Le lendemain matin, ce fût Callie qui se réveilla la première. Elle ne pût s'empêcher de sourire en voyant qu'Arizona n'avait pas bougé de ses bras de toute la nuit. Elle déposa de tendres baisers contre sa nuque, son sourire ne quittant pas ses lèvres. La blonde fronça légèrement le nez en sentant les baisers, il fallait dire qu'elle était plutôt sensible à cet endroit là et visiblement, la brune en était plus que consciente. Elle finit par se mordiller doucement la lèvre inférieure en émergeant peu à peu avant de se tourner dans les bras de son amante.

- Bonjour toi… souffla-t'elle en souriant
- Hey… Bien dormi? lui répondit l'avocate
- À merveille. Et toi?
- Très bien…

Elle termina sa phrase en venant embrasser amoureusement les lèvres de sa compagne, leur sourire ne quittant pas leur lèvres, elles étaient pleinement heureuse. Toutefois, leur bonheur allait être de courte durée puisqu'un appel allait marquer un point décisif dans leur relation.
Le téléphone portable d'Arizona se mit à sonner, il devait être aux alentours de neuf heures du matin à Los Angeles mais déjà dix-huit heures dans le pays d'où provenait l'appel. La blonde fronça alors les sourcils en voyant qu'elle ne connaissait pas le numéro de la personne qui était en train de l'appeler. Elle se redressa pour s'asseoir sur le lit, remontant le drap jusqu'à sa poitrine pour prendre l'appel.

- Allô?
- Bonjour chef Robbins. Je suis le chef Pierre Martin, un ami de votre mentor.
- Oh… Bonjour. répondit la blonde, un peu perdue quant à la raison de cet appel

Elle savait qui était ce chef, elle avait pût le rencontrer à une ou deux reprises lorsqu'elle n'était encore qu'au tout début de sa carrière.

- Je compte ouvrir un autre restaurant à Paris et j'ai pensé à vous pour être le chef responsable de la brigade. J'ai beaucoup entendu parlé de vous et je pense que vous êtes la mieux placée pour cela.

Elle entrouvrait les lèvres à ce qu'elle venait d'entendre, ce grand chef lui proposait d'être en charge de la brigade de son nouveau restaurant, c'était une place en or et il fallait qu'elle y réfléchisse plus sérieusement… Ici elle avait sa famille, ses amis mais également Callie qu'elle ne voudrait laisser pour rien au monde. Pendant ce temps, la brune, qui ne se doutait pas de l'objet de cet appel venait caresser du bout des doigts le dos de sa compagne. Elle était plus qu'heureuse d'avoir franchi le pas avec Arizona, c'était une femme merveilleuse et, qui plus est, une amante extraordinaire. Elle avait passé une nuit fabuleuse, elle n'avait jamais eu autant de plaisir même avec son mari et elle était prête à recommencer encore et encore.

- Je vous remercie pour cette proposition mais… Il faut que j'y réfléchisse un peu.
- Bien sûr, prenez le temps qu'il vous faut, je peux comprendre que ça soit compliqué de prendre une telle décision.
- Merci, je vous recontacterai dès que possible. Au revoir.
- Au revoir.

Et elle raccrocha. Elle se tourna ensuite vers la brune, les lèvres pincées.

- Un très grand chef français vient de me proposer de diriger sa brigade dans un nouveau restaurant qu'il va ouvrir à Paris…

Callie la regardait longuement, toute l'euphorie du moment venait de retomber en un instant. Elle n'osait pas poser la question qui lui brûlait les lèvres; allait-elle partir? Heureusement, comme si elle lisait en elle, Arizona y répondit.

- Je ne veux pas prendre de décision sans prendre en compte ton avis… Je ne sais pas pour combien de temps je serai là-bas et je t'aime et je ne veux pas…

Elle s'arrêtait de parler en se rendant compte de ce qu'elle venait de dire. C'était la première fois qu'elle disait à la brune qu'elle l'aimait. C'était sorti tout seul, sans qu'elle puisse le contrôler puisque c'était ce qu'elle ressentait.
Callie s'était mise à sourire quand Arizona avait avoué qu'elle l'aimait, le sentiment qu'elle avait à ce moment là était indescriptible.

- Tu m'aimes? répéta la brune, un sourire au coin des lèvres
- Oui… lui répondit la blonde, un peu gênée

L'avocate attira alors sa compagne contre elle pour l'embrasser avec tout l'amour qu'elle lui portait. Arizona sourit avant de prolonger le baiser auquel elle finirent par mettre fin au bout de quelques instants.

- Alors faisons-le, partons pour Paris, toutes les deux, parce que moi aussi, je t'aime. avoua la brune du bout des lèvres

Le cœur de la blonde eût un raté tandis que la femme qu'elle aimait lui disait que ce qu'elle ressentait était réciproque. Elle n'en revenait pas, elle avait tout ce qu'elle avait toujours voulu, un job de rêve l'attendait à Paris et elle allait y aller avec la femme qu'elle aimait. Elles s'embrassèrent une fois de plus, une nouvelle vie les attendait, dans l'une des plus belles villes du monde.

Dans les jours qui suivirent, Arizona appela le chef Martin pour lui annoncer qu'elle acceptait son offre. Elles avaient donc un mois pour déménager en France, trouver un appartement, bref, un mois pour changer de vie.
Plus les jours passaient et moins Callie semblait enthousiaste à l'idée de partir. Elle ne faisait que trouver des défauts à tous les appartements dont elles regardaient les annonces, elle ne cessait de remettre son instance de divorce sur la table, disant que ça allait être compliqué de divorcer alors qu'elle allait être à l'autre bout du monde, qu'elle ne voulait pas laisser sa famille, etc… Famille qu'elle n'avait pas encore présenté à sa compagne en cinq mois de relation alors qu'elle avait déjà rencontré ceux de la blonde à plusieurs reprises. Arizona commençait à perdre patience, la brune faisait de son rêve un véritable cauchemar et elle ne savait pas quoi faire; abandonner son rêve ou abandonner Callie? Elle n'en savait rien, elle voulait les deux mais ce n'était visiblement pas possible.
L'échéance arrivait rapidement et, vint le jour où elles devaient s'envoler pour Paris. Alors que les parents de la blonde les avaient accompagné à l'aéroport pour pouvoir lui dire au revoir avant qu'elle ne parte, Callie trainait les pieds derrière, une fois de plus.

- J'espère au moins que l'avion sera confortable, je ne tiens pas à rester des heures assise dans un siège inconfortable. s'exclamait Callie qui trouvait encore une fois un problème à tout

La vérité c'était qu'elle n'avait pas envie de quitter les États-Unis mais qu'elle ne savait pas comment le dire à Arizona qui semblait plus qu'enjouée à l'idée de quitter le pays pour retourner en France.
Les parents de la blonde leur avaient dit au revoir et les avaient laissés pour qu'elles puissent prendre leur vol. Elles étaient donc seules, toutes les deux. C'est peut-être ça qui poussa Arizona à faire ce qu'elle s'apprêtait à faire.
Elle se retourna vers Callie assez vivement en plantant son regard dans le sien.

- Écoutes, j'en ai assez que tu te comportes comme une adolescente pourrie gâtée. Ce job c'est la chance de ma vie et j'ai bien compris que tu n'avais aucune envie de me suivre alors je ne te force pas à le faire! s'exclama la blonde, hors d'elle
- Attends, t'es en train de me larguer ou je rêve? s'indigna l'avocate
- Non, tu ne rêves pas. Adieu Calliope.

A ces mots, elle tourna les talons pour aller se présenter à la porte d'embarquement, laissant derrière elle une Callie encore abasourdie par ce qu'il venait de se passer. La femme qu'elle aimait venait de la quitter sans ménagement pour un simple désaccord. Elle lui avait fait ses adieux, elle ne voulait même plus la revoir ou quoique ce soit, elle voulait simplement quitter le pays et l'oublier. La brune n'en revenait pas, elle continuait de fixer la porte par laquelle Arizona venait de disparaître tandis qu'une larme coulait sur sa joue, elle était blessée du comportement de la blonde.
Cette-dernière, quant à elle était montée à bord de l'avion qui allait l'emmener loin de sa compagne. C'était un choix difficile qu'elle avait dû faire mais elle tentait de se persuader qu'elle avait pris la bonne décision, le comportement de Callie ces dernières semaines l'avait beaucoup aidé, il fallait l'avouer. Les larmes coulaient sur ses joues tandis qu'elle fixait l'aéroport par le hublot de l'avion. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait plus aimé comme elle avait aimé Callie et elle n'était pas prête de l'oublier de sitôt. La seule chose qui la poussait à retrouver un peu le sourire c'était le fait qu'en France elle allait retrouver son amie Teddy, une expatriée américaine qui travaillait comme officier de police. Elle se faisait violence pour ne pas sortir de l'avion pour aller retrouver la brune, elle avait peut-être fait une erreur en la laissant sans lui donner l'occasion de s'expliquer, elle n'en savait rien…
Elle fût sortie de ses pensées quand elle senti les secousses de l'avion qui indiquait que ce-dernier avait décollé. Les premières perturbations arrivèrent rapidement et, sans qu'elle ne s'en rende compte, Arizona attrapa la main de la personne située à côté d'elle. Depuis toute petite, elle avait une peur bleue de l'avion, mais elle l'avait rarement pris seule. Cette fois-ci, elle devait le prendre avec la brune, mais là, la personne à côté d'elle n'était pas Callie. Elle lui lâcha alors la main, posant finalement son regard sur son voisin en mordillant l'intérieur de sa joue

- Je suis désolée… murmura-t'elle, gênée d'avoir agrippé la main d'un inconnu
- Ne vous excusez pas… Vous avez une mine effroyable, vous savez? lui répondit l'inconnu en souriant en coin tandis qu'il lui tendait un mouchoir
- Merci… remercia la blonde en prenant le mouchoir afin d'essuyer son mascara qui avait coulé
- Mark Sloan, enchanté. dit-il en lui tendant la main
- Arizona Robbins. lui répondit-elle tandis qu'elle esquissait un léger sourire