Je comptais vous poster les derniers chapitres d'un seul coup mais j'ai trop de retard dans l'écriture pour ça. Donc aujourd'hui un seul chapitre, mais la fin se fait plus proche.

Je ne sais plus à qui j'ai répondu pour les reviews, alors merci à tous ! Merci également à ceux qui ajoutent cette fic en favori et en alerte régulièrement !


Chapitre 9 – La façon de faire

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Larry Metcalfe n'était pas du genre impressionnable. Pourtant il marqua un temps d'arrêt quand deux agents et leur ancienne collègue le coincèrent dans l'escalier des airs de mauvais augure sur le visage. Il n'avait alors fait que quelques pas à l'intérieur de la cage d'escalier.

L'homme prit le temps d'analyser calmement la situation. L'agent Gibbs était dans son dos, la porte ouverte se refermant en ce moment même. Son subordonné était devant lui, légèrement sur sa droite. Quant à la demoiselle David, elle était à un mètre à peine devant lui, mains vides contrairement aux autres mais avec davantage de promesses de mort dans son regard.

Les amis de son filleul l'agaçaient vraiment. Malgré toutes ses mises en scène, Tony avait raison, pas un ne l'avait cru coupable de quoi que se soit. Il était clair que dans leurs têtes il était le méchant. Leur apprendre ce qu'il en était en réalité en venait presque à l'attrister. Faire disparaître une telle confiance était vraiment dommage.

Il avait les mains en l'air, le message qu'il comptait leur faire passer dans la droite. Il déplia ses doigts pour leur montrer. Il y eut un éclair de compréhension dans les yeux de l'Israélienne, l'informaticien raffermit sa prise sur son arme.

Ziva combla l'espace restant entre eux pour s'emparer du morceau de papier. Elle n'était pas inquiète de ce qu'il ferait. Elle le connaissait bien apparemment. Il eut un sourire.

- Mettez vos mains dans le dos, commanda Gibbs.

Il obéit sans se presser. Il savait avoir perdu cette partie. Il n'allait pas agir inconsidérément. C'était une chose qu'il méprisait chez beaucoup de monde d'ailleurs, ces tentatives désespérées d'échapper à l'inéluctable et de mettre sa vie en danger stupidement. Il suffisait d'attendre le moment opportun pour agir, voilà tout.

Il savait que Gibbs et les autres le pensaient fou. Ça lui était bien égal. Quand il saurait pour Tony, leur avis changerait, ils comprendraient. Du moins en était-il convaincu.

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- C'était trop facile, commenta Abby quand McGee revint dans la chambre de Ducky pour leur raconter.

Elle n'était pas la seule à penser ça. Déjà l'esprit d'Ellie tournait à vive allure pour comprendre ce qui avait bien pu se passer.

- Larry Metcalfe ne raisonne pas comme nous, expliqua Ducky. Il est persuadé que nous comprendrons son geste quand nous trouverons Tony.

- Il croit qu'il a eu raison d'agir comme ça ? s'ébahit la gothique.

- Oui.

- Gibbs va lui montrer à quel point il a tort !

- Et Tony ? intervint Jimmy.

Les regards se braquèrent sur Timothy qui passa une main embêtée dans ses cheveux.

- Eh bien, en fait...

- McGee ! s'agaça Abby.

- Ziva a filé avec l'adresse en nous laissant Gibbs et moi avec Metcalfe.

- Quoi !?

- Elle a regardé Gibbs et dit qu'il devait la laisser faire.

- Il a dit oui ?

McGee opina.

- Il m'a envoyé ici le temps de confier Metcalfe à la sécurité. Il s'est débrouillé pour qu'il reçoive un calmant et... vous êtes là, patron !

Gibbs referma la porte de la chambre en silence. Déjà Abby le submergeait de questions.

- Abs...

- Comment as-tu pu la laisser partir seule !?

- C'est comme ça que ça doit se passer.

- Quoi ? Tu plaisantes, j'espère !

Mais il ne plaisantait absolument pas. La situation déjà difficile à appréhender prenait une tournure qui déconcertait totalement le reste de l'équipe. À une personne près.

- Dis-moi que je ne vais pas le regretter, Ducky, demanda Gibbs.

Le légiste lui adressa un sourire apaisant.

- Tu ne le regretteras pas, Jethro.

L'inquiétude qui ne le quittait depuis le début de cette histoire baissa d'un cran. D'ordinaire il n'aurait jamais agi comme ça. Mais la situation était tout sauf ordinaire. Et puis il ne pouvait pas faire disparaître de son esprit le visage de Ziva quand elle lui avait dit devoir s'en occuper seule.

Gibbs savait posséder toutes les pièces du puzzle. Il savait que c'était pour ça qu'il avait suivi son instinct lui hurlant de laisser la jeune femme agir à sa guise. Il aurait été toutefois plus serein s'il avait mis le doigt sur l'image composée par la multitude de pièces qu'il peinait à recomposer.

- C'est comme ça que ça doit se passer, Jethro, reprit Ducky. Une fois qu'elle l'aura trouvé, nous pourrons y aller, pas avant.

- Nous ? releva Ellie.

- Pourquoi ? dit Abby.

Le docteur ne leur offrit pas de réponse.

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Ziva gara sa voiture de location dans un dérapage qui effraya quelques oiseaux posés là. Elle leur offrit à peine son attention. Déjà ses yeux partaient à la recherche de la maison au numéro inscrit sur le papier de Metcalfe.

Ce type la dégoûtait. Il fut un temps où elle l'aurait envoyé dans la tombe sans hésiter, mais ce temps était bien loin maintenant. Elle avait changé. Elle ne portait plus d'arme à sa ceinture.

Elle ne pensait pas réussir à convaincre Gibbs de la laisser retrouver Tony seule. L'ancien marine avait compris bien plus qu'elle ne le pensait ces derniers jours. Sans doute n'avait-il pas encore conscience de l'étendue de ses découvertes. Bientôt il assemblerait ses idées, mais en attendant Ducky et elle restaient les seuls à savoir, en plus de Larry Metcalfe.

La maison était quelconque. Elle la contourna par la gauche. La porte de derrière était ouverte comme elle s'y attendait. Elle entra dans un bâtiment vide.

Arrivée devant la porte du sous-sol, elle s'arrêta. Elle connaissait les talents de Tony. S'il était conscient, il l'avait forcément entendue arriver, forcément reconnu ses pas, le battement de son cœur. Il le lui avait dit, parmi tous, c'était elle qu'il reconnaissait le plus facilement.

Elle respira profondément pour se calmer. Peine perdue, les souvenirs remontaient déjà à la surface.

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Elle se souvenait bien de ce jour là, c'était un mardi. Tout s'était passé tranquillement, ils avaient quitté le bureau à l'heure. Pour une fois ils ne feraient pas d'heures supplémentaires. Tony avait croisé son regard et elle y avait lu l'invitation qu'elle attendait depuis de longues semaines.

Elle avait fait un crochet par son appartement pour prendre des affaires et se changer à une vitesse qui avait affolé plusieurs radars. Elle se fichait des amendes, il était de toute façon rare qu'elle en paye une. Les quatre lettres NCIS avaient beaucoup de pouvoir.

Il lui avait fallu reprendre sa respiration avant de frapper à sa porte. Il guettait son arrivée, elle n'avait pas eu à attendre qu'il ouvre bien longtemps.

Dès qu'elle l'avait vu, elle avait compris que quelque chose n'allait pas. En vérité, elle savait qu'il y avait un problème depuis longtemps. Ils ne se voyaient plus comme avant. Renoncer à ça, elle doutait qu'il l'ait fait de gaieté de cœur.

Il s'était assis sur le canapé sans lui adresser la parole. Elle avait pris place près de lui la tête envahie de questions.

- Tu ne partiras pas ? lui avait-il demandé d'une petite voix au terme d'un long débat intérieur.

Toute frivolité avait quitté la pièce. Jamais ni l'un ni l'autre n'avait été aussi sérieux.

- Jamais, avait-elle assuré et il avait soupiré de soulagement.

- Je vais te montrer quelque chose.

Jamais elle n'avait pu oublié cette phrase et ce qui avait suivi. Elle se rappelait parfaitement de ses paupières closes quand il avait enlevé sa chemise. Elle avait eu beaucoup de mal à ne pas sursauter quand deux ailes immaculées s'étaient dépliées doucement de chaque côté de son corps.

Il avait toujours les yeux fermés quand elle s'était approchée de lui. Elle était passée dans son dos pour découvrir l'étendue de la transformation insensée qu'il avait subi. Puis elle était revenue face à lui.

Sa main s'était posée sur sa joue avec douceur, tendresse.

- Ouvre les yeux, Tony.

Il les avait fermés davantage.

- S'il te plaît, avait-elle ajouté.

Il avait tant de peur dans ses yeux qu'elle avait été bouleversé. Elle n'osait pas imaginer ce qui avait dû lui en coûter de parvenir à la décision de lui révéler une telle chose.

Elle lui avait offert le plus beau des sourires. Ses mains avaient encadré son visage et son regard capté le sien.

- Je t'aime comme tu es, Tony.

C'était la première fois qu'elle lui disait les trois petits mots. Dans le contexte, ils avaient plus de force que jamais il n'en aurait par la suite.

Une larme avait roulé sur la joue de l'Italien. Elle l'avait effacé de sa paume avant de se mettre sur la pointe des pieds pour l'embrasser. Ça avait ensuite était son tour de redécouvrir son visage du bout des doigts.

Ils s'étaient aimés avec la plus grande tendresse cette nuit là.

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Revenue au présent, Ziva actionna la poignée en face d'elle et ouvrit la porte.


La suite au prochain chapitre ! Vous le voulez ? Ce chapitre vous a plu ce qui se passe à l'hôpital ou le Tiva ? Dites-moi tout en review !

À très vite !