9- Pause espagnole…

Un immense merci à mes "z'habituels": nami84, Teddyursa, Loony, Cleo, candice et dussartkarine ! Moone, merci pour ton comm' si adorable (t'es pas vieille à 42 ans, ohhh !). Mention spéciale à mes bêta de choc : karine et nami ! Merci aussi Nanouschka pour l'alerte et les mp !

SCOOOOOP : Si je dépasse les 50 reviews avant la fin du mois... Une nouvelle fic arrivera en juillet... Projet entre nami et moi (qui nous occupe beaucoup et nous fait rire plus encore!)... Nous espérons qu'il verra le jour, mais cela ne tient qu'à vous ! A vos comm' (pas de flood, hein! Mais plus il y aura de reviews, plus il y aura de lecture !)!

Bonne lecture, sous le soleil espagnol... ou la grisaille... En espérant sincèrement que ce chapitre centré sur Antoine vous plaise !


L'avion survolait les Pyrénées et Jennifer dormait depuis quelques minutes, blottie contre l'épaule de son ami. Ce dernier avait entre les mains un roman acheté de nombreux mois plus tôt. Le livre méritait toute son attention. L'histoire d'un écrivain extrêmement célèbre sous son pseudonyme mais au quotidien très simple et non reconnu dans son travail… Un homme qui n'osait avouer ni sa passion ni son talent à ses proches… Lâchant des yeux l'histoire passionnante, Antoine observa la chaîne des monts à travers le hublot. Insidieusement, les montagnes le firent songer aux voyages que d'autres avaient effectués… Combien de fois Candice avait-elle pu prendre l'avion, changer de pays, pour suivre l'homme qui avait partagé sa vie pendant 15 ans ? Il soupira, regardant la couverture de son roman. Lui aussi le ramenait à elle. Celle à qui il avait avoué, à mots cachés, sa passion du dessin. La seule femme, hormis sa mère, qui le sache. Mais l'avait-elle entendu, au milieu de cet entretien sous pression, avec le fils de ce cardiologue ? S'en souvenait-elle seulement ? Sa mère, malgré tous ses défauts, avait vite compris ce lien qui unissait les deux pliciers. Elle avait saisi l'aveu et les sentiments, sachant qu'Antoine peinait à exprimer ses émotions. Sa faute à elle, qui avait, durant toute son enfance, dénigré cette passion. Jamais assez bien… Depuis, il ne l'avait jamais confié. Sauf ce jour-là. Il avait trop honte de cette « sensiblerie »… Même Jennifer n'en savait rien… La pochette « format raisin » était dissimulée dans l'appartement. Il valait peut-être mieux que sa compagne l'ignore… Ou qu'elle ne voit pas tous ses croquis… Mais ce week-end leur permettrait peut-être de se rapprocher, de passer un autre stade dans leur relation… ? A condition qu'il parvienne à tenir ses engagements et cesse de penser à Candice. Se l'extraire de l'esprit pendant deux jours, c'était possible… C'était son challenge. S'il y parvenait, il avait un avenir avec Jennifer. Sinon… Sinon, il était définitivement perdu…

A peine le seuil franchi, Antoine admira la chambre. Spacieuse, sobre… Des murs blancs, des rideaux assortis à la literie : d'un doux vert jade… Quelques photos accrochées ça et là. Une salle de bains de rêve agrémentée d'une faïence dans les mêmes tons que la chambre, une superbe baignoire d'angle à bulles…

Ils déposèrent prestement leurs affaires, prêts à entreprendre la visite de la ville et profiter pleinement de ce week-end. Jennifer glissa le plan dans son sac à dos et ils partirent.

Le parc de la Ciutadella était sublime… Il s'étendait à perte de vue, offrant au regard une multitude de panoramas… Antoine était en admiration. Au pied d'une cascade, les statues de créatures mythologiques se reflétaient dans l'onde, au milieu d'un camaïeu de verts. L'image des végétaux penchés au-dessus du bassin conférait au lieu une atmosphère poétique un brin désuète que le flot de touristes ne venait pas encore saccager, à cette période de l'année. Le capitaine prit quelques photos. Le jour où il ressortirait sa pochette à dessins, les clichés seraient une intéressante source d'inspiration… Le couple reprit sa balade, serpentant entre les allées couvertes du ramage d'arbres au feuillage printanier. Ils se tinrent quelques temps la main, marchant silencieusement, observant les lecteurs assis dans l'herbe ou les joggeurs. Lorsque le plan d'eau se dessina, Antoine dénoua ses doigts de ceux de sa compagne et s'empara de son appareil pour réaliser quelques instantanés supplémentaires. Avisant les barques amarrées, ils décidèrent de s'offrir une petite balade sur le lac miniature. Leur choix se porta sur une embarcation motorisée et ils s'éloignèrent ainsi rapidement des berges. Après quelques centaines de mètres, Antoine réduisit l'allure. Jennifer se pencha en arrière, appuyée sur les avant-bras. Elle profitait du soleil… Dumas l'observa, ne pouvant faire taire son esprit qui effectuait des comparaisons… Il ferma les yeux en soupirant. Impossible de chasser Candice de son cerveau… Il ne pouvait s'empêcher de l'imaginer… Elle laisserait glisser ses doigts dans le lac frais, riant aux éclats… Quand elle se retournerait, ses yeux bleus brilleraient de malice et elle me jetterait au visage toutes ces petites gouttes accrochées à sa peau… Comment me fâcher… ? Alors elle me prendrait le bras et se blottirait tout contre moi, posant sa tête sur mon épaule… Je sentirais son front se nicher au creux de mon cou, et on resterait comme ça. Tous les deux. A regarder les lumières décliner. A profiter l'un de l'autre. A savourer le moment, et le plaisir de ce week-end en amoureux…

En rouvrant les yeux, Antoine se sentit désespérément seul, perdu au milieu d'une vie dont il ne voulait pas… Le poids de ces constats autant que celui du manque, cruel, tomba sur ses épaules, le voûtant un peu plus. Le jeune homme se tourna vers sa compagne et murmura sourdement :

- Tu veux rester ici ou… on continue notre balade… ?

- On a qu'à continuer… Le quartier gothique est tout près, ça pourrait être cool de s'y balader…

- Oui, si tu veux, lâcha le capitaine

- En préparant notre petit séjour, j'ai vu sur la carte que c'était pas loin de ce parc… Mais si ça ne te plait pas…

- Si, si, pas de souci. Très bonne idée.

Antoine relança leur embarcation. Ils achevèrent leur tour puis regagnèrent le ponton où ils laissèrent le canot. Armée du plan de la ville, Jennifer les mena droit vers le « Barri Gotic ».

Les ruelles étroites y étaient délicieusement fraiches. Les pas résonnaient sur les pavés, se répercutant le long des murs en pierres moyenâgeux. Les maisons semblaient sortir d'un film certaines se rejoignaient au-dessus de la rue. D'autres, au fond des venelles, s'enfonçaient dans un écrin de verdure impromptu au milieu de la ville. Un petit carré de jardin agrémenté de laurier rose, de plantes aromatiques ou de fleurs aussi odorantes que colorées. Dans ce quartier, on se sentait hors du temps… Antoine et Jennifer avançaient avec ravissement dans ce décor, s'extasiant de la porte sculptée de telle demeure, des fenêtres à petits carreaux de verre grossier de telle autre ou du heurtoir ancien d'une troisième… Ils débouchèrent bientôt sur une charmante place. Devant eux se dressait la flèche de la Cathédrale Santa Creu, 80 mètres de pierre qui s'élançaient vers le ciel… Les deux tour-clochers qui l'entouraient lui conféraient un certain panache… Les jeunes gens décidèrent de visiter l'édifice religieux avant de se restaurer dans une des échoppes des environs.

Le repas à peine fini, Jennifer reprit les rênes et les dirigea vers une autre esplanade, bien plus grande. La place de la Catalunya exposait au soleil son immense rose des vents tricolore… Des enfants y jouaient, se chamaillant gaiement et courant entre les deux grandes fontaines. Les parterres de fleurs resplendissaient de rose, rouge et carmin, contrastant avec le vert du gazon soigneusement entretenu… Les jeunes gens traversèrent cet espace découvert. La secrétaire souhaitait faire découvrir un lieu atypique à son ami. « J'espère que ça te plaira » avait-elle déclaré, énigmatique… Ils passèrent devant la déesse, une statue d'albâtre aux formes voluptueuses qui lui fit songer à une autre femme, à la peau presque aussi pâle mais aux courbes bien réelles… Et plus attrayantes encore… Il soupira. Encore une fois, son esprit divaguait vers sa collègue sans qu'il ne puisse le maîtriser. Imaginait-elle combien elle occupait ses pensées ? Antoine quitta des yeux la silhouette immobile et reprit la balade, s'interrogeant sur ce qui l'attendait…

Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il découvrit, se dressant devant lui, le musée Picasso… Son cœur rata un battement. Se pouvait-il que Jennifer soit sensible à l'art ? Ou qu'elle ait deviné sa passion et, pour lui faire plaisir, l'amène en ce lieu ?

- Ca… ça te surprend, j'imagine…

- Euh… Oui, avoua Antoine

- Bon, je sais que… t'es pas plus que moi un passionné de ces trucs-là, fit la jeune femme, détruisant brutalement les espoirs de son ami

- Hum…

- Mais bon, ce musée est réputé, et puis on ne fait jamais ça… Après tout, c'est quand même un nom un peu connu, on aura vu ça… Enfin, sauf si tu ne veux pas du tout, hein…

- Non… Enfin si, si, tu as raison. Il est… un peu connu… C'est bien, c'est une bonne idée, cette visite… répondit Dumas

- J'avais peur que ça t'ennuie vraiment, comme je sais que ça ne t'intéresse pas non plus…

- Tu n'aimes pas du tout… ?

- Non, bien sûr ! Pas plus que toi ! Ou alors je n'ai rien compris !

- Ouais… Eluda-t-il

- Sérieux… déjà les flics, c'est pas réputé pour aimer ça… à la base… Et puis ça se voit, t'es pas le genre de mec à faire des expo, se passionner pour l'art… et tout ce « blabla »… t'es plus action, moto,… Lança Jennifer en haussant les épaules

- En même temps… Toi… Avec la danse…

- Ca n'a rien à voir, le coupa-t-elle. La danse c'est une expression, un échange avec l'autre, avec les spectateurs… Le dessin ou la peinture, t'es tout seul, avec ton crayon… Tu n'as pas de communication, d'échange… c'est égoïste comme activité !

- …

- Tu ne trouves pas ?

- Je… ne me suis jamais posé la question… On y va ?

Antoine était dévasté… Son espoir venait de se briser. Non, Jennifer ne risquait pas de le comprendre… Et il était absolument hors de question de montrer le moindre de ses croquis. Est-ce qu'un jour quelqu'un le comprendrait ? Il avait cette réputation de flic stupide, insensible… A qui oserait-il avouer son extrême sensibilité, ses sentiments à fleur de peau, tout ce qu'il refoulait depuis des années ? Sa mère l'avait bien formaté… Un homme doit être viril, sûr de lui… Pas de place pour l'artistique ou la sensiblerie…

Ils déambulèrent dans les couloirs et sous les larges alcôves de pierre. Antoine s'était laissé distancer par sa compagne. Observant les toiles, il apprécia l'exposition. Il admira l'œuvre de Picasso. Lui voyait dans les tableaux l'expression, la transmission de tant d'émotions : la tristesse dans ces portraits « bleus », la tendresse pendant la période rose… Et ces essais de pointillisme, aussi délicats que surprenants… Bientôt, il ne vit plus Jennifer, lui permettait de découvrir plus librement les salles « cubistes »… L'expressivité y était criante. Pablo écrivait sur la toile la violence, la barbarie, la cruauté, autant que la pudeur, les larmes, la honte, l'attente… sous les angles vifs, les lignes droites et les couleurs éclatantes, les émotions se devinaient. On ne parle pas la même langue… Le jeune homme sortit du musée, retrouva sa compagne dans le hall. Pendant qu'elle passait aux toilettes, il en profita pour effectuer un rapide passage dans la boutique. Il chargea rapidement ses emplettes dans son sac à dos, sous un pull… Nul besoin que Jennifer voit ses achats.

Antoine fit semblant de ne pas remarquer les œillades de sa compagne, lorsqu'elle se rendit dans la salle de bains. Il tentait de se replonger dans son roman, mais son esprit partait inlassablement à la dérive. La journée lui avait appris une chose importante : il ne pourrait jamais être lui-même avec cette jeune femme. Ce qui signifiait que leur relation était vouée à l'échec… A plus ou moins court terme. Sauf… si ce week-end parvenait à lui prouver le contraire ? Il en doutait sincèrement et commençait à appréhender la nuit à venir…

- Oh, merde, t'as déjà fini ? S'exclama Antoine en entendant son amie sortir

- Oui… Tu me rejoins ? fit-elle langoureusement

- Oui, moi aussi je file prendre une douche…

Sans attendre de réponse, il se réfugia dans la salle d'eau. Ce fut avec délices qu'il s'immergea dans la grande baignoire et activa les jets… De longues minutes durant, il profita, les yeux fermés, somnolant… En douce compagnie, il aurait été au paradis ! Il quitta lentement ce havre de paix pour se sécher et s'habiller puis traversa silencieusement la chambre plongée dans la pénombre. Sur le lit, une silhouette étendue… Antoine entrouvrit les rideaux occultant, laissant ses yeux dériver sur les lumières de la ville, la course des voitures dans les artères passantes… Un petit bruit attira son attention. Dans son dos, un oreiller était tapoté, comme pour l'appeler. Il se retourna, encore rêveur.

- Cand…

Il s'interrompit devant le spectacle qui s'offrait à lui. La première chose qui lui traversa l'esprit fut une réflexion purement esthétique. Ce serait tellement plus beau, une corolle de cheveux dorés sur l'écrin de jade que formait l'oreiller… La seconde fit irruption dans son cerveau à la même fraction de seconde que la réaction de Jennifer.

- T'allais m'appeler « Candice », là ?!

- Quoi ? Mais… Non ! Où tu vas chercher ça !

- … OK… Alors… Tu t'apprêtais à dire quoi ?

Antoine était mortifié… Le prénom de sa collègue lui avait échappé… Par chance, il ne l'avait pas prononcé en entier, ce qui lui laissait une chance infime de rattraper sa bourde… Et éviter que le week-end ne tourne au fiasco total.

- Je disais… Quand… tu as… réservé cette chambre… Tu savais pour la vue… ?

- Pardon ?

- Oui… Je veux dire… Le site de réservation, il montrait… ce paysage… ? Parce que… franchement… c'est magnifique !

- Euh… Non. Ca mettait juste qu'il y avait une belle vue, mais bon…

- En tout cas bravo pour ton choix… C'est super, Jen…

Il se sentait mal… Ce genre de comportement était odieux et il avait honte. Sur un nouveau signe de sa compagne, qui semblait satisfaite de l'explication, il lâcha le rideau et se dirigea vers le lit. La jeune femme était entreprenante, ce soir, comme pour… prouver qu'il était son homme ? Antoine répondit à ses baisers, ses caresses, mais ne parvenait à éprouver de désir pour cette femme… Une autre le hantait, de plus en plus. Bien sûr, il aurait suffi qu'il agisse comme quelques jours plus tôt. Qu'il ferme les yeux et imagine Candice… Mais il s'y refusait. Faire l'amour à une femme en pensant à une autre était inacceptable. Il ne lui restait pas beaucoup de solutions… Une dernière fois, il chercha à initier un sursaut d'envie pour Jennifer. En vain… Dépité, il soupira et s'affaissa à côté de la jeune femme.

- Jen'… Je suis désolée, je… J'y arrive pas…

- Tu… as une panne ?

Son amie semblait stupéfaite… Antoine n'en ressentit que plus de honte.

- Je… Oui. Je crois que je suis trop crevé… trop de choses en ce moment…

- Ok…

- Excuse-moi… Je pensais que ce week-end me ferait tout oublier, relâcher la pression… Avoua-t-il

- C'est pas grave… Tu as peut-être un peu trop relâché la pression, pour le coup !

Ils rirent tous les deux.

- Allez, fais-moi un câlin, quand même ! Et puis on va dormir… Ce petit séjour, c'était pour se reposer, profiter… se retrouver un peu…

Dumas la prit dans ses bras, se mordant les lèvres pour contenir les larmes qui venaient lui brûler les yeux. Elle était adorable mais, désespérément, il n'en était pas amoureux.

Ils avaient souhaité finir par une journée « Gaudi » et visiter certaines des œuvres de l'architecte espagnol. Ils commencèrent donc la matinée par le Parc Güell.

Dès l'entrée, ils furent ébahis par le toit et les cheminées du pavillon de la conciergerie… Le bâtiment et le parc entier semblaient tout droit sortis d'un autre univers, d'un conte pour enfant… Un monde de rêve, de couleur, tellement loin des villes grises et maussades… Le parc était à lui seul un dépaysement complet, un voyage hors du temps et des conventions. Le couple continua sa balade, serpentant entre les bancs de mosaïque, les escaliers monumentaux… Ils perdirent tout repère en passant dans l'aqueduc. Presque saisi de vertige, Antoine s'appuya à un pilier, admirant la structure de la construction… et l'imagination de l'architecte. Ils admirèrent la forêt de colonnes grecques, nimbée de lumière. Au plafond, des mosaïques circulaires trônaient. Les couleurs vives, à dominante bleue ou verte, relevées de doré, semblaient narguer les décennies et les visiteurs de leur éclat… La visite reprit, jusqu'à la fameuse salamandre. L'animal emblème de Barcelone qui servit de modèle pour de nombreux artistes… Les jeunes gens se prirent en photo devant puis s'éloignèrent, laissant la place à d'autres touristes. Un éclat de rire cristallin figea Antoine. Son cœur sembla s'arrêter l'espace d'une seconde. Il se retourna, lentement. Une femme blonde était juchée sur le bord du bassin. En équilibre sur ses chaussures à talon, elle enjamba l'animal et s'installa sur son dos. Les yeux pétillants, elle souriait à un homme. Il la prenait en photo, amusé et visiblement amoureux. Sa main fine et pâle posée sur la tête de la créature, elle croisa le regard du capitaine de police. C'est pas possible qu'elle ressemble autant à Candice… L'homme se rapprocha et reprit quelques clichés, la faisant à nouveau rire. Antoine était comme hypnotisé… Elle me poursuit… Mais comment je peux essayer de l'oublier, moi ?! La main de Jennifer se glissa sous son bras.

- On continue, mon chéri ?

- Oui…

Il lui sourit, un peu perdu. Leurs pas les menèrent vers l'entrée, près des colonnades. Accoudés sur la balustrade, ils admiraient le paysage. La vue était à couper le souffle… Devant eux se dressait la Sagrada Familia, œuvre colossale débutée plus d'un siècle auparavant. L'édifice religieux se détachait au-dessus des toits ocres avec, en toile de fond, le bleu de la Méditerranée…

- On la visite, avant de reprendre l'avion ? Demanda Dumas

- Oui… Enfin, si tu veux.

- Tu n'avais pas prévu ça… ? Tu préfères peut-être qu'on fasse autre chose ?

- Non, mais je n'avais pas réfléchi à une autre visite… On a le temps, remarque… Répondit Jennifer en regardant sa montre. C'est vrai que c'est chouette, de loin…

- C'est aussi Gaudi… l'architecte… Comme ce parc…

- Ah oui ? Tu me diras, c'est tout aussi bizarre… ça ne m'étonne pas !

Le jeune homme se contenta de sourire, une nouvelle fois. Que répondre à cela ? Si ce n'est qu'effectivement, Gaudi avait un style aussi particulier que flamboyant… Ils quittèrent donc le parc Güell pour profiter de leurs dernières heures espagnoles et découvrir la sublime bâtisse, en travaux depuis plus de 120 ans…

Le vol de 17h les ramena vers la France, leur quotidien, les doutes… Antoine pressentait déjà que la semaine à venir sera dense, épuisante et riche en émotions… Lui permettrait-elle de clarifier le chaos, aussi bien personnel que professionnel, qui régnait dans son cerveau ?