Bonsoir ! :D

Je suis 1000 x désolée pour mon retard : entre le travail et mon ordi qui m'a plantée avant l'été, je n'avais vraiment plus de temps ! :(

Après plus de six mois d'absence, j'ai néanmoins décidé de posté la suite du Crépusculaire, car j'ai pas mal écrit ces derniers temps (pour une fois que je pouvais le faire, j'en ai profité ! ^^) et j'ai plusieurs chapitres d'avance sur cette histoire, ce qui fait que j'aurai – normalement – une publication plus régulière !

En guise de rappel (puisque ça fait trèèès longtemps): Edward est préfet des Gryffondor à Poudlard, il entretient secrètement une liaison à distance avec Tanya, la sœur de son meilleur ami Emmett. Lors d'une ronde dans l'école, il a entendu une mystérieuse voix proférer des menaces…la suite tout de suite !

En espérant que ça vous plaira !

CloudeGirofle

PS : aucuns des personnages de Twilight ne m'appartiennent, pas plus que le monde d'Harry Potter…

ECECECECECECEC

CHAPITRE 8

PRE-AU-LARD

La semaine suivante, Edward n'entendit pas la voix. Mais elle était devenue une obsession. Il la guettait, à chaque heure du jour et de la nuit. Comme un esprit haineux et malfaisant, elle le hantait.

Ses cauchemars étaient revenus. De plus en plus fréquents, et d'une force de plus en plus violente. Plusieurs fois il s'était réveillé en sueur dans son lit, la cicatrice brûlante et le cœur au bord des lèvres. D'ailleurs, Emmett ne dormait presque plus la nuit. Combien de fois Edward avait-il surpris en se réveillant le regard de son ami posé sur lui ? Désormais, il était obligé de fermer ses rideaux le soir et de jeter un sort de silence, pour qu'Emmett retrouve un semblant de sérénité. Mais il n'était pas dupe. Pas plus que Bella, dont Edward surprenait à chaque instant de silence les regards anxieux. Contrairement à ce à quoi il avait pu s'attendre, Hale ne répandit pas la nouvelle de l'incident parmi les siens : au moins, il n'avait pas à supporter, en plus de son angoisse maladive, les railleries venimeuses des langues de serpent. « Hé, t'es au courant ? Masen entend des voix… Je te l'ai toujours dit qu'il était cinglé ! »

Ce matin-là, comme tous les autres depuis cette fameuse nuit, Edward s'éveilla péniblement, la tête lourde et le cœur au bord des lèvres. Le dortoir était encore silencieux, à peine troublé par les respirations régulières de ses camarades. Et il se souvint qu'on était samedi.

Plutôt que de ne rester à rien faire dans son lit, Edward se leva pour gagner la salle commune. Elle était déserte et il s'affala sur son canapé préféré, celui qui faisait face à la cheminée. Il tendit ensuite ses pieds vers les braises, réfléchissant vaguement à ce qu'il allait pouvoir faire le temps que ses amis se réveillent. Travailler, certainement pas. Dormir, non plus. Se promener, mais où ? … Et puis en apercevant par la fenêtre l'étendue opaque du lac, il eut envie de prendre un bain. La salle de bain des préfets était sans aucun doute l'un des avantages les plus enviés de la fonction. Il s'agissait d'une pièce à l'étage, immense et lumineuse, avec une vasque de la taille d'une piscine. La tuyauterie était aussi complexe que celle d'un orgue et laissait couler selon l'envie eau chaude, bulles multicolores et parfums délicieux.

Ragaillardi par cette pensée, il se hâta de faire pivoter le tableau de la grosse dame pour prendre le chemin des escaliers. Il croisa Alistair Sad, le concierge de l'école qui l'observa d'un air suspicieux avant de repartir à la poursuite d'un rat qui s'échappait de la bibliothèque. Trois minutes plus tard, Edward était arrivé devant les grosses portes en bois de la salle de bain. Il murmura le mot de passe, senteur des pins, avant de s'engouffrer en sifflotant de plaisir dans la lumière bleutée des vitraux. Il remarqua alors qu'ils étaient embués, et que la sirène du vitrail regardait avec attention en direction du bassin, peignant ses cheveux blonds d'une main aux doigts verdâtres. Elle partit alors d'un éclat de rire qui agita sa longue nageoire par petites vagues successives.

Stupéfait, Edward, qui avait déjà retiré son T-shirt, regarda à son tour en direction du bassin. Rempli à ras-bord, débordant d'une mousse rosée aux parfums fleuris, il était évident qu'il abritait déjà un quelconque occupant.

Terriblement gêné, il fit demi-tour le plus silencieusement possible mais un bruit d'éclaboussures lui fit relever la tête et l'embarras fit place à la peur. La forme qui avait émergé du bassin était un corps de femme, à la pâleur et à la beauté d'une statue de marbre, qu'on aurait immergée des reins jusqu'aux pieds. Entre les omoplates cascadait une chevelure blanche à force d'être blonde, accentuant la finesse de la taille et la courbe de la cambrure.

Le souffle coupé, Edward resta immobile, n'osant plus remuer ni respirer. Tel le chasseur ayant surpris Diane au bain, le châtiment serait terrible s'il venait à être surpris. La femme, toujours de dos, joua du bout des doigts avec sa chevelure avant de replonger sous l'eau. Edward se rua sans attendre vers les portes et courut encore bien longtemps après avoir descendu l'escalier. Il ne reprit ses esprits qu'une fois dans la salle commune, le tableau refermé derrière lui. Il s'affala sur un canapé, le cœur battant toujours à tout rompre entre ses côtés. Et c'est alors qu'il s'aperçut qu'il avait oublié son T-shirt là-bas. Tant pis, trop tard pour y retourner…

Euh...Edward ? Qu'est-ce tu fais torse nu dans la salle commune ?

Les joues rouges, il se tourna vivement vers Bella qui venait d'arriver, les cheveux emmêlés et le peignoir noué de travers.

Euh… Répéta-t-il. Longue histoire…

Devant sa tête, elle préféra ne pas insister.

Bon, grouillez-vous de manger ! Geignit Emmett, alors qu'il prenait leur déjeuner quelques heures plus tard. Plus vite on aura fini et plus vite on pourra aller à Pré-au-Lard !

Bella leva les yeux au ciel tandis qu'Edward se resservit de tarte à la mélasse.

T'es toujours le dernier à partir de table, alors pour une fois tu peux faire un petit effort, railla-t-elle.

La bouche pleine, Edward approuva en hochant vigoureusement la tête. Pré-au-Lard était un petit village à côté de l'école, dans lequel ils avaient le droit de se rendre les week-ends : entre les boutiques et les cafés, c'était l'attraction locale et aucun élève de l'école n'aurait loupé cette sortie pour rien au monde.

Mais cette fois, ce qui rendait Pré-au-Lard si particulier aux yeux des trois amis, était la visiteuse qu'il recevait exceptionnellement : Katarina McCarthy, la sœur d'Emmett qui devait négocier un contrat ce jour-là avec la Boutique de Farces et Attrapes. Ils avaient appris la nouvelle quelques jours plus tôt, au courrier du matin. Kate leur donnait rendez-vous aux Trois Balais pour boire une bièrraubeure à l'issue de ses négociations.

C'est étrange, dit Edward en y repensant. Ta sœur n'avait pas fait mention de Garrett dans sa lettre. Vous croyez qu'il sera là ? Après tout, pour cette histoire de contrat, faut que les deux associés soient là, non ?

Emmett haussa les épaules.

Je me souviens plus trop. Pourquoi, tu tiens tant que ça à le revoir ?

Edward préféra ne pas répondre et but quelques gorgées de son verre. En vérité, il cherchait à savoir si Tanya serait aussi de la partie. Elle ne lui avait pas envoyé de lettre cette semaine, ce qui l'inquiétait. Il avait beau eu retourné la volière, aucun parchemin.

Pour ne pas éveiller les soupçons d'Emmett et Bella qui se seraient étonnés de le voir recevoir plusieurs lettres par semaines (il n'était pas exactement en très bons termes avec sa famille et ses connaissances dans le monde magique se résumaient à Poudlard), ils avaient convenu qu'Edward irait rechercher les lettres directement à la volière. Ce qui avait ses avantages, mais aussi ses inconvénients : il suffisait que quelqu'un arrive avant lui pour pouvoir s'emparer de la lettre. Jusqu'à présent, leur stratagème s'était déroulé à merveille et si Edward avait d'abord craint de s'être fait volé la missive, il avait compris en renvoyant une lettre à Tanya que celle-ci l'ignorait délibérément. En plus de souffrir, c'était la première fois de sa vie qu'il ne pouvait en faire part à ses plus proches amis.

Edward soupira, tentant de chasser de son esprit ses sombres pensées. Bella avait enfin fini de déjeuner et Emmett avait déjà bondi de son siège, un immense sourire aux lèvres.

En route les amis ! Brailla-t-il en les tirant par la main. Pré-au-Lard n'attend plus que nous !

Entrainés par Emmett, ils franchir les portes de Poudlard en coup de vent, s'attirant par-là les foudres du concierge, Alistair. Edward, pour qui c'était la deuxième fois qu'ils se rencontraient dans la journée, préféra filer doux pour reprendre leur route le plus tôt possible.

Ainsi, un quart d'heure plus tard, ils déambulaient dans les petites rues pavées de Pré-au-Lard, parmi la foule noire des élèves emmitouflés dans leur cape. Leur rendez-vous avec Kate n'était que dans une heure, et ils en profitèrent donc pour visiter les boutiques de farces et attrapes (ils jetèrent un coup d'œil dans l'arrière-boutique pour tenter d'apercevoir leur amie), de gourmandises et de livres – sous l'insistance de Bella. Ils rencontrèrent Lauren, Jessica Stanley, Eric Yorkie et Taylor avec qui ils discutèrent un moment, tout en croquant dans des sucettes en sucre feu. A la fin, Eric avaient les oreilles qui fumaient, ce qui les fit rire jusqu'au moment où il se mit à cracher des flammes. Bella manqua de se faire brûler les cheveux et plus personne ensuite n'osa finir sa sucette.

Bon, il est quinze heures ! Intervint Emmett en jetant un coup d'œil à sa montre. On a rendez-vous avec Kate, à tout à l'heure les gars !

Leurs camarades de Gryffondor leur firent un signe de main avant d'entrer dans une boutique de vêtements qui fit glousser de plaisir Lauren et Jessica. De leur côté, les trois amis firent demi-tour vers les Trois Balais, où Tia, la jeune et jolie patronne du bar, les mena directement à une petite table près de la large cheminée aux braises rougeoyantes. Kate les y attendait, souriante, assise aux côtés d'un grand gars blond aux yeux pétillants. Ils reconnurent Garrett, une des idoles de Gryffondor qui s'était rendu célèbre par ses farces magistrales.

Salut vous trois ! S'exclama-t-elle en se levant pour les embrasser. Alors, comment ça va ?

Tout en s'asseyant, ils éludèrent bien vite cette question pour lui demander comment s'était passé son entretien. Là, Kate et Garrett échangèrent un regard complice avant de trinquer à leur réussite :

D'ici décembre, vous pourrez acheter nos produits chez Zonko !

Edward, Emmett et Bella applaudirent à grands bruits et, quand Tia s'approcha pour s'enquérir de la raison de ce vacarme, elle applaudit à son tour et leur offrit une tournée. Cependant, l'enthousiasme d'Edward était retombé bien vite, quand il avait constaté que celle qu'il attendait n'était pas venue. Il faisait de son mieux pour ne pas le montrer, mais il avait le cœur lourd et pas très envie de faire la fête.

Au fait, lui murmura Kate tandis que les autres continuaient de débattre sur la dangerosité du sucre feu. Il y a une surprise pour toi, derrière la cabane hantée.

Il fronça les sourcils, mais se leva néanmoins de sa chaise, prêt à sortir.

Tu pars où ? S'étonna Bella.

Ronde de préfet, mentit-il en baissant les yeux sur sa montre. Je vous rejoins à l'école. Kate, Garrett, encore bravo à vous deux ! Heureux de vous avoir revu !

Après avoir embrassé Kate et serré la main de Garrett, il sortit du bar, marchant à grands pas en direction de la cabane hantée. Il avait le cœur qui battait à cent à l'heure, tout en n'osant trop espérer de l'énigme de Kate. Une fois arrivé à l'endroit convenu, il constata qu'il était désert. Rien ni personne. Il passa ainsi plusieurs minutes aux aguets, à guetter quoi que ce soit. Mais rien ne vint. Alors, de découragement, il s'assit sur l'herbe, les coudes plantés sur les genoux, à deux doigts des larmes.

Brusquement, sa vision fut coupée par deux mains froides, déposées sur ses yeux. Il se figea. Tout doucement, il posa ses doigts sur les deux mains inconnue et les remonta lentement le long des bras, les remonta lentement jusqu'aux fines épaules encombrées de boucles de cheveux au toucher familier. Un sourire s'esquissa sur les lèvres du garçon, submergé par une telle joie qu'il aurait voulu suspendre le temps à jamais. Les yeux toujours fermés, il retira délicatement les deux mains de ses yeux pour les porter à ses lèvres et les embrasser. Il sentit leur frémissement puis, n'y tenant plus, Tanya se tourna vers lui pour l'embrasser fougueusement. Quand, à bout de souffle, ils se séparèrent, ils restèrent plusieurs minutes à se contempler avant de parler.

Tanya… Pourquoi tu n'écrivais plus ?

Pour te faire une surprise, lui glissa-t-elle à l'oreille.

Il l'embrassa sur la tempe.

J'adore les surprises.

Elle rit.

Tu m'avais manqué Edward, je suis heureuse d'être venue. J'aurai dû le faire plus tôt.

Il la serra contre lui.

Viens, on va s'asseoir contre l'arbre là-bas, personne n'y vient jamais.

Elle le suivit, et ils passèrent une heure à discuter et s'embrasser, dans un mélange d'excitation due à la joie de se retrouver et à la peur d'être surpris. Edward ne cessait de lui caresser les cheveux ou les mains, comme s'il craignait de la voir disparaître à tout moment. Il était amoureux d'elle depuis la quatrième année. Il avait passé son premier été chez les McCarthy et il s'était follement épris de la plus blonde des triplettes, cette belle fille qui avait un an de plus que lui et qui lui avait toujours semblé inaccessible.

Au fait Ed, murmura Tanya en regardant le vent soulever les feuilles mortes du toit de la cabane hantée. Qui sait pour nous deux, mis à part Kate je veux dire ?

Il réfléchit quelques instants.

Personne. Je n'ai rien dit à Emmett. Bella savait mes sentiments pour toi mais je ne lui ai pas dit depuis que…que…qu'on était ensembles.

Et tout en disant cela, il se sentit vaguement coupable. Ils mentaient ni plus ni moins à ses deux meilleurs amis. A Bella, qui l'avait écouté et conseillé, et à Emmett, dont il fréquentait la sœur.

Je crois que pour l'instant c'est mieux comme ça.

Il acquiesça d'un air songeur. Tanya ajouta ensuite qu'il était bientôt l'heure de partir et ils se relevèrent pour se mettre en route. Ils se dirent au-revoir devant la cabane hantée, longuement et tendrement, se promettant avec ferveur de se retrouver le plus tôt possible. Quand elle eut transplané, il regagna le château, tellement absorbé dans sens pensées qu'il se prit les pieds dans une racine et tomba la tête la première dans les branchages. Il ne put retenir un cri de douleur. Par chance, les ronces n'avaient pas touché ses yeux. Par contre il n'aurait pu en dire autant de sa joue gauche qui le brûlait atrocement, comme si l'on avait posé une lame chauffée à blanc sur sa peau. En sentant un liquide chaud et collant couler goutte à goutte contre son cou, il comprit qu'il saignait. Il se releva en grommelant, la vision troublée par la douleur.

En rejoignant le flot des élèves aux environs des portes de l'école, plusieurs d'entre eux pâlirent en le voyant et le pressèrent de questions pour savoir ce qui lui était arrivé. Heureusement, une voix fendit l'attroupement qui s'était formé autour de lui.

Edward ? Oh merde !

Angela se précipita à ses côtés. Elle passa son bras autour de ses épaules et l'aida à marcher tout en jetant des regards sévères aux curieux qui les regardaient de trop près.

Ca va ? Qu'est-ce qu'il t'es arrivé ? Je t'emmène à l'infirmerie.

Je suis tombé et je me suis pris une branche, maugréa-t-il. Désolé si je titube, mais je vois pas très bien.

T'inquiète, on est bientôt arrivés. T'étais pas avec Emmett et Bella ?

Euh… Je dois les retrouver à l'école.

Ils étaient arrivés aux portes de l'infirmerie. Makenna, l'infirmière de l'école le fit asseoir sur un lit et commença d'abord par nettoyer le sang sur son visage pour inspecter la plaie. Elle réfléchit deux-trois minutes puis partit chercher quelques fioles sur les étagères au fond de la pièce.

Ce n'est pas très grave, dit-elle en lui faisant boire d'autorité une potion infecte. La cicatrice aura complètement disparu d'ici quelques jours. Par contre, je suis plus inquiète pour votre œil gauche. J'aimerai que vous passiez la nuit ici pour être sûre que c'est rien.

Quoi ? S'insurgea Edward. Hors de question ! Je n'ai rien à l'œil et je n'ai pas besoin de rester là cette nuit, je…

Tenez, votre pyjama, le coupa-t-elle en lui fourguant une sorte d'uniforme blanc. Enfilez le et cessez de discuter jeune homme, si vous perdez votre œil, vous seriez bien avancé !

Mais je n'ai rien à l'œil, je n'ai même pas mal ! C'est la joue qui a tout pris, je vous dis !

Ah oui ? Et j'ai combien de doigts là ? Rétorqua-t-elle en levant une main.

Incapable de répondre, Edward se renfrogna et ferma sèchement les rideaux autour de son lit pour se changer. Il entendit alors la petite voix d'Angela lui dire qu'elle allait prévenir Emmett et Bella, et quand il rouvrit les rideaux, Makenna l'attendait d'un air féroce, une nouvelle fiole à la main. Elle lui mit deux-trois gouttes dans l'œil (Edward sursauta au contact du liquide froid) et le força à se rallonger.

Bon normalement, vous n'allez pas tarder à vous endormir. On vérifiera l'état de votre œil demain, en attendant, interdiction d'y toucher !

Edward acquiesça d'un air sombre.

L'eau était claire, bleue. Un souffle de vent en troublait légèrement la surface. Edward se sentait bien. Il trempait ses doigts, le visage penché au-dessus de son reflet. Une vague d'ondes fit disparaitre son double aquatique et émergea alors de l'eau une main blanche et belle, bientôt suivie d'une épaule, d'une nuque, d'un dos et d'une chute de reins à la cambrure familière. La chevelure, blanche à force d'être blonde, s'étendait en halo lumineux tout autour de ce corps de marbre. Fasciné, Edward tendit la main, comme pour caresser du bout des doigts la nuque gracile qui lui faisait face. Et, lentement, la silhouette se retourna vers lui, un sourire aux lèvres. Les paupières se relevèrent sur deux pupilles aux iris mauves comme des violettes…

BOUM !

Edward se réveilla en sursaut, le front moite et le cœur palpitant. Un rai de lumière traversait l'obscurité de l'infirmerie. Il venait des portes ouvertes, au-devant desquelles se dessinaient comme à contrejour plusieurs silhouettes. Si Edward distinguait difficilement la scène, il pouvait pourtant en entendre les chuchotis précipités. Il referma les paupières tout en restant immobile.

Mon dieu, Laurent ! Vous vous rendez compte de ce que cela signifie !

La voix s'effondra en sanglots hystériques.

Allons Sihoban, fit sèchement la voix du directeur. Reprenez-vous ! Il ne faut surtout pas que la panique se répande dans l'école, et c'est à nous de donner l'exemple. Alistair, aidez Carlisle à déposer l'élève sur ce lit, là au fond. Quant à vous Esmée, allez chercher Makenna je vous prie.

Il y eut plusieurs bruits étouffés puis le silence retomba dans la salle jusqu'à ce que l'infirmière n'accoure au lit pour ausculter l'élève. Edward était de plus en plus curieux et avait du mal à garder les yeux fermés. Il voulait comprendre ce qu'il était en train de se passer car, il en était certain, c'était quelque chose de vraiment très grave.

Makenna poussa un cri et manqua de s'évanouir.

Par Marlin ! Hoqueta-t-elle. Par Merlin ! Par Merlin… Mais qu'allons-nous faire, Laurent ? Nos élèves courent tous un grave danger. Il faut songer à fermer l'école et à…

Makenna, la coupa Laurent, calmez-vous. La première chose à laquelle il faut songer, c'est comment ramener cet enfant à la vie. Par chance, il n'est que pétrifié. Esmée, a reçu il y a peu quelques plants de mandragore, n'est-ce pas ? Quand ils seront arrivés à maturation, vous pourrez avec Carlisle concocter un filtre. En attendant il va falloir prendre des mesures exceptionnelles. Makenna, refermez les rideaux autour de ce lit. Nous allons tous les cinq monter dans mon bureau pour en parler.

Quelques minutes plus tard, il y eut un bruit sourd puis le rai de lumière qui traversait la salle s'éteignit. Edward se retrouva à nouveau plongé dans l'obscurité et le silence.

Mais il aurait bien été incapable de se rendormir. Car, d'après ses souvenirs lointains de troisième et quatrième année, « pétrifiction » ne pouvait signifier qu'une chose : un monstre rôdait dans l'école.

ECECECECECECEC

J'espère vraiment que ça vous a plus, tenez-moi au courant ! :)