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Réponses aux reviews !

Hey Hiyoru ! Ca faisait un bail ! Eh oui, je savais pour Arthur. Et dans le tome 5 c'est aussi lui que JKR voulait tuer, pas Sirius. Donc Arthur est un enfoiré u_u Enfin bref ! Alors, la dette que Steve Carter a envers Draco Malefoy (et non pas envers Harry Potter) est top-secrète pour le moment, mais ça a un rapport avec sa femme (la mère de Jo).

Non, l'amant de Charlie n'est pas Théo xD Et oui, les Malefoy se sont sacrément décongelés ! Mais là, ce n'est pas grâce à Alva... Les Russes sont super-coincés. C'est surtout grâce à Nathan et Cathy, les deux tolérants du groupe. C'est eux qui ont amené un peu d'humanité chez ces tarés de Malefoy !

Salut Louve x) Comment ça, quelqu'un avec le même surnom que moi ? Quel surnom ? Ywëna ? Ca va mal se passer si quelqu'un m'a piqué mon nom ! Enfin bref, ouais, Ginny et Harry sont des pas-doué. Ils voulaient être honnêtes et équitables envers toute la famille... Ils passent juste pour ce grands abrutis !

Qu'est-ce que tu crois, Don-jul ? Bien sûr qu'Alva voulait vivre en Russie ! Mais Draco a refusé, et du coup Alva vit sur une île. Ben oui. Et effectivement Flora Davies est la fille de Roger Davies (et de Pénélope Deauclaire). Et je suis ravie de voir que tu as relevé la référence à Nosferatu le chat transsexuel xDDD

Et oui, les Weasley sont carrément des ploucs et je les DESTESTE tous (sauf Charlie) ! Et la première chose que fera Scorpius avec son arc sera de tous les dégommer ! Oui, une arme c'est dangereux dans les mains d'un gamin... Surtout entre les mains du fuls d'Alva et Draco quoi.

(Au fait, pour le film, aucune idée, je te rappelle que l'histoire se passe en 2017, je ne sais pas quels films sortiront cette année-là xD)

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Note à moi-même : la vokka-kiwi, c'est bon, mais trois verres de 30 cl, c'est trop. Arg. Ma tête...

Ahem. Je ne sors peut-être pas beaucoup durant les vacances, mais ma famille invite des amis, qui ont des enfants dans une tranche d'âge intéressante (entre 15 et 20 ans quoi). Du coup, vendredi soir, pendant que les vieux discutaient autour d'un punch et de trois pistaches... On a sortit tout ce que la maison contenait de sirops, jus de fruits, et alcool, et on a testé différents cooktail. C'était assez... Intéressant. Maintenant je sais ce qu'est un Walking Dead et un Zombie et je connais ma limite de tolérance à la vodka.

Et le lendemain, j'avais très envie de me dévisser la tête et de la poser à côté genre, une heure ou deux, le temps que le troupeau d'éléphants en train de danser se barre de mon scalp !

Enfin.

Bref.

Dans ce chapitre, on se concentre sur une intrigue un poil plus sérieuse. On verra Alva, Ron et ses Aurors (dont Jack et Valerian !), Draco, Harry, Blaise, Nathan... Et on apprendra que ce n'est pas parce que Face-De-Serpent est mort que tout danger est écarté à jamais de la Grande-Bretagne...

Enfin, voilà. Enjoy !

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Un vaste complot

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Alva se tapit dans l'ombre, accroupie contre un gros rocher qui la dissimulait parfaitement. Cette précaution était pourtant inutile : il faisait presque nuit. Elle n'avait pas besoin de sortir la tête de son abri pour savoir que les Aurors de l'équipe Epsilon encerclaient lentement les deux entrées de la caverne qui servait de refuge aux pirates.

La jeune femme frissonna, regrettant que son uniforme ne soit pas plus épais… Pour une opération de ce genre, elle portait les mêmes vêtements que les Aurors : pantalon noir et solide, débardeur kaki, veste noire, et robe de sorcier violet foncé. Alva déplora mentalement le manque de classe de cette tenue… Après tout, on est snob ou on ne l'est pas, et Alva l'était indubitablement.

D'un geste presque machinal, elle enfila les mitaines de cuir noir qu'elle portait à chaque mission sur le terrain. Il aurait été stupide de se lacérer les paumes sur un caillou tranchant… Et ça ne manquait pas, dans le coin. Elle jeta un regard dubitatif au paysage.

Une côte couverte de rochers aux bords acérés et aux formes tourmentées, le froid mordant de fin janvier, un crépuscule sinistre, le hurlement du vent, et le son inquiétant de la lente respiration de la mer, toute proche…

Quel cliché.

Elle jeta un bref regard à l'espèce de bracelet en cuir gris qu'elle portait. En relief sombre s'affichaient les secondes avant la fin du décompte. Il restait environ une minute avant la fin de celui-ci, et donc avant l'attaque des Aurors. Et là… Eh bien, Alva devait s'y résigner : elle n'avait pas de rôle à jouer dans la bataille. Sauf si évidemment un pirate passait juste à côté d'elle, bien sûr. Mais son rôle principal était de sécuriser le périmètre en détectant les pièges, ce qu'elle avait fait en arrivant, et de fouiller la grotte, ce qu'elle ferait après l'assaut.

En attendant, elle faisait la potiche.

Alva retint un soupir, et consulta à nouveau son bracelet-décompte. Plus que trente secondes. Les Aurors devaient être en place, maintenant. Tout était silencieux…

Vingt secondes. Le vent hululait toujours dans les rochers, comme annonciateur d'un mauvais présage. Mais ce qu'Alva trouvait le plus angoissant, c'était le son que produisait le ressac de la mer. Elle détestait ce son. En Russie, là où elle avait grandit, elle s'était habituée au vent, aux grands espaces. Pas à la mer.

Neuf secondes.

Huit…

Sept…

Alva inspira lentement, banda ses muscles, redressa sa baguette magique de quelques centimètres. Le contact rassurant du bois d'if l'apaisa, sans tout à fait faire disparaitre l'excitation qui bouillonnait dans ses veines.

Même si sa soif d'action s'était tarie quand elle avait grandit et mûrit, elle ne se lassait pas du danger. Et c'était d'autant plus frustrant de devoir se tenir à l'écart.

Quatre… Trois…

Viseris, murmura-t-elle.

Sa vision se teinta de jaune, et elle pu voir à travers les rochers, comme s'ils s'étaient tous transformés en blocs de verre. L'entrée de la caverne était à peine à quatre-vingt mètres d'elle. Et les Auror s'apprêtaient à y bondir. Le sort anti-Transplanage avait sans doute déjà était lancé.

Un…

Vous êtes cernés ! lança la voix magiquement amplifiée de Weasley. Rendez-vous sans opposer de résistance !

Il n'y eu pas de réponse. Au lieu de ça, une tempête de sorts jaillit de la grotte sombre, et ce fut rapidement le chaos. Les tirs fusaient, les gens couraient, il y avait des jurons, des hurlements, des explosions…

Une partie d'Alva frémit d'envie de se jeter dans la bataille. Elle n'avait jamais supporté l'inaction. Même quand elle crevait de trouille, elle bondissait au-devant du danger. Tout plutôt que de rester prostrée comme une proie… Et l'adrénaline était la meilleure drogue de l'univers.

Mais, même si du temps de Poudlard Alva était imbattable en Défense, les choses avaient changé. Elle savait se battre, mais en plein milieu d'une opération d'Aurors, elle ne ferait que les gêner.

Toujours figée derrière son rocher, Alva secoua la tête, blasée, et entreprit de vérifier qu'aucun piège ne se déclenchait. Si un tsunami apparaissait pour faucher les Aurors, adieu la mission. Avant l'attaque, c'était pour cette raison qu'elle avait mis un soin tout particulier à désactiver les protections jetées au bord de l'eau.

Visiblement, il n'y avait aucun piège à retardement. Et les Aurors étaient en train de gagner. Alva allait désactiver son sortilège de Vision quand soudain, un mouvement attira son attention.

L'instant d'après, un des pirates contournait un rocher à deux mètres d'elle, et se figeait en la voyant.

Alva ne perdit pas de temps en stupéfaction.

Incarcerem !

Protego ! Endoloris !

Stupéfix ! riposta Alva en plongeant pour éviter le maléfice.

Le sort heurta le rocher derrière elle, et en arracha un éclat. Déjà Alva jetait un autre sort :

Impero !

Contrairement aux Aurors, elle n'éprouvait aucun remords à jeter l'Imperium dans un combat. Mais c'était le seul et unique Sortilège Impardonnable qu'elle parvenait à utiliser. Elle avait comme un blocage sur les autres. Sans doute une terreur enfouie…

Mais l'autre réussit à se protéger grâce à un bouclier de lumière dorée. Rapide, le bougre. Alva leva sa baguette pour jeter un autre sort, mais le pirate était déjà en train de s'enfuir à toutes jambes. Alva grogna de rage. Elle, elle ne pouvait pas quitter son poste, sinon qui surveillerait les arrières des Aurors ?

A moins de se dédoubler, elle n'avait pas vraiment le choix. Elle allait devoir faire appel à ce vieux sortilège.

Elle leva son bras gauche, l'intérieur du bras exposé comme si elle montrait une Marque des Ténèbres invisible, retroussa sa manche d'un geste vif, posa sa baguette sur son poignet…

Duplis Cruentis Sanctum !

Le sang jaillit comme si elle s'était tranchée les veines, et Alva grimaça. Autant de douleur que de fierté. Car ce sort, un sort de magie rouge à l'état brut, c'était elle qui l'avait créé.

Le sang, bouillonnant et bougeant comme un être vivant, esquissa une forme qui ne cessait de grandir, comme si on lui avait jeté un sort d'Amplification. Alva n'avait perdu que l'équivalent d'un petit verre de sang, et déjà sa coupure se refermait, tandis que sa création grandissait, grandissait, et prenait forme… Jusqu'à devenir un loup énorme, qui lui arrivait presque à la hanche. Le processus avait pris moins de cinq secondes.

Le loup semblait fait d'une matière rouge et mouvante, mi-liquide mi-solide. Sang et magie. Pure magie rouge, magie de protection et de défense avant tout. Le souffle haché, Alva désigna au loup la direction qu'avait pris sa cible.

– Va.

En trois bonds, le loup géant avait disparu dans les ténèbres. Alva s'adossa à son rocher, et se passa une main tremblante sur le visage. Elle manquait de pratique, utiliser ce sortilège avait été inhabituellement éprouvant…

– Alva ? Tu peux venir, on a… Oh, punaise, Alva, qu'est-ce qui s'est passé ?!

Jack Sloper, Auror et ami de la jeune femme, se précipita vers elle avec angoisse. Alva réalisa que le sang qui avait jaillit de sa blessure avait aussi imbibé sa manche, son pantalon, ses bottes, et son visage quand elle s'était passé la main sur la figure.

– Ce n'est rien, fit-elle d'un ton rassurant. Je ne suis pas blessée.

Jack la regarda bizarrement :

– Ouais, c'est ça, t'as joué à la peinture de guerre ?

– Andouille.

Elle se nettoya d'un sort rapide, tout en résumant la situation à son ami. Comme elle s'y attendait, Jack, en parfait Gryffondor, voulut se jeter à la poursuite du fugitif, mais Alva le retint. Duplis, le loup ensanglanté, était très efficace.

Bon gré mal gré, Jack renonça à sa traque, et se contenta d'escorter Alva jusqu'à la grotte. Il massait nerveusement son bras droit, ou plutôt la prothèse de métal articulé qui lui en tenait lieu à partir du coude. Alva reconnu le geste : Jack faisait ça quand il était nerveux.

– Je vais bien, Jack !

Elle mentait : elle avait la tête qui tournait légèrement, sans doute à cause de la très brutale perte de sang. Son bras était encore engourdi. Mais cela suffit visiblement à rassurer son ami.

La grotte était désormais éclairée par des sphères lumineuses, qui flottaient près du plafond. Jeremiah Hanson et Maxwell Hill, deux autre Auror de l'équipe Epsilon, les attendaient devant l'entrée.

– Valerian et le Capitaine sont déjà dedans, expliqua Jeremiah. Cette grotte est pleine de trucs louches. C'est un long tunnel, très haut de plafond. A certains endroits, ça s'élargit et ça forme des sallespleines de coffres et… D'autres choses. Visiblement, ils étaient trafiquants plus que pirates. Et…

Il hésita, puis acheva :

– Il y avait un gamin avec eux. Il est mort.

Alva se figea. Puis elle hocha la tête, imperceptiblement, et entra. Maxwell resta à l'entrée, mais Jeremiah et Jack la suivirent.

Le long des murs taillés dans la pierre étaient entreposés de très nombreux objets. Des caisses, souvent. Petites, grandes, de bois clair ou de planches sombres et mal dégrossies. Alva les sondait soigneusement de sa baguette, grimaçant de temps à autres. Quand elle détectait quelque chose de dangereux, elle l'entourait d'un charme qui émettait une lumière rouge pulsant autour de l'objet maléfique.

Parfois, elle donnait quelques recommandations, d'un ton froid et professionnel. Jack et Jeremiah la suivaient, attentifs.

– De la Corne d'Eruptif… Très explosif, à manipuler avec précaution… Caisse numéro vingt-trois : je ne connais pas cette substance, mais ça a l'air d'être du poison. Caisse trente-deux : objets ensorcelés, maléfice de niveau deux au moins, ne surtout pas toucher… Le chaudron contient du Polynectar, mettez ça sous clef. Caisse trente-neuf, objets ensorcelés de classe un, prudence absolue. La dague accrochée au mur a une aura bizarre, ne la touchez pas…

Sa voie mourut quand elle entra dans une des salles formées par l'élargissement de la grotte. Là aussi, des caisses étaient empilées le long des murs. Il y avait aussi une table, des bancs, plusieurs matelas dressés contre le mur. Valerian était en train de faire le tour de la salle, examinant les espaces derrière les caisses, dans les recoins. Il se figea en voyant entrer Alva.

Trois silhouettes étaient étendues par terre et avaient été recouvertes d'un drap blanc. Deux de la taille d'un adulte. Et une autre, beaucoup plus petite.

Alva s'agenouilla doucement près d'elles. Valerian n'esquissa aucun geste pour la retenir. Alva était plus qu'apte à voir la mort en face.

Elle souleva un coin du drap.

Le gamin était petit et maigre, presque maladif, comme s'il ne mangeait pas à sa faim. Il n'avait sans doute pas neuf ans. Ses cheveux étaient un peu trop longs, très sales et emmêlés. Ses vêtements étaient sales, eux aussi, et usés, mais ils ne parvenaient pas à cacher sa maigreur et sa fragilité. Maltraitance, devina Alva avec une sourde colère.

La plupart des trafiquants de drogues sorcière utilisaient des enfants pour apporter leur marchandise aux clients. Les gamins de moins de onze ans, n'ayant pas de baguette et ne portant pas encore la Trace, étaient indétectables aux yeux des agents du Ministère. Ils pouvaient courir dans tous les coins du pays et user de magie sans être repérés.

Et les coups, la faim et la peur les rendaient aussi dociles que fragiles.

Alva rabattit le drap, silencieuse. Un sourde colère brûlait en elle, comme un monstre dans ses entrailles, qui rugissait et crachait des flammes avec haine. Elle songeait à son frère aîné, Volodia, hurlant dans le manoir en feu sous le regard impassible de leur père. Elle pensait à sa mère qui ne lui avait jamais dit au revoir avant de partir pour toujours. Elle pensait au regard infiniment triste et étrangement résolu qu'avait eu son amie Anaïs quand elle avait reçu l'Avada Kedavra.

Elle songeait à l'expression incrédule de son père quand elle l'avait poignardé.

Il y avait tant de gens qui n'auraient pas mérité de mourir.

Elle se releva, et fit volte-face, se tournant vers Jeremiah et Jack. Si le premier détourna les yeux, probablement effrayé par son expression sombre, le second soutint son regard d'un air grave. Il savait à quoi elle pensait, lui.

Puis quelqu'un déboula dans la salle, hors d'haleine, et l'échange visuel fut rompu :

– Mrs Malefoy ! s'exclama Maxwell. Votre charme… Sort… Loup… Votre truc a ramené un type !

Malgré la gravité de la situation, Alva ne put empêcher la commissure de ses lèvres de se retrousser d'un millimètre. Duplis était un sortilège qu'elle utilisait très rarement, mais dès qu'ils voyaient un sort en forme de loup, les Aurors d'Epsilon reconnaissaient là sa signature.

– Un type qui s'enfuyait, fit la rousse d'un ton détaché.

– Je l'ai stupéfixié, reprit Maxwell qui se calmait peu à peu en faisant son rapport. Vous ne devinerez jamais de quoi il a l'air.

– Accouche, lâcha Jack.

– D'un ex-drogué à la FullMood.

Les Aurors se tendirent. La FullMood était une drogue hallucinogène récente, qui donnait l'impression à celui qui la consommait d'être devenu une bête sauvage. Une incroyable sensation de puissance, d'ivresse, d'adrénaline. Sauf que, possédés par la drogue, les consommateurs se conduisaient parfois comme les fauves qu'ils avaient l'impression d'être : ils étaient déchaînés, et faisaient preuve d'une violence mortelle.

– Des marques de griffures ? s'enquit Valerian d'un ton professionnel. Des scarifications au cou et sur les flancs, des déformations aux doigts ? L'iris des yeux rougi ?

– Tout ça, fit Max avec gravité. Bien cicatrisé, mais toujours visible. Et ses yeux sont toujours rouges. Je l'ai ligoté, puis placé avec les autres prisonniers, sous la garde de Logan.

– Bien, dirent Jack et Alva en même temps.

Ils échangèrent un regard surpris, puis Jack ricana :

– Eh, c'est moi le lieutenant, ne me pique pas ma place !

– Désolée, réflexe, plaida la jeune femme.

Jack secoua la tête d'un air amusé, mais son regard restait sérieux. Max se racla la gorge d'un air embarrassé, et se dandina un instant sur place tandis que les regards se rivaient sur lui. Puis il prit une grande inspiration, et acheva :

– Il a l'air étranger. Il faudra un juriste du Département de la Coopération Magique pour l'interroger.

– Tu penses qu'on a intérêt à l'interroger ? demanda Valerian.

Maxwell hocha la tête avec raideur, visiblement très mal-à-l'aise.

– Il a le symbole des Réfractaires tatoué sur l'épaule et euh… Ça a l'air récent.

Alva et Valerian échangèrent un regard, la même pensée traversant leur esprit. Récent, donc ce n'était pas un vieux tatouage de jeunesse. Ce mec avait rejoint les Réfractaires en toute connaissance de cause… Et ils l'avaient très probablement accepté en toute connaissance de cause…

Un trafiquant de drogue fricotant avec des pirates et maltraitant un enfant esclave, se joignant au Réfractaires. Ce truc pouvait devenir un scandale. Ce truc pouvait être dangereux.

Il fallait s'en occuper, et vite.

– Tu finis ton tour de la grotte avec Jeremiah, lâcha Valerian. Max, retourne à l'entrée, Jack, prends ma place et sécurise l'intérieur de la grotte. Moi, je vais voir le type que le sort d'Alva a ramené.

Il esquissa un pas vers la sortie, puis marqua une pause et se tourna vers la femme aux cheveux roux pâles, l'air curieux :

– Au fait, c'était quoi comme maléfice cette fois ?

– Un loup, fit Alva d'un ton d'évidence.

Puis elle reprit sa route, suivie par Jeremiah. Jack et Valerian échangèrent un regard blasé, puis se dirigèrent chacun vers leur mission.

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Pré-rapport de l'Auror Ron Weasley au Chef Harry Potter :

Mission n°772A 09. Equipe Epsilon, ainsi que la Briseuses de sorts Malefoy.

Mission complète.

Aucune perte à déplorer de notre côté. Chez l'adversaire, cinq morts dont un enfant (d'après le légiste, assassinés par Avada avant l'attaque), et deux prisonniers.

Rapport d'autopsie à venir.

Etats des prisonniers : bon. Pas de blessures graves. Soins légers apportés à l'un d'entre eux. Transfert dans les prisons temporaires de Londres avant le jugement.

Voir post-it.

Etat des lieux : la caverne où se dissimulaient les pirates a été utilisée comme entrepôt pour leur butin, essentiellement constitués de produits illégaux ou objets dangereux. Une escouade de spécialistes a vidé l'endroit sous la supervision de la Briseuses de sorts Malefoy. Le butin est estimé à plusieurs milliers de Gallions.

Provenances des objets : multiples et pour la plupart inconnues. Les pirates appartenaient probablement à un réseau de contrebande qui utilisait les navires Moldus pour transporter des objets rares ou dangereux.

Liste des objets ci-jointe : elle devra néanmoins être complétée après examen du butin.

La Briseuse de sorts Malefoy et l'Auror Hill ont sécurisés le périmètre. Conformément à la procédure, la zone restera fermée jusqu'à ce qu'un autre Auror expert en détection confirme la sécurité de l'endroit.

Le rapport définitif sera déposé au Bureau dans deux jours.

Ron Weasley, Capitaine d'Epsilon.

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Post-it accroché au précédent pré-rapport :

Harry, bouge tes fesses. J'ai fait sortir le prisonnier blessé de sa cellule, il attend en salle d'interrogatoire 23. C'est un putain d'égyptien, tatoué de la marque des Réfractaires, et il pue la FullMood par-dessus le marché.

Amène-moi Blaise, il nous faut un membre de son Département pour l'interrogatoire d'un étranger, et c'est le seul qui est fiable. Et ramène aussi du Véritaserum. L'injectable, si possible.

Grouille-toi.

Ron.

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Alva retint un bâillement, épuisée. La nuit était bien avancée, et avec la retombée de l'adrénaline, sa fatigue la rattrapait…

Elle et Valerian se trouvaient dans une salle d'observation d'interrogatoire. On appelait ça le « côté noir » dans le jargon des Aurors, car la pièce était à peine éclairée. Autour d'eux, quelques chaises, une Pensine soudée à une étagère au mur, et plusieurs sphères de verre où se mouvaient une fumée blanche, alignées sur une étagère. Ces sphères servaient d'enregistreurs si on les plaçait sur le récepteur magique, composé d'un simple disque noir sur la table. Le double de ce disque était collé au mur de la salle d'interrogatoire, dissimulé magiquement, mais voyait et entendait tout.

Par la grande vitre sans teint qui occupait tout un pan de mur, Alva et Valerian voyaient la véritable salle d'interrogatoire. Le « côté blanc ». Une pièce terriblement classique, claire et nue, seulement meublée d'une table soudée au sol et de deux chaises. L'égyptien, les poignets attachés et un air de défi sur le visage, était assis sur l'un. Impassible, Ron était installé sur l'autre.

La porte s'ouvrit, tant du côté de Ron que du côté d'Alva et Valerian. Harry entra du côté du côté blanc, une chemise cartonnée sous le bras, tandis que Blaise et Draco entraient du côté noir.

Blaise cligna des yeux, ayant visiblement du mal à émerger du sommeil, puis s'assis sur une des chaises et poussa un long soupir :

– Je peux me rendormir ?

– Un membre du Département de la Coopération Magique Internationale doit être témoin en cas d'interrogatoire d'un étranger, lui rappela Valerian d'un ton formel.

– Je sais, grimaça Blaise en se redressant. Je suis juste crevé.

– Et moi, alors ? rétorqua Alva avec agressivité.

Blaise se tut sagement.

Draco, lui, se contenta de s'asseoir sur la chaise la plus proche d'Alva, sans un mot. Harry n'avait eu qu'un résumé succinct de la situation, mais il avait quand même compris l'essentiel.

Valerian, Ron, Jack et les autres étaient Aurors : ils avaient l'habitude de la mort. Alva, beaucoup moins.

La présence d'un juriste, qui surveillait les Aurors et vérifiait qu'ils ne violaient pas les droits des prisonniers, était possible lors d'un interrogatoire. Quand Ron était sur l'affaire, souvent, Hermione acceptait ce rôle. Pour que son époux sache qu'elle était là et le soutenait. Mais cette fois, Harry était allé chercher Malefoy. Parce que c'était un juriste, mais surtout parce qu'il était le mari d'Alva.

Dans le côté blanc, Harry s'assit en face de l'égyptien, et posa sa pochette, toujours fermée, sur la table. Puis il déclara platement :

– Pour usage de la magie noire et association de malfaiteurs avec circonstances aggravées, ainsi que pour enlèvement d'enfant, vous êtes classé en criminel de classe A. Nous avons donc l'autorisation d'utiliser le Véritaserum sur vous.

A ces mots, l'égyptien se raidit, serrant fermement les lèvres. Il ne devrait pas être au courant des derniers progrès en matière de Potions… Car Ron lui jeta un maléfice du Saucisson et Harry, avec une calme assurance, sortit de sa poche un flacon de liquide transparent et une seringue.

Avec un Véritaserum injectable, plus moyen de tricher.

Harry piqua l'égyptien puis fit disparaitre la seringue. Ron maintint le maléfice quelques secondes, le temps que le produit fasse effet. Puis il leva le sort, et l'égyptien leva sur eux un regard absent et béat. Potter se redressa, attentif, mais Ron garda sa baguette pointé sur leur suspect.

– Quel est votre nom ? demanda sèchement Harry.

– Rensyl Djar, répondit l'égyptien d'un ton atone.

– De quelle nationalité êtes-vous ?

– Apatride.

Guère étonnant pour un type de son acabit.

– Dans quel pays êtes-vous né et pourquoi n'y appartenez-vous pas ?

Djar cligna des yeux :

– Egypte. J'ai été banni pour usage de la FullMood et violence sur ma femme.

Ron grimaça de dégoût, mais Harry resta impassible.

La femme de ce type, pour lui avoir servi de défouloir sous l'emprise de la drogue, était sans doute morte.

– Etiez-vous complice des gens avec qui on vous a trouvé dans cette grotte ?

– Oui.

– Connaissez-vous leurs noms ?

– Oui.

Harry récupéra sa chemise cartonnée sur la table, et l'ouvrit. Puis, un par un, il fit défiler les visages devant Djar, lui demandant à chaque fois le nom de la l'individu. L'égyptien répondit toujours du même ton dénué de tout intérêt. Il connaissait tous les noms.

– Et lui ? demanda Harry en lui montrant la dernière photo.

Même celui de l'enfant.

– Ahmed Vahid.

– Son âge ?

– Huit ans.

Le ton d'Harry se durcit nettement, cette fois :

– Pourquoi était-il là ?

– Il amenait la drogue aux clients. Il ne savait rien, il était docile. Et c'était qu'un gamin des rues. Ce n'était pas grave s'il crevait.

– Pas grave, répéta Ron dont les yeux lançaient des éclairs.

Alva, de l'autre côté de la vitre, était bien d'accord avec lui. A cet instant, rien en lui aurait fait plus plaisir que de pendre Djar avec ses propres trippes.

– Vous êtes trafiquant de drogue ? demanda Harry presque calmement.

– Oui.

– De FullMood ?

– Oui.

– Est-ce que les pirates sont dans le coup ?

– Ils nous ont fait entrer en Grande-Bretagne, répondit Djar en dodelinant de la tête. J'étais là pour les surveiller. Ils servent juste de relais. Pour nous apporter la drogue.

– Comment ?

– Par Portoloin. Ils ont un réseau en France et en Angleterre. Ils ont une taupe au Ministère.

Blaise sursauta nettement, indigné, tout comme Alva et Draco qui échangèrent un bref regard. Maintenant qu'ils faisaient partie de l'élite du Ministère, ils mettaient un point d'honneur à ce qu'il y ait moins de corruption et de stupidités qu'à l'époque de leur scolarité.

Mais Djar continuait de sa voix monocorde :

– Quand cette personne est assignée à la surveillance des Portoloins, elle leur donne des autorisations et leur permet d'utiliser des Portoloins sans que le Ministère le sache.

Du côté noir, Blaise marmonna :

– Des têtes vont tomber…

Harry, toujours aussi impassible, croisa les bras et continua sa série de question.

– Avez-vous rejoint les Réfractaires ?

– Oui.

– Savent-ils, pour le trafic de FullMood ?

– Oui.

Ça devenait intéressant. Ron prit la relève :

– D'où vient la drogue ?

– Les composants viennent d'Egypte. Ils transitent dans différentes planques et sont dirigés ailleurs pour fabriquer la FullMood.

– Où est ce centre de fabrication ?

– Je ne sais pas.

– Comment la drogue est-elle distribuée à travers le pays ?

– Je ne sais pas.

– Quel était votre rôle, parmi les pirates ?

– Réceptionner les composants de la FullMood. Des sacs entiers. Plus un coffret de FullMood déjà prête, à distribuer aux pirates et dans la région grâce au petit. Mais je devais rediriger les sacs d'ingrédients ailleurs.

– Où ?

– Un point de rendez-vous dans la forêt du Wiltshire. Je laissais les sacs et quelqu'un les récupérait.

C'était visiblement tout ce qu'ils pouvaient savoir à propos du réseau de trafic de drogue. Djar n'était qu'un petit intermédiaire, il ne savait pas grand-chose. Harry et Ron échangèrent un regard, puis Potter changea de sujet :

– Vous êtes membre des Réfractaires. Quand les avez-vous rejoints ?

– Il y a neuf mois. Quand je suis arrivé ici.

– Est-ce qu'ils savaient déjà pour vos activités ?

– Oui.

– Qui vous a présenté à eux ?

– Personne. Ils ont toujours été là.

Alva sorti une Plume à Papote et se mit à prendre en note tout ce que le type disait. Personne ne fit un geste pour l'arrêter, bien ce soit interdit. Harry ou Ron l'aurait fait. Mais pas Blaise, Draco ou Valerian. Avant d'être fidèles au Ministère, ils étaient fidèles à Alva.

Quand Poudlard détestait les Serpentards et voulait lyncher les enfants de Mangemorts, c'était Alva qui les avait protégés. Pas le Ministère.

– Que voulez-vous dire par toujours ? interrogeait Ron. Où étaient-ils ?

Djar haussa les épaules :

– En Egypte. Dans mon cartel. Mes chefs étaient Réfractaires. Tous, je crois. Les membres anglais du cartel sont aussi Réfractaires. La FullMood est pour réveiller la puissance des sorciers.

Ça n'avait aucun sens. Les Réfractaires prônaient le pacifisme… Et, certes, l'isolement. D'accord, ils étaient débiles, mais de là à tremper dans des affaires de trafic de drogue… ?

– Qui sont ces membres anglais ?

– Jamais vu leurs visages. Ils sont masqués. Mais ils montraient leurs épaules, et ils avaient tous ce tatouage. C'est la marque de l'élite.

A ses côtés, Alva sentit Draco frissonner violemment. A tâtons, elle chercha sa main, et la trouva crispée sur son accoudoir. Elle posa sa propre main sur la sienne, d'un geste apaisant, et sentit son mari faire un effort conscient pour se détendre.

La marque de l'élite. Un tatouage. Ce n'étaient pas de bons souvenirs pour Draco Malefoy. Et c'était carrément malsain…

– Est-ce que vous connaissez Josias Fields ?

C'était l'un des plus connus des Réfractaires. Pas tant pour sa conscience professionnelle, non, mais pour la fréquence à laquelle il proposait des lois, des idées, des projets, et donnait des interviews.

– Oui.

Le contraire aurait été étonnant. Il faisait beaucoup de remous, souvent inutiles. Et donc, même s'il ne dirigeait pas les Réfractaires (il était bien trop bête pour ça), un novice le prendrait sans doute pour leur chef…

– L'admirez-vous ?

Mais la réponse de Djar, toujours d'un ton atone, réduisait à néant leurs espoirs de ne voir en lui qu'un nouveau-venu qui faisait erreur sur le courant qu'il avait rejoint :

– Non. Il est le pantin du Leader.

Et on sentait bien la majuscule dans l'intonation qu'il avait mise.

– Qui est le leader ? demandèrent Harry et Ron en même temps.

Alva se pencha avidement en avant. Un Leader ! Ça changeait tout !

Les Réfractaires mettaient un point d'honneur à dire qu'ils n'avaient pas de chef, qu'ils partageaient tous une même opinion et qu'un courant de pensée les rassemblaient. Ils étaient des philosophes, persistaient-ils à dire. Ils ne suivaient que leur esprit.

D'une certaine façon, c'était là qu'était le piège : dans l'absence de logique incarnative. Les tarés, les illuminés, ceux qui veulent changer le monde ont toujours un chef, et c'est pour ça qu'on les craint. Parce qu'ils ont une tête, un maître à suivre, qu'ils sont donc une armée. Les Réfractaires n'étaient pas une armée, et n'étaient pas dangereux, parce qu'ils n'avaient pas de chef : c'était comme ça que les gens voyaient les choses.

Mais s'ils en avaient un…

– Je ne sais pas, fit Djar de sa voix morne. Mais toutes les instructions viennent de lui.

– Il a ordonné l'implantation du trafic de FullMood ? s'ébahit Harry.

– Sans doute.

– Pourquoi ?

– Je ne sais pas. Je n'ai pas de grade. Je suppose que ça fait partie d'un plan plus étendu.

Ron et Harry se regardèrent, et Alva pouvait sans mal deviner leurs pensées. Un trafic de drogue, c'était déjà un ÉNORME problème. Mais un plan plus étendu ? Avec des Réfractaires, ces imbéciles heureux et chiants, qui en tiraient les ficelles ?

C'était surréaliste.

– Bien, finit par dire Harry. L'interrogatoire est terminé.

Draco n'attendit pas pour se lever et quitter la pièce. Alva le suivit aussitôt.

Dans le couloir, Draco s'allumait une cigarette avec des gestes nerveux. Alva pouvait le comprendre. Ce Leader, ces plans, la marque tatouée… C'était carrément, mais alors carrément malsain. Draco avait fricoté avec une secte de ce genre et c'était toujours difficile pour lui de regarder ça en face.

Néanmoins, Alva lui prit délicatement la cigarette des lèvres avant qu'il ne l'allume, et la jeta par terre.

– Je croyais que tu avais arrêté.

– Ce n'est que pour les grandes occasions, lâcha Draco en sortant une autre cigarette de sa poche. Blaise promu Directeur… Worme renvoyé du Magenmagot… Helmit qui se casse la clavicule en tombant dans les toilettes… Un nouvel ordre de Mangemorts révélé sous notre nez, peut-être en sommeil depuis des années…

Il l'alluma et en tira une bouffée. Cette fois, Alva ne tenta pas de l'en empêcher. Elle le regardait, et, au fond, elle tremblait de savoir qu'il avait raison.

Les Réfractaires étaient apparus très progressivement, comme un courant de pensée qui nait fatalement d'une situation particulière, sans véritable créateur. Puis ce courant s'était répandu. Mais s'il y avait un créateur, quelqu'un qui tirait les ficelles… Ces gens qui prétendaient avoir réfléchi entre eux pour parvenir à la conclusion qu'il fallait se couper du monde Moldu, ces gens mentaient. Ces gens étaient complices avec le Leader et jouaient un rôle.

Et ces gens étaient très, très nombreux.

C'était vertigineux. Tous ces Réfractaires qui se joignaient à la cause de ce nouveau courant de pensée, est-ce qu'ils y croyaient où est-ce que c'était un calcul du Leader ? Un plan ? Mais pourquoi, dans quel but ?

Depuis combien de temps ces « Réfractaires » marchaient-ils avec le Leader mystérieux ?

Combien étaient-ils en réalité ?

Combien étaient encore des agents dormant, attendant que leur chef leur ordonne de soutenir son groupe ?

Alva serra les mâchoires. Les hurlements de Volodia. Le regard de sa mère. Le froid des Détraqueur. Le corps d'Anaïs qui tombe. L'odeur de chair brûlée du bras de Jack. Tellement de choses horribles. Tellement de choses qu'elle n'avait pas pu empêcher.

Elle agrippa le poignet de Draco, et le serra. Fort. Son mari posa un regard surpris sur elle, et la jeune femme lâcha d'un ton dur :

– Ce n'est pas pareil. Ce n'est pas comme cette fois-là.

Son mari hocha la tête, comprenant ce qu'elle voulait dire, et ajouta posément :

– Oui. Cette fois, nous sommes plus forts.

– Et nous les arrêterons, acheva Alva à voix basse. Ça va sans doute mettre un peu de temps, mais nous les arrêterons.

Ce n'était pas la première fois qu'ils mettaient leur nez dans des affaires d'Aurors qui les touchaient de près. Les Malefoy avaient des moyens, des relations, du pouvoir. Et ils étaient sans merci.

– Ah, l'instinct protecteur des lions, se moqua gentiment Draco.

Alva sourit faiblement et lui donna un coup de coude. Elle avait fait sa scolarité à Serdaigle, mais sa véritable Maison aurait dû être Gryffondor.

– Tu es avec moi ?

Draco reprit un visage grave :

– Tu n'es pas la seule à être révoltée.

Leurs regards se croisèrent. Et le visage colérique d'Alva se détendit, et les yeux froids de Draco s'adoucirent. Les Malefoy avaient beau être arrogants, égoïstes, et avoir bien d'autres défauts, ils s'aimaient. Probablement depuis leur première rencontre…

Puis il y eut un bruit du côté de la porte qu'ils venaient de franchir, et Alva se recomposa un visage impassible, faisant sourire Draco d'un air amusé. Blaise et Valerian sortirent du « côté noir », suivit peu après par Ron et Harry qui quittaient le « côté blanc ».

– C'est Azkaban direct pour lui, cracha Ron avec une rage non-dissimulé.

– Et de sacrés ennuis pour les Réfractaires, ajouta Harry.

Blaise et Draco échangèrent un regard, puis le métis poussa un long soupir :

– Ça ne va pas être possible.

– Il a avoué sous Véritasérum !

– Réfléchissez deux minutes, s'agaça Draco. Cet homme est de la vermine. Vous pensez vraiment que son seul témoignage pourra faire tomber les Réfractaires, ou même ne serai-ce que les ébranler ?

Ron cilla, n'ayant apparemment pas pensé à ça, mais Harry secoua la tête :

– Bien sûr que non. Mais ça les forcera à se défendre, et ils ne sont pas assez organisés pour ça. C'est un courant de pensée, pas un groupe comme les Mangemorts… Malgré certains détails.

– C'est un groupe comme les Mangemorts ! protesta Alva. C'est pour ça qu'il faut être prudent !

Comme Harry ouvrait la bouche pour répliquer, Draco pressentit la dispute imminente (Harry et Alva se heurtaient dès qu'ils discutaient) et intervint :

– Les Réfractaires sont organisés, Potter. Leur apparition était même orchestrée, planifiée depuis des années. Leur Leader n'aurait pas laissé des abrutis comme ce Djar rejoindre sa secte s'il n'avait pas un plan pour les rendre inoffensif en cas de problème.

– Mais si on n'utilise pas cet interrogatoire, on ne pourra pas dresser le Ministère contre les Réfractaires ! s'indigna Ron.

– Exact, belette. Convaincre le Ministère sera long, et comme le Leader a sans doute un plan B dans ce cas de figure, ça sera même quasiment impossible. Mais il y a certaines personnes qu'on peut mettre au courant…

Alva saisit ce qu'il voulait dire, et esquissa un sourire carnassier. Blaise également. Draco retint un sourire en coin, et poursuivit :

– Des Aurors pour surveiller des Réfractaires, des conseillers qui les cuisineraient…

– Tu veux agir dans le dos du Ministère ? comprit Valerian.

– Le Ministère est un ramassis d'incompétent, se contenta de dire le blond. Un ramassis d'incompétents corrompus par les Réfractaires, pour la plupart. Je ne place des armes qu'entre les mains de ceux en qui j'ai confiance.

– Et ainsi naquit l'Ordre du Phénix, se moqua Harry.

Alva, Draco et Blaise grimacèrent, mais l'Elu n'avait pas tout à fait tort. Cependant, Alva était d'accord avec son mari :

– Si les Réfractaires savent qu'on sait qu'ils ont trempé dans un trafic de FullMood, ils couvriront leurs arrières au mieux, et au pire ils nous attaqueront. On ne sait pas au juste quelles sont leurs forces, qui est leur chef, et qui sont leurs agents dormant. Mieux vaut connaître la menace avant de l'affronter.

– Elle marque un point, souligna Valerian.

Harry et Ron échangèrent un regard, puis soupirèrent avec un bel ensemble. Potter hocha la tête :

– C'est d'accord. On garde cet interrogatoire secret.

– On fiche cette ordure à Azkaban, ajouta Ron.

– Et on utilise ce qu'on sait par nous-mêmes, conclu Draco.

Les autres acquiescèrent, puis Alva bâilla. Elle avait l'air épuisée, tant physiquement que mentalement. Il ne devait pas être loin de quatre heures du matin.

– Je suis fatiguée. On rentre ?

Ils approuvèrent tous bruyamment, et les trois Aurors se dirigèrent vers la porte de la salle d'interrogatoire pour emmener l'égyptien. Blaise, lui, se contenta d'un bref salut avant de se diriger d'un pas vif vers la sortie (et le lit douillet qui l'attendait chez lui).

Resté seul au milieu du couloir avec Alva, Draco la fixa un instant, indéchiffrable. Sa femme détourna les yeux, et lâcha dans un murmure :

– Je pensais qu'après Anaïs, et Père, ça ne serait plus aussi dur de voir des cadavres. Surtout ceux d'inconnus. Mais ce n'était qu'un enfant. A peine plus jeune qu'Hyperion…

Draco secoua la tête sans un mot, puis lui offrit son bras. De la part de n'importe qui, ce geste aurait semblé démodé, ridicule, mais venant de lui, c'était simplement galant et élégant.

– Rentrons. Je suis là.

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Note du Chef du Bureau des Aurors, Harry Potter,

A l'attention du Ministre de la Magie Kingsley Shacklebolt :

Kingsley,

La dernière mission menée par Epsilon nous a permis de découvrir l'implantation d'un réseau de trafiquants de drogue (FullMoon plus précisément). Plus de détails dans le dossier ci-joint.

Je demande l'autorisation de mettre l'équipe Epsilon (Capitaine Ron Weasley) sur l'affaire.

Harry Potter.

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Réponse du Ministre de la Magie Kingsley Shacklebolt :

Harry,

Autorisation accordée. Soyez prudents quand même.

Kingsley Shacklebolt.

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– La vieille bande, évidement. Et peut-être quelques autres… Les Bluesky sont très mesurés vis-à-vis des Réfractaires, par exemple.

– Très bien, résuma Nathan. Ça fait donc Theo, Blaise, Chris, Kim, Justin, Luna, Jack, David… Les Bluesky, donc les jumeaux Aurélien et Bernard et leurs femmes. Surtout Paloma, cette femme est un cerveau sur pattes.

– Rajoute Susan, fit Ron. Elle aussi, c'est un cerveau.

– Et enlève Chris, ajouta Draco d'un ton soucieux. Il est intéressé par les Réfractaires. Par contre, on peut rajouter Steve Carter.

Harry lui jeta un regard en biais, mais déjà Alva hochait la tête :

– Et éventuellement Ysaline McAlister et son neveu, Nero.

Ron, Harry, Draco et Alva étaient allés au manoir Malefoy, où ils espéraient pouvoir discuter discrètement des personnes qu'ils pouvaient possiblement mettre dans la confidence par rapport à l'innocence-pas-si-innocente-que-ça des Réfractaires. Ils étaient tombés sur Nathan, qui lisait dans le salon, et le Langue-de-Plomb s'était tout naturellement joint à eux.

C'était le milieu de la nuit, ou plutôt les petites heures du matin. Alva et Ron avaient l'air d'être passés sous un bus tellement ils avaient l'air épuisés, et les trois autres n'étaient pas tellement en meilleur état.

– Je vous rappelle que pour le moment, on demande juste aux gens d'être méfiants, leur rappela Nathan. Inutile que ça vous monte à la tête et que vous partiez en guerre…

Il regardait surtout Harry et Alva, et les deux fonceurs du groupe hochèrent la tête d'un air insulté, comme s'ils étaient vexés que Nathan ait pu penser autre chose.

– Et maintenant, les consignes, fit Draco en regardant tour à tour ceux qui l'entouraient. Pas de fuites dans les médias. Pas d'accusations contre les Réfractaires. Pas d'autres interrogatoires de ce Djar, laissez-le pourrir en prison.

Ron eut l'air sur le point de protester, mais finalement, il acquiesça. Draco hocha la tête et poursuivit :

– On sait que les Réfractaires ont une organisation, un plan, et un chef. Ce qui nous donne une avantage sur eux car ils ne savent pas qu'on sait. Potter, arrange-toi pour qu'on croie que Djar ne nous a rien dit. L'interrogatoire n'a jamais eu lieu.

– Ça devrait pouvoir se faire.

– Bien. On doit découvrir quelle genre de complot les Réfractaires ont tramé, et surtout qui le dirige. Ça ne va pas être facile, vu l'adresse avec laquelle ils ont dissimulé ça pendant… Je ne sais même pas combien de temps ils ont dissimulé ça.

– Ni dans combien d'activités illégales ils trempent, intervint Ron. Le trafic de drogue, c'est une chose, mais il y a aussi le trafic de poison, de créatures dangereuses, de livres interdits.

– Tout ce qui tire la société vers le bas, approuva Nathan. Et des gens qui trempent dans ce genre d'affaires ne sont absolument pas des utopistes pacifiques, comme les Réfractaires aimeraient le faire croire…

– Mais qu'est-ce qu'on peu faire ? se désespéra Harry. On n'a rien contre eux. On ne sait rien d'eux. Et on ne peut même pas compter sur le Ministère.

Draco haussa les épaules avec nonchalance, mais sa voix était froide comme la glace :

– Tu renonces trop vite Potter. Tu crois que moi, je vais rester les bras croisés ? Cette fois, ce n'est plus une question de sauvegarde des produits Moldus de luxe. Ce bâtard a jeté un Impardonnable à ma femme. C'est devenu personnel.

Il y eut un bref silence. Puis Alva poussa un léger soupir.

– Il va falloir tenir les enfants à l'écart de tout ça.

Ron, Harry, Draco et même Nathan hochèrent la tête d'un même mouvement. Les petits étaient trop jeunes pour être mêlés à ce genre d'histoire. Eux, à leurs âges, ils y avaient été mêlés, et ils en avaient souffert. Ils seraient de meilleurs parents que n'avaient été les adultes de l'époque.

Et Harry laissa échapper un léger rire :

– D'un autre côté, actuellement, je crois qu'ils ont beaucoup trop d'heures de colle pour fourrer leur nez dans nos affaires…

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A suivre...

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Eh eh, oui, pas de Rôdeurs dans ce chap'. Mais pour compenser, dans le chapitre suivant, on verra à nouveau les gamins. Et en retenue, sinon c'est pas drôle !