Théo et Balthazar s'étaient enfin isolés un peu, profitant de ce moment luxurieux si rare en ces temps troublés. Nus et emprunt de passion, ils avaient déjà amplement entamés les préliminaires, et avaient presque fini.

Le mage était sur le dos, la tête dans les coussins en couvant le paladin, déjà entre ses cuisses, d'un regard chaud et tendre à la fois, souriant avec taquinerie. Les doigts détendaient doucement ses chaires, et pour patienter, il échangeait des plaisanteries avec cet homme qui partageait sa vie depuis de longues années.

Ils riaient, se charriaient, les échos de leurs euphories douces et amoureuses raisonnant avec culpabilité entre les cloisons de bois. La chambre était mal entretenue, et les draps n'étaient certainement pas aussi propre qu'ils en avaient l'air, mais c'était actuellement le nid le plus douillait qu'ils pouvaient avoir. La fenêtre, non loin d'eux, laissait entrer les lueurs matinales, baignant la pièce d'une clarté pure et revigorante.

L'érudit chatouilla de nouveau son compagnon, s'amusant de voir les abdominaux se contracter nerveusement à son contact. En réaction, Théo insista vigoureusement sur sa prostate, coupant peu à peu son rire et sa malice dans un tourbillon de plaisir brûlant. Les gémissements vibrèrent autour d'eux, le corps svelte secoué de spasme se tortillant un peu. Puis une main essaya d'attraper la sienne affairée entre les cuisses de son cher et tendre.

Le guerrier le poussa encore un peu à bout, cherchant de nouveau la limite, puis s'arrêta en pouffant victorieusement ; il avait enfin réussi à briser le sourire insolent sur ce visage séduisant. L'autre homme tenta de se reprendre, mais son corps restait terriblement érogène, et tremblait de plaisir.

- À t'arrêter juste avant que je vienne, je suis plus sensible à chaque reprise : je vais finir par avoir un orgasme sans même que tu n'y sois préparé !

- Va t'en plaindre, railla Théo en se rapprochant de son visage pour le tenter d'un baiser, s'amusant de l'expression boudeuse et diablement adorable que l'autre avait.

- Je t'emmerde.

- Je t'encule.

Ils rirent doucement avant de s'embrasser langoureusement. Soudainement, le soldat recommença son massage interne, faisant bondir son amant de surprise. Ce dernier sentit des vagues de bien-être s'accumuler rapidement dans tout son corps, et se sentit à bout même après quelques secondes. Prévisible, surtout après que son partenaire l'ait tant taquiné en s'arrêtant dès qu'il était aux portes de la délivrance.

Le sentant à sa limite, Théo s'arrêta, riant de plus belle alors que son compagnon lui frappait le bras sans réel animosité. Il adorait le voir si frêle sous les émotions qu'il lui donnait, le sentir si dépendant de son toucher, sans défense.

- Je suis certain que tu me rends sensible pour dissimuler ta propre précocité !

- Précocité ? répéta le guerrier, vexé.

Il retourna son partenaire, se couchant à moitié sur lui. Son sexe glissa contre les fesses, faisant ressentir sa dureté et la tension qu'il y avait. Le souffle de Balthazar se hachura un instant alors qu'il tournait la tête pour voir son amant. Proche de leurs visages, ils furent irrémédiablement attirés par les lèvres de l'autre.

- Je suis tout sauf précoce, hérésie de mes deux !

- Mais oui, et la marmotte met le chocolat dans- Anh !

Théo ne l'avait pas laissé finir, se doutant déjà qu'il allait répliquer avec insolence, et l'avait pénétré souplement pour le faire taire. Une fois totalement en lui, il frappa le lit de sa main et serra les draps dans son poing, se concentrant pour ne pas céder aux plaisirs offert si délicieusement. Il rouvrit les yeux, le souffle déjà court, et pouffa en voyant que l'autre n'en menait pas large.

- Exact, dans ton cul.

- Ta mère, fumier..., geignit son amant, loin d'être crédible tant sa voix était tordue de bien-être.