvement de leur part.

-Vraiment pathétique... Et dire que j'aurai pu m'occuper de l'autre gêne au lieu de ça... J'ai vraiment pas de chance... Mais vos peaux rejoindront ma collection, ne vous en faites pas ! Dit-il cruellement, sortant deux lames courtes de son costume.

Mais un rire, bien qu'à moitié entrecoupé de pauses et de gargouillis lui parvint. Gintoki riait.

-Tu as perdu la raison, Shiroyasha ?

-Non, je me fous de ta gueule... Tu crois vraiment que je ne me suis pas méfié une seule seconde en entendant parler de cette affaire ? Laisse-moi rire... Toutes tes « gênes » sont sous bonne protection, et ça m'étonnerait qu'un d'entre vous arrive à les vaincre !

-Enfoiré... Grimaça l'inconnu. Tu te doutais de ce qui allait arriver ?

-Je me suis souvenu du symbole qui était inscrit sur les caisses d'un entrepôt que j'ai « visité » avec une connaissance... Un truc qui arrive aussi vite après cette « visite », y'a pas plus louche... Je m'attendais juste pas à ce que Takasugi soit mêlé à tout ça !

-Qu'est-ce que tu racontes, Gin-san !? S'exclama Shinpachi.

-Rien qui te regarde pour l'instant, Pattsuan ! Hurla Gintoki, défait de ses liens et s'élançant vers l'inconnu.

-Co-comment !?

Ce samouraï avait réussi à couper ses liens, mais il n'avait pas pu... Avec le sabre ! Il avait retiré le sabre qui le transperçait, et avait profité de la distraction causée par les deux autres Yorozuyas pour se détacher ! Et à présent, c'était le même katana qui transperçait la poitrine de l'homme de main du Kihetai. Il s'était effondré dans un grand bruit au sol, aux portes de la mort ... Et Gintoki n'allait pas tarder à le suivre. Il allait s'écrouler au sol, lorsqu'une main le rattrapa. Une membre des Hyakka bien connue le soutenait.

-Détachez les autres ! Vite ! Hurla Tsukuyo.

Des gardes de Yoshiwara avaient entendu du raffut, et avaient alors appelé des renforts vers la zone où le combat faisait rage. Ils étaient arrivés un peu tard, mais à présent prenaient la situation en main. Gintoki s'évanouit de douleur, mais il était très anxieux pour autre chose que sa propre santé. Dans Edo, d'autres combats devaient se dérouler au même moment, et il espérait que tout se passe bien...

Pendant ce temps, la situation au dojo Shimura n'était pas meilleure...

Tout était allé très vite. Les buissons n'avaient bougé qu'un instant, et le moment d'après, Kondo Isao, commandant du Shinsengumi, se retrouvait à bloquer de son sabre deux lames acérées tenues par un type en tenue noire, sous les yeux éberlués de Shimura Tae.

-Otae-san ! Vas-t-en ! Cria Kondo.

Ses deux mains, soutenant son propre sabre, tremblaient sous la force que mettait son adversaire à vouloir le faire lâcher prise. Il mettait un gros effort à éviter que les lames se rapprochent plus de lui, mais minute après minute, il perdait du terrain.

-Comme si j'allais faire ça ! Hurla alors Tae, une lance à la main, et se ruant sur l'attaquant.

Elle fit s'écarter l'assassin, mais ce dernier n'allait pas renoncer pour si peu. Il allait se ruer vers Tae, lorsqu'il fut de nouveau stoppé par le même katana.

-Si tu crois pouvoir t'approcher aussi facilement d'Otae-san, tu te goures ! Croies-en mon expérience de Stalker de l'amour ! Hurla Kondo.

-Gorilla... lâcha Tae.

-Ecartes-toi, Shinsengumi ! Ordonna l'assassin tout en bondissant sur le côté et assénant un cou à Kondo, qui chuta lourdement au sol.

Il avait dirigé ses deux lames vers Tae, et allait la frapper de plein fouet, alors que sa future victime était terrifiée...

-OTAE-SAN ! Cria Kondo.

Mais l'assassin se retrouva soudainement écrasé au sol... Enfin, à travers le sol de la maison, le visage ensanglanté, et désarmé. Il se demandait qui avait pu le frapper aussi fort, et releva péniblement les yeux. Il vit alors une vision tout droit sortie de l'enfer. Devant lui, se tenait Tae, toute souriante (un de ces sourires qui précèdent la tempête), et qui dégageait des ondes TRES mauvaises.

-Qu'est-ce que tu crois faire... ENFOIRE ? Demanda-t-elle alors avec un regard assassin et un rictus diabolique s'étendant sur tout son sombre visage.

Cet assassin sans nom eut alors un aller simple pour la dimension infernale connue sous le nom d' « enfer personnel de Tae-san pour stalkers », et fut si traumatisé par l'ingurgitation forcée de Matière Noire qu'il prétendit avoir perdu tout souvenir de cet événement par la suite...

-Otae-san ! Est-ce que tu vas bien ? S'enquit Kondo en voulant la serrer dans ses bras.

Mais il fit un vol plané et alla se planter dans le jardin la tête la première, comme l'assassin.

-Qui t'as dit que tu pouvais me toucher ? Sale Gorille ! Dit Tae en crachant par terre. Va mettre ce type en prison et meurs !

oOoOoOoOo

Au même moment, au Shinsengumi, une autre attaque avait lieu. Hijikata et Sougo étaient encore en train d'argumenter en tête à tête, lorsqu'ils entendirent un énorme raffut. Ils sortirent en courant de la pièce, katana à la main, et s'aperçurent que tous les membres du Shinsengumi avaient fait pareil. Il était donc impossible de savoir ce qui se passait, avec tout le monde en dehors des différentes pièces . Un autre raffut retentit alors, et cette fois, de la fumée s'éleva d'une des pièces au fond du quartier général.

-Les dortoirs ! S'exclama Hijikata. Oi ! Yamazaki ! Qu'est-ce qui se passe !? On est attaqués ? Hurla-t-il.

Yamazaki courut alors vers eux, et cria à son tour :

-C'est le vice-commandant Kemono ! Il se bat contre un intrus !

Hijikata et Sougo eurent une expression mêlée de surprise et de doute affichée sur le visage. Ils se précipitèrent en courant vers la zone où se déroulait le combat, lorsque soudainement quelque chose venant dans leur direction à toute allure les frôla. Totalement figés, ils n'osaient pas regarder en arrière.

-Oi, Sougo... C'est bien ce que je crois qui vient de voler dans notre direction.

-Enfoiré d'Hijikata, tu veux pas aller voir ce qui vient de voler ?

Ils se retournèrent alors en même temps, blancs comme des cachets d'aspirine, et virent qu'un humain venait de se faire projeter vers le fond du jardin, et de s'encastrer dans le mur d'enceinte.

-Si c'est Kemono qui a fait ça, je réponds plus de rien... Lâcha Hijikata, de grosses gouttes parcourant son front.

-Dites pas ça, vice-commandant Hijikata-bouffeur-de-mayo... Ce type a le même parapluie que la chinoise qui se trimbale tout le temps avec Danna et l'autre Otaku... Dit à son tour Sougo.

-OI, tu veux pas dire par hasard que c'est un autre de ces monstres comme Umibozu ?

Et comme pour confirmer ses dires, l'individu se releva, non sans peine, et se remit à courir dans leur direction.

-Il... Il vient vers nous... parvint à dire Hijikata.

-Meurs Hijikata. Vous serrez mort en protégeant vos subordonnés ! Dit Sougo en se plaçant derrière l'accro de la mayo.

-ça va pas la tête !? Hurla Mayora.

Le type qui se dirigeait vers eux avait un parapluie rouge, une longue chevelure, et un bras en moins, et il était clair que s'ils l'avaient déjà rencontré comme les Yorozuyas, les membres du Shinsengumi auraient commencé à fuir sans demander leur reste, sachant que leur « visiteur » n'était autre qu'Abuto, un Yato au service des Harusame. Mais les membres du Shinsengumi étaient fiers, et allaient se ruer sur l'intrus sabre à la main, lorsqu'un éclair noir et blanc les frôla à toute vitesse, heurtant de plein fouet le Yato. Mais Abuto n'en était pas à son premier combat, et para le coup.

-Je ne savais pas qu'un individu aussi fort avait rejoint ces chiens du gouvernement ! Je déteste me battre contre les gens qui ont un grand esprit de combat, mais malheureusement, tu fais obstacle à nos projets ! Dit-il en donnant un coup de parapluie dans l'estomac de Kemono.

La femme qui se faisait passer pour un officier du Shinsengumi alla s'envoler en arrière mais au lieu de s'écraser comme prévu sur les hommes du Shinsengumi qui étaient restés pétrifiés en arrière, fit une roue en arrière et atterrit sur ses pieds.

-Hé ! Qu'est-ce que vous attendez tous ! Le vice-commandant est en danger ! A l'attaque ! Cria Yamazaki, qui s'élança pour aider son supérieur.

-L'abruti ! S'écria Hijikata.

-Il sait que Kemono n'est pas clair, et pourtant, il s'élance à son secours... Qu'est-ce que ça fait de nous, hein ? Dit Sougo avant de s'élancer à son tour vers l'intrus.

A présent, une nuée d'or et de noir se ruait vers Abuto, et bien qu'il les balayait d'un revers de parapluie, les soldats revenaient toujours à l'assaut. Des cris guerriers retentissaient dans toute l'enceinte du bâtiment, redonnant du courage à tous ceux qui avaient été projetés au loin, et qui du coup, se relevaient quasi-instantanément. Hijikata participa aussi à la bataille, donnant coup sur coup, lorsqu'il crut voir un sourire se dessiner sur les lèvres en partie visibles de Kemono, la femme mystère. Celle-ci s'élança alors vers Abuto, et frappa de toutes ses forces avec le bout du manche de son sabre dans ses côtes, lui coupant la respiration. Mais le Yato n'avait pas dit son dernier mot, et allait encore frapper, quand une sonnerie retentit. Une sorte de radio venait de recevoir un signal. Le regard hargneux, Abuto n'eut alors d'autre choix que d'obéir au signal, et de s'enfuir en sautant par dessus le mur d'enceinte.

-Ne le laissez pas s'échapper ! Hurla Kemono d'une voix dure et autoritaire, dévoilant sa voix de femme à l'ensemble des hommes du Shinsengumi.

Tous la regardèrent abasourdis, mis à part Sougo et Hijikata, et elle dût alors se répéter.

-Plus vite que ça bande de larves !

Il n'y eut pas de troisième fois nécessaire. Les hommes se ruèrent au dehors à la poursuite de l'intrus, qui était déjà bien loin, après avoir assimilé l'information selon laquelle leur nouveau vice-commandant était vraisemblablement une femme. Et la dite vice-commandante se tourna alors vers les deux seules personnes qui n'avaient pas bougé d'un pouce, Hijikata et Sougo, et les fixant de ses yeux bleus perçants à travers ses bandages, ordonna :

-Vous deux ! Avec moi !

Elle partit donc vers la salle de réunion, suivie par les deux, méfiants et très inquiets quant à la suite des événements. Ils allaient être seuls à seuls avec ce monstre... Et pendant qu'ils se rendaient à la salle, les premiers membres du Shinsengumi revenaient de leur poursuite inutile, commençant à discuter dans un raffut impossible.

-Vous avez entendu ? Hein ?! Je suis pas le seul, Hein ?

-C'est pas une hallucination ! Moi aussi je l'ai entendu !

-C'est vrai alors ! Kemono, c'est une femme !?

-le vice-commandant est une femme !?

-Ouaip ! Et le vice-commandant dort dans la même chambre qu'elle depuis plus d'un mois !

-Je suis vraiment jaloux ! Et où est-ce qu'ils sont d'ailleurs !?

-Kemono les as convoqués en salle de réunion !

-C'est pas vrai !

Les discussions allaient bon train, et bientôt, un agglutinement se forma autour de la salle de réunion pour savoir ce qui se disait. Mais étrangement, aucun son n'avait filtré de l'intérieur depuis que les trois gradés y étaient entré. La raison en était toute simple : personne n'avait prononcé un mot depuis ce moment-là, Sougo et Hijikata fixant sérieusement et sans un mot la femme au visage bandé qui se tenait devant eux. Aucun des deux n'osait parler en premier, et ce fut finalement Kemono... Enfin, si c'était bien son vrai nom... Qui prit la parole en premier.

-J'attends une bonne explication. Dit-elle.

-Une explication à quoi ? Demanda Hijikata.

-A la surveillance que vous avez mis sur ma tête !

-Dans ce cas, laissez-moi vous demander quelque chose : Vous n'êtes pas membre des forces de polices de Matsudaira, pas vrai ?

-Au contraire, je le suis bien.

-Dans ce cas, vous devez savoir que depuis que vous êtes arrivée ici, vous avez violé pas moins d'une douzaine de règles du Kyokuchû Hatto.

-ça ne m'avait pas échappé. Dit-elle.

Hijikata comme Sougo ne comprenaient plus rien. Elle avait outrepassé les règles en connaissance de cause ?

-Vous êtes donc consciente que je pourrais vous ordonner de vous faire seppukku sur le champ ? Demanda Hijikata, le regard acéré.

-Tout à fait.

La voix semblait appartenir à une jeune femme ayant entre 20 et 30 ans, mais il s'agissait d'une voix dure et autoritaire, sans défauts ni hésitations une voix franche et parlant sans détour, et digne de confiance... Pourtant...

-Vous avez eu des entrevues avec des criminels de la ville sans les mettre en état d'arrestation. Dit Sougo. Ça va à l'encontre de l'article 21 du Kyokuchû Hatto. « Toute communication secrète...

-Avec l'ennemi sera punie », compléta-t-elle.

Elle connaissait définitivement le règlement du Shinsengumi. Alors pourquoi ces actes ?

-Mais je n'ai aucune justification à vous donner. Dit-elle. La lettre que je vous ai donnée en arrivant, est bien écrite de la main de Matsudaira, non ?

En effet, maintenant que les deux hommes y pensaient, le vieux avait un style assez difficile à imiter...

-J'ai été envoyée en mission secrète. Aussi, je n'ai pas le droit de vous dire ce sur quoi j'enquête.

-Parce que vous enquêtiez en allant parler à des criminels recherchés ? S'indigna Sougo.

Elle acquiesça de la tête.

-J'ai du mal à y croire. Il n'existe aucun vice-commandant Kemono dans les archives de la police, alors qui êtes vous réellement ? Vous cachez votre identité, et vous avez la peau brûlée au cou ! Qu'est-ce que ça signifie ? S'enflamma Hijikata.

-Dois-je vous expliquer le sens de « secret » ? Dit-elle, d'un ton froid.

Sougo et Hijikata se regardèrent en chiens de faïence. Ils ne savaient plus quoi penser...

-Je ne veux plus que vous me mettiez sur surveillance, compris ? Ou au moins choisissez quelqu'un qui ne dégage pas une forte odeur d'Anpan, de cigarette ou de sucre ! Railla-t-elle. Ça m'insupporte !

Elle se leva, et ouvrit une des portes coulissantes, faisant dévaler dans la salle un tsunami d'hommes du Shinsegumi qui s'étaient collés à la porte pour écouter la conversation, Yamazaki en tête. Ils s'écartèrent avec une rapidité sans précédente pour laisser passer leur vice-commandant(e), et se ruèrent alors à l'intérieur en criant et hurlant à qui voudrait les entendre qu'ils voulaient savoir ce qu'il se passait, ou pourquoi Hijikata avait le privilège de dormir à côté de la seule femme de la base. Mais toute cette foule fut réduite en confettis par Sougo et son fidèle bazooka.

-Retournez à vos postes ! Et plus vite que ça ! Hurla le sadique.

Toujours installé sur le tatami, Hijikata alluma une cigarette.

-Toi aussi t'as pas du tout gobé son histoire de mission secrète, hein ? Demanda-t-il.

-Bien sûr que non... Répondit Sougo. Il va falloir continuer de la surveiller, en se faisant plus discrets.

Hijikata agréa tout en tirant sur sa cigarette une bouffée supplémentaire. Pendant ce temps, une foule suivait la vice-commandante de près en lui posant plein de questions inutiles auxquelles elle ne daignait pas répondre. Il sembla qu'à ce moment là, certains hommes la virent sourire, mais pas de contentement ou pour manifester sa bonne humeur, mais au contraire, comme si elle se mordait la lèvre inférieure en tentant d'effacer une expression de tristesse de son visage. Le nuage de membres du Shinsengumi ne la lâcha pas d'une semelle, et bientôt, toute la base commença à parler des dernières nouvelles. C'est ce moment que choisit Kondo pour revenir avec son prisonnier.

-Oh, Kondo-san. Qui est-ce ? Demanda Sougo à la vue d'un type à moitié tabassé à mort menotté.

-J'étais chez Otae-san, et ce type a tenté de la tuer ! Mais Otae-san et moi, on lui a donné une bonne leçon ! Expliqua le commandant. Mais qu'est-ce qui s'est passé ici ? Demanda-t-il en voyant l'état dans lequel se trouvait le jardin et le mur d'enceinte adjacent.

-Ah... ça ? Demandez à l'intéressée... Dit Hijikata en soupirant.


Voilà voilà ! C'est fini pour aujourd'hui ! HAHHA, de la baston, des « nuisances » à faire disparaître, et Takasugi qui serait mêlé à tout ça ? Voilà de quoi en faire bouillir d'impatience certains d'entre vous !

Encore merci de votre patience !

Le chapitre 8 n'était pas le seul à me poser problème, le chapitre 9 aussi, décidément, ==_==, et comme le chapitre 8 était assez court, j'ai décidé de poster les deux en même temps, ^^ (enfin, pour me faire pardonner de l'attente aussi^^)

Encore merci à Kaeru18 pour ses messages (et ses cris de désespoir face à une suite qui n'arrivait pas!) et rendez vous dan semaines pour la suite de l'histoire !:)