Partie IX
Il était errant, aventurier, il misait sa vie.
Il avançait dans l'inconnu.
Il ne reculait pas, pour oublier.
Pour tous les oublier.
Les ténèbres les plus épaisses tapissaient leur chemin. Ils étaient douze. Ils étaient tous très différents les uns des autres, mais ils savaient tous une chose. Ils pouvaient tout aussi bien vivre que mourir dans ces lieux hostiles. La petite file indienne se suivait avec la plus grande prudence parmi les sentiers obscur et lugubres. Plusieurs fois, ils glissaient, et frôlait de peu la chute dans le vide juste à leur droite. Le sentier descendait inlassablement dans les profondeurs de la terre, et plus ils s'enfonçaient, plus l'air se faisait rare et nauséabond. Ils faisaient des pauses régulières. Ils étaient tous de grands combattants, mais leurs endurances respectives n'avaient plus aucune utilité ici, dans les racines d'une des plus grande montagne de ce monde. Ils observaient alors fréquemment leurs torches, inquiets. Si elles s'éteignaient, il serait presque impossible pour eux de retrouver leur chemin parmi les ombres et les dédales… Ils savaient que c'était leur ultime quête. Leur vie était déjà tracée depuis leur enfance pour finir réunis, tous, dans ce bas monde.
Ils étaient douze. Douze guerriers. Douze idéalistes. Douze amis, douze désignés. En neuvième place dans la file, Naruto observait ses compagnons de voyage. Cela faisait deux ans qu'ils s'étaient rencontrés. Ils avaient combattu côte à côte, nombre de leurs camarades avaient déjà péri. Ils étaient cinq fois plus au commencement, aujourd'hui, quand leur épopée se finissait, ils n'étaient qu'une douzaine. Mais ils avaient continué. Ils avaient fait honneur à leurs compagnons tombés. Ils avaient percé les ténèbres en leurs seins pour se retrouver ici, à descendre jusqu'à la fin du monde. Des crépitements se faisaient entendre, et ils se cachaient le plus vite possible. Un rocher suffisait, une petite crevasse où ils pouvaient se terrer. L'eau croupie, et même la vase gluante servait. S'ils étaient vus, ils étaient condamnés. Depuis plusieurs années déjà, tous avaient appris l'existence de ce qui était devenu leur objectif. Le destin se scellait, et ils s'étaient auto désigné pour y remédier. Naruto était l'un deux. L'un des cents hommes qui avaient respecté leurs engagements, et qui avaient presque tous péri pour leurs idéaux.
Soudain alors qu'un jeune homme ouvrant la marche descendait prudemment le sentier, le second trébucha. Ils tombèrent tout les deux dans le vide, et ne durent leur salut qu'à deux de leurs camarades qui les avaient rattrapé de justesse. Des hurlements inhumains se firent entendre alors, dans les profondeurs de la mine. Le cri de peur du jeune homme les avait réveillé. « Mince. Ils vont venir par ici. Venez vite ! » prononça un homme d'âge mur en prenant la première place du convoi. Une grosse barbe couvrait ses joues, tandis que sa tunique poussiéreuse volait à son passage, la main posée sur le pommeau de son épée. Pressant la marche, ils coururent en faisant attention à ne pas trébucher, dévalant la pente. S'ils restaient là, ils seraient trouvés, et ce serait leur fin.
Les souterrains des montagnes de ces contrées abritaient des créatures monstrueuses. Et il était généralement fatale de les rencontrer, aussi, ils ne devaient en aucun cas être trouvés. Malgré la lourdeur de l'air et la rareté de l'oxygène, ils ne devaient pas traîner, à risque de mourir dévoré, et c'était l'une des options qu'ils voyaient comme inenvisageable… Ils s'arrêtèrent lorsqu'ils furent hors de danger, et soufflèrent. Cela faisait déjà une semaine entière qu'ils étaient enfoncés dans ces souterrains, et les vivres commençaient à manquer.
S'asseyant dans une impasse ressemblant étrangement à une chambre, ils se regardèrent. Ils étaient muets certes, mais leurs regards étaient assez clairs pour savoir ce qu'ils ressentaient à ce moment. Peur et fatigue. Ils ne dormaient que très peu. Ils en avaient même perdu la notion du jour et de la nuit. Ils avaient passé une semaine de fuite et de survie. Ils espéraient que tout se finisse en peu de temp. Naruto souffla de répit. Il était un grand aventurier. Les sensations fortes le connaissaient, mais jamais il n'avait deviné que la péninsule ninja était si petite comparée au monde entier, et pourtant il savait ô combien elle était grande. Il leva la tête et regarda le vide qui incarnait le plafond. Et dire qu'ils avaient dû laisser les torches derrière eux, sans compter que l'utilisation du chakra attirait inévitablement les monstres habitant ces grottes. Il se remémora alors sa venue sur le continent, qui ne passa jamais inaperçu. Naruto était loin d'être le genre d'homme, avec son physique, à ne pas être reconnu. Il faisait aimant aux yeux des femmes comme des hommes avec son visage efféminé, sa taille, ses yeux bleu fendus comme les félins aussi bien que pour sa chevelure blonde, et sa réputation avait grandi comme jamais il ne l'aurait soupçonné… Les pays qu'il avait découvert étaient des pays non utilisateurs du chakra…
« Ils combattaient jusqu'aux derniers, tombaient en hurlants, mutilés et dévorés juste après. Une grande ville était assiégée, lorsque le ninja de Konoha arriva. Arborant sa veste de Chuunin de Konoha par-dessous son long manteau rouge à flammes vertes, Naruto grimpa en un saut jusqu'à la cime d'un arbre centenaire, et observa. Ce qu'il vit le surpris…Des humanoïdes reptiliens attaquaient avec le bénéfice du nombre des fortifications. Des humains leurs faisaient face, et défendaient vaillamment la ville. Tandis que les reptiles ne portaient que des lanières de cuir marron couvrant partiellement leurs corps, les hommes défendant l'entrée de la ville portaient des armures épaisses et lourdes, recouvrant entièrement leurs corps. Elles brillaient au soleil, et semblaient massive, sans compter les armes qu'ils portaient, des épées immenses, à deux mains, qui broyaient littéralement l'ennemi. Cela ne les empêchaient pas de tomber sous la masse d'ennemi, rapides et agile, qui mordaient à la gorge dans un coup fatale.
Les femmes et enfants fuyaient, d'autres étaient coincés, et leurs vies ne dépendaient que de la résistance des soldats tout de métaux revêtus. Naruto les observa, et nota leur courage suicidaire en les voyant se jeter dans un assaut décisif contre les reptiles. Il était dépassé par les évènements. Il avait vu des choses semblables partout sur le continent jusqu'alors inconnu des ninjas. Cela dit, à la vue des personnes sans défense, et au vu du peu de résistance des chevaliers défendant le bourg, il se décida. Ils étaient une centaine de chevaliers répartis sur la muraille, attendant un nouvel assaut des reptiles, qui ne vint pas. Alors que la seconde vague d'humanoïde chargeait la muraille en hurlant, ils s'arrêtèrent tous subitement, lorsqu'un homme blond, portant un accoutrement des plus étrange, était arrivé du ciel, dans un souffle de vent très fort.
Il était grand et bien bâti, et se dressait seul, devant plusieurs centaines de monstres, à une distance d'environ trente mètres. Son long manteau rouge orné de flamme verte volait au vent, dévoilant à sa taille une très longue épée qui ne ressemblait en rien à celle de ce que les chevaliers avaient déjà pu voir durant leurs vies. L'un des chevaliers, retirant son casque pour dévoiler un visage légèrement brut et le crâne rasé, se dirigea vers l'un des siens d'apparence plus petite. Le chevalier de taille moyenne, environnant le mètre soixante dix, retira à son tour son casque, pour regarder son homologue. C'était une jeune femme. Elle avait de longs cheveux blonds et pâles enroulés en une coiffe autour de sa tête. Elle semblait énervée à l'apparition de cet inconnu plusieurs dizaine de mètres devant eux. « De la où est ce fou inconscient, il ne pourra pas nous entendre. Laissons le, il va mourir mais il nous fera gagner un peu de temps pour évacuer la ville. Hey vous autres en bas, dépêchez vous de dégager les villageois que l'on puisse partir d'ici, on va pas tenir très longtemps ! » avait crié le colosse au crâne nu. Soudain, la femme le rappela à l'ordre, lui disant de garder son calme et de rester concentré. L'homme acquiesça. La femme semblait être sa supérieure.
Naruto lui, faisait toujours face aux reptiles. Ils avaient tous senti que cet homme était différent des autres. Rien qu'à voir ses yeux, ils avaient remarqué qu'il n'était pas d'ici, et surtout, qu'il n'était pas totalement humain. Les pupilles des humains étaient rondes, ils le savaient tous, et les humains portaient des carapaces pour se battre… Celui-là était sûrement à ne pas prendre à la légère. Ils commencèrent tous à courir, pensant qu'ils le tueraient très facilement, comme les autres. Mais ils ne prirent pas en vraie considération leur adversaire…
- Cette homme est perdu ! avait prononcé la femme, un regard de profonde hilarité, et elle fit mine de rire lorsqu'elle le vit dégainer une lame légèrement transparente et très fine, bleu et rouge.
- Et il veut se battre en plus, quel imbécile. Mourir aussi bêtement ! prononça le colosse en riant, un main sur la figure.
Il n'avait hélas pas prévu ce qui allait se passer la seconde suivante. L'homme se mit à courir si vite qu'il arriva devant les reptiles en trois secondes, et en donnant son premier coup. Sa première victime fut coupée en deux littéralement, projetée à plusieurs mètres de hauteur par la force du coup. Il s'en suivi d'une dizaine d'autre, déchiquetés par la lame améthystes. Les lézards de tailles humaines ne s'arrêtèrent pas pour autant. L'épéiste évita les assauts de ses ennemis, en faisant un sauts de plusieurs mètres, atterrissant sur un pied, et répétant sa figure ainsi, trois fois, sous les yeux éberlués des chevaliers qui n'avaient pour ainsi dire jamais vu cela. « Katon ! Goukakyuu no Jutsu ! » entendirent-il de la bouche de l'homme. Celui-ci avait rengainé son sabre et faisait des signes de la main d'une si grande vitesse qu'ils ne les virent plus. Puis, sous la stupeur extrême des non ninjas, il expectora une immense boule de feu fusant sur les reptiles. Cinquante d'entre eux retombèrent carbonisés, provoquant la panique dans leurs rangs. « Kage Bushin no Jutsu ! » avait crié de nouveau l'homme blond, en lançant des couteaux forgés eux aussi étrangement, à l'image du sabre. Des dizaines de kunaïs apparurent alors, et passèrent entre les humanoïdes. Il y eut un flash jaune qui passa à une vitesse hallucinante entre eux, et la seconde d'après, la quasi-totalité d'entre eux étaient morts transpercés tandis que l'homme se tenait droit, au milieu de tout les cadavres comme par magie, la lame sortie de son fourreau. Il observa les reptiles survivants, terrorisés, et leur adressa un sourire carnassier en brandissant sa lame entièrement trempée d'un sang de couleur vert translucide. Ils ne demandèrent pas leurs restes et fuirent le plus vite qu'ils purent et le plus loin possible de cette homme qui venait, à lui seul, de massacrer plusieurs centaines de leurs compagnons…
- Pas…Pas possible… avait réussi à dire la commandante, dans le même état que ses hommes.
- Comment a-t-il fait… ? Nous nous battons depuis des jours pour défendre la ville, et lui il a… renchérit le colosse, en fixant, ahuri, le jeune homme blond, qui s'était maintenant retourné.
Ils déglutirent tous. Il les fixait sans ciller, avant de marcher vers les murs. Quelques minutes après, alors qu'il arrivait devant la porte de la citée aux murs empalés, la grande porte s'abaissa, laissant sortir toute une escouade de chevaliers. Ils se positionnèrent autour de lui, l'encerclant de lance, pour ne pas qu'il s'enfuit –Bien que ce ne fut pas son intention-.
Naruto fit passer son regard sur ceux qui l'encerclait, aucunement impressionné. Il en était presque ennuyé, si ce n'était qu'il venait de découvrir une nation inconnue… Une routine en ce moment… La présumée commandante descendit de la muraille, vite suivie de son bras droit et de son escorte personnelle. Elle voulait voir de ses propres yeux cet homme. Quand elle arriva au niveau du pont-levis abaissé, elle s'arrêta, haletante. Elle était venue assister, une fois de plus, à une bataille, mais ne s'était jamais attendue à une telle tournure. Qui était cet homme ? C'était la question que tous se posaient. Elle l'entraperçut alors, au milieu d'un attroupement de soldat, les lances pointées sur lui. Il ne semblait pas avoir peur. Elle s'avança, et poussa les hommes pour pouvoir passer et s'approcher de leur « sauveur ».
- Princesse ! vociféra le colosse derrière. Ne l'approchez pas, on ne sait pas ce qu'il peut faire !
- Je veux juste lui parler et lui faire grâce de remerciements. Il n'est pas dangereux, rétorqua-t-elle, du moins je l'espère, dit-elle beaucoup plus bas pour que personne ne l'entende.
Quand elle sortie de l'attroupement pour lui faire face, elle resta un instant en suspend. « Qu'est-ce qu'il est beau… » pensa-t-elle en fixant Naruto. Naruto lui, avait posé son regard sur elle, et elle put le détailler entièrement. Il était en effet très grand. Blond, deux grandes mèches lui encadraient le visage. Son visage était blanc, un peu bronzé, et ses yeux étaient si bleus qu'ils dérivaient sur le saphir, les pupilles fendues envoûtantes. Un bleu de roi. Il portait un manteau impressionnant, qu'elle n'avait jamais vu. Le bas du manteau légèrement mouillé et boueux, il restait tout de même très impressionnant. Il était tout rouge, le bas des manches et du manteau brodé de flammes vertes qui se prolongeait vert le haut. Des drôles de signes en oranges étaient écrits dans son dos. Il avait accroché son épée dans son dos, et le manche, qui atteignait facilement les cinquante centimètres de long, était décoré de bandes de tissu noir. Elle reporta son regard sur le visage du jeune homme, et remarqua ce bandeau étrange attaché à son front, une plaque de métal avec gravé dessus un symbole inconnu. Sous son manteau rouge, elle vit la veste de ninja de Naruto, bien qu'elle n'en sache la provenance, ainsi que le baggy noir de l'ermite.
Le jeune homme était assurément charmant. Elle sortit de sa latence, après que le colosse ait attiré son attention. Elle revint très vite à la réalité.
- Qui… Qui êtes-vous ? Et surtout, pourquoi nous avoir aidé ? avait-elle demandé avec autorité.
- Moi ? Je suis un voyageur… Et puis bon, je n'allais pas non plus vous laisser mourir comme cela, répondit-il. Enfin bref, vous pouvez baisser vos lances? Je ne suis que de passage.
Il leva ses mains en signe de neutralité, bien que les lances ne fussent aucunement baissées. Il fit un semblant de rire, voyant que les soldats n'étaient pas particulièrement loquaces…Il abaissa les bras, baissant sa garde. Il sentit soudain un violent choc à l'arrière de son crâne, qui lui fit perdre équilibre. Sa vue se brouilla, il fut immobilisé. « Merde… Ils font pas dans la dentelle ces salops… » pensa-t-il amèrement avant de se sentir traîné, les bras subtilisés. Il sentit qu'on lui ôtait son épée. Il eut un bref rire à l'idée que celui qui la saisisse en pâtisse, puis sombra petit à petit dans l'inconscient, le coup donné dans sa tête ayant été beaucoup trop fort.
Il se réveilla trop lentement à son goût. Sa vue était floue, et il était attaché. Il ressentit une douleur à la mâchoire, puis dans le dos, puis les jambes. Ajustant sa vue un petit peu, il remarqua les traces de coups et de brûlures. Il avait été frappé durant son inconscience. « Les enflures… Je les ai pourtant sauvé… » Il avait mal à la tête, on avait dû le frapper au visage. Il sentait le goût du sang dans sa bouche, ce qui affirmait son hypothèse. Mais sa vue floue et ses réflexes altérés, il ne se l'expliquait pas. Il avait sûrement été drogué pour ne pas se réveiller. Quelle ironie, que de séquestrer leur sauveur. Il ne savait même pas combien de temps il avait été inconscient… Il commença à voir un petit peu mieux. Il pariait être dans une salle. A l'odeur de l'humidité respective à la roche, c'était une salle de prison. Sombre, c'était évident. Il n'avait aucun mal pour le voir. Il distingua alors quatre silhouettes devant lui, et leva la tête lourdement, sans pour autant ne voir que leurs silhouettes… Il sentit le chakra de l'un d'entre eux. Aucun doute, la femme en armure qui l'avait questionné était là. « Que m'ont-ils fait, sales enfoirés… » jura-t-il intérieurement. Il remarqua qu'il était torse nu, et qu'il était dos contre mur. Ses bras étaient tendus sur les côtés, retenus aux poignets par des chaînes. L'odeur du sang monta à son nez. Son sang. Son torse en était recouvert. Mais que lui avaient-ils fait… ?
- Notre hérétique se réveille, à ce que je vois…
Naruto fit tilt. Hérétique ? Mais en quoi était-il hérétique ? Et par rapport à quoi ? Il remua, tentant vainement de se dégager des chaînes, impossible. Une main saisit alors sa mâchoire, et fit redresser sa tête de force. Il aurait bien mordu l'audacieux qui le traitait de la sorte, mais la fatigue l'en empêchait.
- Monseigneur l'Archevêque, vous êtes vraiment certain qu'il s'agit là d'un possédé ?
- Certain Princesse Âne. Ce qu'il a fait il y a treize jours relate de la sorcellerie. De plus, il devrait être mort maintenant. Regardez, il vit toujours, depuis treize jours sans rien inhaler. C'est la preuve qu'il est sous l'emprise du Diable.
- Pourtant il a l'air bien homme, répondit-elle, légèrement peinée, bien que convaincue par l'Archevêque.
- Ne vous fiez pas à la beauté de tels êtres, Princesse Âne. Je conçois qu'il ne doit pas vous laisser de marbre, mais voyez le tel qu'il est. Regardez les plantes carnivores. Elles sont belles, mais piègent sournoisement leurs victimes.
Naruto aurait pu en rire. Non seulement, leurs noms étaient ridicules, princesse Âne… Archevêque. Il ne connaissait rien de leur culture, mais il savait d'or et déjà qu'il aurait beaucoup rit à leurs nez. Il vit déjà un petit peu mieux. Il remarqua alors les quatre personnes devant lui. La femme qu'il avait vue en armure apparemment treize jours avant était maintenant dans une longue robe très garnie en dentelle blanches et excentricités du même type. Elle avait changé radicalement de tenue, et il fallait avouer que malgré tout elle était belle. A sa droite et sa gauche respectivement l'homme nommé « Archevêque » et une femme, tout deux habillés très sobrement. Tandis que le premier avait une robe d'érudit beige et un chapeau ridicule, la seconde était dans une robe noire et la tête voilée sous un capuchon de même couleur… Le dénommé « Archevêque » lâcha sa tête, qui retomba sur sa poitrine. Il souffla de répit. La dernière personne qui lui faisait face était un soldat en armure plus légère que les chevaliers qu'il avait croisé. Il redressa la tête.
- La…Lâchez moi merde… réussit-il à dire.
Il ne sentit que trop tard le coup de poing dans sa figure, qui lui tordit légèrement la mâchoire dans un sourd craquement. Il gémit, recrachant du sang. « Enflure… » gémit-il malgré sa mâchoire déboîté. Des larmes coulèrent de ses yeux. Non qu'il pleurait, mais la douleur atteignit ses yeux secs.
- Si t'as la force de parler, c'est que t'as la force de recevoir des coups ! avait-dit le soldat en lui redonnant un coup dans la figure, lui arrachant un souffle.
- Cela suffit, commandant, avait dit la princesse. S'il vous plait Archevêque, si vous pouviez vous, le commandant Armand et votre suivante me laisser seule un instant avec cet homme.
- Cela serait imprudent de votre part, mademoiselle Âne, répliqua de suite l'Archevêque, légèrement outré.
- Je ne me résignerais pas. Je vous pris de sortir.
- Très bien Princesse. Mais s'il vous offense, je me ferais un plaisir de lui faire rembourser son affront.
Ils sortirent tout trois, laissant la blonde toute de dentelle blanche vêtue seule dans la pièce avec Naruto accroché au mur. Elle reporta son regard sur le ninja dès que la porte fut refermée. Et le regarda de longues minutes. Elle s'agenouilla devant lui, et posa ses mains sur les joues du jeune homme. Il remua la tête, tentant de se dégager de l'emprise de la femme, mais il n'en fut rien, elle l'obligea à la regarder. Ce n'était pas le fait d'affronter son regard qui le gênait, mais le fait d'être maîtrisé comme une bête.
- Comment avez-vous fait contre l'armée Lazianne ?
- Va te faire foutre, répondit-il machinalement.
Il se mit à ricaner lorsqu'il sentit qu'elle s'était braquée. Il eut mal partout en riant, mais il riait bel et bien.
- Et bien madame la chevalière est en fait une madame de la coure.
Elle ne répondit pas à ce ton ironique. Il continua à rire faiblement, se faisant du mal sans le vouloir.
- Je réitère ma question, étranger. Comment as-tu fais pour les repousser seul ?
- Vous êtes faibles, répondit-il au tac o tac.
Il la sentit déçue. Son plan marchait.
- Si… Si vous me relâchez, je vous répondrais. Auquel cas j'arriverais tout de même à sortir d'ici. Comme si c'était une petite drogue paralysante et deux chaînes qui allait me retenir. Je suis un guerrier, pas un minable.
- Un homme ne peut pas s'échapper d'ici seul. Personne ne le peut.
- Et où ais-je… l'honneur d'être invité… ?
- Tu es enfermé dans la prison du palais de Feu mon père, Arkinian, roi du trône du saint empire.
Il sourit d'amertume. Mais dans quelle histoire s'était-il mis. Il n'aurait jamais dû s'éloigner de la coalition des cents. Cela faisait déjà une dizaine de mois qu'il les avait quitté, et il avait découvert trop vite un monde trop étrange pour lui.
- Si tu me promets de ne rien faire, je te promets de te détacher et te relâcher.
- Je ne promets rien. Mais je peux t'assurer que je ne suis pas du genre à faire du mal à qui que se soit sans raison. Allez, relâches moi.
Son ton avait été sans appel. Cet homme s'était permis de lui donner un ordre. En temps normal quiconque aurait fait un tel affront à la princesse du Saint empire aurait été exécuté, mais là, elle n'en fit rien. Elle ravala son orgueil grandissant, et retira les deux bracelets aux poignets de l'homme. Il tomba négligemment au sol, sur les jambes de la princesse Âne. Croyant qu'il l'attaquait, elle sursauta en allant se réfugier au fond de la pièce, pour le découvrir affaler au sol. Il rit un peu et s'assit contre le mur, massant ses mains. Il se reposa un peu, fermant les yeux. Avant que la princesse ne le questionne.
- Votre épée est ensorcelée. Elle a tué six de nos hommes car il l'avait empoigné.
- Les prochains n'en réfléchiront qu'à deux fois.
- Comment avez-vous fait, alors ? J'attends une réponse.
Il resta muet.
- Vous m'aviez donné votre promesse.
Il sourit tristement. Elle ne comprit pas l'origine de ce sourire, mais elle ne s'en intéressa pas.
- J'ai juste appris à m'en servir. En moyenne trente pourcent d'une population peut se servir de ce « pouvoir ». Ce n'est pas compliqué.
- Je ne vous crois pas. Vous mentez.
- Croyez ce que vous voulez, si vous saviez comme je m'en fous.
L'échange se clôt là. Elle ne supportait plus d'être ainsi rabaissée. Elle se leva, s'apprêtant à quitter la salle, lorsqu'il l'appela à l'ordre. Elle se retourna vers lui.
- J'ai tenu mon engagement. A toi de tenir le tiens maintenant. Je n'ai qu'à peine deux pourcent de mes capacités et la drogue m'empêche de réfléchir comme il faut.
- Je fais venir le commandant. Il vous aidera à vous déplacer.
Naruto n'en tint pas rigueur. Tant que le concerné ne le frappait pas durant le voyage, tout pouvait bien aller. Quand elle sortit et qu'elle les prévint, il dut entendre des voix, des cris plutôt. Il reconnut les voix du soldat et de l' « Archevêque ». Comme quoi il était intolérable de le relâcher, bien que la princesse fût inflexible là-dessus. Naruto commença à se rendormir, dans une position déjà plus confortable. Il se sentit soudainement soulevé du sol. L'officier militaire avait cédé à la Princesse, et le portait. L'hôte de Kyuubi s'autorisa un micro sourire. Il n'aurait plus de problème de ce côté-là…Rassuré, il se rendormit. Ce qu'il ne savait pas, c'est qu'il passerait beaucoup plus de temps qu'il ne l'aurait cru dans le palais de ce soi-disant Saint empire.
Un mois, jour pour jour, après sa libération de cellule du palais, le Namikaze y logeait à l'abri des regards. Il avait profité de l'hospitalité improvisée de la Princesse Âne pour y faire escale intemporelle. Bien sûr, les rumeurs allèrent bon train à la coure et au sein de la caste noble, comme quoi l'homme qui avait sauvé la ville de Onde à l'aide de sorcellerie s'abritait au palais impérial. Les nobles avaient afflués tout au court du mois pour voir le « sorcier ».
La Princesse Âne s'était levée il y a peu. Elle venait de se toiletter et avait déjeuné. Elle avait prit sur son temps libre pour rendre visite au jeune homme qui habitait au palais. Elle ne savait toujours pas son nom, et ne l'avait entraperçu qu'une fois depuis le mois dernier. Il s'était éclipsé deux semaine elle n'aurait su où, mais il avait laissé son épée dans la salle d'armure, preuve qu'il allait revenir, ce qu'il fit assurément. Il était revenu en fanfare, poursuivi par une trentaine de garde et esquivant leurs coups si facilement qu'il en avait ébahi toute la chevalerie de la coure ayant assisté à sa prouesse. Ils avaient alors demandé à le voir en œuvre, demande qu'il avait accepté, surprenant la Princesse qui avait eu l'habitude de le voir antipathique. Aujourd'hui était le jour où il allait montré à la coure impériale son « talent », l'empereur même ayant daigné assister à ce spectacle. Et la Princesse devait avouer qu'elle avait hâte de revoir la sorcellerie du jeune homme, ayant été complètement ébahi lorsqu'à lui seul il avait décimé l'armée Lazianne, des humanoïde vivant à l'Est du Saint empire.
Elle retrouva hélas les quartiers du jeune homme vide, et baissa la tête, déçue. Son manteau rouge aux étranges flammes vertes était pourtant posé sur le lit de la chambre à coucher… Elle allait s'apprêter à partir lorsqu'elle entendit un bruit de lame. Elle approcha de la fenêtre, et pencha sa tête. Une dizaine de mètres plus bas, un homme se battait. L'homme blond qui occupait ses pensées. Mais ce qui la surprit, c'est que son adversaire… N'était autre que lui-même ! Il y avait deux hommes blonds. Ahurie, elle courut vers la sortie pour prendre l'escalier et descendre en essayant de ne pas se prendre les pieds dans sa robe. Elle arriva dans la cour quelques minutes après où elle trouva l'homme blond en plein entraînement de sabre. Il était vêtu de sa tenue de Chuunin de Konoha, son bandeau placé sur son front, qui lui donnait un air très séduisant, surtout lorsqu'il brandissait son épée, Ultima… Il était déjà observé de plusieurs personnes, noble ou servants.
Les deux clones semblaient s'amuser, car ils souriaient en se battant. Les coups affluaient, dans des mouvements incroyables et souples, et surtout très rapides. « Tu te débrouilles plutôt bien ! » avait clamé l'un des deux. « Evidemment, tu m'as refilé un quart du potentiel… » répondit l'autre, blasé. Le premier qui avait parlé augmenta alors la cadence, submergeant de coup son homologue. Il lui fit un croche-pied et le transperça en plein vol, sous les hoquets des spectateurs. « C'est bon, t'as gagné. » prononça le clone en disparaissant dans un nuage de fumée, tandis que l'épée améthyste tomba au sol. Il ramassa son épée, sous les applaudissements entreprenants de son public improvisé. Il les considéra dans un petit sourire, avant de s'en retourner vers ses quartiers, quand il rencontra le regard admiratif de la Princesse.
Âne n'avait jamais vu d'homme aussi beau que maintenant. Elle était frustrée. Si cet homme avait été un soldat aux ordres de l'empereur, elle aurait pu en faire ce qu'elle voulait, jusqu'à même profiter des plaisirs de la chair, option qui ne la laissait pas indifférente en le regardant encore et encore… Mais voilà, il était entièrement indépendant, et ça l'énervait. Il s'approcha d'elle en marchant calmement, et rengaina sa lame lorsqu'il fut devant elle. Il lui fit alors un grand sourire de renard comme il avait toujours su les faire dans le passé. Elle craqua littéralement dessus –Se retenant de justesse de lui sauter dessus-. Et bizarrement, elle sentait qu'il connaissait ses sentiments. Ce qu'elle ne savait pas, c'est que l'homme en face d'elle possédait un don unique, l'empathie. Et bien sûr, il ressentait ce que ressentait la Princesse.
- Bonjour Âne.
- Bonjour…
Elle aurait voulu prononcer le nom de l'homme, mais elle ne le connaissait pas –Personne ne le connaissant…-.
- Votre entraînement vous a profité, à ce que je peux en constater, dit-elle en remarquant la bonne humeur de l'homme.
Car c'était le premier homme qu'elle avait vu qui semblait ressentir tant le plaisir de s'entraîner.
- En effet. Rien de mieux qu'un peu d'exercice avec mon sabre par un si bon matin, remarqua-t-il en observant le ciel. Bon. Je dois me retirer.
- Mais pour aller où ? demanda-t-elle, curieuse.
- Et bien. Je dois méditer, répondit-il en se retirant rapidement vers la cage d'escalier par où elle était descendu.
Elle le suivit, inéluctablement. Il était monté jusqu'au toit du palais, et s'était posé en tailleur sur le bord du bâtiment. La princesse avait paniqué à l'idée qu'il tombe en faisant cela, mais avait vite arrêter son stress, il avait l'air stable. Et il resta là. Comme ceci. Longtemps. Elle attendit elle ne sut combien de temps, mais elle était là depuis fort longtemps à l'observer. Il était oisif, comme déconnecté de la réalité, les yeux fermés. Elle se demandait même s'il reviendrait à lui à temps pour sa démonstration devant l'empereur en personne. Et comme espéré, il avait rouvert les yeux. Première fois qu'elle y vit la surprise. Car il avait en effet été très surpris de voir que la Princesse avait patienté qu'il revienne à lui.
- Mais que faisiez-vous !? hurla-t-elle hors d'elle, très contrariée d'avoir attendue plus de trois heures l'éveil de son invité.
- Je ne vous l'ai pas dit ce matin ? Je méditais, dit-il, amusé.
- Tout ce temps ?! réitéra-t-elle, abasourdie.
- Oui. Parfois cela prend plus de temps.
Elle ne préféra pas répondre, mais elle hésitait à lui dire qu'à cette heure, l'empereur lui-même devait attendre le jeune homme. Comble, il parla pour elle.
- Je pense que votre père m'attend, Âne.
- Oui. Mais au fait, vous n'avez toujours pas révélé votre nom ? dit-elle, contrariée de nouveau.
Cet homme était libre comme l'air. Elle n'avait strictement aucun impact sur lui…
- Patience.
Il avait répondu calmement en partant, sans adresser un regard à la Princesse. Elle serra les poings…
Le blond se dirigea nonchalamment dans sa chambre, où il attrapa son manteau et le mit sur lui avec une grâce féline. Le cœur de Âne battit plus fort. Décidément, il fallait qu'elle consulte l'Archevêque. Peut-être avait-il des réponses à lui donner. Une dizaine de minute après, le blond suivi de la princesse arriva devant le salon de la coure. Il soupira, et ouvrit la porte. Âne entra à son tour, et fut surprise. Son père était bel et bien là. Les personnes présentes dans la salle discutaient gaiement entre elles lorsque Naruto entra, suivi de la fille de l'empereur du Saint empire.
Le fait de voir le blond habillé de cette tenue si étrangère imposa le silence. Ils reconnurent tous l'invité sorcier d'après les descriptions qui leur avaient été faite. Personne ne pouvait se tromper là-dessus. Âne approcha son oreille de Naruto et lui indiqua tout bas où était son père. Naruto hocha la tête de haut en bas, et franchit la salle sous les regards étonnés de tous les courtisans, hommes comme femmes. Il s'arrêta à deux mètres de l'empereur Arkinian, et lui fit une brève révérence.
- Enchanté de vous rencontrer, Arkinian-sama, avait dit Naruto en oubliant de préciser que le suffixe « sama » était une marque de respect.
- Moi de même Sorcier. Ce matin même nombre de mes vassaux m'ont certifiés que vous êtes remarquable comédien.
Naruto resta muet. Il était dérangé par le fait que ces hommes ne connaissent pas l'existence du chakra…
- Si vous pouviez vous présenter, nous en serions honoré, jeune homme.
Naruto regarda l'assemblée. Décidément, c'était le moment.
- Pour commencer, je me nomme Naruto. Naruto Namikaze.
- C'est un nom très étrange.
- Disons que c'est un nom qui n'est pas d'ici. Je suis un ninja venant d'une contrée très lointaine où moi et mes semblables possédons une culture basée sur l'art Kusa.
- L'art Kusa ? avait demandé l'empereur, curieux et surpris.
- Oui. Nous mêlons notre énergie corporelle et spirituelle, ce qui donne le chakra. Ceci.
Joignant le geste à la parole, Naruto forma dans sa main un Rasengan. Il leva la paume vers le haut, et un orbe tourbillonnant de la taille d'un ballon se forma dans sa main, dans un bruit très sourd et fort. L'ébahissement le plus totale apparut dans la salle.
- Vous êtes vraiment un sorcier… avait commenté l'empereur, tandis que les murmures s'élevaient.
- Nous appelons les utilisateurs du chakra shinobi, par chez nous. Ce n'est pas pour parader et les spectacles Nous utilisons l'art Kusa pour nous battre.
- J'ose à peine l'imaginer, c'est surprenant.
- Comme vous dites. Mais j'imagine que vous voulez une démonstration en grandeur nature, votre altesse ? proposa Naruto, d'une révérence provocante, faisant rire l'assemblée et l'empereur.
Ils s'entendraient sûrement très bien. Ce garçon était fort sympathique…En retrait dans la salle, seul un homme ne semblait pas apprécier le jeune homme. Le prince intendant, n'aimait pas façon dont cet opportuniste était entré en contact avec son futur beau père et sa promise… Ils suivirent tous le shinobi jusque dans les plaines bordant le château, curieux de voir ce qu'il allait faire. De son côté, Naruto s'exaltait. Il allait enfin pouvoir utiliser du ninjutsu et s'entraîner sans que des armées dont il ne connaissait rien ne viennent l'attaquer. Et le fait de faire découvrir quelques techniques de rang S à des personnes n'ayant jamais vu une seule goutte de chakra ne le dérangeait pas plus que cela. Ils étaient arrivés au milieu de la plaine, Naruto ouvrait la marche, quelques mètres devant le groupe de la coure. L'empereur lui, marchait entouré de ses nobles et suivants, et tous discutaient à propos de ce Naruto. Le blond s'arrêta, provoquant l'arrêt du groupe le suivant. Puis il se retourna, souriant de façon très hautaine.
- Sans vouloir me vanter, je suis l'un des hommes les plus fort de ce monde. Ne vous étonnez pas de la puissance dont je témoignerais.
- Comme si vous pouviez nous étonner avec vos tours de passe-passe, roturier ! s'était énervé le prince.
- Endil ! s'était indigné la princesse, bien que ni le prince ni Naruto ne s'était offusqué.
Naruto s'en retourna, et ôta son manteau. Il se retrouva de nouveau dans sa tenue de Chuunin. Il sortit son bandeau frontal et l'attacha à son front, lui donnant cet air si attirant avec ses mèches qui tombaient sur son visage. Il malaxa légèrement son chakra, et posa son index sur le dos de son autre main. Un rouleau de un mètre de long apparut soudainement, étonnant les non ninjas. Il s'approcha d'eux. Il vint devant l'empereur, et défit le rouleau. « Altesse, vous voyez ces trois signe ? dit Naruto en montrant du doigt trois idéogrammes. Choisissez l'un d'eux, vous ne le regretterez pas. » Réfléchissant un instant, il pointa du doigt celui au milieu. « Le symbole de la force. » a dit Naruto, enjoué. Puis s'expliqua.
- Le rouleau que voici est un rouleau d'invocation. Beaucoup de rouleaux d'invocation sont possédés par les ninjas, chacun ayant leurs propres animaux. Car c'est des animaux que nous invoquons.
- Des animaux ? Mais à quoi peuvent-ils servir ? demanda la princesse.
- A nous battre bien sûr, avait dit, presque offusqué, le blond.
- Vous plaisantez ?
- Voyez par vous-même, Âne. Votre père a désigné le symbole de la force. Qu'il en soit ainsi. Mais ne vous approchez jamais à moins de vingt mètres de moi.
- Mais à quels animaux êtes vous affilié ? avait demandé l'empereur, n'y croyant même pas.
Naruto s'éloigna sans rien dire, leur adressant un sourire rusé comme les renards… L'Empereur fut extrêmement contrarié, mais ne fit rien remarquer. Une fois que Naruto fut assez loin, il s'arracha la peau du pouce à l'aide de ses dents, sous l'étonnement omniprésent de ses spectateurs. Il posa sa main sur le rouleau, et cria « Invocation ! ». Il y eut un immense nuage de fumée devant les nobles du Saint Empire. Quand le nuage disparut, certains prirent peur et s'éloignèrent d'une bonne dizaine de mètre, les autres étaient tout simplement hébétés, à leurs places. Car Naruto était assis sur le dos d'un renard d'environ trois mètres de haut.
Un renard au pelage jaune vif, des flammes d'un bleu très foncé émanant des pieds, le sol se vitrifiant à leurs contacts. Le renard s'approcha du groupe de courtisans, un rictus exprimé ouvertement à leur vue. D'autre noble prirent peur et rejoignirent ceux éloignés. L'Empereur lui, était resté sans ciller, à la vue de ce démon de flammes et de l'homme assis sur son dos. Il était maintenant seul à rester en place, il ne paniquerait pas. Le renard s'arrêta à peine à un mètre de l'homme, son museau presque en contact avec lui. L'Empereur trembla à la vue de ses crocs immenses, tandis que Naruto descendait en un saut de son corps.
- Qui est ce misérable ver de terre osant ne pas fuir devant moi, Naruto-sama ?
- Allons, du calme Natsume, je te présente l'Empereur du Saint Empire. Tu devrais plutôt le féliciter de ne pas avoir fuit, car il a vraiment été très courageux.
Le renard, après avoir regardé de ses yeux de braise son maître, les reposa sur l'homme d'âge mûr à la tenue riche en couleurs vives.
- Mon maître a raison. Tu es courageux, humain. Mais je suppose que ta condition d'Empereur t'empêchait de fuir… Kukuku… Si Naruto-sama n'y aurait pas vu d'inconvénient, saches que tu serais déjà entrain de reposer dans mes entrailles…
L'Empereur sentit son poids insupportable, et s'écroula sur les genoux, soufflant fort, tandis que le renard portait son museau au niveau de la main de Naruto. Le blond le caressa un instant, semblant insensible à sa chaleur.
- Pourquoi m'avoir fait venir Naruto-chan ? avait demandé le renard sur un ton plus doux.
- Pour rien en fait ! s'exclama celui-ci, en souriant de toutes ses dents, une main dans la nuque, comme s'il se sentait fautif.
- Alors je suppose… commença Natsume en rapetissant à vue d'œil, jusqu'à devenir une femme aux cheveux aussi blonds que ceux de Naruto. Que tu as du temps à perdre pour moi… termina le Yôko d'un ton très coquin.
Naruto soupira.
- Ce que tu peux être entreprenante Natsume… dit-il lorsqu'il la sentit se coller contre lui en lui mordillant l'oreille.
Car Natsume était une renarde… Qui adorait jouer avec les humains, et surtout, qui affectionnait particulièrement son maître. L'Empereur avait les yeux écarquillés, pour lui, c'était littéralement de la magie noire. Naruto le remarqua, vite suivi de sa Yôko. L'Empereur tremblait. Il ne savait pas quoi faire. Naruto s'approcha de lui, l'Empereur en oublia même son honneur et tenta de se relever pour s'enfuir.
- Ne vous inquiétez pas, Arkinian, avait dit Naruto d'un ton amusé en s'accroupissant devant lui. Je ne suis ni un tueur, ni un monstre.
L'Empereur restait tout de même peu convaincu. Malgré le fait que Naruto lui tendait la main pour l'aider à se relever, main qu'il accepta avec beaucoup d'hésitation.
- Bon, j'imagine que la démonstration est terminée, avait-il dit en voyant que tous les nobles s'étaient rapprochés pour observer Natsume et la toucher.
En effet, la Yôko possédait des oreilles de renard sur le crâne, ressortant de sa chevelure blonde. Des oreilles recouverte d'un duvet blond. Ses yeux étaient fendus, comme son maître, et tout jaune d'or, tandis que sa bouche se tordait en un sourire niais et coquin. Une grande queue touffue remuait dans son dos. Elle ne portait qu'un haut beige assez provoquant, et un short très court, ne lui recouvrant que la moitié des cuisses. Elle s'était de nouveau accroché à Naruto sans retenue, se cachant derrière lui pour éviter les mains baladeuses des hommes curieux de voir une telle créature…
- Naruto-chan, ils sont pas un peu pervers tes copains ? demanda-t-elle tout bas à l'oreille de son maître qui ne répondit que par un sourire amusé.
L'Empereur réfléchit alors. Il s'approcha du blond, et tandis sa main, pour lui serrer. Ce que le blond accepta sans ménagement, un léger sourire niais sur le visage.
- Je suis désolé de vous avoir cru malsain, Naruto.
- C'est à moi de m'excuser, Altesse. Vous ne connaissiez en rien l'art Kusa, et j'ai tout de même invoqué Natsume.
- Je crois qu'il y a une possibilité pour vous d'être pardonné… dit-il, le regard rieur.
- Dites moi, je suis tout ouïe.
- Restez avec nous quelques temps, je vous pris !
Naruto se mit à rire, surpris par cette demande. Il accepta après y avoir mûrement réfléchi, mais les prévint qu'il devrait repartir assez vite. Ils se dirigèrent alors vers le château. La journée se finissait et le soleil descendait. Arrivé à ses appartements, dans ses pensées, Naruto sembla se rappeler de quelque chose, et se retournant, il remarqua que Natsume était toujours là. Elle était en colère, bien qu'elle ne disait rien, et elle avait un regard sombre portée sur son maître.
- Je suis vraiment désolé Natsume. Je n'aurais vraiment pas dû t'invoquer. Tu m'excuses ?
- Hm… Tu dois normalement payer un prix pour mon invocation, Naruto-chan ! avait-elle dit, en haussant le ton dans une moue.
- Et que dois-je payer, étant donné qu'il n'y a pas de ninjas ou d'ennemi à dévorer pour mademoiselle ? demanda-t-il, presque blasé du comportement de sa compagnon.
- Fais moi l'amour ! s'exclama-t-elle en sautillant de joie.
- Oh non… arriva-t-il à dire avant qu'une furie Yôko ne le plaque littéralement au sol en lui mordillant et lapant sauvagement la clavicule dans un roucoulement.
« Mais dans quelle galère me suis-je mis en invoquant cette fanatique des débauches… »
Il était ainsi resté ainsi durant trois mois au palais du Saint Empire, ainsi nommé, avant de disparaître subitement de nouveau, après avoir laissé une lettre d'adieu. Il y adressait toute ses sincères amitiés à Âne, Arkinian, et plusieurs personnes du palais pour l'avoir apprécié réellement… Un grand bouleversement pour la famille royale, qui avait vu en lui un précieux ami, un amour secret pour la Princesse, et un second fils pour l'Empereur. Sans compter qu'il fut très bon soldat et professeur de ninjutsu…
Il fut alors connu sous le nom de l'envoyé des cieux, suite à son apparition depuis le ciel lors de la bataille de la ville d'Onde, et la rumeur courut que l'Empereur et sa fille, la Princesse Âne, avaient reçu des dieux des pouvoirs magiques. Il fut évident que par sympathie, le Namikaze, avant de disparaître, avait laissé des traces, et leur avait enseigné le ninjutsu pour n'en pas déplaire à Arkinian et Âne… »
Il écarquilla les yeux. Les heures de marche qui suivirent avaient été relativement calmes… Mais il comprenait pourquoi. Ils étaient arrivés là où ils avaient décidé de se rendre depuis des années. Peu après son départ de l'Empire d'Arkinian, Naruto avait retrouvé la coalition des cents. Il s'était excusé de son départ auprès de ses camarades, prétextant qu'il avait voulu découvrir le monde de lui-même. Il avait été pardonné, et ils étaient reparti. Ils voyagèrent plus d'un an ensemble, et après une longue aventure, avait trouvé l'emplacement de leur cible. Naruto serra les poings. Après des années de combat, ils avaient trouvé ce qu'ils cherchaient. Ils avaient presque tous péri, mais avaient réussi. Il se le répétait inlassablement de sa tête. Ils avaient réussi. Devant eux, le vide. Le néant. Ils étaient véritablement au bord de l'enfer. Ils étaient hagards, devant ce spectacle. Un immense trou sans fond, en forme d'étoile, ornait le sol. Ils devinèrent de suite que c'était l'entrée, une vague lumière violette émanant des profondeurs. Une lumière obscure, la lumière du mal. Naruto ressentit de suite ce chakra à l'aura plus lourde même que celle que dégageait Kyuubi.
- Que… hoqueta le blond, terrorisé.
C'était la première fois qu'il avait aussi peur de mourir.
« Nous y sommes Gamin… » entendit Naruto.
« C'est donc elle. La porte du monde des morts… Je pensais que ce n'était qu'un mythe… »
« C'est l'entrée du royaume de Shinigami, le dieu des morts. Et il est temps de te dire la vérité… »
Naruto savait que c'était le moment. Il écouta attentivement.
« Juubi, le démon majeur… Celui que le Rikôdou-sennin a dispersé en neuf parties à l'aide des six chemins du Rinengan… Ce démon même dont je suis issu… N'était pas seul. »
Naruto ne répondit pas. Il était resté figé.
« Tu as compris… Un autre démon aussi puissant sommeillait profondément dans les bas fonds de l'enfer… Tu es destiné à affronter ce monstre, tout comme le Rikôdou-sennin était destiné en duel contre Juubi… La guerre que se sont voué les Senju et les Uchiha était de cet enjeu… Mais seul Madara Uchiha et Hashirama Senju le savaient sans compter Jiraiya. Dorénavant, tu es le seul existant dans ce monde à connaître ce secret, et puisses-tu être le dernier. Tu dois vaincre ce monstre à jamais, sans quoi le monde s'effondrera… »
« Je ne peux pas… Je ne suis qu'un simple Jinchuuriki. Je ne peux rien faire de si immense. Je doute même que Hashirama-sama et Madara-san auraient réussi. Seul le Rikôdou-sennin a été assez puissant ! Et encore, cela lui en a coûté ! »
« Tu viens d'énoncer le fait… »
Naruto se figea d'effrois, devant un Kyuubi narquois.
« Oui tout a fait, petit humain… Tu dois dépasser le Sennin… Mais pour cela, tu dois rassembler Juubi, et devenir son possesseur… »
« JAMAIS ! Mes amis en mourraient, tu le sais bien ! Tu es ridicule Kyuubi ! Jamais je ne ferais une telle chose ! Jamais ! Tu entends ?! Jamais ! »
« Il ne faut jamais dire jamais… Kukuku… Sans le Juubi et son pouvoir, la Terre s'effondrera d'elle-même…»
Des larmes silencieuses sortirent des yeux de Naruto, étonnant ses amis de la communauté. Les souvenirs de ses amis ninjas et surtout, de ses frères hôtes de démon, et de la femme qu'il aimait, défilèrent. Il ne pouvait pas le croire. Pour lui, c'était impossible.
« Mais… Fuu… »
« Je sais ce que tu ressens… J'aime beaucoup cette petite. Et ces racailles de Bijuus aussi, figure toi. C'est les seuls êtres que j'apprécie, avec leurs misérables hôtes. Mais soit sûr d'une chose… Quoi qu'il en coûte, m'est avis que tu les rejoindras très vite dans l'autre monde. Personne ne peut survivre au pouvoir du Juubi. Le Rikôdou-sennin a eut énormément de mal. Il a dût le sceller dans la lune, haha… Quelle ironie… »
Naruto resta silencieux. Il préférait mettre de côté toute pensée. Il revint à la réalité, et rendit les regards que ses compagnons lui adressaient.
- Ne vous en faites pas. J'étais juste plongé dans mes pensées.
- Un petit accrochage avec ton renard ? demanda l'un des onze pèlerins.
- En quelques sorte… Il sait beaucoup de choses sur cet endroit. Je vous en ferais part après, même s'il n'est pas d'accord avec cela. En attendant, je pense que nous ne devrions pas traîner…
L'un des aventuriers s'avança, il semblait très fort et était encore plus grand que Naruto. Il devait mesurer plus de deux mètres dix. Il était apparemment le chef du groupe.
- Regardez attentivement ce trou béant qui s'enfonce dans les entrailles du monde. Toutes nos théories sur l'existence du monde parallèle étaient belles et bien vraies. Dans toutes nos cultures, les secrets les plus noirs du monde sont cachés. Soit par des branches élitistes, soit sont tout simplement mystifiées de façon à ce que personne n'y croit. Notre quête s'arrête là mes frères.
- Gawain, qu'allons-nous faire maintenant ? avait demandé un homme de taille moyenne. Nous sommes tous très fort, avec ou sans connaissance des arts du chakra.
- Rien. Comme je me doute de ce qu'a dit Kyuubi-sama, et de ce que pense Naruto-san, cette porte ne peut pas se refermer. Je ne peux pas estimer nos niveau, car nous sommes tous très puissants, c'est vrai, mais face à cela, nous ne pourrons strictement rien faire. Nos sacrifices auront été vains. Il faut se retirer. Nous reviendrons.
Ils avaient tous acquiescé aux paroles de Gawain. Il était un homme venu des pays du grand Nord, une culture basée sur le chakra et les dieux des océans. Ils vénéraient les êtres marins et les démons mineurs vivants dans les profondeurs. Les douze membres venaient tous de contrées différentes réparties partout dans le monde. Ils s'étaient autoproclamés émissaires de leurs pays. Mais ils n'eurent pas beaucoup de temps de répit avant qu'un souffle se sente sur leurs peaux.
- Du vent ? s'était exclamé un des douze. Mais c'est impo…
Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Une ombre avait surgi, et l'avait engloutie, le faisant disparaître aux yeux de ses camarades. Il y eut un cri de peur et de souffrance, un craquement sourd et atroce, puis un silence de plomb.
- Restez sur vos gardes ! avait hurlé Gawain. Cette chose est invisible dans le noir !
Ils sautèrent tous subitement, évitant au sol un drap de ténèbres qui les aurait avalé à leurs tours. Ils retombèrent agilement, et se mirent en position.
- Si cette saleté ne veut pas se montrer, je vais la faire sortir ! Lumière ! s'était-il écrié avant de former ce qui ressemblait à un jutsu Katon de rang A.
Toute la zone fut éclairée, mais ne les rassura en rien… Ils restèrent ébahis. Devant eux, un spectre immense, uniquement formé de poussière et de vent, leur faisait face. Il semblait intouchable. Naruto dégaina Ultima, et emmagasinant son chakra à l'intérieur, envoya la plus puissante lame Fuuton qu'il put faire. Tout fut désintégré sur le passage du souffle destructeur étant sorti de l'épée. Mais l'entité était toujours là. Elle chargea, dans une attaque silencieuse. N'ayant pas bien préparé son esquive, un autre membre fut happé par la traînée obscure, et aspiré en se débattant.
Il hurla, mais sans effet, il succomba. Naruto avait peur, il devait l'avouer. Les morts de ses deux camarades avaient été atroces. Il échangea un regard avec Gawain. Ils devaient fuir. Pour la première fois de leurs vies, ces guerriers envisageaient la fuite.
Mais l'ombre se dissipa alors, étrangement attirée vers la porte, et disparaissant à l'intérieur. Ils se crurent un instant sauvés, avant que le sol ne se mette à trembler. Soudain, l'immense trou s'enfonçant dans les ténèbres infernales s'illumina. Une lumière rouge, la lumière du Feu… Ce qu'ils virent les glaça d'effroi. Un immense démon, noir de suie, venait d'émerger des enfers. Une immense bête dont la peau était sertie de cendre et de craquelure. S'envolant dans l'anti-chambre, il se posa dans un tremblement de terre devant les dix. Il déploya ses ailes, et poussant un hurlement effrayant, il enflamma son corps des pieds à la tête. Un démon oublié, un démon du Feu. Ses yeux et sa langue n'étaient que braises, une fumée noire émana de sa peau et l'air se concentra pour en devenir irrespirable. La pression fut intense. Il commença à marcher dans un pas lent vers eux, le sol s'embrasant à son passage. Gawain s'avança, et prenant la hache surdimensionnée dans son dos, il se mit en pose de combat. « Il va falloir se battre les gars… » Naruto brandit à son tour son arme, l'emplissant de son chakra et de celui de Kyuubi. Les huit autres pèlerins sortirent à leurs tours leurs effets. Ils étaient préparés. Ils se battraient, quitte à y perdre leurs vies. Le démon se stoppa, et amassant le feu qui crépitait sur son corps, une épée dantesque se forma dans sa main. Une épée élémentaire de Feu, tel que Naruto le faisait avec le vent.
Ils s'élancèrent tous sur lui en hurlant de rage. « Le lancer de glace ! » avait hurlé Gawain en s'apprêtant à envoyer de toutes ses forces sa hache tel un boomerang. Il hurla, tandis qu'une couche de glace plus grande encore que la hache s'était formée sur la lame, avant qu'elle ne pourfende l'air. A une vitesse incroyable, elle percuta le démon du Feu qui alla s'écraser dans un nuage de fumée sur le sol, alors que la lame du chef de la coalition revenait dans ses mains dans une précision étonnante. Loin de se douter de ce qui allait se passer, un torrent de roche en fusion sortit précipitamment du nuage. « Acéos ! » tonna le plus âgé du groupe, qui environnait la cinquantaine. L'humidité de la caverne fut alors visible à l'œil nu, une fois que toute l'eau présente sous forme de gouttelettes et de buée ne se rassemble. Un mur d'eau s'était alors érigé devant eux, stoppant la vague de lave en se condensant suffisamment. « Bien joué Ezalor ! » avait prononcé un autre des pèlerins, avant de s'avancer une fois que le mur d'eau était retombé au sol. « Telios va te montrer ce que c'est qu'une technique du Feu, saloperie ! » hurla-t-il au démon avant que sa paume ne s'enflamme, puis le reste de son bras, avant qu'un arc fait entièrement de feu n'apparaisse, et qu'il décoche une flèche sur le démon se remettant à marcher vers eux. Il s'écroula, mais rapidement, comme si rien n'eut été, il se releva, cette fois furieux. Il s'envola dans les airs, subitement, en s'embrasant de nouveau, et en s'élançant vers eux. « Laissez le moi… » avait dit Naruto, neuf queues de chakra rouge étant apparues dans son dos… A son tour, il s'envola et vint à la rencontre du démon. Son épée s'illumina, et une immense lame de chakra Fuuton poussa, environnant les six mètres de long. Hurlant en cœur, les deux démons engagèrent un corps à corps de lame élémentaire, le premier lent et misant sur sa force, le second sur sa précision et sa vitesse. La lame du Feu rencontra violemment celle du Vent, rapidement suivi d'une explosion de chakra qui aveugla tout les occupants de la salle. Mais ni le démon du Feu, ni Naruto, ne cédèrent à la force de l'autre. La différence de force fut visible, lorsque la lame de vent s'affaissa. Evitant de peu l'estoque du démon ailé, le Namikaze sauta au niveau de la tête de son opposant, et lui asséna un coup si fort qu'une entaille profonde d'où se déversa un souffle embrasé apparut sur la joue noire de suie du démon.
Mais sans effet. Naruto jura.
« Les Balrog sont immortels dans les profondeurs de la terre… avait prononcé Kyuubi, d'une voix très basse. Tu ne pourras pas gagner dans cet endroit… Surtout avec le peu de force dont tu disposes… »
« Mais… je suis pourtant le ninja le plus puissant du monde ! »
« Les ninjas sont faibles… » avait rétorqué Kyuubi, coupant court à toutes discussion.
Naruto fit un pas en arrière, et bizarrement, le démon Balrog lui avait accordé un répit.
- Tu es fort, hôte de Kyuubi… Mais tu vas tout de même mourir !
La voix caverneuse et presque imperceptible avait émané du Balrog, bien que seul Naruto l'avait entendu. Epuisé d'avoir utilisé le pouvoir des neuf queues à son paroxysme, Naruto posa un genou à terre, haletant. Il cracha du sang. Les utiliser si longtemps et avec une telle maîtrise avait abîmé son corps. Il toussa, recrachant toujours plus de sang. « Merde… » jura-t-il intérieurement. Il douta alors de pouvoir un jour ressortir de cette antre maléfique. Mais quelque chose d'inattendu arriva.
Quatre des pèlerins s'avancèrent, ils s'étaient désignés pour retenir l'ennemi, voyant que ni Gawain ni Naruto ne faisaient le poids face au Balrog. Un sacrifice pour sauver leurs camarades… Naruto baissas la tête. De nouveau, des amis allaient mourir pour lui. Quand il partit, soutenu difficilement et accompagné de cinq de ses amis, Gawain inclus, il put entendre les cris de ses compagnons, des cris de guerre. Ils avaient été d'un courage exceptionnel de se dévouer pour retenir ce monstre. Le gardien de la porte. Ils ne virent le soleil de sang se coucher à l'horizon que six jours après, ils étaient cinq… Encore un avait péri. Il avait chuté dans le vide, se retenant de crier, périssant silencieusement et prenant sur lui pour ne pas condamner les hommes qui furent ses meilleurs amis.
- La lumière du soleil… avait dit Ezalor, il était l'un des survivants. J'ai cru ne plus jamais la revoir…
- Et dire que nos amis se sont sacrifiés pour nous, prononça Gawain, sombrement.
Naruto se releva, fatigué mais en vie.
- Ne bafouons donc pas leurs sacrifices.
Il commença à marcher, vers l'horizon qui s'assombrissait… Vers l'Est.
- Nos chemins se séparent ici. J'étais parti de chez les miens, tout comme vous, pour découvrir ce monde et son secret. Maintenant, il est tant que j'y retourne… Vous comme moi, vos devoirs vous appellent à les mettre en garde.
Ils acquiescèrent sans dire un seul mot.
- Dans dix ans, jour pour jour, mes amis. Si vous êtes encore en vie, dans dix ans. Retrouvons nous, ici, au même endroit. Puissiez-vous être heureux jusque là.
À travers le temps…
À travers le sang…
Il marche il erre
Il ne s'arrêtera pour rien au monde.
Il veut juste être heureux, un petit peu.
