Merci Fury. Je suis contente que mon histoire te plaise. Rassures-toi ni dilemme, ni mes autres fics ne sont abandonnés. Simplement j'ai eu une grosse panne d'inspiration.


Chapitre 8 : un nouveau foyer.

Le coeur battant, Seika courrait pieds nus vers les arbres. Toute sa fatigue, toutes ses angoisses s'étaient envolées quand elle s'était mise à courir. En fait non, Elles avaient disparu dès que la jeune fille avait à nouveau posé les pieds à Elysion. Elle courait vite, elle le savait. Plus vite qu'elle en avait l'habitude, pourtant elle n'était pas essoufflée. Était-ce le cosmos d'Hadès qu'elle sentait encore pulser en elle ? Seika s'était sentie si vidée après avoir ramener Hypnos, ou plutôt essayer, qu'elle pensait l'avoir totalement épuisé. Pourtant il vibrait encore aussi fort que lorsque son amour lui prêta. C'était une sensation tellement grisante que la japonaise avait l'impression qu'elle aurait pu voler.

Seika traversa un bosquet d'arbres et freina juste à temps. Elle venait de déboucher sur une haute falaise. Même en se penchant prudemment, la jeune fille avait dû mal à distinguer ce qu'il y avait en bas. Elle avança doucement un pied en songeant, et si...

- Vas-y ! Saute ! fit une voix derrière elle.

De surprise, Seika faillit tomber en se retournant. Une femme lui faisait face, la fixant de ses yeux lunaire. Un sourire énigmatique flottait sur ses lèvres. Ses longs cheveux de soie, encadrant son fin visage, avaient la couleur d'un halo de lune. Elle portait une tunique d'argent courte.

- Tu te demandais si tu pouvais voler ? reprit-elle.

- Oui mais..

- Et bien le meilleur moyen de le savoir c'est de se lancer.

- Oui mais comment savais-tu que je me posais cette question ? Interrogea la Japonaise intriguée.

- Tous ceux qui sont arrivés ici ce sont posés la même question.

- Même Hadès ?

L'inconnue se mit à rire. Un rire doux, cristallin.

- Je sais c'était une question idiote. soupira Seika qui l'avait réalisé en la posant.

- Pas du tout. Simplement tu es la première à la poser. Cependant pour avoir la réponse c'est à lui que tu devrais la poser.

La jeune reine hocha la tête puis fronça les sourcils.

- Mais Elysion a été détruit et reconstruit depuis peu. De plus, tu es la première personne que je rencontre ici en dehors des dieux jumeaux. Alors comment se peut-il que tant de gens ce soient retrouvés ici comme tu sembles le sous-entendre ? Interrogea-t-elle sceptique.

La femme rit de nouveau de ce rire si doux et sans moquerie.

- Tu es intelligente et méfiante Seika, une qualité très importante pour une reine. Et bien, il est vrai que nous nous trouvons dans un nouvel Elysion mais cet endroit comme quels autres existait déjà dans l'ancien. Tu les découvriras au fur et à mesure. Ou pas. Eux seuls le décident.

- Qui eux ? Et comment sais-tu qui je suis ?

- Eux, les endroits. Et Hadès t'as présenté officiellement alors tous, d'Elysion au Tartare, savent qui tu es. Mais pour l'heure, tu as une décision à prendre.

La déclaration fit rougir Seika. Elle n'avait pas pensé que les nouvelles se répandaient si vite aux enfers. Elle demanda pour reprendre contenance.

- Quelle décision ?

- Et bien sauter ou attendre.

- Attendre quoi ?

- Attendre qu'on vienne te chercher.

- Pourquoi attendre ? Il me suffit de revenir sur mes pas, répondit Seika en avançant avec détermination.

Elle fût à nouveau stopper par le vide. Perplexe, elle regarda autour d'elle et ne put que constater qu'elle était piégée au sommet d'un piton rocheux. Sauter ou attendre. Seika secoua la tête. Non il devait y avoir une autre solution.

- Qu'arrive-t-il à ceux qui saute ? Qu'y a-t-il en bas ?

- Tout dépend de leur foi.

Et bien comme ça, elle était avancée tiens. Seika tourna sur elle-même en réfléchissant. Hadès lui avait dit qu'il lui suffisait d'imaginer. Pourtant, elle avait beau essayer de toute ses forces. Rien. Non. Ce n'était pas possible. Il était impossible qu'un seul endroit ici ne soit pas soumis à la loi d'Hadès. Pourtant cette étrange femme avait dit que lui aussi avait confronté à ce choix. Qu'avait-il fait ? Très certainement sauter le connaissant. Mais lui était un dieu. Pas elle. La japonaise examina à nouveau les lieux. Fronça les sourcils. Et demanda soudain.

- Mais qui es-tu ?

La question provoqua l'hilarité de son interlocutrice.

- J'ai cru que tu ne me le demanderais jamais. Je suis Hécate, présentement déesse des carrefours.

- Ook. fit Seika. J'aurais dû m'en douter. Et donc... tu obéis à Hadès.

- Jusqu'à un certain point, s'amusa la divinité. Je tiens à préciser que je suis là pour te montrer les routes qui s'offrent à toi. Mais le choix t'appartient.

- Oui mais reconnais que tu as faussé le jeu. fit remarquer la jeune fille en montrant la direction par où elle était arrivée. A un carrefour, on a la possibilité de revenir sur ses pas.

- Il existe bien des carrefours, jeune reine. Mais ici comme ailleurs le temps s'écoule dans un seul sens et sur les carrefours de la vie il n'y a pas de demi tour possible.

Les carrefours de la vie au royaume des morts. La sœur de Seiya aurait pu trouver l'ironie très amusante si elle n'avait le sentiment d'être prise au piège. Il était hors de question qu'elle saute sans savoir où elle allait atterrir et elle n'allait tout de même pas attendre bêtement que quelqu'un vienne la chercher. Réfléchis Seika, réfléchis. Songea-t-elle. Il devait bien y avoir une autre solution. Imaginer, comme le lui avait dit Hadès n'avait pas été efficace. Et Hécate affirmait que c'était une question de foi. Peut-être n'avait-elle pas eu assez foi en son imagination ou peut-être qu'elle n'avait pas imaginé ce qu'il fallait. La jeune fille se concentra à nouveau. Mais cette fois, elle imagina un chemin qui descendait le long de la parois. Elle ouvrit prudemment les yeux et poussa un cri de triomphe avant de s'engager en courant vers son salut.

- Bravo. Tu es la première à y avoir pensé. N'oublie jamais cet instant. lui dit Hécate avant de disparaître aussi soudainement qu'elle était venue.

Seika arriva en bas plus vite qu'elle ne l'aurait cru. Peut-être que finalement ce n'est pas si haut ? Elle se retourna pour en juger mais le piton rocheux avait disparu laissant place à un champ de fleurs. D'abord perplexe, elle fronça les sourcils. Puis haussa les épaules. Après tout c'était sans doute chose courante ici. La jeune fille reprit donc sa route à la recherche de l'emplacement idéale pour leur future maison.

Ses pas la conduisirent à un ruisseau printanier que des rochers buissonneux transformait en petits cascades. Un bosquet d'arbres offrait un havre idéal pour des pique-niques en amoureux. Donc c'était décidé, ils habiteraient là. Il ne restait plus qu'à choisir le type de logement. Seika pensa tout d'abord à un palais antique même si elle n'avait pas vraiment idée de à quoi cela ressemblait. Ou à un temple peut-être. Non Hadès en était trop coutumier. Pour qu'il se détende vraiment comme tout personne normale qui rentre chez après une journée de travail, il lui fallait quelque chose qui change de son ordinaire. Quelque chose où ils se sentaient bien tous les deux.

- Seika ma grande. Réfléchis. Se fustigea-t-elle. Où Hadès t'a-t-il dit avoir été le plus heureux.

Un sourire illumina son visage lorsque la réponse lui apparu comme une évidence. Sa petite maison au sanctuaire. La jeune fille ferma les yeux pour bien visualiser la maisonnée. Quand elle les rouvrit, elle vit les murs s'élever autour d'elle. Puis se fut au tour du plancher de s'étaler à ses pieds en même temps que les meubles sortaient du sol. Seika avait l'impression de voir la maison pousser, de sentir l'énergie vitale du lieu dans chaque fibre de son être. Une énergie qui grandissait en même temps que l'habitation. Aucun mot n'aurait pu décrire cette sensation puissante et merveilleuse qui explosait en elle à chaque seconde. Alors que la croissance fut terminée, la japonaise tourna sur elle-même pour admirer le résultat avec une profonde satisfaction.

Après un dernier tour, Seika se dit que pour construire leur vie à deux, ils leur faudra une chambre plus grande avec un lit double. Même si elle aimait être serré contre Hadès, un peu plus de confort était appréciable. Une seconde armoire aussi pour qu'il puisse y ranger ses affaires. Une bibliothèque avec une cheminée et des tapis et fauteuils moelleux. Un atelier de peinture pour son fiancé. Une chambre d'amis et une vraie salle de bain. La jeune fille songea également qu'agrandir un peu la salle à manger et la cuisine ne serait pas du luxe. Les transformations s'opéraient à mesure qu'elle les pensait et le tout fut terminé lorsque l'horloge sonna le crépuscule. Enfin si l'on pouvait dire puisqu'il ne faisait jamais nuit à Elysion. Épuisée par l'effort créateur, Seika se laissa tomber dans le fauteuil sous la fenêtre. Celui-là même où elle s'asseyait lorsqu'il dessinait ou lui faisait la lecture. Elle lâcha un soupir satisfait et s'accorda quelques minutes de pause avant de préparer un bon repas à son fiancé.

La journée enfin terminé selon sa divine volonté, Hadès se pressait de regagner Elysion. Il avait appris à s'attendre à tout avec Seika et en même temps n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle pourrait inventer. Ce mélange de certitude et d'ignorance provoquait en lui une juvénile excitation qu'il n'avait plus connu depuis des millénaires. Le dieu n'eut aucun mal à la localiser et se téléporta devant... il sourit en reconnaissant leur petite maison du sanctuaire. D'autres auraient qualifié cela de manque d'imagination mais Hadès connaissait maintenant suffisamment la jeune fille pour deviner les raisons de ce choix. Alors il poussa la porte avec un joyeux et très humain.

- Chérie je suis rentré.

- Enfin ! J'avais tellement hâte. répondit-elle en se jetant à son cou.

Seika allait l'embrasser mais l'air dubitatif qu'il affichait la stoppa net.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Ça ne te plait pas ? Je croyais que tu y serais heureux comme au sanctuaire. s'inquiéta-t-elle.

- Si si. C'est un excellent choix mon amour. Mais... c'est plus grand... fit le dieu perplexe.

- Tu as remarqué ! S'enthousiasma la Japonaise soulagée. J'ai agrandi un peu la salle et notre chambre pour que nous ayons un grand lit et j'ai ajouté quelques pièces comme une chambre d'amis, une bibliothèque et un atelier de peinture pour toi.

Hadès fronça les sourcils. Sortit vérifier et revint près de sa bien aimée.

- Oui mais c'est plus grand à l'intérieur qu'à l'extérieur je veux dire. déclara-t-il amusé.

- Ah bon ! T'es sûr ? fit Seika déconcertée.

Elle alla constater par elle-même et soupira déçue lorsque son fiancé l'a rejoignit.

- Je voulais faire les choses bien mais j'ai tout raté. se désola-t-elle. Je vais rectifier.

- Non c'est parfait comme ça, sourit-il en l'enlaçant et l'embrassant dans le cou. Je n'en aurais pas voulu d'autre. J'avais tant hâte d'arriver après cette journée harassante et de voir ce que tu avais préparé comme chez nous. Voir cette maison où j'ai été si heureux m'a fait chaud au coeur. Pandore ne va plus...

Hadès s'arrêta, le coeur serré. Pendant un instant, le bonheur lui avait fait oublier la perte de sa soeur ainsi que le chagrin doublé du remords d'avoir été si ingrat. Seika le devina et pour l'en détourner elle regarda de nouveau la maison d'un air dubitatif qui ne manqua pas d'attirer l'attention du dieu.

- Je t'assure tu as pas à rectifier l'extérieur. sourit-il tendrement. Elle me plait comme.

- Oui je l'ai compris. Mais je me demande si je n'y suis pas allée un peu fort avec l'intérieur. Notre maison au sanctuaire va te sembler bien petite à côté.

Le dieu éclata de rire.

- Dans ce cas je ferai la même chose là bas. Je suis certain qu'Athéna n'y verra aucune objection.

- Formidable ! S'exclama-t-elle juste avant de foncer dans la maison.

D'abord surpris, Hadès lui emboîta tranquillement le pas. Il n'avait pas atteint le seuil qu'elle en ressortait déjà un panier au bras. Lui saisit la main et l'entraina en courant vers le bosquet d'arbres. Tout en l'observant installer la nappe et sortir le pique-nique, le souverain secoua la tête amusé et formait de voeux pour qu'elle ne changea jamais. Il s'assit et l'attira à lui. Seika se lova contre son bien aimé.

- C'est magnifique est-ce pas ?

- Oui magnifique. souffla-t-il amoureusement en contemplant la jeune fille.

Poussé par la curiosité, il tourna finalement la tête et ce qu'il vit lui coupa le souffle. Un splendide coucher de soleil embrasait le ciel parant leur maison et le paysage alentour de couleurs chaudes.

- Mais comment peut-il y avoir un coucher de soleil ? Il ne fait jamais nuit à Elysion. fit Hadès déconcerté.

- Je sais. répliqua Seika visiblement très contente d'elle. Mais ça nous empêche pas d'avoir notre coucher de soleil. C'est tellement romantique.

- C'est toi qui a fait ça ?!

La jeune fille acquiesça, laissant le dieu bouche bée. Elle en profita pour lui fourrer un mini sandwich dans la bouche et déclara sans préambule.

- Tiens au fait, j'ai rencontré Hécate.

A suivre...