Moi, mon frangin, sa femme et nos potes
Chapitre 9 : Ma guitare, une chose qui m'a détruit le nez et…Tiens, comment se sont-ils rencontrés ?
Janis avait une guitare.
C'était une belle guitare écarlate et brillante, une guitare électrique.
Elle composait ses propres chanson et morceau et les interprétait aussi.
C'était une artiste, comme avait dit Rika.
Et Janis, comme tous les artistes, faisant passer ce qu'elle pensait à travers ses œuvres.
…
Comment n'y avait-elle pas pensé plus tôt ?
Il fallait qu'elle observe bien son frère et Hakkai et pourrait ainsi frapper là où c'était fragile, là où il y avait une faille.
Pour leur faire ouvrir les yeux. Mais quelle bande de moules !
Janis caressa les cordes de sa guitare et en fit sonner une. Un sourire recourba ses lèvres.
« Rikaaaaaa ! » Gueula-t-elle de sa chambre.
Ça faisait un mois qu'elle habitait avec la blonde. Le déménagement avait pris une semaine, juste le temps de faire le tri dans les affaires de la grand-mère et d'embarquer celles de Janis dans sa nouvelle maison.
« Comme ça, vous avez champ libre pour les parties de pattes en l'air. » Avait lancé la rousse avant de refermer la porte de la maison, évitant ainsi un cendrier.
« Rikaaaaaaaaaaaaa! » Re-gueula-t-elle.
« Oui ?
-Je sooors !
-D'accords. » Répondit la voix de la jeune fille depuis la cuisine.
Et Janis de sauter par la fenêtre.
Elle était en route pour la maison de son frère lorsque…
« Kyyyuh ! »
…Elle se mangea une bestiole dans le visage. La bestiole en question n'avait pas son permis, ou quoi ?
« Et la priorité à droite ?! » S'exclama la rousse en se frottant le nez. Elle se figea en voyant à quoi elle avait affaire.
Drôle de bête. Toute blanche, avec un long cou souple avec une petite tête cornue au bout, des ailes écailleuses, un sillon de fourrure qui partait du crâne jusqu'à la pointe de la longue queue qui faisait écho au cou.
« C'est quoi, ça ? » Grommela Janis en attrapant l'animal par le cou (elle avait de quoi prendre !)
La…Chose se débattit à grand renfort de « kyuh kyuh » mais Janis la tient ferment et repartit en direction de la maison des deux hommes.
Une fois arrivée à destination, elle ouvrit la porte sans sommation et s'exclama : « C'est moiii ! Hakkai, Gojyo, vous êtes là ? J'ai trouvé une drôle de bête sur le chemin !
-Kyuuuh ! »
Hakkai apparut, sortant de la cuisine : « Ah ? Mais c'est Hakuryu ! Allons, Janis, S'il te plait lâche-le, tu vois bien que tu lui fais mal…
-Hein ? Hakuryu ? »
La jeune fille tourna la tête pour faire face à ce Hakuryu, leurs bouts de nez s'effleurant.
« C'est quoi ?
-Un dragon. Lâche-le, s'il te plait.
-Un dragon ? ça existe ?
-Apparemment. Lâche-le. »
Janis fixa l'animal, puis le jeune homme avant de lâcher le dragon. « C'est à toi ?
-Oui. Enfin, je suis son maître.
-Je vois.
-Mais il disparaît de temps en temps. Là, ça faisait longtemps qu'il n'était pas revenu, je commençais à m'inquiéter. » Tout en disant cela, il avait ouvert les bras et la bestiole était aller s'y réfugier, frottant le bout de son museau dans la chemise du brun.
Janis le fixa un temps puis agita la main.
« Bah, je suis pas venue pour ça. Je voulais te demander comment tu avais rencontré mon frère. Tiens, il n'est pas là, d'ailleurs ? »
Elle leva les yeux et se rendit compte que le visage d'Hakkai s'était soudainement fermé.
« Non, il est sorti. Mais…Pourquoi tu veux savoir ça ?
-Bah comme ça. »
Hakkai soupira et laissa Hakuryu s'envoler avant de s'asseoir et d'inviter Janis à en faire autant.
« Il m'a sauvé la vie alors que j'étais prêt à mourir. Il a été très généreux.
-Et pourquoi étais-tu prêt à mourir ?
-J'étais gravement blessé.
-Je m'en doute bien ; mais pourquoi étais-tu blessé ?
-Mh… » Le brun servit une tasse de café à la jeune fille sans répondre. Elle le regarda avec insistance mais la réponse ne vint pas.
Elle soupira et demanda en pointant le dragon perché sur l'armoire : « Et lui, tu l'as rencontré comment ?
-Et bien…Il était blessé, lui aussi…
-Mais vous ne cessez de vous trouver blessés, ma parole !
-Ha ha ha…Tu as raison… Tu veux un biscuit ?
-Croc ! Etmfp…Et Gofyof t'as receuillifpf ?
-Ne parle pas la bouche pleine… » Elle déglutit.
« Et Gojyo t'as recueillis ?
-Oui…Alors que nous n'avions pas du tout le même rythme de vie, il m'a gardé chez lui…Je crois que je pourrais jamais rembourser correctement ma dette…
-Aaaah, je le savais, t'es du genre à regretter et à être rongé de remords. »
Hakkai leva la tête et regarda Janis. Elle avait dit ça sur le ton de la rigolade, mais ses yeux étaient très sérieux. Il sourit faiblement : « Peut-être…
-Hakkai. Ça ne fait pas longtemps que je te connais, mais je ne suis pas idiote. Ton perpétuel sourire est bien trop glacial pour être sincère et tes beaux yeux verts sont empoisonnés de douleur. Et je suis quasiment sûre que Gojyo en connaît le motif. »
Le brun la regarda longuement avant de se tendre la cafetière : « Encore un peu de café ?
-Volontiers. »
Sanzo leva le nez. D'où venait cette agitation ? Il essayait de travailler, nom d'un chien !
Il tendit l'oreille et entendit les moines protester avec ferveur.
« Désolé, vous ne pouvez pas entrez ici, c'est un temple, une zone sacrée ! »
Et une voix familière de répondre : « Flûte, bande de gueux ! Je viens voir Sanzo et je le verrais ! »
Et la porte de s'ouvrir avec fracas sur Janis.
Sanzo tiqua
Effectivement, la mini-jupe avait de quoi affoler les hommes pieux habitants ici.
« Toi ? Qu'est-ce que tu viens foutre ici ? J'ai déjà assez avec ton idiot consanguin, pas la peine d'en rajouter
-Moi aussi je t'aime Sanzo ! Mais tant d'amour dès notre deuxième rencontre, c'est trop ! » Se dandina Janis et remuant outrageusement du popotin juste sous le nez des frères.
Elle se retourna vers eux et dit, une mine d'oie rougissante sur le visage : « Désoléééée, mais ce que je vais faire à Sanzo ne regarde que nous deux…Vous voulez bien nous laissez ?... »
Et sans attendre la réponse, elle fermait la porte au nez des moines horrifiés.
Sanzo la fixa par-dessus sa liasse de papier : « Tu sais que c'est tout de même suicidaire de venir habillée comme ça, et si en plus tu dis ce genre de conneries…
-Imbécile, je me suis habillée exprès comme ça, rien que pour vous embêter.
-Ça m'est égal.
-Tant pis.
-Et ? Qu'est-ce que tu viens faire, à part m'emmerder et foutre ton bordel dans le temple ?
-Aaah, quel langage fleuri, Sanzo-samaaaa ! »
Le blond grogna : il avait l'impression de se retrouver face à Gojyo. La poitrine en plus.
Janis tira un tabouret et se posa dessus, face à Sanzo.
« Je voudrais que tu me dises comment Hakkai et Gojyo se sont rencontrés. »
Le jeune homme la fixa avant de répondre : « Aucune idée. » avec un œil de poisson mort.
Elle tordit la bouche et il ajouta : « Ils se connaissaient déjà avant que je sois chargé d'aller arrêter Hakkai.
-Arrêter ?
-Oui. Il y a de ça environ un an et demi, il a commis plusieurs meurtres dans le but de venger son amante. Apparemment, Gojyo l'aurait ramassé dans la boue et l'aurait soigné. Moi, je ne suis arrivé qu'après. »
Il avait dit tout ça en rangeant ses papiers. Quand il leva les yeux, il eut la surprise de voir Janis en larmes, effondrée sur son bureau : « Whaaaaa, il a vengé son amouuuuuur ! C'est triiiiiiste et tellement romantiiiique !
-Te fous pas de moi, tu veux… » Râla-t-il, une veine sur la tempe. Elle se redressa.
« Un meurtrier… » Répéta-t-elle comme pour elle-même. « Et comment ça se fait que maintenant, il gambade tel le faon dans les bois ?
-Il a été acquitté, à condition que je garde un œil sur lui. Et il est allé vivre avec Gojyo.
-Et il est devenu gay.
-N'importe quoi. Encore sur ces théories débiles ?
-Quoi, tu vas me dire que tu n'es pas amoureux de Gokû ? »
Sanzo allait sortir son revolver lorsque ledit Gokû entra dans la pièce : « On parle de moi ? Aah, bonjour Janis !
-Bonjour Gokû !
-Tu es venue nous voir ?
-Oui, mais là, je m'en vais.
-Déjà ?
-Et oui. Mais je reviendrais…
-Jamais. Reste chez toi.
-Ooh, que tu es méchant avec moi, Sanzo…Surtout après ce que nous avons vécu tous les deux… »
Janis s'enfuit en évitant les trois ou quatre balles qui fusèrent.
« …Qu'est-ce qu'elle voulait dire par là, Sanzo ?
-… »
À suivre…
…Aah, enfin un peu continuée…
